CETTE ROXANA, QUELLE CLASSE!

Dimanche 15 février 2015

Par Eric LAHMY

Roxana qui vous savez a accueilli avec le fair-play qui la caractérise la nomination de Jacques Favre au poste de Directeur technique national qu’elle revendiquait. Elle aurait pu remercier le jury, féliciter son adversaire chanceux et lui souhaiter tous les succès pour le bien commun. Elle a pris une autre option. Surtout ne buvez pas ses propos tels que rapportés par L’Equipe, c’est du vitriol:

« Le choix que fait Francis Luyce, président de la Fédération, c’est de se faire une place sur la photo à Rio entre Florent Manaudou et Romain Barnier. La Fédération aurait dû depuis longtemps dépasser les 500.000 licenciés (303.000 actuellement), et ce n’est pas comme ça qu’elle y arrivera. C’est bien de s’occuper du haut niveau mais ce n’est pas dans l’intérêt général de la natation de s’occuper des intérêts d’un club. C’est un choix opportuniste. Le président ne s’inquiète pas de l’intérêt général et n’a pas de vision générale. J’y suis allé avec naïveté et ce choix révèle le vrai visage d’une personne qui ne s’occupe que de ses propres intérêts. La natation française a peut-être réussi à choisir un DTN, mais elle a besoin d’un nouveau président. ».

[Maintenant, je relis ce condensé de fiel et je me dis que tout ce venin n’a pas été dit comme ça. J’imagine une conversation de vingt minutes au bout de laquelle le journaliste a recueilli les propos les plus relâchés pour en faire ce concentré de violence verbale. Il n’empêche. Maracineanu ne peut plus plaider l’innocence de la jeunesse ou l’inexpérience. Cette quadragénaire devrait pouvoir mieux filtrer ses émotions.]

Ce qui est superbe dans cette déclaration à chaud, quelle que soit l’amertume de Roxana, c’est le procès d’intention qu’elle fait à Francis Luyce de vouloir avantager Marseille ! Dans le genre théorie du complot, ça se pose là.

…On doit reconnaître que le président ne mérite pas mieux parfois qu’un traitement de choc. Francis a toujours cultivé les défauts de ses qualités, mais souvent, il passe les bornes, et dans ces cas on se demande s’il ne devrait pas envisager la retraite. Il ne s’en rend pas compte, mais il nous arrive de nous croire en 1787 ! Il n’empêche. Devant cette attaque, on a presque envie de le défendre…et puis non, qu’il se débrouille. Ce n’est pas de lui qu’il s’agit. Mais de Jacques Favre. Le nouveau DTN, salué par une bordée acide. Dans l’affaire, le troisième larron, Philippe Hellard, a totalement disparu des écrans radars, entre la mini-star du commentaire télé et le promu du vendredi 13.

Que n’a-t-elle réagi, Roxana, avec la même énergie, quand Luyce était parti à la recherche de Lionel Horter, entraîneur de Mulhouse, fils du président de Mulhouse et de sa région et d’une vice-présidente de la Fédération, et frère du patron de l’équipementier de la Fédération, pour l’installer au poste de Directeur technique national, et ne s’est-elle pas élevée contre le fait que Luyce se trouvait en plein conflit d’intérêts, ou cherchait des alliés pour sa prochaine réélection ? (1)

Quel problème Maracineanu a-t-elle avec Marseille ? Que reproche-t-elle à ce club qui travaille bien, et qui a créé sa culture de la gagne ? Est-il concevable d’être la commentatrice technique des événements de natation sur la chaine publique et de montrer une ire aussi prononcée et aussi incompréhensible contre le Cercle ?

Un moment dépassé par Nice, le CNM est devenu LA force stable de la natation française. Une natation française dont on n’arrive pas à décider ce qui la caractérise le mieux, de l’énergie que lui confèrent ses sprinteurs et ses relais (presque tous Phocéens), ou de la fragilité que lui vaut l’absence de résultats de grande dimension internationale dans toutes les courses féminines (depuis la retraite subite de Camille Muffat) malgré quelques bons éléments, mais pas une seule grande nageuse – quoiqu’ Ophélie Aspord… superbe fondeuse de l’Aviron Bayonnais entraînée par Lucien Lacoste, et trois ou quatre filles, surtout de Nice, qui y sont presque). Une natation française également muette dans presque toutes les courses masculines à l’exception du 50 et du 100 mètres, du 100 mètres dos et des course en eau libre avec l’inoxydable Axel Reymond !

Or il faut bien le dire, le sprint français est fort aujourd’hui parce que Marseille a développé une école de sprint qui se compare à ce qui se fait de mieux au monde. Ceux qui hantent ce site savent que mon cœur penche pour le demi-fond, mais bon, il y en a d’autres, n’est-ce pas Lucas, Horter, Lacoste, pour défendre le quatre et le quinze.

La natation française forte, cela implique un Cercle fort, un Olympique de Nice fort, un Font-Romeu fort, un Mulhouse fort, un Lyon fort, un Toulouse fort, un Amiens fort, un Rouen fort. Avec cinq Cercles de Marseille, la natation française jouterait les Etats-Unis et plierait presque l’Australie ! (2)

Que signifie l’alinéa sur la photo de Luyce entre Barnier et Manaudou ? Est-ce qu’en nommant Roxana, il aurait eu droit à la photo entre Agnel et Horter ? D’ailleurs, à Rio, Luyce ne conduira pas la natation, mais la délégation française olympique dans son ensemble. Ceux qui veulent le voir le plus grand nombre de fois vont pouvoir se régaler, des photos de Luyce avec Renaud Lavillénie, Teddy Tamgho, Jérémy Azou, Teddy Riner, Clarisse Agbeneniou, etc., et si tout va bien Yannick Agnel, Florent Manaudou… dont on souhaite qu’ils soient tous les médaillés olympiques au Club France de Rio !

 

(1). Soyons clair. Nous ne reprochons pas de chic certains conflits d’intérêt ou certaines confusions de genres. Il est difficile, dans un microcosme aussi étroit que la natation, d’être parfaitement cohérent, d’assurer sa survie professionnelle et de, quelquefois assurer des rôles à la limite contradictoires. Le conflit d’intérêt ne se sanctionne d’ailleurs pas au plan pénal. Il est une réalité de la vie quotidienne. La question est : cette personne est-elle rigoureuse ? Se tient-elle correctement ? Sophie Kamoun, exemple type, a reconstruit sa carrière, après son adieu à Nike, autour de la profession d’agent de sportifs, métier terriblement difficile et incertain, et chronique à la télévision ! Mais bon, jusqu’à plus ample informé, Sophie a su scrupuleusement délimiter les genres, éviter les configurations malsaines, ne pas se mélanger dans ses casquettes, et on ne l’a jamais vu déraper. Son fonctionnement est satisfaisant, semble parfait, donc pourquoi chercher à la ‘’casser’’ ? A Mulhouse, le conflit d’intérêt est clair. Le tout est de savoir ce qu’on en fait…

(2). Et Luyce irait dormir au Panthéon, à côté de Victor Hugo ?

 

 

 

 

 

 

 

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