RIO DE JANEIRO ET LES COUACS DE SON ANTIDOPAGE

Samedi 29 Octobre 2016

Les observateurs indépendants de l’AMA (sigle anglais, WADA, organe mondial antidopage) ont fortement assaisonné, dans un rapport de 55 pages, le rôle joué  par les Jeux olympiques de Rio dans le programme de lutte antidopage. Pas de tests de dopage hors compétition en football, et en outre, très peu de contrôles sanguins pendant les compétitions pour plusieurs sports à haut risque comme la boxe et l’haltérophilie.

De nombreuses fautes graves furent notées en relation avec le travail du comité d’organisation, dont certaines dans des domaines placés sous le contrôle de Rio 2016. Ainsi des « absences de services » provoquées par des coupes claires effectuées dans le budget, et des « tensions » entre les organisateurs et l’agence antidopage brésilienne.

Des changements dans la direction et les équipes, dans l’année précédant les Jeux ont aussi été perçus comme un problème par les observateurs.

Un manque de coordination ou d’approche unifiée à l’intérieur de la direction  dans le département antidopage de Rio 2016 en est un autre.

Les problèmes ainsi causés incluaient un manque de transfert de savoirs des Jeux olympiques précédents, un manque de préparation pour les équipes et d’informations concernant les moyens de contacter les athlètes pendant les Jeux. Des conditions de travail insuffisantes, des tours de rôle et des heures de repas mal organisés pour l’équipe de laboratoires auraient démotivés les employés de l’antidopage. Les observateurs citent le cas d’un laborantin contraint de changer d’hôtel à cinq reprises pendant les Jeux olympiques de Rio. Tout cela a conduit à ne pouvoir effectuer que 50 pour 100 des tests « hors de compétition » souhaités. Les tests sanguins en prirent pour leur grade quand un contrat supposé « sourcer » 25 phlébologues vers la collecte d’échantillons sanguins pendant les Jeux fut abandonné. Il tait trop tard pour contacter avec un autre cabinet de phlébotomie. « Tous ces incidents logistiques étaient absolument prévisibles et totalement évitables, ce qui a rendu leur occurrence d’autant plus décevante, estiment les rapporteurs de l’AMA, présidés par le Britannique Jonathan Taylor, juriste de Bird and Bird, qui représente aussi la Fédération internationale d’athlétisme. Ces multiples défauts du système ont eu pour effet de nuire au processus de collection des échantillons sur les lieux de compétitions et dans le village des athlètes jusqu’au point de rupture, avec beaucoup de divergences observées dans la procédure de récolte des échantillons (même si, en général, souligne le rapport, l’intégrité du processus n’a pas été ruiné et aucune violation des règles de l’antidopage n’a été signalée). Seuls l’énorme bonne volonté et l’acharnement à bien faire de quelques personnes clés du contrôle aux Jeux olympiques permirent de ne pas ruiner définitivement l’ensemble des procédures. Si les officiels olympiques ont été copieusement critiqués ainsi pour leur « particulièrement décevante incapacité à accréditer des bureaux de contrôles lesquels étaient pourtant là et prêts à servir », le rapport de l’AMA reconnait les progrès effectués en vue d’éviter des critiques équivalentes à celles qui ont assailli le laboratoire des Jeux d’hiver de Sotchi en 2014. Le laboratoire de Rio a été suspendu jusqu’à quinze jours des Jeux de Rio. Selon l’AMA il représente maintenant une unité qui sera très performante, et exemplaire en Amérique du Sud…


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2 comments:

  1. LEPAGE

    la lutte antidopage est une vaste fumisterie. Comment se fait-il, par exemple, qu’il n’y a jamais eu de contrôle positif lors de la phase finale d’une coupe du monde de foot? Statistiquement c’est impossible, étant donné le nombre de joueurs rassemblés. Alors le reste…

    1. Eric Lahmy *

      De chic, je crois qu’en effet, le football est un sport qui a « organisé » l’absence de contrôles avec des complicités partout parce qu’il y a tellement d’argent dans ce sport, tellement d’intérêts financiers énormes. Regardez aussi les Américains qui sont à la pointe de l’antidopage en natation, alors que les pratiques dopantes dans le sport américain professionnel sont très développées et qu’en plus il y a une culture américaine de la drogue élevée, le pourcentage de dopés et de drogués chez les étudiants est proprement phénoménal et l’objet d’une hypocrisie. Dès 2002, plus de 5% des étudiants prenaient des stéroïdes de façon régulière. Aujourd’hui je ne sais pas mais ela reste important. l’usage de la drogue semble avoir d’ailleurs dépassé les frontières du sport. Quand j’avais vingt ans, les étudiants en médecine utilisaient desproduits comme du maxiton pour pouvoir rester éveillés et continuer d’étudier sans ressentir la fatigue…

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