Mois : juin 2015

SETO-HAGINO, DUPONT et DUPOND DE LA NATATION

Par Eric LAHMY                                                               7 Juin 2015

Seto-Hagino, vous connaissez ? Vu du Japon, c’est Sèvres-Babylone, Erckmann-Chatrian, Laurel et Hardy, Tic et Tac, Holmes et Watson. On ne les voit pas l’un sans l’autre, et dans une piscine, ils sont souvent très rapprochés. Souvenez-vous de ce 400 quatre nages des mondiaux de Barcelone, dont l’un (Hagino) était le favori et que l’autre, Seto, a gagné après un retour féroce en brasse et une accélération mortelle en crawl. Pour des yeux d’Occidentaux, ils ne sont pas seulement proches, mais indifférenciés, Dupont « T » et Dupond D », version Tintin au Japon. Yeux bridés, bien sûr, pas très grands, hyper souples, royaux sur l’eau, avec des styles à enseigner dans les écoles, épurés comme des gravures d’Hokusai. Donc au premier abord, les ploucs lambdas que nous sommes ne les reconnaissons pas. Mais à y regarder de près, ils sont très différents. Seto est plus un prototype du paysan nippon style « Rashomon », râblé, musclé, dans son 1,74m pour 70kg, du solide, et sans doute de la force à revendre. J’aimerais savoir ce que ce garçon réalise au « pullover ». Il a le bras long, et donc l’envergure d’un homme plus grand de, je dirais, douze centimètres. Hagino, quoiqu’aussi banal en termes de mensurations, est plus « longiligne », comme le confirment ses mensurations, 1,77m pour 68kg. Par rapport à Hagino, la force de Seto, c’est la brasse, comme on l’a dit, dans une des rares courses où il a devancé le « Phelps japonais », le 400 mètres quatre nages des mondiaux de Barcelone, en 2013.

Samedi, sur cette même distance, première journée du meeting de Canet-en-Roussillon, Hagino l’a emporté, de pas grand-chose, et Verraszto a failli commettre l’impair de les séparer. Dimanche, sur 200 quatre nages, Lochte a commis le forfait de s’immiscer dans leur dialogue, et si Hagino a gagné, Seto a fini 3e. Le site fédéral n’ayant pas communiqué les passages, difficile de dire si Seto a replacé sa brasse, mais cette fois il est resté derrière ! Avec ou sans, il n’a pas gagné, mais la brasse est plus qu’à son tour la clé des quatre nages, demandez-le à Hannah Miley qui a « estourbi » les espoirs de Katinka Hosszu dans le parcours « grenouille » de son 400 quatre nages, lui mettant quatre secondes dans les mirettes. Après ça, l’ « Iron Lady » a eu un petit air rouillé, et elle n’est jamais revenue en crawl.

HOSSZU TOUJOURS LA MAIS PAS TOUJOURS DEVANT

Comme nous le soupçonnions et l’avions supposé en réponse à l’agression de Swimming World contre Katinka Hosszu, soupçonnée on se demande bien pour quelle raison de se doper, celle-ci ne gagne pas aussi facilement quand elle a des grandes nageuses dans ses compétitions marathons, et la Hongroise, toujours remarquable certes, n’a cependant pas gagné une seule course ce dimanche, et une seule samedi, ce qui n’est pas son style habituel  Mais Miley n’est pas j’importe qui, qui réalise cette saison un come-back intéressant. Même chose pour toutes les autres qui l’ont ici devancée… encore que Katinka était moins tonique que d’habitude.

RUTA TAILLE LA ROUTE

L’un des points forts, dans l’affiche de ce meeting, c’était la brasse, avec deux belles têtes d’affiche, le blond Adam Peaty, le tout nouveau recordman du monde britannique, et la blonde Ruta Meilutyte, championne olympique, championne et recordwoman du monde sur 100 mètres, passeport lituanien, mais entraînement britannique elle aussi ! Les Britanniques, qui nous traitent de mangeurs de grenouilles, pour leur part, ont développé à travers le temps une affinité coupable pour ce style de nage des amphibiens. Seuls collectivement aujourd’hui, les Japonais leur tiennent tête, et peu d’individualités contrent leur suprématie. Pour en revenir à nos deux personnages, Ils n’ont pas déçu et enlevé leurs courses avec panache. Après avoir atteint la meilleure performance de l’année sur 100, Ruta a réitéré sur 50, en 29’’88. Je crois qu’elle en veut à Efimova, qu’elle soupçonne de s’être dopée volontairement, ou, du moins, ne lui pardonne pas ses coupables distractions, et qu’elle ne laissera pas la Russe, qu’elle à mis dans sa ligne de mire, gagner quoique ce soit ! Ça risque de barder à Kazan… Sur 200 mètres brasse, tandis que l’Allemand Marco Koch signait une belle performance, se plaçant au 3e rang mondial de la saison, la Danoise Moller-Pedersen, sans déloger Kanako Watanabe de sa position de leader dans les bilans, battait la Japonaise à la régulière. Les performances de qualité tombaient sans désemparer tout le dimanche après-midi. Tandis que Camille Lacourt connaissait quelques problèmes avec son starting-block qui s’est décroché en série, et n’a pas pu faire mieux que 6e  en finale loin derrière Irie et Stravius, Charlotte Bonnet, elle aussi était victime d’un incident : faux départ en série du 100 mètres : éliminée. Du coup, la victoire est revenue à Heemskerk, 53’’63, devant Kromowidjojo, 53’’99. Cette règle despotique du faux départ est d’une noirceur sans nom !

DAMES.- 100 mètres : 1. Femke Heemskerk (Pays-Bas), 53’’63 ; 2. Ranomi Kromowidjojo (Pays-Bas), 53’’99 ; 3. Arianna Vanderpool-Wallace (Bahamas), 54’’29 ; 4. 4. Pernille Blume (Danemark), 54’’42 ; 5. Chantal Van Landeghem (Canada), 54’’74 ; 6. Andrea Murez (Israël), 54’’82.

400 mètres : 1. Jazmin Carlin (Grande-Bretagne), 4’5’’43 ; 2. Melanie Costa (Espagne), 4’8’’32.

100 dos : 1. Mie Nielsen (Danemark), 59’’49 ; 2. Katinka Hosszu ‘Hongrie), 1’0’’06 ; 3. Kirsty Coventry (Afrique du Sud), 1’0’’64

50 brasse : 1. Ruta Meilutyte (Lituanie) 29’’88 ; 2. Moniek Nijhuis (Pays-Bas) 30’’77 ; 3. Ally Hunter (GBR), 31’’36.

200 mètres brasse : 1. Rikke Moller-Pedersen (Danemark), 2’22’’54 ; 2. Kanako Watanabe (Japon), 2’22’’73 ; 3. Jessica Val Montero (Espagne), 2’25’’71 ; 4. Sierra Smith (Canada), 2’25’’99 ; 5. Martha McCabe (Canada), 2’26’’05 ; 6. Molly Renshaw (GBR), 2’26’’23.

50 papillon : 1. Jeannette Ottesen (Danemark), 25’’53 ; 2. Arianna Vanderpool-Wallace (Bahamas), 25’’98 ; 3. Valérie Hénique (Nice), 26’’10; 4. Therese Alshammar (Suède), 26’’11; 5. Francesca Halsall (GBR) 26’’16. Finale B : 1. Marie Wattel (Nice), 26’’66. 200 papillon : 1. Audrey Lacroix (Canada), 2’7’’63 ; 2. Natsumi Hoshi (Japon), 2’8’’15 ; 3. Szuszanna Jakabos (Hongrie), 2’8’’58 ; 4. Liliana Szilagyi (Hongrie), 2’9’’20 ; 5. Katina Hosszu (Hongrie), 2’9’’60 ; 6. Alys Thomas (GBR) 2’9’’68 ; 7. Lara Granjeon (CN Calédonien, Font Romeu), 2’9’’70.

400 4 nages : 1. Hannah Miley (GBR), 4’33’’51 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 4’34’’17 ; 3. Aimée Willmott (GBR), 4’35’’69; 4. Lara Grangeon (CN Calédonien/Font-Romeu), 4’40’’28.

MESSIEURS.- 100 mètres : 1. Sebastiaan Verschueren (Belgique), 49’’06 (séries, 48’’97) ; 2. Mehdy Metella (Marseille), 49’’16 ; 3. Jérémy Stravius (Amiens), 49’’33 ; 4. Katsumi Nakamura (Japon), 49’’41 ; 5. Andrei Grechin (Russie-Genève), 49’’61.  Finale B : Chad Le Clos (Afrique du Sud), 49’’58.

1500 mètres : 1. Daniel Jervis (GBR), 15’5’’65 ; 2. Sören Meissner (Allemagne), 15’7’’90 ; 3. Pal Jönsen (Féroë), 15’9’’17 ; 4. Marc Sanchez (Espagne), 15’10’’80 ; 5. Ruwen Straub (Allemagne), 15’11’’73 ; 6. Stephen Milne (GBR) 15’13’’06 ; 7. Jay Lelliott (GBR), 15’15’’46.

100 dos : 1. Ryosuke Irie (Japon), 53’’39 ; 2. Jeremy Stravius (Amiens), 54’’03 ; 3. Christopher Walker-Hebborn (GBR), 54’’36; … 6. Camille Lacourt (Marseille), 55’’12.

50 brasse : 1. Adam Peaty (GBR), 26’’89 ; 2. Cameron van der Burgh (Afrique du Sud), 27’’35 ; 3. Yashuhiro Koseki (Japon), 27’’56 ; 4. Mark Tully (GBR), 27’’79 ; 5. Giacomo Perez Dortona (Marseille), 27’’80.

200 mètres brasse : 1. Marco Koch (Allemagne), 2’8’’57 ; 2. Christian Von Lehm (Allemagne), 2’9’’69 ; 3. Michael Jamieson (GBR), 2’12’’79 ; 4. Adam Peaty (GBR) 2’13’’05.

50 papillon : 1. Laszlo Cseh (Hongrie), 23’’68 ; 2. Mehdi Metella (Marseille), 23’’81.

200 papillon : 1. Laszlo Cseh (Hongrie), 1’56’’12 ; 2. Masato Sakai (Japon), 1’56’’14 ; 3. Victor B. Bromer (Danemark), 1’56’’26 ; 4. Chad Le Clos (Afrique du Sud), 1’56’’36 ; 5. Davis Verraszto (Hongrie), 1’57’’88.

200 4 nages : 1. Kosuke Hagino (Japon), 1’56’’82 ; 2. Ryan Lochte (USA) 1’57’’98 ; 3. Dayia Seto (Japon), 1’58’’01 ; 4. Enrique Rodrigues (Brésil), 1’59’’45 ; 5. Laszlo Cseh (Hongrie), 1’59’’97. Finale B : 1. Jérémy Desplanches (Nice), 2’1’’71.

CHARLOTTE BONNET GRANDIT TOUJOURS

Eric LAHMY                                     Canet-en-Roussillon, 7 Juin 2015

Ne me demandez pas « où va s’arrêter Charlotte Bonnet », je n’en sais rien. Toujours est-il que l’attachante ondine niçoise a non seulement amélioré hier son meilleur temps de l’année sur sa meilleure distance, le 200 mètres libre, mais elle a ajouté une pincée d’humour à sa performance, égalant ce qu’a fait de mieux cette saison Kathleen Ledeckie : 1’56’’16. Bonnet et Ledeckie ex-aequo, on aimerait voir cela ailleurs, par exemple à Kazan, mais on n’y est pas, et il ne faut peut-être pas demander l’impossible. Et puis il y a toujours du monde devant Charlotte, en 2015, mais enfin, ça se rapproche. Femke Heemskerk, 1’54’’68 ; Sarah Sjöström, 1’54’’77 ; Emma McKeon, 1’55’’88 ; Katinka Hosszu, 1’55’’89, et donc Ledeckie, c’est ce que j’appelle avoir de bonnes fréquentations !

Bonnet, le mois dernier, avait devancé une Hosszu aussi décathlonienne qu’à l’habitude, mais qui n’avait pu répondre au 1’56’’89 de l’élève de Pellerin. Plus tôt dans l’année, aux championnats de France à Limoges, elle avait signé un temps de 1’56’’86 pour devancer Coralie Balmy. Ici, Charlotte confirme sa progression.

Autre détail, sur lequel on ne va pas s’énerver, mais qui ne manque pas d’intérêt, Charlotte, aux championnats d’Europe de Berlin, l’été dernier, avait nagé en 1’58’’22, et la médaille d’or était revenue à Federica Pellegrini avec 1’56’’01. Avec sa performance de Canet, Bonnet était médaillée d’argent à Berlin. Mais bien entendu, il faut bien dire que les Europe ne sont plus une étape majeure du programme de natation, et rappeler que Bonnet, en 2013, aux mondiaux, avait nagé en 1’56’’63. Charlotte n’a donc pas changé de statut de façon bouleversante. Mais il y a quelque chose dans sa régularité à un tel niveau, qui me semble un fait nouveau et positif…

On se souvient peut-être qu’à Limoges, Charlotte avait nagé de façon un peu atypique, en accordéon, si j’ose dire, en fonction d’une stratégie de course ou peut-être d’une consigne de son coach. Cela avait donné le profil suivant : 27’’71, 57’’06, 1’27’’47 et 1’56’’86, soit 27’’71, 29’’35, 30’’41, 29’’18.

Cette fois, 27’’38, 56’’69, 1’26’’74, 1’56’’16, soit, 27’’38, 29’’31, 30’’05, 29’’44.

On retrouve cette propension à lever le pied avant l’emballage, qu’elle partage d’ailleurs avec plusieurs nageurs de 200 mètres actuels (alors que dans le passé, les grands nageurs de 200 mètres insistaient sur le troisième 50 mètres, clé, selon eux de la course). Mais ce « freinage » est beaucoup moins accusé qu’à Limoges, ce qui explique sa fin de course moins explosive (son dernier 50 mètres est la seule portion de course qui est moins rapide qu’à Limoges). Quoiqu’il en soit, Bonnet, en partant vite, a mis dans son battement Heemskerk, qui est la meilleure nageuse de 200 mètres de l’année 2015. La Batave a eu beau mettre les gaz dans la seconde moitié de course, ses 29’’40 n’ont pas suffi.

A part ça, on a vu un beau 50 mètres dames, que sa densité a contraint Santamans à gagner… la finale B, la bonne finale étant enlevée par Jeannette Ottesen en 24’’47. Une Hosszu un peu moins allante qu’à son habitude, mais quand même toujours héroïque, qui exécute de jolis 200 mètres dos et 200 mètres quatre nages très proches de ses « tops » saisonniers. Une Ruta Meilutyte qui s’installe à sa place habituelle, la première, dans le bilan du 100 mètres brasse, avec 1’5’’46. Un Irie royal, à moins d’une seconde de sa meilleure valeur saisonnière, qui s’est joué de Ryan Lochte sur 200 dos. Un Adam Peaty qui a fait saliver après son 59’’83 des séries, et a refait 59’’83 en finale! Un fort 400 mètres quatre nages où Verraszto s’est élevé à la hauteur, ou presque, des terreurs nippones de la spécialité…

Si l’on excepte Bonnet, on note aussi la carence des Français, bizarre, un meeting qui attire jusqu’aux Japonais et que presque personne dans l’Hexagone ne daigne inclure à son programme. Sans être spécialement franchouillard, je trouve ça assez nunuche…

DAMES.- 50 mètres : 1. Jeannette Ottesen (Danemark), 24’’47 ; 2. Arianna Vandepool-Wallace (Bahamas), 24’’62 ; 3. Ranomi Kromowidjojo (Pays-Bas), 24’’68; 4. Kemke Heemskerk (Pays-Bas), 24’’72; 5. Pernille Blume (Danemark), 24’’84; 5. Francesca Halsall (Grande-Bretagne), 24’’89. Finale B: 1. Anna Santamans (Nice), 24’’97. 200 mètres : 1. Charlotte Bonnet (Nice), 1’56’’16 ; 2. Femke Heemskerk (Pays-Bas), 1’56’’82 ; 3. Katinka Hosszu (Hongrie), 1’58’’94. 1500 mètres : 1. Jazmin Carlin (Grande-Bretagne), 16’9’’39 ; 2. Maria Vilas Vidal (Espagne), 16’18’’14 ; 3. Jessica Thielmann (Grande-Bretagne) 16’23’’23. 50 dos: 1. Georgia Davies (Pays de Galles), 27’’87 ; 2. Mie Ostergaart Nielsen (Danemark), 28’’ ; 3. Katinka Hosszu (Hongrie), 28’’17 ; 4. Kirsty Coventry Zimbabwe), 28’’51. 200 dos: 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 2’8’’05 (en série, 2’7’’67) ; 22. Hilary Caldwell (Canada), 2’9’’99 ; 3. Jenny Mensing (Allemagne), 2’10’’43 ; 4. Daryna Zevina (Ukraine) 2’11’’. 100 brasse: 1. Ruta Meilutyte (Lituanie), 1’5’’46 ; 2. Rikke Moller Pedersen (Danemark), 1’7’’01 (en séries, 1’6’’99) ; 3. Jessica Val Montero (Espagne), 1’7’’69 ; 4. Micah Laurence (USA), 1’7’’86. 100 papillon : 1. Jeannette Ottesen (Danemark), 57’’31 ; 2. Katerine Savard (Canada), 57’’76 ; 3. Marie Wattel (Nice), 58’’43. 2004n : Katinka Hosszu (Hongrie), 2’10’’09 (en séries, 2’9’’47) ; 2. Siobhan-Marie O’Connor (Grande-Bretagne), 2’10’’57 ; 3. Kanako Watanabe (Japon), 2’11’’ ; 4. Hannah Miley (Grande-Bretagne), 2’11’’82 ; 5. Melanie Margalis (Espagne), 2’12’’17.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Katsumi Nakamura (Japon), 22’’32. 200 mètres : 1. Sebastiaan Verschueren (Pays-Bas), 1’48’’05. 400 mètres : 1. James Guy (Grande-Bretagne), 3’46’’84 ; 2. Myles Brown (Afrique du Sud), 3’48’’28. 200 mètres dos : 1. 1. Ryosuke Irie (Japon), 1’55’’23 ; 2. Ryan Lochte (USA), 1’57’’96 ; 3. Radoslaw Kawecki (Pologne), 1’58’’324. Masaki Kaneko (Japon), 1’58’’91. 100 brasse: 1. Adam Peaty (Grande-Bretagne), 59’’83 ; 2. Yasuhiro (Koeki (Japon), 59’’96 ; 3. Christian Von Lehm (Allemagne), 1’0’’24 ; 4. Cameron Van der Burgh (Afrique du Sud), 1’0’’36. 100 papillon : 1. Chad Le Clos (Afrique du Sud), 51’’86 ; 2. Ryan Lochte (USA), 52’’29 ; 3. Takeshi Kawamoto (Japon), 52’’30 ; 4. Laszlo Cseh (Hongrie), 52’’34. Finale B : 1. Konrad Czerniak (Pologne), 52’’19 ; 2. Mehdy Metella (Marseille), 52’’64.  400 4n : 1. Kosuke Hagino (Japon), 4’11’’16 ; 2. Daiya Seto (Japon), 4’11’’48 ; 3. David Verraszto (Hongrie), 4’11’’52.

JULIA EFIMOVA: MISS UNIVERS OU IMPOSTURE ?

Par Eric LAHMY                                                            Jeudi 4 Juin 2015

EFIMOVA [Julia]. Natation. (Grozny, 3 Avril 1992-) Russie.

La situation en Tchétchénie contraint la famille de Julia Efimova à quitter la capitale de cette République. Elle s’installe à Volgodonsk, petite ville nouvelle le long du canal Volga-Don, sur la mer d’Azov, au cœur de la Russie d’Europe. Julia grandit donc au pays des Cosaques, et commence à s’entraîner dans une école de sport (sorte de sport-études russe) sous la guidance de son père, Andrei Mikhailovich Efimov. Avant 2011, la famille vit à Taganrog, 300 kilomètres plus loin, et Julia passe sous l’expertise d’Irina Vyatchanina, entraîneur « honoré », le haut niveau de Russie.– En décembre 2007, à Debrecen, en Hongrie, Efimova, 15 ans et huit mois, est triple championne d’Europe en petit bassin dans sa grande spécialité, la brasse (50 mètres en 30’’33, 100 et 200 mètres avec les records d’Europe (p.b.), 1’4’’95, et 2’19’’08; championne d’Europe 2008, mais en grand bassin cette fois, à Eindhoven (13-24 mars), sur 200 mètres – en 2’24’’09, (et médaillée d’argent du 50 mètres – en 31’’41), elle ne peut se qualifier en finale du 100 mètres ! Retour au petit bassin, en raison du cocasse calendrier en forme d’usine à gaz concocté par les ‘’instances’’, quatre semaines plus tard, à Manchester, pour les mondiaux de la FINA, elle reste un peu en-dessous de ses temps et enlève « seulement » le bronze sur 200 mètres, avec 2’20’’48, derrière Suzaan van Bijon, Afrique du Sud, 2’18’’73, et l’Australienne Sally Foster, 2’20’’11. Présente aux Jeux olympiques de Pékin, en 2008, elle y finit 4e du 100 mètres et 5e du 200 mètres. Au 100 mètres, elle peut nourrir quelques regrets, car elle s’est qualifiée par un épatant 1’6’’08, record d’Europe, en séries, qu’elle ne pourra rééditer ni même seulement approcher, comme si elle avait craché son venin ! Ce temps des séries lui aurait donné la médaille d’argent. Mais elle nage 1’7’’50 en demi et 1’7’’43 en finale, loin de Leisel Jones (AUS), 1’5’’17, et derrière Rebecca Soni (USA), 1’6’’73 et Mirna Jukic (AUT), 1’7 »34. Sa qualification en finale du 200 mètres brasse est plus prudente, mais tandis que Rebecca Soni, 2’20’’22, et Leisel Jones, 2’22’’05, inversent leurs positions du 100, Efimova termine hors des médailles, en 2’23’’76. Efimova, qui nagera également dans le relais quatre nages, peut se consoler en se disant que l’avenir lui appartient. N’est-elle pas à seize ans la plus jeune finaliste, les autres s’étageant entre vingt ans et vingt-huit ans d’âge ? Elle, aura vingt-huit ans en 2020 !

A LA POURSUITE DE REBECCA SONI

Julia Efimova arrive à Rome, où se tiennent les mondiaux 2009, en pleine folie des combinaisons qui font de la natation une sorte de patinage aquatique, et s’arroge sa part du gâteau. Championne et recordwoman du monde sur 50 mètres brasse en 30’’09. Soni, qu’elle a devancé là de deux centièmes, se montre intraitable sur 100 mètres, où elle bat le record américain en séries, le record du monde, 1’4’’84, en demi, et gagne la finale en 1’4’’93. Efimova, qui a appris à mieux répartir ses efforts, nage 1’6’’82 en série, 1’5’’84 en demi, puis 1’5’’41 (2e, record d’Europe) en finale. Sur 200 mètres, en revanche, Julia, hors du coup, manque de sauter en série et ne survit pas aux demi-finales : 14e.

Cette année, elle est fêtée et consacrée meilleure nageuse et découverte de l’année en Russie. En 2010, Julia est double championne d’Europe à Budapest, remportant le 50 mètres en 30’’29, record d’Europe, et 1’6’’32 par de très larges marges. En mars 2011, confrontée aux limites du système russe, elle se rend aux USA, où elle sait qu’elle va trouver des conditions optimales, et s’entraîne depuis en Californie sous la houlette de Dave Salo. Shanghai 2011, mondiaux : Julia ne peut conserver son titre des 50 brasse, qui revient à Jessica Hardy, 30’’19 contre 30’’49, mais laisse comme deux ans plus tôt Rebecca Soni, 30’’58, derrière elle ! Cinq jours plus tôt, cependant, c’est Soni qui l’a emporté, très facilement en 1’5’’05, et Efimova, 1’6’’56, n’a été que 4e. Trois jours après le 100 mètres, Efimova s’est montrée guerrière sur la distance double, et n’a cédé en finale que devant Soni, 2’22’’22, record de Russie, contre 2’21’’74.

LA ROUTE DU 50 AU 200 NE PASSE PAS PAR LE 100

TECHNIQUE.- Ici apparait clairement cette « anomalie » du registre d’Efimova, remarquée déjà à Eindhoven en 2008, qui fait que Julia performe mieux sur 50 mètres et sur 200 mètres qu’elle ne le fait sur la distance intermédiaire, le 100 mètres, bizarrerie qu’on va retrouver dans d’autres étapes de sa carrière. Finir 2e sur 50 et 2e sur 200, signifie qu’en face des mêmes adversaires, on doit finir au plus mal 2e du 100 mètres ! C’est une règle du « registre » d’un sportif. Or elle n’y est que 4e. Ce paradoxe peut s’expliquer par la physiologie et le type d’entraînement. L’effort en course utilise trois filières énergétiques, l’une représentant la vitesse pure (anaérobie alactique) qui se brûle en quelques secondes, une autre la résistance vitesse (lactique), une troisième les capacités aérobies. Efimova, dotée naturellement d’une grande vitesse de base de par son potentiel anaérobie alactique, atteint de hautes performances sur le très court. Son entraînement « long » lui a donné aussi une très belle valeur en distance qui s’exprime sur 200 mètres ; mais entre les deux, sans doute par la faute d’un manque de travail spécifique en « anaérobie », elle n’exprime pas de fortes qualités de résistance vitesse, nécessaires sur 100 mètres, où elle se trouve dans une situation bancale : ou elle part à fond et ne tient pas ; ou elle nage long, mais se fait distancer et attaque ensuite de trop loin son sprint final. Elle ne trouve pas le rythme qui lui convient dans un effort d’une minute, où elle ne peut pas tenir le rythme de vitesse maximale et où le rythme long ne lui donne pas une cadence suffisante ! Bien entendu, tout ce qui précède n’est qu’hypothèse…

 LE PIEDESTAL ET PUIS LA CHUTE

En 2012, à Londres, Julia est « bronzée » sur un 200 mètres ultra-rapide (avec 2’20’’92, record d’Europe) derrière Soni, 2’19’’59, record mondial, et Satomi Suzuki, Japon, 2’20’’72, record d’Asie, et devant Rikke Pedersen, qui a battu trois record danois, en série, en demi-finale et en finale. Et, pour sa deuxième olympiade, Julia est, toujours, la benjamine de la finale du 200 mètres brasse ! En revanche, elle s’exprime moins bien sur 100 mètres, et ce n’est que dans le relais quatre nages qu’en 1’4’’98, elle montre son potentiel, reprenant la Japonaise et l’Australienne, et amenant la Russie (finalement 4e) à la 2e place. Aux championnats du monde 2013 de Barcelone, Efimova continue de progresser ; elle gagne le 200 mètres brasse devant Rikke Moeller Pedersen qui a battu le record mondial en qualifications. Elle-même amène son record de Russie à 2’19’’41. Sur 50 mètres, elle améliore le record du monde en séries en 29’’78, Meilutyte l’amène à 29’’48 en demi, mais Efimova gagne la finale, en 29’’52. Sur 100 mètres, elle est 2e en 1’5’’02 (Meilutyte l’emporte en 1’4’’42). Sur 200 mètres brasse, on l’a dit, Rikke Moeller-Pedersen efface le record mondial en demi, avec 2’19’’11. Dans la seconde demi-finale, Efimova affirme ses prétentions à son tour, approche ce temps, avec 2’19’’85. La finale se jouera à deux, la troisième étant deux longueurs derrière. Moeller Pedersen lance la course de sa nage longue, glissée et puissante mais ne peut tenir le rythme à l’issue du dernier virage, et Efimova, dans la dernière longueur, lance un sprint cadencé et l’emporte, en 2’19’’41. Ce jour là, elle est devenue la meilleure nageuse de brasse au monde. Enfin, dans le relais quatre nages, Efimova compense une contre-performance de Daria Ustinova, la dossiste, 6e, et va reprendre quatre places, dévorant littéralement quatre nageuses, nageant 1’4’’82. Les Russes finiront 3e et médaillées de bronze.

Mais le conte de fées va tourner court. En octobre 2013, Julia Efimova subit un test de dépistage de produits dopants. Or il s’avère qu’elle a consommé de la DHEA, un produit diététique a priori commun, mais inscrit sur la liste des produits interdits en raison de ses capacités anaboliques. Elle clame avoir été trompée par un commerçant de produits diététiques. Cela n’en démontre pas moins de sa part une grande légèreté, tous les champions ayant été avertis des enjeux et qu’ils ont en ce domaine un devoir de prudence. Vraie ou fausse dopée, elle en prend pour seize mois, et les records en petit bassin qu’elle a battus entre octobre et janvier, date de la publication des rapports, et notamment des victoires désormais maudites en face de Meilutyte, sont effacés. Elle est « le » 20e Russe à être « pris » aux contrôles depuis que ce pays a obtenu l’organisation des mondiaux à Kazan. Après son temps de pénitence, n’ayant jamais cessé de s’entraîner avec Dave Salo, à Los Angeles, qui l’a prise en mains depuis 2011, elle effectue un retour en fanfare : 30’’39 au 50 mètres, 1’5’’89 au 100 mètres, 2’22’’12 au 200 mètres, triple titre aux championnats de Russie. Mais sa grande adversaire, Meilutyte, affirme sa déception : « je ne crois plus en l’honnêteté de Julia », dit-elle. La plus belle nageuse du monde est-elle une tricheuse ?

SARAH SJÖSTRÖM SE PLACE SUR 200 METRES

Par Eric LAHMY                                                               4 Juin 2015

Au meeting de Bergen, en Norvège, c’est une voisine, la Suédoise Sarah Sjöström qui a été l’incontestable vedette, gagnant le 50 mètres, le 100 mètres, le 200 mètres, le 50 mètres papillon et le 100 mètres papillon. Mais c’est surtout sur 200 mètres qu’elle s’est illustrée, après avoir laissé Katinka Hosszu dominer en séries, 1’57’’69 contre 1’58’’25. Déjà, sur la plage de départ, Sarah, son 1,86m, sa musculature, ses sautillements sur place, ses impressionnants moulinets de bras, sa façon de claquer des mains sur le plot, tout cela avait quelque chose de définitivement intimidant. Sa course? 26’’96, 55’’99, 1’25’’46, 1’54’’77, soit 26’’96, 29’’03, 29’’47, 29’’33. Elle produisit un parcours proche de la perfection, où elle imposa d’entrée sa supériorité à Hosszu, et ensuite sut tenir, accroissant sa suprématie. Hosszu, qui n’était pas là pour plaisanter, et quoiqu’au-delà de tout reproche, fut constamment battue en brèche, coup de bras après coup de bras ; dominée – de très peu à chaque fois, mais dominée – au départ, à la mise en action, dans les coulées, en termes de glisse, au finish : résultat, elle ne put équilibrer sa course et nagea 27’’18, 29’’57, 30’’14, 30’’01. Pourtant la Magyare ne baissa jamais les bras, et se battit jusqu’au bout avec la vaillance qu’on lui connait, nage raccourcie et devenue rageuse dans la dernière longueur, et battement frénétique, mais en vain.

Sjöström signait la 2eme performance mondiale de l’année, à moins d’un dixième de la Néerlandaise Femke Heemskerk, sur une distance sur laquelle elle flirte avec la grande classe depuis quelques années …

Sjöström aura l’embarras du choix à Kazan, entre toutes les preuves où elle se manifeste de façon presqu’écrasante, aussi, il n’est pas sûr qu’elle nage le 200 mètres aux championnats du monde. Quatrième en finale de l’épreuve aux championnats du monde de Barcelone, ce qui avait un peu surpris, avec un temps de 1’56’’63 (et 1’56’’38 en demi), elle n’a pas jugé bon de renouveler l’expérience aux championnats d’Europe de Berlin, l’été dernier, mais l’a peut-être regretté après les relais, où elle a réussi un 1’53’’84, soir 1’54’’54 en valeur au start (donc potentiellement plus vite qu’à Bergen), soit une seconde et demie plus vite que Pellegrini, gagnante de la course individuelle en 1’56’’01 : ce qui est une marge considérable dans la compétition moderne !

ABSENTE SUR 200 A KAZAN : DOMMAGE MAIS POSSIBLE

Si Sarah ne nagera pas le 200 mètres, cela sera sans doute dommage au point de vue de la compétition, mais on pourra la comprendre : la demoiselle a tellement dominé cette saison les 50 papillon, avec ses 24’’69 qui mettent sa suivante, Jeannette Ottesen, 25’’58, à une longueur, qu’on voit mal qui peut l’y battre. On comprendrait qu’un tiens sur 50 mètres papillon, épreuve bâtarde, non-olympique de surcroit, et de faible intérêt, mais dont elle est recordwoman du monde (à Boras) et championne d’Europe à Berlin, pourrait valoir mieux que le tu l’auras peut-être sur 200 mètres libre, course noble du programme de natation, qui, comme le 400 mètres, se trouve au confluent du sprint et du demi-fond, exige des qualités diverses, presque contradictoires et surtout, est vraiment de la natation (ce que le 50 mètres dauphin, sorte de crise de nerfs de 25 secondes environ, n’est pas tout à fait). Autant il est compréhensible qu’un pur sprinteur se fasse les dents sur la longueur de bassin, autant il est dommage de voir s’y cantonner des nageurs au talent plus « ample ».

Mais ne désespérons pas de cette intelligente demoiselle qui, quoique la meilleure du monde déjà il y a deux ans, ne s’est pas présentée sur 50 mètres papillon. La meilleure façon de préparer les Jeux n’est pas de s’engager dans des épreuves dignes de la foire du Trône… Elle a donc troqué un titre sur 50 papillon contre une 4e place sur 200 mètres, ce qui n’est pas opportuniste, mais montre une certaine hauteur de vue.

Sur 100 mètres papillon, où ses 56’’58 de cette année devancent la championne d’Europe Ottesen, 57’’23, d’un mètre cinquante, Sarah a également une belle carte à jouer. On l’imagine mal la négliger.

Après le papillon, sa meilleure chance pourrait se situer, il faut bien l’admettre, en nage libre, sur 200 mètres, où elle est la 2e de la saison derrière Femke Heemskerk, 1’54’’77 contre 1’54’’68. A priori, Emma McKeon, 1’55’’88, Katinka Hosszu, 1’55’’89, Kathleen Ledecky, 1’56’’16, et Federica Pellegrini, 1’56‘’51, ne peuvent répondre à de tels arguments. Il y a maintenant le point d’interrogation Melissa Franklin, qui n’a nagé qu’en petit bassin, en yards, mais dont les 1’39’’10, dénoncent une formidable adversaire. 1’39’’10, cela représente un rythme de 1’48’’6 sur 200 mètres, et même en corrigeant en raison de la perte de vitesse entre 200 yards et 200 mètres et des plus de vitesse que représentent huit virages supplémentaires, on a du mal à imaginer Melissa incapable de franchir la barre des 1’54’’.  

TANT DE CARTES A JOUER !!!

Sur 100 mètres libre où, 4e mondiale avec 53’’29, elle est distancée par les 52’’69, ex-aequo, de Cate Campbell et Femke Heemskerk, et les 53’’04 de Bronte Campbell, Sarah est très compétitive, mais ne peut être considérée comme une favorite, seulement comme une « outsider » excessivement menaçante. Surtout que ses qualités de compétitrice sont indéniables, il suffit de voir ses résultats dans les championnats. Parmi celles qui sont engagées dans la course individuelle, Ranomi Kromowidjojo, 53’’69, Siobhan Marie O’Connor, 53’’81 et Charlotte Bonnet, 53’’94 et Béryl Gastaldello, 53’’98. Mais Simone Manuel, 54’’20, encore mal classée parce que l’essentiel de sa saison a été en petit bassin, a aussi son mot à dire, la brune américaine progresse chaque année… 

Là où Sjöström peut faire la différence sur 100 mètres, c’est en raison de sa résistance de grande du 200 mètres. Après des séries et des demi-finales qui risquent d’exploser, elle pourrait bien représenter la candidate idéale à la médaille d’or, en raison de ce mélange de vitesse électrique et de robustesse (c’est ça, l’acier suédois) qui la caractérise. Qui vivra verra!

Sur 50 mètres : 8e au monde, 24’’64 derrière Cate, 24’’03, et Bronte Campbell, 24’’19, Arianna Vanderpool-Wallace et Ranomi Kromowidjojo, 24’35, Francesca Halsall, 24’’37, Femke Heemskerk, 24’’57 et Melanie Wright, 24’’63 et devant quelques redoutables qu’on ne peut écarter, Jeannette Ottesen, 24’’66, Herasimiena, 24’’72, Etiene Medeiros, 24’’78, etc., Sarah peut aussi tirer son épingle du jeu. Une fille qui nage la distance en papillon en 24’’69 doit beaucoup mieux faire en libre !

Sjoestroem est également présente dans le bilan mondial sur 100 mètres dos, 59’’98 à Eindhoven, toute nouvelle recordwoman de Suède et 9e mondiale. C’est vous dire qu’elle a un peu de talent. Ses coaches essaient aussi de l’influencer pour qu’elle monte sur 200 mètres papillon, mais elle avoue ne pas aimer l’idée de rester plus de cent cinquante mètres dans ce style.

L’argument massue en faveur de sa participation au 200 mètres libre, c’est bien entendu qu’elle est la championne du monde et la recordwoman du monde en petit bassin. Mais si j’entends bien les opinions autorisées de ceux qui, comme Shane Tusup (coach-mari de Katinka Hosszu) pensent que le petit et le grand bassin se renvoient l’un à l’autre bien plus qu’ils ne sont différents, il n’en reste pas qu’ils ne sont pas tout à fait la même chose ! L’une des raisons de la prudence de Sjöström et de ses entraîneurs est que malgré ses progrès dans tous les domaines, vitesse et résistance, et son formidable abattage, elle va rencontrer la crème de la natation mondiale et que partout, la concurrence sera féroce. Sur 200 mètres, c’est un fait, Sjöström peut rivaliser avec le top, dans une course. Mais dans un programme où il lui faudra disputer série, demi-finale et finale et s’aligner dans la course au titre la veille d’une journée où elle devra nager série et demi-finale du 100 mètres et finale du relais 4 fois 200 mètres (et peut-être en séries aussi vu le manque de profondeur de la natation suédoise), cela devient plus complexe pour une fille venue du 50 mètres, même si elle n’est plus ce qu’elle était à ses débuts. La Suède n’avait pas présenté ce relais à Barcelone il y a deux ans, mais elle s’est découvert à Berlin, l’été dernier, un quatuor médaillé d’argent européen dans un temps de 7’51’’ qui aurait valu la 5e place un an plus tôt. Et maintenant, avec Sjöström et Michelle Coleman, qui s’entraîne en Australie, ainsi que Louise Hanson, les Suédoises ont un relais qui peut très bien se comporter.

TENTER LE 200 OU BIEN SE REPOSER ?

Lisons le programme des mondiaux de Kazan [compte non tenu de ces idiots relais de genre, ou mixtes hommes et femmes] et voyons ce que peut en faire Sjöström :

2 août, 9h30 : séries du 100 mètres papillon.

2 août, 11h15 : séries du relais 4 fois 100 mètres (peut-être pas obligée si elle a une bonne remplaçante, ce dont on peu douter cependant).

2 août, 17h32 : demi-finales du 100 mètres papillon.

2 août 18h45 ; finale du relais 4fois 100 mètres (s’il a été qualifié ce qui n’est pas chose faite).

3 août 9h30 : séries du 100 mètres dos (elle est recordwoman de Suède et 9e au monde cette année).

3 août 17h40 : finale du 100 mètres papillon.

3 août 18h24 : demi-finales du 100 mètres dos.

4 août 9h50 : séries du 200 mètres.

4 août 17h40 : finale du 100 mètres dos.

4 août 18h44 : demi-finales du 200 mètres.

5 août 18h01 : finale du 200 mètres.

6 août 9h30 : séries du 100 mètres.

6 août, 11h 30 : séries du relais 4 fois 200 mètres.

6 août 17h32 : demi-finales du 100 mètres.

6 août 19h16 : finale du relais 4 fois 200 mètres.

7 août 9h50 : séries du 50 mètres papillon.

7 août 17h32 : finale du 100 mètres.

7 août 18h45 : demi-finales du 50 mètres papillon.

8 août 9h30 : séries du 50 mètres.

8 août 17h32 : finale du 50 mètres papillon.

8 août 18h28 : demi-finales du 50 mètres papillon.

Il est probable qu’elle ne s’engagera pas sur 100 mètres dos, dès lors les alentours du 200 mètres sont assez déblayés pour qu’elle y nage dans les meilleures conditions, le lendemain de la finale du 100 mètres papillon… D’un autre côté, ne pas nager (le 100 mètres dos et) le 200 mètres libre lui donnerait deux jours de repos bienvenus après le 100 mètres papillon pour attaquer trois journées de compétitions très chaudes !

ET PUIS DANIEL GYURTA, MARCO KOCH ET MIE NIELSEN

Un petit rappel du bilan de Sjöström des deux dernières années. Aux mondiaux 2013 de Barcelone, été 2013 : 4e du 50 mètres ; 2e du 100 mètres ; 1ère du 100 mètres papillon. 4e avec le relais 4 fois 100 mètres ; 9e avec le relais 4 fois 100 mètres quatre nages.

Aux championnats d’Europe 2014 de Berlin, Sjoestroem, dorée sur 100 mètres en 52’’67, n’avait pas tenté l’aventure de la course individuelle, puis nagé 1’53’’64 lancé, plus vite que Pellegrini, 1’56’’50 lancé dans le relais et 1’56’’01 au start dans la course individuelle. 55’’47 lancé en papillon. Relayeuse extraordinaire… Elle détruit, sur 4 fois 100 mètres, une Heemskerk inspirée, 52’’78, en nageant 52’’14.

Les 52’’67 de Sjoestroem aux Europe, se comparent aux 52’’72 Cate Campbell aux Panpacific, aux 52’’68 de Cate Campbell aux Commonwealth, aux 52 »86 de Bronte Campbell aux Commonwealth. Lancée, Campbell fait 52’’16 à Glasgow, mais 51’’59 au quatre nages ; aux Panpacific, Campbell, 52’’89 au start du 4 fois 100m, 51’’85 en relais quatre nages.

En-dehors de Sjöström, il faut noter absolument, au meeting du week-end dernier le gros 200 mètres brasse de Daniel Gyurta qui bat Marco Koch d’un rien. Avec 2’8’’58, le champion olympique de Londres, se place en 3e position dans le monde, derrière Koseki, 2’7’’77, et Peaty, 2’8’’34. Koch est 5e avec 2’8’’69. Mie Nielsen a obtenu en 59’’36, à 0’’22 de son meilleur temps, le 3e de la saison derrière les Australiennes Seebohm et Wilson, une victoire sur 100 mètres dos face à Hosszu qui a nagé toutes les courses du programme et en a gagné cinq mais a vraiment trouvé à qui parler à Bergen.

DAMES.- 50 mètres : 1. Sarah Sjöström (Suède), 24’’64 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 25’’50.

100 mètres : 1. Sarah Sjöström (Suède), 53’’55 ; 2. Pernilla Blume, 55’’06 ; 3. Katinka Hosszu (Hongrie), 55’’34; 4. Cecilie V. Johannessen, 55’’48; 5. Mie Ostergaard Nielsen (Danemark), 55’’68.

200 mètres: 1. Sarah Sjöström (Suède), 1’54’’77 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 1’56’’90 ; 3. Cecilie W. Johannessen, 1’59’’42.

400 mètres : 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 4’13’’43.

50 mètres dos : 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 28’’16 ; 2. Mie Ostargaard Nielsen (Danemark), 28’’18.

100 mètres dos : 1. Mie Ostergaard Nielsen (Danemark), 59’’36 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 1’0’’59 (en séries, 59’’99).

200 mètres dos : 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 2’9’’78. 2. Simona Baumrtova (Tchéquie), 2’10’’69.

50 mètres brasse : 1. Jennie Johansson, 31’’57 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 32’’18.

100 mètres brasse : 1. Jennie Johansson, 1’7’’29 ; 2. Louise Dalgaard (Danemark), 1’9’’44.

200 mètres brasse : 1. Jennie Johansson, 2’29’’52

50 mètres papillon : 1. Sarah Sjöström (Suède), 25’’35 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 27’’40.

100 mètres papillon : 1. Sarah Sjöström, 57’’67 ; 2. Katinka Hosszu (Hongrie), 1’0’’24.

200 mètres papillon : 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 2’11’’84.

200 mètres 4 nages : 1. Katinka Hosszu (Hongrie), 2’14’’12 ; 2. Barbora Zavadova, (Tchéquie), 2’26’’23

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Islender Baslakov, 22’’88.

100 mètres : 1. Kemal Arda Gurdal (Turquie), 50’’04.

200 mètres: 1. Isak Eliasson, 1’50’’24 ; 2. Daniel Skaaning Danemark), 1’50’’25; 3. Henrik Christiansen, 1’50’’9

400 mètres : 1. Gergely Gyurta (Hongrie), 3’50’’82 ; 2. Pal Joensen (Féroé), 3’51’’32 ; 3. Henrik Christiansen, 3’51’’53.

50 mètres dos : 1. Lavrans Solli (Norvège), 26’’29.

100 mètres dos : 1. Lavrans Solli (Norvège), 54’’85.

200 mètres dos : 1. Lavrans Solli (Norvège), 2’3 ‘’24.

100 mètres brasse : 1. Daniel Gyurta (Hongrie), 1’0’’42 ; 2. 2. Tomas Klobucnik (Slovaquie), 1’0’’57

200 mètres brasse : 1. Daniel Gyurta (Hongrie), 2’8’’58 ; 2. Marco Koch (Allemagne), 2’8’’69

100 mètres papillon : 1. Viktor Bromer (Danemark), 52’’83 ; 2. Jan Sefi (Tchéquie), 53’’50.

200 mètres 4 nages : 1. Simon Sjodin, 2’1’’66.