SJÖSTRÖM A RÉUSSI SES ADIEUX AU 200 METRES ET SON « TOUT POUR LE SPRINT »

Éric LAHMY

Dimanche 11 Juin 2017

A Monte-Carlo, la Suédoise Sarah SJÖSTRÖM a dominé par ses performances le meeting international. Son samedi avait été magnifique. Son dimanche ne fut pas inférieur… Elle a remporté le tournoi de  vitesse, une formule de courses par éliminations dans des duels, en enlevant finalement le 50 libre et le 50 papillon dans des temps remarquables.

Dans le programme classique, elle a nagé le 100 libre, dès les séries, en 53s30. Derrière, au bout de 50 mètres, autre Suédoise, Michelle COLEMAN (26s54) avait déjà une pleine seconde de retard sur Sarah (25s54), soit, à cette vitesse, plus de un mètre quatre-vingt par seconde, une longueur de corps, et l’avance de SJÖSTRÖM, quoique de façon moins dramatique, ne cessa de s’accroitre ensuite, c’est dire. Elle ne s’était jamais lancée aussi vite dans un 100 mètres libre, en séries, et n’avait pas souvent fini aussi fort, sans se donner à fond…

Et en finale ? Elle tint ses promesses, puisqu’à l’arrivée, elle récoltait le deuxième chrono de sa saison et de sa carrière, avec 52.60 (contre 52s54 à Stockholm le 11 avril dernier), avec un passage en 25s63, donc un petit peu moins rapide qu’en série, et un retour en 26s97. L’Australienne Bronte CAMPBELL, la championne du monde 2015 de Kazan, qui a nagé 52s85 cette saison, et qui tenta de s’accrocher dans l’aller, perdit pied au retour, et se trouva totalement larguée. Le pari sur le sprint (avec changement d’entraîneur) de SJÖSTRÖM, décidé dès les Jeux olympiques de Rio, s’avère payant… Michelle COLEMAN qui, elle aussi et comme CAMPBELL, fut comme aspirée par la vitesse initiale de SJÖSTRÖM, le paya cher, qui se trouva privée de gaz à l’issue du virage, et perdit presque une longueur dans le retour…

Pour en revenir à SJÖSTRÖM, celle-ci avait effectué une belle répétition, très convaincante, de ce qu’elle entendait réaliser à Budapest, aux championnats du monde. Nager vite et fort pour se qualifier, nager deux 100 mètres rapides dans la même journée, c’était se tester. Et à la voir faire, tout cela paraissait facile!

Même les vraies sprinteuses, à la Bronte et Cate CAMPBELL, n’avaient pas pu passer mieux que 26s44 et 26s58 en séries, à Monte-Carlo, et quand elles parvinrent à toucher en moins de vingt-six secondes en finale, ce fut pour ne pas tenir jusqu’au bout.

Au sujet de COLEMAN, qui était, comme en 2016, des mois à s’entraîner à Miami, sur la côte d’or australienne, chez Dennis Cotterell, elle semble bien avoir abandonné ses ambitions en dos, où on ne l’a guère vue. Ce qui ne veut pas forcément dire qu’elle ne sera pas au départ du relais quatre nages suédois à Budapest.

En revanche, Madeline GROVES, Australie, la médaillée d’argent olympique du 200 papillon, quoique menacée par les contrôleurs anti-dopage de la FINA, n’en était pas moins là, et a fait ce qu’elle a pu en libre et en papillon (restant fort éloignée de ses temps olympiques). Dans l’équipe australienne, GROVES est une vacancière, qui n’a pas daigné disputer les qualifications pour Budapest. Elle ne nage pas très vite, mais elle est là!

Dans l’ensemble, on a vu  de solides Australiens, qui ont enlevé, par Mitchell LARKIN et Emily SEEBOHM, les courses de dos… SEEBOHM y a-t-elle mis un point d’honneur ? Elle réalisa le meilleur 100 dos des séries, 1’0s62, contre 1’0s78 à HOSSZU et 1’0s98 à Anastasia FESIKOVA, Russie. En finale, elle domina largement et cassa seule la minute. A-t-on retrouvé la grande SEEBOHM, celle des Jeux olympiques de Londres et des championnats du monde de Kazan?

SUZUKE HASEGAWA, NUMERO UN DU 200 PAPILLON EN 2017

Une meilleure performance de l’année a été améliorée par la jeune Japonaise Suzuke HASEGAWA, 17 ans, sur 200 papillon. HASEGAWA a réalisé 2’6s70 ce qui la fait passer de la 3e place (avec 2’6s95) à la première de la saison, devant l’Allemande Franziska HENTKE, 2’6s84, et une Japonaise, Hiroko MAKINO, 2’6s92. Un peu du grignotage, mais la densité des performances est telle, dans certaines courses que vingt-cinq centièmes de plus ou de moins vous changent tout à fait de statut…

Dans le tournoi de vitesse, Sarah SJÖSTRÖM, qui a placé cette saison post-olympique sous le signe de la célérité, et s’est réinventée en sprinteuse pure, contre la tendance de ses anciens coaches d’en faire une sprinteuse prolongée, médaillée olympique sur 200 mètres, a nagé un 50 papillon en 24s90 (meilleur temps de l’année, ancien par elle-même en 24s96),  battant la Japonaise Rikako IKEE, 25s95 (et 25s74 en demi-finales), et sur 50 libre, en 23s95 (à12/100e de son meilleur temps de la saison), elle devance Bronte CAMPBELL, 24s58. La voilà, à moin que les sélections US ne nous offrent un autre son de cloche, qui s’avance en super-favorite de ces courses aux mondiaux de Budapest. Si elle réussit le quadruplé qu’elle vise, elle sera la reine de la rs HOSSZUnatation, à condition que miss LEDECKY ne file pas de grands coups de marteau sur ses records mondiaux en dem-fond, bien sûr, ou que mrs HOSSZU, légèrement en demi-teint jusqu’ici, ne nous prépare un coup fumant à domicile.

Cameron VAN DEN BURGH, Afrique du Sud, le 50 brasse, en 26s99, devant Felipe LIMA, Brésil, 27s16. Toujours en brase, Julia EFIMOVA nage 30s23

 MESSIEURS.- 200 libre : 1. James GUY, GBR, 1’47s27; 2. Devon Myles BROWN, RSA, 1’48s31.

200 dos : 1. Mitchell LARKIN, AUS, 1’56s85 (27s25, 56s91, 1’26s90); 

100 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, JPN, 1’0s08; 2. Kiril PRIGODA, RUS, 1’0s45.

100 papillon : 1. James GUY, GBR, 52s30 ; 2. Laszlo CSEH, HUN, 52s35; 3. Yauhen TSURKIN, BLR, 52s79.

400 4 nages : 1. Benjamin GRATZ, HUN, 4’19s23.

DAMES.- 100 libre : 1. Sarah SJÖSTRÖM, SWE, 52s60 (25s53 + 26s97) ; 2. Bronte CAMPBELL, AUS, 53s68 (25s90 + 27s78); 3. Michelle COLEMAN, SWE, 54s05 (25s99 + 28s06); 4. Cate CAMPBELL, AUS, 54s06 (25s76 + 28s30); 5. Madison WILSON , AUS, 54s63.

400 libre : 1. Marie-Sophie HARVEY, CAN, 4’12s26

100 dos : 1. Emily SEEBOHM, AUS, 59s23 (28s84 + 30s39); 2. Anastasia FESIKOVA, RUS, 1’0s34; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 1’0s87 (en séries, 1’0s78); 4. Daryna ZEVINA, UKR, 1’1s17; 5. Georgia DAVIS, GBR, 1’1s35.

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’22s55; 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’26s18.

200 papillon : 1. Suzuka HASEGAWA, JPN, 2’6s70 ; 2. Svetlana CHIMROVA, RUS, 2’7s67 ; 3. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s69.     

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s49; 2. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 2’11s08; 3. Sara FRANCESCHI, ITA, 2’13s25

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