FEMKE HEEMSKERK, LA BATAVE NAVALE

CINQ VICTOIRES FACILES A COURBEVOIE

Eric LAHMY

Lundi 22 Février 2016

Difficile à attraper, Femke Heemskerk ? J’ai réussi à la joindre à la sortie d’un podium en lui promettant de ne lui poser que deux questions. Sa deuxième réponse (laconique) amenait une troisième demande, et sa protestation : « vous aviez dit deux, pas le temps ! » Vrai, j’avais complètement zappé qu’elle avait une autre course à nager, le 50 mètres ! Ce qui fait que j’ai juste eu le temps de savoir qu’elle était venue nager à Narbonne « parce que Philippe LUCAS est un bon entraîneur. » L’enjeu, pour moi, était de savoir pourquoi n’était-elle pas retournée à Marseille, qu’elle avait hanté une saison, avant les Jeux de Londres. C’est raté. Je puis vous dire pour l’avoir lu dans les journaux néerlandais (la traduction automatique de Google, ça fait parfois des merveilles) qu’elle a été en recherche d’entraîneur après que son propre coach, le grand (2,03m) Marcel WOUDA (lui-même un ancien super-crack des quatre nages), étant très pris par d’autres responsabilités, ne pouvait plus lui accorder suffisamment de temps pour sa préparation. Quoi d’autre ? Femke n’a pas perdu son temps au pays de Descartes, vu qu’elle parle un français impeccable. La fille (28 ans) m’avait impressionné en photo, mais il faut la voir « en vrai ». Je ne sais d’ailleurs si le terme « impressionnante » convient, mais la Néerlandaise offre un compromis attachant, ayant posé un visage qu’aurait aimé peindre Botticelli sur un physique extrêmement athlétique, mais dont la grâce donne à l’ensemble une frappante harmonie. Je me souviens en la regardant de ce que disait Fabrice PELLERIN retour des mondiaux de Kazan, concernant des exigences de gabarits dans la réussite en natation actuelle. Certes, le concept est discutable à l’infini, être petit et mince n’est pas une malédiction, en natation, il n’empêche. Femke, c’est quelque chose : ce dimanche, elle s’échauffait avant ses courses et avait abandonné à l’occasion la tenue shortleg pour un maillot classique, libérant les cuisses. Montée sur le plot, tout y était souligné, le dessin des quadriceps, la flèche oblique du grand couturier, le jaillissement rond du tenseur du fascia lata, le bombé des vastes au-dessus des genoux illustraient une fascinante leçon d’anatomie. De vous à moi, c’est moins la natation que la salle qui dessine de tels reliefs musculaire, de tels détachés.

Ce qui ne gâche rien, cette mademoiselle muscle ne cesse de sourire, est absolument charmante et parait toujours bien disposée – sur ce plan, c’est du Frédéric BOUSQUET au féminin. Elle s’émerveillait (tweet) d’avoir eu, ce week-end au meeting du SFOC, à l’égal de ses anciens potes du Cercle de Marseille, droit à un vestiaire VIP, ce qui, vu son palmarès, me parait être pourtant la moindre des choses. On ne se s’étonnera pas de sa popularité dans son pays difficile à mesurer chez nous en-dehors du nombre de ses « tweets followers », mais qui s’exprime par exemple par l’organisation de meetings à son nom.

Donc, Femke ne parle pas (entre les courses), ni, je présume, ne fume pas, ne boit pas, mais elle nage. A Courbevoie, elle a gagné les courses où elle s’est présentée, bien entendu, 50, 100, 200, 400 libre et 100 dos.

Sans être une pure sprinteuse, elle a nagé le 50 mètres en 25.95 et torché une sprinteuse patentée, Daiene DIAS ; sur 100 mètres, accomplis en 55.08 avec passage en 26.76, elle s’était qualifiée en 55.84 avec passage en 26.94.

Son 200 mètres a donné lieu à sa performance la plus intéressante du week-end, 1’57.32 (27.67, 57.61, 1’27.73, soit 27.67, 29.94, 30.12, 29.59), une course bien étale, solide, lancée énergiquement, avec un très léger affaiblissement, assez classique chez beaucoup de nageurs qui doivent involontairement se réserver ou qui souffrent du rythme auto-imposé, entre cent et cent cinquante…

Sur 400 mètres, elle m’a semblé loin de sa valeur (mais peut-être se réservait-elle un peu pour sa finale du 100 mètre, une heure vingt plus tard) : bien partie, 28.46, 59.84, et laissait présager un possible 4’8.00, mais finissait en 4’12.02.

Son 100 mètres dos, 1’2.94, passage en 30.56.

Il faut dire que Miss HEEMSKERK fut tout le temps livrée à elle-même, aucune adversaire ne l’approchant, et devait faire de chaque épreuve une course contre elle-même…

La présence internationale ne se réduisait pas seulement à Heemskerk. Une bonne nageuse de vitesse brésilienne, Daiene DIAS, du « Velocity Swimming » de Sao Jose, enlevait 50 et 100 mètres papillon, en 27.20 et 1’0.06…

DIAS constitue une bonne transition pour parler du groupe de Romain Barnier à Marseille, emmené, bien entendu par Florent Manaudou en tête de gondole. Le coach brésilien, de Daiene à Sao Jose, prétend que pour entraîner des sprinteurs, il faut être névrotique et systématique. Il entend par là qu’un 50 mètres se découpe en portions (départ, coulée, prise de nage, nage pure, arrivée et qu’analyser des portions aussi courtes d’effort, à la fois, exige de et finit par porter sur le ciboulot.

Dimanche, j’ai compris ce point de vue. Assez déstabilisant à voir, pas joli du tout avec toute cette mousse et ces vibrations dans l’eau et cette impression fausse sans doute, de nager dans tous les sens. Barnier s‘est fait l’apôtre du « nager vilain », une provocation derrière laquelle il faut lire bien entendu, nager efficace s’il le faut au mépris de l’impression esthétique, et de ce côté-là, bras tendus aidant, ça a bien fonctionné. Cela na pas nagé bien vite, les Phocéens étant venus « faire une pige » mais le public était content de voir notre géant du sprint et ses acolytes et ils ont fait le travail en bons pros !

DAMES

50 Mètres : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas et Montpellier, 25.95 ; 2. Daiene DIAS, Brésil, 26.45 ; 3. Joana DESBORDES, Rosny, 26.54

200 mètres : 1. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas et Montpellier, 1’57.32

100 mètres dos : Femke HEEMSKERK, Pays-Bas et Montpellier, 1’2.94 ; 2. Yasmine BOUTOUIL, Clamart, 1’5.97 ; 3. Manon BATOT, St.-Germain, 1’6.61

100 mètres brasse : 1. Mila DESBORDES, Rosny, 1’20.17

50 mètres papillon : 1. Daiene DIAS, Brésil, 27.20 ; 2. Joana DESBORDES, Rosny, 28.89.

200 mètres papillon : 1. Charlyne SECRESTAT, Clamart, 2’19.91

200 mètres 4 nages : 1. Eline VANDENBOSCH, Luxembourg, 2’25.25

MESSIEURS

100 mètres : 1. Florent MANUDOU, Marseille, 49.03 ; 2. Fabien GILOT, Marseille, 50.15 ; 3. Tom PACO PEDRONI, Monaco, 50.47 ; 4. Frederick BOUSQUET, Marseille, 50.62 ; 5. Alan VITORIA, Brésil, 50.70 ; 6. William MEYNARD, Marseille, 50.77 ; 7. Grégory MALLET, Marseille, 50.80 ; 8. Flavien AUBRY, Créteil, 51.88

400 mètres : 1. Axel REYMOND, Clamart, 4’2.75 ; 2. Pit BRANDENBURGER, Luxembourg, 4’3.43

50 mètres dos : 1. Mathieu BELLAY, Sarcelles, 27.33 ; 2. 2. Louis DULONDEL, Vikings Rouen, 27.38 ; 3. Romain MENDES, Pontault-Roissy, 27.59

200 mètres dos : 1. Ladislas SALCZER, Massy, 2’7.21 ; 2. Mathieu BELLAY, Sarcelles, 2’7.32 ; 3. Max MANNES, Luxembourg, 2’7.79

50 mètres brasse : 1. Malik FALL, SFOC, 29.06

200 mètres brasse : 1. Yann SAMOKINE, Melun, 2’19.42 ; 2. Talal MRABET, Tunisie et SFOC, 2’19.53 ; 3. Yann QUIERTANT, SFOC, 2’20.45 ; 4. Antoine VIQUERAT, Racing, 2’21.29

100 mètres papillon : 1. Flavien AUBRY, Créteil, 53.68 ; 2. Léo CARDEY, Créteil, 56.63

0 comments:

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *