ALAIN BERNARD, L’ETE A PEKIN

BERNARD [Alain] Natation. (Aubagne, 1er mai 1983-). France. Champion olympique du 100 mètres et multi recordman du monde. Il débute à Aubagne, où il reçoit une bonne formation, et nage toutes les distances, du 100 mètres au 1500 mètres. En 1999, ce grand adolescent (1,92m, 68kg à quatorze ans) rencontre Denis Auguin, qui l’emmènera au titre olympique, au Cercle des nageurs de Marseille. Auguin s’en souvient comme d’un nageur grandi trop vite, qui souffre des carences liées à cet état : pas de force, défauts de coordination, sujet à des douleurs, des contractures, et dont les performances dont inférieures à celles des meilleurs, mais qui se distingue par des détails, comme la volonté de comprendre, la capacité à s’interroger, et une qualité essentielle, celle de ne pas perdre un acquis, de ne pas régresser. Si le don, le talent, est une prédisposition innée ou acquise, le sien relève plus de l’acquis que de l’inné. Quand Auguin est remercié par le club, fin 2006, à Antibes, Bernard rompt son contrat avec Marseille pour le suivre, manœuvre qui aurait conduit à un procès sans l’intervention de Francis Luyce. L’éclosion d’Alain Bernard est retardée par divers pépins de santé : toxoplasmose, tendinites à répétition, et une mononucléose qui l’écarte des Jeux d’Athènes en 2004. Longiligne (1,96m, envergure de 2,05m, 88kg en forme), en 2007, grâce notamment à des progrès dans les phases techniques de la course (départ et virage), il établit la troisième performance mondiale de tous les temps, sur 100 mètres, avec 48’’12, le 25 juin à Saint-Raphaël, mais ne peut concrétiser aux mondiaux (9e en 48’’89, à 2/100° de la finale)  où il a commis la faute de « se réserver » en demi-finale. Il nage ensuite en 48’’54 à Paris, loin derrière Nystrand. Il améliore en mars 2008, aux championnats d’Europe d’Eindhoven, les records du monde du 50 (21’’50, que l’Australien Sullivan lui reprendra la semaine suivante) et du 100 mètres (47’’60 et 47’’50). Il gagne le 100 mètres aux championnats de France (47’’82) mais est devancé sur 50 mètres (21’’69) par Leveaux. Enfin, aux Jeux de Pékin, où il arrive avec le record mondial, il ‘’cause’’ la perte du relais quatre fois 100 mètres français où il est dominé par l’Américain Leszak qui, dans une course phénoménale, ayant profité de l’aspiration pendant toute la distance, le remonte et le devance à la touche. Au 100 mètres individuel, l’Australien Sullivan parait dominer : de très peu en séries où ses 47’’80 devancent les temps des Nystrand, 47’’83 et de Hayden, 47’’84 et Bernard, 47’’85, vainqueurs de leurs séries respectives. En demi-finales, Alain Bernard bat le record du monde en 47’’21, Nystrand finissant loin, en 47’’91. Mais Sullivan réussit 47’’05 dans la seconde demi-finale et domine van den Hoogenband, 47’’68. En finale, Sullivan part le plus vite, mais Bernard le rejoint et le dépasse pour l’emporter d’une main, 47’’21 contre 47’’32 à l’Australien. Le voilà champion olympique. Il termine 3e du 50 mètres derrière Cielo et Leveaux. Il continue sur sa lancée en 2009, réussissant une série de performances de haute volée, dans l’ambiance surréaliste que donnent les combinaisons de nage de plus en plus performantes, établit un record du monde (non reconnu) du 100 mètres aux championnats de France, 46’’94 en qualifications, mais est battu en finale où il nage sans sa tenue non homologuée, par Bousquet, en 47’’15 contre 47’’51. Aux mondiaux 2009 de Rome, le relais français perd un titre qui lui parait promis sur le papier et finit 3e derrière les USA et la Russie. Bernard, sans démériter, subit, sur 100 mètres, en 47’’12, la loi d’un Cielo irrésistible, 46’’91, record du monde. En 2010, aux championnats d’Europe, les combinaisons polyuréthane  étant interdites depuis le 1er janvier, cela va beaucoup moins vite. Alain Bernard l’emporte de peu devant le Russe Lagunov, en 48’’59 contre 48’’62, après que le quatuor russe ait devancé le français dans le relais. Lagunov nage 48’’25 au départ pour les Russes et c’est bizarrement Bernard, décidément pas chanceux ou pas concentré dans les courses collectives, qui coule le quatuor français, en 48’’70 lancé, contre 47’’87 à son vis-à-vis Danila Izotov, alors que tous deux sont partis dans le même centième. En 2011, Bernard n’est pas qualifié aux mondiaux sur 100 mètres, et enlève le bronze sur 50 mètres, en 21’’92, dominé par Cesar Cielo, 21’’52, derrière le jeune Italien Luca Dotto, 21’’90. Au départ du relais quatre fois 100 mètres, la distance que lui prend l’Australien James Magnussen, 47’’49 contre 48’’75 (alors qu’il a nagé 48’’37 en séries), ne pourra jamais être comblée par ses relayeurs, malgré deux épatants William Meynard, 47’’39, et Fabien Gilot, 47’’22, et l’équipe de France est encore 2e. En 2012, il ne peut se qualifier pour la course individuelle, et il œuvrera en séries au titre de remplaçant, à la qualification du relais quatre fois 100 mètres (champion olympique).

(13 août 2013, modifié le 9 mai 2015)

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