MEETING D’EINDHOVEN (6) : SARAH SJÖSTRÖM CONTRE TOUTES, GRATTE ET RE-GRATTE POUR UN DOUBLÉ GAGNANT

EN DEUX COURSES ENTRE 40 MINUTES, LA SUÉDOISE A DÛ DÉJOUER LES FOUGUEUSES TENTATIVES D’UNE AMÉRICAINE ET DE QUATRE NÉERLANDAISES DE LUI FAIRE BOIRE LA TASSE.

Éric LAHMY

Dimanche 30 Septembre 2018

Double victoire suédoise. Pour, vous l’avez deviné, Sarah SJÖSTRÖM.

Elle l’a d’abord emporté sur 100 papillon, mais ça aurait pu être chaud. La Suédoise s’est employée, nageant à exactement 0s30 de son record du monde (54s91 contre 54s61), vieux de quatre ans, puisqu’il avait été établi aux championnats du monde 2014, à Doha…

Elle a battu d’un bras l’Américaine Kelsi DAHLIA (WORRELL), qui, larguée dans la première longueur, 25s66 contre 26s12, lui reprit ensuite la moitié de l’avance.

Ranomi KROMOWIDJOJO, le matin, s’était qualifiée avec le troisième temps, mais ne prenait pas le départ dans la finale. La Chinoise Yufei ZHANG, 2e du 200 papillon il y a deux jours, derrière Katinka HOSSZU et devant Kelsi DAHLIA, était ici 3e.

Si KROMOWIDJOJO n’avait pas disputé la finale du papillon, c’est qu’elle méditait un coup dont SJÖSTRÖM serait la victime dans le 100 mètres libre. L’idée lui en était venue parce que la Suédoise avait paru, depuis quelques jours, un peu plus fragile que d’habitude. Ranomi sait que SJÖSTRÖM est au-dessus d’elle en papillon, mais espère en crawl… Comptant aussi sur le fait qu’elle-même serait reposée et que SJÖSTRÖM n’aurait pas récupéré totalement du 100 mètres papillon, un style réputé (peut-être à tort) pour son aspect fatigant, elle lança cette finale à grande allure. SJÖSTRÖM, qui part en général plus vite que tout le monde, se vit déborder d’entrée. Non seulement KROMOWIDJOJO virait en tête, seule de la finale à atteindre les cinquante mètres en moins de 25 secondes (24s81), mais SJÖSTRÖM culbutait, elle, derrière toutes les Hollandaises : HEEMSKERK, 25s04, Kim BUSCH, 25s21, Kira TOUSSAINT, 25s22. Cela ressemblait à une stratégie collective, comme si ce quatuor s’était passé le mot, décidé à bousculer l’idole qui osait venir les défier dans leur jardin.

C’était sans doute aussi une volonté stratégique de SJÖSTRÖM, anxieuse de ne pas se griller d’emblée afin d’en garder pour la fin. La Suédoise, qui peut passer en 24s5, savait aussi que sa réserve de vitesse outrepassait celle de toutes les autres, et qu’au moment où elle appuierait, elle les reprendrait. En revanche ajouter les douleurs d’un départ canon à l’acide lactique de son effort précédent qui trainait encore dans ses muscles aurait pu s’avérer fatal.

Comme dans une poursuite de western où le cavalier fuyard ferait le pari que dix chevaux ne vont pas plus vite qu’un seul, ou comme dans la vie sauvage où quatre lionnes ne reprendront jamais un guépard, la belle idée que nourrissaient les quatre Néerlandaises qui caracolaient ainsi n’atteignit pas son objectif.

SJÖSTRÖM démontra que 40 minutes lui avaient suffi pour refaire ses réserves de glycogène, et reprendre les fuyardes une à une, pour parvenir finalement, in extremis, à coiffer (d’un bonnet, bien évidemment) la plus coriace de toutes, Ranomi, sur le mur d’arrivée.

Le temps final ? Plus qu’honorable. Les 51s21 de la Scandinave restaient cependant éloignés du record mondial de Catherine CAMPBELL, 50s25, comme du record de Suède (qui fut record du monde), et qu’elle détient avec 50s58.

QUAND CHAD LE CLOS CASSE SON RYTHME, BLAKE PIERONI SOIGNE LE SIEN

Le 200 libre messieurs fut remporté par Blake PIERONI après que Chad LE CLOS eut mené le train pendant l’essentiel de l’épreuve. LE CLOS effectua un effort d’une bizarrerie consommée car après être passé loin devant aux 50 comme aux 100 mètres (22s71 et 48s66). Puis il dut ressentir le besoin de respirer et laissa PIERONI revenir. Quand l’Américain appuya son effort, LECLOS ne put rien lui opposer. Mais 53s54 derrière 48s66, Chad n’avait pas pondu là un chef d’oeuvre d’égalité d’allure !

En revanche, PIERONI fut assez remarquable, qui aligna successivement quatre 50 mètres en 23s81, 26s20, 25s99 et 25s83. Si l’on tient compte des éléments techniques, départs et virages au pied, arrivée à la main, PIERONI a passé brillamment son examen de métronome humain. Sans compter son apparente indifférence en face de la stratégie du Sud Africain…

Kathleen BAKER gagna pour sa part un 200 mètres dos assez huppé, en jeune professionnelle avisée, devant les vieilles gloires que sont Emily SEEBOHM et HOSSZU. Elles auraient dû se retrouver toutes trois sur 200 quatre nages, mais BAKER ne passa pas les séries. Là, HOSSZU devança Melanie MARGALIS et SEEBOHM…

Plusieurs finales, dans ces compétitions étiquetées Coupe du monde, donnent des impressions de déjà vu, et on ne sait pas combien de fois cette année, Ryosuke IRIE a-t-il été battu d’un rien pour un titre, se faisant souffler un haut de podium, sur 100 ou 200 dos? Cette fois, c’est Mitchell LARKIN qui lui a brûlé la politesse. Sur 200 brasse, PRIGODA l’emporte de 0s11 face à CHUPKOV qu’il avait devancé sur 100 brasse de 0s13.

MESSIEURS.-  200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s83 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’42s20 ; 3. Mackenzie HORTON , 1’43s63 ; 4. Vladislav GRINEV, Russie, 1’44s03 ; 5. Pieter TIMMERS, Belgique, 1’44s06; 6. Kyle STOLK, Pays-Bas, 1’44s18 (en séries, 1’43s97).

100 dos : 1. Mitchell LARKIN, Australie, 50s08 ; 2. Ryosuke IRIE, Japon, 50s22 ; 3. Grigory TARASEVICH, Russie, 50s79.

200 brasse: 1. Kiril PRIGODA, Russie, 2’1s59; 2. Anton CHUPKOV, Russie, 2’1s70 ; 3. Daya SETO, Japon, 2’4s19.

50 papillon : 1. Nicholas SANTOS, Brésil, 22s08 ; 2. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 22s09 ; 3. Vladimir MOROZOV, Russie, 22s42 ; 4. Jesse PUTS, Pays-Bas, 22s74 ; 5. Michael ANDREW, USA, 22s78 ;… 8. Mehdy METELLA, France, 23s02.

400 4 nages : 1. Daya SETO, Japon, 3’57s25 ; 2. David VERRASZTO, Hongrie, 4’3s14; 3. Maxime SHEMBEREY, Azerbaïdjan, 4’6s98 ; 4. Yizhe WANG, Chine, 4’7s50.

DAMES. 100 mètres : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 51s21 ; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s42 ; 3. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s73; 4. Kim BUSCH, Pays-Bas, 52s86; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 53s08.

800 mètres : 1. Jianjiahe WANG, Chine, 8’3s86 (record du monde junior, ancien par elle-même, 8415s35) ; 2. Leah SMITH, USA, 8’15s42 ; 3. Anna EGOROVA, Russie, 8’21s83 ; 4. Mireia BELMONTE, Espagne, 8’22s28. ; 5. Jimena PEREZ, Espagne, 8’25s63.

200 dos : 1. Kathleen BAKER, USA, 2’0s85 ; 2. Emily SEEBOHM, Australie, 2’1s91; 3. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’3s76; 4. Daryna ZEVINA, Ukraine, 2’5s06; 5. Michelle COLEMAN, Suède, 2’5s34.

50 brasse: 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s18; 2. Julia EFIMOVA, Russie, 29s50.En séries, Molly HANNIS, USA, 29s76.

100 papillon : 1. Sarah SJÖSTRÖM, Suède, 54s91 ; 2. Kelsi DAHLI, USA, 55s21 ; 3. Yufei ZHANG, Chine, 55s87 ; 4. Kimberly BUYS, Belgique, 56s73 ; 5. Tayla LOVEMORE, Afrique du Sud, 57s41 ; 6. Yui OHASHI, Japon, 57s63.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’5s06 ; 2. Melanie MARGALIS, USA, 2’6s04; 3. Emily SEEBOHM, Australie, 2’6s82 ; 4. Yui OHASHI, Japon, 2’7s37 ; 5. Min ZHOU, Chine, 2’8s37 ; 6. Rika OMOTO, Japon, 2’8s64. En séries, Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 2’8s12.


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