Catégorie : Biographies

BIHAN [Odile]

Natation.(Brest, 23 mars 1963-). France. Sociétaire du CN Brest où elle débuta à huit ans et fut « découverte » par Jean Guyot, elle progressa fortement à travers les stages nationaux, et se retrouva à l’INSEP, entraînée par Michel Pedroletti ; elle a été, sur sa meilleure distance, le 200 mètres brasse, championne de France d’hiver en 1980 (2’40’’25) et 1981 ((2’40’’82), et d’été  en 1981 (2’39’’52), gagnante en Coupe latine, sélectionnée olympique aux Jeux de Moscou.

BIEDERMANN [Paul]

Natation. (Halle, 7 août 1986-). Allemagne. Double champion et recordman du monde du 400 mètres, puis du 200 mètres, à Rome, en 2009, avec des records mondiaux « dopés » par le port d’une combinaison en plastique ; sur 400 mètres, ce nageur de type puissant, 93kg pour 1,93m, surprend tous les favoris dans une course à train inversé (1’51’’02 et 1’49’’05), où, additionnées, ses quatre meilleures longueurs donnent un 200 mètres en 1’46’’95 ; il enlève le titre après un finish d’anthologie (52’’90 et 25’’77 pour terminer) devant Oussama Mellouli et bat de 1/100e en 3’40’’07 le record, vieux de sept ans, de Ian Thorpe. Sur 200 mètres, il réalise 1’42’’ et enfonce le record (1’42’’96) de Phelps, qu’il devance largement, après un passage en 50’’10. Dans le relais quatre nages allemand, il réussit un parcours lancé en crawl en 46’’89 qui le place parmi les meilleurs sprinteurs du monde. Il nage également 1’42’’81 au départ du relais allemand à Rome. Auparavant, Biedermann, qui s’entraîne à Halle (ancienne Allemagne de l’Est), sa ville natale, avait obtenu trois titres européens juniors (200, 400 et 1500 libre), à Lisbonne, en 2004, année où il s’imposait déjà comme le meilleur Allemand en demi-fond. Champion d’Europe 2008 du 200 mètres en 1’46’’59 devant Leveaux et Rosolino, il avait été 5e de la distance aux Jeux de Pékin. Recordman du monde petit bassin (dont il est un spécialiste) du 200 mètres (1’40’’83) depuis le 16 novembre 2008 à Monaco, il avait aussi battu de 1/100e le RE de Peter van den Hoogenband, 1’44’’88 contre 1’44’’89. Il a préparé son triomphe romain en altitude, dans la Sierra Nevada. En 2011, privé de combinaison, son poids de corps devient un inconvénient, il ne domine plus et reste éloigné de ses records mondiaux, mais demeure un bon nageur. Aux championnats du monde, en juillet à Shanghai, il enlève deux médailles de bronze, sur 200 mètres (1’44’’88) et sur 400 mètres (3’44’’14), lance le relais allemand quatre fois200 mètres (4e) en 1’45’’20, meilleur temps au start, et achève le relais  quatre fois100 mètres quatre nages (3e) en 47’’52, temps qui ne le cède que devant les 47’’00 de Magnussen, le champion du monde australien. En mai 2012, aux CE de Debrecen, il enlève le 200 mètres (1’46’’27, devant Amaury Leveaux, 1’47’’69) et le 400 mètres (3’47’’84, devant Gergö Kis, 3’48’’09).

BIEBERSTEIN [Arno]

Natation. (Magdeburg, 17 octobre 1884 [sources allemandes] ou 1886-Magdeburg, 7 juillet [sources allemandes] ou 4 octobre 1918). Allemagne. Champion olympique 1908 du 100 mètres dos (1’24’’6, record du monde), deux secondes devant le Danois Ludwig Dam, 1’26’’6 et un Anglais de Liverpool, Bert Haresnap, Herbert est le dernier dossiste à employer la technique dite de brasse inversée, ou dos brassé. Sociétaire d’un club fameux, le Hellas Magdeburg, ce banquier de profession règne sur le dos mondial de
1906 à 1909, comme l’atteste son record du monde en grand bassin, 1’21’’, qui sera battu en 1912. Souffrant d’épilepsie suite à un grave accident dans son enfance, il meurt étouffé, au cours d’une crise, alors qu’il prend un bain de soleil sur un plongeoir du club Hellas.

BESFORD [John Charles Preston dit Jack]

Natation. (30 janvier 1911-Cholton, Manchester, mars 1993). Grande-Bretagne. Champion d’Europe du 100 mètres dos en 1934, sa victoire, surprenante, lui fit enlever le trophée offert par Adolf Hitler au vainqueur d’une course dont on avait assuré au Fuhrer qu’elle reviendrait à un Allemand. Il fut champion britannique à sept reprises. Sa femme, Pat Besford, devint une grande journaliste de natation, la correspondante du Daily Telegraph pendant de longues années, président de la commission AIPS pour la natation et une personnalité de l’Association des écrivains du sport de Grande-Bretagne.

BERRY [Kevin John]

Natation. (Marrickville, Sydney, 10 avril 1945-Sydney, 7 décembre 2006). Australie. Le meilleur nageur de 200 mètres papillon (alors la seule distance olympique) de l’olympiade de Tokyo (1961-1964). Le plus jeune des sept enfants d’une famille catholique de la banlieue de Sydney, il montra des talents en nage libre  au collège De la Salle, avant de rejoindre à l’âge de douze ans, à Bankstown, un jeune entraîneur vedette, Don Talbot, et ses nageurs John Konrads et Robert Windle. Après quelques succès en brasse, Talbot le convertit à la nouvelle nage, le papillon. L’incroyable énergie que mit Berry à l’entraînement et ses étonnantes facultés de récupération le projetèrent à l’avant-scène de la discipline. Sixième en 2’18’’5, à quinze ans, du 200 mètres papillon des Jeux de Rome (1960), il était, quatre ans plus tard, recordman du monde (en 2’6’’9) et le favori de l’épreuve des Jeux de Tokyo qui se disputa bizarrement le matin, et qu’il enleva sans problème en 2’6’’6, record du monde. Entre-temps, cet athlète de taille moyenne mais solide remporta les titres de champion du Commonwealth sur 110 et 220 yards papillon, dont il amena les records du monde respectivement à 59’’ et 2’8’’4. En 1963, il s’inscrivit à l’Université américaine d’Indiana, où James Counsilman avait entraîné son héros, Mike Troy. Six fois champion d’Australie, il fit progresser le record du 200 mètres papillon, sa meilleure épreuve, de 5’’9 en 21 mois. Il devint un journaliste et photographe de presse apprécié et un dirigeant de la natation australienne. Il est mort des suites d’une tumeur au cerveau.

BERNDT [Jens Peter]

(Potsdam, 17 août 1963-). RDA, puis Allemagne. Nageur de grande taille, 1,98 m, il est 2e du 400 mètres quatre nages des mondiaux 1982. Recordman du monde de la distance (4’19’’65) en 1984, il ne put nager aux Jeux de Los Angeles en raison du boycott olympique des nations du bloc socialiste. Jeune lieutenant de l’armée, il demande l’asile politique aux USA, le 7 janvier 1985, alors que son avion s’apprête à décoller d’Oklahoma-City, et s’enrôle dans l’équipe de Don Gambril, en Alabama. N’ayant pu obtenir sa naturalisation américaine à temps, il nage pour l’Allemagne. Aux Jeux de Séoul, il est 6e du 400 mètres quatre nages (4’21’’91) et du 200 mètres dos (2’1’’84), 7e du 200 mètres quatre nages. Il obtient la nationalité américaine en 1988.

BERNARDO [Joseph « Jo »]

Natation. (Alger, 31 mai 1929-). France. Champion et recordman de France du 1500 en 1949 (19’24’’8), pulvérisant le record de Taris, il fut finaliste de la distance aux Jeux d’Helsinki en 1952 et membre du 4 fois 200m français recordman du monde (8’33’’) en 1951. Formé au Racing Université d’Alger, bien qu’ayant réussi les minima, il n’avait pu
disputer les championnats d’Europe 1947, à Monaco, ne pouvant se préparer six mois en métropole ; il signa au Toulouse OEC puis au RCF. 5 titres français, 28 sélections.

BERNARD [Yohan]

Natation. (Saint-Pol sur Mer, 7 août 1974-). France. Entraîné au CN Cannes par Lionel Volckaert, il arrive tardivement à la maturation il se classa 7e en finale du 200 m brasse olympique en 2000, à Sydney, un an après avoir terminé 3e aux championnats d’Europe 1999 d’Istanbul, à sa première sélection ; 2e à Berlin, aux championnats du monde, en 2002, en améliorant le record de France, en 2’11’’77. Il est compagnon d’entraînement de Stephan Perrot, il semble imperméable à l’enjeu et aborde tout avec une étonnante sérénité. Il ambitionne d’être entraîneur, fonction qu’il exerce déjà avec les jeunes de son club.

ALAIN BERNARD, L’ETE A PEKIN

BERNARD [Alain] Natation. (Aubagne, 1er mai 1983-). France. Champion olympique du 100 mètres et multi recordman du monde. Il débute à Aubagne, où il reçoit une bonne formation, et nage toutes les distances, du 100 mètres au 1500 mètres. En 1999, ce grand adolescent (1,92m, 68kg à quatorze ans) rencontre Denis Auguin, qui l’emmènera au titre olympique, au Cercle des nageurs de Marseille. Auguin s’en souvient comme d’un nageur grandi trop vite, qui souffre des carences liées à cet état : pas de force, défauts de coordination, sujet à des douleurs, des contractures, et dont les performances dont inférieures à celles des meilleurs, mais qui se distingue par des détails, comme la volonté de comprendre, la capacité à s’interroger, et une qualité essentielle, celle de ne pas perdre un acquis, de ne pas régresser. Si le don, le talent, est une prédisposition innée ou acquise, le sien relève plus de l’acquis que de l’inné. Quand Auguin est remercié par le club, fin 2006, à Antibes, Bernard rompt son contrat avec Marseille pour le suivre, manœuvre qui aurait conduit à un procès sans l’intervention de Francis Luyce. L’éclosion d’Alain Bernard est retardée par divers pépins de santé : toxoplasmose, tendinites à répétition, et une mononucléose qui l’écarte des Jeux d’Athènes en 2004. Longiligne (1,96m, envergure de 2,05m, 88kg en forme), en 2007, grâce notamment à des progrès dans les phases techniques de la course (départ et virage), il établit la troisième performance mondiale de tous les temps, sur 100 mètres, avec 48’’12, le 25 juin à Saint-Raphaël, mais ne peut concrétiser aux mondiaux (9e en 48’’89, à 2/100° de la finale)  où il a commis la faute de « se réserver » en demi-finale. Il nage ensuite en 48’’54 à Paris, loin derrière Nystrand. Il améliore en mars 2008, aux championnats d’Europe d’Eindhoven, les records du monde du 50 (21’’50, que l’Australien Sullivan lui reprendra la semaine suivante) et du 100 mètres (47’’60 et 47’’50). Il gagne le 100 mètres aux championnats de France (47’’82) mais est devancé sur 50 mètres (21’’69) par Leveaux. Enfin, aux Jeux de Pékin, où il arrive avec le record mondial, il ‘’cause’’ la perte du relais quatre fois 100 mètres français où il est dominé par l’Américain Leszak qui, dans une course phénoménale, ayant profité de l’aspiration pendant toute la distance, le remonte et le devance à la touche. Au 100 mètres individuel, l’Australien Sullivan parait dominer : de très peu en séries où ses 47’’80 devancent les temps des Nystrand, 47’’83 et de Hayden, 47’’84 et Bernard, 47’’85, vainqueurs de leurs séries respectives. En demi-finales, Alain Bernard bat le record du monde en 47’’21, Nystrand finissant loin, en 47’’91. Mais Sullivan réussit 47’’05 dans la seconde demi-finale et domine van den Hoogenband, 47’’68. En finale, Sullivan part le plus vite, mais Bernard le rejoint et le dépasse pour l’emporter d’une main, 47’’21 contre 47’’32 à l’Australien. Le voilà champion olympique. Il termine 3e du 50 mètres derrière Cielo et Leveaux. Il continue sur sa lancée en 2009, réussissant une série de performances de haute volée, dans l’ambiance surréaliste que donnent les combinaisons de nage de plus en plus performantes, établit un record du monde (non reconnu) du 100 mètres aux championnats de France, 46’’94 en qualifications, mais est battu en finale où il nage sans sa tenue non homologuée, par Bousquet, en 47’’15 contre 47’’51. Aux mondiaux 2009 de Rome, le relais français perd un titre qui lui parait promis sur le papier et finit 3e derrière les USA et la Russie. Bernard, sans démériter, subit, sur 100 mètres, en 47’’12, la loi d’un Cielo irrésistible, 46’’91, record du monde. En 2010, aux championnats d’Europe, les combinaisons polyuréthane  étant interdites depuis le 1er janvier, cela va beaucoup moins vite. Alain Bernard l’emporte de peu devant le Russe Lagunov, en 48’’59 contre 48’’62, après que le quatuor russe ait devancé le français dans le relais. Lagunov nage 48’’25 au départ pour les Russes et c’est bizarrement Bernard, décidément pas chanceux ou pas concentré dans les courses collectives, qui coule le quatuor français, en 48’’70 lancé, contre 47’’87 à son vis-à-vis Danila Izotov, alors que tous deux sont partis dans le même centième. En 2011, Bernard n’est pas qualifié aux mondiaux sur 100 mètres, et enlève le bronze sur 50 mètres, en 21’’92, dominé par Cesar Cielo, 21’’52, derrière le jeune Italien Luca Dotto, 21’’90. Au départ du relais quatre fois 100 mètres, la distance que lui prend l’Australien James Magnussen, 47’’49 contre 48’’75 (alors qu’il a nagé 48’’37 en séries), ne pourra jamais être comblée par ses relayeurs, malgré deux épatants William Meynard, 47’’39, et Fabien Gilot, 47’’22, et l’équipe de France est encore 2e. En 2012, il ne peut se qualifier pour la course individuelle, et il œuvrera en séries au titre de remplaçant, à la qualification du relais quatre fois 100 mètres (champion olympique).

(13 août 2013, modifié le 9 mai 2015)

BERKOFF [David Charles]

Natation. (Abington, Philadelphie, Pennsylvanie, 30 novembre 1966-). États-Unis. Champion olympique du relais quatre nages en 1988, aux Jeux de Séoul où il remporte l’argent du 100 mètres dos, derrière le Japonais Suzuki, et aux Jeux de Barcelone, en 1992, où il finit 3e du 100 mètres dos derrière Tewksbury et Rouse. Son haut fait a été d’améliorer le record du monde du 100 mètres dos en 54’’91, grâce à une glissée sous-marine de près de quarante mètres qui est ensuite interdite par la FINA après les Jeux de Séoul, et dont il a été considéré à tort comme l’inventeur. Nageur de gabarit moyen, plutôt maigre, mais très adapté à l’eau, il commença à nager pour perdre du poids (il pesait 13,5kg à un an, parlait mais ne pouvait marcher à dix-sept mois). Il progresse dans les groupes d’âge, nageant pour dix clubs différents, profitant de l’enseignement de quelques-uns des meilleurs coachs. Accepté à l’Université de Yale, sous la férule du coach Bernal, il commence à jouer avec ses poussées sous-marines de départ et de virage. En 1987, avec une technique élaborée, il bat en 48’’20 le record US des 100 yards dos, est 2e des Jeux panaméricains. Le 13 août 1988, il améliore en séries puis en finale des trials US, avec 54’’95 et 54’’91, le record du monde du 100 dos de Polyanski. Il amène le record à 54’’51 en séries des Jeux mais après un départ raté (ses pieds glissent sur le mur), il est battu en finale par Suzuki (55’’), qui, ironie, utilisait la technique de coulée sous-marine depuis sept années. Encore champion NCAA en 1989, Berkoff abandonne plus ou moins la compétition jusqu’en 1991, opérant un retour qui le mène à conserver le titre olympique du relais quatre nages et à une autre médaille (en bronze cette fois) sur 100 mètres dos. Il a depuis mené campagne contre les agressions sexuelles pédophiles – souvent impunies, perpétrées par des entraîneurs – dans la natation.