Catégorie : Biographies

BOTSFORD [Beth Anne]

Natation. (Baltimore, Maryland, 21 mai 1981-). États-Unis. Elle nage pendant une saison, à sept ans, au Dulaney Swim Club, et abandonne pour le football. Elle revient à Dulaney à neuf ans. Approchée par Patty Stephens et le coach Tom Hines, pour le North Baltimore Aquatic Club au grand dam de son père inquiet de la voir nager trois soirs par semaine. Au bout d’un an, passé aux côtés de sa sœur Stacie, elle s’attaque aux records nationaux de ses catégories d’âge. Huit en dos et en papillon dans les catégories 9-10 et 11-12 ans et deux autres en 13-14 ans. Débutante (rookie) de l’année aux championnats US 1994, sélectionnée pour les PanPacifics l’année suivante, elle gagne le 200 mètres dos, finit 2e du 100 mètres dos aux sélections olympiques US en 1996. A quinze ans, l’élève de Murray Stephens au North Baltimore Aquatic Club, qui mesure 1,65m pour 49kg, mène du début à la fin et remporte à Atlanta le titre olympique du 100 mètres dos (en 1’1’’19), puis participe à la victoire du relais quatre nages US (4’2’’88) qu’elle lance avec un parcours de dos en 1’1’’67. Elle grandira de dix centimètres et nagera plus tard pour l’Université d’Arizona. 5e du 100 mètres dos des championnats du monde de Perth, en 1998, médaillée aux Jeux Panaméricains en 1999 (argent du 200 mètres dos et bronze du 100 mètres dos). Aux Universiades de Daegu, en Corée, elle est médaillée (argent) sur 50 mètres dos. Devenue entraîneur, elle a créé une école de natation à Tucson, où elle vit.

BORIOS [Olivier Jean-Christophe]

Natation. (Toulouse, 23 juin 1959-). France. Avec un grand-père directeur des sports de Toulouse, il ne pouvait éviter la pratique sportive. À Castres, il fit partie de l’équipe animée par Jo Alquier, et fit connaître un ciseau redoutable, avant de rejoindre Antibes,
entraîné par David Dickson, entre 1975 et 1977, puis le Racing club de France.
Il régna sur la brasse française entre 1977 et 1982. Champion de France sur 200
mètres brasse en 1977, 1978, 1980 et 1981 ; sur 100 mètres brasse de 1978
à 1982.

FRANçOISE BORIE, CHAMPIONNE DU MONDE UNIVERSITAIRE

Natation. (Oran, 16 février 1947-). France. Découverte à Oran par Guy d’Esposito avec ses sœurs Marie-Claude et Martine, elle a ensuite comme entraîneur Germain de Miras de 1960 à 1962 ; elle s’installe alors à Toulouse, accueillie par les Dauphins du TOEC, et vit chez une tante ; elle devient championne du monde universitaire du 100 mètres dos en 1965, 2e en 1967, et finaliste, 6e, en 1970 ; elle gagne l’épreuve préolympique en 1965, mais dans l’ensemble, sa carrière souffre de la présence de Christine Caron. Enseignante en sciences physiques, elle professe pendant dix années à Font-Romeu où l’impose l’appui de Gérard Garoff, alors censeur du lycée climatique et sportif.

BORGES [Gustavo França]

Natation.(Rio de Janeiro, 2 décembre 1972-). Brésil. Ce colosse (2,03m, 87-94kg) sociétaire du Vasco de Gama de Rio de Janeiro – mais installé, pendant ses années en compétition, aux Etats-Unis, à Jacksonville, puis à Ann Arbor où l’entraînaient Joe Goeken et Jon Urbanchek (Université du Michigan) – fut l’un des grands nageurs de 100 mètres et de 200 mètres de la fin du siècle. Sur 100 mètres, il fut 2e des Jeux olympiques de 1992, derrière Popov et devant Caron, 3e des championnats du monde 1994 (49’’52) et des Jeux olympiques 1996 (49’’02) ; sur 200 mètres, il fut champion du monde 1995, en petit bassin, (1’45’’55), et 2e (1’48’’40) aux Jeux d’Atlanta (1996). Il a aussi nagé aux Jeux d’Athènes (2000) où il fait partie du relais brésilien médaillé de bronze. A ses 4e Jeux, à Sydney (2004), il est le porte-drapeau du Brésil. En 2009, il rédige et publie Tchibum !, un ouvrage contant l’apprentissage de la natation par un bébé.

BORG [Arne]

Natation. (Stockholm, 18 août 1901-7 novembre 1987). Suède. Un géant de la natation de son temps, Borg fut le seul grand rival international de l’Américain Johnny Weissmuller. Avec son frère jumeau Ake, ce Suédois grand et mince apparait aux Jeux de Paris en 1924, où il se qualifie dans toutes les finales de nage libre : sur 1500m, il n’est battu que par l’Australien Charlton, 20’6’’6 contre 20’41’’4 ; sur 400 mètres (5’5’’6), il devance Charlton, mais Weissmuller le devance au sprint. Sur 100 mètres (1’2’’), il se classe quatrième. En 1928, aux Jeux d’Amsterdam, opposé encore à son vieux rival Charlton sur 1500 mètres, il le bat ; mais l’Argentin Alberto Zorilla le défait dans le 400m, dans un temps très inférieur à sa valeur. Son grand exploit a été réussi un an plus tôt, sur 1500 mètres, aux championnats d’Europe de Bologne, où, non content d’enlever le 100 mètres et le 400 mètres, il établit un record, 19’7’’2, qui tint pendant onze ans. Plus remarquable encore, il nage cette course quelques heures après un match de water-polo contre l’équipe de France. Sur 100 mètres, il dispose d’un pur sprinter, le Hongrois Istvan Barany, en une minute juste. Enfin, dans le relais quatre fois 200 mètres, il nage son parcours en 2’14’’4. En quatre ans, Borg a en fait abaissé le record du monde du 1500 mètres de 21’35’’8 à 19’7’’2. En tout, Borg aura battu 32 records mondiaux sur toutes les distances allant des 300 yards au mile. Son 4’50’’3 sur 400 mètres, en 1925, résistera jusqu’en 1931. Ses qualités de nage enflamment les imaginations. Un bruit court, selon lequel il aurait trois poumons. La nage de Borg se distingue par une cadence de bras très rapide, en fonction de la distance parcourue. A Bologne, il nage ainsi le 100 mètres en 58 mouvements de bras. Drigny a décrit sa nage : « son style, décrié, est marqué par une extrême vélocité de son attaque de bras, la puissance effective des brassées, le parfait équilibre de son corps et la grande aisance de sa respiration. Sa nage est visuellement courte. » Personnage fantasque, Borg, en raison de ses déplacements à l’étranger, oublie de rentrer au pays pour une période militaire. Il est condamné à trente jours de prison. L’opinion est alertée, et il reçoit tant de colis de nourriture qu’il prend plusieurs kilos. En 1927, il se trouve au club Illinois, de Chicago, où règne Johnny Weissmuller. Jaloux de la réputation d’invincibilité de ce dernier, il le défie sur 500 yards, une distance où sa valeur est proche de celle de l’Américain. Weissmuller n’est pas en forme, mais accepte. Borg prend la tête, et mène de dix yards au dernier virage. Il stoppe, et laisse gagner Weissmuller en l’apostrophant d’un narquois : « passe, invincible. » Borg est d’ailleurs très sérieux dès qu’il s’agit de nager. Aux championnats d’Europe de Bologne, fin août 1927, dans une forme éblouissante, il gagne l’ensemble du programme de nage libre : le 100 mètres, le 400 mètres et le 1500 mètres, course où il améliora largement le record du monde, en 19’7’’1. Son frère jumeau Ake (18 août 1901-6 juin 1973) participe au relais suédois médaillé de bronze aux Jeux de Paris, en 1924 et termine 4e du 400m et 6e du 1500 mètres.

BORDEAU [Christophe Jean-Marie]

Natation. (Tours, 3 août 1968-).
France. Il exerça une longue domination sur les quatre nages françaises, fut
excellent aussi en libre et en papillon. Ce nageur complet rêvait d’être
tennisman (trop cher pour ses parents), et footballeur, mais suivit sa sœur
aînée Valérie à la piscine, et continua quand celle-ci s’arrêta de nager après
deux ans. Il fut entraîné par Gilbert Bozon (et Michel Scelles en équipes de
France). Très bon compétiteur, à la concentration sans faille, il fut un
surprenant champion de France des 200 et 400 mètres libre devant les crawleurs
patentés. Bien conseillé par un ancien champion très fort dans l’analyse de la
compétition, capable de nager très régulièrement à son meilleur (sa seule
contre-performance, aux mondiaux de Madrid en 1986, était dû à l’épuisante
course aux qualifications à laquelle il avait dû se soumettre), son palmarès
comprend sur 200 mètres papillon, deux titres aux Jeux Méditerranéens 1987 et
1991, une 3e place européenne en 1991, année où une double tendinite
aux coudes l’empêcha une nouvelle fois de réaliser son potentiel aux
mondiaux ; au 200 mètres libre, un titre aux Jeux Méditerranéens 1993. Il
enleva quinze titres de champion de France d’été : sur 200 mètres en 1990
et 1995, sur 400 mètres en 1991 et 1995, sur 200 mètres papillon en 1986, 1987,
1988 et 1989, sur 200 mètres quatre nages en 1988 et sur 400 mètres quatre
nages en 1985, 1986, 1987, 1988, 1990 et 1991. Il est devenu éducateur à la
ville de Tours.

BONNET [Céline]

Natation. (3 février 1976-). France. Dos et quatre nages.  Elle améliora des records de France sur 200 mètres quatre nages (en petit, 2’13’’91, et grand bassin, 2’17’’99) et sur 400 mètres quatre nages (petit bassin) ; deux fois 2e des championnats d’Europe junior (sur les deux distances) et, à 16 ans seulement, finaliste B du 200 mètres quatre nages des Jeux Olympiques de Barcelone. Six fois championne de France du 200 mètres quatre nages (hiver 91 et 92, hiver et été 94 et 95) ; deux titres sur 400 mètres quatre nages et deux autres sur 200 mètres dos (hiver 91 et 92) et vainqueur des Jeux Méditerranéens en 1993, plusieurs fois couronnée en relais, ses records : sur 200 mètres quatre nages (2’17”99 en 1991) et sur 200 mètres dos (2’16”85 en 1992). Marseillaise, elle signe à Clichy en 1992. Là, elle est de tous les derniers titres de championnes de France interclubs conquis par l’équipe féminine.

BONDARENKO [Svetlana]

(Zaporozhie, 12 août 1971-). URSS, Ukraine). Une longue et belle carrière de nageuse de brasse ; entraînée par Proskura, Bondarenko, 1,76m, 68kg, a été championne
d’Europe du 100 mètres brasse en 2004, à la fin de sa carrière. Elle avait obtenu neuf ans plus tôt deux médailles de championnats du monde en petit bassin à Rio, au Brésil, derrière Samantha Riley, et trois médailles d’argent aux championnats d’Europe dans les années 1990. Quatrième du 100 mètres brasse des Jeux olympiques d’Atlanta, en 1996.

BOITEUX [Jean]

Natation. (La Ciotat, 20 juin 1933-). France. Vainqueur du 400 mètres nage libre des Jeux Olympiques de 1952, à Helsinki. La natation, chez les Boiteux, était une vocation familiale : Gaston, son père, avait été recordman de France du quatre fois 200m avec les Enfants de Neptune de Tourcoing, sa mère, Bibienne Pellegry, avait été deux fois finaliste (5è) avec le 4 fois 100m, en 1924 à Paris, puis en 1928 à Amsterdam. Le couple avait fait construire dans sa propriété de La Ciotat un bassin de 25m sur 7,50m (trois couloirs) où ils s’entraînaient avec les enfants, Robert (1930), Jean, Henri et Marie-Thérèse. Après deux ans de guerre passés avec Robert en internat au Puy, sans nager (pas de piscine), il retrouvait l’eau des bassins en 1944, à Gaillac, à La Ciotat, à Aix-les-Bains.

En 1946, le Toulousain Alban Minville, le grand entraîneur de l’époque, remarqua sa facilité dans la piscine du Cercle des nageurs de Marseille et demanda à Gaston de le lui confier. Jean s’installa à Toulouse où il s’entraîne une heure par jour au DTOEC. En 1947, il assiste aux championnats d’Europe de Monaco aux exploits de son équipier, Alex Jany. Lui, progresse : il nage un 100m battements de pieds en 1’17’’, trois mois plus tard en 1’15’’. En 1949, à seize ans, cet inconnu de 1,80m pour 70kg, aux championnats de France, montrait dans le relais 4 fois 200m du TOEC où il nageait en 2’26’’ ses qualités de nageur de demi-fond. Il s’orientait vers les « distances » quand un accident de ski (il s’était planté le bâton dans le pied), à Ceuze, près de Gap,  le contraignit à nager, jambes entravées, sur les bras seuls. Cet incident fut bénéfique car lui permit d’améliorer son point faible, la puissance du torse et des bras : en 1950, Jean améliorait le meilleur temps français cadet sur 400 mètres, nageait en 2’5’’ son parcours dans un relais quatre fois 200 yards où il avait… perdu son maillot ! Et il gagnait quatre titres aux championnats de France : 400m (4’49’’8) devant Alex Jany, 1500 mètres (20’3’’) devant Jo Bernardo, 4 fois 200 mètres et 3 fois 100 mètres trois nages. En 1951, il battait les records d’Europe du 400 mètres (4’33’’ pb) et du 1500 mètres et, avec Jany, Bernardo et Blioch, le record du monde des 4 fois 200 mètres (8’33’’).

Guy Boissière, racontait comment, vers cette époque, l’entraîneur toulousain Alban Minville, ayant reçu le super coach de l’équipe américaine, Robert Kiputh dans sa piscine, lui avait montré « le prochain champion olympique du 400m » à l’entraînement. Combien avez-vous de nageurs, avait demandé Kiputh ?  « Un seul, il s’appelle Jean Boiteux et il est le prochain champion olympique. » Ainsi fut fait.

A l’approche des Jeux olympiques, sa forme éclatait : record d’Europe du 1500 mètres, 18’40’’8, le 20 juin, du 800 mètres, 9’38’’2, le 9 juillet. A Helsinki, il se qualifiait avec le meilleur temps, en 4’33’’1. En finale, après un départ rapide du Suédois Ostrand, la course prend la forme d’un match à trois entre Boiteux, Ford Konno (le recordman du monde) et Ostrand. Aux 200m, Ostrand était à un mètre. Boiteux décrochait Konno par son attaque au 250 mètres, repoussa deux retours de l’Américain dans la dernière longueur pour l’emporter. Gaston, bien ou mal inspiré, vint rejoindre son fils dans la piscine, béret toujours vissé sur le crâne ! L’incident fut fraîchement commenté, mais la photo fait toujours recette ! Sur 1500 mètres, annoncé comme une «revanche» du 400 mètres, Boiteux, dans la première série, ayant décidé de se qualifier à l’économie, se retrouva avec le 9è temps, non qualifié. Il refusa obstinément le forfait que voulait présenter son co-équipier Jo Bernardo, geste chevaleresque qui aurait permis de réintégrer Boiteux en finale. Boiteux ne retrouva plus jamais sa forme d’Helsinki. En 1954, militaire en Algérie, il se félicitait de passer 1er au concours des infirmiers, et d’avoir déniché une jolie fiancée, Monique Poirot, fille d’un agriculteur oranais. Mais il signa avant les Jeux de 1956, sur 1500 mètres, en 18’25’’2, le 3è temps mondial. A Melbourne, aux Jeux, il échouera en séries du 400 mètres et finira 6è du 1500 mètres. Entre-temps, il aura conquis sa nomination de conseiller technique régional de natation. Sa vie continua donc d’être dédiée au sport. Ce grand champion de sport individuel était tout sauf un individualiste. Il ne parlait jamais ses exploits (mais racontait avec plaisir les belles rigolades de sa jeunesse) et se passionnait pour la vie collective Après 40 ans passés comme conseiller technique de la Gironde, entraîneur des Girondins de Bordeaux et correspondant du quotidien SudOuest pour la natation, son premier geste de retraité fut de s’occuper de la présidence du club. Son influence fut prépondérante dans le long combat du syndicat national des conseillers techniques régionaux, qu’il présida longtemps. Il n’y gagnait rien (il était lui-même à l’abri du besoin) si ce n’est de satisfaire son sens de la justice sociale. Comme Gaston et Bibienne lui avaient enseigné la natation, il avait entraîné ses enfants et s’occupait du style de ses petits-enfants quand il fut victime d’un horrible accident de jardinage (il tomba de son échelle sur la pointe d’une grille).

Il a détenu le record du monde des 4 fois 200 mètres, 8’33’’ en 1951, les records d’Europe du 400 mètres, 4’33’’3 (1951), 4’32’’6, 4’30’’7, 4’29’’ (1952), du 800 mètres, 9’38’’2 (1952), du 1500 mètres, 18’40’’8 (1952) et 18’25’’2 (1956). Champion de France du 200m en 1951, 1952, 1955, 1956 et 1958, du 400m en 1950, 1951, 1952, 1954, 1956 et 1958, du 1500m en 1950, 1951, 1956 et 1958. Officier de la Légion d’Honneur, Champion des champions français en 1952 par L’équipe, Jean Boiteux fut bien évidemment élu Gloire du sport.