LEDECKY [Kathleen Genevieve “Katie”]

Natation (Washington, 17 mars 1997-). USA. Championne olympique du 800 mètres en 2012, à Londres, elle s’impose l’année suivante comme la meilleure nageuse de demi-fond, enlevant trois titres mondiaux individuels et un quatrième avec le relais quatre fois 200 mètres, battant les records du monde du 800 et du 1500 mètres. Katie réside avec ses parents à Beteshda, dans le Maryland et étudie à la Stone Ridge School of the Sacred Heart. Son père, David, originaire de Tchécoslovaquie, s’est installé tout enfant, en 1947, aux USA. Son grand-père, E. J. Hagan, passionné de natation, lança la campagne qui aboutit à la construction d’une piscine couverte à Willington. Sa mère, Mary Gen Hagan, y nagea avec ses six frères et soeurs, puis, en compétition, à l’Université du Nouveau-Mexique. Katie commence à nager à six ans à la suite de son frère aîné Michael. Jusqu’à l’été 2012, elle s’entraîne avec le coach Yuri Suguiyama, 30 ans en 2012, au Nation’s Capital Swim Club (anciennement Curl Burke) jusqu’à ce que celui-ci accepte un poste d’assistant à l’Université de Cal Berkeley. Elle est depuis lors entraînée par un vétéran du coaching, Bruce Gemmell. Et nage l’été au Palisades Swim Team de Beteshda.

La petite est douée, adore la compétition, mais elle est peu loquace. Suguiyama, pour en savoir plus, lui demande, après chaque entraînement, de décrire sur une feuille de papier sa journée, ce qui lui a plu et déplu. Katie prend conscience de ses dons vers neuf ou dix ans, mais sans se rendre compte où ses capacités l’amèneront. Son développement dévoile petit à petit sa valeur, et l’amènera par étapes à la première place.

Mais, comme dit Georges Brassens, « sans technique, le talent n’est qu’une sale manie ». La journée type de Katie Ledecky est dirigée vers l’exploitation de ses dons. Deux ou trois fois par semaine, ayant entraînement le matin, elle se lève à 3h55, est dans l’eau à 4h45. Devoirs, poterie (son dada) et nage occupent sa journée d’adolescente « normale ». C’est une fille organisée, croyante et qui fait ses prières

2012 : elle enlève le 800 mètres des sélections olympiques qui se tiennent à Omaha Beach dans le temps de 8’19’’78, devant la favorite Kate Ziegler. Elle est également 3e du 400 mètres en 4’5’’, meilleur temps américain des 15-16 ans de Janet Evans battu, et 9e du 200 mètres en 1’58’’66. Elle a 15 ans 4 mois et 10 jours et c’est la plus jeune participante américaine aux Jeux olympiques de Londres. Là, qualifiée en 3e position dans le temps de 8’23’’84, elle enlève l’or du 800 mètres, en 8’14’’63, loin devant l’Espagnole Mireia Belmonte, 8’18’’76, et la championne olympique de Pékin, Rebecca Adlington, 8’20’’32. Son temps représente la 2e performance de l’histoire, mais la première en maillot de bain « textile ». C’est une course où Ledeck fait montre d’une impressionnante supériorité : en-dehors de Lotte Friis, qui passe en tête aux 100 mètres, Katie signe tous les meilleurs temps de passage de la finale. Elle impose un rythme frénétique (passage en 4’5’’55, presque à son record) qui étouffe les deux filles qui tentent de la contrer, Adlington et Friis. En 2013, ses progrès apparaissent aux championnats-sélections US pour les championnats du monde, à Indianapolis, où elle enlève 400 mètres (en 4’4’’05), 800 mètres (en 8’22’’41) et 1500 mètres (en 15’47’’15 avec 20’’ d’avance sur Chloe Sutton, 16’7’’75. Elle est 2e du 200 mètres derrière Missy Franklin, en 1’57’’63 contre 1’55’’56.
Aux mondiaux qui se tiennent à Barcelone, Katie abandonne l’idée de nager le 200 mètres individuel, dont les dates se chevauchent avec le 1500 mètres. Elle gagne sans coup férir les trois courses de demi-fond, et le relais quatre fois 200m. Sur 400 mètres, le 28 juillet, elle étouffe d’entrée toute contestation par un départ ultra-rapide, 28’’05, 58’’12, 1’28’’25. La championne olympique Camille Muffat, qui s’efforce de la suivre, perd contenance après les 150 mètres et finit loin. Ledecky poursuit son effort, passe, seule sous les 2’ aux 200 mètres (1’58’’74), appuie encore dans la cinquième longueur (2’28’’85), maintient son rythme jusqu’au bout, 2’59’’29, 3’29’’94, et l’emporte en 3’59’’92. Melanie Costa, l’Espagnole, est battue de cinq mètres, en 4’2’’47, la Néo-Zélandaise Boyle de quatre secondes, 4’3’’99. Deux jours plus tard, elle est emmenée pendant 1300 mètres par Lotte Friis, la Danoise qui se sait limitée en vitesse et tente en vain de la lâcher au train. Dans une course marquée par une grande régularité d’allure, Ledecky parvient à décoller Friis à deux cents mètres du but. Les deux filles annihilent le record du monde de Kate Ziegler, 15’42’’54, établi à Mission Viejo le 10 juin 2007. Katie gagne en 15’36’’53, Lotte suit en 15’38’’88. Enfin, le 3 août, poussée par la Danoise Lotte Friis, qui tente de reproduire sa même stratégie que sur 800m, Ledecky colle à la Danoise, la rejoint à trois longueurs du but et se détache et emballe la course par un dernier 50 mètres en 29’’79 plus rapide que celui qui clôt son 400 mètres. Elle bat le record du monde d’Adlington « polyuréthane » aux Jeux de Pékin, en 2008, 8’13’’98 contre 8’14’’10. Deux jours plus tôt, conviée à la finale du relais quatre fois 200 mètres, elle lance la formation américaine qui l’emporte finalement en 7’45’’14, dans un temps de 1’56’’32, nouveau record personnel. Dans l’ensemble de son programme mondial, Ledecky montre une forme excellente, mais aussi une intelligence du train et de la stratégie à suivre. Sur 400 mètres, où elle se sait la plus résistante des finalistes, elle part très vite, étouffe toute possibilité de contre-attaque ou de sprint final, et mène de bout en bout. Sur 1500 mètres, elle suit Lotte Friis, hyper résistante mais incapable d’un vrai changement de rythme, avant d’imposer sa vitesse supérieure. Sur 800 mètres, en séries, ayant déjà battu Friis sur 1500 mètres, elle lui assène des démarrages, puis rétrograde, ceci à répétition. Elle ne reproduit pas ce petit jeu en finale, mais gagne avec une relative aisance.

La course de Katie Ledecky se signale d’ailleurs par une maîtrise des changements de rythme, sur une trame de course marquée par l’égalité d’allure : dans le 800 mètres des Jeux olympiques de Londres, elle réagit dès que Lotte Friis s’empare de la tête, ax 100 mètres, en 58’’70. Katie accélère, passe en tête aux 150 mètres (1’29’’01), conserve ne cadence très élevée à mi-course atteinte en 4’4’’34, son record personnel, 4’5’’.

 

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