TRIALS US À INDIANAPOLIS – ÇA NE DOUBLE PAS: DRESSEL, ADRIAN, HAAS, GROTHE, CLARK ET DES RELAIS DORÉS EN PERSPECTIVE

SÉLECTIONS US: (1) NAGE LIBRE MASCULINE

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Quand la natation américaine est en verve, ce sentiment qui nous est venu lorsqu’on passa de trois à deux nageurs par nation aux Jeux olympiques et aux championnats du monde, qu’il s’agit d’une restriction avant tout anti-américaine, ce sentiment donc nous revient. Dans tant de courses, le troisième élément des trials est tellement costaud qu’on se dit, souvent, qu’il aurait sa place en finale à Budapest, et parfois qu’il avait des chances de gagner le titre mondial en Hongrie.

D’ailleurs, ce sont des choses qui sont arrivées dans le passé. Mais chacun sait aujourd’hui que les règlements de la FINA ne sont pas dirigés vers l’obtention des meilleures compétitions, mais vers l’humiliation ou au moins au « bridage »des grandes natations pour assurer sa réélection !

 MESSIEURS.- 50 libre  (1er juillet): 1. Caeleb DRESSEL, 21s53 ; 2. Nathan ADRIAN, 21s87; 3. Cullen JONES, 21s89; 4. Zachary APPLE, 22s; 5. Michael ANDREW, 22s03.

***Le super sprint n’est plus l’apanage des USA, mais on sait combine ils peuvent être dangereux, parlez en à Florent Manaudou. Dressel gagne nettement devant Adrian, et se situe, dans le bilan mondial, à portée de Benjamin Proud, 21s32 et de Vladimir Morozov, 21s44, et un rien devant Cameron McEvoy, 21s55. Adrian devance le pur sprinter qu’est Cullen Jones, mais lui-même est quand même plus à l’aise sur 100…

 100 libre (27 juin) : 1. Nathan ADRIAN, 47s96; 2. Caeleb DRESSEL, 47s97; 3. Townley HAAS, 48s20; 4. Zachary APPLE, 48s23 (en séries, 48s14); 5. Michael CHADWICK, 48s48; 6. Blake PIERONI, 48s49; 7. Ryan HELD, 48s53; 8. Ryan MURPHY, 49s21 (en séries, 48s88). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 49s00; 2. Justin RESS, 49s15; 3. Cameron CRAIG, 49s18; 4. Michael JENSEN, 49s27 (en séries, 49s22); 5. Bowen BECKER, 49s46 (en séries, 49s32); 6. Cannon CLIFTON, 49s49. En série, Cullen JONES, 49s16; Matt GREVERS, 49s18; Connor DWYER, 49s40; Daniel KRUGER, 49s44; Jacob PEBLEY, 49s45.

***Classique échange de positions entre le 50 et le 100, par Nathan ADRIAN et Caeleb DRESSEL. Sur la plus longue distance, ils sont les seuls à passer sous la « barre » des 48 secondes, tandis que Townley HAAS donne l’impression de mesurer sa vitesse de base en attente du 200 mètres, qui aura lieu le lendemain, 28 juin. On retrouve dans les séries plusieurs cadors du dos, RESS, GREVERS, PEBLEY,, et en finale le plus fort d’entre eux, Ryan MURPHY.

La course d’Adrian nous rappelle comment notre Jérémy Stravius s’est fait enfumer aux Jeux olympiques, en séries, à suivre l’Américain, dont il avait décidé que celui-ci partait vite. Ici, aux trials, il est encore une fois parti tellement vite, Adrian, qu’il a poussé en 6e position sur le mur du virage, dans le temps de 23s27, derrière à peu près tout le monde : Michael Chadwick, 22s81, Dressel, 22s86, Zachary Apple, 23s05, Ryan Held, 23s13, Townley Haas, 23s18. En revanche, un retour de patron, en 24s69. Bon, sur le mur, un centième d’avance sur Dressel, c’était limite. A priori, aux mondiaux, entre ces deux, Duncan Scott, le Britannique, 47s90, et Cameron McEvoy, l’Australien, 47s91, il est difficile de prévoir le classement. Et Metella, 6e, sur le papier avec ses 48s23, sera-t-il dans le coup ? A voir…

 200 libre (28 juin) : 1. Townley HAAS, 1’45s03; 2. Blake PIERONI, 1’46s30; 3. Zane GROTHE, 1’46s39; 4. Conor DWYER, 1’47s25; 5. Clark SMITH, 1’47s29 (en séries, 1’47s10); 6. Caeleb DRESSEL, 1’47s51 (en séries, 1’47s45). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 1’47s47. En séries, Mitch DARRIGO, 1’47s52; Zane GROTHE, 1’47s58.

***Townley HAAS, qui a fait fort depuis deux ans dans les NCAA, est-il en passe de devenir le premier nageur de 200 mètres du monde ? Seul le Chinois Sun Yang, avec 1’44s95, est devant lui. A Indianapolis, il a nagé tellement facile, un peu comme s’il était seul au monde : 24s26, 50s85, 1’17s84, c’est-à-dire le plus rapide au premier (24s26), au deuxième (26s59) et au troisième (26s99) bassin qu’un petit coup de moins bien (27s19), ne lui enlevait rien.

Le relais US, avec un tel meneur, sera fort. Mais attention aux Britanniques et aux Australiens entre autres…

 400 libre (30 juin) : 1. Zane GROTHE, 3’44s43; 2. Clark SMITH, 3’45s91; 3. Townley HAAS, 3’46s41; 4. Grant SHOULTS, 3’48s73; 5. Mitch D’ARRIGO, 3’50s61; 6. Kevin LITHERLAND, 3’51s84 (en séries, 3’50s24); 7. Trey FREEMAN, 3’51s99 (en séries, 3’50s91). Finale B: 1. Jay LITHERLAND, 3’50s36 ; 2. Patrick CALLAN, 3’51s14. En séries, Andrew ABRUZZO, 3’50s69; True SWEETSER, 3’51s14; Liam EGAN, 3’51s73.

***J’avoue que j’attendais un peu Townley HAAS, beau vainqueur deux jours plus tôt du 200, mais il a été barré par Zane GROTHE et par le géant Clark SMITH. GROTHE se hisse au niveau de Mackenzie HORTON et de PARK TaeHwan, juste derrière SUN Yang et Gabriele DETTI. GROTHE s’était qualifié riquiqui, avec le 7e temps, et son 400 a rejoint la cohorte des grandes courses menées depuis une ligne extérieure. HAAS, à la ligne 5, montrait son habituel panache au départ (53s95, 1’51s71), mais GROTHE s’avérait plus tactique, ce qui paie mieux dans un 400, le rejoignait à mi-course (1’51s63), puis ne cessait d’accélérer et réalisait un 400 parfaitement équilibré, au grand dam de Clark SMITH qui avait beau faire rouler l’énorme compas de ses bras d’araignée géante, devait laisser du terrain. Smith, cependant, parvenait ce faisant contrer tout retour de HAAS…

 800 libre (1er juillet) : 1. Clark SMITH, 7’50s43; 2. Zane GROTHE, 7’50s97; 3. True SWEETSER, 7’55s29.

***SMITH et GROTHE intervertissaient leurs places sur 400, sans jamais être séparés de plus d’une seconde et demie, Smith menant de bout en bout. Grothe se lâchait en sprint, reprenait les trois quarts de l’avance, en 55s56 contre 57s42, mais il était parti de trop loin…

1500 libre (27 juin) : 1. True SWEETSER, 14’59s73; 2. Robert FINKE, 15’1s31; 3. PJ RANSFORD, 15’1s82; 4. Andrew ABRUZZO, 15’7s97; 5. Michael BRINEGAR, 15’10s66; 6. Kevin LITHERLAND, 15‘10s93; 7. Chris YEAGER, 15’17s90.

***Sweetser, un nageur d’eau libre… Il semble que, soit ceux-ci investissent le 1500 mètres, soit les nageurs de 1500 investissent l’eau libre. C’est sûr, il y a une certaine consanguinité entre ces épreuves. Arithmétiquement parlant, c’est faux, mais techniquement et mentalement, le 1500 est plus près du marathons nautique que du sprint !

A part ça, Sweetser et Finke auront du mal à arriver en finale à Budapest.


Also published on Medium.

0 comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *