DES SOURIS ET DES HOMMES: CONTRE L’ALZHEIMER, RIEN NE VAUT L’EXERCICE

Eric LAHMY

Lundi 10 Septembre 2018

Les premiers résultats d’une étude de l’hôpital général du Massachusetts encore en développement tendraient à démontrer qu’une neurogénèse – la production de nouveaux neurones – dans la structure du cerveau dans lequel les mémoires sont « encodées » peut augmenter les fonctions cognitives dans un modèle de maladie d’Alzheimer, chez la souris.

https://news.harvard.edu/gazette/story/2018/09/exercise-improves-cognition-in-alzheimers-mouse-model/?utm_source=SilverpopMailing&utm_medium=email&utm_campaign=Daily%20Gazette%2020180910

La cognition, ont pu discerner nos scientifiques dans leur recherche, peut être bloquée par un environnement inflammatoire hostile des cerveaux des patients sujets d’un Alzheimer ; or l’exercice physique peut « nettoyer » cet environnement, permettant à de nouvelles cellules nerveuses d’apparaître, mais aussi de survivre et de prospérer, améliorant la « connaissance » chez les souris souffrant d’Alzheimer.

Selon Rudolph Tanzi, co-directeur du centre de santé cérébrale de l’hôpital, qui a cosigné les résultats de cette recherche, l’étude ainsi menée a « démontré que l’exercice est l’un des meilleurs moyens d’activer la neurogénèse. A partir de là, en isolant les événements génétiques et moléculaires impliqués, nous avons déterminé la façon d’imiter les effets bénéfiques de l’exercice par le biais d’une thérapie génétique et de produits pharmaceutiques. »

Selon l’auteur de la recherche, Se Hoon Choi, l’on ne connait pas encore un moyen qui soit sans danger de produire les mêmes effets sur les patients, nous avons déterminés quels étaient les protéines et les objectifs génétiques à développer à l’avenir.

La neurogenèse des adultes, qui est la production des nouveaux neurones après les périodes embryonnaire et néonatale, s’effectue à la fois dans l’hippocampe et dans un autre point du cerveau, le striatum. Si on sait que la neurogenèse de l’hippocampe adulte est essentielle à l’apprentissage et à la mémoire, on ignore encore largement comment se développent les processus dégénératifs impliqués dans la maladie.

Les travaux sur les souris de l’institut du Massachusetts ont permis de mesurer la réduction des symptômes chez ces rongeurs par une relance de la production de neurones dans l’hippocampe. « Il ne suffit pas de permettre l’apparition de nouvelles cellules, il faut simultanément nettoyer l’environnement, ce que l’exercice peut réaliser. Tout cela semble démontrer que certaines drogues et une thérapie génétique peuvent susciter un développement des cellules nerveuses, mais que l’exercice peut obtenir les mêmes résultats. »

Non seulement l’exercice réalise un développement supérieur des neurones que les produits pharmaceutiques qui imitent son action, mais aussi il permet de réduire les composants principaux des plaques qui envahissent les cerveaux des malades d’Alzheimer, les beta-amyloïdes.

Pourquoi cela ? Il s’avère que les neurones créés par les produits médicaux ne survivent pas, un peu comme si elles naissaient en milieu hostile, alors que les neurones développés par l’exercice parviennent à s’installer durablement, grâce à un « nettoyage » des cellules malades que provoque parallèlement l’exercice.

Conclusion provisoire, en attendant des développements ultérieurs : vive le sport.


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3 comments:

  1. Bernard Demure

    Merci pour votre information.

    De nombreuses études épidémiologiques sur cohortes avaient montré le bienfait d’une activité physique régulière sur le ralentissement du processus dégénératif cérébral. Votre info est une confirmation de plus.

    Par ailleurs d’autres études ont également montré son bienfait bien sûr pour le coeur mais aussi sur le retardement de l’apparition de certains cancers (cancer du sein par exemple).

  2. Eric Lahmy *

    Vers ses 90 ans, mon père disait que sans le sport (il nageait encore trois fois par semaine) il ne serait « plus rien. » Il ressentait les bienfaits physiques de l’activité.
    Il doit y avoir des feedbacks, des influences réciproques entre le corps et l’esprit. Murray Rose appelait la plage de Bondi Beach, à Sydney, « the good doctor ». En fait, pour beaucoup, ces études confirment des tas de constats qui ont été fait de façon empirique. Pour moi je note que ça va beaucoup mieux quand je m’entraîne ! On doit donner sa part à notre animalité pour recevoir un surcroit d’humanité.

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