BLEIBTREY [Ethelda Marguerite]

Natation. (Waterford, New-York, 27 février 1902-West Palm Beach, Floride, 6 mai 1978). États-Unis. Première championne olympique américaine de natation et première triple championne olmpique de natation, aux Jeux d’Anvers, en 1920, où elle enleva la médaille d’or dans chacune des courses du maigre programme olympique d’alors : 100 mètres en 1’13’’6, 300 mètres en 4’34’’ et quatre fois 100 mètres. Elle était à l’époque également recordwoman du monde du dos, et aurait donc sans doute gagné cette épreuve… si elle avait été disputée ! Sur 100 mètres, elle avait pulvérisé le record du monde, 1’15’’, de Frances Schrot, d’Oakland, nageant en 1’12’’8 aux qualifications olympiques de l’Est des USA. Bleibtrey, aux Jeux, fut sans rivale, et gagna séries, 1’14’’4 et finale, 1’13’’6, laissant loin derrière elle Irene Guest, 1’17’’ et Schroth, 1’17’’2 ; leur triplé assura un triomphe US. 4e Américaine, Charlotte Boyle, 7e, avait égalé le record du monde de Fanny Durack (1’16’’2) l’année précédente. Sur 300 mètres, Ethelda, qui s’était emparée du record du monde du 400 mètres, 6’21’’6 en grand bassin à Honolulu le mois d’avril précédent, prit les devants, et s’imposa aisément en 4’34’’, loin devant ses compatriotes Margaret Woodbridge (championne US des 500 yards), 4’42’’4 et Frances Schroth, 4’52’’. Aucune épreuve en dos – discipline qu’Ethelda dominait alors – ne fut disputée. Enfin, elle joua sa partie dans le quatre fois 100 mètres que les Américaines enlevèrent en 5’11’’6 (moyenne, 1’17’’9). Femme de tête, elle déplora les conditions dans lesquelles se déroulèrent les compétitions : « nous avons nagé dans la boue, pas dans de l’eau », déclara-t-elle aux journalistes. Et quand Norman Ross menaça de faire grêve si le Comité olympique US ne leur proposait pas un meilleur paquebot pour leur voyage, elle appuya le mouvement. Le navire, qui avait rapatrié des corps de soldats tués pendant la Guerre, sentait le formol, qui, circonstance aggravante, agissait comme un irritant des poumons.

Ethelda s’était mise à nager à New York pour raisons thérapeutiques –soigner une polio contractée à l’âge de seize ans –, à l’exemple de la fameuse Australienne Annette Kellerman, et se lança dans la compétition pour accompagner l’amie, Charlotte Boyle, qui lui avait indiqué cette thérapeutie. Elle prit des leçons auprès de Louis de Breda Handley, incontournable coach à succès de l’époque. Invaincue entre 1920 et 1922, elle enleva tous les titres américains depuis les 50 yards jusqu’aux longues distances, puis se tourna vers le professionnalisme. Célèbre pour avoir nagé nue dans le réservoir de Central Park (héritière d’une famille catholique assez stricte, elle n’avait en fait dénudé que ses jambes), cette beauté pulpeuse avait été arrêtée, mais avait gagné la bataille de l’opinion : le conseil municipal de New-York permit à ses administrées d’utiliser la tenue de bain en l’honneur en Europe depuis une décennie. Ethelda, accompagnée  de Charlotte Boyle, se lança dans une tournée qui l’amena dans la zone du canal de Panama, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Ses tentatives dans les affaires fut un échec. La structure de verre dans laquelle elle évoluait inonda le théâtre qui lui demanda 1000$ de réparations. Elle plongea dans le réservoir d’eau de la ville, un « gimmick » inventé par un quotidien local, le Daily News. Elle fut emprisonnée pour un jour et put payer le théâtre. Elle devint peu après l’entraîneur de la première piscine couverte de New York.

0 comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *