JORDAN POTHAIN : « FABRICE (PELLERIN) ME SURPREND ET J’ADORE ÇA »

Éric LAHMY

Dimanche 25 Novembre 2018

Après comme avant les championnats de France, Jordan Pothain représentait pour moi une énigme. Ceux qui suivent la natation savent par quels soucis le garçon, finaliste du 400 mètres des Jeux olympiques de Rio (3’45s43 en séries) est passé, aux plans de la santé et de sa vie de nageur. Ila donc mis une certaine distance entre Grenoble et lui et a installé ses pénates à Nice, Fabrice PELLERIN ayant accepté de l’entraîner. Celui qui était un nageur seul s’est retrouvé dans une cellule « Olympic » où ça va vite, avec Charlotte BONNET, Jérémy DESPLANCHES, Jérémy STRAVIUS, Charles RIOUX et Tom PACO PEDRONI.

POTHAIN, on le sait, a eu quelques soucis cardiaques qui ont été réparés. On peut imaginer que ces soucis ont joué un rôle dans ses contre-performances d’après Jeux olympiques, en 2017.

A Montpellier, en petit bassin, il a fini :

7e du 100 mètres où il manque de vitesse pour se mêler de la grande bagarre pour le titre, 48s74 contre 47s72 au vainqueur Oussama SAHNOUN.

4e du 200 mètres en 1’44s89, où seul Jérémy STRAVIUS le domine clairement (1’43s28). FUCHS, 1’44s62) et Jonathan ATSU, de Toulouse, 1’44s80, produisant des courses très proches en fin de compte de la sienne.

4e du 400 mètres en 3’43s44, très près d’une médaille puisque la course a été gagnée en 3’41s12 par Roman FUCHS, devant David AUBRY, 4’43s et Joris BOUCHAUT, 3’43s22.

6e du 50 mètres dos

et 7e du 100 mètres dos.

Ce qui m’a paru intéressant, c’est qu’il n’a pas connu ces effondrements en fins de courses dramatiques de la saison passée.

« JE ME RÉGALE ET ÇA FAIT DU BIEN »

En face des interrogations, le mieux était de lui poser quelques questions.

« Tout va pour le mieux, répond-il ! Mon quotidien est juste génial, je suis dans une dynamique magnifique, autant par le groupe que par le travail avec Fabrice. Je me régale et ça fait du bien. Les France 25m étaient sans doute un des pires championnats pour moi en terme de classement puisque je rentre sans médaille, mais vraiment hyper constructifs pour Fabrice et moi. Les changements dans ma nage sont déjà très notables, le processus est en cours et il y a quelques étapes à passer. Une période charnière mêlée à un peu de frustration de ne pouvoir aller chercher la gagne, je t’avoue m’être dit à l’issue de ma 4e place du 400 comme du 200m, que ces courses me donneraient la rage pour la suite. 

« Techniquement, on stabilise ce roulis qui me freine tant, on réduit la puissance que je mettais sous l’eau au profit d’une nage plus fluide et moins énergivore pour le moment. Il y aura un entre-deux à trouver par la suite. J’ai vraiment progressé sur mes coulées et départs, je pense que ça sera plus lisible en grand bassin, et avec 2 mois de travail en plus.

« Pour ce qui est de l’entraînement, nous n’avons coupé que 3 jours avant les France, soit à partir du lundi qui a suivi les interclubs. Ça m’a permis de régénérer un peu, mais j’ai besoin de plus que ça pour exploser. C’est donc un bon bilan entre les lignes du live.ffn). 

« Sinon que te dire sur Fabrice… Tu devrais vraiment essayer de le joindre. C’est un homme plus qu’intéressant. On alterne toujours ces différentes modalités, une nage très lente, des éléments techniques, du progressif et des efforts spécifiques. Et ça peut être mixé : de la technique dans une récupération active (du  trois-temps tout bête en crawl au lieu de faire du dos à l’agonie), une équation à deux facteurs : nager tel temps avec tant de coups de bras, ou avec tel tempo… Il me surprend toujours et j’adore ça. Et je me surprends aussi, ça fait du bien dans une activité que tu pratiques depuis 20 ans. »

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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