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JORDAN POTHAIN : « FABRICE (PELLERIN) ME SURPREND ET J’ADORE ÇA »

Éric LAHMY

Dimanche 25 Novembre 2018

Après comme avant les championnats de France, Jordan Pothain représentait pour moi une énigme. Ceux qui suivent la natation savent par quels soucis le garçon, finaliste du 400 mètres des Jeux olympiques de Rio (3’45s43 en séries) est passé, aux plans de la santé et de sa vie de nageur. Ila donc mis une certaine distance entre Grenoble et lui et a installé ses pénates à Nice, Fabrice PELLERIN ayant accepté de l’entraîner. Celui qui était un nageur seul s’est retrouvé dans une cellule « Olympic » où ça va vite, avec Charlotte BONNET, Jérémy DESPLANCHES, Jérémy STRAVIUS, Charles RIOUX et Tom PACO PEDRONI.

POTHAIN, on le sait, a eu quelques soucis cardiaques qui ont été réparés. On peut imaginer que ces soucis ont joué un rôle dans ses contre-performances d’après Jeux olympiques, en 2017.

A Montpellier, en petit bassin, il a fini :

7e du 100 mètres où il manque de vitesse pour se mêler de la grande bagarre pour le titre, 48s74 contre 47s72 au vainqueur Oussama SAHNOUN.

4e du 200 mètres en 1’44s89, où seul Jérémy STRAVIUS le domine clairement (1’43s28). FUCHS, 1’44s62) et Jonathan ATSU, de Toulouse, 1’44s80, produisant des courses très proches en fin de compte de la sienne.

4e du 400 mètres en 3’43s44, très près d’une médaille puisque la course a été gagnée en 3’41s12 par Roman FUCHS, devant David AUBRY, 4’43s et Joris BOUCHAUT, 3’43s22.

6e du 50 mètres dos

et 7e du 100 mètres dos.

Ce qui m’a paru intéressant, c’est qu’il n’a pas connu ces effondrements en fins de courses dramatiques de la saison passée.

« JE ME RÉGALE ET ÇA FAIT DU BIEN »

En face des interrogations, le mieux était de lui poser quelques questions.

« Tout va pour le mieux, répond-il ! Mon quotidien est juste génial, je suis dans une dynamique magnifique, autant par le groupe que par le travail avec Fabrice. Je me régale et ça fait du bien. Les France 25m étaient sans doute un des pires championnats pour moi en terme de classement puisque je rentre sans médaille, mais vraiment hyper constructifs pour Fabrice et moi. Les changements dans ma nage sont déjà très notables, le processus est en cours et il y a quelques étapes à passer. Une période charnière mêlée à un peu de frustration de ne pouvoir aller chercher la gagne, je t’avoue m’être dit à l’issue de ma 4e place du 400 comme du 200m, que ces courses me donneraient la rage pour la suite. 

« Techniquement, on stabilise ce roulis qui me freine tant, on réduit la puissance que je mettais sous l’eau au profit d’une nage plus fluide et moins énergivore pour le moment. Il y aura un entre-deux à trouver par la suite. J’ai vraiment progressé sur mes coulées et départs, je pense que ça sera plus lisible en grand bassin, et avec 2 mois de travail en plus.

« Pour ce qui est de l’entraînement, nous n’avons coupé que 3 jours avant les France, soit à partir du lundi qui a suivi les interclubs. Ça m’a permis de régénérer un peu, mais j’ai besoin de plus que ça pour exploser. C’est donc un bon bilan entre les lignes du live.ffn). 

« Sinon que te dire sur Fabrice… Tu devrais vraiment essayer de le joindre. C’est un homme plus qu’intéressant. On alterne toujours ces différentes modalités, une nage très lente, des éléments techniques, du progressif et des efforts spécifiques. Et ça peut être mixé : de la technique dans une récupération active (du  trois-temps tout bête en crawl au lieu de faire du dos à l’agonie), une équation à deux facteurs : nager tel temps avec tant de coups de bras, ou avec tel tempo… Il me surprend toujours et j’adore ça. Et je me surprends aussi, ça fait du bien dans une activité que tu pratiques depuis 20 ans. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA ? (2)

LE TRAITÉ DE ROME AU SECOURS DES MALTRAITÉS DE TURIN? MAIS ENCORE FAUT-IL QU’ILS ATTAQUENT LA F.I.N.A.

 Éric LAHMY

Samedi 24 Novembre 2018

Voici une trentaine d’années, Robert-Louis Dreyfus, alors patron d’Adidas, partit en quête d’un club de football de Première division et se mit à arpenter la côte d’Azur et autres rives de la Méditerranée afin de décider lequel serait l’élu de son cœur. Il fut pour ce faire invité à rencontrer les conseils d’administration des divers clubs. A chacune de ces réunions, il était accompagné par un monsieur assez effacé, qu’il présentait vaguement comme son conseiller, qui assistait à toutes les séances et restait silencieux. Ce mystérieux personnage était un gradé de l’antigang, et il signalait discrètement à l’équipementier les membres des staffs des différents clubs qu’il rencontrait et qui étaient fichés au grand banditisme.

Il serait intéressant de connaître les débuts de la voyoucratie dans le sport, au plan national comme à l’international. Il est probable que vers les années 1980, avec le développement du spectacle sportif et des droits télé, certaines personnes du demi monde politico-voyou s’aperçurent que le sport commençait à générer pas mal d’argent et que ses structures, assez fragiles, de bénévoles à l’ancienne, pouvaient facilement être sujettes d’une invasion de grand style. J’ai de bonnes raisons de croire qu’un petit nombre de fédérations furent systématiquement visées par des opérations d’entrisme finement menées (notamment par un ou plusieurs partis politiques)… Mais le phénomène fut très contingenté. Le Comité National Olympique et Ssportif Français a pu être traversé d’ambitions partisanes ou maçonniques, mais on reste à l’opposé d’une histoire de gangsters…

Au niveau international, les choses se passèrent de façon différente, et c’est la « démocratie » qui veut qu’en natation, Anguila, Aruba, la Micronésie ou Vanuatu représentent dans les décisions une voix, tout comme les Etats-Unis ou l’Australie, qui permit à certains grands commanditaires de s’emparer du pouvoir à coups de prébendes bien dirigées. Il est bien connu aujourd’hui que l’Adidas d’Horst Dassler joua à l’époque un rôle essentiel dans ce changement de paradigme . Des hommes d’entregent comme Primo Nebiolo à l’athlétisme eurent vite fait de comprendre la combine. Et l’un des résultats majeurs, pour la natation, fut que ces trente dernières annéess, est présidée par Mustafa Larfaoui et Jules Cesar Maglione, qui, quelles que soient leurs éminentes qualités, ne se sont pas fait connaître dans leurs pays d’origine, l’Algérie et l’Uruguay, par le développement qu’ils ont imprimé à leur sport.

Les pays de l’ex Union soviétique et autres soi-disant démocraties populaires, apportèrent à l’abaissement éthique du sport la contribution essentielle d’apparatchiks pour qui le sport était un instrument de propagande nationale, et donc un domaine où tous les coups étaient permis. Cette approche criminogène était à cent lieues de l’idée qu’on peut se faire du fair-play, et on en voit encore les traces dans le sport emblème national à la Vladimir Poutine ou à la Xi Jinping.

Mais revenons à l’année 2018…

…L’information qui vient de ce panier de crabes ou ce nid de vipères que paraissent par moments constituer le Comité International Olympiques et le fatras de Fédérations Internationales qui l’entourent, a parfois des accents réjouissants. On dirait qu’une bande d’escrocs de haute volée s’y meut en toute impunité ou presque, au milieu de parfaits honnêtes hommes qu’ils roulent régulièrement dans la farine ; s’y présentent une quantité de profils d’aigrefins et de personnages qui auraient inspiré un Charles Dickens ou un Coppola.

Les faits les plus récents?

Le 16 novembre, Luciano ROSSI, candidat à l’élection à la présidence de la Fédération Internationale de Tir, recevait un email intraçable le menaçant de mort (et sa fille de  kidnapping). ROSSI se présente contre le Russe Vladimir LISIN et le Libanais Boutros JALKH.

Le 21, on apprenait qu’une banque suisse, la Cantonale Vaudoise, basée à Lausanne, avait clôturé un compte de l’Association Internationale de Boxe. L’AIBA avait eu le bon goût de nommer président par intérim Gafur RAKHMANOV, homme d’affaires ouzbek listé depuis 2012 par le département du Trésor américain comme membre important d’un groupe criminel, le Cercle des Frères d’Union Soviétique.

Dans le même temps, un membre du Comité d’éthique de la FIFA (football), Sundra RAJOO, était arrêté en Malaisie pour faits de corruption. Dans la foulée, un Sheik koweitien, président de la Solidarité Olympique, était accusé d’avoir fait façonner des vidéos truquées pour déconsidérer un de ses pairs. Le même jour, le secrétaire général du comité olympique kényan démissionnait pour une affaire de corruption liée aux Jeux olympiques de Rio.

Chaque semaine amène son lot d’informations sur ces douteux dirigeants qui ont décidé que rien ni personne ne les empêcherait de banqueter ou de s’octroyer des fortunes plutôt que de s’occuper de leurs athlètes… Le site Inside The Games a créé une rubrique pour traiter ces affaires, intitulée « l’olympisme à la peine ». Et là, ce ne sont pas les infos qui manquent.

Il y a aussi ceux qui, entrés puceaux dans ce sérail, sont vite déniaisés par l’opulence et le sentiment de toute-puissance. Ils se découvrent bientôt des serres et des griffes et, devenus rapaces, s’aperçoivent que le goût et surtout l’exercice du pouvoir les a métamorphosés…

TRENTE-HUIT ANS APRES LA FIN DE L’AMATEURISME, DES FEDERATIONS N’ONT TOUJOURS RIEN COMPRIS A LA DONNE DU SPORT PROFESSIONNEL

Pour défendre leur domaine, certaines Fédérations  internationales se sont bardées de règlements protecteurs qui ressemblent à s’y méprendre à autant d’entraves à la concurrence sous couvert de protection de l’athlète ou de la pratique sportive. Trente-huit années après que le terme « amateurisme » ait été éliminé du vocabulaire olympique, les dirigeants en sont toujours aux mêmes réflexes qui les gouvernaient au temps où le professionnalisme et ses exigences n’existaient pas. Ils ont toujours le réflexe protectionniste et mettent leur fonction réglementaire au service de leurs intérêts…

Bien entendu, l’affaire qui oppose l’antique FINA et la toute jeune ISL est sur ce point exemplaire de la façon dont le réflexe monopoliste de la première marque le territoire qu’elle estime être sien.

Quand la nouvelle association, International Swimming League (ISL), décide de créer un meeting hors-norme, riche de 2 millions d’Euros de prix, d’emblée, la FINA flaire un danger pour ses propres organisations. Les contacts tournent assez vite au vinaigre. La FINA ne communique guère à ce sujet – un classique du pouvoir en place : on ne s’abaisse pas à répondre ! ISL raconte qu’au cours de leurs discussions, la FINA a exigé un paiement de deux millions de dollars sans même garantir qu’elle reconnaîtrait le meeting.

Après l’échec des pourparlers, qui auraient pris des mois, l’ISL croit dès lors pouvoir agir en toute sécurité dans la mesure où son meeting de prestige sera organisé à Turin par la Fédération Italienne sous le couvert de Paolo Barelli, président de la LEN et de ce fait vice-président de la FINA ! Il s’agira d’un meeting national, n’ayant pas besoin de l’assentiment de la « haute autorité ».

Mais la FINA l’interdit quand même, prétendant que l’interprétation de ses règles fait de ce meeting national un meeting international et qu’il va de son devoir réglementaire de protéger les nageurs en face d’organisateurs venus de nulle part. Ce qui représente par la même occasion une insulte à la fois aux 50 meilleurs nageurs du monde, qui désiraient y participer, à la Fédération Italienne, à la Ligue européenne et à la ville de Turin, sans oublier un bras d’honneur réservé à Paolo Barelli, vice-président de la FINA!

Ce qui s’appelle avoir du culot.

UN RÈGLEMENT PRÉCIS SOUS DES APPARENCES FLOUES, ET UN PARAGRAPHE OU DEUX SANS DOUTE A REVOIR

Le règlement sur lequel s’est appuyée la FINA pour envoyer l’ISL et son projet au fossé est, sinon flou, du moins composé de façon assez stratifiée pour nécessiter une analyse.

Dans son article BL 12.1, on qualifie de compétition internationale « toute compétition organisée ou sanctionnée par la FINA, toute organisation continentale ou régionale ou toute fédération membre dans laquelle participent d’autres fédérations, clubs ou individuels. »  [C’est moi qui souligne].

Ici, dans la partie de la phrase (mal rédigée de mon point de vue) soulignée par mes soins, on comprend qu’est internationale toute compétition dans laquelle apparaissent des étrangers à la nationalité de l’organisateur. Dès lors, se dit-on, les championnats de France du week-end passé sont-ils internationaux puisqu’on y voit divers étrangers, Algériens, Hollandaise, Russe, Suisse, y participer ?

Si cela est, il n’y a plus qu’à rendre les armes : on s’apprête donc à conclure qu’en effet, la reconnaissance par Lausanne du meeting turinois d’ISL est bel et bien exigée par les règlements, puisqu’il est à n’en pas douter international.

Mais cette impression est infirmée dès l’article suivant, BL 12.3, lequel précise que  « l’approbation (par la FINA) n’est, cependant, pas nécessaire pour les compétitions nationales dans lesquelles participent des clubs étrangers ou des individus ne représentant pas leur Fédération Membre. » (c’est encore moi qui souligne).

Précision importante puisqu’elle nous dit que malgré le caractère multinational de sa participation, un meeting dans lequel des étrangers à la nationalité de l’organisateur ne représentent pas leur fédération nationale, mais participent soit à titre personnel, soit dans le cadre d’un club, CE MEETING N’A PAS BESOIN DE L’APPROBATION DE LA FINA. L’ouverture est ici très claire.

Dès lors, il convient certes de vérifier le statut (représentatif ou pas représentatif), au regard de leur fédération, des nageurs qui prévoyaient de concourir à Turin.

Organisé par la Fédération Italienne et la ville de Turin, le meeting financé par l’International Swimming League utilise en effet une quantité industrielle de nageurs étrangers. C’est donc une compétition multinationale par nature.

Le caractère représentatif national de ces nageurs pourrait-il naître de leur réunion dans des groupes nationaux? Rien n’est moins sûr, mais de toute façon, ce n’est pas le cas. L’idée de l’ISL était de former des groupes de nageurs de nationalités indéfinies selon des critères qu’il restait d’ailleurs à définir.

Les organisateurs avaient fait savoir que la compétition qu’ils envisageaient opposerait huit « clubs internationaux composés de douze mâles et de douze femelles (sic). » Si ce sont des clubs multinationaux qui seront ainsi formés, cela veut bien dire que ce ne sont pas des clubs nationaux, et donc ils ne représenteront pas des nations, n’est-il pas vrai ?

Ces huit clubs, a-t-on expliqué, s’opposeraient à travers deux premiers jours du programme de courses dans un bassin de 25 mètres ; puis les quatre équipes ayant marqué le plus de points disputeraient une « grande finale » les deux jours suivants.

Le fait que Mehdy Metella, par exemple, est le seul nageur français ayant signé un contrat avec ISL, montre qu’il aurait dans le meeting, été adjoint à un groupe de nageurs d’une ou plusieurs autres nations. Il me parait logique qu’à la cinquantaine de stars ayant signé avec le meeting, auraient été adjoints de fort nombreux nageurs italiens, puisque le meeting se présente comme italien, pour rejoindre le nombre de 192 éléments (96 garçons et 96 filles) qu’exigent la présentation de huit fois douze garçons et douze filles.

Il parait manifeste que jusqu’ici, la notion de REPRÉSENTATION NATIONALE n’apparait pas, d’autant plus que ISL ne s’est pas adressée aux fédérations nationales et ne leur a pas demandé de se faire représenter. Je dirais même que la représentation est effacée, oblitérée. Les organisateurs ont bien spécifié qu’ils étaient mus par l’idée de spectacle.

J’ai laissé de côté cependant un point qui risque d’être litigieux. La situation juridique du meeting de Turin se complique en effet quand les règlements de la FINA stipulent (BL12.2, niveau 5) que sont compétitions internationales, outre celles définies plus haut, « toutes autres compétitions internationales majeures telles que définies par la FINA. »

C’est, il me semble, le paragraphe qui tue. Est compétition internationale toute compétition dont la FINA a décidé qu’elle est une compétition internationale…

Bien entendu, on n’en a quand même pas fini, parce que dès lors risque de se poser la question de LA LÉGALITÉ du paragraphe BL.2 niveau 5, par lequel la FINA ouvre toute interprétation à son libre arbitre ! Elle décide, régalienne, du statut juridique de « toutes les compétitions internationales majeures »! Comme tout potentat au pouvoir illimité, le FINA s’arroger le droit de décider que tel meeting est international parce qu’elle en a décidé ainsi.

Les rédacteurs de ce genre d’articles paraissent ignorer qu’une Fédération se doit de respecter un certain nombre de principes généraux du droit ou de lois fondamentales du droit international.

Le fameux arrêt Bosman, qui avait mis fin à une réglementation contrevenant à la liberté de choix du travailleur sportif qu’est le footballeur, s’était basé sur l’exigence de liberté de circulation  des travailleurs, garantie par l’article 48 du traité de Rome.

L’arrêt Bosman ne s’appliquait pas au sens strict à la situation créée aujourd’hui dans la natation, mais s’était opposé à l’application de règles restrictives de la liberté des joueurs édictées par des associations sportives ; et il se pourrait bien que toute la réglementation FINA des meetings soit annihilée par le législateur européen.

LA JURISPRUDENCE BOSMAN OPPOSABLE A LA FINA ?

Des arrêts consécutifs à l’arrêt Bosman, s’appuyant sur sa jurisprudence, ont en effet interdit de discriminer des joueurs sur leurs nationalités. Il est bon de savoir que cette jurisprudence est aujourd’hui, en raison d’accords internationaux, applicable non seulement dans l’Union Européenne, mais aussi dans l’espace économique européen, en Suisse, en Russie et dans 79 autres pays (signataires des accords de Cotonou). Autant dire que la F.I.N.A. pourra difficilement arguer de son caractère régional.

Le blog d’Inside The Games du 11 juillet 2018, relevant les menaces que laissait planer, dans une lettre du 5 juin, la FINA sur le meeting de Turin, rappelait que la Commission européenne avait jugé contraires aux lois antitrust de l’Union européenne les pénalités décidées par la Fédération Internationale de Patinage (ISU) à l’encontre de patineurs disputant des rencontres non autorisées. Le président de l’ISU s’était élevé contre cette décision qui, disait-il, menaçait de détruire les valeurs olympiques. On se demande bien lesquelles.

Valeurs olympiques, ou voleurs olympique, that is the question ! L’I.S.U. alors, telle la F.I.N.A. aujourd’hui, réagissait assez exactement comme le chien à qui on a piqué son os.

Or, dans une situation très exactement équivalente à celle de la FINA contre ISL, la Commission européenne avait sévèrement jugé les règles de l’ISU qui permettaient de sanctionner, y compris par des interdictions à vie, les patineurs qui participaient à des épreuves non reconnues. Elle avait dénoncé comme inadmissibles ces persécutions d’athlètes qui entravaient par ailleurs « les innovations et le développement du sport ».

Tout en reconnaissant l’utilité d’un mouvement international garant de la santé et de la sécurité des athlètes « par ces sévères pénalités qu’elle impose aux athlètes, l’ISU protège ses propres intérêts commerciaux et interdit à d’autres de mettre en place leurs propres événements. En particulier, l’ISU ne devrait pas imposer, ou menacer d’imposer, des pénalités injustifiées aux athlètes qui participent à des compétitions qui ne menacent en rien les objectifs légitimes du sport. Si l’ISU maintient ses règles d’autorisation d’événements organisés par des tierces parties, elles doivent être basées sur des critères objectifs, transparents et non discriminatoires et ne pas viser simplement à exclure des organisateurs d’événements indépendants concurrents. »

Le genre d’attendus qui pourrait resservir tel quel pour la FINA, si l’International Swimming League et les nageurs veulent monter au créneau.

J’essaierai dans un 3e article de mesurer la légitimité des ambitions de l’ISL.

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE PEUT-ELLE METTRE FIN AU MONOPOLE DE LA FINA (1) ?

LES RAPETOUT ONT LEUR SIÈGE À LAUSANNE

La Fédération Internationale de Natation (FINA), en menaçant de sanctions graves (un à deux ans d’interdiction de nager) les (50) nageurs professionnels qui entendaient disputer le meeting d’une nouvelle organisation, l’International Swimming League (ISL), ces 20 et 21 Décembre à Turin, a montré qu’elle entendait défendre ses intérêts, fut-ce aux dépens des athlètes et du développement de la natation dans son ensemble. Suite à cette menace, le meeting s’est en quelque sorte autodétruit, annulation décidée par Paolo Barelli, président des Fédérations italienne et européenne. Les nageurs professionnels y ont perdu l’occasion d’exercer leur métier et de se partager 2 millions d’Euros de prix mis sur la table par l’ISL. Laquelle a promis de porter l’affaire devant le tribunal européen, qui pourrait lui donner raison…

ÉRIC LAHMY

Samedi 24 Novembre 2018

La FINA contre la natation ? Ça pourrait bien être ça. Au siège lausannois de l’institution, en tout cas, on parait penser, l’affrontement le démontre,  que tout ce qui est bon pour la natation n’est pas bon pour la fédération. Et que défendre les intérêts de l’institution est plus important, pour elle, que de promouvoir le sport.

C’est dire s’il y a du souci à se faire.

La natation n’est certes pas le seul sport à avoir un problème de gouvernance, à l’international.

Parce qu’une fédération internationale peut facilement devenir un « machin ». Une fausse démocratie, où les quelques nations qui génèrent le sport le voient leur échapper au profit d’une caste de démagogues appuyés sur une vision clientéliste de la démocratie.

Je vous donne un exemple que je connais bien. En 1976, un certain Tamas AJAN devient le Secrétaire général de la Fédération Internationale d’Haltérophilie. Sa campagne, orchestrée par les nations de l’Est, n’est pas privée de relents antisémites (son prédécesseur est un britannique de confession juive).

En 2000, il quitte le secrétariat de la FIH (devenue depuis l’IWF) pour en devenir le président. Depuis, il a été réélu sans cesse, malgré de sérieux soupçons de corruption qui, dans le monde des affaires, auraient conduit à enquêtes criminelles… Il faut dire que l’Afrique vote pour lui comme un seul homme, il suffit pour cela que l’élection se déroule à Moscou et que les billets d’avion soient offerts ; et si à 79 ans, il tient toujours autant à son poste au sommet d’un sport vérolé par le dopage, c’est pour protéger, dit-on, les affaires de ses gendres, dont la gestion de certains intérêts fédéraux qui leur ont été confiés, népotisme oblige, a tendance a être facturée de plus en plus cher à la Fédération du beau-père. L’IWF, après 42 années, est devenue un petit business familial.

La Fédération Internationale de Natation a son Tamas AJAN, et il s’appelle Cornel MARCULESCU. Il n’est pas le président, lequel est l’Uruguayen Jules Cesar MAGLIONE, fringant octogénaire réélu grâce à un recul de la limite d’âge du président taillé sur mesure… Une opération signée Marculescu: c’est beau l’entr’aide!

Les Fédérations internationales ne sont-elles plus, à peu près, qu’autant de luxueuses maisons de retraite pour vieux renards retors et madrés ?

UNE PLUS GROSSE PART DE TARTE

Il y a un quart de siècle maintenant, Karine HELMSTAEDT me confiait, réprobatrice, comment l’actuel Directeur de la FINA, Cornel MARCULESCU donc, lui disait son impatience que la Fédération puisse s’attribuer « une plus grosse part de la tarte. »

Le courant passait mal entre la jeune idéaliste qui avait fait de la lutte anti-dopage une affaire personnelle, et le cacique au discours de mort de faim qui avait rejoint la FINA en 1986, après avoir occupé divers postes dont celui de Directeur des natations roumaine (1970-1980) et espagnole (1980-1986). Que l’intégrité du sport soit respectée ne lui importait guère trop, on allait le voir avec son traitement du dopage et des combinaisons polyuréthane. La tarte à l’oseille se devait de gonfler et peu importait le genre de levure qu’on y mettait.

Pour arriver à ses fins, Cornel a parié sur le professionnalisme. Lequel professionnalisme est un fait  – mais assez difficile à promouvoir dans un sport qui regroupe, croit-on savoir, trois cent cinquante millions de pratiquants, mais peine à réunir autant de spectateurs dans dix-sept jours de championnats du monde qu’un soir de clasico Barcelone-Madrid de football au Camp Nou ou à Bernabeu.

Car quand même, qui dit professionnalisme dit : spectateurs. Et je préciserai spectateurs payants. Et c’est là que ça devient compliqué.

C’est au nom de ce rêve professionnel que Maglione, Marculescu and co ont conçu leur série de meetings baptisée FINA Coupe du monde, trompeuse hyperbole, vu qu’un peu plus de dix pour cent des meilleurs nageurs du monde y participent.

LES GRANDS MEETINGS N’ONT PAS ATTENDU LA FINA

Malgré ce qu’en diront les dirigeants de la FINA, les meetings ont toujours existé, ils n’ont pas attendu la FINA. Des meetings de grande amplitude, spectacles et compétitions. En Grande-Bretagne, vers 1900, le roi George V en avait présidé quelques-uns. Très loin dans le temps, au 17e siècle, le Japon les connaissait, et la Rome antique elle-même tint des naumachies. C’est dire.

Entre le souci de faire des sous et celui d’offrir un spectacle, la FINA n’a pas hésité à déplacer son cirque des lieux où le sport vivait à d’autres où les moyens financiers régnaient. De grands meetings du passé, au temps où l’institution de Lausanne  n’y avait pas mis son nez, se déroulaient à Paris, à Rome, à Boulogne-Billancourt, à Amersfoort, à Crystal Palace, à Yale, à Santa Clara, à Mission Viejo. Bien assis sur des lieux de vie férus de sport, où siégeaient de grands clubs.

La FINA n’a eu qu’à faire main basse sur cette tradition du spectacle aquatique. Aujourd’hui, la moitié des rendez-vous FINA se situent à Dubaï, à Doha, cités états bâtis sur des puits de pétrole qui ne produisent aucun nageur international, mais peuvent payer des sommes très élevées pour organiser, ou à Singapour, où la FINA s’installa afin de faire capoter (déjà) un projet de nageurs emmenés par Stephan CARON et Frédérick BOUSQUET.

Un même souci de « faire accroître la visibilité du sport » a amené Marculescu and co à pousser à un développement démesuré du programme. En natation de course, celui-ci avait été longtemps trop restreint, aux Jeux olympiques, et encore en 1956, à Melbourne, il ne comptait que treize épreuves, sept masculines et six féminines.

Mais graduellement, le nombre de courses avait augmenté, passait à 15 à Rome en 1960, à 18 à Tokyo en 1964, à 27 à Mexico en 1968, à 29 à Munich en 1972, et s’il baissait à 27 en 1976 à Montréal, il a sensiblement progressé en nombre d’épreuves et, avec l’eau libre, aujourd’hui, en était à 35 à Rio de Janeiro, en sera à 37 à Tokyo.

Mais la « FINA-Marculescu » pousse à l’acceptation d’autres épreuves, les 50 mètres de spécialités et les relais mixtes, inventions que n’eut pas reniées le cirque Bouglione…  En eau libre, outre le 10 kilomètres, elle ne cesse d’ « innover » : 5 km, 25 km, course mixte. La natation artistique est passée de deux ou trois à je ne sais combien d’épreuves aussi peu justifiées les unes que les autres. Idem pour le plongeon, seul le water-polo a été épargné par ce déluge inventif…

L’idée de vendre plus de jours et de créneaux de compétitions aux télés est certes centrale, dans tout ce déploiement.

LE POUVOIR VIENT D’EN HAUT ET L’ARGENT VIENT D’EN BAS

La FINA a organisé la traite de la natation mondiale comme s’il s’agissait de sa vache à lait. L’institution contraint en effet les organisateurs à respecter ce programme plein à éclater, et les coûts de la compétition ne cessent d’augmenter. Une équipe nationale complète de championnats du monde, sur une quarantaine d’épreuves, coûte deux fois plus cher que sur une vingtaine d’épreuves. Plus encore peut-être, parce que pour entrer tout le programme, la durée des grands rendez-vous est passée de 10 à 17 jours.

Voilà pour les concurrents : les organisateurs passent également à la caisse. Comme le programme est devenu pléthorique, avec ses épreuves redondantes et ses demi-finales à caser, qui allongent la sauce, le bassin des débuts, qui, comme au théâtre, organisait cette unité de lieu sans laquelle il n’était pas de bon spectacle, devient insuffisant. Le show éclate… On nage toujours dans un bassin, mais en exige un deuxième, olympique s’il vous plait, d’échauffement, un autre pour le water-polo, et un pour la synchro, sans oublier le plongeon et l’eau libre.

Belgrade, qui organisa les premiers championnats du monde en 1973, aurait l’air fraîche, aujourd’hui, avec son Centre nautique Tasmadjan. Pour accueillir l’événement, de nos jours, il lui faudrait s’ajouter un bassin olympique, un bassin de synchro, une fosse de plongeon adaptée, un ou deux bassins pour le water-polo, des dizaines de millions d’installations supplémentaires. La FINA-natation s’est employée pendant un siècle à développer le sport. Ces vingt dernières années, elle s’occupe à le métastaser…

LA FINATATION A PROMU DES EPREUVES OU ON NE SAIT MÊME PAS NAGER

Pendant qu’elle s’employait à pressurer les fédérations nationales et les organisateurs grâce à ses souvent douteuses innovations, la FINA leur enseignait à répercuter vers le bas les coûts de production et de participation qu’elle leur infligeait. C’est ainsi qu’en France, à l’école du racket lausannois, on fit monter les coûts tous azimuts. Les prix des licences, le droit d’organiser les championnats de France, les engagements dans les compétitions, les transferts, notamment ceux des nageurs du niveau équipe de France, furent taxés, des amendes élevées prévues dans certains cas, etc., une véritable culture du prélèvement et parfois de l’extorsion se mit en place. La FFN était supposée développer la pratique du sport. Elle fit de l’organisation des compétitions une affaire, avec des coûts d’engagements élevés ; et on multiplie les courses de sprint. Huit nageurs de 1500 qui disputent leur course vont prendre 20 minutes de bassin pour huit fois 9€, soit 72€, temps pendant lequel on va faire passer dix courses de sprint qui rapporteront 10 fois plus, soit 720€. A la fin de la journée, goûtez la différence.

…Si vous avez assisté comme moi à ces innombrables vagues de sprints en meeting, vous aurez noté en plus que 90% des participants à ces 50 mètres de spécialités ne savent presque pas nager…

Au bout du compte, on m’a affirmé que l’organisation d’un championnat d’Île-de-France rapportait 30.000€ à la région en un week-end. Bien entendu, l’essentiel est de savoir ce qui est fait de cet argent, c’est ca qui peut le rendre vertueux ou pas. En attendant, passez la monnaie.

Il a fallu une bataille électorale assez rude, en France, entre 2016 et 2017, pour qu’une nouvelle équipe chasse l’ancienne, et que soit rendue à la gouvernance fédérale une certaine cohérence morale.

L’idée qui prévaut à la FINA, c’est que la base de la pyramide est aux ordres du sommet. La notion de service est remplacée par celle de pouvoir. Les ordres viennent d’en haut, où se situe l’autorité suprême, concentrée entre deux ou trois paires de pattes aux griffes croches. Et l’argent circule vers le haut où les hauts dignitaires se gobergent à longueur d’année de nuits d’hôtels de standing et de généreux frais quotidiens (les fameux per diem).

La natation est la chose de la F.I. On impose le sigle F.I.N.A. partout où il y a du fric à faire, à l’international, et chaque fois que la F.I.N.A. juge qu’il s’agit de son domaine. La FINA s’octroie en toutes choses la part du lion.

(à suivre)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

EXEMPLE INSEP : LA FÉDÉRATION FRANÇAISE A-T-ELLE HONTE DE SES CENTRES D’ENTRAÎNEMENT ?

Éric LAHMY

Jeudi 22 Novembre 2018

J’ai beaucoup aimé ce petit texte paru dans le site fédéral Extra Nat que je vous passe in extenso.

 « Jeudi 22 Novembre 2018 – 17:54
Le Centre national d’entraînement de l’INSEP performe lors des championnats de France 25m – C’est fort d’un bilan de 17 médailles – 6 en or, 6 en argent et 5 en bronze – conquises en quatre journées, que les nageurs du Centre national d’entraînement de l’INSEP sont repartis des championnats de France 25m de Montpellier. De quoi satisfaire pleinement les trois entraîneurs du CNE, qui avait fait de ce premier rendez-vous avec la concurrence nationale, une étape test dans la préparation de cette saison préolympique. Un bilan historique que la structure fédérale n’avait plus connu depuis le début des années 90 ! »

 La belle information que voilà. Mais ce qui m’intéresse, c’est pourquoi l’appartenance des nageurs aux divers centres nationaux d’entraînement a-t-elle disparu des résultats des championnats de France alors que cette appartenance était bien indiquée les années passées ? Pourquoi cette information qui permettait de distinguer les centres nationaux d’entraînement (et donc par exemple celui de l’INSEP) et d’évaluer leur job a-t-elle été jugée inutile et a-t-elle été effacée ?

Pourquoi les clubs comme le Stade de Vanves ou Montpellier Métropole qui n’entraînent pas leurs nageurs vedettes sont-ils cités auprès des noms des nageurs et de leurs résultats (ce qui ne me dérange pas d’ailleurs) tandis que les centres qui les hébergent et les préparent et font tout le boulot à l’année passent à la trappe ? 

Pourra-t-on me l’expliquer? Non, on ne pourra pas, parce que c’est tellement idiot que personne n’aura le courage de me donner une explication qui de toute façon ne tiendra pas debout.

Pourquoi en lisant les résultats des championnats de France, ne voit-on pas la distinction entre Roman FUCHS, le vainqueur du 400 mètres, qui est entraîné à l’INSEP par Michel CHRETIEN et Mewen TOMAC qui est entraîné à Amiens par son remplaçant Mathieu NEUILLET, distinction que je ne puis faire et que je n’apprends que quand Jérémy STRAVIUS prend la peine d’en faire la remarque à travers le Facebook de Swim Swam français ?

Et dès lors, pourquoi, une fois passés les championnats de France, la Fédération française de natation qui a bien planqué l’info vient-elle se glorifier à la 13e heure du travail qui a été si bien fait par le Centre, du combien de médailles qui ont été gagnées, mais de manière « modeste », entre nous, au milieu d’un tombereau d’infos ExtraNat, après nous l’avoir caché comme une maladie honteuse et sans même nous faire savoir qui sont les nageurs du Centre médaillés, ni d’ailleurs nous donner les résultats des autres mystérieux centres où se concocte notre « excellence » ?

Curieux, non ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LES CHAMPIONNATS DE FRANCE D’HIVER DE MONTPELLIER LOIN DES YEUX, PRÈS DU CŒUR

Éric LAHMY

Montréal, Mardi 20 Novembre 2018

Vus de 5000 kilomètres, les championnats de France deviennent une sorte de distraction : où en sont-ils ? Je ne sais pas trop s’ils ont connu un succès médiatique. J’imagine que les télés se sont moins ruées qu’aux temps de Laure ou de Florent, de Yannick, et des deux Camille (Muffat et Lacourt)…

Mais bon, les télés, c’est comme les hirondelles ; au premier signe de beau temps, elles reviendront.

Je me branche sur le « cloud » des infos électroniques…

Des échos enthousiastes remontent depuis Facebook. Des enthousiastes très domestiques, Facebook est l’invasion du public par le privé, de l’infiniment grand par le définitivement petit. Le père, la sœur, les meilleurs copains viennent dire combien vous êtes mignons, uniques, combien ce que vous avez accompli est gigantesque. Messages illustrés de cœurs ou de sourires réjouis… C’est souvent répétitif, on ajoute des petits « émoticines » au message, à la fois cucul et attendrissants.

D’ailleurs, c’est à ce niveau intime que la natation représente une aventure qui vaut d’être vécue… Michaël PHELPS, avant ses grandes finales que scrutaient un milliard de téléspectateurs, allait chercher des yeux ce coin des tribunes où se trouvait son groupe, essentiellement sa mère et sa sœur aînée…

On appartient à une famille, à un camp, mais aussi à un club, et bien entendu surtout à soi-même. Les appartenances ne sont plus ce qu’elles étaient. Jérémy STRAVIUS se réalise maintenant à Nice, avec Fabrice PELLERIN, mais il est toujours amiénois, sur le papier, sans doute dans son cœur comme dans ses intérêts (partenaires locaux et le « kart » qu’il projette).

Jordan POTHAIN a coupé plus clairement le cordon avec Grenoble et signé à Nice, mais, comme il l’a clairement expliqué ici, il n’a pas renié certaines attaches – ainsi avec Guy LA ROCCA. J’ai vu que Fantine LESAFFRE, grande voyageuse devant l’Eternel, a signé au Stade de Vanves (comme Joris BOUCHAUT d’ailleurs) mais si elle a quitté Mathieu BURBAN (Marseille) qui l’avait amenée au titre européen comme auparavant Guillaume STROHMEYER (Mulhouse), et, plus loin encore dans le temps, Xavier IDOUX (Rennes), elle est depuis août dernier dirigée par Franck ESPOSITO à Antibes…

On n’attendait guère grand’ chose de ces championnats au plan de l’énorme, du ‘’mondial’’, on n’a pas trouvé un 3e MANAUDOU, un 2e LACOURT ou AGNEL, une nouvelle MUFFAT. La natation française se reconstruit, parait-il, et donc prendre connaissance de ce qu’il s’est passé à Montpellier, ce long week-end, ressemble à visiter un chantier.

LE 100 METRES SANS METELLA NI STRAVIUS, C’EST L’EFFET PAPILLON ?

Il y en a même qui rajoutent à ce sentiment. Prenez Mehdy METELLA, il a été l’exemple type du nageur dont on ne savait trop où il allait. Annoncé sur  50, 100, 200 et 400 libre, 50 et 100 papillon et deux relais, il déclare forfait sur la moitié de ce programme, nage le 400 (moins vite que Charlotte BONNET), gagne quand même le 100 mètres papillon, finit 4e du 50 libre et se présente dans les relais quatre fois 50 libre et 4 nages.

C’est sans doute ce qui s’appelle papillonner ??    

Mehdy n’est peut-être, au fond, qu’une des nombreuses victimes du programme imposé par la FINA, programme qui est devenu un large creuset bardé d’épreuves, 41 courses (enfoncé l’athlétisme, qui en compte vingt-six) disputées à Montpellier ! La FINA, on le sait, a voulu changer la natation en ‘’finatation’’, le résultat est un peu épuisant à suivre, et je ne sais pas si les nageurs en sortent gagnants.

Ce qui est sûr, c’est que cette inflation dévalue la victoire individuelle.

Le symptôme d’une telle perte de sens, à Montpellier, c’est que la « course reine », ainsi nommée, du programme masculin, le 100 mètres nage libre, se dispute en l’absence de ses deux ténors. Ni METELLA, ni STRAVIUS ne daignent s’y présenter. METELLA aurait-il gagné ? Â peu près sûr… Quant à STRAVIUS. Si je note que Jérémy a nagé au départ du relais 21s62 au 50 et qu’il a gagné le 200 en 1’43s28, sachant ce que je sais du registre d’un nageur, je présume que Jérémy valait autour de 47s2 sur 100, soit une demi-seconde de mieux que le vainqueur, Oussama SAHNOUNE.

D’ailleurs, opposé dans le relais quatre fois 50 à SAHNOUNE, il l’a devancé de 0s25. Plus rapide et plus résistant que le sprinteur algérien de Marseille, Jérémy n’aurait pu que le battre…

LE PATRON S’APPELLE CHARLOTTE

Etonnant, STRAVIUS. Son passage sous la houlette de Fabrice PELLERIN semble l’avoir régénéré. Ce n’est pas tant qu’il nage plus vite, à 30 ans, cela ne se fait pas d’un coup de baguette magique mais le changement d’air lui va bien.

On m’a dit que ses récentes déclarations étaient maladroites, ou choquantes, rapport à son ancien entraîneur. Rien n’est moins sûr, même si dans la sécheresse du rapport écrit de ses dires a disparu le ton employé, qui aurait sans doute adouci la portée des propos; d’ailleurs le divorce était consommé depuis longtemps et je suis persuadé que STRAVIUS admettrait sans barguigner ce que Michel CHRETIEN lui a apporté dans sa carrière. Mais encore faudrait-il que quelqu’un lui pose la question !

Je ne vous étonnerai pas en disant que « le » nageur français de ces championnats, c’est Charlotte BONNET, et donc qu’en l’occurrence c’est le féminin qui l’emporte. Charlotte, à mes yeux, c’est la fille qui n’a pas raté une course depuis… depuis disons cinq ans, plus, moins ??? L’événement, à Montpellier, la concernant, c’est qu’elle ait été battue sur 50 mètres. Pour le reste, c’est elle, le roi Midas des championnats, elle change en or tout ce qu’elle touche : 100, 200, 400 mètres, et un 50 brasse pour faire bonne mesure.

Celle qui l’approche, en termes de réussite, c’est Fantine LESAFFRE, redoutable dès que ça devient difficile, et qui gagne ses deux courses de quatre nages et le 800 mètres. Dans l’idée, on se dit que le 400 mètres nage libre, où elles s’affrontent, élira la reine des championnats. Le suspense n’est pas long ! BONNET prend trois secondes d’avance dès les premiers cent mètres, mène de trois longueurs à mi-course devant LESAFFRE et ne sera jamais rejointe.

C’est la force de Charlotte, sa faculté de partir vite et de ne laisser revenir personne. Dès le départ, elle ne parait s’embarrasser d’aucune autre stratégie que celle qui revient à faire exploser la course. Ça me fait penser à cette conviction assénée par Philippe HELLARD, depuis 18 ans le directeur de recherche de la Fédération, selon qui (je résume et espère ne pas trop tortiller sa pensée) que LE GRAND NAGEUR DEVAIT SAVOIR PARTIR VITE. DEVAIT SAVOIR CHANGER DE RYTHME (ET DONC OUBLIER LES COMPTAGES DE COUPS DE BRAS). ET SAVOIR NE PAS SE FAIRE REPRENDRE, BIEN SÛR…

Sujet suivant. La jonction parait faite entre l’eau libre et le demi-fond en piscine, qui s’enrichit d’une course supplémentaire, le 800 mètres pour les hommes, le 1500 pour les femmes. Trois « marathoniens » de service font un, deux, trois, sur 800 et 1500 messieurs, et dans le même ordre : AUBRY, BOUCHAUT et OLIVIER. Côté filles, Lara GRANGEON et Sharon VAN ROUWENDAAL priment sur 1500 mètres.

Une bonne nouvelle, dans cette natation qui cherche un nouveau souffle : la nage libre (messieurs) reste relativement solide. Avec un petit plus pour le demi-fond grâce au panachage heureux des exposants du bassin et ceux de l’eau libre (lesquels s’entraînent d’ailleurs en bassin). Stéphane LECAT, directeur de la discipline, rappelait d’ailleurs opportunément à ses ouailles qu’elles se devaient d’améliorer leurs performances de piscine pour espérer s’imposer dans les sprints féroces qui concluent les courses de pleine eau !

Bien entendu, je ne sais pas trop si Lecat laissera ses marathoniens jouer le jeu de la piscine au-delà des championnats de France. Cela dit, si Aubry ou Olivier nageaient 14’40s en grand bassin, ils auraient tort de ne pas essayer.

Jordan Pothain nage encore en point d’interrogation. Ce qu’il fait n’est pas mal, mais ce n’est pas encore gagnant.

DU NOUVEAU EN DOS : YOHANN NDOYE BROUARD ET MEWEN TOMAC

Ce qui m’a le plus frappé dans tout cela, c’est les résultats du dos masculin. Il y a un an et demi, dans le marasme des championnats de printemps 2017, on avait accueilli comme le sauveur le Clermontois Geoffroy MATHIEU, en raison d’un 1’57s04 sur 200 dos qui avait paru miraculeux. Mais « l’avenir doré de la natation française » ne brilla guère aux mondiaux de Budapest et l’année suivante échoua en demi-finales des championnats d’Europe.

Elève ingénieur à l’école Sigma de Clermont, il s’est lancé dans cinq années d’études étalées en sept. Mais le souci de Geoffroy, c’est le manque de vitesse, et c’est là-dessus que le jeune Yohann NDOYE BROUARD, Annecien récemment intégré à l’INSEP, s’est imposé. Coaché par Michel CHRETIEN et Mathias MERCADAL, il a gagné le 200 dos en 1’52s78 alors que son record était de 1’56s83, et le 100 dos en 51s86 contre 53s6. Ça s’appelle progresser !! Dans la finale, un Amiénois, autre élève de CHRETIEN,  Mewen TOMAC, 17 ans… La relève est là.

 

[Dans les classements sélectifs qui suivent, vous trouverez à chaque course la performance qui correspond à 850 points qui vaut peu ou prou la valeur internationale. Je n’ai publié les noms que des nageurs qui dépassent cette valeur ou, parfois, qui la frôlent de vraiment très près, sauf quand il s’agit du champion ou de la championne de France, que j’ai retenu systématiquement, même si sa valeur est inférieure à 850 points.

J’y ai ajouté les noms et résultats des jeunes qui ont battu une meilleure performance dans une catégorie d’âge].

MESSIEURS

50 libre (21s38) : 1. Lionel GOVINDIN, CN Marseille, 21s62.

100 libre (47s44) : 1. Omar SAHNOUNE, Algérie, CN Marseille, 47s72 ; 2. Tom PACO PEDRONI, Nice Olympic, 47s81. … 5e. Julien BEROL, Mulhouse, 48s36 (m.p.f. 17 ans).

200 libre (1’44s90) : 1. Jérémy STRAVIUS, Amiens Métropole, 1’43s28 ; 2. Roman FUCHS, Amiens Métropole, 1’44s62 ; 3. Jonathan ATSU, D Toulouse OEC, 1’44s80 ; 4. Jordan POTHAIN, Olympic Nice, 1’44s89.

400 libre (3’44s06) : 1. Roman FUCHS, Amiens Métropole, 3’41s12 ; 2. David AUBRY, Montpellier Métropole, 3’43s ; 3. Joris BOUCHAUT, Vanves, 3’43s22 ; 4. Jordan POTHAIN, Nice Olympic, 3’43s44.

800 libre (7’48s10) : 1. David AUBRY, Montpellier Métropole, 7’36s45 ; 2. Joris BOUCHAUT, Stade de Vanves, 7’41s29 ; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain Hainaut, 7’44s54 ; 4. Paul BEAUGRAND, Antibes, 7’44s95 ; 5. Nicolas DORIANO, Antibes, 7’48s12. 

1500 libre (14’55s26) : 1. David AUBRY, Montpellier Métropole, 14’32s78 ; 2. Joris BOUCHAUT, Stade de Vanves, 14’43s35; 3. Marc-Antoine OLIVIER, Denain Hainaut, 14’46s85 ; 4. Paul BEAUGRAND, Antibes, 14’49s; … 6. Clément KUKLA, Sarcelles, 15’4s59 (m.p.f. 16 ans).

50 dos (23s45) : 1. Jérémy STRAVIUS, Olympic Nice, 23s27.

100 dos (51s64) : 1. Yohann NDOYE BROUARD, D. Annecy, 51s86; … 5. Mewen TOMAC, Amiens Métropole, 53s28 (m.p.f. 17 ans).

200 dos (1’51s51) : 1. Yohann NDOYE BROUARD, D. Annecy, 1’52s78. … 4e. Mewen TOMAC, Amiens Métropole, 1’55s77 (en séries) et 1’54s85 (m.p.f. 17 ans).

50 brasse (26s65): 1. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 27s29… Mateo GIRARDET, Mulhouse, 27s68, (m.p.f. 17 ans).

100 brasse (58s70): 1. Jean DENCAUSSE, CN Marseille, 58s54 ; 2. Thibault CAPITAINE, Cergy Pontoise, 58s62.

200 brasse (2’7s18) : 1. Thibaut CAPITAINE, Cergy Pontoise, 2’4s93 ; 2. Antoine VIQUERAT, D Toulouse OEC, 2’5s41.

50 papillon (23s01) : 1. Julien HENX, Luxembourg, Talence, 23s31 ; 2. Serguei COMTE, Bron, 23s49.

100 papillon (51s13): 1. Mehdy METELLA, CN Marseille, 49s58 (record de France); ; 2. Jérémy STRAVIUS (Nice Olympic), 50s40 ; 3. Nans ROCH, Antibes, 51s09… 19. Léon MARCHAND, Toulouse, 53s97 (m.p.f. 16 ans).

200 papillon (1’54s60): 1. Nans ROCH, CN Antibes, 1’53s76 (en séries, 1’53s44); 2. Jérémy DESPLANCHES, Nice Olympic, 1’53s93. Léon MARCHAND, Toulouse, 2’0s33 (en séries) et 2’0s23 (m.p.f. 16 ans).

100 4 nages (53s48) : 1. Jérémy STRAVIUS, Amiens Métropole, 52s38; 2. Jérémy DESPLANCHES, Suisse et Nice Olympic, 53s04 ; … 4. Clément BIDARD, Mulhouse, 54s45 (m.p.f. 17 ans); … 9. Léon MARCHAND, DTOEC, 55s72 en séries, 55s50 (m.p.f. 16 ans).       

200 4 nages (1’55s73) : 1. Jérémy DESPLANCHES, Suisse, Olympic Nice, 1’53s51; 2. Jérémy STRAVIUS, Olympic Nice, 1’56s98. … 4. Clément BIDARD, Mulhouse, 1’59s62 (en séries) et 1’58s16 (m.p.f. 16 ans)… 10. Léon MARCHAND, Toulouse, 2’0s66 (m.p.f. 16 ans).

400 4 nages (4’8s60) : 1. Jérémy DESPLANCHES, Olympic Nice, 4’4s89 ; 2. Léo BERRY, Angers, 4’12s14; … 8. Léon MARCHAND, D. Toulouse OEC, 4’18s (en séries) et 4’17s25 (m.p.f. 16 ans).

DAMES

50 libre (24s53) : 1. Mélanie HENIQUE, CN Marseille, 24s03 ; 2. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 24s16 ; 3. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 24s34 ; … 18. Lucile TESSARIOL, Mérignac, 25s85 (en séries) et 25s82 (m.p.f. 14 ans).

100 libre (53s74) : 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 52s; 2. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 52s39; 3. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 53s34.

200 libre (1’56s94): 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 1’52s83; 2. Alizée MOREL, D Toulouse OEC, 1’56s30; … 6. Marine NECTOUX, Saint-Raphaël, 1’59s48 (m.p.f. 14 ans, ancienne Lucie TESSARIOL, Mérignac, 2’0s52 lors de la finale C).

400 libre (4’7s57): 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 4’2s19; 2. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 4’7s55; … 5. Marine NECTOU, Saint-Raphaël,4’16s29 (en séries) et 4’12s98 (m.p.f. 14 ans).

800 libre (8’26s02): 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 8’21s89 ; 2. Anna EGOROVA, Russie, Montpellier Métropole, 8’22s13… 8. Marine NECTOUX, Saint-Raphaël, 8’44s14 (m.p.f.  14 ans).

1500 libre (16’10s90): 1. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 16’3s77; 2. Sharon VAN ROUWENDAAL, Pays-Bas, Montpellier Métropole, 16’9s50.

50 dos (27s09) : 1. Mathilde CINI, 26s46 (record de France) ; 2. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 26s64 ; …5. Louise LEFEBVRE, Mulhouse, 27s97 (m.fp.f. 15 et 16 ans en séries, 27s74 (m.p.f. 15, 16 et 17 ans).

100 dos (58s09) : 1. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 57s69 ; 2. Mathilde CINI, Valence, 58s01 ; 3. Louise LEFEBVRE, Mulhouse, 58s71 (m.p.f. 15 ans).

200 dos (2’5s86) : 1. Valeria EGOROVA, Russie, Montpellier Métropole, 2’6s66 ; 2. Louise LEFEBVRE, 15 ans, Mulhouse, 2’7s92.

50 brasse (30s40) : 1. Charlotte BONNET, Nice Olympic, 29s98 (Record de France)…. 14. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 32s50 (en séries) et 32s44 (m.p.f. 13 et 14 ans).

100 brasse (1’5s83) : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 1’6s10… 8. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 1’10s27 (en séries) et 1’9s71 (m.p.f 13 ans).

200 brasse (2’22s06) : 1. Fanny DEBERGHES, PTT Montpellier, 2’23s38; … 6. Justine DELMAS, 13 ans,  CN Ouest, 2’30s30 (séries), et 2’29s29, m.p.f. 14 ans).

50 papillon (25s73) : 1. Mélanie HENIQUE, CN Marseille, 25s05 (record de France) ; 2. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 25s68 ; 3. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 25s70 ; … 6. Naële PORTECOP, Amiens, 26s55 (m.p.f. 15 ans).

100 papillon (57s64) : 1. Marie WATTEL, Montpellier Métropole, 56s92.

200 papillon (2’6s26) : 1. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 2’7s69… 20. Justine DELMAS, Cercle Nageurs Ouest, 2’19s79 (m.p.f. 13 ans).

100 4 nages (59s82) : 1. Charlotte BONNET, Olympic Nice, 58s67 ; 2. Béryl GASTALDELLO, CN Marseille, 59s91… 23. Justine DELMAS, 1’5s61 (m.p.f. 13 ans).

200 4 nages (2’8s64) : 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 2’7s67 (record de France) ; … 22. Justine DELMAS, CN Ouest, 2’20s13 (m.p.f. 13 ans).

400 4 nages (4’33s90) : 1. Fantine LESAFFRE, Stade de Vanves, 4’28s13 ; 2. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 4’31s21… 10. Noah BONDOUY, ES Massy, 4’52s70 (m.p.f. 14 ans).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IKEE ET HOHASI EN VERVE ET EN GRAND BASSIN

Eric LAHMY

Dimanche 18 Novembre 2018

Baptisé d’après son nageur de brasse devenu une légende vivante dans son pays, le meeting Kosuke Kitajima, qui se tient au Centre national de natation Tatsumi, a offert une compétition en grand bassin de grande classe au milieu d’une activité plutôt tournée vers le « petit bain ». Les filles ont été à l’honneur – elles qui ont rarement égalé les hommes dans la natation japonaise. Tout d’abord, Yui HOHASHI, qui a dominé la saison sur 400 mètres quatre nages dames, a réussi un temps de 4’32s juste, confirmant sa supériorité que seule pourrait contester aujourd’hui la recordwoman hongroise Katinka HOSSZU.

Rikako IKEE, pour sa part, a nagé un 100 papillon en 57s06, ce qui n’a rien d’exceptionnel pour elle, qui a déjà nagé la distance en 56s08 cette saison, lors des Pan Pacifics – mais elle venait de nager un 800 mètres dont elle avait terminé 10e en 9’14s54 après avoir « beaucoup souffert » et « songé à abandonner. »

IKEE a surtout nagé un 100 mètres libre en 52s79, ce qui améliore son record national, 53s03, établi en avril dernier aux championnats du Japon. IKEE nagera en cette fin de semaine au meeting par invitations de Tokyo, en petit bain, mais n’honorera pas de sa présence les mondiaux en petit bassin, au mois de décembre.

Yoshida KEISUKE, un nageur de dix-huit ans, a réussi un doublé sur 200 (en 1’47s02), et 400 mètres (où il devançait Kosuke HAGINO en 3’48s51). HAGINO, lui, a réussi 1’59s04 et 4’15s70 aux 200 et 400 mètres quatre nages.

Sur 100 mètres, Katsumi NAKAMURA a nagé en 22s05 (50 mètres) et 48s43 (100 mètres).

INTERNATIONAL SWIMMING LEAGUE CONTRE FINA, ÇA NE FAIT PEUT-ÊTRE QUE COMMENCER

Éric LAHMY

Dimanche 18 Novembre 2018

Lu dans le blog de SwimVortex, qu’anime toujours Craig Lord, au sujet de la « non-approbation » du meeting de l’International Swimming League qui devait se tenir les 21 et 22 décembre à Turin et a été finalement annulé par la fédération italienne de natation. L’affaire avait débuté beaucoup plus tôt que les premières communications qui en ont été faites par ISL à la mi juin dernier. Il semble que le financier de l’ISL, Konstantin Grigorishin, avait rencontré les responsables de la Fédération internationale à plusieurs reprises. Il lui avait été répondu qu’il lui fallait payer deux millions de dollars le privilège d’avoir une chance de voir approuver son meeting de deux journées. Lord souligne l’incongruité d’une telle demande, laquelle n’a d’ailleurs pas été rendue publique par la FINA, sachant que des meetings équivalents, comme « l’US Pro Tour, empli de nageurs non américains, fier à bon droit de cela et en bénéficiant, est-il un meeting approuvé par la FINA » se demande-t-il ?

Est-il possible que la FINA, ayant frappé d’interdiction le meeting de Turin parce que l’approbation de la FINA n’avait pas été soumise, « ait pu ne pas mentionner à ses 209 fédérations membres que les responsables de la FINA avaient constamment négocié avec ceux d’ISL et leur avaient demandé $2 millions, sans qu’aucun règlement de la Fédération internationale ne paraisse autoriser un quelconque de ses responsables à demander quelque argent que ce soit, sans parler de deux millions ? »

 Lord pose quelques questions pertinentes. « La bataille, écrit-il, vient juste de commencer pour l’avenir de la natation et les droits des nageurs de recevoir un salaire de l’exercice de leur profession, tandis que le profil du sport recevrait un plus en termes de croissance authentique et non pas par de simples additions d’événements de formats mondiaux créés dans le but de nourrir le cirque FINA et sa constante boursouflure dans un calendrier pléthorique, que sa taille même prévient toute personne située à l’intérieur du monde aquatique de s’y intéresser.

Selon une interview exclusive que Grigorishin a accordée au Sunday Times, “la FINA entend retenir son monopole de 110 années. Elle n’a jamais été confrontée à un combat contre de vraies personnes ; elle a seulement malmené des enfants sans expériences. Je leur ai dit que j’étais prêt à un grand procès. J’aimerais savoir pourquoi les nageurs doivent s’entendre dire où ils doivent ou ne doivent pas pouvoir nager afin de gagner leur vie par des personnes qui restreignent leurs droits, qui leur disent quel commanditaire doit avoir son nom sur leur bonnet de bain et n’assurent ni un salaire, ni des garanties sociales ni sécurité sociale, ni assurance médicale ou assurance tout court, ni pensions de retraite,”

Il doit y avoir là les bases d’un procès qui pourrait miner définitivement les pratiques malsaines des dirigeants internationaux. Et les moyens financiers pour mener ce combat ne manquent pas. Grigorishin pèse plus d’un milliard de dollars, souligne Craig Lord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

SINGAPOUR : XU JIAYU EN DOS MAJEUR À LA POURSUITE DE LUI-MÊME

Éric LAHMY

Samedi 17 Novembre 2018

Savez-vous ce qu’est un xu ? Moi non plus, mais le dico Merriam-Webster me l’a confié. C’est une monnaie sud-vietnamienne, et qui valait un centième de dong. Le nom xu, vous en seriez-vous douté, venait du sou français, vu qu’à l’époque, la France, qu’on le veuille ou non, disposait d’un empire colonial…

Aujourd’hui, un Xu est tout à fait autre chose. En natation, ce n’est pas de l’argent, mais il évolue dans l’élément liquide, se positionnant toujours côté face. Bref Xu est un nageur de dos chinois très, très rapide.

Ce XU, qui se prénomme Jiayu, a failli améliorer à Singapour aujourd’hui son record du monde petit bassin des 100 mètres dos, établi trente-sept jours plus tôt à Tokyo. Ce jour-là, le Chinois avait effacé avec 48s88 le record du jeune Clément KOLESNIKOV, 48s99 (Copenhague, 15 décembre 2017). KOLESNIKOV avait établi là à la fois le record mondial junior et senior. XU, à 23 ans (il est né le 19 août 1995), en raccourcissant de onze centièmes de seconde la durée du parcours, avait rétabli une différence entre le record absolu et celui des jeunes.

À Singapour, quoiqu’il soit très difficile de présumer une intention à partir d’un temps de passage, on peut soupçonner que XU préméditait un grand coup (d’ailleurs, même si je pense pis que pendre de la FINA, elle paie les records du monde et XU, rien que pour cela, aurait eu tort de ne pas essayer).

Il n’est pas interdit de penser non plus qu’il essayait par la même occasion de se mettre à l’abri de Mitchell LARKIN, l’ex-champion du monde australien qu’il a régulièrement battu ces derniers temps, mais d’assez peu, et à qui la supériorité du Chinois ne convient sûrement pas. Entre eux, deux années de différence d’âge suffisent à faire de leurs affrontements une querelle de générations (avant qu’ils ne rencontrent KOLESNIKOV, né, lui, le 9 juillet 2000 !).

Toujours est-il que XU passait en 23s65, 0s11 plus vite qu’à Tokyo. Mais il finissait un peu moins vite. LARKIN, largué au deuxième virage, faisait plus que jeu égal ensuite, mais payait son retard initial et finissait à une brassée, 48s98 contre 49s38…

SARAH SJÖSTRÖM LES A TOUTES EUES À L’USURE

On ne saurait dire si Sarah SJÖSTRÖM a retrouvé une grande forme ou si ses adversaires sont encore plus cramées qu’elle par les incessants va-et-vient, décalages horaires, différents lits d’hôtels, et autres affûtages qu’exige d’eux le programme de la World Cup, toujours est-il qu’elle s’est payée deux victoires dans cette dernière journée, sur 100 papillon et sur 100 libre s’il vous plait, et que KROMOWIDJOJO, cette fois, n’a pas existé en crawl, ayant été dépassée également par Femke HEEMSKERK, ce qui n’a pas dû lui arriver souvent en sprint. KROMOWIDJOJO n’a même pas cherché l’affrontement en papillon où elle s’est fait porter pâle. Les calculs qui fleurissaient sur les possibilités de remonter SJÖSTRÖM aux points, pour Katinka HOSSZU dans la Coupe, en seront pour leurs frais. Après le rapproché précédent, Katinka a vu à nouveau la « proie » lui échapper.

La Hongroise a bien gagné les 200 quatre nages, mais en est restée à ce résultat minimum pour une fille de son talent. Elle n’est plus à la place qu’elle pouvait revendiquer encore en 2016 de probable meilleure dossiste du monde – même si elle en reste une formidable exposante – et n’a pu rien faire contre les Australiennes de service, Emily SEEBOHM et Minna ATHERTON, en l’absence des deux vraies patronnes de la spécialité, Kathllen BAKER et Kylie MASSE.

Les deux ondines de Brisbane (elles s’entraînent ensemble) lui ont bel et bien faussé compagnie. ATHERTON se lança tellement vite qu’on aurait pu se demander si elle ne croyait pas disputer un 100 au lieu d’un 200 dos. Elle amassa une avance considérable de presqu’une longueur à mi-course, mais commença à payer sa témérité juste après le quatrième virage, et ne cessa de baisser de rythme. SEEBOHM n’eut plus qu’à la cueillir telle un fruit mur dans l’ultime longueur !

À part ça, quoi de notable ? Michael ANDREW, en 22s37 et 22s32, bat et rebat son record américain en petit bassin, et continue de construire sa jeune carrière de pur sprinteur, nous informent les amis de SwimSwam ; Anton CHUPKOV parvient à devancer Kiril PRIGODA, sur 200 brasse, ce qui n’était plus arrivé depuis des semaines. Mais on peut dire de ces deux là qu’ils se tiennent par la barbichette !

C’est un peu partout ce même scénario, répétitif (sauf sans doute pour le public présent), ces duels que l’on retrouve d’une semaine ou d’un mois à l’autre, le côté ronron de la World Cup. Les organisateurs essaient de la renouveler, mais c’est la formule elle-même qui a quelque chose d’un défaut générique.

La seule World Cup qui pourrait tenir la route, à mon avis, est une World Cup qui s’organiserait autour d’une série de tournois de qualifications continentaux dans les cinq parties du monde, pour aboutir à une finale qui serait les championnats du monde annuels et en petit bassin. A ce moment, une gradation dans l’intérêt se construirait et se maintiendrait à travers les tournois, sans doute mieux qu’avec dix duels copiés-collés entre Sjöström et Kromowidjojo, ici, Pieroni et Chalmers là, Chose et Machin ailleurs, espacés d’une ou deux semaines ; et toutes les natations qui ne s’intéressent pas à la formule se sentiraient impliquées.

…Ou pas !

MESSIEURS.- 200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s15 ; 2. Kyle CHALMERS, Australie, 1’41s50 ; 3. Velimir STJEPANOVIC, Serbie, 1’43s32.

100 dos : 1. XU Jiayu, Chine, 48s98 (23s65) ; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 49s38

200 brasse : 1. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s73 ; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s85 ; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 2’3s45 ; 4. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’3s49 ; 5. Matthew WILSON, Australie, et Marco KOCH, Allemagne, 2’3s56

50 papillon : 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s17 ; 2. Michael ANDREW, USA, 22s32 ; 3. Joseph SCHOOLING, Singapour, 22s40; 4.Yauhen TSURKIN, Biélorussie, 22s61; 5. LI Zuhao, Chine, 22s74; 6. TEONG Tzen Wei, Singapour, 22s85.

400 quatre nages : 1. WANG Shun, Chine, 3’59s99 ; 2. Hiromasa FUJIMORI, 4’3s54; 3. David VERRASZTO, Hongrie, 4’4s21

DAMES.- 100 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s13 ; 2. Femke HEEMSKERK, Suède, 51s29; 3. Ranomi KROMOWIDJOJO, 5156; 4. Pernille BLUM, Danemark, 52s04.

800 mètres: Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 8’33s.

200 dos : 1. Emily SEBOHM, Australie, 2’1s60 [28s86, 59s91, 1’31s13, 2’1s50, soit: 28s86, 30s05, 31s22, 30s37]; 2. Minna ATHERTON, Australie, 2’2s20 [27s96, 58s71, 1’30s46, 2’2s20, soit 27s96, 30s75, 31s75, 31s74]; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s43; 4. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 2’3s59.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 28s93 ; 2. Yulia EFIMOVA, Russie, 30s25

100 papillon: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 55s73 (25s47 !) ; 2. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 56s95.

200 quatre nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’4s79 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s95 ; 3. Siobhan O’CONNOR, 2’7s95.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

UN VLADIMIR MOROZOV SUPERLATIF, SUR 100 METRES, A 1/100e DU RECORD DE LEVEAUX

Eric LAHMY

Vendredi 16 Novembre 2018

Je ne dirais pas qu’on le sentait venir, mais Vladimir MOROZOV, à défaut d’effacer le nom d’Amaury LEVEAUX de la liste des recordmen du monde en petit bassin du 100 mètres, a rejoint le Français sous les 45 secondes, et l’a approché d’un centième, avec 44s95 contre 44s94, au cours de la deuxième journée du meeting de Singapour. Après s’être qualifié sans effort, en 47s03, à la ligne 4, il passait selon son habitude très vite en finale, en 21s34 au 2e mur de virage, 0s10 plus vite que six jours plus tôt à Tokyo, quand il avait établi le record « world cup », l’amenant à 45s16. Amaury LEVEAUX, lorsqu’il avait réussi ses 44s94, le 13 décembre 2008 à Rijeka, en Croatie, était passé plus lentement, en 21s72.

Peut-être parce que Leveaux était plus résistant, comme le démontraient ses temps sur 200 mètres, alors que MOROZOV s’approche plus, techniquement et physiologiquement, du profil du sprinteur pur ; peut-être aussi parce qu’à l’époque des combinaisons polyuréthane, la flottabilité du nageur était mieux assurée ; sans doute enfin parce qu’en passant plus vite, on se condamne simplement à finir moins bien, Vladimir n’a pas pu conserver son avance. Mais il ne s’en est pas fallu de beaucoup, et nul ne peut prédire si le Russe ne peut faire un petit peu mieux d’ici les mondiaux en petit bassin, à la mi-décembre.

Derrière lui, Kyle CHALMERS, s’il subissait la vitesse de base du vainqueur, ne perdait plus rien après les 50 et remontait même légèrement. Mais il restait à un mètre du vainqueur à l’arrivée.

Le meeting apparut assez peu fréquenté dans certaines courses, ce qui donna quelques « cavaliers seuls », comme celui de Katinka HOSSZU qui laissa sa seconde, Boglarka KAPAS, à quatorze secondes ! ou de Femke Heemskerk, qui gagna le 200 mètres libre dames délaissé par SJÖSTRÖM, avec deux grosses longueurs d’avance. En brasse, Alia ATKINSON ne laissa aucune chance à Yulia EFIMOVA…

Mauvaise pioche pour cette pauvre HOSSZU, débuter son après-midi par un 400 quatre nages, et, en outre, le parcourir à fond la caisse, cela a pu laisser des traces, quand elle se présente au départ du 100 dos. Surtout avec les gros bras qui se concentrent dans l’épreuve. Kira TOUSSAINT, qui a alterné l’excellent et l’encore meilleur pendant cette Coupe du monde trouve le moyen de devancer Minna ATHERTON dans un temps de 55s.

Mais on sait que Hosszu marche à l’orgueil, et que si elle donne une certaine importance (financière) aux meetings, n’en garde pas moins l’œil fixé sur les « grandes » compétitions, celles qui construisent votre palmarès. Quand elle nage dans les meetings, World Cup ou pas, elle se prépare pour autre chose…

 

MESSIEURS.- 100 mètres: 1. Vladimir MOROZOV, Russie, 44s95 (record, ancien, 45s16 par lui-même) ; 2. Kyle CHALMERS, Australie, 45s54 ; 3. Blake PIERONI, USA, 46s26.

1500 mètres : 1. Mackenzie HORTON, Australie, 14’44s22

50 dos: 1. XU Jiayu, Chine, 22s71; 2. Michael ANDREW, USA, 23s11

50 brasse: 1. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 25s95; 2. Kiril PRIGODA, Russie, 26s01; 3. Peter STEVENS, Slovaquie, 26s09; 4. Michael ANDREW, USA, 26s10; 5. YAN Zibei, Chine, 26s32.

200 papillon: 1. LI Zuhao, Chine, 1’50s96; 2. WANG Kuan-Hung, Taipeh, 1’52s38 ; 3. Masayuki UMEMOTO, Japon, 1’52s72; 4. Sajan Prakash PRAKASH, Inde, 1’53s47.

200 4 nages : 1. Shun WANG, Chine, 1’51s84; 2. Mitchell LARKIN, Australie, 1’52s21; 3. Hiromasa FUJIMORI, Japon, 1’53s86.

DAMES.- 200 mètres : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 1’52s57.

100 dos : 1. Kira TOUSSAINT, Pays-Bas, 55s92 ; 2. Minna ATHERTON, Australie, 56s21 ; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 56s47; 4. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s66.

100 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 1’2s74; 2. Yulia EFIMOVA, Russie, 1’3s58.

50 papillon: 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 24s63; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 24s64 ; 3. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 25s54.

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 4’24s02.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PAOLO BARELLI : « LE HONTEUX COMPORTEMENT DE LA FINA »

Vendredi 16 Novembre 2018

Suite à la pénible affaire de l’annulation du meeting Energy for Swim de Turin, Paolo Barelli, le président de la Fédération Italienne de Natation (FIN), de la Ligue Européenne de Natation (LEN) et député italien, a écrit une lettre à toutes les parties prenantes. En voici la traduction. Elle donne le point de vue de M. Barelli et certaines indications sur les faits qui ont conduit à la décision finale d’annulation prise par l’Italie.

 

« Chères Fédérations nationales, chers amis,

C’est avec regret que je vous informe que la Fédération Italienne de Natation (FIN) a, contre ses souhaits, décidé d’annuler la compétition Energy for Swim 2018, que la FIN avait décidé d’organiser les 20 et 21 décembre avec la ville de Turin.

La FIN a été forcée de prendre cette décision parce qu’elle donne toujours la prééminence au statut et au confort de l’athlète. Elle ne pouvait prendre le risque que des athlètes, en participant au meeting Energy Swimming et ne représentant pas leur fédération membre, puissent être sanctionnés. Il est clair, dans l’énoncé du mémo de la FINA du 30 octobre 2018, que des sanctions étaient envisagées si l’exhibition d’Energy avait lieu.

A la suite de la lettre d’invitation pour cet événement, que vous avez reçue de la FIN, au nom de la ville de Turin, les 18 et 19 octobre 2018, la FIN recevait une lettre et un mémo de la FINA, envoyés à tous les membres le 30 octobre et dans lesquels il était spécifié que le meeting d’Energy for Swim de Turin 2018 n’était pas reconnu par la FINA.

La FIN note la reclassification unilatérale et subjective effectuée par la FINA de cette compétition en « compétition internationale », par le biais d’une soi-disant « interprétation » des règles FINA BL 12, 3.

La FIN (en référence à la Constitution, et aux règles de la FINA) n’admet pas la classification en tant  compétition internationale d’Energy for Swim 2018  et n’adhère pas plus à la soi-disant « interprétation » ou à l’application en l’espèce de l’article BL 12, 3 des règles FINA.

En cas de compétition nationale, en effet, la règle BL 12, 3 établit que « l’approbation de la FINA n’est pas nécessaire pour les compétitions nationales dans lesquelles participent des clubs étrangers ou des individuels ne représentent pas leurs fédérations. » Telle est l’exacte formulation de la règle de la FINA citée.

En fait, la FIN note que la conséquence de la soi-disant interprétation de la FINA, était de conduire à l’annulation de l’événement Energy for Swim 2018. Par cette pseudo-interprétation, la FINA a pu déclarer cette épreuve « non sanctionnée ni approuvée. » Dès lors, si des nageurs participaient à cette compétition, ils pouvaient être sanctionnés.

En relation avec ce qui précède, outre le souci de la FIN vis-à-vis les athlètes qui ont exprimé leur intérêt  pour le meeting, je voudrais vous informer que le 8 novembre, en réponse à la lettre du 30 octobre, la FIN a adressé une lettre à la FINA, lui demandant de reconsidérer sa position dont le but était d’interdire la participation aux nageurs. Dans ce courrier, la FIN soulignait l’importance d’une garantie par la FINA de leur droit de participer à la compétition. Pour la FIN, en l’absence d’une raison sérieuse et compréhensible (sous forme d’une justification loyale des objections et des actions de la FINA), il est tout simplement indigne, de la part de la FINA, de priver les athlètes d’une opportunité de démontrer leurs talents, rehausser leurs images et celle des entreprises qui les commanditent et de concourir loyalement en vue de recevoir des prix en argent.

Au nom de la FIN et de Turin, je voudrais remercier à nouveau les athlètes qui avaient exprimé le voeu de venir nager à Turin et comprends leur déception devant l’annulation de la compétition. J’en suis désolé, mais mon souhait est de les protéger de disqualifications malhonnêtes et de toutes autres sanctions.

En l’absence de toute explication ou d’une claire justification des actions de la FINA, la FIN affirme que le seul motif d’une telle action de la FINA a été de protéger sa position dominante de seul et exclusif propriétaire du sport aquatique. La FINA en la circonstance utilise son pouvoir de restreindre la compétition, au détriment des nageurs et de leur capacité de gains commerciaux et professionnels. Cela peut être considéré comme une conduite anti-compétitive, non permise par la loi de l’Union Européenne, à laquelle la FIN doit se ranger.

Honteusement, une telle annulation tardive amènera inévitablement des pertes et à des coûts, en particulier au regard des assurances souscrites par la FIN en tant qu’organisatrice.

Malgré la position de la FIN au sujet de la reclassification unilatérale et subjective du meeting par la FINA, en « meeting international », et suite à l’absence de réponse de la FINA au courrier de la FIN du 8 novembre, la FIN confirme avec regret que la compétition en question est annulée. »

Paolo Barelli, président