Mois : mars 2015

FLORENT MANAUDOU, SOUS-PAPE EN SURETÉ SUR 50

Par Eric LAHMY                        Mardi 31 Mars 2015

Première Journée des Championnats de France 2015 à Limoges

Que retiendra-t-on de ces championnats de France de Limoges ? Inévitablement, ils évoqueront la nostalgie d’un départ tellement précoce qu’on le ressent comme un scandale. Mais il faut qu’ils soient autre chose, pour ces jeunes qui s’entraînent et veulent croire à la vie.

La première journée se passe sans éclat particulier. Il y a de bonnes choses, mais des très bonnes ? Florent Manaudou a réussi un 50 mètres papillon, mais enfin, l’épreuve, non olympique, est tellement folklorique, tellement dérisoire, comme d’ailleurs le 50 mètres dos ou le 50 mètres brasse, qu’il faut être aussi irrespectueux de ce sport que des épiciers de la FINA, pour en avoir fait des épreuves mondiales et demander l’introduction aux Jeux olympiques de courses de patronage, qui devraient être réservées aux non-nageurs (ce qui en épicerait l’intérêt), entre la traversée de rivière et la joute nautique. Bon, tout le monde suit, alors parlons-en. Cette saison, avec son temps à tout casser – sauf la porcelaine de Limoges -, Florent est 3e de l’univers, derrière Cielo, 23’’28, et Tsurkin, 23’’36, et puis ça le prépare pour le seul 50 mètres qui vaille, le 50 mètres nage libre…

Bon, si on parlait natation maintenant. Ah, oui, il y a eu une belle explication sur 100 mètres papillon dames. On y voyait par exemple Cloé Hache, Mélanie Hénique, mais bernique, ce furent Wattel-Gastaldello qui volèrent la vedette, et personne d’autre.

Les deux 400 mètres ont été assez relevés, le masculin en raison d’une certaine intensité, sans qu’une très bonne performance n’y soit réalisée. Le féminin parce que Coralie Balmy, toujours aussi fidèle à sa passion, après tant de saisons, était opposée à une force montante du demi-fond et du fond, Sharon Van Rouwendaal, et que cela a produit de jolies perfs. Et puis Charlotte Bonnet a achevé sa transformation en « quatre nageuse » par un titre où elle a ferraillé ferme avec Grangeon et Verraszto.

MESSIEURS

400 m

Minimum pour Kazan, 3’49’’50

L’Antibois Damien Joly nage dès les séries un 3’48’’86, temps qualificatif pour Kazan. Il est vrai que les minima français ne font plus grand peur. Du temps de Claude Fauquet, ils étaient sculptés dans le marbre qui fait des finalistes potentiels. Maintenant, ce sont seulement des demi-finalistes qu’on inclut dans l’équipe de France. Derrière, le Niçois Jean-Baptiste Febo (Suisse), nage en 3’52’’33 et le Tunisien Ahmed Mathlouthi en 3’52’’87. Après, cela dégringole vite. En finale, Damien assure le titre, en 3’50’’05, devant un paquet de garçons en 3’52’’-3’54’’, Pothain, Bouchaut, Debas, et le benjamin de l’épreuve, Nicolas d’Oriano, 18 ans 3’53’’83. Il aura manqué une belle bagarre avec Mathlouthi, confiné en finale B, qui a nagé bien seul, en 3’51’’33.

100 m brasse

Minimum pour Kazan, 1’0’’44

Giacomo Perez Dortona, 1’0’’82, le mieux disant des séries, devant Thomas Dahlia, d’Antibes, 1’1’’99, et Jean Dencausse, 1’2’’30. Quentin Coton en embuscade. En finale, Perez Dortona n’a pas de rival. Les autres sont une classe en dessous. Avec 1’0’’31, il satisfait au minimum. Dahlia est une seconde derrière, 1’1’’31, et Dencausse est aussi passé par Quentin Coton.

50 m papillon

Minimum pour Kazan, 23’’53

Fabien Gilot, et d’un : 23’’47 en séries, temps qualificatif. Florent Manaudou, 23’’74, Frédéric Bousquet, 24’’24, n’y sont pas. Govindin, Poulet, Lacourt, Jordan Coelho, promettent une finale relevée… Le soir, Gilot passe au travers : 6e en 24’’22. Manaudou, 23’’37, devance Bousquet, 23’’78, et Yonel Govindin, 23’’87. Lacourt a déclaré forfait

DAMES

400 m

Minimum pour Kazan, 4’9’’80

Sharon Van Rouwendaal, la Néerlandaise de Sarcelles via Narbonne (une usine à gaz signée Philippe Lucas) réussit le meilleur temps, 4’9’’85, devant Coralie Balmy, 4’10’’12, à une coudée des minima. Voilà pour les séries. La finale est une copié collé des séries, mais plus rapide. 4’5’’73, c’est assez près de son temps de médaillée d’argent des championnats d’Europe de Berlin, 4’3’’76. Coralie Balmy, elle, réalise en 4’7’’51 qui vaut billet d’avion pour la Russie.

100 m papillon

Minimum pour Kazan, 58’’90

58’’67 pour Marie Wattel : la Niçoise est qualifiée pour les mondiaux de Kazan, et, bien entendu, pour la finale du soir. Béryl Gastaldello a eu beaucoup à digérer ces derniers jours, son décalage horaire, retour des USA, et le passage du bassin de 25 yards à celui des 50 mètres. Elle passe sous la minute et se qualifie seconde, mais il y a beaucoup d’ici Kazan. Mais on remet le couvert en finale, et cette fois, ce n’est pas la même chanson. Pour une empoignade, c’en est une. Wattel démarre comme une furie, passe en 26’’93. Si près de son record perso ! Et au retour, il faut payer l’addition. Gastaldello, juste devant Mélanie Hénique, 27’’32 contre 27’’42, est elle-même dans l’imprudence, mais elle finit un peu mieux que Wattel. A l’arrivée, 58’’35 contre 58’’57, elle doit laisser le titre à la Niçoise, sa cadette de deux ans, mais toutes deux ont passé les minima. Respectivement 9e et 14e du monde en 2015. A suivre…

200 m 4 nages

Minimum pour Kazan, 2’13’’98

Pour cinq centièmes, en 2’13’’93, Lara Grangeon, de Font-Romeu, réussit le minimum français pour les championnats du monde de Kazan. Charlotte Bonnet est à trois secondes, mais attendons la finale… Et en effet, Charlotte ne s’en laisse plus compter. On croit savoir dans quel désarroi elle a vécu ces dernières semaines. La Niçoise produit quand même une jolie course. Elle ramasse Evelin Verraszto en brasse, puis Grangeon (prise alors d’un grand coup de moins bien) en crawl. Elle est passée en 27’’84, 1’2’’71, 1’41’’18, et finit en 2’12’’14 (9e 2015), résistant à un fort retour de Verraszto, 2’12’’32. Grangeon, 2’13’’27.

CONNAISSEZ-VOUS VIKTORIA ZEYNEP GUNEZ ?

Mardi 31 Mars 2015

Quelques records d’Espagne ont été égratignés aux championnats de printemps, à Malaga. Mais le dernier jour de Malaga a surtout vu une jeune Turque peu connue se hisser au top niveau mondial du 200 mètres brasse.

Une jeune Turque de 18 ans au nom pas très prononçable, Viktoria Zeynep Gunez, va nous forcer à travailler notre prononciation. Elle vient d’asséner une sacré gifle au record turc du 200 mètres brasse, que sa compatriote Dilaria Buse Gunaydin avait porté à 2’28’’20 aux Jeux méditerranéens 2013. Viktoria, avec 2’23’’47, a infligé par ailleurs une défaite à une bonne spécialiste, Val Montero, bien marrie de s’être pris les pieds dans l’ottomane.

Il y a trois mois et demi, en décembre, la jeune fille avait amené les records en petit bassin à 1’5’’31 et 2’22’’93. Ce dernier temps vaut à peine 2’29’’ en grand bassin. C’était aux mondiaux de Doha. Mais là, Viktoria, la fille venue de nulle part à moins que ce soit des Mille et Une Nuits, se situe au 3e rang mondial de la saison. Même si les performances vont bouger et dévaluer la performance au regard des mondiaux de Kazan, ce temps lui aurait donné une 6e place en finale mondiale à Barcelone, une 7e place aux Jeux de Londres Son temps est d’autant plus décoiffant que, ayant gagné le 50 mètres brasse en 31’’, elle n’avait pu faire mieux que, à Malaga, 3e sur 100 mètres en 1’8’’67 avec passage en 33’’08. Mais c’tait le premier jour des courses et peut-être n’tait-elle pas dans son assiette? Or là elle est passée en 1’10’’27, vraiment très près de son temps du 100 mètres, et a continué d’appuyer, réalisant une course très étale, en égalité d’allure : 33’’50, 1’10’’27, 1’47’’33, et un très bon dernier 50 mètres en 36’’14. Si vous additionnez son premier et son dernier 50 mètres, cela donne 1’9 »64! Val Montero, passée en 1’9’’54, a faibli en revanche…

Sur 400 mètres, Costa Schmid est toujours recordwoman d’Espagne, mais depuis ses 4’2’’47 de juillet 2013  Barcelone, elle a perdu de sa superbe. Elle a tenté le coup cependant, est partie vite (59’’30), menant jusqu’aux 200 mètres (2’1’’88), puis Belmonte a pris l’ascendant : 2’2’’, 3’3’’87, pour 4’4’’99. Belmonte empochait là son 6e titre individuel…

Dans la course masculine, Miguel Duran n’a pas refait l’erreur du 200 mètres, quand il battit le record en séries pour se laisser déposséder du titre le soir même. Mais il a imposé un rythme rapide, passage en 1’52’’27 pour un temps final de 3’49’’76, record d’Espagne de Marco Rivera battu de 6/100e.

Résultats complets des Championnats d’Espagne à Malaga

MESSIEURS

50 mètres : 1. Marco Orsi (Italie, UISP), 21’’96 ; 2. Konrad Cerniak (Sabadell), 22’’14 ; 3. Markel Alberdi Sarobe (Bidasoa), 22’’42.

100 mètres : 1. Marco Orsi (Italie, UISP), 48’’98 ; 2. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), 48’’99 ; 3. Andrei Grechin (Suisse), 49’’15

200 mètres : 1. Victor Manuel Martin Martin (Natchur), 1’49’’01 ; 2. Miguel Duran Navia (Sabadell), 1’49’’27 (en séries, 1’48’’18, record d’Espagne); 3. Albert Puig Garrich (Terrassa), 1’49’’30; 4. Alejandro Miguel Arroyo (Navial), 1’50’’05

400 mètres : 1. Miguel Duran Navia (Sabadell), 3’49’’76 (record d’Espagne, ancien 3’49’’82 par Marco Rivera Miranda) ; 2. Marc Sanchez Torrens (Sabadell), 3’52’’30 ; 3. Arnau Rovira Guillen (Sandreu), 3’54’’51 (en séries, 3’53’’99).

800 mètres : 1. Marc Sanchez Torrens (Sabadell), 7’54’’02.

1500 mètres : 1. Marc Sanchez Torres (Sabadell), 15’11’’61.

50 mètres dos : 1. Miguel Ortiz-Canavate Ozeki (Canoenc), 24’’86 ; 2. Jesus Miguel Rando Galvez (Sandreu), 25’’08.

100 mètres dos : 1. Jesus Miguel Rando Galvez (Sandreu) , 54’’51 ; 2. J.F. Segura Guttierrez (Terrassa), 55’’35 ; 3. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 55’’67 (en série, 55’’54).

200 mètres dos : 1. Federico Turrini (Italie, Livorno), 2’0’’29 ; 2. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 2’0’’93 ; 3. Mikita Tsmyh (Biélorussie), 2’1’’.

50 mètres brasse : 1. Martin Andres Melconian Alvez (URUGUAY, SEK), 28’’12.

100 mètres brasse : 1. Melquiades Alvarez Caraballo (Mairena), 1’2’’04.

200 mètres brasse : Melquiades Alvarez Caraballo (Mairena), 2’13’’95 ; 2. Luca Pfyffer (Suisse), 2’15’’77.

50 mètres papillon : 1. Yauhen Tsurkin (Biélorussie), 23’’36 ; 2. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), et Jose Manuel Valdivia Canizares (MADMOSC) 23’’68

100 mètres papillon : 1. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), 51’’37 ; 2. Yauhen Tsurkin (Biélorussie), 52’’20 ; 3. Jose Manuel Valdivia Canizares (MADMOSC), 53’’13 ; 4. Quah Zheng Wen (Singapour), 53’’16. Finale B : 1. Piero Codia (Italie), 52’’47.

200 mètres papillon : 1. Quah Zheng Wen (Singapour), 1’56’’85 ; 2. Gonzalo Quintanilha Nuno (Portugal), 1’57’’55; 3. Carlos Peralta Gallego (Canoenc), 1’57’’81; 4. Nills Lies (Suisse), 1’58’’10.

200 mètres 4 nages : 1. Alexis Manacas Santos (Portugal), 2’0’’51 ; 2. Albert Puig Garrich (Santos), 2’0’’73 (en sérir, 2’0’’54) ; 3. Alan Cabello Forns (Calella), 2’1’’49; 4. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 2’1’’50.

400 mètres 4 nages : 1. Marc Sanchez Torrens (Sabadel), 4’16’’81 ; 2. Alexis Manacas Santos (Portugal), 4’17’’28 ; 3. Alejandro Garcia Martin (Zamora), 4’20’’29 ; 4. Joan Casanovas Skoubo, 18 ans (Sabadell), 4’21’’26.

DAMES

50 mètres : 1. Aliaksandra Herasimenia (Biélorussie), 24’’98 ; 2. Sasha Touretski (Suisse), 25’’52 ; 3. Fatima Gallardo Carapeto (Badajoz), 25’’95. Finale B : 1. Giorgia Biondani (Italie), 25’’80.

100 mètres : 1. Aliaksandra Herasimenia (Biélorussie), 55’’61 (série en 55’’60) ; 2. Alice Mizzau (Italie, Veneto), 55’’70; 3. Marta Gonzalez Crivillers (Sandreu), 55’’98.

200 mètres : 1. Melanie Costa Schmid (UCAM Fuensta), 1’58’’01 ; 2. Alice Mizzau (Italie, Veneto), 1’58’’52 ; 3. Chiara Masini Luccetti (Italie, Livorno), 1’58’’82 ; 4. Lidon Munoz del Campo (Mediter), 2’0’’53 ; 5. Marta Cano Minarro (CANOENC) 2’2’’11, record nées en 2000.

400 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 4’4’’99 ; 2. Melani Costa Schmid (UCAM Fuensta), 4’7’’52 ; 3. Alica Mizzau (Italie, Veneto), 4’12’’37 (en series, 4’11’’93).

800 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 8’28’’53 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 8’31’’54.

1500 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 16’10’’63 ; 2. Jimena Perez Blanco (Gredos), 16’22’’64 ; 3. Maria Vilas Vidal (Riveira), 16’29’’15

50 mètres dos : 1. Mercedes Peris Minguet (S.Olaya), 28’’52.

100 mètres dos : 1. Mercedes Peris Minguet (S.Olaya), 1’1’’ ; 2. Duane Da Rocha Marce (CNMIJAS), 1’1’’07.

200 mètres dos : 1. Melani Costa Schmid (UCAM Fuensta), 2’10’’25 ; 2. Margherita Panziera (Italie, CC Aniene), 2’10’’83 ; 3. Duane Da Rocha Marce (CNMIJAS), 2’11’’08).

50 mètres brasse : 1. Victoria Zeynep Gunes (Turquie), 31’’40 ; 2. Jessica Val Montero (Sandreu), 31’’69.

100 mètres brasse : 1. Jessica Val Montero (Sandreu), 1’7’’62 ; 2. Ilaria Scarcella (Italie, CC Aniene), 1’8’’21 ; 3. Viktoria Zeynep Gunez (Turquie), 1’8’’57.

200 mètres brasse : 1. Viktoria Zeynep Gunez (Turquie), 2’23’’47 ; 2. Jessica Val Montero (Sandreu), 2’24’’48 ; 3. Valeria Kaminskaya (Portugal), 2’31’’37 ; 4. Evelyn Alvarez Perez (Metropol), 2’31’’67.

50 mètres papillon : 1. Svenja Stoffel (Suisse), 26’’71 ; 2. Sasha Touretski (Suisse), 26’’90 ; 3. Quah Ting Wen (Singapour), 27’’03. Finale B : 1. Aliaksandra Herasimenia (Biélorussie), 26’’61.

100 mètres papillon : 1. Elena Di Liddo (Italie, CN Aniene), 58’’96 ; 2. Svenja Stoffel (Suisse), 59’’27 ; 3. Judit Ignacio Sorribe  (Sabadel), 59’’44

200 mètres papillon : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 2’5’’86 ; 2. Judit Ignacio Sorribe (Sabadell), 2’8’’70.

200 mètres 4 nages : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 2’12’’80 ; 2. Victoria Zeynep Gunes (Turquie), 2’14’’14 ; 3. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 2’14’’27.

400 mètres 4 nages : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 4’36’’14 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 4’40’’65 ; 3. Catalina Corro Lorente (CN Palma), 4’41’’02.

 

 

 

 

 

EDDIE REESE, L’HOMME QUI RIT

Eric LAHMY          Montréal, Mardi 31 Mars 2015

Edwin (Eddie) C. Reese se marre. Il vient d’empocher son 11e trophée de vainqueur du championnat NCAA par équipes, autant dire son onzième anneau de meilleur coach universitaire des USA. Eddie Reese se marre pour deux raisons. La première, c’est qu’il se marre tout le temps. La deuxième, c’est qu’il ne croit pas ajouter un trop grand crédit à ce genre de distinction… Bon, tout de suite après la victoire collective de Texas, qu’il dirige d’une main de chair et non de fer dans un gant de velours, il s’est jeté à l’eau comme le veut la tradition. Eddie n’est pas le genre à se défiler quand il s’agit de commettre une bonne blague, ou de permettre à ses nageurs de rigoler… Mais bon, pouvait-on lire sur le site de Swimming World, qui rapportait ses déclarations d’après victoire en conférence de presse, « des bagues de vainqueur des championnats comme celle-là, j’en ai dix à la maison, où elles se trouvent, je n’en ai aucune idée. Mais je sais ce que chacun de ces garçons a fait, et combien ils ont progressé. C’est toujours par rapport aux gens. Le nombre de championnats signifie seulement que je suis vieux. »

Mon confrère Chuck Warner avait, dans le feu de l’action, suggéré trois raisons des succès d’Eddie Reese. D’abord, dit-il, Eddie aime les gens, il aime les aider à rire, et rire avec eux. Eddie aime interagir avec les autres, il les respecte et leur donne de la joie, ce qui fait qu’il attire la jeunesse. Ensuite, continue Warner, Reese aime le sport, les complexités dans la préparation d’individus destinés à nager vite, à faire croitre et développer les qualités qui leur permettront de gagner dans la piscine et dans la vie. Enfin Reese a la passion de la créativité. Coach intuitif autoproclamé, toujours à la recherche d’idées nouvelles, sa passion, sa capacité à s’ajuster et à s’améliorer tout le long de son immense carrière, lui ont permis de rester à la pointe tranchante d’un sport dynamique,

En 2015, il a ainsi innové en exigeant de ses nageurs, après l’échauffement, à chaque entraînement, d’effectuer pour commencer, une série de mouvements de dauphins. Cela n’a l’air de rien. Mais les résultats se sont vus dans la finale du 100 yards papillon des NCAA, où six des huit finalistes et les quatre premiers de la finale étaient des Texans ! Maintenant, combien d’équipes vont-elles adopter ce type de travail, alors qu’Eddie aura, lui, trouvé autre chose ?

Eddie refuse de dire que le succès est facile. « Si c’était facile, tout le monde y arriverait. » A sa première saison à l’Université du Texas (c’était en 1978-79), il dut s’atteler à changer la culture de l’équipe, et quoique connu pour son caractère débonnaire, peu porté à la colère, il se fendit d’une rude explication avec ses nageurs : « je suis prêt à perdre tout le monde sauf moi », leur dit-il notamment. Texas termina 21e cette année. 2e l’année suivante. Et gagna l’année d’après.

Trente ans plus tard, en 2013, les Longhorns étaient 5e des NCAA, et l’idée générale était que l’équipe allait disparaître des rangs de l’élite. Or deux ans après, Reese a conduit à la victoire l’une des meilleures équipes de sa vie d’entraîneur (en compagnie de son assistant de trente-deux années, Kris Kubik). L’amitié, l’attachement, que ce soit dans son job ou dans sa vie personnelle, sont des constantes de Reese. Kubik en est un exemple. Son épouse Elinor aussi, qui peut s’autoproclamer « présidente du fan club d’Eddie Reese », car c’est auprès d’elle qu’il achève ses meetings, main dans la main, après avoir salué tout son monde.

D’ABORD RECRUTER, ENSUITE DEVELOPPER

L’une des parties essentielles du rôle d’un coach d’université revient à recruter les nageurs. Car sans une forte équipe… aucune chance de briller au firmament ! C’est une partie du job que Mike Peppe, ou Peter Daland, voire James Doc » Counsilman, ou Don Gambrill, connaissaient sur le bout des ongles, et leur assura des triomphes en séries. C’est aussi une des raisons pour lesquelles George Haines, sans doute le meilleur entraîneur américain de l’histoire (il emmena au succès Mark Spitz, Don Schollander, Steve Clark, Donna de Varona, Christine Von Saltza, Lynn Burke, George Harrison; en 1964, l’équipe de Santa-Clara, qu’il dirigeait, aurait pu rencontrer et faire jeu égal avec une équipe du reste du monde), eut plus de mal à s’imposer, en fin de carrière, quand il coacha les équipes universitaires masculine de l’UCLA, et féminine de Stanford. Chaque coach a sa façon. David Salo et Mc Keever aiment piquer des nageurs du milieu du tableau dans lesquels ils ont repéré du potentiel. L’idéal est de panacher les supers et les potentiels de supers…

Il y a ensuite la façon de préparer, de mitonner ses nageurs ; là est l’art du coach, et si Reese a eu la main heureuse en recrutant Schooling, Conger et Licon, il ne les a certes pas gâchés ! Dès 2014, on l’avait vu revenir fort, et en 2015 la cohérence de son travail magistral a donné les résultats qu’on sait. Les Longhorns exercèrent une formidable suprématie sur la dernière mouture des NCAA.

L’une des particularités de Reese est d’utiliser presque exclusivement des nageurs américains. Soit que les étrangers ne se bousculent pas pour rejoindre le Texas, soit parce qu’il ne cherche pas à les attirer, seul Schooling, de Singapour, n’est pas un produit du terroir. L’arrivée en masse des nageurs du monde entier est une tendance désormais bien installée. Si l’on excepte quelques Canadiens comme les frères Spence dans les années 1930, la tradition fut inaugurée en mode solo par Bob Kiputh, qui accueillit en 1948 un olympique australien, John Marshall. Huit ans plus tard, Peter Daland attira dans ses filets Murray Rose, Jon Henricks, Tsuyoshi Yamanaka et John Konrads, soit les quatre meilleurs nageurs du monde. Mais c’est dans les années 1970 et 1980 que la mode s’installa.

Selon Gordy Westerberg, le head coach d’Albuquerque, la grandeur de Reese tient dans en sa formidable capacité d’adaptation à un monde changeant : « pensez combien les jeunes et leurs parents ont changé entre 1980 et 2015. D’autres coaches se sont brillamment exprimé pendant 20 ou 25 ans, et puis leurs méthodes ont commencé à s’effriter. Reese n’a pas d’égal dans sa profession. »

Comme d’autres grands entraîneurs (confère Bob Bowman et Fabrice Pellerin) Eddie sait qu’il n’y a pas de petites erreurs, que tous les détails comptent. A la rentrée d’octobre 2014, Reese rassura ses troupes : il ne quitterait pas le navire avant les sélections US pour les Jeux olympiques de 2016. Eddie, né le 23 juillet 1941, entrait dans sa 74e année, et il voulait qu’ils sachent qu’après 50 années à coacher, dont 36 à l’Université du Texas, il n’était pas prêt à dételer. Il quitterait tous les matins son domicile pour le grand centre nautique des Longhorns avec le même enthousiasme, le même intérêt, le même désir d’exceller. Il les aiderait à se qualifier pour le grand rendez-vous de Rio. Les dix titres (devenus 11) NCAA et les onze deuxièmes places par équipes, les dizaines de victoires individuelles, de sélections mondiales et olympiques, les médailles d’or et d’autres métaux étaient derrière, et ne comptait que ce qui se projetait devant lui.

Après les trials de 2016, en revanche, il ne pouvait rien promettre. « Aussi longtemps que j’éprouve du plaisir là dedans, et que je produirai un impact positif sur mes athlètes, j’entraînerai. Je ne suis encore pas prêt à stopper. » Selon notre confrère Mike Watkins, l’idée d’arrêter les frais s’était pourtant insinuée il n’y a pas si longtemps que ça, dans l’esprit de Reese. « Une saison difficile qui vit une équipe dans le désarroi avait remis en cause son désir de continuer. Le plaisir avait disparu. Il donna quelques coups de balai et en un an, l’équipe était de nouveau sur la bonne voie – chose qui restaura son intérêt et son désir d’entraîner. Depuis, il a connu un temps fort dans sa carrière qui l’a conduit  à tenter de tirer le maximum de tous ses nageurs, quelque soit le temps d’entraînement que cela puisse exiger. »

« J’ai toujours considéré que chaque athlète égale 1, et que chaque membre de l’équipe égale 1, aussi, si je fais bien mon travail, ils doivent savoir qu’ils comptent, qu’ils sont importants, et que je vais faire tout mon possible pour les aider à rejoindre leur plein potentiel. » Reese se dit appartenir à la vieille école, mais, ajoute-t-il, « je cherche de nouvelles voies pour les motiver et les défier. Je les traite comme j’aimerais être traité, et il en résulte un niveau de respect réciproque. Cela a toujours marché comme cela pour moi. »

FAIRE LES NAGEURS UN PAR UN

Après avoir été un bon spécialiste des quatre nages, Reese, jeune diplômé en éducation physique de Floride, avait débuté dans la profession sur la place même où il avait nagé et étudié, comme assistant aux Florida Gators, entre 1963 et 1965. Il enseigna et entraîna ensuite (1965-66) dans le secondaire à Roswell, Nouveau-Mexique. Retourné chez les Gators comme assistant, pendant six saisons, il accepta en 1972 la place du head coach à Auburn, dont le programme de natation n’avait jamais produit ne serait-ce qu’un finaliste A ou B dans les championnats du sud est (SEC). Six ans plus tard, quand il quitta Auburn, les « Tigers » avaient visité, quatre fois de suite, le top 10 de la NCAA, grimpé à la deuxième place en 1978.

Alors qu’il postulait à l’Université du Texas dont le poste de coach était vacant, il atterrit à Austin avec l’idée de reproduire ce qu’il avait accompli à Auburn. Mais quand il visita le campus et les installations, il se convainquit de pouvoir y bâtir « quelque chose de spécial. »

ON NAIT CHAMPION, ON NE LE DEVIENT PAS

Mais, insiste Reese, c’est autour des hommes – des adjoints et des nageurs de grande valeur – que se construit une forte équipe de natation. « La première chose que j’ai apprise, c’est qu’on ne fabrique pas des champions de natation. Ce sport est trop dur pour cela. On leur donne les instruments et on les guide, mais le désir, la constance dans la volonté de devenir un champion doit être en eux. » Reese parle d’expérience, car il a coaché 54 champions individuels et 41 relais vainqueurs des NCAA, dirigé 3 équipes olympiques US (en 1992, 2004 et 2008, et 29 nageurs olympiques qui ont remporté 39 médailles d’or, 16 d’argent et 8 de bronze aux Jeux. Quand il attribue le succès des Longhorns aux nageurs eux-mêmes, il donne donc un avis autorisé ! Et lui dans tout ça ? « Il me revient d’évaluer chaque année ce que je dois faire et si quelque chose ne fonctionne pas, d’en changer. C’est ce qui rend la chose intéressante. »

Le palmarès de Reese est tellement lourd qu’on ne sait par quel bout le prendre – il y a quelque chose de fastidieux dans son évocation… Les titres des Longhorns ont été conquis en 1981, 1988, 1989, 1990, 1991, 1996, 2000, 2001, 2002, 2010. Texas fut 2e du championnats en 1982, 1984, 1992, 1994, 2003, 2008, 2009. 3e en 1983, 1985, 1986, 1993, 1999, 2004. 4e en 1995 et 2006. “Seulement” 5e en 1987 et en 2007, 7e en 2005.

Les grands nageurs d’Eddie Reese? Ian Crocker, seul quadruple vainqueur du 100 yards papillon NCAA avec Mark Spitz et Pablo Morales. Brendan Hansen, qui fut 13 fois champion NCAA, où il réussit le doublé 100 et 200 yards à quatre reprises. Aaron Peirsol, une légende du dos, l’homme qui découragea Michael Phelps de tenter sa chance ans un style où il savait qu’il ne gagnerait pas !…

Nate Dusing, nageur NCAA de l’année 2001, Josh Davis, quadruple champion NCAA, Shaun Jordan (1988-91), Kirk Stackle (1987-90), Clay Britt (1980-83), Rick Carey (1981-84), champion olympique et recordman du monde du 200 mètres dos, ne sont que les plus capés de ses élèves..

Eddie Reese, en raison de sa valeur et de son expérience, a plus qu’à son tour fait partie des équipes olympiques US. En tant que coach en chef en 1992, 2004 et 2008, en tant qu’adjoint en 1988, 1996, 2000 et 2012.

Les résultats aux Jeux olympiques des nageurs de Reese sont trop nombreux pour être détaillés ici. Notons seulement leurs noms. En 2012, à Londres, Ricky Berens, Jimmy Feigen, Brendan Hansen. En 2008, sept des 22 US qualifiés aux Jeux étaient ses élèves, dont Ricky Berens, Scott Spann, Dave Walters, Garret Weber-Gale. En 2004 Weber-Gale, Ian Crocker, Aaron Peirsol, Brendan Hansen, Nate Dusing, Scott Goldblatt, Gary Hall jr. Ajoutez Rick Carey (1984). En 2000, Crocker, Peirsol et sept anciens des Longhorns, Josh Davis, Dusing, Scott Goldblatt, Gary Hall Jr., Tommy Hannan, Jamie Rauch et Neil Walker se retrouvèrent dans l’équipe US, dont ils constituaient un tiers de l’effectif. En 1992, les nageurs de Reese enlevèrent 13 médailles, dont 6 en or.

LA RICHESSE D’UNE EQUIPE: SES INDIVIDUALITES

Ceux qui évoquent – avec lui – la philosophie de Reese mettent en avant un point capital. Ce n’est pas le travail – quoiqu’il prétende que ses nageurs travaillent plus que les autres. Ils retiennent le calme, l’atmosphère joyeuse, le goût de la plaisanterie, le coach certifiant que s’il convient de travailler dur, il n’y a pas de raison de bosser triste.

Mais il faut retenir aussi (surtout) l’aspect individuel de la préparation. A Texas, le succès de l’équipe dérive des accomplissements individuels, l’individu précède le collectif. « Je me suis toujours préoccupé des nageurs d’abord. Nous ne parlons jamais de gagner les NCAA. Nous parlons de la possibilité, pour chacun, de faire mieux. Ce qui me satisfait en tant qu’entraîneur, c’est de voir chaque nageur aller plus vite qu’il ne l’a jamais fait. Avec ce but en ligne de mire, nous sommes dans la bataille pour le championnat, chaque année. »

En mai 2003, Eddie Reese fut élu à l’International Swimming Hall of Fame.

En janvier-février 2006, Jeff Grace a exposé des idées sur la méthode de Eddie Reese, dans  SwimNews. Le coach est alors au sommet de sa carrière. Ses élèves, Aaron Peirsol, Brendan Hansen et Ian Crocker, dominent, respectivement, le dos, la brasse et le papillon. Ces trois recordmen du monde, disposent de techniques exceptionnelles, et nagent avec une intensité et une énergie étonnantes. Et Eddie Reese, à qui on demande d’expliquer :  « Je me pose moi-même la question sur le secret de mes succès, mais il n’y en a pas. Je ne sais pas pourquoi plein de choses que je fais marchent, mais elles marchent et je les fais. » Ses trois principes sont : nager avec passion, travailler dur et intelligemment. « Ce qui rend ces nageurs spéciaux, c’est qu’ils aiment la compétition. Tous ceux qui se situent à ce niveau sont des compétiteurs. Hansen affronte le chronomètre, Peirsol changera de ligne pour trouver quelqu’un à qui se mesurer et Crocker est l’homme qui va livrer « la » course le jour où cela comptera. »

Reese ne croit pas qu’il faille entraîner les individus pour une course. Il convient de leur donner une base aérobie qui leur permettra d’atteindre leur plein potentiel. « Il y a des années, quelqu’un, dont le nageur performait sur 200 m brasse, mais pas sur 100m brasse, vint me dire qu’il allait le préparer sur 100. Je lui dis que c’était une erreur. Nul d’entre nous n’est assez bon pour faire ça. Je ne suis pas assez bon. Il advint que ce nageur nagea bien plus mal sur 100 et 200. C’est comme Brooke Bennett. Elle gagna le 800 mètres en 1996, passa de 95.000 à 105.000 mètres par semaine et son temps sur 200 mètres s’améliora de beaucoup. » Et, pourrait-on ajouter, Yannick Agnel n’a jamais été meilleur nageur de 100 mètres que quand il avait préparé le 200 et le 400 mètres avec Fabrice Pellerin.

LE NAGEUR EST D’ABORD UN ATHLETE

Dans une saison, Reese alterne phase non compétitive avec un travail très dur et phase d’affutage. Classique. Dans la première phase, qui dure des mois, les nageurs s’entraînent trois matins 1h30, cinq après-midis 2 heures par semaine, à raison de 6 à 7000 yards par session. S’ajoutent cinq séances au sol : charges additionnelles les lundis, mercredis et vendredis, et des circuits d’endurance les mardis et jeudis.

Il s’agit alors de développer la base aérobie des nageurs, essentiellement en crawl. Il planifie des séries où il les met au défi dans leurs capacités en nage complète et en battements.  SwimNews nous offre deux types d’entraînements-défis effectués en 2005 : le premier est un 5 fois 200 yards libre, départ tous les 2’15’’, chaque 200 nagé entre 2’ et 2’5’’, plus 100 yards battements rapides en 1’40’’ ; le second revient à nager en grand bassin le plus grand nombre possible de 50 mètres en 30’’ et de 50 mètres battements en 40 ».

De ce fait, les nageurs de Reese travaillent les distances quelle que soit l’épreuve qu’ils préparent. « J’ai dit à Peirsol qu’il ne pourra pas quitter la ligne d’eau de distance avant d’avoir nagé 4’25’’ au 500 yards, Hansen 4’30’’ et Crocker 4’35’’, racontait-il alors. L’équivalent de 3’52 », 3’57 » et 4’2 » au 400 mètres en petit bain. Or Crocker était un nageur de 100 mètres crawl et papillon, Hansen un brasseur, Peirsol un dossiste. Donc importance de la base crawl plus résistance.

Et la vitesse, direz-vous? Elle se développe à travers la force et la puissance « dans la salle des poids et haltères. J’avais un garçon de 5e année senior qui nageait les 50 yards en 20’’1 depuis des années. Une année, le seul changement à son programme fut d’ajouter des soulevés de terre, et il nagea 19 »7. »

Parallèlement à ce travail de force de culture physique, les élèves de Reese font beaucoup d’endurance en salle en utilisant des exercices avec leur poids de corps et les « roues », exercice dans lequel les nageurs se propulsent avec leurs bras en haut d’une rampe de 35 mètres de long, à genoux sur une planche sur roues.

Le but premier de ce travail hors époque de championnats est de maintenir les nageurs sous pression constante dans et hors de l’eau. « A la base, j’établis un but et nous travaillons en vue de ce but. Le corps n’évolue que sous effort et je crois qu’on doit maintenir le corps sous forte pression. Parfois ce que nous effectuons ne fait pas sens au plan de la logique corporelle, mais quelques fois, le développement ne suit pas un sens de logique corporelle. »

Quand Reese attaque la phase seconde de la saison, l’affutage, il s’en tient à la méthode qui lui a réussi à travers les années. « Je crois en un affutage court (drop taper) où nous raccourcissons de façon dramatique les distances. C’est ce que j’ai fait pendant des années et cela marche. » L’affutage a été remis en cause par de plus jeunes entraîneurs, mais Reese ne change pas une méthode qui gagne parce que c’est la mode. « Les nageurs se sentent affreux pendant un bref laps de temps, mais, pour récupérer, il faut deux à trois semaines au système musculaire et cinq à six semaines au système nerveux. Quand j’affute au niveau individuel, je vis par le principe que si le nageur ne me parait pas être bien, je le repose plus encore. » 

Le meilleur plan d’entraînement ne vaut rien sans un bon environnement. Reese s’efforce de créer cette ambiance qui va donner aux nageurs l’envie de venir chaque jour y déployer les plus grands efforts. Lui, en appelle à leur goût du jeu et de l’aventure. « Nous sommes au fond des enfants », dit-il. Les succès de Peirsol, Hansen et Crocker ? L’environnement plus un plan basé sur le travail et la régularité.

Reese a proposé des plans fondés sur le développement des jeunes en fonction de leur âge (c’est un document Pdf qu’on trouve facilement sur Internet). Pour les cadets, il propose des grimpers de corde et du mur d’escalade. Logique, car se tirer sur les mains, c’est ce que fait le nageur dans l’eau. En fait, après un siècle d’obscurantisme dans ce domaine, on a admis qu’avant d’être un poisson, un nageur doit être un athlète. Les exercices de musculation, insiste-t-il, doivent toujours être supervisés et ne jamais comporter de tentatives de records.

L’HISTOIRE DE DEUX FRERES

Il y a 35 ans, on connaissait deux entraîneurs américains du nom de Reese : Eddie et Randy. Je dirai même pour m’en souvenir clairement, le plus connu des deux était Randy. Enfin, disons qu’à l’époque, Eddie ne m’apparaissait pas. Aujourd’hui encore, dans la rédaction de cet article, j’ai prénommé Eddie Randy et j’ai été obligé de me corriger!

Les deux frères, très différents l’un de l’autre, avaient des résultats brillants, et, en 1981, cela a attiré l’attention des journalistes de Sports Illustrated. Cette année, raconte Dan Levin, dans son article paru le 2 Février 1981, Eddie avait enlevé le titre NCAA par équipes, Randy, avec son équipe de Floride, avait fait 5e chez les femmes et 3e chez les hommes, et tous deux se disputaient les honneurs. Pour résumer, Randy se montrait exigeant, véhément, intraitable, quand Eddie ne cessait de plaisanter sur la plage de la piscine. On disait que ces deux, associés, seraient imbattables. Eddie, on ne se refait pas, l’idée le faisait se marrer : « Sûr. Je lui laisserai tout le travail et j’irai à la chasse et à la pêche. » Randy avait sculpté sa légende : coach de droit divin, figure tutélaire, dieu de colère des piscines. Eddie, lui, se contentait de se fondre parmi les autres au bord du bassin.  « Randy crée une distance » affirme Amy Caulkins. Dara Torres ne l’a pas épargné et lui a réglé son compte dans son bouquin. Elle a raconté comment  Randy jetait de rage des objets comme des chaises dans la piscine ou créait l’angoisse du poids chez ses nageuses. Il avait inventé que leur laisser aller dans ce domaine était une preuve de couardise, de faiblesse mentale qu’il fallait corriger. Elle l’a présenté comme un psychorigide qui empoisonnait la vie de ses nageuses. Fort de son moralisme à la gomme, il les pesait les lundis matin, et avait conçu un entraînement punition réservé à celles qui prenaient du poids. Entraînement rituel effectué sous les quolibets des garçons ! Au bout de quelques semaines, les filles se faisaient vomir… Bref, il leur pourrissait la vie!

On ne s’étonnera pas d’apprendre que Randy a pris sa retraite en 1990 pour devenir un homme d’affaires. Puis il revint, et se trouve aujourd’hui « director of the aquatics » à Clearwater, en Floride.

Eddie, témoigne déjà il y a trente-quatre ans Sports Illustrated, c’était tout le contraire, il ne répétait jamais un programme d’entraînement pour éviter la lassitude, il travaillait individuellement parce que, dit-il, une chaîne est aussi forte que son maillon le plus faible ; il était le coach le plus populaire du pays, ne cessait de blaguer et dans les compétitions, on le trouvait aisément, au milieu du groupe le plus compact de gens, nageurs ou entraîneurs venant tchatcher et blaguer avec lui.

Mais, car il y a un mais. Eddie, avec ses manières, disposait déjà, en 1981, du programme de travail au sol le plus difficile des USA, et était considéré comme un maître de l’affutage – chaque nageur était affuté différemment, tel carrément sorti de l’eau, tel autre voyait son volume légèrement diminué. Et déjà, il avait cette façon bien à lui de hausser les épaules et de feindre de ne pas comprendre ce qu’il faisait : « En vrai, je ne sais pas comment affuter, mais d’année en année, cela marche constamment. »

Aux temps de la science, ce mélange troublant d’instinct, d’humanisme et d’humilité a quelque chose de rafraichissant.

LES TRUCS DE EDDIE REESE EN NAGE LIBRE.

Quand vous nagez en crawl, outre une bonne rotation :

-Pointez vos doigts vers la ligne dans le retour du bras – cela créera un très faible angle et un coude haut.

-quand votre main entre dans l’eau, pointez vos doigts vers le mur vers lequel vous vous dirigez – ou en eau libre – dans la direction où vous allez.

-pointez les doigts vers le fond de la piscine quand vous tirez dans l’eau.

-essayez de vous imaginez en train de glisser à travers l’eau avec vos bras – de la façon dont des patineurs poussent et glissent.

-pour le battement – relâchez vos genoux et vos chevilles.

PEDERSEN MONTRE SON NEZ : 2’21’’60

Lundi 31 Mars 2015

Rikke Moller Pedersen, la recordwoman du monde et vice championne du monde du 200 mètres brasse, a nagé sur sa distance fétiche en 2’21’’60, meilleure performance mondiale des trois derniers mois, à deux grosses secondes de son meilleur temps, au Svomstadion de Copenhague. Au cours de la deuxième journée du meeting,  un ensemble de bonnes performances a été enregistré. C’est ainsi que Pal Joensen, des Féroé, et Wojciech Wojdak, le Polonais, se son livrés un duel assez serré sur 1500 mètres, tandis que l’Islandaise Eyglo Osk Gustafsdottir a amélioré le record scandinave sur 200 mètres dos féminin, devenant la première du sous-continent à nager la distance en moins de 2’10’’… Eyglo avait manifesté son contentement, en novembre dernier de s’entraîner dans un groupe plus grand que son club initial, Aegyr, à Reykjakik. Eyglo, dont le second prénom, Osk, signifie « Désir » en finlandais. Bien placée dans l’optique des mondiaux de Kazan, cet té, la nageuse nommée désir est entraînée par le Français Jacky Pellerin, qui dirigea Franck Esposito, les clubs de Canet, puis de Troyes.

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Pavel Korzeniowski (POLOGNE), 49’’89.  1500 mètres : 1. Pal Joensen (Féroé), 15’13’’88 ; 2. Wojciech Wojdak (Pologne), 15’15’’57. 200 mètres dos : 1. Matheus Wyzoczysnki (POL), 2’2’’60. 200 mètres brasse : 1. Matti Mattsson (Finlande), 2’12’’25.

DAMES.- 100 mètres : 1. Pernille Blume (Gladsaxe), 54’’62 ; 2. Louise Hansson (Suède), 54’’94. 1500 mètres : 1. Martina Elhenicka (TCH), 16’55’’67.  200 mètres dos : 1. Eyglo Osk Gustafsdottir (Islande), 2’9’’86 ; 2. Simona Baumrtova (TCH), 2’11’’33. 200 mètres brasse : 1. Rikke Moller Pedersen (Herning SC), 2’21’’60.

BELMONTE ENCORE ET ENCORE

Par Eric LAHMY                               Lundi 30 Mars 2015

La 3e journée des championnats d’Espagne, à Malaga, a été marquée par la toujours présente Mireia Belmonte. L’épatante demi-fondeuse (c’est comme ça qu’il faut dire ?) espagnole a d’abord, probablement, un peu économisé ses forces dans le 200 mètres quatre nages, où elle est restée en deçà de son record d’Espagne, 2’9’’45 (aux championnats du monde de Barcelone, en juillet 2013), de trois secondes, ainsi que de son record des championnats, vieux de quatre ans, puisqu’établi en 2011 à Madrid, 2’10’’26. Il s’agissait de gagner, se qualifier, et réserver ses forces en vue du 1500 mètres. Sur la plus longue distance du programme, Belmonte a établi un temps de 16’10’’63, premier au monde en 2015, mais qui, comme toutes ces marques, ne devrait pas durer, et risque même de prendre une vilaine gifle quand la recordwoman du monde Katie Ledecky va se mettre à l’eau. D’ailleurs, Belmonte a nagé l’an passé la distance en 15’57’’29 aux championnats d’Europe de Berlin et, au printemps dernier, amené son record des championnats d’Espagne à 15’58’’07. Il s’agissait du 5e titre national conquis en trois jours à Malaga, et il lui reste à conquérir le 400 mètres, où elle sera opposée à l’Italienne Alice Mizzau, à Costa Schmid. Derrière Mireia, Jimena Perez Blanco, de Gredos San, Diego, une jeune de 17 ans (elle est née le 22 août 1997), trône à la 2e place du bilan de l’année avec un temps de 16’22’’64. Jimena, déjà championne d’Europe juniors à Poznan, l’an dernier, avec un temps de 16’30’’63, et 2e du 800 mètres des Jeux mondiaux de la jeunesse, est une vraie inoxydable des bassins. A Sant Cugat, l’un de ses classiques à l’entraînement consiste en 32 fois 200 mètres dont 150 en aérobie et 50 en sprint !

Sur 100 mètres libre, Cerniak, fort de son 100 mètres papillon « leader » mondial, avait marqué son territoire, avec un temps de 49’’15. Mais en finale, le Polonais de Madrid est tombé, de la plus faible marge, un centième, en face de l’Italien, Marco Orsi, qui l’emportait en 48’’98 devant 48’’99, ce qui fait des deux les 4e et 5e de la saison sur la distance. Cerniak passait en tête avec énergie, touchant en 23’’05, un demi-mètre devant l’Italien, mais celui-ci revenait, tout comme d’ailleurs le Suisse Andrey Grechin (trop attardé cependant) et le « passait », si l’on ose dire d’une différence d’un centième de seconde, soit deux centimètres. C’était la deuxième victoire d’Orsi sur Cerniak à ces championnats, après le 50 mètres.

 

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Marco Orsi (Italie, UISP), 21’’96 ; 2. Konrad Cerniak (Sabadell), 22’’14 ; 3. Markel Alberdi Sarobe (Bidasoa), 22’’42. 100 mètres : 1. Marco Orsi (Italie, UISP), 48’’98 ; 2. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), 48’’99 ; 3. Andrei Grechin (Suisse), 49’’15. 200 mètres : 1. Victor Manuel Martin Martin (Natchur), 1’49’’01 ; 2. Miguel Duran Navia (Sabadell), 1’49’’27 (en séries, 1’48’’18, record d’Espagne); 3. Albert Puig Garrich (Terrassa), 1’49’’30; 4. Alejandro Miguel Arroyo (Navial), 1’50’’05. 800 mètres : 1. Marc Sanchez Torrens (Sabadell), 7’54’’02. 1500 mètres : 1. Marc Sanchez Torres (Sabadell), 15’11’’61. 50 mètres dos : 1. Miguel Ortiz-Canavate Ozeki (Canoenc), 24’’86 ; 2. Jesus Miguel Rando Galvez (Sandreu), 25’’08. 200 mètres dos : 1. Federico Turrini (Italie, Livorno), 2’0’’29 ; 2. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 2’0’’93 ; 3. Mikita Tsmyh (Biélorussie), 2’1’’. 50 mètres brasse : 1. Martin Andres Melconian Alvez (URUGUAY, SEK), 28’’12. 100 mètres brasse : 1. Melquiades Alvarez Caraballo (Mairena), 1’2’’04. 100 mètres papillon : 1. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), 51’’37 ; 2. Yauhen Tsurkin (Biélorussie), 52’’20 ; 3. Jose Manuel Valdivia Canizares (MADMOSC), 53’’13 ; 4. Quah Zheng Wen (Singapour), 53’’16. Finale B : 1. Piero Codia (Italie), 52’’47. 200 mètres papillon : 1. Quah Zheng Wen (Singapour), 1’56’’85 ; 2. Gonzalo Quintanilha Nuno (Portugal), 1’57’’55; 3. Carlos Peralta Gallego (Canoenc), 1’57’’81; 4. Nills Lies (Suisse), 1’58’’10. 200 mètres 4 nages : 1. Alexis Manacas Santos (Portugal), 2’0’’51 ; 2. Albert Puig Garrich (Santos), 2’0’’73 (en sérir, 2’0’’54) ; 3. Alan Cabello Forns (Calella), 2’1’’49; 4. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 2’1’’50. 400 mètres 4 nages : 1. Marc Sanchez Torrens (Sabadel), 4’16’’81 ; 2. Alexis Manacas Santos (Portugal), 4’17’’28 ; 3. Alejandro Garcia Martin (Zamora), 4’20’’29 ; 4. Joan Casanovas Skoubo, 18 ans (Sabadell), 4’21’’26.

DAMES

50 mètres : 1. Aliaksandra Hierasimenia (Biélorussie), 24’’98 ; 2. Sasha Touretski (Suisse), 25’’52 ; 3. Fatima Gallardo Carapeto (Badajoz), 25’’95. Finale B : 1. Giorgia Biondani (Italie), 25’’80. 100 mètres : 1. Aliaksandra Hierasimenia (Biélorussie), 55’’61 (série en 55’’60) ; 2. Alice Mizzau (Italie, Veneto), 55’’70; 3. Marta Gonzalez Crivillers (Sandreu), 55’’98. 200 mètres : 1. Melanie Costa Schmid (UCAM Fuensta), 1’58’’01 ; 2. Alice Mizzau (Italie, Veneto), 1’58’’52 ; 3. Chiara Masini Luccetti (Italie, Livorno), 1’58’’82 ; 4. Lidon Munoz del Campo (Mediter), 2’0’’53 ; 5. Marta Cano Minarro (CANOENC) 2’2’’11, record nées en 2000. 800 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 8’28’’53 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 8’31’’54. 1500 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 16’10’’63 ; 2. Jimena Perez Blanco (Gredos), 16’22’’64 ; 3. Maria Vilas Vidal (Riveira), 16’29’’15. 50 mètres dos : 1. Mercedes Peris Minguet (S.Olaya), 28’’52. 200 mètres dos : 1. Melani Costa Schmid (UCAM Fuensta), 2’10’’25 ; 2. Margherita Panziera (Italie, CC Aniene), 2’10’’83 ; 3. Duane Da Rocha Marce (CNMIJAS), 2’11’’08). 50 mètres brasse : 1. Victoria Zeynep Gunes (Turquie), 31’’40 ; 2. Jessicoa Val Montero (Sandreu), 31’’69. 100 mètres brasse : 1. Jessica Val Montero (Sandfreu), 1’7’’62 ; 2. Ilaria Scarcella (Italie, CC Aniene), 1’8’’21 ; 3. Zeynep Gunez Viktoria (Turquie), 1’8’’57. 100 mètres papillon : 1. Elena Di Liddo (Italie, CN Aniene), 58’’96 ; 2. Svenja Stoffel (Suisse), 59’’27 ; 3. Judit Ignacio Sorribe  (Sabadel), 59’’44. 200 mètres papillon : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 2’5’’86 ; 2. Judit Ignacio Sorribe (Sabadell), 2’8’’70. 200 mètres 4 nages : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 2’12’’80 ; 2. Victoria Zeynep Gunes (Turquie), 2’14’’14 ; 3. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 2’14’’27. 400 mètres 4 nages : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 4’36’’14 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 4’40’’65 ; 3. Catalina Corro Lorente (CN Palma), 4’41’’02.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AUSTRALIE CHERCHE JEUNES KANGOUROUS POUR 2018

Par Eric LAHMY à Montréal                                  Lundi 30 Mars 2015

L’Australie a désigné Glenn Beringen et Brendan Keogh aux postes d’entraineurs pour les Jeux du Commonwealth 2018, qui se tiendront à Gold Coast, à l’est du pays. Le rôle des deux coaches sera de surveiller et d’aider au développement des jeunes nageurs potentiels dans la perspective des Jeux dont la signification est rehaussée par le fait qu’ils auront lieu à l’intérieur du pays continent. Keogh, qui s’occupera des nageurs paralympiques, a déjà commencé la tâche, nous signale Duncan McKay, d’Inside The Games, tandis que Beringen s’attellera à cette tâche le 1er avril prochain. Leur désignation est une initiative conjointe de Swimming Australia (l’Association Australienne de Natation) et de l’Australian Commonwealth Games Association dans le cadre d’un programme intitulé « Gold Coast GOLD Program » et dont le but avoué est de permettre à la nation hôte de performer aussi bien que possible. On sait que l’ambition australienne est de devenir la première natation du monde d’ici 2020.

L’Australie a dominé le tableau des médailles à Glasgow, avec 57 médailles dont 19 d’or, laissant loin derrière une solide équipe d’Angleterre, forte de 28 médailles dont 10 d’or. Swimming Australia entend promouvoir un groupe de jeunes dans le cadre d’une initiative de développement accéléré lancé pour la Gold Coast 2018. Beringen, un médaillé d’argent olympique sur 200 mètres brasse (aux Jeux olympiques de Los Angeles, en 1984), doublé d’un médaillé d’argent sur 200 mètres brasse des Jeux du Commonwealth de Brisbane (1982) dans le Queensland, a dirigé les équipes australiennes dans un grand nombre de compétitions des juniors, comme les championnats du monde 2013 et les Pan Pacific juniors 2014. Il était posté à Townsville et dirigeait une équipe de nageurs d’élite à la piscine Kokoda. Michael Scott, le directeur des performances de Swimming Australia, a vanté la compétence et l’expérience de Beringen.

Keogh, très expérimenté en termes de natation pour les paralympiques, avait dirigé l’entraînement de l’équipe paralympique qui avait disputé les Jeux olympiques de Londres avec un grand succès.

PARK ET EFIMOVA, COUPABLES OU VICTIMES ?

Eric LAHMY à Montréal               30 Mars 2015

Y a-t-il quelque chose d’excessif dans le système de répression du dopage ? Peut-être que si. Dans sa rage à se défaire d’un système pernicieux – on voit par exemple comment le dopage semble avoir été « organisé » ces dernières années en Russie – est-ce que l’on n’a pas développé une stratégie du style « pas de prisonniers » qui revient à punir d’une main également ferme les tricheurs patentés et les victimes involontaires de confusions ou d’incidents ? C’est le sentiment qui me vient dans certains cas où le doute est possible – et, ces derniers temps, la Russe Julia Efimova et le Coréen Park Tae Hwon. Est-ce que je crois sincèrement qu’ils ne se sont pas volontairement dopés ? Je ne puis le dire. Mais qu’un très gros doute subsiste quant à leur culpabilité.

Il y a quelque chose qui me choque, humainement parlant, quand, d’un seul coup, on étiquette Park ou Efimova « dopés ». Voilà des athlètes qui ont été testés et testés pendant des années, qui sont manifestement propres, et qui se font avoir sur des incidents presque risibles. Efimova qui achète des compléments ou des suppléments alimentaires, il parait qu’il y a une différence, qui se fait assurer par le commerçant que le produit est rigoureusement propre, qui ne doit pas très bien lire dans l’alphabet romain (essayez de lire en cyrillique) les petits caractères qui auraient dû lui signifier son refus de consommer et qui devient une dopée…

Park, c’est encore pire. On lui fait une infiltration – opération banale s’il en est autour des sportifs, lesquels sollicitent anormalement leur carcasse – et le médecin qui effectue l’opération ignore tout des produits interdits lui injecte un stéroïde. Bien entendu, pour un champion de la dimension de ces deux là, il y a faute. Mais qu’ils soient punis de cette façon tranchante, inhumaine, me dérange un peu comme si les passagers d’une voiture accidentée étaient condamnés pour conduite dangereuse alors même qu’ils n’étaient pas au volant de la voiture.

Cela m’agace au plus haut point. Ai-je tant besoin de rôles modèles ? Il n’empêche. Tant qu’on n’aura pas prouvé que ces deux magnifiques personnes se sont dopées, Efimova et Park resteront à mes yeux de grands champions.

BROMER, 1’55’’39 AU 200 PAPILLON

Dimanche 29 Mars 2015

Copenhague. Au Svommestadion, de bonnes performances ont été réalisées à l’Open Danois. Victor B. Bromer a ainsi signé un 200 mètres papillon en 1’55’’39 qui devance le meilleur temps mondial de la saison du Japonais Saito, 1’55’’61, Pal Joensen, des îles Féroé, un 800 mètres en 7’52’’82. De bons sprint de Govorov et de Jeannette Ottesen, 3e temps mondial 2015 sur 50 mètres libre et 2e temps mondial sur 50 mètres papillon.

50 mètres: 1. Andrei Govorov (Adn), 22’’25. 200 mètres : 1. Markus Westermann (Herlev), 1’49’’37. 800 mètres : 1. Pal Joensen (Féroé, Aalborg), 7’52’’82 ; 2. Mad Glaesner (Sigma Swim Allerad), 7’58’’88. 100 mètres dos: 1. Lavrans Solli, (Bærumsvømmerne), 55’’71. 100 mètres brasse : 1. Matti Mattsson (Porin), 1’2’’24. 50 mètres papillon : 1. Andrei Govorov (Adn), 23’’37 ; 2. Pawel Korzeniowski (Pologne), 23’’98. 200 mètres papillon: 1. Victor Bromer (Aalborg), 1’55’’67 ; 2. Jan Switkowski (Pologne), 1’57’’76.

DAMES.- 50 mètres: 1. Jeannette Ottesen(Triton), 24’’66 ; 2. Pernille Blume (Gladsaxe), 25’’15. 200 mètres : 1. Mie Nielsen (Aalborg), 1’58’’83.  100 mètres dos: 1. Mie O. Nielsen (Aalborg), 59’’57. 100 mètres brasse: 1. Rikke Moller Pedersen, 1’7’’13; 2. Jeanna Laukanen, 1’8’’74; 3. Martina Moravcikova (TCH), 1’8’’88. 50 mètres papillon: 1. Jeannette Ottesen (Triton), 25’’48. 400 mètres 4 nages: 1. Barbora Zavadova (TCH), 4’41’’52.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KONRAD CZERNIAK, PAPILLON DES SOMMETS, 51’’37

Par Eric LAHMY                             Dimanche 29 Mars 2015

Le plus Espagnol des nageurs polonais, Konrad Czerniak, qui aligne des longueurs depuis six ans à Madrid auprès du coach Kizierowski, prend date sur 100 mètres papillon. Le voici leader mondial pour la saison. L’an dernier, il était champion d’Europe. Alors…

Ayant assuré son record d’Espagne du 200 mètres en séries et en 1’48’’18, ce matin à Malaga, en ouverture de la deuxième journée des championnats d’Espagne,  Miguel Duran partait favori de la finale. Mais le tout nouveau recordman national avait laissé pas mal d’énergie d’abord dans l’eau, avec la construction d’un record où il avait mis du sien, partant tambour battant et terminant à l’agonie, ensuite sur la plage, à se faire photographier et congratuler. Résultat : il s’est fait rouler en finale, de belle manière, par Victor Manuel Martin. Il terminait aussi à deux doigts de perdre l’argent, Puig terminant à seulement un gros dixième de seconde…

ET PUIS MIREIA, BIEN SÛR

Alors finalement, comme d’habitude, l’exploit de la journée dut être porté à l’actif de la merveilleuse Mireia Belmonte. Sur 400 mètres quatre nages, Mireia construisait sa course en l’absence d’une opposition à sa mesure. Elle héritait, en 4’36’’14, de la deuxième performance mondiale de l’année. Mireia, une fois n’est pas coutume, se contentait de ce seul fait d’armes. Il ne fait guère de doute que, sur 200 mètres, elle aurait pu porter la contestation à son équipière de l’UCAM Costa Schmid, qui, pour  l’emporter, dut se débarrasser de deux Italiennes, Alice Mizzau et Chiara Mazzini.

Côté messieurs, c’était le Polonais Konrad Czerniak qui marquait les esprits, avec un 100 mètres papillon de belle facture. Ses 51’’37 représentent la meilleure performance mondiale des trois derniers mois, devant les 51’’64 de Jack Conger (USA), les 52’’13 de Mehdy Metella (France), les 52’’15 de Thomas Shields, Grande-Bretagne, et… les 52’’20 de Yauhen Tsurkin, le Biélorusse, 2e derrière lui à Malaga cet après-midi… ainsi que devant dix autres nageurs compressés dans une demi-seconde. Le champion d’Europe 2014, qui a déjà été 2e (en 2011 à Shanghai) et 3e (en 2013 à Barcelone), vise manifestement un autre métal à Kazan, en août prochain. Konrad, qui s’est expatrié depuis maintenant six ans et nage à Madrid sous la direction de Bartosz Kizierowski (un ancien champion d’Europe du 50 mètres – 21’’88 en 2006, s’il vous plait), qui a coaché aussi une championne olympique (du 200 mètres papillon) Odilia Jedrzejczak…

Résultats des deux premières journées.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Marco Orsi (Italie, UISP), 21’’96 ; 2. Konrad Cerniak (Sabadell), 22’’14 ; 3. Markel Alberdi Sarobe (Bidasoa), 22’’42. 200 mètres : 1. Victor Manuel Martin Martin (Natchur), 1’49’’01 ; 2. Miguel Duran Navia (Sabadell), 1’49’’27 (en séries, 1’48’’18, record d’Espagne); 3. Albert Puig Garrich (Terrassa), 1’49’’30; 4. Alejandro Miguel Arroyo (Navial), 1’50’’05. 1500 mètres : 1. Marc Sanchez Torres (Sabadel), 15’11’’61. 50 mètres dos : 1. Miguel Ortiz-Canavate Ozeki (Canoenc), 24’’86 ; 2. Jesus Miguel Rando Galvez (Sandreu), 25’’08. 200 mètres dos : 1. Federico Turrini (Italie, Livorno), 2’0’’29 ; 2. Hugo Gonzalez de Oliveira (Covibar), 2’0’’93 ; 3. Mikita Tsmyh (Biélorussie), 2’1’’. 100 mètres brasse : 1. Melquiades Alvarez Caraballo (Mairena), 1’2’’04. 100 mètres papillon : 1. Konrad Cerniak (Pologne, Sabadell), 51’’37 ; 2. Yauhen Tsurkin (Biélorussie), 52’’20 ; 3. Jose Manuel Valdivia Canizares (MADMOSC), 53’’13 ; 4. Quah Zheng Wen (Singapour), 53’’16. Finale B : 1. Piero Codia (Italie), 52’’47. 200 mètres papillon : 1. Quah Zheng Wen (Singapour), 1’56’’85 ; 2. Gonzalo Quintanilha Nuno (Portugal), 1’57’’55; 3. Carlos Peralta Gallego (Canoenc), 1’57’’81; 4. Nills Lies (Suisse), 1’58’’10. 400 mètres 4 nages : 1. Marc Sanchez Torrens (Sabadel), 4’16’’81 ; 2. Alexis Manacas Santos (Portugal), 4’17’’28 ; 3. Alejandro Garcia Martin (Zamora), 4’20’’29 ; 4. Joan Casanovas Skoubo, 18 ans (Sabadell), 4’21’’26.

DAMES.- 50 mètres : 1. Aliaksandra Hierasimenia (Biélorussie), 24’’98 ; 2. Sasha Touretski (Suisse), 25’’52 ; 3. Fatima Gallardo Carapeto (Badajoz), 25’’95. Finale B : 1. Giorgia Biondani (Italie), 25’’80. 200 mètres : 1. Melanie Costa Schmid (UCAM Fuensta), 1’58’’01 ; 2. Alice Mizzau (Italie, Veneto), 1’58’’52 ; 3. Chiara Masini Luccetti (Italie, Livorno), 1’58’’82 ; 4. Lidon Munoz del Campo (Mediter), 2’0’’53 ; 5. Marta Cano Minarro (CANOENC) 2’2’’11, record nées en 2000. 800 mètres : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 8’28’’53 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 8’31’’54. 50 mètres dos : 1. Mercedes Peris Minguet (S.Olaya), 28’’52. 200 mètres dos : 1. Melani Costa Schmid (UCAM Fuensta), 2’10’’25 ; 2. Margherita Panziera (Italie, CC Aniene), 2’10’’83 ; 3. Duane Da Rocha Marce (CNMIJAS), 2’11’’08). 100 mètres brasse : 1. Jessica Val Montero (Sandfreu), 1’7’’62 ; 2. Ilaria Scarcella (Italie, CC Aniene), 1’8’’21 ; 3. Zeynep Gunez Viktoria (Turquie), 1’8’’57. 100 mètres papillon : 1. Elena Di Liddo (Italie, CN Aniene), 58’’96 ; 2. Svenja Stoffel (Suisse), 59’’27 ; 3. Judit Ignacio Sorribe  (Sabadel), 59’’44. 200 mètres papillon : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 2’5’’86 ; 2. Judit Ignacio Sorribe (Sabadell), 2’8’’70. 400 mètres 4 nages : 1. Mireia Belmonte Garcia (UCAM Fuensta), 4’36’’14 ; 2. Beatriz Gomez Cortes (Galaico), 4’40’’65 ; 3. Catalina Corro Lorente (CN Palma), 4’41’’02.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MIGUEL DURAN 1’48’’18 RECORD SUR 200 METRES

Dimanche 29 Mars 2015

Miguel Duran, de Sabadell, a battu en 1’48’’18 le record d’Espagne du 200 mètres nage libre (qui appartenait depuis six ans à Alex Villaecija. En séries des championnats d’Espagne, deuxième journée, à Malaga, après que Albert Puig Garrich, de Terrassa, eut nagé la distance en 1’49’’45, Duran s’élança légèrement plus vite que Puig, en 52’’53 contre 52’’84, finit de construire la record dans la troisième longueur, 1’19’’97, et, quoique faiblissant nettement sur la fin, put épingler le record. Quoique un peu limité en vitesse (24’’15 sur 50 mètres la veille), surtout pour passer à ces allures, le gaillard de vingt ans, depuis le 1er janvier, et de 1,91m pour 80kg sans un gramme de « chicha » (chair, viande) aux dires de sa mère, devrait ne faire qu’une bouchée des autres nageurs autant sur 200 mètres que 400 mètres. Il a été champion d’Espagne junior de toutes les distances, du 200 mètres au 1500 mètres. Mis à l’eau par sa mère à trois ans pour lui éviter la peur qu’elle nourrissait de l’eau, Miguel est devenu une terreur des bassins… du moins dans son pays !