KATIE LEDECKY DEVIENT POUR LA 2eme FOIS « CHAMPIONNE DES CHAMPIONNES » DE « L’EQUIPE »

Eric LAHMY

Dimanche 31 Décembre 2017

Katie Ledecky est pour la seconde fois la « championne des championnes » de « L’Equipe ». Le quotidien de sport semble avoir bien mesuré le caractère exceptionnel, quelque part unique, de la nageuse américaine, pour l’honorer une seconde fois, en 2017, après l’avoir fait en 2014.

A l’occasion, le magazine propose un article intéressant de Maxime Malet qui a rencontré Katie Ledecky. Il y décrit une Ledecky telle que d’autres témoins nous la racontent, douée sans doute, mais aussi terriblement sérieuse, accrocheuse, et totalement immergée à la fois dans son sport… et dans ses études, un fait qui la distingue de tous les « professionnels » de la natation.

Cet article complète, me semble-t-il, par une touche de vécu et d’actualisation, le sujet que j’avais présenté le 2 juin 2016, la concernant, intitulé Qu’est-ce qui fait Katie Ledecky nager si vite :

http://galaxienatation.com/wp-admin/post.php?post=6335&action=edit

Il est frappant une nouvelle fois, de constater que Ledecky est honorée par un journal omnisports alors que la Fédération Internationale de Natation, pour la quatrième année consécutive, lui a préféré une autre nageuse. Ce fut en 2014, 2015 et 2016 Katinka Hosszu ; c’est maintenant Sarah Sjöström. Ledecky n’avait trouvé grâce auprès de la FINA qu’en 2013. Mais il est manifeste qu’une universitaire, quels que soient ses exploits, quelle que soit l’image qu’elle projette sur ce sport n’intéresse pas des responsables internationaux qui ont décidé que la natation serait professionnelle ou ne serait pas. Ledecky ne se prêtant pas aux jeux de la performance rétribuée (elle perdrait, selon des analystes financiers, 5 millions de dollars de contrats en ayant choisi une carrière universitaire) va à l’encontre de ces choix stratégiques qui représentent un suicide pour ce sport…

L’un des points intéressants soulevé par L’Equipe est le suivant :

« Le paradoxe de cette année 2017, c’est que si l’Américaine n’a jamais semblé aussi forte et aussi complète en matière de distances nagées, elle n’a pas battu de record du monde pour la première fois depuis 2012, et a connu sa première défaite en finale d’un grand Championnat, sur 200 m face à l’Italienne Federica Pellegrini. Le paradoxe dans le paradoxe, c’est qu’elle avait nagé plus vite (d’une demi-seconde) en demi-finales la veille, alors qu’elle venait de disputer la finale du 1 500 m vingt minutes plus tôt.« C’était finalement très intéressant pour nous en tant qu’entraîneurs, sourit Meehan. On essaie d’évaluer si cet échauffement sur 1 500 m lui a permis d’être rapide en demies du 200 m car elle était déjà bien en route, ou si elle a payé en finale du 200 m le lendemain la fatigue accumulée lors de cet enchaînement. On en a parlé, on a appris et on va s’ajuster.»

Autre point assez fascinant. Katie Ledecky, à vingt ans comme à ses débuts, avant même ses dix ans, continue d’inscrire sur des cahiers d’entraînement les temps qu’elle entend réaliser dans l’année, voire dans les années à venir.

« En début de saison, elle se fixe de manière individuelle des want times, des chronos qu’elle souhaite réaliser dans l’année sur chaque distance. La perspective de les atteindre est une immense source de motivation au quotidien. « Là, j’ai déjà une bonne idée de mes want times pour 2020, lâche-t-elle dans un nouveau petit rire. Pour 2017, c’était dur de m’en fixer à la sortie des JO. Je voulais simplement gagner dans toutes les disciplines. Là, je sais où j’en suis. Je peux fixer des temps pour 2020 mais aussi pour 2018 et 2019. J’ai pris quelques années d’avance. »

Ce n’est pas tant le nombre des titres mondiaux (14) enlevés par Katie Ledecky que le fait que ces titres sont de la nage libre, que je tiens pour l’essentiel du programme de natation, que ce sont pour l’essentiel des titres individuels (pour moi les titres de relais ne devraient pas compter), mais surtout qu’ils montrent l’étendue de son registre, puisqu’ils vont du 200 au 1500 mètres (et au 100 mètres par le biais des relais).

Bien entendu, ce n’est de nager du 200 au 1500 qui la rend exceptionnelle (cela est même assez banal), mais bien de détenir des records et de gagner des titres olympiques et mondiaux sur toutes ces distances ! Si l’on remonte dans l’histoire de la natation mondiale, on trouve relativement peu de nageuses qui en ont fait de même : Gertrude Ederle, américaine des années 1920, Hélène Madison, américaine des années 1930, Ragnhild Hveger, Danoise des années 1940, Lorraine Crapp, Australienne, en 1956, Debbie Meyer (1968), Shane Gould, Australienne, 1971-1973) ; sans le dopage des Allemandes, de l’Est, Shirley Babashoff (1972-1976), une autre Américaine, en aurait sans doute fait autant…

Précisons que Lorraine Crapp et Shane Gould avaient ajouté à leurs palmarès le record du 100 mètres…

Il convient quand même de noter que la domination de Katie Ledecky, aujourd’hui, est plus difficile à réaliser que dans le passé, surtout aux tous débuts du sport, quand les piscines étaient rares et la natation peu pratiquée.

Cela en fait une nageuse unique. Il faut remonter à 40 années pour trouver l’équivalent de Ledecky, dans l’Australienne Shane Gould, laquelle, dans un contexte moins difficile certes, seuls les USA et l’Australie développaient des programmes importants de natation, établit des records du monde dans toutes les courses, du 100 mètres au 1500 mètres. Sous cet angle, le registre de Gould était plus impressionnant que celui de Ledecky, et seule depuis, Shirley Babashoff a réussi à dominer le demi-fond en tant très compétitive sur l’épreuve de sprint prolongé qu’est le 100 mètres. En revanche, Shane Gould n’avait pas su durer…

Comment s’explique l’étendue du registre de l’Américaine ? Par l’impressionnante supériorité qui est la sienne sur ses distances fétiches, dont on ne peut dire s’il s’agit plutôt du 400, du 800 ou du 1500 mètres. Katie Ledecky a tellement poussé sa supériorité sur 400 mètres, améliorant de quatre secondes le record du monde en maillot de bain (l’Italienne Pellegrini, précédente recordwoman du monde, avait bénéficié des combinaisons de polyuréthane), avait gagné en vitesse de base de quoi inquiéter les nageuses de la distance inférieure. C’est un schéma classique, chez les nageurs de demi-fond (comme d’ailleurs chez les athlètes, les cyclistes, les patineurs de vitesse), et dans le cas de Ledecky, il eut été paradoxal qu’elle dispose d’une telle avance sur 400 mètres sans tirer son épingle du jeu sur la distance inférieure.

Je ne sais pas si cette particularité a été étudiée scientifiquement. De façon purement empirique, je dirai que la possibilité d’exceller sur  plusieurs distances est accentuée par une caractéristique de la natation. C’est un sport porté. En raison de la poussée d’Archimède, le corps ne pèse guère, dans l’eau, qu’une faible partie du poids qu’il accuse sur terre (entre 5 et 10 kilo, en fonction entre autres de la vitesse à laquelle coule un homme les poumons vides).

En outre, l’essentiel de la traction du corps du nageur se fait par les bras, dont les masses musculaires sont faibles, alors que le coureur à pied utilise essentiellement les plus gros muscles du corps (cuisses et fessiers) pour se mouvoir. Enfin la natation est un sport couché, qui plus est dans l’eau. Tous ces détails jouent dans le sens d’un ralentissement du rythme cardiaque (bradycardie). La fatigue cardiaque est donc moindre dans la nage, ce qui permet au nageur de maintenir sa vitesse à mesure que la distance parcourue augmente. En fait, pour le nageur (au moins le nageur jeune et correctement entraîné), c’est la fatigue asphyxique, plus que la fatigue cardiaque, qui est le facteur limitant de la performance.

On peut le constater quand on compare les records des distances dont les temps d’effort correspondent plus ou moins, 400 mètres et 800 mètres nage libre d’un côté, 1500 mètres et 3000 mètres course à pied de l’autre. 

Les records mondiaux de ces épreuves sont, en nage libre, au 400 : 3’56s46 (Katie Ledecky) ; au 800 : 8’4s79 (Katie Ledecky). En course à pied , au 1500 : 3’50s07 (Genzebe Dibaba) ; au 3000 : 8’6s11 (Wang Junxia).

Comme on le voit ci-dessous, la perte de vitesse au niveau des records du monde féminins fait que si le 400 mètres dames est nagé 6s39 MOINS VITE que le 1500 mètres en course à pied, sur les distances doubles, la nageuse de 800 termine son effort 1s39 AVANT la coureuse de 3000 mètres…

Ou, si l’on préfère, la perte de vitesse de la distance à la distance double est de 11s87 en natation (du 400 au 800) en natation et de 25s97 (du 1500 au 3000) en athlétisme.

Cela n’ôte rien au caractère exceptionnel du talent de Ledecky, dont ne sait pas, d’ailleurs, quelles pourraient être les limites sur 5 kilomètres, la distance la plus courte du programme d’eau libre. On ne le saura vraisemblablement jamais, car l’intéressée a fait s’avoir qu’elle… n’était pas intéressée.

Les eaux du bassin font pour l’instant son bonheur. Mais, à vingt ans, elle a tout le temps de changer d’avis.

(à suivre – prochain article : « de Katie Ledecky à la comédie des sportifs de l’année »).

LAUREN BOYLE, PASSEE COACH, ANALYSE LES FAIBLESSES DE LA NATATION NEO-ZELANDAISE

LAUREN BOYLE, PASSEE COACH, ANALYSE LES FAIBLESSES DE LA NATATION NEO-ZELANDAISE

Eric LAHMY

Mardi 26 décembre 2017

Le 22 décembre, une équipe néo-zélandaise de dix-neuf éléments (dont deux plongeurs) a été sélectionnée en vue des Jeux du Commonwealth. Malgré l’optimisme des entraîneurs et des accompagnateurs, on ne saurait s’attendre à plusieurs médailles pour les Kiwis. Depuis dix ans, les chances néo-zélandaises de podium avaient un nom, Lauren Boyle. A trente ans, suite à une blessure, elle s’est retirée de la compétition…

…Lauren Boyle, une ancienne championne du Commonwealth (sur 400 mètres en 2014), spécialiste du demi-fond et meilleur représentant néo-zélandais de natation des deux sexes, ces dernières olympiades, est passée entraîneur.

Boyle est une nageuse d’exception dans un pays qui, malgré sa proximité avec l’Australie, n’en produit guère beaucoup. Dans la lignée de Danyon Loader, double champion olympique, de Jean Stewart-Hurring et de Rebecca Perrott, rares médaillés dans les compétitions internationales, elle n’a pas attendu plus de quatre mois après sa retraite sportive pour replonger, non plus dans l’eau, mais le long de la plage des bassins de natation.

Trente ans, était-ce la limite d’âge ? On ne dirait pas. La cause de son départ à la retraite est une (assez rare chez les crawleurs) blessure à une hanche qui avait entravé sa préparation à l’approche des Jeux de Rio, exigé une opération et l’empêchait, a-t-elle expliqué, de nager au niveau qu’elle ambitionnait.

Boyle, en fait, est désormais une employée  de la Commonwealth Bank d’Australie, à Auckland ; elle reste en relation avec son sport de prédilection en tant que mentor de l’équipe « Jet Star Super Swim », qui accueille les jeunes nageurs les plus prometteurs de la plus grande zone urbaine de Nouvelle-Zélande.

Le terme de retraite, pour un nageur professionnel, n’a pas le même sens que pour un travailleur classique. La retraite à vingt-neuf ans ans ne laisse pas de moyens d’existence, sauf si l’on s’appelle Michaël Phelps, dont la fortune est estimée à 79 millions de dollars (source : David Long, Sunday Star Times), ce qui, à condition de ne pas dilapider et de judicieusement investir, permet d’aller jouer au golf et de voir venir.

Lauren Boyle n’était pas une nageuse précoce, un phénomène à la Katie Ledecky, Missy Franklin, Ian Thorpe ou encore Michaël Phelps. « Je n’ai jamais été si forte que ça », dit-elle, et a beaucoup nagé avant, à 14 ans, de battre ses records de jeunes néo-zélandais. Elle a construit l’essentiel de son palmarès à vingt ans passés, ce qui est rare en natation. Malgré son mètre quatre-vingt-trois, elle fait assez fragile (avec 67kg). Souvent malade ou blessée, elle admet avoir été poussée par sa passion.

Lui parle-t-on de l’ennui de nager ? Elle réfute l’argument. « Jeune, dit-elle à Stuff, un site néo-zélandais d’informations, tant de choses se passent, pas le temps de s’ennuyer. Au niveau de l’élite, l’intensité chasse tout sentiment d’ennui. Au plus haut niveau international, peu de choses séparent l’échec du succès. On est donc tout le temps dans l’intensité, en train de surveiller ce qui se passe, comment tu te meus dans l’eau, où en sont tes rotations. Quand ton cerveau fonctionne, pas de place pour l’ennui. »

Cette tête bien pleine qui ne pense pas qu’en nageant lui vaut d’avoir décroché un diplôme de business de l’Université de Berkeley, en Californie. Après les Jeux de Londres, à 24 ans, elle hésite au sujet de son avenir. Elle continue et, à 26 ans, elle obtint ses résultats les plus brillants, aux championnats du monde de Barcelone : trois médailles de bronze, sur 400, 800 et 1500 mètres. L’or étant enlevé les trois fois par Ledecky, l’argent par Melanie Costa sur 400, par Lotte Friis sur 800 et 1500 !

En 1974, c’était le titre sur 400 mètres aux Jeux du Commonwealth. En 2015, à Kazan, elle se mélangeait les pinceaux sur 400, par manque flagrant de vitesse, mais enlevait deux fois l’argent, sur 800 et 1500 mètres, effaçant en outre deux records océaniens… La  blessure aux hanches suivrait de près.

Le départ de Boyle a été durement ressenti par la natation néo-zélandaise. D’abord parce que la fille, quand elle était en bonne santé, signifiait : espoir de médailles. Ensuite parce qu’ « une réduction financière significative » des fonds affectés à la Fédération néo-zélandaise de natation (Swimming New Zealand) a suivi presque directement la blessure à la hanche de Lauren Boyle et par les contre-performance olympiques qui s’en sont ensuivies, à Rio. Pour faire court, la dotation gouvernementale à la natation passa de $1,3 million à $900.000.

…Un seul être vous manque…

Interrogée au sujet de l’équipe néo-zélandaise actuelle, Boyle n’a pas caché que les succès n’étaient pas possibles sans aide financière aux nageurs… et que la façon dont cette aide fonctionne pose un problème complexe.

“On ne peut réussir sans argent – un bon nageur avec beaucoup de talent peut surgir des rangs dans le secondaire et recevoir une bourse d’études aux USA. Une fois que vous êtes 12e au monde dans votre épreuve individuelle, alors vous pouvez recevoir une aide, la PEG (Performance Enhancement Grant), que vous attribue le High Performance Sport de Nouvelle-Zélande. Il s’agit d’un fonds omnisport. Si vous regardez le mode de fonctionnement du High Performance Sport New Zealand, est-il imparfait ? Le concept est bon. La structure pyramidale est nécessaire. L’argent part du High Performance Sport NZ vers les organisations sportives nationales, et s’il y a des problèmes à ce niveau, comme un manque de managers de qualité ou de décideurs, alors, je ne sais pas, il peut y avoir là des problèmes. »

A ce second niveau, la question, ajoute-t-elle, est une question d’équilibre : « Si vous ne coupez pas les ressources destinée à l’entraînement, alors, devez-vous couper du côté des fonds de l’administration ? Le sport néo-zélandais semble avoir le chic pour bâtir une infrastructure qui sert l’institution au moins aussi bien que les « clients » que sont les athlètes. Selon moi, on devrait couper dans les ressources managériales, et non pas dans l’interface piscine, mais c’est difficile. »

Un autre souci, toujours selon elle, nait dans l’approche insulaire du sport Kiwi. « M’est avis qu’on n’est pas une meilleure nation de natation parce que la culture sportive n’est pas devenue globale. Même si le monde est devenu petit maintenant, en termes de portée technologique, au niveau du sport, la Nouvelle-Zélande est assez insulaire. Le sport au quotidien nous donne un assez bel aperçu de cette culture. Les jeux d’équipe sont plus prisés que les sports individuels. Je pense que les media de Nouvelle-Zélande ont une mentalité presque exclusive. Je ne regarde pas trop la télé, mais si je me tourne vers les nouvelles du soir, la couverture du sport, c’est, vous savez, Andrew Saville avec ses trois histoires de rugby. Ces infos sont dominées par ce qui se passe au niveau régional, et un peu par quelques nouvelles de rugby international. C’est très étroit et je pense que cela affecte les autres sports. La natation est un sport global extrêmement compétitif, j’imagine que les media ne s’y intéressent pas et les familles néo-zélandaises n’y sont pas exposées. » 

« Les Néo-Zélandais idolâtrent les rugbymen, beaucoup de gens veulent être de grands joueurs de rugby et cela draine beaucoup de talents en-dehors de la natation et des autres sports. Mon ambition de nageuse vint de ce que je vis Danyon Loader gagner ses médailles d’or aux Jeux olympiques, il y a donc eu là quelque chose né du fait de voir un autre Kiwi gagner. Quand les media ne couvrent pas les événements, il n’y a pas d’argent. Imaginez Lydia Ko (néo-zélandaise, phénomène du golf, numéro un mondiale à 14-15 ans) nageuse. Les choses seraient différentes. »

Lauren Boyle a sans doute raison. Cette grande nageuse n’a pas volé son diplôme de business. Mais l’expérience néo-zélandaise nous parait moins limitée qu’elle ne le dit. En changeant certains paramètres (et par exemple le mot rugby par le mot football), son analyse pourrait ainsi servir dans un pays qui affecte une forme hexagonale.

MILITAIRES : LE BRESIL DOMINE A DOMICILE, AUBRY ET BOUSQUIN CHAMPIONS DU MONDE

MILITAIRES : LE BRESIL DOMINE A DOMICILE, AUBRY ET BOUSQUIN CHAMPIONS DU MONDE

Eric LAHMY

Mardi 26 Décembre 2017

Première : les 49e championnats du monde militaires de natation (traditionnellement organisés par le Conseil International du Sport Militaire (CISM) se sont tenus au Brésil, dans des installations érigées pour les Jeux de Rio de Janeiro en 2016 par le Commissariat des Sports Aéronautiques . Ils ont opposé 131 nageurs des pays suivants : Allemagne, Brésil, Canada, France, Inde, Irak, Luxembourg, Pologne, Russie, Sri Lanka, Suisse et Ukraine.  

L’équipe de France ? Chef de mission, commandant Henri Duval, capitaine d’équipe Xavier Colomba, entraîneurs Loïc Cordonnier (adjudant) et Fabienne Charlopin, médecin Claire Richefort. Dix-huit nageurs, Oleg Garasymovitch,  Jean Dencausse, Alexandre Derache, Florian Truchot, Marc-Antoine Olivier, David Aubry, Guillaume Judes, Gaëtan Droguet, Yannick Chatelain, Hugo Deplanque, Anouchka Martin, Lena Bousquin, Camille Gheorghiu, Solène Gallego, Karine Bilski, Elodie Georges, Audrey Lombard et Anaëlle Quilliec.

A noter les victoires des Français David Aubry, vainqueur d’un 400 mètres très disputé contre le Brésilien Lopes, et de Lena Bousquin, ex-aequo sur 50 libre avec Etiene Medeiros, ainsi que du « quatre nageur » suisse Jeremy Desplanches, entraîné à Nice par Fabrice Pellerin. Le Brésil a largement dominé les compétitions, enlevant huit courses individuelles masculines et huit courses féminines, soit la moitié des épreuves, ainsi que les relais.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Gabriel Silva Santos, Brésil, 22s20 ; … Florian Truchot, France, 23s14.

100 libre : 1. Padro Henrique Silva Spajari, Brésil, 48s25 ; 2. Kacper Majchrzak, Pologne, 48s36

200 libre : 1. Kacper Majchrzak, Pologne, 1’47s18 ; … 4. David Aubry, France, 1’50s06 ; 5. Alexandre Derache, France, 1’50s35..

400 libre : 1. David Aubry, France, 3’49s76 ; 2. Luis Altamir Lopes Melo, Brésil, 3’49s83; … 5. Marc-Antoine Olivier, France, 3’51s71.

1500 libre : 1. Guilherme Da Costa, Brésil, 15’3s35 ; 2. Marc-Antoine Olivier, France, 15’4s84 ; 3. Sergii Frolov, Ukraine, 15’7s55; 4. David Aubry, France, 15’10s36.

50 dos : 1. Tomasz Polewka, Pologne,  25s01 ;… 6. Oleg Garasymovitch, France, 26s67.

100 dos : 1. Tomasz Polewka, Pologne,  54s62.

200 dos : 1. Leonardo De Deus, Brésil, 1’58s58.

50 brasse : 1. Joao Luiz Gomez Jr, Brésil, 26s80.

100 brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 1’0s20.

200 brasse : 1. Anton Chupkov, Russie, 2’9s12 ; 2. Oleg Kostin, Russie, 2’11s30 ; 3. Yannick Käser, Suisse, 2’11s51 ;… 5. Jean Dencausse, 2’17s34. 

50 papillon : 1. Henrique De Souza Martins, Brésil, 23s06 ; 2. Vlacheslav Prudnikov, Russie, 23s67.

100 papillon : 1. Henrique De Souza Martins, Brésil, 51s64 ; 2. André Pakhomov, Russie, 52s39.

200 papillon : 1. Leonardo De Deus, Brésil, 1’55s61 ; 2. Luiz Altamir Lopes Melo, Brésil, 1’57s29.         

200 4 nages : 1. Jeremy Desplanches, Suisse, 1’57s85.

400 4 nages : 1. Jeremy Desplanches, Suisse, 4’14s49; 2. Brandon Pierri Cruz de Almeida, Brésil, 4’16s84.

DAMES.- 50 libre : 1. Etienne Medeiros, Brésil, et Lena Bousquin, France, 25s35 ; 3. Anouchka Martin, France, 25s63.

100 libre : 1. Larissa Martins Oliveira, , Brésil, 55s70 ; 2. Manuella Lyrio, Brésil, 55s75 ; … 5. Lena Bousquin, France, 56s20.  

200 libre : 1. Manuella Lyrio, Brésil, 1’58s82.

400 libre : 1. Gabriella Gonçalves Roncatto, Brésil, 4’13s00.

800 libre : 1. Gabrielle Gonçalves Roncatto, Brésil, 8’49s00.

50 dos : 1. Etiene Pires Medeiros, Brésil, 28s04; 2. Lisa Graf, Allemagne, 29s; 3. Camille Gheorghiu, France, 29s06.

100 dos : 1. Etiene Medeiros, Brésil, 1’0s71; 2. Lisa Graf, Allemagne, 1’0s82; 3. Camille Gheorghiu, France, 1’2s73.

200 dos : 1. Lisa Graf, Allemagne, 2’12s51.

50 brasse : 1. Jhennifer Alves Conceicao, Brésil, 30s58; 2. Mariia Liver, Ukraine, 31s02.

100 brasse : 1. Maria Temnikova, Russie, 1’9s03.

200 brasse : 1. Maria Temnikova, Russie, 2’27s31.

50 papillon : 1. Svetlana Chimrova, Russie, 26s29.

100 papillon : 1. Svetlana Chimrova, Russie, 57s76.

200 4 nages : 1. Viktoria Andreeva, Russie, 2’14s22.

CHAMPIONNATS BRITANNIQUES : TAYLOR RUCK EN POINTE A SHEFFIELD

Lundi 25 décembre 2017

Le grand bassin de Ponds Forge, à Sheffield, n’a pas effrayé les nageurs britanniques qui ont disputé les championnats petit bassin entre le 13 et le 17 décembre. Mais c’est une Canadienne, Taylor Ruck, qui s’y est distinguée, y gagnant toutes les courses qu’elle s’était proposé de disputer, sauf sur 200 libre où, menée de bout en bout par Eleanor Faulkner, elle ne put lui reprendre la totalité de son avance au sprint. Taylor Ruck a finalement enlevé 100 libre, 100 et 200 dos

MESSIEURS.- 400 libre : 1. Jay Lelliott, Sheffield, 4’47s85; 2. Timothy Shuttleworth, Loughboro, 3’50s25. 1500 libre : 1. Jay Lelliott, Sheffield, 15’10s22; 2. Tom Derbyshire, Bath, 15’13s21. 100 dos : 1. Luke Greenbank, Loughboro, 54s58; 2. Chris Walker-Hebborn, Bath, 54s61. 50 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 27s58 ; 2. Lawrence Palmer, Putteridge, 27s71. 100 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 59s95. 200 brasse : 1. James Wilby, Loughboro, 2’10s28; 2. Andrew Willis, Bath, 2’11s10. 200 papillon : 1. James Guy, Bath, 1’56s66 ; Jacob Peters, Poole, 1’57s16.

DAMES.- 100 libre : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 52s96; 2. Anna Hopkin, Bath, 54s76; 3.Eleanor Faulkner, Sheffield, 54s88. 200 libre : 1. Eleanor Faulkner, Sheffield, 1’56s76; 2. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 1’56s91. 400 libre : 1. Eleanor Faulkner, Sheffield, 4’6s90; 2. Holly Hibbott, Stockport, 4’7s20. 100 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 1’0s09; 2. Jessica Fullalove, Bath, 1’0s65; 3. Kayla Sanchez, Ontario, CAN, 1’0s94; 4. Chloe Golding, Manchester, 1’1s22. 200 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, CAN, 2’6s87; 2. Chloe Golding, Manchester, 2’9s93. 50 brasse : 1. Imogene Clark, Loughboro, 30s62. 200 brasse : 1. Kiera Smith, Ontario, 2’24s09 ; Molly Renshaw, Loughboro, 2’24s71: 3. Abbie Wood, Loughboro, 2’26s72. 100 papillon : 1. Rebecca Smith, Ontario, CAN, 58s18. 200 4 nages : 1. Aimee Willmott, Stirling, 2’12s05; 2. Abbie Wood, Loughboro, 2’12s49. 400 4 nages : 1. Aimee Willmott, Stirling, 4’36s89 ; 2. Rosie Rudin, Sheffield, 4’39s95; 3. Abbie Woord, Loughboro, 4’40s30.

AF’ SUD: LE CLOS ET VAN DER BURGH QUALIFIES POUR LES COMMONWEALTH GAMES

Lundi 25 décembre 2017

Aux championnats d’Afrique du Sud qui se sont tenus à Durban pendant six jours, 29 filles et garçons, ont réalisé les minima requis pour entrer dans l’équipe nationale pour les Jeux du Commonwealth. Ils représentent 47 engagements

Les seuls nageurs de gros calibre international sud-africain restent Chad Le Clos, qualifié sur 100 et 200 mètres en nage libre et en papillon, et Cameron Van Der Burgh, le champion olympique 2012 du 100 brasse, a assuré sa présence sur 50 et 100 brasse.

La natation sud-africaine est constamment menacée dans ses programmes, en raison des coupes effectuées par le gouvernement. Les nageurs paient souvent une grande partie de leurs déplacements, et plusieurs d’entre eux n’ont pu honorer leurs sélections en raison des coûts. C’est ainsi que la plupart des sélectionnés sud-africains n’avaient pas effectué le déplacement pour les mondiaux de Kazan, en 2015…

…Duné Coetzee, 15 ans, protégée de Karin Prinsloo et l’un des espoirs de la natation sud-africaine, s’est qualifiée dans trois courses…

Calvyn Justus – 100m dos M (55s57)

Calvyn Justus – 100m libre M (50s35)

Ayrton Sweeney – 200m brasse M (2’11s64)

Ayrton Sweeney – 400m quatre nages M (4’16s53)

Ayrton Sweeney – 200m quatre nages M (2’1s64)

Erin Gallagher – 100m papillon D (58s93)

Erin Gallagher – 50m libre D (25s35)

Erin Gallagher – 100m libre D (54s93)

Brent Szurdoki – 400m libre M (3’53s24)

Brent Szurdoki – 1500m libre M (15s30s83)

Cameron van der Burgh – 100m brasse M (59s89)

Michael Houlie – 100m brasse M (1’1s98)]

Mariella Venter – 100m dos D (1’2s55)

Chad le Clos – 200m libre M (1’48s28)

Chad le Clos – 200m papillon M (1’58s01)

Chad le Clos – 100m libre M (49s74)

Chad le Clos – 100m papillon M (52s43)

Jarryd Baxter – 200m libre M (1’50s79)

Jarryd Baxter – 200m dos M (1’59s65)

Jarryd Baxter – 200m quatre nages M (2’0s99)

Emma Chelius – 50m libre D (25s66)

Emma Chelius – 100m libre D(56s53)

Olivia Nel – 50m libre D (26s06)

Duné Coetzee – 200m libre D (2’2s68)

Duné Coetzee – 200m papillon D (2’12s52)

Duné Coetzee – 400m libre D (4’14s53)

Luan Grobbelaar – 400m quatre nages M (4’22s58)

Tatjana Schoenmaker – 200m brasse M (2’26s46)

Tatjana Schoenmaker – 100m brasse M (1’7s89)

Kaylene Corbett – 200m brasse M (2’29s18)

Kaylene Corbett – 100m brasse M (1’9s57)

Emily Visagie – 200m brasse M (2’29s46)

Eben Vorster – 200m papillon M (1’59s88)

Marlies Ross – 200m quatre nages M (2’17s33)

Leith Shankland – 100m libre M (50s51)

Nathania van Niekerk – 200m dos M (2’14s75)

Ryan Coetzee – 100m papillon M(52s92)

Ryan Coetzee – 50m libre M (22s33)

Daniel Ronaldson – 100m papillon M (53s71)

Kate Beavon – 800m libre D (8’49s16)

Kristin Bellingan – 800m libre D (8’49s51)

Kristin Bellingan – 400m libre D (4’17s74)

Martin Binedell – 200m dos M (1’59s59)

Douglas Erasmus – 50m libre M (22s90)

Brad Tandy – 50m libre M (22s33)

Armand Maritz – 50m libre M (23s25)

Neil Fair – 200m quatre nages M (2’4s28)

CHAMPIONNATS NEERLANDAIS: FERRY WEERTMAN DESCEND DE SES 10 KM : 200, 400 et 1500 METRES

Lundi 25 décembre 2017

Absence des meilleurs nageurs néerlandais, pris par le meeting de Lausanne, à Hoofddorp où se sont tenus du 21 au 23 décembre les championnats des Pays-Bas. De ce fait, pas de performances notables au plan international. Le fait le plus remarquable reste la triple victoire, sur 200, 400 et 1500 mètres, de Ferry Weertman, le champion olympique (à Rio de Janeiro) et du monde (à Budapest) du 10 kilomètres, squi enlève les 200, 400 et 1500 mètres

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 21s43. 100 libre : 1. Ben Schwietert NTC – ZPC AMERSFOORT , 48s63. 200 libre : 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi, 1’46s52. 400 libre: 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi , 3’44s38; 2. Luc Kroon, RTC – Ed-Vo, 3’48s81 (record 15 ans). 800 libre : 1. Marcel Schouten, NTC – PSV, 7’58s65. 1500 libre : 1. Ferry Weertman,  NTC – De Otters het Gooi , 15’6s31.

50 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 24s46. 100 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 53s15. 200 dos : 1. Jari Groenhart, RTC – TriVia, 1’55s85. 50 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 26s74. 100 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 59s78. 200 brasse : 1. Arno Kamminga, NTC – De Dolfijn, 2’6s20. 50 papillon : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 23s15. 100 papillon : 1. Joeri Verlinden, PSV, 50s78. 200 papillon : 1. Maarten Brzoskowski, NTC – PSV, 1’57s33. 100 4 nages : 1. Kyle Stolk, NTC – PSV, 53s38. 200 4 nages : 1. Kyle Stolk NTC – PSV, 1’57s14. 400 4 nages : 1. Arjan Knipping, PSV, 4’9s21.

DAMES.- 50 libre : 1. Valerie Von Roon, NTC – WVZ, 24s57. 100 libre : 1. Marrit Steenbergen, NTC – DZ&PC, 53s78. 200 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 1’56s33. 400 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 4’7s63. 800 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 8’32s77. 1500 libre : 1. Serena Stel, RTC – De Dolfijn, 16’37s37. 50 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 27s54. 100 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 59s70. 200 dos : 1. Tessa Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 2’6s40. 50 brasse : 1. Tes Schouten NTC, 30s90 (record 17 ans). 100 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 1’7s16 (en séries, 1’6s81, record 17 ans). 200 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 2’27s09. 50 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 26s11. 100 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 56s96. 200 papillon : 1. Kinge Zandringa, NTC – De Dolfijn, 2’12s10. 100 4 nages : 1. Marrit Steenbergen NTC – DZ&PC, 59s61.  200 4 nages : 1. Marjolein Delno, NTC – VZC, 2’11s60. 400 4 nages : 1. Lotte Hosper , RTC – Racing Club, 4’51s47.

GREGORIO PALTRINIERI CHEZ MACKENZIE HORTON : ET MAINTENANT, QUOI ?

Eric LAHMY

Dimanche 24 Décembre 2017

Nicole Jeffery, journaliste de « The Australian », expliquait le 11 octobre dernier comment Gregorio Paltrinieri et Mackenzie Horton ont décidé de s’entraîner ensemble, moitié par sympathie partagée, moitié parce qu’ils conçoivent leur relation comme une collaboration.

La compétition est-elle conseillée à l’entraînement ? Sans doute. Pourtant, selon le dicton, on ne doit pas laisser deux crocodiles dans le même marigot…

Entre le champion olympique du 1500 mètres et celui du 400 mètres, à Rio, en 2016, la concurrence leur parait sans doute nécessaire au quotidien. Elle seule leur permet de se dépasser…

L’une des tentations d’un nageur de compétition revient à se préparer seul (ou sans adversaires à sa mesure, ce qui revient au même) dans son coin afin de créer la surprise. Il y a aussi que souvent, la jalousie s’en mêle (et les filles, surtout, y sont sujettes). L’isolement parait de plus en plus difficile, parce que la possibilité de disposer d’un « coup d’avance » sur les autres s’est considérablement rétrécie à notre époque.

Un entraîneur ne peut plus disposer d’une arme secrète, alors que dans le passé, il restait tant à découvrir que des coaches astucieux et réfléchis pouvaient développer des techniques novatrices : un truc en plus, du jamais vu.

Ces trouvailles qui conduisaient la progression de la natation pouvaient se situer dans bien des domaines : l’allongement des distances parcourues, l’intensité, la part entre aérobie et anaérobie, la science des intervalles de repos dans le fractionné, l’utilisation de méthodes de musculation, d’athlétisation le plus souvent de préparation à sec innovatrices, l’altitude, des techniques qui pouvaient être psychologiques, visualisation, hypnotisme, et, bien entendu, l’évolution de la forme de nage…

L’une des caractéristiques du champion tient dans la confiance en soi. C’est cette confiance, ajoutée au fait que s’entraîner seul, à l’année, n’est plus envisageable, psychologiquement, quand la préparation prend huit heures par jour, qui le pousse à envisager de partager son entraînement avec un concurrent. D’ailleurs, un entraîneur ne peut se dédier à un seul nageur.

L’aventure d’Horton et de Paltrinieri vient de ce que ces deux garçons (et aussi Gabriele Detti), après s’être entrebattus de manière acharnée en compétition, se sont quand même appréciés. Alors qu’Horton faisait monter la pression avec le Chinois Sun Yang, guère aimé en Australie surtout pour s’être dopé, après avoir été avec son équipe accueilli en Australie (contre rétributions il est vrai), les relations avec les Italiens passèrent au beau fixe et s’y sont maintenus.

Greg et Mack deviennent copains à Melbourne où l’Italien vient nager un mois ou deux de 2014 chez Craig Jackson.

GREG PENSE PLUS AUX DIX KILOMETRES, MACK PLUS AU DEUX CENTS METRES.

Jackson, ancien nageur et coach sud-africain – une nation qui perd tous ses bons entraîneurs en raison du manque d’équipements et de moyens, enseigne depuis 2008 au club Vicentre de Melbourne. Paltrinieri, comme Horton, a apprécié cette préparation commune, Mack plus rapide, Greg infatigable…

Les mois qui suivent, Ils continuent de dialoguer par le biais d’Internet. Quand on est autant adversaires qu’ils le sont, on dit « ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. » Et pourtant… Paltrinieri, après les Jeux de Rio, où l’un enlève le 400, l’autre le 1500, invite Horton à finir l’été dans sa famille, du côté de Naples. Ils hantent la côté amalfienne, journées à la plage ou en mer, soirée en discothèques.

Ces bonnes relations semblent évidentes à l’arrivée du 1500 mètres des championnats du monde de Budapest, que Paltrinieri gagne après un duel serré contre Mykhailo Romanchuk, devant Horton et Gabriele Detti. A l’issue de la course, les Italiens et l’Australien sont contents de se congratuler dans l’eau…

Citant le coach (de Paltrinieri et Detti) Stefano Morini, à la fin de l’été 2016, Stefano Arcobelli, chroniqueur italien, poétise et « lyricise » cette relation : « La différence de Paltrinieri avec Horton est toute ici : Greg pense plus aux dix kilomètres, Mack plus au deux cents mètres. Dans cet accordéon de distances triomphe l’amitié de deux talents d’un or précieux, lancés dans quatre années royales. Aujourd’hui dans le royaume de Naples, est la diarchie Greg&Mark, les nice guys. »

L’amitié est une chose. L’intérêt bien compris en est un autre. Je ne sais si Mack a besoin de Greg et vice-versa. Mais l’Italien décide de tenter une aventure australienne.

Dans le quotidien The Australian, Nicole Jeffery dénoue les ficelles de cette relation intéressée, côté Horton : « en fait, Horton espère que l’expérience fera de Paltrinieri un meilleur nageur, pas un nageur tellement bon qu’il ne pourra pas le battre. Le grand désir d’Horton est de voir la couronne du 1500 mètres revenir à l’Australie, et dans son esprit, s’entraîner en compagnie de Paltrinieri l’aidera à achever cette tâche. »

Le site Swim Swam présente le travail de Craig Jackson à travers le « développement » de Mackenzie Horton nageur, dans un article de septembre 2016 signé Jeff Grace dont la référence est :

https://swimswam.com/jackson-discusses-development-olympic-champion-mack-horton/

 

COMME SOUVENT DESORMAIS, DES EQUIPES ENTIERES SUIVENT LES NAGEURS

Outre les débuts de Mack à Vicentre, juste avant son treizième anniversaire, après que Craig ait soupçonné son potentiel dans une course où il avait pourtant été battu, on a droit à un court aperçu de sa carrière internationale, qui débute précocement à quinze ans.

Horton dispose, selon Jackson, d’un fort bagage mental, indispensable pour les nageurs de long (ce qui n’étonnera personne). Horton nage deux fois les lundis, mardis, jeudis, vendredis, une fois les mercredis, samedis. Du lundi au vendredi, il exécute soit une séance de « gym » (lundi, mercredi, vendredi), soit un Pilates (mardi, jeudi). Les distances hebdomadaires parcourues avoisinent 60 à 65 kilomètres avec des pointes de 70 kilomètres et au contraire 40 kilomètres dans les phases d’affûtage. Comme souvent désormais, des équipes entières suivent les nageurs, travail de force et de condition physique avec des spécialistes de l’Institut des Sports de l’Etat de Victoria, de technique avec une biomécanicienne travaillant notamment sur les virages et les coulées, que Jackson a baptisées « la cinquième nage » ; certaines séances sont filmées pour mesurer l’efficacité technique. Des exemples de séances, où la cadence et le nombre d’attaques de bras, sont également donnés.  

Qu’est-ce qu’un régime pareil peut apporter à Paltrinieri ? Un changement. L’Italien, nage, nage et nage encore. Autour de 19 kilomètres par jour, 100 kilomètres par semaine, lit-on dans La Gazzetta dello Sport du 19 avril 2016. Pas de diversité dans son programme : « demain, je sais que ce sera la même chose. » La seule variante, c’est les jours où l’antidopage le réveille (à partir de six heures). Il ne s’agit pas d’une grosse surprise, puisqu’avant les Jeux, des mois durant, il a été inspecté en moyenne une fois la semaine et jusqu’à six fois par mois…

LE CENTRE DE L’ORGUEIL D’UN CHAMPION SE SITUE DANS LA CONVICTION QUI L’HABITE DE SA SUPERIORITE.

A l’entraînement, depuis octobre, le rapport de forces entre les deux répond aux qualités démontrées en compétitions. Quand c’est court, le champion olympique du 400 triomphe. Au sol, en gym, dans les séances de Pilates, Paltrinieri peut finir ridicule. Mais lorsque le kilométrage augmente, le roi du 1500 prend sa revanche… Horton : « Il me tanne dans tous les entraînements de distance. Il est infatigable et nos forces sont les faiblesses de l’autre, et c’est pourquoi il est bon pour nous de s’entraîner ensemble. »

Les entraînements communs de deux géants pourraient faire l’objet d’un passionnant article à eux seuls. Dans le passé, en effet, quand des tempéraments dominateurs se sont trouvés réunis pour le meilleur (et parfois pour le pire), cela a toujours produit des étincelles. Cela a été Weissmuller contre Borg (années 1920), Rose contre Konrads, puis contre Yamanaka, puis contre Saari (1950-60), Schollander contre Spitz (1970), Shaw contre Furniss (1970), Popov contre Klim (1990), Phelps contre Thorpe et Hackett (2000)… Intenses affrontements d’egos.

Le centre de l’orgueil d’un champion se situe dans la conviction qui l’habite de sa supériorité. Aussi Paltrinieri et Horton se plaisent-ils à s’entre-déchirer dans leurs entraînements : « Je veux le battre, dit encore Horton à notre consoeur, mais j’espère aussi qu’il puisse faire pour le mieux. S’il élève la barre, m’entraîner avec lui devrait m’indiquer ce que je dois faire pour franchir cette barre. »

Paltrinieri avait prévu dès avant son arrivée à Melbourne qu’il retournerait en Italie afin de nager les Europe en petit bassin de Copenhague. Là, je ne sais s’il a accusé le coup de s’être fait battre par Romanchuk, mais il est prévu qu’il retourne aux Antipodes. Il jouera en quelque sorte les sparring-partners d’Horton avant les sélections australiennes pour les Jeux du Commonwealth. Or Mack, qui n’a toujours pas gagné un grand 1500 mètres en compétition senior et fut second, aux derniers Jeux du Commonwealth, en 2014 (derrière le Canadien Ryan Cochrane), pense que la présence à ses côtés du champion olympique et double champion du monde de la plus longue distance olympique de natation en bassin peut constituer un réel avantage pour lui..

L’Italien, dans son pays, on l’a dit, voit sa préparation essentiellement basée sur de longs kilométrages dans la piscine, alors qu’à Melbourne, les longueurs de bassin s’agrémentent de séances gymniques et de boxe ainsi que de programmes d’amélioration de la force et de la condition physique. « Des tirages aux anneaux m’ont permis de déceler que mon épaule gauche est moins forte que la droite », explique encore Horton.

Paltrinieri, malgré le moindre kilométrage effectué dans l’eau, sort des séances épuisé, secoué par les séries de battements de jambes (lui qui les laisse traîner dans ses 1500 mètres), les exercices physiques ou technique auxquels il n’est pas habitué. Parfois, d’autres cracks australiens se déplacent à Gold Coast et se mêlent aux séances, David McKeon ou l’Américain David Wilimovsky.

On ne peut prédire ce qu’amènera cet enseignement en commun. Pourront-ils tous deux gagner au change ? L’un d’entre eux sera-t-il le dindon de la farce ? Réponses cet été, aux championnats d’Europe comme aux Jeux du Commonwealth…

SWIM VORTEX DISTRIBUE SES OSCARS ET SES RAZZIE AWARDS

Eric LAHMY

Vendredi 22 Décembre 2017

Le 20 décembre, le site britannique de natation Swim Vortex a fait connaitre ses « readers awards », la liste des nageurs et des membres actifs de la communauté de la natation ayant été distinguée par ses lecteurs. Trois nageurs dominent au plan mondial : l’Américain Caeleb Dressel et le Britannique Peaty chez les hommes, et la Suédoise Sarah Sjöström chez les femmes. Le site, tenu par l’excellent Craig Lord, a aussi attribué la meilleure performance absolue de l’année à Sjöström, pour son 100 papillon record, 55s71, tandis que, aux points, ce sont les 25s95 de Peaty sur 50 brasse qui représentent le plus fort exploit à la table de cotation (laquelle ne saurait être parfaite). Ce sont bien entendu des performances exceptionnelles…

Dressel est un vainqueur incontestable, même si je ne considère pas qu’il ait « gagné sept médailles » aux championnats du monde. Seules les médailles individuelles devraient être prises en compte pour calibrer la valeur d’un nageur, on n’est pas au foot…

Avec la manie de multiplier les relais, un nageur de valeur des USA peut, sans gagner la moindre course individuelle, aujourd’hui, remporter cinq médailles d’or de relais grâce à la valeur d’ensemble de ses équipiers, et si Dressel a gagné 50 et 100 libre et 100 papillon avec des performances épatantes (et été étonnamment battu sur 50 papillon), je ne vois pas en quoi ses exploits dans les quatre relais auxquels il a participé, quatre fois 100, quatre fois 100 quatre nages et les deux relais mixtes), simples répétitions de son programme individuel, pourraient ajouter à sa valeur.

Cette dérive comptable n’est guère récente (sauf celle un peu aberrante, de donner des médailles aux remplaçants des relais vainqueurs, ayant nagé en séries), et je me souviens, aux premiers Jeux olympiques que j’ai suivis, ceux de Tokyo en 1964, que derrière Don Schollander et ses quatre médailles, le plus médaillé des Jeux était Steve Clark, avec trois médailles d’or, seulement dans les relais : il n’avait pris part à aucune course individuelle.

Pour atteindre au palmarès de Dressel, il n’a manqué à Sjöström, gagnante du 50 libre, du 50 et du 100 papillon et 2e du 100 libre, que quelques équipières à la hauteur de la tâche pour gagner les relais. Dans le quatre fois 100 quatre nages, elle a nagé le 100 papillon, lancée, en 55s03, entre une 1s27 et 3s26 plus vite que les autres finalistes, mais « elle » n’a fini que 5e du relais avec la Suède ; en quoi les gagnantes américaines de ce relais doivent-elles obtenir un bonus par rapport à elle, au plan individuel, à partir de leur performance collective ?

La nomination d’Adam Peaty par un public britannique ne doit pas étonner. Peaty a révolutionné le sprint en brasse, qu’il domine de façon proprement phénoménale. A Budapest, le surpuissant Adam a devancé un costaud comme l’Américain Kevin Cordes d’une longueur de corps, sur 100 mètres : le seconde et trente-deux centièmes qui le séparait de l’Américain peut paraitre dérisoire à un public non averti, elle n’en équivaut pas moins à la distance qui séparait Cordes du vingtième nageur des mêmes mondiaux de Budapest, l’Australien Daniel Cave !

D’une certaine façon, Adam est donc incomparable…

Si quelqu’un d’autre aurait pu apparaître au rang des très grands nageurs de la saison, c’est bien le Chinois Yang SUN. Certes, j’ai du mal à imaginer le nom de SUN surgir dans un texte de Craig Lord sans que celui-ci oublie l’astérisque qui suit le patronyme d’un nageur ayant connu un contrôle de dopage positif. Le couronner parait hors de propos. Le Chinois n’en a pas moins triomphé sur 200 mètres et 400 mètres libre aux mondiaux de Budapest et comme je tiens la nage libre comme l’essentiel du programme de natation…

… SwimVortex distingue, comme c’est devenu la mode, une tripotée de champions dans diverses catégories : Aurélie Muller, France, et Ferry Weertman, Pays-Bas, sont nommés meilleurs nageurs d’eau libre de la saison, sur leurs titres mondiaux de 10 km, distance olympique ; les meilleurs juniors sont Kliment Kolesnikov (Russie) et Rikako Ikee (Japon).

Les « courses de l’année » ont été produites selon notre confrère par Anton Chupkov, Russie, sur 200 brasse, et par Federica Pellegrini, Italie, sur 200 libre. Les coaches de l’année sont Gregg Troy et Greg Mehan, en fonction, comme toujours de leurs nageurs, Caeleb Dressel pour celui-là à l’Université de Floride, Simone Manuel et Kathy Ledecky pour celui-ci à l’Université de Stanford. Je suis un peu sceptique sur les classements d’entraîneurs de cette façon, les coaches d’université US étant surtout des champions du mercato. Pour ma pomme, j’aurais mis Philippe Lucas pour son équipe d’eau libre.

Pendant ses années Phelps, Bob Bowman était automatiquement élu meilleur entraîneur du monde. Il rentre désormais dans le rang…

Je vous fais grâce des meilleurs relais et d’autres classements que vous pourrez lire sur le site de Swim Vortex, mais je ne vous priverai pas, dans ma traduction non autorisée, des réflexions de Craig Lord qui clôturent (in cauda venenum) son article.

Ayant demandé à ses lecteurs des suggestions concernant « ceux qu’ils auraient aimé distinguer », il a obtenu des réponses intéressantes : ainsi les bénévoles danois qui ont aidé à l’organisation des championnats d’Europe petit bassin de Copenhague avec un sens du devoir souriant et de la courtoisie efficace qui a fait l’unanimité des nageurs (Adam Peaty, conquis, a offert une de ses médailles d’or à une jeune bénévole de 12 ans).

D’autres ont suggéré d’honorer un peu à l’image des Razzie Awards les pires acteurs de la natation. Bien entendu, comme les Britanniques ne connaissent pas Francis Luyce et sa bande, ce sont les nuisibles de la FINA, à Lausanne, qui ont été proposés avec insistance, aux titres de pires serviteurs du sport. Aucun nom n’a été cité, mais on les connait.

LAUSANNE : TAYLOR RUCK PARTOUT, 200 LIBRE, 100 ET 200 DOS

Eric LAHMY

Vendredi 22 Décembre 2017

On attendait avec curiosité le 200 mètres de Charlotte Bonnet, après son succès de la veille sur 100, à la Lausanne Cup. Mais en fait de coupe, celle de Charlotte était pleine, et la Niçoise avait senti une grosse fatigue s’abattre sur elle, après cette suite d’efforts maximum consentis depuis un mois, entre championnats de France et d’Europe. Tout le monde n’est pas taillé dans le métal d’Iron Lady, qui a bien dû consentir pour sa part à l’ex-aequo, sur 100 dos, à la Canadienne Taylor Ruck…

C’est l’Ontarienne, grande araignée (1,80m, 60kg) qui s’était révélée aux championnats du monde juniors 2015, où elle s’imposait dans des temps canon sur 100 et 200 et se médaillait au 200 dos, qui a remporté le 200 libre de Lausanne, non sans un farouche défi de Femke Heemskerk, laquelle n’était devancée que de 17 centièmes. Charlotte s’était placée, en séries, avec le deuxième temps derrière Ruck, 1’55s12 contre 1’55s11. En finale, passée en 55s34, quatrième mais tout près des deux Canadiennes pratiquement dans le même mouvement, 55s06 (Ruck) et 55s13 (Smith), que serrait au plus près Heemskerk (55s26). La course resta ouverte jusqu’au bout. Ruck augmenta légèrement son avantage sur Heemskerk, seule à pouvoir lancer une contre-attaque finale. Ce fut assez nettement l’épreuve la plus intéressante de la journée.

Ranomi Kromowidjojo, elle, enleva le 50 libre devant la jeune Japonaise Rikako Ikee et… Taylor Ruck, décidément sur tous les fronts et qui, après son ex-aequo sur 100 dos, enlevait la distance double, très facilement, avec un temps de 2’1s66 qui pourrait bien constituer le meilleur chrono de la soirée, avec le 55s64 de Rikako Ikee sur 100 papillon et le 50 mètres de Kromowidjojo (23s66). La performance masculine de relief fut réalisée par le Japonais Masaki Kaneko sur 100 dos. Daya Seto, lui, snobait le quatre nages, laissant la voie libre à Kosuke Hagino, et remportait le 200 libre à la touche devant Pieter Timmers.

Taylor Ruck, qui a annoncé qu’elle nagerait l’an prochain pour l’Université de Stanford, a bien terminé 2017 !

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Michael Andrew, Race Pace Clu, 21s31; 2. Shinri Shiourai, Japon, 21s36. 200 libre : 1. Daya Seto, Japon, 1’44s10 ; 2. Pieter Timmers, Vlaamse, Belgique, 1’44s12 400 libre : 1. Nils Liesse, Suisse, 3’45s11. 100 dos : 1. Masaki Kaneko, Japon, 49s92; 2. Junya Koga, Japon, 51s60. 50 brasse : 1. Yasuhiro Koseki, Japon, 26s51; 2. Daya Seto, Japon, 26s66. 200 brasse : 1. Erik Persson, Kungsbacka, 2’5s01; 2. Yannick Kaeser, Suisse, 2’6s42; … 4. Jean Dencausse, CNM, 2’8s72. 100 papillon : 1. Philip Heintz, Heidelberg, Allemagne, 51s59. 200 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 1’52s65; 2. Philip Heintz, Nikar Heidelberg, 1’53s17; 3. Jeremy Desplanches, Olympic Nice et Suisse, 1’54s75.

DAMES.- 50 libre : 1. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 23s66 ; 2. Rikako Ikee, Japon, 23s95; 3. Taylor Ruck, Canada, 24s08; 4. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 24s12; 5. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 24s72. 200 libre : 1. Taylor Ruck, High Performance, Ontario, Canada, 1’52s74; 2. Femke Heemskerk, Koninklijke, Pays-Bas, 1’52s91 ; 3. Rebecca Smith, High Performance, Ontario, Canada, 1’53s83; 4. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 1’54s25; 5. Kayla Sanchez, High Performance Ontario, Canada, 1’56s35 (en série, 1’55s87); 6. Michelle Coleman, Sparvaegen, Suède, 1’56s49 (en série, 1’55s91). Finale B: 1. Tomomi Aoki, Japon, 1’55s47 ; 2. Yui Ohashi, Japon, 1’56s77 ; 3. Rio Shirai, Japon, 1’56s83. 400 libre : 1. Julia Hassler, Nikar Heidelberg, 4’6s78. 100 dos : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, et Taylor Ruck, Canada, 56s99; 3. Natsumi Sakai, Japon, 57s55. Finale B: 1. Mathilde Cini, CNM, 59s22. 200 mètres dos: 1. Taylor Ruck, Canada, 2’1s86 ; 2. Natsumi Sakai, Japon, 2’4s19. 50 brasse : 1. Sarah Vasey, Grande-Bretagne, 30s47. 200 brasse : 1. Reona Aoki, Japon, 2’18s81 ; 2. Runa Imai, Japon, 2’21s55. 100 papillon : 1. Rikako Ikee, Japon, 55s64; 2. Kimberley Buys, Vlaamse, Belgique, 56s97. 200 4 nages : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, 2’5s00; 2. Yui Ohashi, Japon, 2’6s42; 3. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 2’8s41; 4. Sakiko Shimizu, Japon, 2’8s61.

LAUSANNE: CHARLOTTE BONNET DOMINE UN PLAISANT JEU DE DAMES… ET MESSIEURS POUR PLEURER !

Eric LAHMY

Jeudi 21 Décembre 2017

Moi, je serais directeur de meeting, je n’inviterais pas les mecs. Enfin, je n’insisterais pas tant que ça pour les avoir. Parce qu’il faudra qu’on m’explique pourquoi on trouve presque systématiquement deux fois plus de jeunes filles que de jeunes gens à réaliser des performances de qualité dans les meetings. Qu’est-ce qui fait la solidité de celles-là et la fragilité de ceux-ci ? Qu’est-ce qui fait des meetings un plaisant jeu de dames, et messieurs pour pleurer ?

La meilleure explication entendue, jusqu’ici, tiendrait au sérieux et au professionnalisme des filles – et donc au dilettantisme des garçons. Comme dans ces soirées où les filles sont nickel et les gars mal peignés ? Voire !

Un qui est totalement excusé, c’est Jordan Pothain. Déjà malade pendant les championnats d’Europe de Copenhague, il a déclaré forfait à Lausanne et pourra se refaire avant de filer en stage à Tenerife… C’est sûrement mieux de faire comme ça…

Si vous trouvez que je vais un peu trop loin, sachez que c’est (aussi) pour capter votre attention. Heureusement pour le traditionnel meeting de Lausanne, dans un bassin de six lignes d’eau qui lui donne son originalité en permettant de mieux concentrer l’action et la visibilité de chaque concurrent il y avait une équipe japonaise, et je dois dire que les représentants de l’extrême orient, frais émoulus d’un stage d’altitude à Sierra Nevada où Fred Vergnoux faisait mariner ses troupes, n’ont guère baguenaudé, et ont sauvé pas mal l’honneur du présumé sexe fort.

Le vaillant Daya Seto, quoique laissé dans sa solitude après un aller et retour de bassin a nagé un fort 200 mètres papillon, pas loin de chatouiller le record du monde petit bassin de Chad Le Clos (1’48s56), et le « Phelps du Japon », Kosuke Hagino a accompli un 400 mètres quatre nages pas moche du tout, dans sa technique dont ma correspondante G. Necker prétend qu’elle est digne d’être enseigtnée dans les écoles…

Pour le reste, c’était plus ou moins correct. Mais cela demeurait éloigné de la production féminine. Sur 100 mètres, gagné par Charlotte Bonnet, à la touche, devant Taylor Ruck, Rikako Ikee et Ranomi Kromowidjojo, et, à une coudée Femke Heemskerk, on peut dire qu’on assistait à la course de la soirée.

Mais en fait, toutes les courses féminines soit étaient très enlevées, soit donnaient lieu à de beaux chronos.

Sur 400 quatre nages, Yui Hohashi, longiligne Niponne qui passe pour l’un des espoirs de l’épreuve (elle a été médaillée d’argent sur 200 quatre nages, en août à Budapest, après avoir frôlé la correctionnelle, 8e et dernière qualifiée), emmenait un groupe de quatre Japonaises avec Sakiko Shimizu, Hiroko Makino, Suzuka Hasegawa, qui phagocytent les quatre lignes d’eau centrales, dans une démonstration de force collective. Mais l’épreuve est des plus faciles pour Hohashi, qui bat le record du meeting de Katinka Hosszu.

Laquelle Hosszu, beaucoup moins gourmande qu’à son habitude, se contentait d’enlever le 50 mètres dos et le 100 quatre nages…

Dans cette première journée, une seule course de libre, le 100 mètres, dames et messieurs, et un programme encombrée d’épreuves de spécialités. Je trouve que la nage libre devrait toujours être au centre de la natation. Dans ces programmes voulus par la FINA, elle en devient la périphérie… Le programme de vendredi est un peu mieux équilibré cependant.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Katsumi Nakamura, Japon, 47s ; 2. Pieter Timmers, Vlaamse, Belgique, 47s28 ; 3. Oussama Sahnoune, CNM, 47s34. 50 dos : 1. Junya Koga, Japon, 23s25. 200 dos : 1. Masaki Kaneko, Japon, 1’50s04 ; 2. Nicolas D’Oriano, CNM, 1’58s30. 100 brasse : 1. Yasuhiro Koseki, Japon, 57s53. 50 papillon : 1. Andrii Govorov, Ukraine, 22s88. 200 papillon : 1. Daya Seto, Japon, 1’50s33 (24s64 + 27s92 + 28s82 + 28s95). 100 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 52s55; 2. Philip Heintz, Kikar Heidelbergg, 400 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 4’2s99 (54s73, 1’55s08, 3’4s87); 2. Jeremy Desplanches, Olympic Nice et Suisse, 4’7s53.

DAMES.- 100 libre : 1. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 52s06 (25s35 + 26s71); 2. Taylor RUCK, Ontario, 52s09 (25s09 + 27s00); ; 3. Rikako Ikee, Japon, 52s11 (25s67 + 26s44); 4. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 52s16 (25s11 + 27s05); 5. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 52s34 (25s26 + 27s08); 6. Rebecca Smith, Ontario, 53s27. Finale B: 1. Kayla Sanchez, Ontario, 53s22Tomomi Aoki, Japon, 53s72. 50 dos : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, 26s47; 2. Natsumi Sakai, Japon, 26s74; 3. Kira Toussaint, De Dolphinjn, 26s90; 4. Mathilde CINI, CNM, 27s13. 200 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, 2’1s86 (28s57 + 30s50 + 30s98 + 31s61); 2. Natsumi Sakai, Japon, 2’4s19. 100 brasse : 1. Reona Aoki, Japon, 1’5s29 ; 2. Runa Imai, Japon, 1’5s65 ; 3. Kierra Smith, Ontario, 1’5s74. 50 papillon : 1. Rikako Ikee, Japon, 25s02 ; 2. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 25s12 ; 3. Kimberley Buys, Belgique, 25s94. Finale B : 1. Lena Bousquin, CNM, 27s17. 200 papillon : 1. Franziska Hentke, Magdeburg, 2’5s23; 2. Hiroko Makino, Japon, 2’5s36. 100 4 nages : 1. Katinka Hoasszu, Hongrie, 58s40; 2. Runa Imai, 58s43; 3. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 59s45. 400 4 nages : 1. Yui Ohashi, Japon, 4’24s05 (1’0s40, 2’6s93, 3’22s53) ; 2. Sakiko Shimizu, Japon, 4’28s22.