CAMILLE MUFFAT FAIT SES GAMMES

Comme l’an passé au meeting EDF de Paris, à l’approche des Jeux de Londres, Camille Muffat s’est essayé, à Monte-Carlo, ce week-end, et dans l’optique les Mondiaux de Barcelone, à tout autre chose qu’aligner simplement ses longueurs. Cette fois, elle a tenté de se lancer sur des cadences élevées. A l’arrivée, elle est devenue leader mondiale de l’année sur 400m, comme elle l’était déjà sur 200m !

Par Eric LAHMY

10 juin 2013

Sans rivale sur 200m et 400m, accrocheuse sur 100m où elle termine sur le podium aux côtés de vraies sprinteuses, Camille Muffat a bien marqué son territoire lors du meeting de Monte-Carlo, le week-end dernier. 54’’54 au 100m, 1’56’’ au 200m, 4’2’’84 au 400m, elle pourra aisément passer, comme aux Jeux de Londres, pour une favorite des Mondiaux de Barcelone sur la distance la plus longue et une candidate aux médailles sur 200m. Sur 400m, elle passe devant Bronte Barratt, l’Australienne, qui a été créditée, elle, de 4’3’’52 cette saison. Son 200m est également supérieur à celui de Bronte Barratt, 1’56’’05, et ne le cède que devant ses 1’55’’48 réussis aux championnats de France, à Rennes. Rappelons pour l’anecdote que ses 53’’51 sur 100m représentent toujours la 2e performance mondiale de l’année, derrière les 52’’83 de Cate Campbell.

A la différence de 2012, où elle s’était amusée, sur recommandation de son entraîneur, Fabrice Pellerin, à suivre un train assez lénifiant, puis de terminer très fort, autant sur 400m que sur 800m, Camille a appuyé d’entrée, étouffant toute velléité de la suivre. C’est ainsi, sur 200m, que chacune de ses longueurs a été effectuée en, respectivement, 27’’60, 29’’34 (56’’94), 29’’80 (1’26’’74) et 29’’29’’26 (1’56’’). On peut donc dire qu’elle part fort, qu’elle basse très légèrement l’allure dans la troisième longueur, et qu’elle termine un peu plus fort. Il y a dans un tel schéma quelque chose de la démonstration que fit Yannick Agnel aux Jeux olympiques de Londres, dans un contexte certes beaucoup moins relevé.

Sur 400m, le schéma est très proche. Elle explose la course, laissant les autres finalistes dans la position de suivantes attardées, en 27’’70. Puis chaque longueur est chronométrée 30’’45 (58’’15), 30’’76 (1’28’’91), 31’’12 (2’0’’03), 31’’12 (2’31’’15), 31’’18 (3’2’’33), 30’’72 (3’33’’05), (29’’79) 4’2’’84. Des variations de course extrêmement faibles, et une quasi parfaite égalité d’allure, en dehors de la première longueur intentionnellement « trop » rapide.

Dire que Muffat a fait des gammes nous parait convaincant. On sait que Pellerin aime bien épicer toute action, autant à l’entraînement qu’en compétition, d’intentions précises. Egalement sur 100m, Muffat est partie sur une cadence élevée (ou du moins sur celle que lui permet sa célérité de demi-fondeuse). Mais son passage en 26’’87 la laissait derrière la Suédoise Sarah Sjoestroem, en pleine forme et trop rapide pour elle, et ne lui permettait pas d’écœurer Britta Steffen, auteur du retour le plus rapide, 27’’17, après une première longueur en 26’’88.

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