POUR TEXAS C’EST COMME DÉJA GAGNÉ

Éric LAHMY

Samedi 25 Mars 2017

http://www.sidearmstats.com/ncaa/swimming/index.htm

Ça y est, Texas ne peut plus être battu. A l’issue de la troisième journée des championnats NCAA 2017 d’Indianapolis, les Texans pourraient faire la grève sur le tas, refuser de nager, et seraient en mesure de gagner quand même au classement par équipes sur les points accumulés jusqu’ici.

Enfin, presque!

Après 14 épreuves, le classement des NCAA s’établit ainsi : 1. Texas, 391.5pts; 2. California, 253pts; 3. Florida, 224.5pts; 4. North Carolina State, 196pts; 5. Indiana, 189.5pts; 6. Stanford, 160pts; 7. Southern California, 142.5pts; 8. U. Georgia, 141pts; 9. Missouri, 135.5pts; 10. Louisville, 102.5pts; 11. Auburn, 100.5pts; 12. Alabama, 98pts; 13. Arizona State, 68pts; 14. South Carolina, 60pts; 15. Purdue, 57pts; 16. Texas A&M 56pts; 17. Tennessee, 55pts; 18. Michigan, 46pts; 19. Wisconsin, 33pts; 19. Ohio St., 33pts; 21. University of Miami, 31pts; 22. Lsu, 28pts; 22. Virginia Tech, 28pts; 24. Harvard, 21pts; 25. Arizona, 19.5pts; 26. Minnesota, 18pts ; 27. Penn State, 16pts; 28. Notre Dame, 12pts; 28. Duke, 12pts; 30. George Washington, 9pts; 31. Denver, 7pts; 31. Florida State, 7pts; 33. UNC, 6pts; 34. Kentucky, 4pts; 34. Northwestern, 4pts; 36. Cornell, 3pts; 37. Hawaii, 2pts; 37. Penn, 2pts; 39. Pittsburgh, 1pt.              

138 points d’avance sur son suivant. C’est dire la supériorité d’ensemble du groupe réuni et dirigé de main de maître par Eddie Reese, coach de génie dont l’assistant pendant près de quarante ans, Chris Kubik, disait d’avoir eu l’impression de seconder Albert Einstein.

Dans le détail du programme de la journée, que s’est-il passé ?

TROIS NAGES PLUS UNE, LA BRASSE, ET C’EST CHASE DANS UN FAUTEUIL

Chase Kalisz, de Georgia, vainqueur, haut la main, deux longueurs d’avance, sur 400 yards quatre nages, a battu son record US et NCAA, 3’34s50, réalisé en 2014, avec un temps de 3’33s42. Will Licon, qui aurait pu l’inquiéter sur la distance, et eut représenté le meilleur atout de Texas, a été réservé pour d’autres courses – et il a gagné le 100 yards brasse.

Kalisz a été lancé en direction du record par deux très forts nageurs de « papillon-dos », Andrew Seliskar (California) et Andrew Roberts (Georgia), qui lui ont mené la vie dure. Roberts a effectué le meilleur parcours en papillon, 49s69 ; en dos, avec 53s90 contre 54s10, Kalisz l’a très légèrement repris. Puis, comme il arrive souvent en quatre nages en l’absence d’un super à la Phelps ou Lochte, le parcours de brasse a décidé de la victoire. Kalisz l’achève en 58s61, contre 59s92 pour Seliskar et plus d’une minute pour tous les autres. Dès lors, la messe est dite, Kalisz ne peut plus perdre, ce sera Chase dans un fauteuil.

On peut s’amuser de constater que le classement de leurs parcours de brasse correspond à leur classement général pour six des huit finalistes, dont les cinq premiers : 1. Kalisz, 3’33s42, 58s81 en brasse ; 2. Seliskar, 3’36s18, 59s92 en brasse ; 3. Szaranek, 3’36s31, 1’0s35 en brasse; 4. Gunnar Bentz, 3’36s60, 1’1s09 en brasse; 5. Abraham Devine, 3’37s73, 1’1s27 en brasse; 6. Jonathan Roberts, Texas, 3’38s18, 1’3s70 en brasse. Derrière, cependant, Jay Litherland, Georgia, 3’38s66, 1’2s48, devance en brasse Roberts, qui s’est vraîment défait dans ce parcours.

Qu’est-ce à dire ? La brasse est le style le plus lent, et après être apparu comme le plus « naturel » pendant des siècles voire sans doute des millénaires, il se maintient de façon artificielle. En fait, à mon avis, tous les styles sauf le crawl pourraient être abandonnés, et la brasse plus que les autres (et c’est un nageur de brasse qui vous le dit).

Le but de la course est d’aller vite, et les plus rapides nageurs de brasse du monde vont plus vite en crawl, comme le démontre Ruta Meilutyte, chaque année, à plusieurs reprises.

Mais revenons à Indianapolis.

CAELEB DRESSEL DÉTRÔNE JOSEPH SCHOOLING, ROI DU PAP’.

Sur 100 papillon, Caeleb Dressel a fait fort. Le junior de l’Université de Floride a pulvérisé le record NCAA, 44s01, de Joseph Schooling (le champion olympique de Rio, de Singapour et de l’U. Texas) et Schooling lui-même, lequel s’est pendant défendu jusqu’au bout, amenant son temps à 43s75. Mais Dressel nageait, lui, 43s58.

Dressel et Schooling battent le record américain, 43s84 établi par Tom Shields en début de la saison, à Atlanta, le 2 décembre  2016. 

La façon de gagner de Dressel est fort intéressante. Il ne s’est pas défoncé d’entrée. Aux 50 yards, il était quatrième, avec 20s70, derrière Schooling, 20s39, Jack Conger, un autre Texan, qui avait dominé les séries, 20s55, et Ryan Held, 20s57. Mais en fin de course, il n’y a plus eu que Dressel, qui termine en 22s88. C’était presque du negative-split sur 100 yards papillon, du jamais vu. Un negative-split qui lui a permis de reprendre un mètre à Schooling, deux mètres à Conger et trois mètres à tous les autres finalistes. C’est une gestion de course, hardie mais gagnante en l’occurrence…

J’ai l’impression que depuis deux ou trois ans, des nageurs s’efforcent d’aborder la nage papillon comme les autres styles, posément et calmement, avec le souci de finir fort…  

Schooling, en 2016, était passé en 20s46 et avait gagné en 44s01, record NCAA, devant Dressel, 44s40 et Conger, 44s87.

Schooling aura sa revanche cet été. En grand bassin, les ondulations de Dressel, on l’a vu en 2016, se démystifient toutes seules…

Les meilleurs nageurs de 100 yards papillon sont: 1. Caeleb Dressel, 43s58 (2017); 2. Joseph Schooling, 43s75 (2017); 3. Thomas Shields, 43s84 (2016); 4. Austin Staab, 44s18 (2009); 5. Jack Conger 44s35 (2017); 6. Albert Subirats, 44s57 (2007); 7. Tyler McGill, 44s63 (2009); 8. Ian Crocker, 44s72 (2004); 9. Giles Smith, 44s73 (2013); 10. Andrew Sansouci, 44s86 (2016)

TOWNLEY HAAS ET WILL LICON, COUP DOUBLE TEXAN

Townley Haas a conservé son titre du 200 yards libre, après s’être assuré une légère avance à mi-course, qu’il a conservée sur les uns, accrue sur les autres, pour l’emporter en 1’30s65, à deux dixièmes de son record, 1’30s46, établi l’an passé à la surprise générale (il était assez peu connu). Derrière lui, Blake Pieroni et Dylan Carter, qui s’étaient illustrés dans le quatre fois 200 le premier soir des championnats, ont fini ex-aequo, dans le même centième, en 1’31s16. Un temps qui fait d’eux les 2e performers de l’histoire

Sur 100 mètres brasse, un autre Texan, Will Licon, s’emparait de la première place, après une lutte serrée contre l’allemand du Missouri Fabian  Schwingenschloegl, lequel se lança avec fougue, menant la course avec un mètre sur pratiquement tout le monde, sauf Licon qui le serrait de très près et parvenait in extremis à le passer, 50s68 contre 50s77, à distance du record de Kevin Cordes, 50s04. 

Sur 100 yards dos, Ryan Murphy, de California, a fait honneur à son titre olympique et à tous ses autres antécédents. Il a gagné en 43s99, à une demi-seconde de son record NCAA et des USA, et a devancé le Texan John Shebat, 44s35, et Oslin Connor, d’Alabama, 44s56.

Connor Oslin d’Alabama avait dominé les séries avec un temps de 44s59. Il passe pour un petit, avec son 1,80m, mais cela ne l’a pas empêché de tenir sa place dans la compétition universitaire US. Présenté ironiquement par Swimming World comme « de petite taille par absence d’hormone de croissance à la naissance et toujours sous-apprécié depuis l’école primaire », celui qui fut « toujours l’un des plus petits nageurs dans ses équipes sportives » (selon Dennis Pursley), Connor a été « très faiblement recruté, faiblement apprécié » et finalement, grâce à son sérieux dans le groupe de demi-fond coaché par James Barber, il a « outrepassé toutes les attentes sauf peut-être les siennes. » Le voilà 3e d’un championnat national…

…La taille n’est peut-être pas tout. Sur le podium, à côté d’Oslin, Murphy, 1,90m et Shebat, 1,88m, sont grands, mais pas des géants...

QUATRE DU TEXAS POUR UN RELAIS GAGNANT : SHEBAT, LICON, SCHOOLING ET RINGGOLD

Peu après, le même Oslin, pour Alabama devançait Murphy et tutti quanti au départ en dos du relais quatre fois 50 yards quatre nages. Mais Texas avait mis ses oeufs dans le même panier, remportait la victoire, et devançait Alabama et California. Les deux premières équipes arrivées, Texas, 1’21s54, et Alabama, 1’21s89, battaient le record, de Michigan, 1’22s27 en 2013, que California approchait d’un centième.

Les meilleurs parcours individuels de ce relais :

DOS : Connor Oslin, Alabama, 20s39 ; Ryan Murphy, Cal., 20s47; Dale Taylor, Georgia, 20s73.

BRASSE: Will Licon, Texas, 22s91; Schwingenschloegl, Missouri, 22s93; Peter Stevens, Tennessee, 23s11.

PAPILLON: Joseph Schooling, Texas, 19s45; Andrew Sansouci, Missouri, 19s86; Andrew Liang, Stanford, 19s93.

CRAWL: Caeleb Dressel, Florida, 17s93; Ryan Held, North Carolina St, 18s13; Zane Waddell, Alabama, 18s26.

400 yards quatre nages : 1. Chase Kalisz, Georgia, 3’33s42; 2. Andrew Seliskar, Cal., 3’36s18; 3. Mark Szaranek, Florida, 3’36s31.

Plongeon 3 mètres: 1. Steele Johnson,SO Purdue, 502.20; 2. Briadam Herrera, Miami, 477.30; 3. Juan Hernandez, LSU, 464.35. 

CLARK SMITH ET WILL LICON TRACENT LA ROUTE DU TEXAS VERS LA TREIZIÈME D’EDDIE REESE

Éric LAHMY

Vendredi 24 Mars 2017

Deuxième journée des finales NCAA d’Indianapolis. Les Texans ont pris la tête et tout laisse croire qu’ils ne la lâcheront pas. Caeleb Dressel lança le relais quatre fois 50 yards nage libre de Florida en 18s23, et son équipe mena jusqu’au troisième passage, avant que leur quatrième homme, Jack Blyzinskyj, soit rattrapé et dépassé par Joseph Schooling pour Texas. En 1’14s59, les Texans ne faisaient qu’approcher le record NCAA d’Auburn de 2009 (avec combinaisons), 1’14s08.

Clark Smith gagnait le 500 yards. C’était pour le Texan (oui, un autre) une revanche de l’an passé ; en 2016, en effet, il était attendu « gros comme une maison », et arrivait en détenteur du titre, enlevé haut la main en 2015, en 4’9s72, devant le Floridien Dan Wallace, 4’10s48, et Reed Malone,4’11s94. Chacun se souvenait alors du sprint « fulgurant », 24s04 dans les derniers cinquante yards, qui avait « électrocuté » Wallace, qu’on croyait, fort d’une superbe attaque aux 350 yards, avoir course gagnée. Mais Clark, en 2016, était resté loin de sa réputation, et ses 2,06m de taille (pour 91kg) s’étaient noyés dans le peloton, 21e des séries en 4’17s. La victoire était revenue, chose assez rare, à un « freshman », étudiant de première année, Texan également, Townley Haas. Tout le monde avait crié au génie d’Eddie Reese, en mesure de placer un atout maître quand un autre atout maître lui faisait défaut, mais Clark Smith n’en était pas moins « pissed off », pas content du tout !!

Douze mois durant, ayant ruminé sa vengeance, plat qui se mange froid, il s’est qualifié sans trop d’éclat, si ce n’est sa pointe finale, toujours destructrice en 23s82. En finale, il s’évertua à dézinguer tout le monde par son entrée en matière ultra-rapide. Il n’eut plus ensuite qu’à résister à une énorme accélération de Townley Haas, lequel lui reprit plus d’une seconde dans les cent derniers yards, mais en vain…

Smith effaçait un record NCAA et des USA vieux de onze ans, jour pour jour, 4’8s60 par Peter Vanderkaay, Michigan ; la natation est dans ses gènes. Son père a nagé en compétition (champion NCAA en relais), et sa mère, Tori Leigh Trees, fut une finaliste olympique (5e en 1984 à Los Angeles) championne NCAA (en 1985) dans sa grande spécialité, le 200 dos…

Dressel refaisait son temps des relais au départ de la course individuelle, 18s23. Il approchait de 3/100e son record, et devançait nettement Ryan Held, 18s60, et Joseph Schooling, 18s79, tandis que Michael Chadwick et Zachary Apple se partageaient la 4e place avec 18s97.

Un des ténors de la saison dernière pour le Texas, Will Licon, enlevait le 200 mètres quatre nages, grâce à son crawl redoutable, mais ex-aequo avec Mark Szaranek, 6e de la course en 2016. Licon était un peu en dessous de sa valeur de l’an dernier (1’40s67 contre 1’40s04) quand il avait dû lutter jusqu’au bout contre Josh Prenot. Il a, hier, nagé plus vite en série, 1’40s50, qu’en finale. Ryan Murphy, le double champion olympique de dos de Rio, retrouvait sa place de l’année passée, 3e, malgré une formidable première partie de parcours, en papillon et en dos, qui lui donnait deux secondes d’avance sur Licon. Mais il perdait presque toute son avance en brasse et le leadership en crawl…

RESULTATS.- 50 yards : 1. Caeleb Dressel, Florida, 18s23 ; 2. Ryan Held, North Carolina, 18s60; 3. Joseph Schooling, Texas, 18s79 (en série, 18s97); 4. Michael Chadwick, Missouri, et Zachary Apple (en série, 18s93), Auburn, 18s97; 6. Pawel Sendyk, California, 19s05 (en série, 18s96); 7. Dylan Carter, USC, 19s08 (en série, 19s04); 8. Paul Powers, Michigan, 19s17 (en série, 19s06). Consolation: 9. Brett Ringold, Texas, 18s97; 10. Jack Conger, Texas, 19s05.500 yards: 1. Clark Smith, Texas, 4’8s42; 2. Townley Haas, Texas, 4’8s92; 3. Felix Auboeck, Michigan, 4’8s95; 4. Grant Shoults, 4’10s23; 5. Fynn Minuth, South Carolina, 4’10s57 (en séries, 4’9s55); 6. Akaram Mahmoud, South Carolina, 4’10s83 (en séries, 4’9s73); 7. Marwan El Kamash, Indiana, 4’10s878. Anton Oerskov Ipsen, North Carolina, 4’11s73.-Clark Smith, 47s34, 1’37s47, 2’27s44, 3’18s30, 4’8s42, soit 47s34, 50s13, 49s97, 50s86, 50s12.-Townley Haas, 47s91, 1’38s08, 2’28s92, 3’20s04, 4’8s92, soit 47s91, 50s17, 50s84, 51s12, 48s88.-Felix Auboeck, 47s99, 1’38s35, 2’28s97, 3’19s98, 4’8s95, soit 47s99, 50s36, 50s62, 51s01, 49s97.200 yards quatre nages: 1. Will Licon, Texas, 1’40s67 (en séries, 1’40s50), et Mark Szaranek, Floride, 1’40s67; 3. Ryan Murphy, California, 1’40s73; 4. Gunnar Bentz, Georgia, 1’40s90; 5. Chase Kalisz, Georgia, 1’41s19; 6. Andrew Seliskar, 1’41s26; 7. Andreas Vazaios, North Carolina, 1’41s53 (en séries, 1’40s77). Consolation final: 1. Jan Switkowski, Florida, 1’41s17.-Will Licon, 22s09, 48s34, 1’16s60, 1’40s67, soit 22s09, 26s25, 28s26, 24s37.-Mark Szaranek, 22s16, 47s13, 1’16s42, 1’40s67, soit 22s16, 24s97, 29s29, 24s25.– Ryan Murphy, 21s78, 46s22, 1’15s93, 1’40s73, soit 21s78, 24s44, 29s71, 24s80.Quatre fois 50 yards libre: 1. Texas, 1’14s59 (Brett Ringgold, 18s96, Jack Conger, 18.37, Tate Jackson, 18.92, Joseph Schooling, 18s34), 2. Florida, 1’14s88 (Caeleb Dressel, 18s23, Jan Switkowski, 18s75, Enzo Martinez Scarpe, 18s72, Jack Blyzinskyj, 19s18; 3. California, 1’15s29 (Pawel Sendyk,18s92, Michael Jensen, 18s75, Justin Lynch,18s70, Matthew Josa, 18s92); 4. North Carolina State, 1’15s82 (en séries, 1’15s56); 5. Alabama, 1’16s52; 6. Auburn, 1’16s62 (en séries, 1’16s45); 7. Missouri et Indiana, 1’16s67 en séries, Indiana, 1’16s53).

Quatre fois 100 yards quatre nages: 1. Texas, 2’59s22 ; 2. California, 3’1s51 ; 3. Missouri, 3’1s91; 4. Southern California, 3’2s20; 5. Louisville, 3’3s96; 6. Indiana, 3’3s98.

Dos: Murphy, Cal, 44s32; Shebat, Texas, 44s58; Tribuntsov, USC, 44s76; Taylor, Georgia, 44s90; Tarasevitch, Louisville, 44s97.

Brasse: Licon, Texas, 49s75; Schwingenschloebian, Missouri, 50s22; Hope, Cal, 50s97.Papillon:  Dressel, Flo, 44s33, Schooling, Texas, 43s60; Josa, Cal, 44s59; Carter, USC, 44s81Sansouci, Miss, 44s98.Crawl: Chadwick, Missouri, 40s72; Pieroni, Indiana, 41s20; Perry, Stanford, 41s27; Conger, Texas, 41s29; Condorelli, USC, 41s40.Tremplin de 1 mètre: 1. Steele Johnson, SO Purdue, 446.90; 2. Michael Hixon, Indiana, 437.70; 3. James Connor, Indiana, 437.30.A l’issue de la deuxième journée, 1. Texas, 225.5pts; 2. California, 143pts; 3. Florida, 138.5pts; 4. North Carolina State, 123pts; 5. Indiana, 121pts; 6. Stanford, 105pts.

NCAA: NORTH CAROLINA STATE DEVANT LE TEXAS D’EDDIE REESE, PRIVE DE KRIS KUBIK

Éric LAHMY

Jeudi 23 Mars2017

Hier mercredi, à Indianapolis, la première session des NCAA messieurs 2017 a été, selon la tradition, réservée aux relais quatre fois 200 yards.

Le quatre fois 200 fut, pendant un demi-siècle olympique, appelé le relais des nations. Aujourd’hui cela paraitrait incongru. Mais c’est ce qu’il était. La rencontre des équipes. Le seul relais olympique. Avant qu’en 1960 ne soit introduit dans le programme des Jeux le quatre fois 100 mètres quatre nages ; puis en 1964, le quatre fois 100 mètres libre.

Je crois que cette course mérite toujours une estime particulière, même si notre époque ne lui réserve plus un statut particulier. Pourquoi le quatre fois deux est-il à part ? Un, c’est de la nage libre, le nec plus ultra de la natation, puisque le style ultime, le plus vite de tous. Ensuite ses relayeurs doivent maîtriser cette distance dont on a pu dire qu’elle était un carrefour; ni du sprint, ni du demi-fond, mais les deux, où il convient de nager vite et longtemps… La plupart des plus grands nageurs ont excellé sur 200, de Johnny Weissmuller dans les années 1920 jusqu’à Michael Phelps (2000) ou Sun Yang (2010) en passant par Tsuyoshi Yamanaka (1950), Don Schollander (1960), Mark Spitz (1970) Michael Gross (1980), Ian Thorpe (1990). Chaque décennie parait avoir eu son grand nageur de 200 mètres qui a été, bien souvent, son grand nageur tout court.

Débuter un championnat par le quatre fois 200 mètres, c’est comme attaquer un repas par le plat de résistance, mais bon, on ne va pas bouder ce plaisir…

Lors de cette première journée, je crois bien que l’équipe de Texas était très décidée à imprimer d’emblée sa suprématie. Texas a dominé depuis tant d’années les NCAA avec son mythique coach, Eddie Reese,75 ans, lequel a battu le record de l’histoire des titres raflés, douze, mais n’est pas superstitieux et n’a pas peur du treize et semble pas vouloir s’arrêter…

Texas l’avait emporté en 2016, dans ce quatre fois 200 yards, victoire qui avait annoncé le titre absolu, deux jours plus tard, grâce à une formidable deuxième prise de relais du jeune Townley Haas, lequel creusa un « trou » d’une seconde et demie à deux secondes sur ses adversaires directs, trou qui ne put jamais être comblé par les relayeurs suivants de North Carolina, Florida et California.

Mais un an plus tard, Texas est tombé sur une équipe de l’Etat de Caroline du Nord d’une grande efficacité. Le secret d’un relais, c’est sa cohésion. Le moins bon relayeur, vu sous cet angle joue un rôle équivalent au meilleur. Mercredi, qu’est-ce que cela a donné ? Le meilleur relayeur de Texas, Townley Haas, lequel détient d’ailleurs le record des Etats-Unis de la distance, a fait mieux, de 15/100e que Soeren Dahl, le meilleur de North Carolina. Mais les deux moins bons relayeurs de North Carolina ont amplement comblé ce déficit,  puisqu’ils ont pris 2s16 à leurs équivalents de Texas.

Cette remarque (d’ailleurs tout à fait banale) qu’un relais ne peut se passer d’une certaine cohésion s’illustra dès le début de la course, puisque les auteurs des meilleures performances individuelles du relais furent Blake Pieroni, d’Indiana (champion olympique sur quatre fois 100 mètres à Rio), 1’30s87, et Dylan Carter de Southern California (de Trinidad et Tobago), 1’30s95, et que , faute de profondeur, leurs équipes finirent respectivement 5e et 9e.

Cette saison est particulière pour Reese, car pour la première fois depuis quarante ans, il n’aura pas, à ses côtés, comme assistant, Kris Kubik, l’homme qui l’accompagna pendant toute une vie de coach (et donc lors de ses douze victoires au championnat NCAA), et qui a décidé de prendre sa retraite après la victoire de 2016. Kubik avait été assistant de Reese en 1977 à Auburn et le suivit à Austin. Depuis, les deux hommes ne s’étaient plus quittés.

Kubik a été remplacé, au titre d’assistant, par Wyatt Collins, le fils du head coach du BadgerSwimming Club et, lui-même, un ancien nageur, iron man et triathlète (qualifié pour les mondiaux en 2016) à Boston et aux Longhorns, diplômé d’histoire de l’Université de Texas, qui s’est fait remarquer par ses compétences, depuis trois saisons, comme entraîneur volontaire. La jeunesse auprès de l’expérience.

RELAIS 4 FOIS 200 YARDS: 1. NC State, 6’6s53, record (Ryan Held, Ryan  (20s73,  43s97, 1’7s46, 1.31s37); Andreas Vazaios, (1’52s49, [21s12], 2’15s92 [44s55, 2’39s79 [1’8s42], 3.3s60 [1’32s23]); Justin Ress  3’24.43 [20s83], 3’48s20 [44.60], 4’12s18 [1’8s58),   4’35s86 (1’32s26); Soeren Dahl,  4’56s59 [20s73], 5’19s83 [43s97], 5’42s95 [1’7s09], 6’6s53 (1’30”67).

2. Texas, 6’8s61 (Jack Conger,  20s83, 43s74, 1’7.29, 1’31s54, Jeff Newkirk, 1’52s72 [21s18], 2’16s02 [44s48], 2’40s03 [1’8s49], 3’4s79 [1’33s25]; Clark Smith, 3’25s99 [21s20], 3’49s65 [44s86], 4’13s88 [1’9s09], 4’38s19 [1’33s40]; 4) Townley Haas, 4’58s39 [20s20] 5’21s20 [43s01} 5’44s77 [1’06s58] 6’8s61 [1’30s42]; 3. Florida, 6’9s30 (Jan Switkowski, 21s20, 44s27, 1:07.90, 1’32s44, Maxime Rooney, 1’53s33 [20s89], 2’16s89 [44s45], 2’40s68 [1’8s24], 3’5s11 [1’32s67]; Mitch D’Arrigo, 3’26s61 [21s50]     3’50s18 [45s07], 4’13s97 [1’8s86], 4’37s84 [1’32s73], Mark Szaranek, 4’58s75, [20s91], 5’21s88 [44s04], 5’45s41 [1’7s57]   6’9s30 [1’31s46];      4. California, 6’9s56 Long Gutierrez, 21s23, 44s12, 1’8s27 1’33s31; Andrew Seliskar, 1’53s68, [20s37), 2’16s78 [43s47], 2’40s33 [1’7s02], 3’4s89 [1’31s58], Michael Jensen, 3’25s72 [20s83], 3’49s16 [44s27], 4’12s92 [1’8s03]   4’37s48 [1’32s59], Ryan Murphy, 4’58s16 [20s68] 5’21s23 [43s75], 5’44s76 [1’7s28] 6’9s56 [1’32s08].Le record US des 200 yards de Townley Haas, 1’30s46 en 2016, ne parait pas menacé, mais sait-on jamais.

ANDY COAN, USA, CHAMPION DU MONDE DU 100 METRES EN 1975

(Fort Lauderdale, 4 mars 1958-Knoxville, 20 mars 2017).États-Unis. Fils de médecin et frère d’un vétérinaire, Andrew « Andy » Coan, préférait, lui, nager, et entraîner des jeunes nageurs. Andy, qui vient de disparaître, victime d’un cancer du foie, fut l’un des plus grands sprinters de l’histoire, même si son nom est largement oublié.

Il nageait depuis toujours, et son talent l’amena à s’entraîner dès l’âge de onze ans avec Jack Nelson, à Fort Lauderdale, qui coachait alors la meilleure équipe féminine des USA; puis après ses 18 ans, comme universitaire, avec Ray Bussard à Knoxville, dans le Tennessee. Ce sprinter précoce était encore un écolier à cheveux longs et d’allure dégingandée (1,93m, mince, sec, pas de hanches mais un V impressionnant, de longs bras), à Pine Crest High School, quand il devint tout simplement le meilleur sprinteur de la planète : recordman (51’’11, contre 51s12 à James Montgomery) et champion du monde (51’’25, Cali, Colombie) du 100 mètres en 1975. Cette victoire fut obtenue à la touche après un duel serré contre le Russe Vladimir Bure qui mena pratiquement de bout en bout mis ne put rien faire, avec son 1,77m, contre les bras d’araignée d’Andy, et contre Montgomery. Toujours à Cali, il remporta aussi les titres mondiaux du 4 fois 100 mètres (record du monde) et du 4 fois 100 mètres quatre nages. Cette même année, il enleva le titre US des 100 yards. Diplômé de Pine Crest, il signa à l’Université de Tennessee. Il enleva sept titres NCAA (universitaires) dont deux doublés, 50 et 100 yards (1978), et 100 et 200 yards (1979). Il ne put se qualifier pour les Jeux olympiques de Montréal en 1976, manquant d’un rien la finale des qualifications du 100 mètres.

Un peu plus tard, il se brisait les deux poignets dans un accident d’automobile. Cela ne l’empêcha pas, étudiant à l’Université de Tennessee et entraîné par Ray Bussard, de dominer le sprint des NCAA. En 1978, étudiant de 2e année, il emmena les Tennessee Volunters au titre NCAA par équipe et fut élu pour sa part athlète de l’Université et meilleur nageur NCAA.

Quand le président Carter annonça le boycott des Jeux olympiques de Moscou, Coan ne jugea pas bon de se présenter aux sélections. Il s’en alla entraîner un club qu’il avait fondé, le Plantation Aquatic Club, dans la piscine qu’il avait lui-même dessinée, du Plantation Central Park. Récemment sa santé s’était détériorée. Victime en septembre 2014 d’un Guillain-Barré, un désordre du système nerveux périphérique qui le conduit à la paralysie, avant qu’il ne l’affronte avec un certain succès, grâce à une thérapie aquatique, réapprenant à se mouvoir. Il reprit le coaching à West Boca High. Son courage admirable ne fut pas récompensé, car il succombait peu de temps après à un mal qui ne pardonne pas.

Aujourd’hui encore, Coan détient les records de son école des 50 et 100 yards, 20s19 et 43s99, temps réalisés avec les maillots de bain de l’époque, loin des merveilles technologiques d’aujourd’hui et qui, 42 ans après, lui auraient encore permis d’enlever les titres de l’Etat ! A ses 43s99 établis en 1975, il ajouta un 43s25 (record US) nagé au cours de l’hiver 1979. Sprinter résistant, toujours en 1979, il établit un autre record US sur 200 yards, en 1’35s62. Eric LAHMY.

LA POLITIQUE DES CLUBS SELON GILLES SEZIONALE ET SON ÉQUIPE

Éric LAHMY

Lundi 20 Mars 2017

Le projet de Gilles Sezionale, candidat à l’élection à la présidence de la Fédération, est important à plus d’un titre. D’abord, c’est un projet qui correspond à une action qu’il a menée dans sa région, la Côte d’Azur, dont il a fait sportivement un bastion de la natation française (pas tout seul, mais cela ne lui enlève rien, bien au contraire). Ensuite parce qu’il s’agit, dans l’esprit de Gilles Sezionale, de transposer un certain nombre d’expériences menées sur la Côte d’Azur à la dimension supérieure, celle de la natation française dans son ensemble. Par ailleurs, disons le, ce projet apparait comme une synthèse réfléchie ; s’il est activé et s’il réussit, il nous donne une idée  optimiste de ce que pourrait devenir la natation française.

Enfin, last but not least, disent les Anglais, il représente aujourd’hui le seul espoir de renouvellement du sport. Il y a beaucoup de vaine agitation du côté de Francis Luyce, et une tentative pathétique de la dernière minute de présenter un « projet. » Les guillemets sont intentionnels. Car il ne faut pas confondre un projet et un « projet ». Voici 24 ans que Luyce lance des « projets » que l’on prenait pour des projets parce qu’il n’avait aucun contradicteur en face de lui.

Entre un « projet » à la Luyce et le projet de Gilles Sezionale existe la même différence qu’entre une grossesse nerveuse et une parturition menée à terme, entre un désastre annoncé et la promesse d’un vrai changement, entre un mensonge confirmé par vingt-quatre années de pratique et la franche loyauté de celles et ceux qui entendent s’engager. Entre le « projet » de Luyce » et le projet de Sezionale, on peut aussi mesurer la différence qui existe entre un chef de bande arriviste et un team leader ambitieux.

Entre les deux équipes, mêmes différences : d’un côté, une bande de has been, voire de never were, où se côtoient des nostalgiques des temps révolus, quelques braves gens égarés et de cyniques profiteurs désireux de se servir, et de l’autre une équipe qui entend changer la donne pour la natation. Voilà pourquoi je ne crains pas de présenter ci-dessous le 3e volet du plan Sezionale, celui qui concerne les clubs. Ce projet ne ment pas : il représente une vraie ambition… Éric LAHMY

 

LA POLITIQUE DES CLUBS

par GILLES SEZIONALE

Après avoir recueilli la confiance des délégués lors de l’élection à la présidence de la Fédération Française de Natation, je m’engagerai pleinement pour conduire les réformes indispensables destinées à faire face aux données de notre environnement sportif en perpétuelle évolution, contribuer au développement des activités de la natation et permettre à nos équipes nationales de briller lors des grandes compétitions internationales.

A titre personnel, je saurai être en phase avec ce nouveau défi, en m’organisant sur le plan professionnel pour me consacrer pleinement à mes activités fédérales

Les Clubs au cœur du dispositif Fédéral

Le Club est l’acteur-clé du développement de nos activités et le mettre au cœur de mon projet m’apparaît être une évidence. Renforcer les synergies entre le Club, les Comités Départementaux, les Ligues et la Fédération pour favoriser leur complémentarité au service de nos pratiquants est primordial et indispensable pour notre réussite collective.

Ma priorité : Une réforme indispensable de la politique de la licence, la promotion de nos disciplines, de nos activités pour tous les publics, le renforcement de la cohésion entre le niveau local et le niveau national, la proposition d’une offre de service adaptée répondant à la demande des pratiquants et aux besoins du territoire, devront être les conditions de développement des Clubs de notre Fédération.

*** Donner du sens à la prise de licence en répondant à la demande de prise en compte des différents publics en fonction de nos activités « pratique compétitive, ludique, événementielle, éducative ou de santé».

Le développement d’une gouvernance participative pour la gestion des piscines.

*** Adapter une tarification de licence pour la mettre en phase avec le service fourni par la Fédération.

Mes engagements : Développer une politique de soutien à l’ensemble des Clubs.

– Soutien au développement de l’ensemble de nos disciplines : Natation course, eau libre, Natation synchronisée, Water-Polo, Plongeon.

– Soutien au développement de nos activités « Nagez forme santé », « Nagez forme bien-être », « Nager grandeur nature », « J’apprends à nager ».

(GILLES SEZIONALE, PRÉSIDENT DE LA LIGUE PACA DE NATATION, VICE-PRÉSIDENT DÉLÉGUÉ DE LA FFN, CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DE LA FÉDÉRATION FRANÇAISE NATATION).

JOURNAL D’UN NAGEUR DE L’ÈRE POST-TRUMP

Éric LAHMY

 Dimanche 19 Mars 2017

LIVRE

 Lorsqu’Olivier Silberzahn, un ingénieur issu de Polytechnique, me proposa de m’envoyer son livre, le titre était assez intrigant pour moi pour que j’accepte avec intérêt. Pourtant, je me méfiais. Pas de lui, de moi. A force de ne vouloir lire que des chefs d’œuvre de la littérature, je risque trop d’être excessivement sévère avec un premier ouvrage qui ne prétend pas renouveler Proust.

Nageur et ingénieur, le mariage avait de quoi aiguiser ma curiosité, et le mélange des genres, entre virages en natation et tournants de la politique états-unienne, que ce titre promettait, n’était pas pour me déplaire… Sur ce plan, son livre me parut réussi.

Silberzahn m’a beaucoup appris. Ainsi pourquoi je n’aime pas nager dans les piscines françaises. C’est quelque chose que je n’arrivais pas à  justifier. Grâce à lui, je sais maintenant que nos piscines ne sont pas partagées entre le public et les écoles par peur des pédophiles ! Vous y auriez pensé ? Les baigneurs, de ce fait, expulsés des créneaux de natation scolaire, se trouvent compressés dans les rares heures et le peu de lignes qui leur sont réservées, quand dans d’autres pays, en jouant avec les horaires, je parviens à nager dans des lignes d’eau moins fréquentées. Etonnez-vous, après ça, des déficits des piscines, et soyez en persuadés : nous ne sommes plus, depuis longtemps, le peuple le plus spirituel du monde !

Il y a des choses dans lesquelles je me retrouve dans son texte. Par exemple son agacement devant la crainte folle de notre époque face au moindre risque pris, qui débouche, pour le nageur, sur l’interdiction de nager de superbes plans d’eau libre. « Pourquoi déresponsabiliser les citoyens et restreindre leur liberté au nom de la défense de leur sécurité ? » Tentative de réponse ? Parce que l’accident PUBLIC nous est insupportable. Pendant ce temps, 20.000 personnes meurent chaque année d’accidents domestiques, mais cachés, personne ne les voit, donc ils n’existent pas.

L’auteur obéit à ce que j’appellerais un principe de révolte, très français, voire franchouillard, mais qui me convient parfois assez bien. Par exemple contre l’interdiction du short de bain et l’obligation de porter un bonnet de bain, même pour les chauves, et dans lesquelles il voit « le symbole d’une société toujours plus policée, toujours plus réprimante, liberticide, qui, croyant se sauver, court à sa perte en sacralisant le principe de précaution et la pseudo-hygiène, au détriment de la liberté et du goût du risque. » En colère, n’est-il pas vrai?

Ce n’est pas tout. Apnée interdite, plongeons éliminés du décor des piscines, remplacés par des toboggans bien policés. « Au bout de dix ans, ils ont réussi à dégouter et anesthésier toute une jeunesse, qui doit maintenant chercher sa dose d’adrénaline dans des pratiques autrement dangereuses. »

Très vite, le livre prend son rythme, et il devient évident, je l’ai dit, que la natation, quoiqu’excellement traîtée, y est un prétexte, un sujet marginal. Je ne dis pas qu’elle n’est pas importante dans l’esprit de l’auteur, qui connait très bien le sujet. Mais son héros aurait pu jouer au golf, à la canasta, aux échecs ou s’exercer au tir aux pigeons que presque rien n’eut été changé ou presque à son histoire.

Le sujet central du livre ?  C’est une assez ironique fiction politique. Partant de l’élection de Donald Trump, déjà acquise, et passant à celles, jusqu’ici imaginaires, de tous les représentants de l’extrême droite européenne, en France, en Autriche, et ailleurs, Olivier nous mitonne un scénario-catastrophe dont je ne puis trop vous dire où il va nous mener de crainte de vous gâcher le suspense.

Je ne sais pas trop ce qu’il pense en vrai de l’époque, Silberzahn. Partage-t-il la colère populaire qui étreint l’occident ? Oui et non, il est comme tout le monde, Olivier, il se positionne en fonction de ses aprioris.

Ce qui me parait clair, c’est, dans l’eau comme sur terre, qu’il pratique la hardiesse du propos. Quand il évoque le style du nageur, je songe à la théorie du « nager vilain » de Romain Barnier, aux tests de nage « panique » de survie, de Guennadi Touretski, ou encore à cette définition de la performance sportive vue par Lacan, « exploit dérisoire dans une situation d’égarement. » Silberzahn ne se propose-t-il pas, en effet, de « faire le contraire de ce style idéalisé que l’on trouve dans tous les manuels, mais que tant de champions ne pratiquent pas dans la vraie vie quand ils se battent pour la gagne » ?  Et d’affirmer : « à un moment, il faut savoir montrer à l’eau qui est le maître. » Pourquoi pas ?

Quelquefois, ses protestations ont quelque chose de loufoque dans le genre beauf, franco-français. Ne voilà-t-il pas que ce nageur d’eau libre diatribe contre, « aux Etats-Unis, leurs foutus bassins de 25 yards, qui ruinent tous les repères chronométriques », comme si le nageur de mer, le lac et de cours d’eau faisait si grand cas du chrono, et comme si le convertisseur yards-mètres de Speedo n’existait pas, allons, allons !!

Je ne sais trop si vous aimerez le scénario d’improbable fin du monde (et de début d’autre chose) imprégné de technologie que propose l’auteur. Raconter l’histoire de la planète entre 2017 et 2022 exige une certaine ambition et un goût de la science-fiction, mais elle m’aurait mieux accroché si racontée par un être vivant ; or ce héros a quelque chose de mécanique, il vous expose le crépuscule d’une civilisation, voire le drame d’une espèce avec des accents d’une neutralité telle que, par comparaison, Meursault, l’étranger de Camus (autre nageur) ferait figure d’hyperémotif.

Parfois jubilatoire, parfois farfelu, parfois convaincant, parfois fâcheux, j’ai eu après cinquante pages l’impression de m’appuyer une thèse, une oeuvre de futurologie à la Alvin Toffler (Le Choc du Futur, La Troisième Vague) mâtinée de fantaisie: Le Schnock du Futur, si vous préférez.

L’auteur est à son meilleur dans l’analyse. Il actionne avec un plaisir non dissimulé les mécanismes qui nous conduisent vers l’issue surprenante qu’il nous a préparée. Sans se soucier de psychologie : ce ne sont que mouvements de masses, de nations, de populations contre populations, comme à la parade.

Et au milieu de ce tohu-bohu, incapable de la moindre introspection, le personnage perd son job, nage, crève de faim, nage, fuit des drones tueurs, nage, vit (et nage) avec une fille, puis une autre, les quitte sans émotion, après analyse objective de la situation, décidément rien ne l’atteint. Bouddhiste ? Il nous l’aurait dit. Autiste, je croirais. Un calme plat des sentiments. L’homme de Silberzahn est un robot. Mais un robot pensant.

Et nageant, je vous le concède…

C’est dans l’eau que cet être sec trouve un peu d’humidité : sa part d’humanité ?

Olivier Silberzahn, Journal d’un nageur de l’ère post-Trump (Maurice Nadeau éditeur).

RECORD ÉLECTRONIQUE POUR MANUEL: 45s56 AUX 100 YARDS

Éric LAHMY

Dimanche 19 Mars2017

Enfin Kathleen Ledecky n’a pas battu un record de demi-fond. Elle n’a pu faire mieux que gagner le 1650 yards avec ‘seulement’ vingt-et-une secondes d’avance sur Leah Smith, 15’7s90 contre 15’28s89, laquelle n’avait pour sa part que vingt-deux secondes d’avance sur la troisième, Megan Byrnes, 15’50s87.

Lors de cette finale de NCAA, on a eu droit, au fond, à deux démonstrations solitaires, celle de Ledecky et celle de Smith, et, derrière ces extra-terrestres, le « vrai » championnat, celui pour la troisième place, une bataille à six ou sept filles qui s’entrecroisaient, s’empoignaient, se passaient et se dépassaient, et qui finissaient à sept en l’espace de cinq secondes : Byrnes, 15’50s87, Leah Stevens, 15’52s36, Hannah Moore, 15’52s75, Danielle Valley, 15’53s22, Joanna Evans, 15’54s46, etc..

Avec son temps à l’arrivée, Ledecky a établi son 2e temps de carrière, derrière les 15’3s92 nagés à Columbus le 20 novembre dernier. Coïncidence, Leah Smith elle aussi est restée légèrement en retard sur son temps record personnel, 15’25s30, nagé à Greensboro en février 2016.

MINI ÉCHEC POUR UNE TRIOMPHATRICE: LEDECKY « RATE » LES QUINZE MINUTES

Comme d’habitude, Ledecky a nagé sur ses bases hors normes, assez monstrueuses. Au 500 yards, elle touchait en 4’32s10, un temps qui lui aurait donné la 3e place de la course individuelle, deux jours plus tôt, derrière… elle-même et Leah Smith. Ce fut une belle leçon d’égalité d’allure, même si elle faiblit assez nettement dans sa seconde moitié de course (7’30s plus 7’37s). Partie pour taquiner les 15 minutes, Katie est restée un peu en deça de ce qui devait être son objectif.

Ses temps 100 yards par 100 yards, 52s23, 54s87, 54s94, 55s08, 54s96, 54s49, 54s62, 55s04, 55s07, 55s58, 55s55, 56s27, 56s08, 56s09, 55s56, 55s37 et 25s88 pour finir. Après neuf fois 100 yards abattus en 55s, elle nagea six cents yards en 56s et ne put tomber son record…

Rater le quart d’heure pour sept seconde… On peut donc dire que si elle a faibli, la Katie, c’est avec panache!

Si un autre record pouvait être battu, dans cette dernière journée de finales NCAA d’Indianapolis, c’était celui du 100 mètres, par Simone Manuel, et il le fut. La co-championne olympique du 100 mètres fut à peu près sans rivale. Elle partit plus vite que toutes et revint plus vite que toutes, et améliora au bout de cet effort son record américain d’une demi-seconde, nageant 45s56 (contre 46s09 pour l’ancien record).

Nettement devancées, Olivia Smoliga, 46s30 et Mallory Comerford, 46s35, devenaient les détentrices des 3e et 4e  temps de l’histoire derrière Manuel et Abbey Weitzeil, laquelle, peut-être à la suite de son alerte du mois dernier (elle était reste évanouie pendant quelques minutes après une course), a perdu de son tranchant ; Abbey ne pouvait faire mieux que 8e et dernière de la finale, en 47s79, temps bien éloigné de son record, 46s29. Parmi celles qui la précédaient, Béryl Gastaldello, 47s54, 6e ex-aequo avec Chantal Van Landeghem (Canada).

Simone Manuel détient désormais six des 10 meilleurs temps sur 100 yards tous temps : 1. Simone Manuel, 45s56 ; 2. Simone Manuel, 46s02 ; 3. Simone Manuel, 46s09 ; 4. Abbey Weitzeil, 46s29; 5. Simone Manuel, 46s30; 6. Olivia Smoliga, 46s30 ; 7. Mallory Comerford, 46s35; 8. Simone Manuel, 46s36 ; 9. Abbey Weitzeil et Simone Manuel, 46s47.

Sur 200 yards dos, le dernier mot est resté à Kathleen Baker, laquelle, talonnée jusqu’au bout par une meute, fit le trou par un solide troisième quart de course, pour finit avec une demi-longueur sans que Zevnik puisse lui reprendre un « centiyard. »

Trois filles du Kentucky dont deux sœurs, étaient en finale, Seidt fut la mieux disant ; les deux sœurs Galyer, Danielle, gagnante de la course en 2016 et sa cadette Ali, finirent 5e et 8e.

Kathleen Baker, California : 25s59, 53s22, 1’20s87, 1’48s44

Alexia Zevnik,N. Carolina St: 25s78, 53s48, 1’21s52, 1’49s09

Asia Seidt, Kentucky : 26s09, 53s78, 1’21s56, 1’49s63

LILY KING OU L’ART DE PARTIR VITE POUR GAGNER

Sur 200 mètres brasse, Lilly King l’emporta avec un nouveau record, 2’3s18, mais non sans une fière explication avec la Canadienne Kierra Smith, qui, en 2’3s55, battait elle aussi l’ancien record de Lilly, 2’3s59. Smith avait nagé 2’4s56 il y a deux ans.

Lilly King, 27s13, 58s32 (31s19), 1’30s85 (32s53), 2’3s18 (32s33)Kierra Smith, 28s17, 59s79 (31s62), 1’31s54 (31s75), 2’3s55 (32s01)

ELLA EASTIN OU L’ART DE PARTIR LENTEMENT POUR GAGNER

Sur 200 mètres papillon, Ella Eastin illustra la fameuse tautologie de Mark Spitz, selon qui « les courses ne se gagnent pas au départ, mais à l’arrivée. » Est-ce pour avoir oublié ce précepte musclé de l’Obi-Wan Kenobi de la natation que la Californienne Katie McLaughlin, après avoir glorieusement mené pendant cent soixante quinze yards, ne sut résister à l’intraitable leçon d’égalité d’allure de Eastin ? C’est possible.

Mais dans le 200 brasse, Lilly King n’avait-elle pas démontré, en sens contraire, que les courses se gagnent au départ, à condition de ne pas faillir ensuite ?

Le relais quatre fois 100 yards clôturait cette ultime journée de championnats NCAA 2017, et on ne savait ce qu’elle donnerait. Ce fut Stanford qui l’emporta, et pas qu’un peu. Le coup de grâce fut donné d’entrée, par Simone Manuel, avec un temps de 46s02, deuxième temps de l’histoire. Pour Georgia, Oliva Smoliga, 46s70, était déjà menée dune demi-longueur, et Louise Hansson, 47s07, pour la Californie du Sud, d’une longueur. Béryl Gastaldello, qui lançait Texas A&M, signait un 47s83.

Derrière Manuel, on avait mis… Katie Ledecky, qui s’en sortit plutôt bien, 47s59 lancée, ne cédant rien du pécule que lui avait offert Manuel. Janet Hu, 47s63, et une solide Lia Neal, 46s37, clôturaient l’affaire, en 3’7s61, record. L’ancien, était détenu depuis trois semaines par le même quatuor en 3’8s51.

Les meilleurs temps lancés, outre ceux énoncés, de cette finale de relais, furent effectués par Mallory Comerford, Louisville, 46s38, Chantal Van Landeghem, Georgia, 46s73Farida Osman, Cal, 46s88, Abbey Weitzeil, Cal, 46s93.

NCAA A INDIANAPOLIS : SIMONE MANUEL IMBATTABLE CETTE NUIT SUR 100 YARDS ?

Samedi 18 Mars 2017

Les qualifications donnent des résultats très serrés, qui sont une caractéristique constante de la natation américaine. Cette densité ne s’est jamais perdue, du moins depuis que j’observe les nageurs d’outre-Atlantique. On m’a toujours convaincu que ce n’est pas le résultat d’une méthode. Il y a bien longtemps, déjà, alors qu’on évoquait les « systèmes » d’entraînement, et parlait du britannique, de l’allemand, de d’australien, du russe, voire du sinistre allemand de l’Est, je m’étais demandé ce qu’était le système américain. « Il n’y a pas de système américain », me répondit David Dickson, qui était passé du poste de capitaine de l’équipe olympique d’Australie à celle d’entraîneur du club d’Antibes. « C’est des systèmes », et il mimait avec la main de petites explosions, « pop, pop, pop » et il est vrai qu’on ne pouvait pas confondre ce que faisaient Gus Stager, Peter Daland, Sherm Chavoor, Don Gambrill, James Counsilman ou encore le plus fort de tous, George Haines, puis, plus tard, Dick Jochums, Mark Schubert, Paul Bergen, Richard Quick, Nort Thornton, Dave Durden, Bob Bowman, Eddie Reese, Teri McKeever, David Marsh, Bruce Gemmel,  ou Dave Kelsheimer… et ceux qui m’excuseront de les avoir oublié.

J’imagine que cette loi du nombre, et la compétition dans laquelle toutes et tous se trouvent, les tirent vers le haut.

A Indianapolis, ce samedi matin. Sur 200 mètres dos dames, c’est une Canadienne de North Carolina, Alexia Zevnik, qui mène la danse, mais elle aura de quoi s’inquiéter, parce que Danielle Galyer, de Kentucky, tenante du titre, (née d’une mère canadienne et d’un père néo-zélandais, une vraie américaine, quoi) n’est pas devancée de plus de deux centièmes (1’49s71 contre 1’49s73). Kathleen Baker, la gagnante des 100 yards dos, suit (1’49s96), et la jeune sœur de Galyer, Ali, tout juste sortie des rangs juniors et semble-t-il plus forte que sa sœur à son âge, n’est pas très loin, qui devance, 1’50s53 contre 1’50s62, la Canadienne Kennedy Goss.

Sur 100 mètres, trois filles sous les 47s, et aucune surprise, avec Simone Manuel, 46s30, un temps que seules elle-même (46s09) et Abbey Weitzeil (46s29) ont surpassé dans le passé, Olivia Smoliga, la tenante du titre NCAA, 46s87, et Mallory Comerford, 46s89. Mais derrière, c’est tout bon également : Farida Osman, la gagnante du 100 papillon, 47s18, Lia Neal, 47s22, et Abbey Weitzeil, 47s28. Autre qualifiée, Béryl Gastaldello, la Française qui, guère transcendante depuis le début des championnats, nage en 47s34 (à 15/100e de son record personnel, 47s19 l’an dernier), devançant la géante canadienne Chantal Van Landeghem, 47s37.

Sur 200 brasse, quatre filles sous les 2’6s : Kierra Smith, 2’5s50, Sydney Pickrem, 2’5s69, Emily Escobedo, 2’5s72, et Lilly King, 2’5s90. King qui est passée comme une fusée, en 59s08 mais s’est pas mal tassée sur la fin… sans qu’on puisse trop savoir si ce fut par calcul ou un effondrement.

Pour finir ces séries matinales, California, tenante du titre, a amélioré le record du relais quatre fois 50 mètres quatre nages avec 1’34s10 (Baker, 23s62, Weitzeil 26s67 – en brasse ! -, Noemie Thomas 22s70, Farida Osman, 21s11). L’ancien appartenait à Stanford, 1’34s15. La coach de California Berkeley, Teri McKeever, n’a pas perdu la main pour ce qui est de la préparation finale de ses nageuses. E.L.

KATHLEEN LEDECKY ET MALLORY COMERFORD DANS LE MÊME CENTIÈME

Éric LAHMY

Samedi 18 Mars 2017

Ex-æquo. Entre Kathleen Ledecky et Mallory Comerford, sur 200 yards. Le temps ? 1’40s36. Un centième de mieux que le meilleur temps d’engagement, celui de Simone Manuel, réussi lors des PAC-12 il y a trois semaines.

Comerford, sa grande forme était évidente, depuis deux jours, elle alignait des performances comparables à celles de Ledecky et de Manuel. Si, en termes de fonctionnement, la valeur de Manuel s’organise à partir du sprint (victoire sur 50 yards, vitesse pure exigée) et celle de Ledecky s’enracine dans une capacité de résistance hors-normes, on ne sait trop où se trouve leur distance carrefour. Sur 200 mètres, Ledecky domine, c’est sûr. Mais sur 200 yards, avec les virages, on ne savait pas trop…

Le plus impressionnant, chez Ledecky, en dehors de sa supériorité physique évidente en demi-fond, est sa capacité à faire reculer ses limites…

Dans n’importe quel domaine, je n’aimerais pas avoir cette fille sur mes talons, je me sentirais mal barré… Elle me rappelle ce que me racontait le père de Tim Shaw quand ce dernier détenait tous les records du monde du 200 mètres au 1500 mètres. « Vous ne pouvez pas battre Tim. Vous lancez une bataille de polochons, il devra avoir le dernier mot. Gamin, à dix ans, il avait gagné comme ça un concours de manger de pizzas avec sa fratrie et nous ses parents, je ne sais pas comment il a pu distendre son estomac à ce point ce jour-là. »

Cette façon de se transcender de Katie lui a donné, sur 200 mètres, un titre mondial à Kazan et un titre olympique à Rio, sans qu’elle puisse se dire la plus rapide dans cette course (c’était surtout clair à Kazan, moins à Rio, un an plus tard, en raison justement de sa capacité de progresser un peu plus que les autres qui avait permis de faire le ménage entre-temps).

Au niveau où elle se situe, disons le, faire la différence est particulièrement ardu, car en face d’elle, elle trouve de sacrés tempéraments. Tout en haut de la hiérarchie, ce ne sont plus des nageurs qui gagnent, ce sont des bêtes d’entraînement doublées de fauves de bassins !

Manuel en est une, genre lionne. Melissa Franklin racontait l’an passé combien elle avait trouvé d’impressionnante assurance, de certitude, de capacité de se battre, chez la brune championne olympique du 100 mètres nage libre, alors qu’elle n’était qu’une très jeune nageuse en devenir.

La course fut limpide. Manuel la lança à belle allure, estimant sans doute avec raison qu’elle ne pourrait déborder Ledecky en fin de course, et prit l’ascendant. 23s28 au passage des 50 yards, un yard d’avance sur Ledecky et la Hongkongaise Siobhan Bernadette Haughey, 23s71. Fidèle pratiquante de l’égalité d’allure, Mallory Comerford, restait un peu en retrait, en 23s95. Comerford et Manuel illustraient dans cette finale les deux possibles stratégies de filles rapides en face d’une redoutable super-endurante (d’ailleurs elle-même fort rapide) à la Ledecky…

Du 50 au 100, Manuel continuait d’appuyer, 25s18, 48s46, mais ne gagnait plus rien sur Ledecky qui poussait les feux, 25s19, 48s90, pendant qu’Haughey, 25s93, 49s64, perdait deux places et se faisait passer par Comerford laquelle restait fidèle à son plan de course, 25s51, 49s46.

Manuel cependant caracolait toujours en tête aux 150 yards tandis que Comerford était revenue sur Ledecky, lui reprenant un yard, en 25s37 contre 25s84 et n’était plus devancée par elle que de onze centièmes. Mais au sprint, Manuel perdit pied, et Comerford reprit à Ledecky les 11/100e de déficit qui les séparaient. Le record américain de Melissa Franklin, 1’39s10 en 2015, resta debout. A distance respectueuse de ce monument, Ledecky et Comerford partageaient la 2e place du bilan américain en yards avec 1’40s36 ; Manuel, sur son temps de PAC-12, reste 4e en 1’40s37, qui passe Allison Schmitt, 1’40s62 en 2015. Le grand progrès est celui de Comerford, dont le record était de 1’42s54 (en 2016 à Atlanta)…

Ella Eastin remplaçait Ledecky pour Stanford dans le 400 yards quatre nages. Ses bras n’ont pas failli… Elle a gagné la finale, laissé derrière elle, dès le premier parcours de papillon les redoutables Sidney Pickrem de Texas A&M, 3’59s36, et Madisyn Cox, de Texas, 4’0s97, et battu d’une longueur de doigt le très récent record américain de Ledecky, 3’57s57 contre 3’57s68.

Immédiatement après cela, Farida Osman, l’Egyptienne de California, devançait Helene Moffitt, une des stars de Caroline du Nord. Son temps, 50s05, s’inscrit en 3e place dans le bilan américain tous temps derrière Kelsi Worrell – gagnante de l’année passée, seule sous les cinquante secondes de l’histoire avec 49s43 et quatre temps entre 49s81 et 49s88 – et Natalie Coughlin.

Moffitt, 50s37, améliorait son record de l’an passé, 50s67. La victoire d’Osman fut, d’une façon, celle du sang-froid et de la planification de course. Le papillon est de tous temps la nage qui échappe à l’idée d’égalité d’allure. On y part très vite et l’on finit sur un brancard d’ambulance. Michael Phelps fut le premier nageur de l’époque moderne de jouer différemment et de savoir « revenir » dans une course en papillon. Farida est passée en 24s04, en septième position de la finale (et moins vite que quatre nageuses de la finale B) et elle a ramassé tout le monde au retour…

Lilly King, comme prévu, n’eut pas d’adversaire à sa mesure sur 100 yards brasse, et, en 56s71, laissa sa seconde, Lindsey Horejsi, au niveau de son ciseau de jambes. Sur 100 yards dos, en revanche, la grande Olivia Smoliga, dernière année de NCAA, ne put assurer une sortie triomphale de sa saga d’universitaire NCAA ; elle s’est fait proprement sécher par une « sophomore », la Californienne Kathleen Baker – médaillée d’argent olympique du 100 mètres dos derrière Katinka Hosszu -, dont les 49s84 frôlaient son record personnel, 49s80, et aussi le record NCAA et américain d’Ally Howe, 49s69. Ally Howe fut plus que Smoliga la grande battue, car ses 49s69 avaient été établis il y a trois semaines. Ici, elle ne pouvait produire mieux que 50s58. La forme est une donnée instable !

http://www.sidearmstats.com/ncaa/swimming/index.htm

NCAA: SIMONE MANUEL CONTRE KATIE LEDECKY SUR 200 YARDS

Vendredi 17 Mars 2017

Après son succès d’avant-hier aux championnats NCAA 2017, à Indianapolis, Kathleen Ledecky détient les onze meilleures performances sur 500 yards. Elle laisse la 2e nageuse la plus rapide sur la distance, Leah Smith, à 4 secondes 84 centièmes.

Troisième journée. Le choc du jour parait se situer sur 200 yards. Ledecky, là, n’est pas seule. Invincible sur les longues distances, elle est ici menacée. Dans les séries, elle a été devancée par Simone Manuel, 1.41s81. Ledecky a nagé 1.42s02. Suivent deux autres grosses cylindrées, Leah Smith, seconde de Katie sur 500 yards, ce matin auteure d’un 1’42s86, et Mallory Comerford, 1’42s99. Course très dense en perspective, avec une 8e et dernière qualifiée en 1’43s73.

Manuel, aux PAC-12, voici trois semaines, avait précédé Ledecky de 13/100e, en 1’40s37 contre 1’40s50. Voici deux jours, Comerford a nagé, lancée, en 1’40s21 dans le relais quatre fois 200 ; temps qui se compare favorablement au 1’41s41 au start de Manuel et au 1’40s46 lancé de Ledecky. Smith, elle, 1’42s46 lors du même relais, parait manquait un peu de vitesse, et Comerford de résistance. Siobhan Bernadette Aughey, petite nièce d’un ancien premier ministre irlandais, qui nage pour Hong Kong et Michigan, a été championne du monde junior 2013 du 100 mètres, et demi-finaliste olympique sur 200 mètres à Rio, pourrait se mêler à la bagarre… Course ouverte s’il en est.

Sur 100 dos, Olivia Smoliga, Georgia, est favorite, avec son temps des qualifications, 50s31 ; elle devance Hanna Stevens, Missouri, 50s61, Kathleen Baker, California, 50s63, Janet Hu et Ally Howe, Stanford, 50s75 et 50s80, etc. Sur le papier, finale assez indéchiffrable.

Sur 100 brasse, Lilly King parait invincible, qui a dominé les séries en 57s38. Derrière, quatre filles dans 0s42 dont une Lindsey Horejsi qui améliore son record de la saison, 58s90, avec 58s23.

Sur 100 papillon, course également des plus disputées avec en séries 4 filles dans 6 centièmes : Noémie Thomas, California, 50s71, Louise Hansson, Southern California, 50s74, Hellen Moffit, UNC, et Farida Osman, California, 50s77. Toutes à la poursuite du record de Kelsi Worrell, qui est devenue professionnelle et s’est récemment fiancée avec notre brasseur, Thomas Dahlia.

Sur 400 quatre nages, en l’absence de la recordwoman des Etats-Unis (3’57s68), Ledecky soi-même, la voie parait libre pour Ella Eastin, Stanford, qualifiée en 4’3s47, face à Sidney Pickrem, TAMU, 4’3s63 et Madisyn Cox, Texas, 4’4s03.

LES 15 MEILLEURS 500 YARDS DAMES TOUS TEMPS

4.24s06       Katie Ledecky USA Indianapolis 16.3.2017

4.25s15       Katie Ledecky USA Seattle 23.2.2017

4.26s46       Katie Ledecky USA Columbus 18.11.2016

4.26s58 (S) Katie Ledecky USA Boyds 06.02.2015

4.27s21       Katie Ledecky USA Newark 11.7.2015

4.27s54 (S) Katie Ledecky USA Columbus 18.11.2016

4.27s88       Katie Ledecky USA Boyds  6.2.2015

4.28s17       Katie Ledecky USA College Park 12.12.2015

4.28s37 (S) Katie Ledecky USA Seattle 23.2.2017

4.28s37 (S) Katie Ledecky USA Indianapolis, 15.3.2017

4.28s71 (S) Katie Ledecky USA Boyds  5.2.2014

4.28s90       Leah Smith USA Indianapolis 15.3.2017

4.29s54       Katie Ledecky USA Greensboro 4.12.2014

4.30s37 (S) Leah Smith USA Greensboro  19.3.2015

4.30s42 (S) Katie Ledecky USA College Park 12.12.2015