SARCELLES : MARIE WATTEL BATAILLE SUR 50 ET DOMINE SUR 200

ET JEREMY STRAVIUS AFFINE SON 100 MÈTRES

Éric LAHMY

Samedi 10 Mars 2018

Marie Wattel, devait-on l’attendre sur 200 mètres ? Homme de peu de foi, je pensais que non. Et surtout, je ne la voyais pas se mesurer entre autres à Jazmin Carlin, qui, au titre de meilleure nageuse européenne sur 400 et 800, pouvait passer pour imbattable sur la distance « moyenne » du programme, au confluent de la vitesse et de l’endurance. Mais « Jazz » la jouait trop smooth, trop relax, je dirais même trop blues, et se laissait cueillir d’entrée, probable manque de vitesse, malgré cette « rotating action » des bras, ce rythme élevé du haut du corps. Elle finit devancée non seulement par l’ondine de Loughborough (et de Montpellier, please don’t forget), mais aussi par l’Allemande Reva Foos.

Wattel donc survolait l’épreuve pour un temps final à la fois modeste et intéressant pour l’avenir de 2’0s07 après que, fidèle à ses habitudes, elle se soit qualifiée « cool » avec le quatrième temps des séries qu’avait dominé Margaux Fabre. Mais en finale, Fabre, après avoir été dans le coup jusqu’au virage des cents, se délita et fut contrainte de laisser filer.

Marie, elle, battait plus qu’un peu son record personnel sur la distance, 2’1s37 le 20 janvier dernier. En 2017, au sommet de sa saison, pendant l’open US, elle nageait en 2’1s80. Wattel a repris avec panache une progression quasi à l’arrêt depuis deux ans sur la distance (et pas seulement sur la distance)

JEREMY SANS RIVAL ET ÉGAL À LUI-MÊME

En fin de soirée, Marie revenait pour un 50 mètres particulièrement compliqué par la présence de Pernilla Blume, dont il convient de rappeler qu’elle a été championne olympique de la longueur de bassin à Rio de Janeiro. En 2017, Blume a nagé la distance en 24 secondes juste en finale de Budapest (4e  à 3/100e de Simone Manuel). Wattel, qui se découvre dans l’exercice de l’aller simple, en est à 25s06. Elle ne se situe donc pas dans la catégorie de la Danoise, tout comme elle n’approchait pas Anna Santamans. Donc pas étonnant si Pernille l’a emporté, nettement, en 24s48 contre 25s30. Marie a d’ailleurs été beaucoup plus proche de la seconde Danoise Julie-Kepp Zimmermann Jensen, une jeunesse de dix-huit ans depuis le 3 janvier qui a touché en 25s33…

Dimanche, Marie a prévu à son programme de nager le 100 papillon et le 100 libre, en finale à 38 minutes de distance. Ses records sont respectivement 54s27 et 57s53. A voir…

Jeremy Stravius dominait largement le 100 mètres. Performance, 49s60, avec un aller énergique en 23s87. Pas mal sans doute pour la saison, et équivalent des 49s51 qu’il avait réalisés le 18 février…

Dimitrios Negris a remporté le 400 mètres du Camille-Muffat de Sarcelles dans un temps correct, et même encourageant vu la date dans la saison, 3’52s85, et donc ajouté à sa victoire, vendredi sur 1500 mètres.

MIE NIELSEN SOIGNE SON RETOUR SANS TROP SE FAIRE DE MAUVAIS CENT

Mie Nielsen, championne d’Europe 2016, médaillée mondiale de dos (bronze en 2015 à Kazan) et olympique de relais, fille d’un médaillé d’argent olympique sur 200 papillon (Benny) et d’une internationale qualifiée pour les mondiaux en 1978 (Lone Jensen), est une très belle et très grande (1,85m) fille à la fois solide et fragile. Elle souffre en effet d’une maladie de sang dont un effet est d’augmenter les risques de caillots sanguins. Un mal incurable mais qui se contient à coups de vitamines, cette menace dont elle reste, dit-elle, très consciente, lui a peut-être soufflé son mot d’ordre, issu d’une sagesse antique : « carpe diem », jouis du jour qui passe. En avril dernier, elle avait décidé de laisser la natation de côté pendant quelques mois et notamment de faire l’impasse sur les mondiaux de Budapest. Un petit saut « carpe diem » qui lui a fait du bien. Elle semble avoir retrouvé son enthousiasme.

Son entraîneur a donné quelques indications sur le travail technique à laquelle il la soumet, que vous pourrez trouver sur le blog d’Arena et le mot qui revient le plus souvent dans ses explications est : « naturel ». Il ne s’agit pas de contrarier la nature de la nageuse, mais d’utiliser ses atouts (« sa taille, ses épaules, sa puissance de  battement, tout vient naturellement chez elle ») et de la diriger proprement.

www.arenawaterinstinct.com/en_uk/community/elite-team/me-and-the-coach-mie-nielsen-how-a-backstroker-is-made/

(dans l’ensemble, ce blog, quoique commercial, est très intéressant, et il pourrait bien être un des leaders en termes de descriptions et de points de vue techniques – publicité non payée).

A Sarcelles, cela a donné 59s90 au 100 dos… A un peu plus d’une seconde de son record danois et nordique, 58s73. Mie Nielsen a retrouvé la pèche !

Marco Koch a dominé le 200  brasse en 2’11s60, après avoir dès les séries produit un temps de 2’11s74. Autres favoris, mais dans les quatre nages, David Verraszto et Siobhan-Marie O’Connor ne furent pas menacés et signèrent de corrects (et très proches en valeur technique) 2’1s03 et 2’13s54.


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