CHAMPIONNATS NEERLANDAIS: FERRY WEERTMAN DESCEND DE SES 10 KM : 200, 400 et 1500 METRES

Lundi 25 décembre 2017

Absence des meilleurs nageurs néerlandais, pris par le meeting de Lausanne, à Hoofddorp où se sont tenus du 21 au 23 décembre les championnats des Pays-Bas. De ce fait, pas de performances notables au plan international. Le fait le plus remarquable reste la triple victoire, sur 200, 400 et 1500 mètres, de Ferry Weertman, le champion olympique (à Rio de Janeiro) et du monde (à Budapest) du 10 kilomètres, squi enlève les 200, 400 et 1500 mètres

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 21s43. 100 libre : 1. Ben Schwietert NTC – ZPC AMERSFOORT , 48s63. 200 libre : 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi, 1’46s52. 400 libre: 1. Ferry Weertman, NTC – De Otters het Gooi , 3’44s38; 2. Luc Kroon, RTC – Ed-Vo, 3’48s81 (record 15 ans). 800 libre : 1. Marcel Schouten, NTC – PSV, 7’58s65. 1500 libre : 1. Ferry Weertman,  NTC – De Otters het Gooi , 15’6s31.

50 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 24s46. 100 dos : 1. Ensger Kotterink, Albion d’ELFT (SG), 53s15. 200 dos : 1. Jari Groenhart, RTC – TriVia, 1’55s85. 50 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 26s74. 100 brasse : 1. Ties Elzerman, De Dolfijn, 59s78. 200 brasse : 1. Arno Kamminga, NTC – De Dolfijn, 2’6s20. 50 papillon : 1. Jesse Puts, Aquarijn, 23s15. 100 papillon : 1. Joeri Verlinden, PSV, 50s78. 200 papillon : 1. Maarten Brzoskowski, NTC – PSV, 1’57s33. 100 4 nages : 1. Kyle Stolk, NTC – PSV, 53s38. 200 4 nages : 1. Kyle Stolk NTC – PSV, 1’57s14. 400 4 nages : 1. Arjan Knipping, PSV, 4’9s21.

DAMES.- 50 libre : 1. Valerie Von Roon, NTC – WVZ, 24s57. 100 libre : 1. Marrit Steenbergen, NTC – DZ&PC, 53s78. 200 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 1’56s33. 400 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 4’7s63. 800 libre : 1. Esmee Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 8’32s77. 1500 libre : 1. Serena Stel, RTC – De Dolfijn, 16’37s37. 50 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 27s54. 100 dos : 1. Marieke Tienstra, RTC – TriVia, 59s70. 200 dos : 1. Tessa Vermeulen, NTC – De Dolfijn, 2’6s40. 50 brasse : 1. Tes Schouten NTC, 30s90 (record 17 ans). 100 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 1’7s16 (en séries, 1’6s81, record 17 ans). 200 brasse : 1. Tes Schouten, NTC – WVZ, 2’27s09. 50 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 26s11. 100 papillon : 1. Elinore de Jong, The Hague Swimming (SG), 56s96. 200 papillon : 1. Kinge Zandringa, NTC – De Dolfijn, 2’12s10. 100 4 nages : 1. Marrit Steenbergen NTC – DZ&PC, 59s61.  200 4 nages : 1. Marjolein Delno, NTC – VZC, 2’11s60. 400 4 nages : 1. Lotte Hosper , RTC – Racing Club, 4’51s47.

GREGORIO PALTRINIERI CHEZ MACKENZIE HORTON : ET MAINTENANT, QUOI ?

Eric LAHMY

Dimanche 24 Décembre 2017

Nicole Jeffery, journaliste de « The Australian », expliquait le 11 octobre dernier comment Gregorio Paltrinieri et Mackenzie Horton ont décidé de s’entraîner ensemble, moitié par sympathie partagée, moitié parce qu’ils conçoivent leur relation comme une collaboration.

La compétition est-elle conseillée à l’entraînement ? Sans doute. Pourtant, selon le dicton, on ne doit pas laisser deux crocodiles dans le même marigot…

Entre le champion olympique du 1500 mètres et celui du 400 mètres, à Rio, en 2016, la concurrence leur parait sans doute nécessaire au quotidien. Elle seule leur permet de se dépasser…

L’une des tentations d’un nageur de compétition revient à se préparer seul (ou sans adversaires à sa mesure, ce qui revient au même) dans son coin afin de créer la surprise. Il y a aussi que souvent, la jalousie s’en mêle (et les filles, surtout, y sont sujettes). L’isolement parait de plus en plus difficile, parce que la possibilité de disposer d’un « coup d’avance » sur les autres s’est considérablement rétrécie à notre époque.

Un entraîneur ne peut plus disposer d’une arme secrète, alors que dans le passé, il restait tant à découvrir que des coaches astucieux et réfléchis pouvaient développer des techniques novatrices : un truc en plus, du jamais vu.

Ces trouvailles qui conduisaient la progression de la natation pouvaient se situer dans bien des domaines : l’allongement des distances parcourues, l’intensité, la part entre aérobie et anaérobie, la science des intervalles de repos dans le fractionné, l’utilisation de méthodes de musculation, d’athlétisation le plus souvent de préparation à sec innovatrices, l’altitude, des techniques qui pouvaient être psychologiques, visualisation, hypnotisme, et, bien entendu, l’évolution de la forme de nage…

L’une des caractéristiques du champion tient dans la confiance en soi. C’est cette confiance, ajoutée au fait que s’entraîner seul, à l’année, n’est plus envisageable, psychologiquement, quand la préparation prend huit heures par jour, qui le pousse à envisager de partager son entraînement avec un concurrent. D’ailleurs, un entraîneur ne peut se dédier à un seul nageur.

L’aventure d’Horton et de Paltrinieri vient de ce que ces deux garçons (et aussi Gabriele Detti), après s’être entrebattus de manière acharnée en compétition, se sont quand même appréciés. Alors qu’Horton faisait monter la pression avec le Chinois Sun Yang, guère aimé en Australie surtout pour s’être dopé, après avoir été avec son équipe accueilli en Australie (contre rétributions il est vrai), les relations avec les Italiens passèrent au beau fixe et s’y sont maintenus.

Greg et Mack deviennent copains à Melbourne où l’Italien vient nager un mois ou deux de 2014 chez Craig Jackson.

GREG PENSE PLUS AUX DIX KILOMETRES, MACK PLUS AU DEUX CENTS METRES.

Jackson, ancien nageur et coach sud-africain – une nation qui perd tous ses bons entraîneurs en raison du manque d’équipements et de moyens, enseigne depuis 2008 au club Vicentre de Melbourne. Paltrinieri, comme Horton, a apprécié cette préparation commune, Mack plus rapide, Greg infatigable…

Les mois qui suivent, Ils continuent de dialoguer par le biais d’Internet. Quand on est autant adversaires qu’ils le sont, on dit « ces deux-là ne partiront pas en vacances ensemble. » Et pourtant… Paltrinieri, après les Jeux de Rio, où l’un enlève le 400, l’autre le 1500, invite Horton à finir l’été dans sa famille, du côté de Naples. Ils hantent la côté amalfienne, journées à la plage ou en mer, soirée en discothèques.

Ces bonnes relations semblent évidentes à l’arrivée du 1500 mètres des championnats du monde de Budapest, que Paltrinieri gagne après un duel serré contre Mykhailo Romanchuk, devant Horton et Gabriele Detti. A l’issue de la course, les Italiens et l’Australien sont contents de se congratuler dans l’eau…

Citant le coach (de Paltrinieri et Detti) Stefano Morini, à la fin de l’été 2016, Stefano Arcobelli, chroniqueur italien, poétise et « lyricise » cette relation : « La différence de Paltrinieri avec Horton est toute ici : Greg pense plus aux dix kilomètres, Mack plus au deux cents mètres. Dans cet accordéon de distances triomphe l’amitié de deux talents d’un or précieux, lancés dans quatre années royales. Aujourd’hui dans le royaume de Naples, est la diarchie Greg&Mark, les nice guys. »

L’amitié est une chose. L’intérêt bien compris en est un autre. Je ne sais si Mack a besoin de Greg et vice-versa. Mais l’Italien décide de tenter une aventure australienne.

Dans le quotidien The Australian, Nicole Jeffery dénoue les ficelles de cette relation intéressée, côté Horton : « en fait, Horton espère que l’expérience fera de Paltrinieri un meilleur nageur, pas un nageur tellement bon qu’il ne pourra pas le battre. Le grand désir d’Horton est de voir la couronne du 1500 mètres revenir à l’Australie, et dans son esprit, s’entraîner en compagnie de Paltrinieri l’aidera à achever cette tâche. »

Le site Swim Swam présente le travail de Craig Jackson à travers le « développement » de Mackenzie Horton nageur, dans un article de septembre 2016 signé Jeff Grace dont la référence est :

https://swimswam.com/jackson-discusses-development-olympic-champion-mack-horton/

 

COMME SOUVENT DESORMAIS, DES EQUIPES ENTIERES SUIVENT LES NAGEURS

Outre les débuts de Mack à Vicentre, juste avant son treizième anniversaire, après que Craig ait soupçonné son potentiel dans une course où il avait pourtant été battu, on a droit à un court aperçu de sa carrière internationale, qui débute précocement à quinze ans.

Horton dispose, selon Jackson, d’un fort bagage mental, indispensable pour les nageurs de long (ce qui n’étonnera personne). Horton nage deux fois les lundis, mardis, jeudis, vendredis, une fois les mercredis, samedis. Du lundi au vendredi, il exécute soit une séance de « gym » (lundi, mercredi, vendredi), soit un Pilates (mardi, jeudi). Les distances hebdomadaires parcourues avoisinent 60 à 65 kilomètres avec des pointes de 70 kilomètres et au contraire 40 kilomètres dans les phases d’affûtage. Comme souvent désormais, des équipes entières suivent les nageurs, travail de force et de condition physique avec des spécialistes de l’Institut des Sports de l’Etat de Victoria, de technique avec une biomécanicienne travaillant notamment sur les virages et les coulées, que Jackson a baptisées « la cinquième nage » ; certaines séances sont filmées pour mesurer l’efficacité technique. Des exemples de séances, où la cadence et le nombre d’attaques de bras, sont également donnés.  

Qu’est-ce qu’un régime pareil peut apporter à Paltrinieri ? Un changement. L’Italien, nage, nage et nage encore. Autour de 19 kilomètres par jour, 100 kilomètres par semaine, lit-on dans La Gazzetta dello Sport du 19 avril 2016. Pas de diversité dans son programme : « demain, je sais que ce sera la même chose. » La seule variante, c’est les jours où l’antidopage le réveille (à partir de six heures). Il ne s’agit pas d’une grosse surprise, puisqu’avant les Jeux, des mois durant, il a été inspecté en moyenne une fois la semaine et jusqu’à six fois par mois…

LE CENTRE DE L’ORGUEIL D’UN CHAMPION SE SITUE DANS LA CONVICTION QUI L’HABITE DE SA SUPERIORITE.

A l’entraînement, depuis octobre, le rapport de forces entre les deux répond aux qualités démontrées en compétitions. Quand c’est court, le champion olympique du 400 triomphe. Au sol, en gym, dans les séances de Pilates, Paltrinieri peut finir ridicule. Mais lorsque le kilométrage augmente, le roi du 1500 prend sa revanche… Horton : « Il me tanne dans tous les entraînements de distance. Il est infatigable et nos forces sont les faiblesses de l’autre, et c’est pourquoi il est bon pour nous de s’entraîner ensemble. »

Les entraînements communs de deux géants pourraient faire l’objet d’un passionnant article à eux seuls. Dans le passé, en effet, quand des tempéraments dominateurs se sont trouvés réunis pour le meilleur (et parfois pour le pire), cela a toujours produit des étincelles. Cela a été Weissmuller contre Borg (années 1920), Rose contre Konrads, puis contre Yamanaka, puis contre Saari (1950-60), Schollander contre Spitz (1970), Shaw contre Furniss (1970), Popov contre Klim (1990), Phelps contre Thorpe et Hackett (2000)… Intenses affrontements d’egos.

Le centre de l’orgueil d’un champion se situe dans la conviction qui l’habite de sa supériorité. Aussi Paltrinieri et Horton se plaisent-ils à s’entre-déchirer dans leurs entraînements : « Je veux le battre, dit encore Horton à notre consoeur, mais j’espère aussi qu’il puisse faire pour le mieux. S’il élève la barre, m’entraîner avec lui devrait m’indiquer ce que je dois faire pour franchir cette barre. »

Paltrinieri avait prévu dès avant son arrivée à Melbourne qu’il retournerait en Italie afin de nager les Europe en petit bassin de Copenhague. Là, je ne sais s’il a accusé le coup de s’être fait battre par Romanchuk, mais il est prévu qu’il retourne aux Antipodes. Il jouera en quelque sorte les sparring-partners d’Horton avant les sélections australiennes pour les Jeux du Commonwealth. Or Mack, qui n’a toujours pas gagné un grand 1500 mètres en compétition senior et fut second, aux derniers Jeux du Commonwealth, en 2014 (derrière le Canadien Ryan Cochrane), pense que la présence à ses côtés du champion olympique et double champion du monde de la plus longue distance olympique de natation en bassin peut constituer un réel avantage pour lui..

L’Italien, dans son pays, on l’a dit, voit sa préparation essentiellement basée sur de longs kilométrages dans la piscine, alors qu’à Melbourne, les longueurs de bassin s’agrémentent de séances gymniques et de boxe ainsi que de programmes d’amélioration de la force et de la condition physique. « Des tirages aux anneaux m’ont permis de déceler que mon épaule gauche est moins forte que la droite », explique encore Horton.

Paltrinieri, malgré le moindre kilométrage effectué dans l’eau, sort des séances épuisé, secoué par les séries de battements de jambes (lui qui les laisse traîner dans ses 1500 mètres), les exercices physiques ou technique auxquels il n’est pas habitué. Parfois, d’autres cracks australiens se déplacent à Gold Coast et se mêlent aux séances, David McKeon ou l’Américain David Wilimovsky.

On ne peut prédire ce qu’amènera cet enseignement en commun. Pourront-ils tous deux gagner au change ? L’un d’entre eux sera-t-il le dindon de la farce ? Réponses cet été, aux championnats d’Europe comme aux Jeux du Commonwealth…

SWIM VORTEX DISTRIBUE SES OSCARS ET SES RAZZIE AWARDS

Eric LAHMY

Vendredi 22 Décembre 2017

Le 20 décembre, le site britannique de natation Swim Vortex a fait connaitre ses « readers awards », la liste des nageurs et des membres actifs de la communauté de la natation ayant été distinguée par ses lecteurs. Trois nageurs dominent au plan mondial : l’Américain Caeleb Dressel et le Britannique Peaty chez les hommes, et la Suédoise Sarah Sjöström chez les femmes. Le site, tenu par l’excellent Craig Lord, a aussi attribué la meilleure performance absolue de l’année à Sjöström, pour son 100 papillon record, 55s71, tandis que, aux points, ce sont les 25s95 de Peaty sur 50 brasse qui représentent le plus fort exploit à la table de cotation (laquelle ne saurait être parfaite). Ce sont bien entendu des performances exceptionnelles…

Dressel est un vainqueur incontestable, même si je ne considère pas qu’il ait « gagné sept médailles » aux championnats du monde. Seules les médailles individuelles devraient être prises en compte pour calibrer la valeur d’un nageur, on n’est pas au foot…

Avec la manie de multiplier les relais, un nageur de valeur des USA peut, sans gagner la moindre course individuelle, aujourd’hui, remporter cinq médailles d’or de relais grâce à la valeur d’ensemble de ses équipiers, et si Dressel a gagné 50 et 100 libre et 100 papillon avec des performances épatantes (et été étonnamment battu sur 50 papillon), je ne vois pas en quoi ses exploits dans les quatre relais auxquels il a participé, quatre fois 100, quatre fois 100 quatre nages et les deux relais mixtes), simples répétitions de son programme individuel, pourraient ajouter à sa valeur.

Cette dérive comptable n’est guère récente (sauf celle un peu aberrante, de donner des médailles aux remplaçants des relais vainqueurs, ayant nagé en séries), et je me souviens, aux premiers Jeux olympiques que j’ai suivis, ceux de Tokyo en 1964, que derrière Don Schollander et ses quatre médailles, le plus médaillé des Jeux était Steve Clark, avec trois médailles d’or, seulement dans les relais : il n’avait pris part à aucune course individuelle.

Pour atteindre au palmarès de Dressel, il n’a manqué à Sjöström, gagnante du 50 libre, du 50 et du 100 papillon et 2e du 100 libre, que quelques équipières à la hauteur de la tâche pour gagner les relais. Dans le quatre fois 100 quatre nages, elle a nagé le 100 papillon, lancée, en 55s03, entre une 1s27 et 3s26 plus vite que les autres finalistes, mais « elle » n’a fini que 5e du relais avec la Suède ; en quoi les gagnantes américaines de ce relais doivent-elles obtenir un bonus par rapport à elle, au plan individuel, à partir de leur performance collective ?

La nomination d’Adam Peaty par un public britannique ne doit pas étonner. Peaty a révolutionné le sprint en brasse, qu’il domine de façon proprement phénoménale. A Budapest, le surpuissant Adam a devancé un costaud comme l’Américain Kevin Cordes d’une longueur de corps, sur 100 mètres : le seconde et trente-deux centièmes qui le séparait de l’Américain peut paraitre dérisoire à un public non averti, elle n’en équivaut pas moins à la distance qui séparait Cordes du vingtième nageur des mêmes mondiaux de Budapest, l’Australien Daniel Cave !

D’une certaine façon, Adam est donc incomparable…

Si quelqu’un d’autre aurait pu apparaître au rang des très grands nageurs de la saison, c’est bien le Chinois Yang SUN. Certes, j’ai du mal à imaginer le nom de SUN surgir dans un texte de Craig Lord sans que celui-ci oublie l’astérisque qui suit le patronyme d’un nageur ayant connu un contrôle de dopage positif. Le couronner parait hors de propos. Le Chinois n’en a pas moins triomphé sur 200 mètres et 400 mètres libre aux mondiaux de Budapest et comme je tiens la nage libre comme l’essentiel du programme de natation…

… SwimVortex distingue, comme c’est devenu la mode, une tripotée de champions dans diverses catégories : Aurélie Muller, France, et Ferry Weertman, Pays-Bas, sont nommés meilleurs nageurs d’eau libre de la saison, sur leurs titres mondiaux de 10 km, distance olympique ; les meilleurs juniors sont Kliment Kolesnikov (Russie) et Rikako Ikee (Japon).

Les « courses de l’année » ont été produites selon notre confrère par Anton Chupkov, Russie, sur 200 brasse, et par Federica Pellegrini, Italie, sur 200 libre. Les coaches de l’année sont Gregg Troy et Greg Mehan, en fonction, comme toujours de leurs nageurs, Caeleb Dressel pour celui-là à l’Université de Floride, Simone Manuel et Kathy Ledecky pour celui-ci à l’Université de Stanford. Je suis un peu sceptique sur les classements d’entraîneurs de cette façon, les coaches d’université US étant surtout des champions du mercato. Pour ma pomme, j’aurais mis Philippe Lucas pour son équipe d’eau libre.

Pendant ses années Phelps, Bob Bowman était automatiquement élu meilleur entraîneur du monde. Il rentre désormais dans le rang…

Je vous fais grâce des meilleurs relais et d’autres classements que vous pourrez lire sur le site de Swim Vortex, mais je ne vous priverai pas, dans ma traduction non autorisée, des réflexions de Craig Lord qui clôturent (in cauda venenum) son article.

Ayant demandé à ses lecteurs des suggestions concernant « ceux qu’ils auraient aimé distinguer », il a obtenu des réponses intéressantes : ainsi les bénévoles danois qui ont aidé à l’organisation des championnats d’Europe petit bassin de Copenhague avec un sens du devoir souriant et de la courtoisie efficace qui a fait l’unanimité des nageurs (Adam Peaty, conquis, a offert une de ses médailles d’or à une jeune bénévole de 12 ans).

D’autres ont suggéré d’honorer un peu à l’image des Razzie Awards les pires acteurs de la natation. Bien entendu, comme les Britanniques ne connaissent pas Francis Luyce et sa bande, ce sont les nuisibles de la FINA, à Lausanne, qui ont été proposés avec insistance, aux titres de pires serviteurs du sport. Aucun nom n’a été cité, mais on les connait.

LAUSANNE : TAYLOR RUCK PARTOUT, 200 LIBRE, 100 ET 200 DOS

Eric LAHMY

Vendredi 22 Décembre 2017

On attendait avec curiosité le 200 mètres de Charlotte Bonnet, après son succès de la veille sur 100, à la Lausanne Cup. Mais en fait de coupe, celle de Charlotte était pleine, et la Niçoise avait senti une grosse fatigue s’abattre sur elle, après cette suite d’efforts maximum consentis depuis un mois, entre championnats de France et d’Europe. Tout le monde n’est pas taillé dans le métal d’Iron Lady, qui a bien dû consentir pour sa part à l’ex-aequo, sur 100 dos, à la Canadienne Taylor Ruck…

C’est l’Ontarienne, grande araignée (1,80m, 60kg) qui s’était révélée aux championnats du monde juniors 2015, où elle s’imposait dans des temps canon sur 100 et 200 et se médaillait au 200 dos, qui a remporté le 200 libre de Lausanne, non sans un farouche défi de Femke Heemskerk, laquelle n’était devancée que de 17 centièmes. Charlotte s’était placée, en séries, avec le deuxième temps derrière Ruck, 1’55s12 contre 1’55s11. En finale, passée en 55s34, quatrième mais tout près des deux Canadiennes pratiquement dans le même mouvement, 55s06 (Ruck) et 55s13 (Smith), que serrait au plus près Heemskerk (55s26). La course resta ouverte jusqu’au bout. Ruck augmenta légèrement son avantage sur Heemskerk, seule à pouvoir lancer une contre-attaque finale. Ce fut assez nettement l’épreuve la plus intéressante de la journée.

Ranomi Kromowidjojo, elle, enleva le 50 libre devant la jeune Japonaise Rikako Ikee et… Taylor Ruck, décidément sur tous les fronts et qui, après son ex-aequo sur 100 dos, enlevait la distance double, très facilement, avec un temps de 2’1s66 qui pourrait bien constituer le meilleur chrono de la soirée, avec le 55s64 de Rikako Ikee sur 100 papillon et le 50 mètres de Kromowidjojo (23s66). La performance masculine de relief fut réalisée par le Japonais Masaki Kaneko sur 100 dos. Daya Seto, lui, snobait le quatre nages, laissant la voie libre à Kosuke Hagino, et remportait le 200 libre à la touche devant Pieter Timmers.

Taylor Ruck, qui a annoncé qu’elle nagerait l’an prochain pour l’Université de Stanford, a bien terminé 2017 !

 

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Michael Andrew, Race Pace Clu, 21s31; 2. Shinri Shiourai, Japon, 21s36. 200 libre : 1. Daya Seto, Japon, 1’44s10 ; 2. Pieter Timmers, Vlaamse, Belgique, 1’44s12 400 libre : 1. Nils Liesse, Suisse, 3’45s11. 100 dos : 1. Masaki Kaneko, Japon, 49s92; 2. Junya Koga, Japon, 51s60. 50 brasse : 1. Yasuhiro Koseki, Japon, 26s51; 2. Daya Seto, Japon, 26s66. 200 brasse : 1. Erik Persson, Kungsbacka, 2’5s01; 2. Yannick Kaeser, Suisse, 2’6s42; … 4. Jean Dencausse, CNM, 2’8s72. 100 papillon : 1. Philip Heintz, Heidelberg, Allemagne, 51s59. 200 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 1’52s65; 2. Philip Heintz, Nikar Heidelberg, 1’53s17; 3. Jeremy Desplanches, Olympic Nice et Suisse, 1’54s75.

DAMES.- 50 libre : 1. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 23s66 ; 2. Rikako Ikee, Japon, 23s95; 3. Taylor Ruck, Canada, 24s08; 4. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 24s12; 5. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 24s72. 200 libre : 1. Taylor Ruck, High Performance, Ontario, Canada, 1’52s74; 2. Femke Heemskerk, Koninklijke, Pays-Bas, 1’52s91 ; 3. Rebecca Smith, High Performance, Ontario, Canada, 1’53s83; 4. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 1’54s25; 5. Kayla Sanchez, High Performance Ontario, Canada, 1’56s35 (en série, 1’55s87); 6. Michelle Coleman, Sparvaegen, Suède, 1’56s49 (en série, 1’55s91). Finale B: 1. Tomomi Aoki, Japon, 1’55s47 ; 2. Yui Ohashi, Japon, 1’56s77 ; 3. Rio Shirai, Japon, 1’56s83. 400 libre : 1. Julia Hassler, Nikar Heidelberg, 4’6s78. 100 dos : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, et Taylor Ruck, Canada, 56s99; 3. Natsumi Sakai, Japon, 57s55. Finale B: 1. Mathilde Cini, CNM, 59s22. 200 mètres dos: 1. Taylor Ruck, Canada, 2’1s86 ; 2. Natsumi Sakai, Japon, 2’4s19. 50 brasse : 1. Sarah Vasey, Grande-Bretagne, 30s47. 200 brasse : 1. Reona Aoki, Japon, 2’18s81 ; 2. Runa Imai, Japon, 2’21s55. 100 papillon : 1. Rikako Ikee, Japon, 55s64; 2. Kimberley Buys, Vlaamse, Belgique, 56s97. 200 4 nages : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, 2’5s00; 2. Yui Ohashi, Japon, 2’6s42; 3. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 2’8s41; 4. Sakiko Shimizu, Japon, 2’8s61.

LAUSANNE: CHARLOTTE BONNET DOMINE UN PLAISANT JEU DE DAMES… ET MESSIEURS POUR PLEURER !

Eric LAHMY

Jeudi 21 Décembre 2017

Moi, je serais directeur de meeting, je n’inviterais pas les mecs. Enfin, je n’insisterais pas tant que ça pour les avoir. Parce qu’il faudra qu’on m’explique pourquoi on trouve presque systématiquement deux fois plus de jeunes filles que de jeunes gens à réaliser des performances de qualité dans les meetings. Qu’est-ce qui fait la solidité de celles-là et la fragilité de ceux-ci ? Qu’est-ce qui fait des meetings un plaisant jeu de dames, et messieurs pour pleurer ?

La meilleure explication entendue, jusqu’ici, tiendrait au sérieux et au professionnalisme des filles – et donc au dilettantisme des garçons. Comme dans ces soirées où les filles sont nickel et les gars mal peignés ? Voire !

Un qui est totalement excusé, c’est Jordan Pothain. Déjà malade pendant les championnats d’Europe de Copenhague, il a déclaré forfait à Lausanne et pourra se refaire avant de filer en stage à Tenerife… C’est sûrement mieux de faire comme ça…

Si vous trouvez que je vais un peu trop loin, sachez que c’est (aussi) pour capter votre attention. Heureusement pour le traditionnel meeting de Lausanne, dans un bassin de six lignes d’eau qui lui donne son originalité en permettant de mieux concentrer l’action et la visibilité de chaque concurrent il y avait une équipe japonaise, et je dois dire que les représentants de l’extrême orient, frais émoulus d’un stage d’altitude à Sierra Nevada où Fred Vergnoux faisait mariner ses troupes, n’ont guère baguenaudé, et ont sauvé pas mal l’honneur du présumé sexe fort.

Le vaillant Daya Seto, quoique laissé dans sa solitude après un aller et retour de bassin a nagé un fort 200 mètres papillon, pas loin de chatouiller le record du monde petit bassin de Chad Le Clos (1’48s56), et le « Phelps du Japon », Kosuke Hagino a accompli un 400 mètres quatre nages pas moche du tout, dans sa technique dont ma correspondante G. Necker prétend qu’elle est digne d’être enseigtnée dans les écoles…

Pour le reste, c’était plus ou moins correct. Mais cela demeurait éloigné de la production féminine. Sur 100 mètres, gagné par Charlotte Bonnet, à la touche, devant Taylor Ruck, Rikako Ikee et Ranomi Kromowidjojo, et, à une coudée Femke Heemskerk, on peut dire qu’on assistait à la course de la soirée.

Mais en fait, toutes les courses féminines soit étaient très enlevées, soit donnaient lieu à de beaux chronos.

Sur 400 quatre nages, Yui Hohashi, longiligne Niponne qui passe pour l’un des espoirs de l’épreuve (elle a été médaillée d’argent sur 200 quatre nages, en août à Budapest, après avoir frôlé la correctionnelle, 8e et dernière qualifiée), emmenait un groupe de quatre Japonaises avec Sakiko Shimizu, Hiroko Makino, Suzuka Hasegawa, qui phagocytent les quatre lignes d’eau centrales, dans une démonstration de force collective. Mais l’épreuve est des plus faciles pour Hohashi, qui bat le record du meeting de Katinka Hosszu.

Laquelle Hosszu, beaucoup moins gourmande qu’à son habitude, se contentait d’enlever le 50 mètres dos et le 100 quatre nages…

Dans cette première journée, une seule course de libre, le 100 mètres, dames et messieurs, et un programme encombrée d’épreuves de spécialités. Je trouve que la nage libre devrait toujours être au centre de la natation. Dans ces programmes voulus par la FINA, elle en devient la périphérie… Le programme de vendredi est un peu mieux équilibré cependant.

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Katsumi Nakamura, Japon, 47s ; 2. Pieter Timmers, Vlaamse, Belgique, 47s28 ; 3. Oussama Sahnoune, CNM, 47s34. 50 dos : 1. Junya Koga, Japon, 23s25. 200 dos : 1. Masaki Kaneko, Japon, 1’50s04 ; 2. Nicolas D’Oriano, CNM, 1’58s30. 100 brasse : 1. Yasuhiro Koseki, Japon, 57s53. 50 papillon : 1. Andrii Govorov, Ukraine, 22s88. 200 papillon : 1. Daya Seto, Japon, 1’50s33 (24s64 + 27s92 + 28s82 + 28s95). 100 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 52s55; 2. Philip Heintz, Kikar Heidelbergg, 400 4 nages : 1. Kosuke Hagino, Japon, 4’2s99 (54s73, 1’55s08, 3’4s87); 2. Jeremy Desplanches, Olympic Nice et Suisse, 4’7s53.

DAMES.- 100 libre : 1. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 52s06 (25s35 + 26s71); 2. Taylor RUCK, Ontario, 52s09 (25s09 + 27s00); ; 3. Rikako Ikee, Japon, 52s11 (25s67 + 26s44); 4. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 52s16 (25s11 + 27s05); 5. Femke Heemskerk, Pays-Bas, 52s34 (25s26 + 27s08); 6. Rebecca Smith, Ontario, 53s27. Finale B: 1. Kayla Sanchez, Ontario, 53s22Tomomi Aoki, Japon, 53s72. 50 dos : 1. Katinka Hosszu, Hongrie, 26s47; 2. Natsumi Sakai, Japon, 26s74; 3. Kira Toussaint, De Dolphinjn, 26s90; 4. Mathilde CINI, CNM, 27s13. 200 dos : 1. Taylor Ruck, Ontario, 2’1s86 (28s57 + 30s50 + 30s98 + 31s61); 2. Natsumi Sakai, Japon, 2’4s19. 100 brasse : 1. Reona Aoki, Japon, 1’5s29 ; 2. Runa Imai, Japon, 1’5s65 ; 3. Kierra Smith, Ontario, 1’5s74. 50 papillon : 1. Rikako Ikee, Japon, 25s02 ; 2. Ranomi Kromowidjojo, Pays-Bas, 25s12 ; 3. Kimberley Buys, Belgique, 25s94. Finale B : 1. Lena Bousquin, CNM, 27s17. 200 papillon : 1. Franziska Hentke, Magdeburg, 2’5s23; 2. Hiroko Makino, Japon, 2’5s36. 100 4 nages : 1. Katinka Hoasszu, Hongrie, 58s40; 2. Runa Imai, 58s43; 3. Charlotte Bonnet, Olympic Nice, 59s45. 400 4 nages : 1. Yui Ohashi, Japon, 4’24s05 (1’0s40, 2’6s93, 3’22s53) ; 2. Sakiko Shimizu, Japon, 4’28s22.

CHAMPIONNATS D’ALLEMAGNE : ALEXANDRA WENK SE MET EN QUATRE

Eric LAHMY

Mardi 19 Décembre 2017

Pendant que l’équipe nationale d’Allemagne disputait à Copenhague les championnats d’Europe, non sans mérites, remportant plusieurs médailles, sans oublier des records d’Allemagne ainsi par Marco Koch et Franziska Hentke, des championnats nationaux privés de leurs étoiles se sont tenus à Berlin. Compte tenu de l’écrémage effectué en vue de Copenhague, on n’y a enregistré aucune performance marquante. Cependant, des jeunes éléments se sont distingués, et de multiples vainqueurs ont été enregistrés, chose que la natation permet plus que tous les autres sports en raison de son caractère de sport porté et du caractère irréfléchi du programme imaginé par ses dirigeants. Côté messieurs, Andreas Wiesner a réussi un triplé de titres en dos, tandis que Ramon Klein gagnait 100 et 200 papillon et 100 quatre nages. Johannes Hintze gagnait 200 et 400 quatre nages. A quinze ans, Isabel Marie Gose enlevait 400, 800 et 1500 mètres et terminait 2e du 200 mètres tandis qu’Alexandra Wenk remportait quatre titres : sur 100 et 200 papillon, 200 et 400 quatre nages, et que Jenny Mensing (dos) et Vanessa Grimberg (brasse) doublaient…

MESSIEURS.- 100 libre: 1. Andrey ARBUZOV, Neckarsulmer, 47s50.  200 libre: 1. Max NOWOSAD, Stadtwerke München, 1’45s37. 400 libre : 1. Henning MÜHLLEITNER, Neckarsulmer, 3’42s35. En finale B, Sven SCHWARZ, 15 ans, 3’50s87 (record). 800 libre: 1. Ruwen STRAUSS, Würzburg, 7’37s56; 2. Sören MEISSNER, Würzburg, 7’38s56. 1500 libre : 1. Ruwen STRAUSS, Würzburg, 14’34s47; 2. Sören MEISSNER, Würzburg, 14’43s75; … 4. Sven SCHWARZ, 15 ans, Hannover, 15’12s13 (record). 50 dos: 1. Andreas WIESNER, Stadtwerke München, 23s84. 100 dos: 1. Andreas WIESNER, Stadtwerke München, 51s22. 200 dos : 1. Andreas WIESNER, Stadtwerke München, 1’51s86. 50 brasse : 1. Wassili KUHN, Potsdamer, 27s11. 100 brasse : 1. Wassili KUHN, Potsdamer, 58s81. 200 brasse : 1. Ruben RECK, Hannover, 2’7s76. 100 papillon : 1. Ramon KLENZ, Hamburger, 51s59. 200 papillon: 1. Ramon KLENZ, Hamburger, 1’53s68; 2. Alexander KUNERT, Gelnhausen, 1’54s39. 100 4 nages : 1. Ramon KLENZ, Hamburger, 53s46.      

200 4 nages : 1. Johannes HINTZE, Potsdammer, 1’54s35. 400 4 nages : 1. Johannes HINTZE, Potsdammer, 4’5s?.

DAMES.- 50 libre : 1. Anna DIETERLE, Spandau, 24s53. 100 libre : 1. Lisa HÖPINK, Essen, 53s95. 200 libre : 1. Annika BRUHN, Saar Max Ritter, 1’55s50; 2. Isabel Marie Gose, 15 ans, Potsdam, 1’56s33; 3. Marie PIETRUSCHKA, Leipzig, 1’56s88; 4. Reva FOOS, Darmstadt, 1’56s95. 400 libre : 1. Isabel Marie GOSE, 15 ans, Potsdam, 4’6s14. 800 libre : 1. Isabel Marie GOSE, 15 ans, Potsdam, 8’26s38. 1500 libre : 1. Lea BOY, Stadtwerke Elmshorn, 16’15s49. 50 dos : 1. Joanna ROAS, München, 27s46; 2. Kim Kristin Krüger, 14 ans, SG Dortmund, 27s86. 100 dos : 1. Jenny MENSING, Wiesbaden, 58s57. 200 dos : 1. Jenny MENSING, Wiesbaden, 2’7s55. 50 brasse : 1. Anna ELENDT, 16 ans, Darmstadt, 30s64 (en série, 30s63). 100 brasse : 1. Vanessa GRIMBERG, Region Stuttgart, 1’5s76. 200 brasse : 1. Vanessa GRIMBERG, Region Stuttgart, 2’22s13. 100 papillon : 1. Alexandra WENK, München, 58s07. 200 papillon : 1. Alexandra WENK, München, 2’8s32. 200 4 nages : 1. Alexandra WENK, München, 2’10s30. 400 4 nages : 1. Alexandra WENK, München, 4’37s?

MARIE WATTEL LA FEMME QUI MONTE

Eric LAHMY

Lundi 18 Décembre 2017

Marie Wattel, argent du 100 mètres papillon derrière l’invincible Sarah Sjöström, est-elle la grande nageuse française d’avenir ? On la disait déjà, il y a deux ou trois ans, sur sa bonne mine, capable de s’imposer. Elle a pris son temps, connu des moments difficiles, ainsi l’année olympique, et… s’est mise à se reconstruire, abandonnant Nice pour Loughborough, en Grande-Bretagne. Elle qui perdait un peu de ses moyens dans le contexte impitoyable de la compétition, maîtrise beaucoup mieux ses nerfs. Ce qu’on a commencé à voir aux championnats des Etats-Unis, l’été dernier, où elle se défendit brillamment, montant sur quelques podiums et amenant son record à 57s53.

Sur 100 mètres nage libre, à Copenhague, ses progrès ont été un peu moins visibles qu’ils n’auraient dû être, derrière ceux de son aînée et ancienne équipière de Nice, Charlotte Bonnet. Mais ses 52s25 n’en constituaient pas moins un brillant résultat.

En papillon, elle n’a certes pas constitué une menace sérieuse pour Sjöström, laquelle a survolé en 55 secondes juste. D’aucuns pourront faire la fine bouche en face du résultat, la grande Suédoise ayant amené le record mondial petit bassin à 54s61, mais on se doit de comparer ce qui est comparable, et Sjöström battait à Copenhague son record p.b. des championnats d’Europe, établi deux ans plus tôt à Netanya avec 55s03. Autant dire qu’elle avait mis le paquet !

 Même si, en 55s97, Marie fut nettement devancée, elle fut la seule à pouvoir s’accrocher à la Suédoise (25s94 contre 25s67). Puis elle sut défendre son argent par un retour solide en 30s03, des griffes de la Danoise Emilie Beckmann (56s22). Autour de Sjöström, sur le podium, Wattel et Beckmann étaient les benjamines de la course, la Française ayant quatre mois de moins que la Danoise.

L’argent de Wattel indiquait une nouvelle fois que les breloques et les podiums, dans l’équipe de France, vont plutôt aux filles. Mouvement de balancier assez intrigant : après les années Laure Manaudou et Camille Muffat, nos nageuses semblaient s’être perdues pendant que les Alain Bernard, Yannick Agnel, Florent Manaudou, Camille Lacourt, Florent Manaudou et autres relais marseillais monopolisaient l’attention, et quand nos garçons semblent s’être égarés, ne voilà-t-il pas qu’elles aperçoivent une lumière au bout du tunnel ?

LE DERNIER MOT A SARAH SJÖSTRÖM

En fin de journée, Sjöström montait une nouvelle fois en haut du podium, sur 50 mètres. Il s’en fallut d’un rien, car son avance sur Ranomi Kromowidjojo ne dépassait pas le centième de seconde : 23s30 contre 23s31. La troisième de ce sprint féroce n’était autre que la championne olympique danoise Pernilla Blume, 23s49. Charlotte Bonnet, qui avait gagné le 200 et fini 4e du 100, termina à la 6e place en 23s94, achevant ainsi des championnats très satisfaisants pour elle.

Le 100 mètres libre messieurs, course de facture assez moyenne, est revenue à l’Italien Luca Dotto, 46s11, nettement devant un authentique médaillé d’argent olympique, le doyen belge de l’épreuve, Pieter Timmers (30 ans le 21 janvier prochain), 46s54 : deux sprinters d’expérience en face de Duncan Scott, vingt ans et sept mois, lui, et l’un des espoirs de la distance « reine », 46s64 ici. Dotto, dans le civil mannequin modèle sous-vêtements et lunettes d’Emporio Armani, a enflammé la course d’emblée, est passé en 22 secondes et n’a plus jamais été rejoint. Deuxième Italien après Magnani sous les 49 secondes (en grand bassin), premier Italien sous les 48, c’est désormais un « vieux » briscard, mais il a dû battre son record personnel pour gagner…

SALUT A TOI BELLE ITALIE (QUI TE PAIE LA PEAU DE L’OURS RUSSE).

C’était une belle journée italienne, car Marco Orsi, une sorte de mister Muscle à l’italienne sorti des studios de Cinecitta (1,89m, 90 kilos et que de la viande), s’est imposé au biceps sinon au forceps sur 100 mètres quatre nages, après s’être fait trimballer en papillon, puis en dos, par Sergei Fesikov. Voici deux ans, il avait gagné le 100 à Netanya, en 46s05.

Pas mal chahuté dans cette dernière journée, les Russes, qui ont dans l’ensemble dominé les championnats d’Europe chez les hommes, retrouvèrent le haut du podium quand Aleksandr Kharlanov, qui a eu jusqu’ici du mal à exister à l’ombre de ses équipiers Morozov,

Sadovnikov, Koptelov, Popkov et Pakhomov, s’est imposé sur 200 papillon en 1’50s54. Kharlanov est champion du monde petit bassin du 4 fois 100 quatre nages et termina 4e du 200 papillon à Windsor, dans l’Ontario.

Le 400 dames a été remporté par Boglarka Kapas, la Hongroise qui avait l’air de courir en vain derrière une victoire ces derniers temps et a fini par la rattraper. Kapas dut régler l’Allemande Koehler, qui l’avait joliment manœuvré sur 800 mètres, trois jours plus tôt, en s’imposant par un sprint final de 1.0s58. Kapas lui rendit la pareille, achevant son parcours (3’58s15) en 59s10. Koehler resta à une seconde, 3’59s12, tandis que Quadarella, l’Italienne, déçut, ne parvenant pas, dans sa finale, à réitérer son temps au passage des 400 de son 800 mètres (4’7s34 contre 4’6s14). Que cela ne l’empêche pas ce lundi de souffler sur les dix-neuf bougies de son gâteau d’anniversaire !

Il appartenait décidément aux Italiens de faire pleurer les Russes, ce dimanche, car sur 50 mètres dos, alors que Kliment Kolesnikov, fort de son 23s10 réussis en demi-finales, record mondial junior p.b., s’apprêtait à compléter son triomphe, après le 100 et le 200 dos, en devançant Robert Glinta, trouva un Simone Sabbioni fort inspiré sur son chemin qui lui vola la vedette, pour deux centièmes, en 23s05. Kolesnikov grignotait quand même sur son record, 23s07, et devançait… Jeremy Stravius, lequel achevait sur une bonne note un championnat d’Europe un peu décevant, et arrachait le bronze, en 23s12.

KATALIN SZOKE (1935-2017), CHAMPIONNE OLYMPIQUE DU 100 M EN 1952

Eric LAHMY

Dimanche 17 décembre 2017

Née à Budapest le 17 août 1935, la Hongroise Katalin SZÖKE, qui s’est éteinte le 27 octobre dernier à Los Angeles, en Californie, USA, s’empara en 1952, à Helsinki, du titre olympique du 100 mètres et participa au relais quatre fois 100 mètres hongrois vainqueur. Elle répéta ce double succès deux ans plus tard aux championnats d’Europe de Turin.

Fille de champions de natation, Szöke ne pouvait échapper aisément à son destin aquatique, qui fut « mise à l’eau » à l’âge de six mois et disputa ses premières compétitions à six ans ; elle fut entraînée par deux légendes du coaching hongrois, Imre Sarosi entre 9 et 11 ans, et Steffen Hunyadfi, qui furent intronisés comme elle dans le Temple de la renommée de l’International Swimming Hall of Fame.

A douze ans, « Kato » était déjà l’une des meilleures nageuses de Hongrie.

A Helsinki, son succès ne fut pas facile. Une autre Hongroise, Judith Temes, gagnait en séries en 1’5s5. La Sud-Africaine Joan Harrison, elle, avait remporté sa demi-finale en 1’6s5, et Szöke nagea le 4e temps des séries, 1’7s1, comme des demi-finales, 1’7s2. En finale, Temes, qui était très émotive, perdit ses moyens (comme quatre ans plus tôt à Londres) et ne put faire mieux que troisième de la course, en 1’7s1. Szokes gagna en 1’6s8 devant la Néerlandaise Hannie Termeulen, 1’7s. Une demi-seconde séparait les six premières.

En revanche, le relais quatre fois 100 mètres formé par les Hongroises Szoke, Temes, les sœurs Novak, domina de telle façon, avec un record du monde, qu’il fut couronné, quarante-huit ans plus tard, par l’International Swimming Hall of Fame, comme « relais du siècle ».

Katalin était la fille d’une nageuse, Katalin Szöke, et de Marton Homonnay (1906-1969), un joueur de water-polo de talent, qui avait été trois fois médaillé olympique : argent en 1928, or en 1932 et 1936. Homonnay entra dans la police et devint membre d’un parti d’obédience fasciste, la Flèche et la Croix (NYKPHM), lequel prit le pouvoir en Hongrie en 1944 et collabora avec le régime national-socialiste (nazi). A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il s’enfuit en Argentine où il fut pendant vingt ans entraîneur de water-polo à Buenos Aires. En raison de sa participation à des crimes de guerre, il fut condamné à mort en Hongrie en son absence.

Sa fille, qui, après le divorce de ses parents, en 1938, avait pris le nom de sa mère, épousa le double champion olympique de water-polo Kalman Markovits (1931-2009), mais divorça assez tôt. Katalin épousa en secondes noces un autre joueur de water-polo, Arpad Domjan.

Quand Domjan ne fut pas retenu dans l’équipe olympique qui se rendait à Melbourne, Katalin s’arrangea pour que son fiancé voyage avec lui comme « réserve ». Ce fut assez folklorique. Comme l’avion de la TAI (transports aériens intercontinentaux, une compagne française) était plein au décollage de Prague en raison de l’invasion russe sur Budapest, Domjan fut autorisé à voyager dans les toilettes ! A partir d’Istamboul, il continua son périple dans un conteneur en bois.

Katalin fut éliminée en séries du 100 mètres libre. Après les Jeux, elle demanda, comme plusieurs nageurs hongrois, l’asile politique aux USA, Budapest ayant été envahi par les chars russes. Mais les quotas d’immigration étaient atteints, et les Hongrois à l’exception d’Eva Novak qui avait rejoint de façon romantique un journaliste belge, Pierre Gérard, qui deviendrait son mari, furent livrés à eux-mêmes dans Melbourne ; ceci jusqu’à ce que le magazine Sports Illustrated raconte leur épopée. 42 membres de l’équipe hongroise de natation reçurent une invitation personnelle du président des Etats-Unis, David Eisenhower et purent émigrer.

Katalin et Domjan, qui se marièrent en 1961, « anglicisèrent » leur nom, et elle devint Katherine Domyan, employée de banque à Beverly Hills, et, jolie fille, s’essaya comme mannequin, tandis qu’il trouva du travail comme dessinateur dans un cabinet d’architecte, puis se lança avec succès dans l’immobilier. Devenue un membre actif de la communauté de Los Angeles Ouest, elle participa à diverses associations artistiques (théâtre, opéra) ou caritatives. Son enfant, Bryan, naquit en 1971 et elle fut honorée par l’ISHOF en 1985.

CHARLOTTE BONNET CHAMPIONNE D’EUROPE

Eric LAHMY

Vendredi 16 Décembre 2018

Je ne sais trop si Lison Di Martino, nageuse synchronisée de l’Aqua Club Pontault/Roissy, qui se présentait aujourd’hui au concours miss France, à Châteauroux, a fait un tabac, mais une autre nageuse, dont les mouvements aquatiques sont également synchronisés, quoique d’une autre façon, Charlotte Bonnet, notre concurrent du miss Europe qui se tient à Copenhague, n’a pas laissé passer sa chance sur 200 mètres…

Je me disais, après son cent mètres en 51s65, la veille, que si l’on répliquait ses progrès de vitesse sur 200 mètres, Charlotte Bonnet pourrait nager en-dessous de 1’53s. C’est ce qu’elle fit, de façon assez luxueuse, et gagna une course qui ne lui était pas plus promise que ça, mais où elle prit certains risques.

On savait que l’Italienne Federica Pellegrini, championne du monde à Budapest et multi-médaillée de l’épreuve dont elle détient le record mondial en grand bassin, ainsi que Sarah Sjöström, recordwoman du monde petit bassin depuis l’an passé, n’étaient pas là, et que ces deux absences déblayaient  singulièrement le terrain. Katinka Hosszu, à laquelle Charlotte s’était opposée dans le passé avec des fortunes diverses, mais pratiquement à armes égales, sur cette même épreuve, avait également évité de se montrer, étant comme à son habitude fort occupée ailleurs.

Il y avait donc une opportunité à saisir pour la Niçoise. Mais il restait Michelle Coleman, la seconde Suédoise, face à laquelle Bonnet n’avait pas toujours eu le dernier mot.

Sportivement, les deux filles sont de valeurs très proches. Aux Jeux olympiques de Rio, en finale, Coleman, 7e, avait précédé Bonnet, 8e, 1’56s27 contre 1’56s29. Aux mondiaux de Budapest, Bonnet avait retrouvé « sa » 8e place, mais Coleman avait calé, elle, en demi… La Suédoise s’est beaucoup entraînée en Australie.

Je faisais moins cas de Femke Heemskerk, 30 ans, championne olympique du relais quatre fois 100 mètres en 2008, et affublée d’un sacré record personnel, 1’51s67, formidable nageuse certes, quand l’enjeu n’est pas élevé, mais fragile dans la bataille (c’en est même râlant tant la fille a accumulé de sympathies et d’amitiés sur son passage, partout où elle a nagé, notamment en France). Or c’est Heemskerk, justement, qui se montra la plus dangereuse, et lança la course sur des bases élevées, passant en 26s32. Mais la Niçoise ne s’en laissait pas conter, qui virait dans un quasi ex-aequo, 26s36, et cherchait à prendre le train à son compte. Il fallait un certain courage pour nager son deuxième 50 en 28s33 pour un passage en 54s68, mais c’était peut-être ce qu’il fallait pour faire douter Heemskerk (28s73 et 55s02), et asséner la preuve de sa supériorité à une Coleman (28s84 pour 55s51) qui menait la chasse derrière les deux évadées mais devait trouver sa situation inconfortable.

Tout retour était impossible aux poursuivantes, car Bonnet maintenait un rythme élevé et continuait de prendre ses distances, accentuant à l’énergie sa dérive vers l’avant. Heemskerk, qui aux cent cinquante mètres n’était peut-être pas tout à fait hors du coup, n’avait plus rien en termes d’énergie pour emballer son allure et recoller. Elle ne craqua pas vraiment mais dut concéder un mètre supplémentaire à l’avance que lui avait pris la Française, et donc admettre sa victoire. Bonnet l’emportait donc devant la Hollandaise, 1’52s19 contre 1’53s41, et la Russe Veronika Andrusenko, auteur d’un fort retour, 1’53s75.

Au plan chrono, cela représente la seconde performance française en petit bassin – le record est détenu par Camille Muffat avec 1’51s65 en 2013. Mais il ne s’agissait pas de battre des records hier, mais de battre des adversaires…

Aujourd’hui, Bonnet se présente au départ du 50 mètres, avec 24s78, 21e temps d’engagement. Il va falloir renouveler les exploits !

DE LA DIFFICULTE DE S’IMPOSER : L’EXEMPLE MAXIME GROUSSET

…Voici un garçon qui monte, qui s’est bien positionné parmi les jeunes. A dix-huit ans et demi, c’est une espoir, sans être un phénomène hyperdoué à la Kliment Kolesnikov, et en tout cas c’est ce qu’on trouve de mieux sur le marché français des jeunes. Il a la chance d’être tombé sur un super-entraîneur à Amiens, Michel Chrétien, qui, après avoir animé une fière équipe autour de Jeremy Stravius, s’est inventé une nouvelle jeunesse, avec une joyeuse troupe dont les mousquetaires s’appellent  Thibaut Mary, Roman Fuchs, Thomas Avetand, Hugo Sagnes, Alexandre Derache,  Fares Zitouni, et, « last but not least »,  Maxime Grousset.

Maxime, 1,92m ou 1,93m pour plus ou moins 78 kilos selon l’heure de la journée, nage à Copenhague dans la 4e série du 100 mètres. Il gagne après une bagarre contre l’Israélien David Gamburg, en 47s89. C’est alors le deuxième temps des séries, derrière l’éclat de l’Ukrainien Sergii Shevtsov, son aîné d’un an, qui, égaré dans la première série, est allé une seconde plus vite : 46s94. On se dit que ça peut être bon, jusqu’à la sixième série, où ils sont deux qui lui passent devant, le Grec Christian Gkolomeev, 47s30, l’Irlandais Jordan Sloan, 47s84. Mais les gros bras de la distance se pressent en foules dans les trois dernières séries et les « mauvaises nouvelles » s’accumulent. Six autres le précèdent au tableau dans la septième, Konrad Czerniak, Pologne, 47s27, Nyls Kortsange, Pays-Bas, 47s33, Alessandro Miressi, Italie, 47s35, Mikhail Vekovishchev, Russie, 47s41, Christoffer Carlsen, Suède, 47s63, et Danas Rapsys, Lituanie, 47s73. Voilà notre jeune Amiénois 10e.

Dans la huitième, on en trouve six nouveaux (houlà) qui se pressent devant lui : les deux Italiens Luca Dotto, 46s81 et Lorenzo Zazzeri, 47s00, l’Ecossais Duncan Scott, 47s03, le Lituanien Simonas Bilis, 47s09, le Turc Huseyin Emre Sakci, 47s46, le Russe Ivan Kuzmenko, 47s54. Autant de places de perdues pour Maxime, 16e.

Et en voilà encore sept dans la dernière, Marco Orsi, Italie, 47s13, Pieter Timmers, Belgique, 47s40, Damian Wierling, Allemagne, 47s50, Dominik Kosma, Hongrie, 47s51, Kyle Stolk, Pays-Bas, 47s56, Nandor Nemeth, Hongrie, 47s72, Kregor Zirk, Estonie, 47s78.

Notre héros se retrouve un peu égaré à la 23e place. Certes, après cela, comme on ne garde que deux nageurs par nations dans les demis, disparaissent ainsi Sloan, Miressi, Orsi, Stolk. Le dernier qualifié en demi, c’est Nemeth, 47s72, notre garçon, lui, rate le cut de 17/100e.

MATHILDE CINI PREMIER RECORD

Qu’en penser ? Que dans certaines courses, le championnat d’Europe s’avère difficile de par le nombre considérable de nations présentes et de programmes d’excellence en places. Dans un championnat d’Amérique du Nord, énorme subcontinent deux fois et demi plus grand que l’Europe occupé par trois nations, si Grousset nageait en invité, il serait au plus mal 7e en admettant que deux états-uniens, deux canadiens et deux mexicains lui passent devant. L’éclatement de l’empire russe, de la Tchécoslovaquie, de la Yougoslavie, le découpage qui en est résulté entre 44 nations européennes, 5 nations partiellement européennes (dont la Russie et la Turquie) plus un pays (Israël) sportivement rattaché à l’Europe, dotés souvent de programmes sportifs efficients rend la vie beaucoup plus difficile.

Au bout du compte, cet embouteillage a amené Grousset à se confronter à une dure réalité : à une seconde et huit centièmes du meilleur qualifié, il n’est pas dans les seize ! Mais il est jeune et il ne lui reste plus qu’à prendre de la bouteille !!

A 20 ans, Ruta Meilutyte, elle aussi est jeune, mais pourrait passer pour une has been. Championne olympique du 100 mètres brasse à 15 ans, recordwoman du monde à seize, la Lituanienne continue de nager vaillamment, se situe à un bon niveau, mais inférieur à ce qu’il fut de par le passé. Les choses ont paru mal tourner après qu’elle se fut cassé un coude lors d’une chute à vélo, un an avant les Jeux de Rio. Le titre qu’elle vient d’enlever à Copenhague signale-t-il un retour de flamme ? Pas sûr. Mais sa victoire s’adorne d’un temps de valeur internationale correcte, 1’3s79, mais inférieure au record du monde, qu’elle co-détient en 1’2s38 avec Alia Atkinson. Meilutyte a gardé ses habitudes, de départ ultra-rapide, et passage en 29s57, devant les sept autres finalistes étagées entre 30s24 en 31s02… Retour moins exceptionnel, en 34s22, et les deux filles qui l’accompagneront finalement sur le podium lui reprenant un peu d’avance, Jenna Laukkanen, Finlande (1’4s26) en 34s01 et Jessica Val Montero, Espagne, (1’4s80) fameuse d’ailleurs pour ses fins de course, en 33s97…

Katinka Hosszu domine très largement le 200 quatre nages, exécuté en 2’4s43, temps d’une valeur inférieure à ses nombreux records (mondial et européen, 2’1s86) comme des championnats (2’2s53) mais suffisant pour l’emporter avec deux grosses longueurs sur Evelyn Verraszto, 2’8s09 et Ilaria Cusinato, 2’8s19 tandis Fantine Lesaffre finit 5e 2’8s83.

Les filles assurent décidément la présence française. Mathilde Cini, 5e en 26s47 du 50 dos que gagne, une demi-seconde devant, Katinka Hosszu, bat le record de France (Mélanie Hénique, 26s58). Sur 100 mètres dos, ses 57s73 en demi battaient sa performance d’une seconde…

UN 100 METRES PLEIN LA VUE OU KROMOWIDJOJO A ENFIN PASSÉ SJÖSTRÖM

Éric LAHMY

16 Décembre 2017

Depuis le début, il y a trois jours, des championnats d’Europe 2017 en petit bassin, qui se déroulent à Copenhague, on sentait que Sarah Sjöström, après son déluge de belles performances aux championnats du monde de Budapest et dans les meetings en petit bassin réunis sous le vocable de Coupe du monde, était un peu moins bien que d’habitude.

Fatigue bien naturelle pour la Suédoise, qui n’a pas dételé depuis plusieurs mois, et beaucoup voyagé entre l’extrême et le moyen orient où la coupe du monde dite Fina(comme dans finance) a posé ses quartiers d’automne et d’hiver. Elle a subi hier sur 100 mètres libre la loi de Ranomi Kromowidjojo. La Néerlandaise la pressait sérieusement ces dernières semaines, la menaçait sur toutes les distances où elles se rencontraient, leurs domaines d’excellence convergeant au point de se rejoindre depuis que Sjöström a abandonné ses ambitions sur 200 libre afin de se concentrer sur le sprint pur ou prolongé.

Les qualifications de cette épreuve avaient été marquées par de bonnes performances de… Charlotte Bonnet. La Niçoise, dans les séries, jeudi matin, avait nagé la distance en 52s19 dans la quatrième série, et seule Sjöström avait frôlé ce temps dans la sixième, avec 52s38. En demi-finales, Bonnet montait un peu plus en pression, et signait un 51s71 dans la deuxième demi-finale, nouveau record national petit bassin (pb) et meilleur temps de l’ensemble de la compétition.

Ce n’était plus seulement Bonnet, mais bel et bien Bonnet phrygien, qui agitait l’étendard de la révolte !

D’aucuns durent se demander si notre Charlotte nationale avait passé un palier de progression et n’était pas prête à s’attaquer aux monuments de la course. Et en effet, elle s’y attaqua, mais on ne peut pas dire qu’elle le fit victorieusement. En face d’elle, trois championnes olympiques ou du monde de sprint, Ranomi Kromowidjojo (50 et 100 mètres), Sarah Sjöström  et la Danoise Pernilla Blume  (50 mètres) faisaient bonne garde, qui lui barrèrent le chemin du podium.

Bonnet ne fut jamais réellement dans la course, ne serait-ce que parce qu’elle équilibre (très bien d’ailleurs) ses parcours et ne se distingue pas par des temps de passage mirobolants au 50.

Kromowidjojo, qui fut championne olympique à Londres sur 50 et qui montre plus que de beaux restes, se lança à vive allure et culbuta en 24s60 tout juste devant Sjöström, 24s63, et Blume, 24s70.  Bonnet, en 25s01, était cinquième, un peu derrière Femke Heemskerk.

Pour le titre, le suspense dura jusqu’au bout et Kromowidjojo, 50s95, devança Sjöström, 51s03 tandis que Blume, décrochait et se retrouvait aux abords des plaques d’arrivée, presque rejointe, 51s63 contre 51s65, par la Niçoise. Ni le record du monde de Cate Campbell, 50s25, ni celui d’Europe, 50s58, de Sjöström, ne furent le moins du monde menacés.

PROGRÈS DE CHARLOTTE BONNET ET DE MARIE WATTEL

Il n’est pas interdit de penser que les performances de Bonnet représentent un progrès absolu, un changement de catégorie, et d’aucuns ne se gênent pas pour le clamer. 51s65 en petit bassin, pour elle, valent-ils mieux que son record en grand bassin, 53s65 (en mai dernier à Strasbourg) ?

Il n’est pas sûr que ses grandes rivales, celles qui l’ont précédée à Copenhague, aient pris autant au sérieux qu’elle ces européens en petit bassin. Au plan chronométrique, ses progrès, en cette période de l’année, sont certains, même si dans sa carrière, tout laisse croire qu’elle n’accordait pas jusqu’ici autant d’importance aux courses sur un champ d’eau de 25 mètres. C’est ainsi qu’elle n’avait pas nagé les mondiaux en petit bassin l’an passé à Windsor, au Canada.

La seule fois où elle semble avoir pris l’indoor au sérieux, c’est quand, en 2012, les championnats d’Europe se tinrent à Chartres. Il faut dire que les nageurs Français furent convoqués, si l’on ose dire, manu militari. Agnel, Muffat, Stravius, Manaudou y commirent quelques dégâts… Cette année, Bonnet finit 3e du 100 et 2e du 200 derrière Camille Muffat. Sur la distance reine, elle stoppa le chrono à 53s23. L’ironie est que, cinq ans plus tard, elle nage une seconde et demie plus vite et termine une place moins bien.

Et sur 200m ? Eh ! bien c’est aujourd’hui, le 16.

Bonnet n’était pas la seule Française en finale. Marie Wattel a elle aussi réussi un parcours intéressant. La grande Montpelliéraine de Loughborough prétend récemment qu’elle ne perdait plus ses moyens en compétition. Et elle l’a prouvé : avec 52s88 en séries (5e), 52s35 en demis (4e) et 52s25 en finale (6e) elle a passé un cap. Sur son physique, sa puissance athlétique, on lui a toujours prêté des moyens, la voici à vingt ans qui est en train de rejoindre ces joyeuses prédictions.

MYKHAYLO ROMANCHUK DÉGOMME GREG PALTRINIERI, KLIMENT KOLESNIKOV CASSE LA BARRAQUE ET VICTOR MOROZOV FRÔLE MANAUDOU

Sur 1500 mètres, le styliste ukrainien  Mykhaylo Romanchuk s’est offert le scalp de Gregorio Paltrinieri à l’issue d’une démonstration d’égalité d’allure quasi horlogère, couvrant les trois 500 mètres de l’épreuve en 4’44s32, 4’44s97 et 4’45s30. Paltrinieri, deux semaines après avoir achevé un stage en Chine, avait pris le commandement des opérations,  de sa nage courte et rythmée, tandis que Romanchuk s’évertuait avec lenteur et suivait dans ce style huilé où chaque mouvement semble prolongé, lui donnant une presque étrange impression d’aisance. L’Ukrainien, avec sa fausse lenteur rejoignit le frénétique Transalpin aux 500 mètres et se mit en devoir de le décoller. Les passages de Paltrinieri, 500 par 500, 4’44s41, puis 4’49s58 et 4’59s94, témoignent de l’effondrement physique dans lequel il se retrouva vers la mi-course.  Il fut rejoint aux 1100 mètres par le Norvégien Henrik Christiansen, et il fallut que celui-ci ne soit guère bien plus fringant pour qu’il ne puisse le passer.

Les 14’14s59 de Romanchuk restaient à distance respectueuse des 14’8s06, record mondial de Paltrinieri, lequel héritait d’un modeste, pour lui, 14’22s93 ; Christiansen nageait 14’25s66 tandis que Damien Joly finissait 7e en 14’43s34.

Comme on pouvait s’y attendre après ses exploits sur 50 libre et 200 dos et son record du monde junior en 49s25 la veille en demi-finale, Kliment Kolesnikov gagna le 100 dos. Il lui fallut 48s99 (nouveau record mondial junior) pour rejoindre la plaque du mur d’arrivée, devant Simone Sabbioni, 49s68, et le Roumain Robert-Andrei Glinta, 49s99. Ce temps, c’est du très solide, car il n’a manqué à ce jeune homme de dix-sept ans que sept centièmes pour rejoindre le record du monde senior, 48s92 de Matthew Grevers.

Un autre Russe, Vladimir Morozov, frôlait pour sa part sur 50 mètres le record du monde de Florent Manaudou, vieux de trois ans, en 20s31 contre 20s28

Katinka Hosszu, après son 400 quatre nages et son 100 mètres dos, a remporté le 200 dos qu’elle a mené d’assez peu mais nettement, en 2’1s59 devant l’Ukrainienne Daryna Zevina, 2’2s27, qui sauvegardait pour sa part d’un rien son argent  en face de la superbe Italienne Margherita Panziera, laquelle, en 2’2s43, améliorait son record p.b., 2’3s15. Hosszu avait l’air bien contente de l’emporter, tant Zevina l’avait constamment serrée.

L’heure de l’Allemagne arrivait : d’abord Philip Heintz ne donna guère l’impression de dominer d’entrée son sujet sur 200 quatre nages. Il virait 8e et dernier à l’issue du papillon (25s), était 7e après le dos (53s93), remontait à la 4e place à l’issue de son parcours en brasse (1’25s96) et dégommait trois nageurs de plus dans son parcours de crawl en 26s45 pour dominer : 1’52s41.

A peine Heintz s’était-il séché que sa compatriote et presque homonyme Franziska Hentke gagnait le 200 papillon, qui devançait l’Italienne Ilaria Bianchi et Lara Grangeon. La Française, décidément, réalise un parcours intéressant à Copenhague, qui enlevait du bronze, après l’argent du 400 quatre nages. Lara, qui a montré aussi quelques dispositions pour la longue distance, a décidé, me dit-on, de rejoindre désormais le groupe d’entraînement des marathoniens de Philippe Lucas…

Sur 100 quatre nages, Katinka Hosszu, 56s97, a devancé Sarah Sjöström, 57s92, tandis que la Norvégienne Susann Bjoernssen, 59s26, a devancé la jeune Néerlandaise Marrit Steenbergen, 18 ans le 11 janvier prochain, 59s35.