Mois : avril 2016

GRANDE BRETAGNE : DU SANG ET DU QUINZE CENTS NEUFS AVEC TIMOTHY SHUTTLEWORTH ET DUNCAN SCOTT

Éric LAMY

Samedi 16 Avril 2016

Deux bonnes courses de demi-fond et une autre sur 200 mètres quatre nages dames pour illustrer la cinquième et avant-dernière journée des championnats de Grande-Bretagne sélectifs pour les Jeux olympiques. Un nageur de 19 ans la semaine prochaine, Timothy Shuttleworth, a renouvelé les cadres sur 1500 mètres. L’an passé, il en était à 15:43s97. Le voici à 14:55s et des poussières, autant dire qu’il a gagné tout près de quatre secondes par section de 100 mètres sur la plus longue distance du programme olympique. Il avait déjà montré en février, avec 15:19s57 que son entraînement acharné à l’Université de Loughborough, où le coache Kevin Renshaw au milieu d’une pépinière de nageur de longues distances, 1500 et eau libre, payait…

Loughborough où se trouve une bonne partie de ce qui nage vite et longtemps en Grande-Bretagne. Shuttleworth améliorait encore son temps de deux secondes ici à Glasgow en séries, mais en finale, il a véritablement creusé un trou impressionnant, pour devancer Stephen Milne, lequel nageait également sous les 15 minutes. Il se situe en 6e position du bilan mondial de la saison derrière Mackenzie Horton, Australie, 14:39s54, Gregorio Paltrinieri, Italie, 14 :40s61, Jack McLoughlin, Australie, 14 :48s60 Gabriele Detti, Italie, 14:48s86, et Henrik Christiansen, Norvège, 14:53s77. Suivent sous les 15 minutes Kohei Yamamoto, Japon, 14:57s12, le Français Damien Joly, 14 :58s18, et, donc, Stephen Milne, 14 :59s10.

Jazmin Carlin gagnait le 400 mètres dames dans le bon temps, 4e mondial 2016, de 4:4s33, ce qui la situe au niveau de Coralie Balmy, 4 :4s39.

Quant à Siobhan-Marie O’Connor, elle n’a pour l’instant, devant elle, sur 200 mètres quatre nages, que Katinka Hosszu. L’épreuve masculine n’a pas été gagnée avec un temps superlatif (par Roberto Pavoni), mais quelle densité, sept nageurs entre 1 :59s2 et 2 :0s3 ! Dont ce jeune Duncan Scott, 19 ans, vainqueur du 100 crawl où il est déjà rendu à 48s66, 3e du 200 quatre nages : Ecossais comme son nom l’indique sans ambiguïté ; entraîné à l’Université de Stirling par Steven Tigg (lequel a bien mérité l’an passé d’être élu entraîneur des jeunes en Ecosse) et qui, adjoint de Ben Higson, emmène une belle phalange de jeunes d’avenir.

DAMES.- 400 mètres : 1. Jazmin Carlin, Bath, 4:4s33 ; 2. Eleanor Faulkner, Sheffield, 4:9s87; 3. Alice Dearing, Loughboro, 4:11s35. 200 m 4 nages : 1. Siobhan-Marie O’Connor, Bath, 2:9s66 ; 2. Hannah Miley, Garioch, 2:12s02; 3. Aimee Willmott, London Aquatics, 2:12s57.

MESSIEURS.- 50 mètres : 1. Benjamin Proud, Plymouth Leander, 21s73 (en séries, 21s65) ; 2. Thomas Fannon, Plymouth Leander, 22s24. 1500 mètres : 1. Timothy Shuttleworth, Loughborough, 14:55s23; 2. Stephen Milne, Perth City,14:59s10; 3. Daniel Fogg, Loughborough, 15:1s60; 4. Daniel Jervis, Swansea, 15:9s81; 5. Caleb Hugues, Loughborough, 15:11s83. 200 m 4 nages :  1. Roberto Pavoni, Loughborough, 1 :59s20 ; 2. Ieuan Lloyd, Cardiff, 1:59s58; 3. Duncan Scott, U. Stirl, 1:59s88; 4. Mark Szaranek, Edinburgh, 1:59s98; 5. Xavier Mohammed, Cardiff, 1:59s99; 6. Daniel Wallace, Warrender, 2:0s26; 7. Max Litchfield, Sheffield, 2:0s32.

JULIA EFIMOVA SE RAPPROCHE DE LA SORTIE DÉFINITIVE

Éric LAMY

Samedi 16 Avril 2016

L’appel de Yulia Efimova contre la suspension provisoire qu’on lui impose suite à son test positif au meldonium a té rejeté. La championne du monde du 100 mètres brasse, espérait obtenir gain de cause assez tôt pour disputer les sélections olympiques russes pour les Jeux olympiques. L’espoir de la nageuse tenait à l’aveu implicite d’ignorance de l’Agence Mondiale Anti-Dopage de la durée de vie du meldonium dans l’organisme humain. L’Agence avait stipulé que si moins d’un microgramme était détecté dans un test, avant le 1er mars, un verdict de négligence ou d’absence de faute pouvait être atteint. Cela parce qu’on en sait encore assez peu au sujet de li vitesse d’excrétion urinaire du produit tandis que son élimination par les reins varie de façon significative selon les sujets, la dose ingérée et la durée de son administration.

Efimova avait demandé à la FINA, au vu de ces éléments, de suspendre sa suspension et lui permettre de nager les sélections olympiques russes qui commencent aujourd’hui. Plusieurs autres athlètes russes, dans d’autres sports, positifs au meldonium, avaient obtenu une suspension temporaire. Mais pas Efimova.  La FINA a décidé de maintenir cette suspension jusqu’à une audition de la nageuse par la Commission de dopage de la FINA.

Trop d’éléments justifiaient cette décision. Tout blanc seing pour une récidiviste aurait ajouté de la confusion à une affaire en soi désolante. Efimova avait déjà bénéficié d’égards de la part de la FINA quand elle avait eu droit à une réduction de peine à seize mois pour ingestion d’un anabolisant (DHEA) qui lui avait permis de nager aux championnats du monde de Kazan, en Russie. Par ailleurs, d’après son agent Andrei Mitkov, Efimova avait été testée quatre fois positive au meldonium, deux fois avant le 1er mars et deux après. Cela commençait à faire beaucoup pour une nageuse au départ sympathique mais qui a perdu sa crédibilité sportive dans de telles affaires! 

Comme par ailleurs, la politique de laisser aller dans la lutte contre le dopage de la FINA avait été vertement critiquée ces derniers temps, notamment par l’organisation anti-dopage, et ses décisions sont désormais scrutées avec attention, compte tenu des événements apparus au sujet de la Fédération Internationale d’Athlétisme, une décision envers cette nageuse eut été très mal vue…

LE « SCANDALE » DU WATER-POLO, C’EST BEAUCOUP DE BRUIT POUR RIEN !

Éric LAMY

Samedi 16 Avril 2016

Ayant battu les poloïstes français dans le cadre des sélections olympiques, les Canadiens, dans un premier temps satisfaits, hurlent maintenant  au voleur. Ils estiment que notre équipe a fait exprès de perdre ce match dans le but de rencontrer une équipe qui leur convenait mieux que celle qu’ils auraient dû affronter en tant que vainqueurs.

Au moment de leur rencontre, le 8 avril, Canadiens et Français étaient assurés de jouer en demi-finale. Leur match devait seulement déterminer l’identité de leur adversaire suivant. Le vaincu affronterait les Pays-Bas, le vainqueur l’Espagne. C’est ainsi que le lendemain la France se qualifia en abattant les Pays-Bas et que l’Espagne réduisit à néant les possibilités de qualifications des joueurs à la feuille d’érable.

Après coup, en y réfléchissant, les Nord-Américains furent pris du soupçon qu’ils s’étaient fait manœuvrer par plus malins, et qu’en perdant volontairement un match de poule, les Coqs l’avaient joué fine.

Au départ de ce mouvement pétitionnaire ayant ramassé des milliers de signatures, David Hart, 64 ans, un joueur et coach retraité de water-polo. Sélectionné olympique dans les équipe canadiennes entre 1976 et 1984, coach assistant de l’équipe féminine de son pays en 2000, ce brave garçon, ulcéré de voir son pays écarté des Jeux crie vengeance. Les Français ont laissé filer le match, c’est antisportif, ils ne doivent pas partir à Rio, dit-il.

Même si la FINA, dont le Directeur n’est autre qu’un ancien poloïste, M. Marculescu, qui n’en est pas à une roublardise près, a annoncé une enquête, on voit mal à quoi elle aboutirait. Tout le monde sait bien que pas une équipe n’ignore la composition de son tableau et ne suppute les rencontres suivantes en fonction du résultat du match en cours. Cette connaissance fait partie du jeu exactement comme un joueur d’échec prend le risque de perdre un pion pour prendre la reine de l’adversaire, etc.

Un précédent a été invoqué pour soutenir la demande d’Hart, celle de trois équipes asiatiques de badminton, Corée, Chine, Indonésie aux Jeux de Londres, en 2012, mais il ne tient certes pas la route. C’est la façon ostentatoire dont ces doublettes de badminton perdirent qui leur valut de copieux sifflets d’un public qui avait d’ailleurs payé fort cher les places sur les travées, puis la réprobation des télés qui avaient déboursé des millions pour retransmettre le spectacle affligeant de demoiselles qui faisaient exprès d’envoyer le volant dans le décor, enfin la réaction du CIO. Ces filles mal inspirées ne pouvaient par cette façon un peu idiote, disons-le, de déjouer, que s’attirer une sanction exemplaire.

LE PRÉCÉDENT DES HANDBALLEURS

Les poloïstes français ne se sont pas laissé, semble-t-il, compromettre dans une telle situation. Ont-ils laissé filer ? Ou se sont-ils abstenus de se placer avant le match dans une situation de « do or die » parce qu’il n’était pas essentiel de gagner ? Tout est dans le comportement, dans l’apparence.

Il est insolite d’entendre un coach canadien s’insurger au sujet d’un match perdu par son équipe, mais surtout cela semble être un mouvement désespéré, et voué à l’échec. Comme le souligne très justement Clémentine Blondet dans L’Equipe, « il n’y a pas de règle écrite obligeant une équipe à faire tout son possible pour gagner une rencontre. » On pourrait même ajouter qu’il est impossible de vérifier qu’une telle obligation a été respectée… Comment dire qu’un échec est dû à une contre-performance plutôt qu’à une décision volontaire de perdre ?

En fait le douteux précédent qui pourrait être invoqué en l’occurrence serait plutôt celui des handballeurs français qui avaient perdu volontairement un match alors que leurs emblématiques joueurs avaient fait parier leurs conjoints de fortes sommes… sur leur défaite ! On n’en est pas là avec nos poloïstes.

PERDRE PEUT ÊTRE BON POUR LA SANTÉ : L’HISTOIRE DE LITTLES ET TILLMAN

L’histoire des joyeux perdants dont je ne saurais dire si nos chers poloïstes sont, est moins exaltante que celle des vainqueurs, mais parfois beaucoup plus amusante! Je ne vous en raconterai qu’une, mais c’est de loin la meilleure. Elle concerne la boxe. Le 20 avril 1984, dans le tournoi des National Golden Gloves, sorte de championnat des Etats-Unis de boxe amateur, le tableau de 32 combattants des poids lourds de 200 livres (91kg)était réduit après quatre journées à quatre demi-finalistes (donc deux combats). L’un des deux vainqueurs de ces demis, Jonathan Littles, ayant éliminé son adversaire, Henry Tillman, aux points, crut bon de se livrer sur le ring à des manifestations de joie d’une bruyante exubérance. Le vaincu, Tillman s’approcha de Littles et lui dit alors : « veux-tu cesser de fanfaronner? Tu crois que tu as gagné parce que tu es le plus fort ? Non, tu as gagné parce que tu est un c.. et que je t’ai laissé gagner. Et tu sais pourquoi ? C’est parce que demain, c’est toi qui vas rencontrer ce gorille en finale. »

Et il désigna le gorille en question, Mike Tyson, qui venait de punir Richard Johnson dans l’autre demi-finale. Le lendemain, Littles, fut mis K.-O., et prit une telle raclée qu’il ne fut plus jamais le même homme. Tillman, lui, devint champion olympique des lourds la même année, disputa trois ans plus tard un championnat du monde professionnel contre Evander Holyfield et… fut finalement mis K.-O. par Tyson, en un round, en 1990, sans faire semblant cette fois, mais pour quelques millions de dollars!

Doit-on préciser que Littles n’a jamais protesté de la défaite volontaire de Tillman aux Golden Gloves?

WATER-POLO: TRISTES VAINQUEURS ET HEUREUX PERDANTS

Samedi 16 Avril 2016

AYANT BATTU LES POLOÏSTES FRANÇAIS DANS LE CADRE DES SELECTIONS OLYMPIQUES, LES CANADIENS, DANS UN PREMIER TEMPS SATISFAITS, HURLENT MAINTENANT  AU VOLEUR. ILS ESTIMENT QUE NOTRE EQUIPE A FAIT EXPRES DE PERDRE CE MATCH DANS LE BUT DE RENCONTRER UNE EQUIPE QUI LEUR CONVENAIT MIEUX QUE CELLE QU’ILS AURAIENT DU AFFRONTER EN TANT VAINQUEURS.

Germaine NECKER

Dans tous les sports d’équipe avec des poules de qualification, c’est le même débat à l’issue du 1er tour ou de la fin de chaque tour. Il paraîtrait même, dans les sports d’équipe que des classements de fin de championnats pourraient être influencés par la tournure du jeu d’une équipe en faveur ou en défaveur d’une autre ! Vous aviez entendu parler de ça ? Si j’ai bien tout compris on pourrait donc commencer un match en connaissant les conséquences d’une victoire ou d’une défaite sur la suite de la compétition et en ayant une idée derrière la tête. Je crains que l’on ait du mal à faire passer ça au rang des grandes découvertes du XXI ème siècle. Il y a toujours une équipe insatisfaite de son sort, et des doutes émis sur la glorieuse incertitude du sport. Nous avons les heureux gagnants, les tristes perdants, c’est dans la logique des choses, mais nous aurions aussi les tristes gagnants et les heureux perdants! Je ne suis pas assez expert dans les subtilités du jeu de water-polo pour émettre un avis. Juste triste de cette controverse alimentée a posteriori. Y a t-il eu des remarques émises pendant le match par les officiels canadiens? A la fin du match? Ou un rapport à la fin du match par les arbitres ou le comité technique? Je sais le milieu du water-polo assez chaud-bouillant pour réagir immédiatement pendant et juste après un match. Quand je dis « milieu », je parle bien entendu de la grande famille du water-polo. Toute connotation autre au mot « milieu » … pourrait être volontaire. Le match s’est terminé. Le match a été validé. Et le tournoi olympique qui en découle annoncé. Je ne pense pas qu’il y ait eu, tous sports collectifs confondus, de match annulé ou au résultat revu et corrigé après la fin d’un tournoi. Encore faudrait-il que les règles qui régissent ce sport aient prévu le cas et mis en place les moyens de se prémunir de l’éventualité d’une attitude de jeu permettant de perdre sciemment un match. Wait & See. Et dans cette attente nous vivons dans un monde formidable. Germaine Necker.

ARENA À MESA : CES TEMPS QU’EMPORTE LE VENT !

Éric LAMY

Samedi 16 Avril 2016

Meeting Arena à Mesa, étape de la tournée US de l’équipementier, prochaines étapes à Charlotte, Santa Clara et Indianapolis, sur la route de Rio de Janeiro via Omaha Beach (les « trials », 26 juin-3 juillet).

Le vent vient de mêler de l’affaire. Il souffle fort et affecte les performances. En papillon, où les bras émergent, en brasse, où les nageurs oscillent vers le haut, mais aussi en dos ou en crawl, cela peut jouer, surtout si c’est de la tempête. Mesa, en espagnol, c’est un « table », un plateau, et quand les vents s’y livrent, c’est sans retenue. Phelps, sur 200 mètres papillon, rigolait : « à l’arrivée, à un moment, je croyais que je nageais en marche arrière. » Il oublie de dire que dans le sens favorable, cela a dû l’arranger, mais à l’addition, le résultat s’avère défavorable.

Le directeur media d’USA Swimming, Jim Rusnack, a paru se lamenter : « le vent n’était pas tout dans cette histoire, mais il a joué sans aucun doute un rôle majeur dans les finales de vendredi. Soufflant de l’ouest à 40km heure, il laissa seulement quatre courses entrer dans les 20 meilleurs temps de l’année dans le monde, avec Cammile Adams au 200 papillon, Madison Kennedy et Nathan Adrian aux 50, et Katie Ledecky sur 400 mètres. »

Il convient de faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il est parfois bon, que les éléments nous rappellent combien le sport est devenu une activité factice, dans lequel tous les éléments doivent être neutralisés, et s’est éloigné de ses rustiques fondamentaux. Dans un meeting, d’ailleurs, c’est moins grave que dans une finale olympique, mais peut-être à force de rechercher une vérité d’éprouvette dans nos confrontations par chronos interposés, on a oublié que l’eau n’est pas forcément un élément neutralisé, que le vent souffle, qu’il peut faire chaud ou froid, que la chance… La chance !

Dans les limites d’un bassin olympique, on dirait qu’on ne supporte plus cela, qu’on a voulu éliminer cette richesse qu’est l’aléa, que les Grecs honoraient et dont les Romains avaient fait une déesse. Même l’eau libre a été domestiquée par la FINA une fois qu’elle se fut emparée de ce sport magique, la faisant disputer en circuit dans des eaux aussi mortes que celles d’une baignoire ! Mais il est vrai que les eaux ont tellement été polluées par l’homme qu’il faut parfois prendre des précautions avant d’y tremper un orteil.

Une bien bonne fut contée par Murray Rose à Robert Pointu de l’AFP. Elle se situait il est vrai à l’entraînement. L’équipe de Rose s’entraînait dans un bassin dessiné dans le port de Sydney, pas tout à fait abrité des lames du large. Au moment où Rose s’élança dans l’eau, une vague vint submerger le bassin : « je nageai les 50 mètres aller en dix-sept secondes, mais le retour me prit plusieurs minutes », se marrait-il encore trente ans après. Il est fort regrettable que des compétitions n’aient pas été disputées là…

Aujourd’hui, l’aléa serait insupportable à nos techniciens. Imaginez un coup de vent au départ d’un 100 mètres nage libre qui déstabiliserait un peu les plongeurs. Pourtant, des sports permettent et acquiescent à de tels accidents. Le vent, ses rafales, ont joué un rôle majeur dans toutes les compétitions de saut à la perche. Je me souviens, installé dans ma tribune d’un stade de Stockholm, lors d’une belle soirée d’athlétisme, d’avoir été intrigué par la contre-performance d’un perchiste français en face d’une hauteur « facile ». Je rencontrais son coach, un ami, Jean-Claude Perrin : dans sa course d’élan, le garçon, m’expliqua-t-il, avait rencontré une rafale défavorable qui l’avait scotché ! Je ne saurais ici vous conter toutes les venteuses aventures sportives dont j’ai été témoin, outre bien sûr en voile…

…Quelquefois, de bonnes choses ont été réalisées dans des conditions venteuses. Les épreuves de natation des Jeux du Commonwealth 1966 à Kinston, Jamaïque, avaient souffert d’un vent violent. Pendant que les chronométreurs tenaient debout en diagonale sur la plage, l’Australien Ian O’Brien avala la tasse pendant la course, le vent ayant projeté l’eau sur son visage, et nagea 2:29s3, moins vite qu’en séries où il avait porté le record du monde à 2:28s. Dans la même soirée Kathy Wainwright battit le record mondial du 440 yards…

Parfois des nageurs se « robotisent » tellement qu’ils perdent leur nage. Des maîtres à nager comme Mitt Nelms les amènent alors en mer, où ils leur apprennent à retrouver des sensations au sein des éléments, dans une eau vivante. Nelms est réputé avoir récupéré ainsi Ian Thorpe et une foule de nageurs. Touretsky aimait lui envoyer ses disciples.

Ici, à Mesa, c’est sûr qu’il s’est passé quelque chose, mais quoi ? Prenez Katinka Hosszu, sur 200 papillon, la dame de fer s’est qualifiée dans les 2:11s et n’a plus existé en finale, trois secondes moins vite

Quand les perfs ne vont plus, il reste la compétition. La gagne. Et une certaine incertitude sur la valeur absolue des résultats. C’est ici que l’aléa joue à plein, comme si les Dieux de l’Antique venaient se mêler de distribuer les bons, et les mauvais points.

Alors voilà, quand Phelps nage 54s93 sa première moitié de 200 papillon et la seconde en 1:3s17, ça vaut quoi ?

Même Ledecky, le tank à moteur Ferrari de la natation, n’a pas fait d’étincelles et n’a fait que nager plus vite que n’importe qui au monde dans ces conditions. Mais chronos oubliés, les dix mètres qu’elle mit entre elle et Cierra Runge à l’arrivée de son 400 mètres sont assez parlants !

Nathan Adrian est sans doute celui qui s’est le mieux sorti dans ces conditions avec un 50 mètres en 21s69. C’est pas mal, quelquefois, d’expérimenter des conditions adverses, disait-il après sa course.

DAMES

50 mètres : 1. Madison Kennedy, 24s45 ; 2. Dana Vollmer, 24s69; 3. Abbey Weitzeil, 24s72; 4. Simone Manuel, 24s78; 5. Kelsi Worrell, 25s07; 6. Arianna Vanderpool-Wallace, 25s14. Finale B: 1. Lia Neal, 25s13.

400 mètres : 1. Katie Ledecky, 4:2s15 ; 2. Cierra Runge, 4:8s08; 3. Lotte Friis, 4:8s89; 4. Allison Schmitt, 4:12s94 (en séries 4:12s70) ; 5. Katinka Hosszu, 4:14s59 (en séries, 4:10s74); 5. Sarah Henry, 4:14s76.

100 m dos : 1. David Plummer, 54s29 (series, 54s07) ; 2. Ryan Lochte, 55s35 (séries, 54s83) ; 3. Arkady Vyatchanin, 55s39.

200 m brasse : 1. Breeja Larson, 2 :26s64 ; 2. Ashley McGregor, 2 :27s68; 3. Hilde Luthersdottir, 2:28s04.

200 m papillon : 1. Cammile Adams, 2:8s59 ; 2. Cassidy Bayer, 2:9s68; 3. Maya Di Rado, 2:10s33.

MESSIEURS

50 mètres  : 1. Nathan Adrian, 21s69 ; 2. Anthony Ervin 22s28; 3. Cullen Jones, 22s30. Finale B: 1. Jimmy Feigen, 22s29.

400 mètres :  3:52s32.  1. Michael McBroom, 3:49s04 ; 2; Conor Dwyer, 3:49s90; 3. Clark Smith, 3:49s96; 4. Jordan Wilimovsky, 3:51s64 (en séries, 3:51s29).

100 m dos : 1. Maya Di Rado, 1:0s71; 2. Kirsty Coventry, Zimbabwe, 1:0s74; 3. Katinka Hosszu, 1:0s84 (en series, 1:0s07); 4. Kaitlin Harty, 1:1s11; 5. Missy Franklin, 1:1s28.

200 m brasse : 1. BJ Johnson, 2 :14s16; 2. Nick Fink, 2:15s06; 3. Miguel De Lara Ojeda, 2:15s77. En séries, Chase Kalisz, 2:13s81.

200 m papillon : 1 :57s71.  1. Michael Phelps, 1 :58s14 ; 2. Pace Clark, 1 :58s71; 3. Jonathan Gomez, 1:58s79; Jack Conger, 1:59s83.

CHAMPIONNATS DE GRANDE-BRETAGNE (4) : ADAM PEATY SE PREND UNE GROSSE BATH DE ANDREW WILLIS

ANDREW WILLIS DEVANCE

LE RECORDMAN DU MONDE

Eric LAMY

Vendredi 15 Avril 2016

Adam Peaty s’est-il cru tout seul, au départ de ce 200 mètres brasse des championnats de Grande-Bretagne ? Il l’a été, pendant cent mètres. Alors que six de ses sept concurrents s’échelonnaient, au virage, entre 1:2s19 et 1 :2s90, ce qui déjà se montrer pressé, Adam, se souvenant peut-être qu’il avait été il y a cinq mille ans le seul homme sur la terre, passait, lui, tous derrière et lui devant, en les laissant admirer ses pointes de pied. Il était parti comme une flèche, 27s70 aux 50 mètres, un temps que seul lui-même et Murdoch avaient accompli en route sur 100 mètres brasse !

Cela pouvait être de l’inconscience, ou de l’outrecuidance, un complexe de Superman, mais allait vite être guéri, car c’était en tout cas une grosse faute de train, sauf à penser pouvoir nager sous les deux minutes ! A mi-course, 1:0s68, son avance, encore énorme, était légèrement érodée. Mais après, il n’exista plus, ou si peu. Aux 150, en 1:36s20, il n’était déjà plus dans la course au titre. Willis, qui nage pour l’Université de Bath, bien nommée car le terme se traduit pas « bains » en français, lui infligeait une douloureuse leçon d’égalité d’allure et menait, un mètre devant Benson et Murdoch qu’un seul centième séparait et qui se disputaient avec acharnement la deuxième place qualificative.

Pour Willis, le vainqueur, il s’agissait d’un résultat « logique », dans le droit fil d’une régulière progression : 8e aux Jeux olympiques de Londres, en 2012, 4e de l’épreuve en 2013, aux mondiaux de Barcelone, médaillé de bronze aux Jeux du Commonwealth en 2014, encore 4e aux mondiaux de Kazan.

Comme les années précédentes, la Grande-Bretagne montrait une affinité avec le 200 mètres brasse qui vaut bien celle du Japon et qui remonte à fort loin, depuis, peut-être, qu’Anita Lonsbrough remporta l’épreuve olympique aux Jeux de Rome voici 56 ans. Depuis, les îles anglo-saxonnes ont toujours eu à cœur d’arracher des succès aux Russes, qui furent longtemps les maîtres de cette nage technique, ou aux Américains, et placèrent leurs David Wilkie, Duncan Goodhew, Adrian Moorhouse, Nick Gilligham et Michael Jamieson sur les plus hautes marches des podiums. On crut un temps que la France, qui lançait des escouades de Cédric Pénicaud, de Stéphane Perrot, de Jean-Lionel Rey, de Jean-Christophe Sarnin, de Yohan Bernard et autres Hugues Duboscq, sans oublier Catherine Poirot, allait se mêler à l’affaire, mais la source s’est tarie.

A part la brasse, cependant, cette natation britannique n’a pas réussi d’éclats ici, après avoir laissé espérer un retour de flamme en 2014 et 2015, se montrant très inspirée face aux Australiens aux Commonwealth Games de Glasgow. Mais s’ils se trouvent dans le même bassin, dix-neuf mois plus tard, on dirait que la source s’est tarie, que la machine grippe un peu. Les jeunes tardent à venir, et les vieilles gloires ne font pas d’étincelles.

On dirait qu’à l’exemple aussi des Français – si on peut appeler cela un exemple – la natation britannique présente un côté fourbu. Proud, Carlin, O’Connor, Halsall, autant de noms du passé qui ont perdu de leur éclat. En brasse, ceux qui ont failli, comme Jamieson, sont éliminés par un incessant renouvellement. Ailleurs, ils perdurent devant et personne n’est prêt à secouer le cocotier, et les minima ne sont pas atteints. Les sélectionneurs british devraient contacter les français pour leur demander comment sélectionner au mépris des règles. Pour ça, nous sommes passés maîtres.  

MESSIEURS.- 200 m brasse :  1. Andrew Willis, Bath, 2:8s08 ; 2. Craig Benson, Stirl, 2:9s07 ; 3. Ross Murdoch, Stirl, 2:9s16 ; 4. James Wilby, Loughboro, 2:10s19; 5. Michael Jamieson, Edinburgh, 2:10s55; 6. Adam Peaty, Derby, 2:11s71 ; 7. Robert Holderness, Millfield, 2:13s29 ; 8. Tait Calum, Edinburgh, 2:13s53. Target Tokyo: 1. Luke Davies, Birmingham, 2:12s79 ; 2. Charlie Atwood, Bath, 2:13s51. En séries, Nicholas Quinn, 2 :12s61.

DAMES.- 100 mètres : 1. Siobhan-Marie O’Connor, Bath, 54s18 ; 2. Francesca Halsall, Loughboro, 54s53 (en series, 54s22); 3. Harriet Cooper, Derby, 55s45.

ARENA À MESA : UNE KATIE LEDECKY IMPRESSIONNANTE ET UNE ALLISON SCHMITT TOUTE REVERDIE

Éric LAMY

Vendredi 15 Avril 2016

Meeting Arena à Mesa, étape de la tournée US de l’équipementier, prochaines étapes à Charlotte, Santa Clara et Indianapolis, sur la route de Rio de Janeiro via Omaha Beach (les « trials », 26 juin-3 juillet).

Dès les séries, le rouleau compresseur ledeckyen se met en marche, la miss nage tranquille, cela donne 1:56s66. La championne olympique de 2012, Allison Schmidt, ce modèle d’esthétique-athlétique dans l’eau, suit à presque deux secondes, 1:58s55. L’accès à la finale se referme juste derrière Maya Di Rado, 1 :59s92. Et cette pauvre Missy Franklin, qui a perdu ses perfs comme on perd ses clés, et ne les retrouve pas ! La voilà 13e, de quoi devenir superstitieuse, avec 2:0s53, dans l’arrière-boutique de la super-élite, derrière Lotte Friis dont cette course n’est pas la spécialité ! Mini tragédie pour la meilleure nageuse du monde de 2012 et de 2013, une forte ressemblance avec ce qu’Yannick Agnel a vécu en France : où est mon style ? Où est mon efficacité dans l’eau ? Mais où sont les nages d’antan ?

En finale B, Missy se trouve « en mission », et elle va chérir sans doute cette faible satisfaction de l’emporter dans ce qu’on appelait dans le passé finale de consolation. 1:58s64, « c’est pas pire », comme on dit au Québec.

Mais voici la grande finale. Ledecky y est impériale comme toujours, décidée, énergique, tapant dedans avec cette force qui n’est qu’à elle. Conor Dwyer, qui a gagné la course masculine, a raconté aux media qu’en camp d’entraînement où il la côtoyait, Ledecky avait brisé (« broken ») plusieurs nageurs dans les séances. Quand on lui rapporte ces propos, elle se marre Katie, elle ne comprend presque pas, moitié flattée moitié un peu gênée, presque rougissante, explique qu’elle a toujours été entourée de garçons à l’entraînement, qu’elle ne prêtait pas garde à ces détails, et que si c’était le cas, elle s’en fichait bien et qu’elle continuerait. T’as raison, Katie, ne freine pas !

Bon, reprenons, dans cette finale, elle ne freine pas. Elle retrouve cependant une adversaire. Allison Schmitt. La championne olympique, partiellement retrouvée après deux années sinon à galérer, du moins à signer des perfs approximatives. Si on trouve que Ledecky nage bien, que dire de Schmidt, c’est Phelps en fille, ou la Cate Campbell du demi-fond court, il y a aussi du Popov là-dedans, mais quand elle est bien c’est tout simplement de l’Allison Schmitt. La nage telle qu’on l’enseigne dans les écoles, l’esthétique athlétique supérieure en émersion.

Débordée au départ par l’exubérance de Ledecky, elle ne se désunit à aucun moment et parvient à stabiliser son déficit à défaut de revenir sur la grande Katherine. Battue certes, Schmitt, mais gros exploit : elle a donné l’impression que Katie Ledecky avait trouvé à qui parler. Pour la première fois depuis quelques temps, une course de Ledecky ne ressemble pas à un constat d’accident, une indemne et sept blessées plus ou moins graves !

Affaire à suivre.

DANA VOLLMER SE RAPPROCHE DE SJÖSTRÖM

A part ça, cette première journée dans l’Arena accouche des accomplissements variables. Katinka Hosszu, à l’approche des Jeux olympiques, change sa stratégie. Elle opte pour une course par jour. Elle gagne le 400 quatre nages avec trois longueurs devant Cammile Adams, suivie à distance respectueuse par la pétulante Ella Eastin, qui avait été admirable aux NCAA.

Mais peut-être la nouvelle du jour est que Dana Vollmer, la championne olympique du 100 mètres papillon des Jeux olympiques de Londres, est en train de réussir son come-back. On en avait vaguement l’impression dès avant, mais la chose ne cesse de se préciser. Dana a devancé cette épatante Kelsi Worrell. En 56s94, elle n’est plus qu’à une seconde de son record américain (55s98 en finale des derniers Jeux olympiques), et si j’étais Sarah Sjöström, je m’inquièterais un peu à son sujet. Et Worrell, eh ! C’est pas mal, avec 57s24 après avoir été la mieux qualifiée en séries, 57s56, elle est bien dans le coup.

Katie Meili signe, elle, un joli 100 brasse en 1:6s49 aux dépens de la Jamaïcaine Alia Atkinson.

LE PROFESSIONNALISME DES FILLES

ET LA PARESSE DES HOMMES

Et les garçons ? Assez minables dans l’ensemble ! Conor Dwyer, qui est plutôt à l’aise dans le long, a gagné un 200 mètres de tout petit niveau où ce vieux pro de Ryan Lochte s’est retrouvé 3e en 1:48s85 (et Michael Phelps viré de la finale, 9e en 1:50s63). Le 100 mètres papillon est revenu à un ancien étudiant de Berkeley, aujourd’hui diplômé en physiologie de l’exercice, encore relativement jeune à 23 ans, qui se paie Jack Conger. On imagine que les nageurs, en pleine préparation pour les « trials », et qui n’affûtent pas, ont du mal à réussir des perfs. Si ce n’était que pour les mecs, le public aurait le droit d’exiger le remboursement des billets. Pourquoi les filles s’en tirent-elles mieux, mystère, mais il y a longtemps que je ne crois plus au mythe du sexe faible (et le spectacle de la natation depuis belle lurette m’a déniaisé dans ce domaine). Ma correspondante, Germaine Necker, me suggère aussi que les filles sont plus sérieuses que les garçons et ne lâchent rien facilement.     

MESSIEURS. – 200 mètres : 1:47s67.  1. Conor Dwyer, 1:46s61; 2. Cristian Quintero, 1:48s10. 100m brasse : 1. Youssef El-Kamash, 1 :1s31; 2. Miguel De Lara Ojeda, 1:1s36 ; 3. Andrew Wilson, 1 :1s37 ; 4. Azad Al Barazi, 1:1s38 ; 5. Andrew Michael, 1:1s47. 100 m papillon: 1. Seth Stubblefield, 52s53; 2. Jack Conger, 52s74. 400 m 4 nages : 1 Sean Grieshop, 4:18s75.

200 mètres : 1. Katie Ledecky, 1:55s71 ; 2. Allison Schmitt, 1:56s52; 3. Maya Di Rado, 1:58s64; 4. Melanie Margalis, 1:58s70; 5. Cierra Runge, 1:58s88; 6. Simone Manuel, 1:59s08; 7. Patricia Castro Ortega, 1:59s31. Finale B: 1. Missy Franklin, 1:58s64.

Passages de Ledecky, 27s78, 56s56 (28s78), 1:26s25 (29s69), 1:55s71 (29s46).

Passages de Schmitt, 28s09, 57s21 (29s12), 1:26s79 (29s58), 1:56s52 (29s73).

100m brasse : 1. Katie Meili, 1:6s49 ; 2. Alia Atkinson, 1:6s84 ; 3. Molly Hannis, 1:6s95; 4. Jessica Hardy, 1;7s09; 5. Sarah Hase, 1:7s53 ; 6. Hilde Luttersdottir, 1:7s86 ; 7. Melanie Margalis, 1:7s97. 100 m papillon :  1. Dana Vollmer, 56s94 ; 2. Kelsi Worrell, 57s27 ; 3. Cassidy Bayer, 58s92.  400 m 4 nages :  1. Katinka Hosszu, Hongrie, 4:35s81; 2. Camille Adams, 4:40s14; 3. Ella Eastin, 4:42s11; 4. Vien N’Guyen, 4:44s02.

GRANDE-BRETAGNE (3) : EN ATTENDANT PEATY, DUNCAN SCOTT PIQUE LE 100 À BEN PROUD

DUNCAN SCOTT ? DU CENT

NEUF DANS LE SPRINT

Éric LAMY

 

Jeudi 14 Avril 2016

Deuxième journée des championnats de Grande-Bretagne, à Glasgow. Du sang neuf dans le sprint masculin, où Benjamin Proud a cessé de régner. Duncan Scott, engagé le matin en séries dans le groupe dit des 17-20, rebaptisé d’un poétique « target Tokyo », s’est retrouvé, après son prometteur temps de 48s81, dans la grande finale. Proud, qui avait réalisé un temps de 48s68, était devant mais il devenait manifeste que sa couronne vacillait. Ce fut un duel au couteau, où Proud prit une avance minime et ne put la conserver jusqu’au bout. Il fut battu d’une main, six centièmes, en ayant nagé aussi vite qu’en séries, à quatre centièmes près.

Scott, visage de gamin sur corps d’adolescent, un long sifflet tout démusclé de 1,90m pour 72kg, et qui aura 19 ans en mai prochain, n’est pas  sorti d’un néant. N’est-il pas champion du monde du relais quatre fois 200 mètres à Kazan, dans l’équipe emmenée par le terrible James Guy ? Bon il put paraître inaperçu, parce qui ne nagea qu’en séries, dans un temps incertain, 1:48s35.

Demain, sur 200 mètres brasse, Adam Peaty est annoncé, avec un temps d’engagement de 2 :8s34, c’est-à-dire devant tous les spécialistes. Peaty, qui affirme « avoir en lui un 57s92 » (c’est-à-dire son record du monde du 100 brasse, devance donc sur le papier Andrew Willis, engagé à 2 :8s52, Ross Murdoch, 2 :8s90, ou encore Craig Benson, 2 :9s10, ou encore Calum Tait, 2 :10s21. De quoi endre la vie difficile à Michael Jamieson, le médaillé d’argent des Jeux de Londres, qui n’est engagé qu’avec le 7e temps d’engagement : être et avoir été !

Le 100 mètres dames pourrait se résumer en un duel Marie-Siobhan O’Connor contre l’antique Francesca Halsall, 26 ans. Se disputeront aussi le 100 mètres papillon et le 200 mètres dos dames. Sur 1500 mètres messieurs, seuls Stephen Milne, 14 :55s17 et Daniel Jervis, 14 :58s98, sont engagés sous les 15 minutes.

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Duncan Scott, 19 ans, Stirl, 48s66; 2. Benjamin Proud, Plymouth, 48s72 (en séries, 48s68); 3. Adam Barrett, Loughboro, 49s02; 4. James Disney-May, Loughboro, 49s56.

400m 4 nages: 1. Max Litchfield, Sheffield, 4:12s05; 2. Roberto Pavoni, Loughboro, 4:14s31; 3. Daniel Wallace, Warrender, 4:18s11.

DAMES.- 50 mètres: 1. Francesca Halsall, Loughboro, 24s48; 2. Anna Hopkin, Bath, 25s39.

800 mètres: 1. Jazmin Carlin, Bath, 8:27s49; 2. Camilla Hattersley, Glasgow, 8:30s99; 3/ Keri-Anne Payne, Warrender, 8:34s03; 4. Eleanor Faulkner, Sheffield, 8:37s40.

200m papillon: 1. Aimee Willmott, London, 2:8s82; 2. Alys Thomas, Swanseau, 2:8s87

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE (14) : UN GRAND 4 FOIS 100 MÈTRES…

…RÉINTÈGRE JAMES MAGNUSSEN ET

JAMES ROBERTS DANS L’ÉQUIPE DE RIO

Éric LAMY

Jeudi 14 Avril 2016

Je me demande souvent si, avec qui vous savez à la tête de la FINA, la natation mondiale n’est pas dirigée par des sous doués. C’est ainsi que la natation australienne, pour s’être ratée aux championnats du monde, l’an passé, à Kazan, dans le relais quatre fois 100 mètres, une équipe seconde la menant hors finale et en 13e position, était par la même occasion boutée en-dehors de la course olympique. Selon les abaques des finassiers de la FINA, en effet, tout cela faisait que le meilleur relais quatre fois 100 mètres nage libre messieurs du monde n’était pas qualifié pour Rio.

La preuve est ainsi faite que si le carnaval de Rio dure un temps, le carnaval, à la FINA, c’est 366 jours en année bissextile.

Un siècle après que le golf eut inventé la wild card et que le tennis et le surf, entre autres, l’eurent popularisée, la FINA, si inventive, active et manœuvrière dès qu’il s’agit de défendre ses intérêts sectoriels comme par exemple avec les juteuses finales du soir aux Jeux olympiques (finassiers mais financiers aussi), les combinaisons polyuréthane destructrices du sport, les starting-blocks en dos, l’extension ad nauseum des programmes (la palinodie des plongeons et de la synchro) par multiplication d’épreuves sans légitimité historique ni signification, les mouvements trichés en brasse qui dénaturent cette nage, les virages de dos sur le ventre qui avantagent les fakirs et autres fariboles, la FINA reste figée sur une très discutable défense de la sportivité.

Bon, il ne restait plus au quatuor des Antipodes qu’à s’exécuter, ce qui ne signifie pas qu’ils devaient s’immoler, mais se former en équipe et réaliser un temps qui les réintégrerait dans la course au titre. Les FINAsseries ont eu l’avantage d’offrir au public d’Adelaïde un avant-goût du quatre fois 100 de son équipe au Brésil.

Vite fait bien fait, on partagea les huit finalistes du 100 mètres dans deux équipes et les quatre premiers s’opposèrent à leurs quatre suivants. A l’arrivée, l’équipe première, 3:12s86, réussissait un temps de quatre secondes meilleur de celui obtenu à Kazan et qui lui eut donné la 3e place aux mondiaux de Kazan derrière les Français et les Russes, sans pourtant que ses ténors, à l’exception de James Roberts, qui lançait la course, ne fassent des étincelles.

Dans une fort pertinente analyse de la situation, notre confrère Swim Swam, qui a effectué un remarquable travail sur ces championnats, explique que cette performance « ne signifie pas que l’équipe australienne est assure d’une médaille (à Rio) vu que les Américains aussi, à Kazan, furent sortis en séries, et que la forte équipe  brésilienne, 4e à Kazan l’an passé, et qui nagera devant son public, aura à cœur de bien faire. »

Notre confrère notait aussi que le retour du relais dans la course olympique, remettait en selle James Roberts et James Magnussen, dont les noms ne figuraient pas dans la liste originale des qualifiés olympiques.

4 fois 100 mètres: 1. Australie « A », 3:12s26 (James Roberts, 48s63, Kyle Chalmers, 17 ans, 48s24, James Magnussen, 48s17, Cameron McEvoy, 47s17); 2. Australie “B”, 3:14s45 (Kenneth To, 49s31, Matthew Abood, 48s24, William Stockwell, 48s09, Jack Gerrard, 48s81).

4 fois 100m 4 nages: 1. Marion, 3:37s13 (Andrew Abood, 48s41 lancé en crawl).

DAMES.- 4 fois 100m 4 nages: 1. Saint Peters, 3:57s34 (Madison Wilson, 59s77; Georgie Bohl, 1:6s61; Madeline Groves, 57s79; Emma McKeon, 53s17); 2. Brisbane Grammar, 4:4s09 (Minna Atherton, 59s87 en dos); 3. Melbourne Vicentre “A), 4:6s28 (Hayley Baker, 59s94 en dos).

CHAMPIONNATS D’AUSTRALIE (13) : HORTON, 14:39s54, LEADER MONDIAL DU 1500 MÈTRES, PRÊT À TENTER LE DOUBLÉ DU DEMI-FOND

PALTRINIERI N’EST PLUS TOUT SEUL !

Éric LAMY

Jeudi 14 Avril 2016

Gregorio Paltrinieri se sentait-il un peu seul, ces derniers temps, sur 1500 mètres, lui qui après avoir amené le record d’Europe à 14:39s93 le 18 août 2014 aux championnats d’Europe de Berlin, en 2014, puis à 14:39s67 le 9 août 2015 aux championnats du monde de Berlin, il avait de dernier 18 mars, à Milan, réalisé un 14:40s61 qui le montrait sur le chemin du triplé magique, Europe, monde, olympique dans la distance du demi-fond.

Mais voici que Mackenzie Horton, le jeune Australien, tombé malade l’an passé, et qui, l’un des favoris sur 400 et 1500 mètres n’avait été que l’ombre de lui-même aux mondiaux de Kazan, vient de se rappeler à notre souvenir. Il a retrouvé la santé et les performances qui vont avec, et s’est offert la tête de listes mondiales avec son temps de 14:39s54 à la piscine d’Adelaïde. Coïncidence, il a été à peu près aussi seul à Adelaïde que Paltrinieri à Milan vingt-sept jours plus tôt. Derrière Gregorio, Gabriele Detti avait nagé en 14:48s86. Jack McLaughlin, qui nage chez les frères Nudgee, a réussi pratiquement le même temps. McLaughlin a interverti sa place de l’année dernière avec Jordan Harrison, qui, derrière Horton, 14:44s09, avait fini 2e en 15:14s96 devant lui, 15:16s96…

Bref, Paltrinieri nagera à Rio en bonne compagnie. Par rapport à l’Italien, Horton aura l’avantage d’une nette supériorité de vitesse, qui fait d’ailleurs de lui, un possible vainqueur du 400 mètres et du 1500 mètres. Mais cela dit le 1500 mètres est une course tellement particulière…

MESSIEURS.- 1500 mètres: 1. Mackenzie Horton, 19 ans, Melbourne Vicentre, 14:39s54 ; 2. Jack McLaughlin, Chandler, 14:48s60; 3. Jordan Harrison, Miami, 15:18s92; 4. Joshua Parrish, 18 ans, TSS, Southport, 15:20s95; 5. Ethan Owen, 19 ans, Marion, 15:34s99

Passages de Mackenzie Horton: 26s67 54s93 (28s26), 1:24s35(29s42), 1:53s47 (29s12), 2:22s68 (29s21), 2:52s01 (29s33), 3:21s38 (29s37), 3:50s65 (29s27), 4:19s81 (29s16), 4:49s19 (29s38), 5:18s62 (29s43) 5:47s99 (29s37), 6:17s55 (29s56), 6:46s99 (29s44), 7:16s64 (29s65), 7:46s07 (29s43), 8:15s33 (29s26), 8:44s93 (29s60), 9:14s29 (29s36), 9:43s82 (29s53), 10:13s41 (29s59), 10:43s22 (29s81), 11:12s95 (29s73), 11:42s73 (29s78); 12:12s44 (29s71), 12:42s14 (29s70), 13:11s99 (29.85), 13:41s88 (29s89), 14:11s17 (29s29) 14:39s54 (28s37).

Passages de Jack McLoughlin: 26s58, 55s37 (28s79), 1:24s77 (29s40), 1:54s32 (29s55), 2:23s94 (29s62), 2:53s69 (29s75), 3:23s48 (29s79), 3:53s32 (29s84), 4:23s28 (29s96), 4:53s06 (29s78), 5:22s813 (29s77), 5:52s72 (29.89), 6:22s63 (29s91), 6:52s67 (30s04), 7:22s56 (29s89), 7:52s68 (30s12), 8:22s77 (30s09), 8:53s07 (30s30), 9:23s09 (30s02), 9:53s22 (30s13), 10:22s90 (29s68), 10:52s92 (30s02), 11:22s78 (29s86), 11:53s02 (30s24), 12:22s91 (29s89), 12:52s78 (29s87), 13:22s35 (29s57), 13:52s29 (29s94), 14:20s94 (28s65), 14:48s60 (27s66).