SAMEDI 25, ÉLECTIONS EN ÎLE-DE-FRANCE : LES BOUTS DE FICELLE DE FRANCIS L. NE DEVRAIENT NI LIGOTER, NI « ALIGOTER » LE RÔTI FRANCILIEN

A LA RESCOUSSE DU CHEF, LOUIS-FRÉDÉRIC DOYEZ DEVRAIT S’EN PRENDRE UNE BONNE

Éric LAHMY

Dimanche 12 février 2017

NOUS AVONS VU AVANT-HIER COMMENT DES ÉLÉMENTS INTRINSÈQUES À LA SITUATION ET UN CERTAIN NOMBRE DE MANŒUVRES LUYCIFÉRIENNES ONT PERMIS À UN HOMME SANS QUALITÉS, DENIS PERRET, DE DEVANCER LE PREMIER DE LA CLASSE, DENIS CADON, A L’ÉLECTION DU PRÉSIDENT DE LA RÉGION AUVERGNE-RHÔNE-ALPES. APRÈS LE SUCCÈS DE DANIEL PLANCHE EN BOURGOGNE-FRANCHE-COMTÉ, LES ÉVÉNEMENTS SEMBLAIENT FAVORISER L’ACTUEL ET SEMPITERNEL PRÉSIDENT DE LA FÉDÉRATION.

 Ce samedi 11, à Nancy, le Grand Est, en revanche, est revenu aux réformateurs du sport. Un certain suspense demeure au sujet de l’élection, samedi 18, de la Libournaise Hélène Tachet des Combes, que Luyce voue aux gémonies (c’est vrai, elle bosse, c’est mal vu), et pour qui, en fin de semaine, ce n’est pas gagné (mais pas perdu non plus – suspense)…

Mais le gros morceau, le 25, c’est l’Île-de-France, et il n’est pas interdit de penser que Francis LUYCE tente un coup fumant dont il espère que le dindon de la farce sera l’actuel président de la région la plus peuplée, Jean-Jacques BEURRIER…BEURRIER, qui se représente, a-t-il commis un faux pas le week-end passé, snobant le meeting parisien du SFOC, à Courbevoie (club avec lequel, nous dit-on, il n’a pas réussi à établir de bonnes relations), pour assister à celui de Nice ? Allez savoir. Lui-même s’en défend. Il n’a jamais désespéré d’associer le SFOC au plan de développement régional des clubs, explique-t-il, mais n’a jamais pu obtenir d’eux la condition sine qua non, de licencier tous leurs nageurs.

Mais voilà, BEURRIER a en quelque sorte laissé le terrain à… Francis LUYCE, qui, lui, ne lâche jamais de vue l’idée fixe de son élection, qui fait l’essentiel de sa vie cérébrale. Il a donc pu avancer quelques pions en l’absence du président de région. Il s’agit là d’une première : jamais, en 24 ans de règne à la fédération, LUYCE, qui s’est toujours présenté comme un représentant de la province contre Paris, n’a daigné assister à un meeting de natation francilien. Qui plus est, lui-même a imposé un règlement liant la labellisation du club à l’organisation de meetings nationaux ; labellisation qui a condamné le meeting de Courbevoie à être étiqueté régional. Il a donc préféré se montrer à un meeting régional, aux dépens d’un autre d’ampleur nationale : belle modestie.

Bien entendu, il est très difficile de dire ce que LUYCE pourra faire pour contrer BEURRIER, qui est solidement implanté, mais nul doute qu’il a travaillé d’arrache-pied à l’apparition d’un opposant à l’actuel président de région.

L’arme fatale sur qui LUYCE compte n’est autre que son directeur général, Louis-Frédéric DOYEZ. Ce personnage ambigu répond assez exactement à la définition du politique par Coluche, « cinq ans de droit, tout le reste de travers ».

A la Fédé, c’est bien simple, on appelle DOYEZ l’âme damnée de LUYCE. Le truc de ces deux répond d’ailleurs assez bien à une autre définition caustique de Coluche : « Luyce et Doyez, y en a un qui coupe les oignons et l’autre qui pleure. »

Une de ses particularités (assez récente) est de jouer à l’homme courageux et indépendant, par exemple sur son site Facebook, alors qu’il a accompagné pendant seize ans, jugulaire-jugulaire, Luyce dans ses manœuvres. A plusieurs reprises, il a ouvert en larbin de luxe du président, la voie qu’empruntait son maître, lors des réunions, à coups de fatwas pseudo-juridiques pour museler ceux qui tentaient de se mettre en travers de son chemin.

Mais ce n’est pas tout, il a une très haute opinion de sa personne, et je tiens à disposition un mail où il qualifiait son parcours fédéral de christique !

L’ART DE VOLER UN MEETING A SES INVENTEURS

Une belle embrouille de ces Croquignol et Filochard de la natation a été opérée lors de la nomination de l’actuel directeur technique national. Quand, après des mois de réunions du bureau directeur et d’atermoiements, LUYCE refusa la demande de l’ensemble du bureau d’ouvrir la course à la DTN à d’autres concurrents que les trois finalistes encore en lice, et désigna d’autorité Jacques FAVRE, DOYEZ rappela opportunément l’article du code du sport qui donnait le pouvoir de nomination du DTN au seul président.

Mais l’itinéraire suivi pendant des mois, l’épuisante série de réunions, de débats, de convocations des candidats, à laquelle le dit bureau avait été astreint, prouvait que LUYCE avait abandonné cette prérogative à son bureau. Lui arracher subitement ce privilège après tant d’efforts avait même quelque chose d’insultant.

DOYEZ eut moins de chance quand il tenta, plus récemment, de faire passer la réforme, tant voulue par LUYCE, du mode d’élection au scrutin de liste.

Il y a de l’anguille – mais une anguille aux yeux clairs, qui la joue sympa – chez DOYEZ. Il n’aime rien tant qu’étaler en comités réduits dans des cénacles restreints ses désaccords avec le président avant de revenir toujours frétillant aux pieds du chef au moindre appel.

Il m’avait d’emblée frappé par sa droiture, quand, en 2014, alors que nous échangions par mails dans une conversation qu’il avait initiée, il écrivait au ministère des sports pour tenter de faire interdire Galaxie Natation.

Un gentleman !

La même intransigeante honnêteté a transparu quand il lança la « Fluctuat », cette belle épreuve de nage en Seine, qui vaut aujourd’hui à la Fédération un procès que lui ont intenté Stephan CARON et Laurent NEUVILLE. Le concept leur appartenait, vu qu’ils l’avaient créé, et proposé à la Fédération. C’était, de leur part, faire montre d’une belle fidélité à l’institution fédérale à laquelle ils se sentaient attachés. DOYEZ malmena leur idée devant le comité directeur de la façon la plus péjorative, la discréditant, la présentant comme le projet de deux gugusses irresponsables, deux écervelés promis à un naufrage !

Ce grand visionnaire avait oublié de dire que Stéphan CARON, financier international, travaillait à Londres sur des budgets qui dépassaient de quelques coudées celui de la FFN et qu’il avait su organiser à Singapour un gros meeting international. Le prestige de CARON, l’un des plus grands champions de natation français du siècle, ainsi que son carnet d’adresse, pouvaient à eux seuls lui permettre de réussir son coup.

Cornaquée par ce visionnaire de DOYEZ, la Fédération avait refusé de s’associer à l’idée, de quelque façon que ce soit, ou même de l’appuyer. CARON et  NEUVILLE organisèrent donc, seuls, leur événement et… obtinrent un beau succès.

Dès lors, le couple LUYCE-DOYEZ n’eut eu de cesse de leur casser les reins, les court-circuitant auprès de la mairie de Paris et, disons le mot, leur volant le projet. LUYCE ordonna ou couvrit cette maraude, DOYEZ la pilota sans états d’âme en compagnie d’un autre phénix fédéral, Dominique BAHON. Lequel, bombardé responsable du Fluctuat, vanta à l’occasion sans vergogne aucune cette « preuve du savoir-faire fédéral. »

Savoir-faire en termes de rapines, j’imagine ?

Ce beau geste de fair-play, qui plus est, atteignait deux anciens champions, amoureux du sport, dont le plus capé, CARON, avait ramené deux médailles de bronze olympique et une d’argent mondial, des titres européens, sauvé l’honneur, pendant dix ans, conjointement avec Catherine PLEWINSKI, de la natation française et de sa fédération, tandis que le second, NEUVILLE, qui vit la natation depuis toujours avec une ferveur beaucoup moins bien payée que celle de LUYCE-DOYEZ, était en outre le conjoint de la directrice adjointe de la natation synchronisée et membre d’une commission fédérale.

Nous pourrions appeler ça : petits meurtres en famille…

Mais il est vrai, la fédération style Francis LUYCE est tellement soucieuse de la réussite de ses champions qu’elle ne va pas en plus les aider à monter un projet qui sert le sport.

Je pourrais évoquer ainsi pendant des heures ce merveilleux personnage, mais il est temps d’en revenir à l’élection, sans d’ailleurs le quitter. Depuis quelques mois, DOYEZ joue un jeu assez peu lisible. Peu de temps après les Jeux olympiques de Rio, il rédige une lettre critique de la gestion de Luyce et envoie ce courrier à quelques personnalités – dirigeants, entraîneurs – de la natation choisies par lui. Luyce ne parait pas trop s’émouvoir de ce texte, lui qui aime tant ne voir qu’une tête. A croire que le président est dans le coup… Ou peut-être a-t-il tellement besoin des services de son directeur qu’il accepte ses foucades ?

L’HOMME QUI N’A PEUR DE PERSONNE

Ceux qui reçoivent sa missive croient comprendre que DOYEZ démissionne. Je l’annonce dans Galaxie. DOYEZ se montre affecté par cette « interprétation »… Il n’a pas voulu dire ça, seulement déverser son trop plein d’états d’âme, dit-il.

… Même complicité, en fin d’année, entre LUYCE et DOYEZ quand celui-ci se voit recadré par Gilles SEZIONALE au sujet d’un travail juridique que le vice-président juge malencontreux. De quoi s’agit-il ? Du contrat que DOYEZ a proposé, qui devra lier la Fédération à Fred VERGNOUX. SEZIONALE, comme son rôle de président délégué l’autorise, lui demande de revoir sa copie. Il se souvient que VERGNOUX avait intenté un procès au Lagardère quand le club avait rompu son contrat ; aussi suggère-t-il de mieux « blinder » l’accord pour mettre la fédé à l’abri de certaines surprises… DOYEZ s’insurge : comment ça, on ose remettre en cause sa compétence ! Il se paie un pétage de câble luyciférien : à force de les subir, a-t-il pris les manières de son maître ?

Pour mieux souligner son ire, il envoie un mail railleur, insultant à ce SEZIONALE qui a osé récuser la qualité de son travail ! Le président de la Côte d’Azur n’aime pas le ton, exige des excuses.

Là, cet étrange directeur général, sur son site Facebook, bombe le torse, joue les fiers à bras, les indépendants, les rebelles sur les bords, se met en scène, se donne des attitudes. Même pas peur !

Ayant fait la preuve jouée de son courage inoxydable, DOYEZ annonce peu après, à grand fracas, sa prochaine démission. Spontanément, quand il clame sa décision, lors d’une réunion des vœux de la Fédération, l’assemblée (dirigeants, personnel, techniciens) applaudit (on ne saura jamais si elle salue l’homme ou se félicite de son départ, mais nous sommes quelques-uns à avoir notre idée là-dessus).

Il m’envoie par mail la nouvelle de son prochain départ, et laisse croire un peu partout que les chasseurs de têtes ont repéré de loin cet administrateur d’élite qu’il se trouve être.

Mais cette bruyante démonstration pourrait n’être qu’une opération de diversion, et le signe d’une connivence forte avec Luyce, lequel pleure presque le départ de son cher et tendre.

DÉMISSION, PIÈGE À CONS

Mais quel départ ? DOYEZ A EU BEAU MULTIPLIER LES SIMAGRÉES, IL N’A JAMAIS ENVOYÉ LA MOINDRE LETTRE DE DÉMISSION A LA FÉDÉRATION. Il a alerté verbalement un peu tout le monde à la fédé, m’a fait partager l’information (c’est bien la première et la dernière qu’il ne m’aura jamais donnée, et elle est fausse!), mais SON DÉPART RESTE, À L’HEURE OU J’ÉCRIS, SOIT UN VAGUE PROJET, SOIT PLUS VRAISEMBLABLEMENT UNE PURE ET SIMPLE FICTION, un effet classique d’annonce qui n’engage que ceux qui y croient. Pourquoi cela ? On peut y voir l’ébauche d’une manœuvre…

En clamant qu’il s’en va, DOYEZ se donne quatre mois avant de démissionner. Mais il lui suffira d’une minute, le 2 avril, pour se rétracter ! Pourquoi partirait-il volontairement de la Fédération ? L’opposition ne veut pas de lui ? Il serait bien bête de ne pas attendre qu’elle le vire. Pourquoi ? Parce que, bien entendu, son ancienneté et ses émoluments actuels, lui permettraient de rafler dans les cent mille euros de primes de licenciement. Je connais peu d’employés qui se passeraient de cette somme, et DOYEZ moins qu’un autre. L’idée qu’il démissionne, vue ainsi, parait presque risible.

Cela dit, j’attends avec impatience d’être démenti par les faits, par exemple dans la journée du 2 avril. Mais le plus tôt serait le mieux…

Alors, une manœuvre. Mais pourquoi ? Ce samedi 25 février, se jouent les élections en Île-de-France. Et DOYEZ s’y présente. Sa pseudo-démission lui permettrait presque de s’y exhiber en tant qu’opposant de Luyce, ou du moins que bénévole réformateur sans attaches, zélé, au secours de son sport préféré…

COMMENT MONTER UN CHEVAL DE TROIE EN ETANT QUATRE OU SIX

Après tout, il peut bien essayer de nous le faire croire. Quels que soient ses tours, son expérience, si l’on n’y regarde pas de trop près, plaide pour lui, son désir d’ « aider » pourrait être bienvenu. En face de ce beau mouvement de générosité apparente, que penser ? Doyez est-il, à la demande de Francis LUYCE, en train d’œuvrer en sous-main afin de susciter une opposition à Jean-Jacques BEURRIER, le président sortant de l’Île-de-France, qui affiche désormais clairement et sans ambiguïté son adhésion à Sezionale ?

D’un autre côté, DOYEZ ne s’apprête-t-il pas à trahir LUYCE et se positionner du côté de BEURRIER (et de l’ombre portée par SEZIONALE) ? C’est l’idée qu’il voudrait imprimer dans les esprits. Il pourrait aussi, s’il était élu au Comité directeur d’Île-de-France (rien n’est moins sûr), se contenter de jouer sa carte personnelle sans trop s’engager. D’ailleurs, son statut d’employé de la Fédération l’empêchera de se présenter au niveau fédéral…

Mais ce n’est pas si simple. D’abord, il n’arrive pas seul. Certaines candidatures (les dernières devraient atterrir lundi matin au siège du comité), ont plongé ceux qui en ont pris connaissance dans la perplexité. Il s’agit de personnes qui ne s’étaient jusqu’ici jamais manifestées dans ce cadre de la vie régionale, comme le président du SFOC, ou encore Philippe GESLAND, un entraîneur de masters du SFOC et de quelques autres clubs de la région parisienne, ou d’une nageuse masters du SFOC, Marie-Louise (Malou) VU VAN. Que des gens de Courbevoie, un club, on l’a dit, en délicatesse avec BEURRIER, et où LUYCE a fait son marché pendant deux journées la semaine passée. Vous avez dit bizarre ?

DOYEZ, donc, ne se contente pas de se présenter : il a monté une équipe avec l’aide du chef suprême. Pas seulement une équipe : un cheval de Troie…

Cheval de Troie dont l’entrée dans la place a été facilitée parce qu’en Île-de-France, il suffit d’être à jour de licence pour se porter candidat, sans obligation d’ancienneté (alors qu’il faut trois années d’appartenance à la fédé pour se présenter dans d’autres régions).

DOYEZ, LUYCE l’a déjà récompensé. Il l’a envoyé assister en Amérique du Sud à une compétition d’eau libre du cirque FINA. Il n’avait rien à y faire, mais que voulez-vous, c’est aux frais de la Fédé…

L’autre volet du plan LUYCE pour parvenir à ses fins en Île-de-France s’appelle Raymonde DEMARLE. On l’a vu dans notre article précédent, LUYCE l’a convaincue de s’attacher à son destin. DEMARLE y croit d’autant plus qu’elle est une groupie du président, qui lui a obtenu l’an passé je ne sais quel ruban. Pâmée de reconnaissance, elle se rendra à l’élection, prête à ferrailler pour le grand homme du Nord. Bien entendu, cette gentille personne ne part pas avec les faveurs des pronostics en face de BEURRIER, lequel parait solidement implanté. LUYCE avait auparavant sollicité une « foultitude » de candidats potentiels, tirés ou non de son Comité directeur, à mettre entre les pattes de BEURRIER pour lui faire mordre la poussière : Patrick FRADET (actuel président délégué de l’IdF, président de la commission informatique de la FFN), Evelyne CIRIEGI (secrétaire adjointe de l’IdF), Laurent VIQUERAT (président du RCF). Tous se sont récusés : CIRIEGI, membre du comité directeur de la Fédé entre 2008 et 2012, a d’autres fers au feu, étant aujourd’hui la présidente du Comité régional olympique et sportif de l’Île-de-France, n’était pas intéressée pour cette raison ; FRADET, qui ne semble pas affectionner les trahisons, n’a pas paru se passionner pour l’aventure. Et VIQUERAT estimait avoir une tâche suffisante dans son job de kinésithérapeute ; par ailleurs, VIQUERAT se situe dans le camp de SEZIONALE et la proposition de LUYCE constituait une assez grossière manœuvre du Phare Dunkerquois pour l’attirer dans son camp.

Au bout du compte, LUYCE a donc dû se contenter de « Raymonde », et c’est en raison de la faiblesse de l’argument qu’elle représente qu’il a envoyé DOYEZ avec sa tchatche d’avocat à la rescousse.

Mais, on l’a dit, il serait étonnant que BEURRIER se fasse surprendre. Aucune importance, car le plan B du groupe luyciférien consiste à envoyer SES délégués à l’élection présidentielle. Dans l’idéal, pour eux, cela serait DEMARLE, DOYEZ et, disons, GESLAND. De vous à moi, il va avoir du mal à imposer ses choix!

Malheureusement pour cet argumenteur, l’équipe d’en face s’est vue renforcer in extremis de quelques solides dialecticiens, délégués semble-t-il par SEZIONALE lui-même, et dont les rayons de morsure pourraient occasionner des dégâts. Ainsi Laurent NEUVILLE, animé par des intentions rien moins qu’amicales vis-à-vis de DOYEZ pour les raisons évoquées plus haut ; ou un autre Laurent, VIQUERAT, lequel sait donner de la voix, sans oublier le formidable Guy CANZANO, 87 ans, à la fois mémoire vivante et gage moral de la natation française, accompagné de son épouse. DOYEZ prétend n’avoir peur de personne. Peut-être. Mais en face de ce « bataillon sacré » qui va entourer samedi 25 BEURRIER, il risque d’avoir plus de mal que de peur.

DAVID WAGNER PREMIER PRÉSIDENT DU GRAND EST

UNE ÉLECTION SANS HEURTS NI HORTER

Éric LAHMY

Samedi 11 Février2017

David WAGNER, jusqu’ici président du comité de Loraine, a été élu par 76,34% des voix, président de la nouvelle région du Grand Est, née de la fusion de l’Alsace, de la Lorraine et de la Champagne-Ardennes..

L’élection s’est déroulée aujourd’hui à la maison régionale des sports de Lorraine, à Tomblaine, près Nancy, sans autre incident qu’un petit retard occasionné par un accident de circulation qui avait entravé le déplacement de Champenois. On enregistrait la présence de 82 clubs sur les 112 que compte la grande région. Le vote électronique a facilité et surtout hâté les choses, et après avoir voté les statuts de la région (Alsace-Lorraine-Champagne-Ardennes) par 99% des votes, l’élection au comité directeur s’est tenu sans anicroche.

David WAGNER a été finalement élu président avec 384 voix (76,34%) pour, 94 voix contre (18,69%) et 25 bulletins nuls (4,97%).

L’événement a sans doute été l’élimination de tous les candidats du Haut-Rhin liés aux HORTER (Marie-Octavie HORTER, Marie-Pierre WIRTH, Laurent HORTER, etc.). Aucun d’entre eux n’a donc recueilli assez de suffrages pour entrer au comité directeur. Une première, qui illustre en quelque sorte les raisons pour lesquelles Laurent HORTER était si fortement opposé à la création de la nouvelle région, qu’il ne pouvait maîtriser.

Les consignes de vote en vue d’éliminer les Horter, dont l’égocentrisme tribal est très redouté, ont été scrupuleusement respectées.

Il n’est pas interdit de penser que les tracas ne font que commencer pour le clan. Une motion de défiance a été, d’emblée, déposée au sujet de la gestion et les comptes du comité d’Alsace, présidé depuis des décennies par Laurent HORTER. Un audit a été immédiatement commandé et un expert-comptable a été commissionné.

On ne peut certes savoir ce qu’il trouvera. Il suffira de dire que les HORTER géraient l’Alsace, à l’égal de Mulhouse, comme une « affaire de famille ». On y trouvait ainsi Laurent, président (et responsable administratif de l’ERFAN), Marie-Octavie, son épouse, secrétaire générale, Marie-Pierre Wirth, son ex-belle fille, trésorière adjointe et Lionel, son fils, membre du bureau. Il ne manquait que Pénélope.  

LES VOTES

ALSACE.- Nicolas JAEGER, 442 voix ; Ludovic BAVIERE, 431 voix ; Nathalie BISCH, 395 voix ; Cédric VALENTAK, 373 voix ; Isabelle CLAVERIE, 365 voix ; Stéphane METZGER, 357 voix ; Julien ERNEWEIN, 335 voix ; Stéphane PUCHOL, 330 voix ; Lionel MULLER, 329 voix.

Marie-Octavie HORTER, 144 voix ; Marie-Pierre WIRTH, 140 voix ; Jean-Claude GANGLER, 130 voix ; Laurent HORTER, 128 voix ; Mustapha ESSANAI, 121 voix ; Francine LAUBIN, 114 voix ; Daniel KESSLER, 102 voix ; Frédéric ROHRBACH, 60 voix.  

LORRAINE.- Viviane CHARABIAS, 450 voix ; Gilles VOLPATO, 441 voix ; Agnès FORT, 428 voix ; Michel CHEVALIER, 425 voix ; David WAGNER, 423 voix ; Xavier ASSFELD, 420 voix ; Laure GAUTHREAU, 414 voix ; Jean-Michel MATHI, 413 voix ; Jean-Christophe WERLE, 410 voix.

CHAMPAGNE.- Michel BAILLON, 442 voix ; Guy SABATIER, 433 voix ; Sandrine PIERRE, 408 voix ; Yves SEGUIN, 375 voix ; Etienne IENNY, 344 voix ; Dominique BONNARD, 229 voix ; Géraldine DOCQUIN-PEROTIN, 191 voix ; Jean-Pierre CANON, 151 voix.

TOUJOURS DIABOLIQUE, LUYCIFER NE CESSE DE TISSER SA TOILE

Éric LAHMY

Vendredi 10 février 2017

Ceux qui croient que le temps de Francis Luyce président de la Fédération s’achève (enfin) – groupe dont je fais partie par éclipses –  et qu’après vingt-quatre années de règne, le hiérarque de Pantin est prêt à jeter l’éponge, se tromperaient-ils? Luyce s’est fait appeler Louis XIV, mais en l’occurrence, il évoquerait plutôt Louis XI – « l’universelle aragne » – de par sa façon de tisser inlassablement la toile où se font prendre ceux qui croient en avoir fini avec lui.

Si Luyce a emprunté récemment un profil bas, et si les témoins, ces derniers mois, décrivent un chef « atone », asthénique, et prêt à rendre son tablier, il convient de ne pas oublier que l’homme vise haut dans l’exercice du coup bas, et que son absence de vision, son ignorance crasse de gestionnaire, sa carence consommée de leadership, son talent à s’entourer de lèche-bottes et de bras cassés, se doublent d’un redoutable sens de la stratégie dès qu’il s’agit de rassasier son appétit de prestige et de pouvoir. Six mois avant une élection, ce nain se transforme en géant…

Les élections successives de deux de ses féaux ou sympathisants, Daniel Planche (Bourgogne-Franche-Comté) il y a dix jours, et Denis Perret (ligue Auvergne-Rhône-Alpes) ce week-end passé, qui ont enlevé les deux régions en question, semblent avoir singulièrement conforté ses positions. Ces incidents de parcours devraient rappeler aux optimistes de l’opposition, placée sous la bannière de Gilles Sezionale, que Luyce, en coma dépassé quand il s’agit de crédibilité sportive, a conservé une bonne partie de son implantation dans le tissu fédéral et n’a rien perdu de ses capacités manœuvrières.

L’on pouvait croire, il y a dix jours encore, qu’un boulevard s’ouvrait pour une présidence Gilles Sezionale, mais l’affaire apparait désormais beaucoup plus incertaine. Cela n’a pas manqué d’étonner, même si, en réalité, tout le monde estimait que ces régions n’étaient pas gagnées d’avance.

Ce qui aide Luyce, c’est son talent à s’être fait une garde rapprochée où voisinent de superbes andouilles de Vire et de non moins admirables Pieds Nickelés. Il y puise des serviteurs dévoués… Il y a aussi que, non content, à l’instar de certains profils d’Audiard qui « osent tout, c’est même à cela qu’on les reconnait », de passer en force où d’autres n’oseraient pas, Luyce ne se lasse pas d’utiliser les tempéraments d’hilotes qu’au fond il méprise tout en les cajolant, afin de tenir sa  boutique.

On nous conte ainsi qu’il a très récemment reçu dans son bureau Raymonde Demarle, au moins douze années de comité directeur, où elle occupe aujourd’hui une fonction de secrétaire générale adjointe, et qui se présente comme une vraie bosseuse, pétrie d’abnégation. Il ne l’a jamais trop calculée, avec cette muflerie misogyne que tout un chacun lui reconnait vu qu’elle le caractérise si bien. Mais voilà que ce jour-là, moins condescendant que d’habitude, il lui a demandé de l’aider à conserver son pouvoir, sans doute avec quelques trémolos dans la voix. Cette brave dame, toute ébaubie d’avoir été désignée et appelée à la rescousse par le grand homme, seul, selon elle en mesure de diriger la fédé, s’est trouvée une mission sacrée d’épauler ce cher président. Sa passion de secourir Luyce est activée par le fait que le propre fils de Raymonde, Alexandre, est employé par la Fédération au titre de « préparateur physique et physiologiste » !

En ces temps cyniques, la naïveté, activée par un sens bien compris de son intérêt personnel, parait toujours disposer d’un bel avenir.

Pour Luyce, on le voit, un bienfait n’est jamais perdu.

UNE DISTRIBUTION DE SUCETTES VIENT À BOUT DU BRAINSTORMING D’EN FACE

Mais revenons aux deux régions contestées gagnées par des dirigeants ouvertement pro-Luyce. Que s’y est-il passé ? Nous avons évoqué récemment l’élection de Daniel Planche en Bourgogne-Franche-Comté.

Dans l’Auvergne-Rhône-Alpes, pendant que Denis Cadon, homme dont la stature – référent juges et arbitres et des relations internationales, président de la commission des juges et arbitres, membre de l’importante commission de développement de la natation course – pourrait en imposer dans le monde fédéral, mais aussi, dans le civil – en raison d’un joli parcours à EDF et ERDF (directeur régional d’ENEDIS, ex-ERDF) –, pendant, dis-je, que Cadon imaginait depuis des mois un plan ambitieux pour la natation dans sa région et en France, il se faisait doubler sur le fil par un autre Denis, Perret, enseignant d’éducation physique, personnage rond, mais passablement éloigné de l’idée qu’on se fait d’un responsable, et dont on assure qu’on attend toujours UNE idée.

Perret est réputé ne s’être pas fait remarquer une seule fois pendant des années, si ce n’est en-dehors de son application à suivre le capo mafia, de n’avancer aucune suggestion, aucun argument sur rien et de rire bruyamment, en réunion, aux inévitables blagues salaces dont Francis Luyce truffe son discours.

Dans sa région, il faut certes admettre qu’il a travaillé assez aveuglément, suivant les préceptes luycifériens, à licencier à tour de bras tous les nageurs de son club et de la région du Lyonnais. Est-ce que cela doit être toute la politique fédérale ? Perret, homme de terrain, a comme autre défaut de ne rien trop partager, mais on accuse Cadon d’être un peu comme cela aussi. Il parait que les clubs lyonnais se sentaient un peu exclus en entendant Cadon mettre en avant son équipe (dont ils auraient eu l’impression de ne pas être). Tout cela est bien compliqué!

Si Cadon, par inclination, tentait (seul en France) avec les amis de son groupe, d’élever la réflexion, « pour soutenir nos clubs, développer la région et lui permettre de tenir sa place », Perret, lui, avançait au ras du terreau. Il avait ainsi, en juillet, à quelques mois de l’élection de la nouvelle région, ristourné à hauteur de 3€ par licence les clubs de sa région. Coût de l’opération, 61.000 Euros pour le comité. Voilà qui ne vaut sans doute pas un clou en termes de politique fédérale et ne nécessite guère de disposer d’un cerveau d’acier pour être décidé. Mais parfois, pour se faire élire, une distribution de sucettes surpasse tous les programmes : il est bon, en période électorale, de plaire aux clubs en leur rendant un peu de leur argent.

Cadon, de son côté, n’a-t-il pas suffisamment mesuré le côté stratégique de l’enjeu, n’a-t-il pas vu venir certaines critiques de ceux qui le trouvaient trop personnel dans sa démarche ? Des « retours » assez négatifs, concernant certains aspects de son action, auraient été signalés depuis sa base auvergnate. Il ne les aurait pas assez pris en compte. Mais ce sont certes des erreurs qu’on voit a posteriori.

SORTIR L’AUVERGNE DU ROUGE ET Y LAISSER DES PLUMES

Il faut certes tenir compte du fait qu’il avait hérité la présidence de l’Auvergne d’un redoutable personnage, Patrick Monego, qui préside toujours aujourd’hui Lempdes natation, et qui avait laissé les affaires dans une situation désastreuse…

Henri Sérandour, quand il était président de la Fédération, aurait exclu Monego du corps des CTR, mais le paroissien était revenu à la Fédé comme dirigeant par la grâce de Francis Luyce dont il devint même le président délégué lors de sa première élection. Démissionnaire de tous ses mandats en 1997, à la veille des mondiaux de Perth, il fut élu au Comité d’Auvergne en 2004, et conduit ensuite à la démission par les clubs suite à une gestion calamiteuse (et douteuse).

Cette mandature de Monego à la tête de l’entité, avait formidablement plombé celle-ci. À l’aide d’un trésorier indélicat, Jacques Peureux, il avait bien vécu sur le dos de la bête. À l’arrivée de Cadon à la présidence de région, il fallut effectuer un audit des dégâts, énormes au regard de la modestie de la cellule ; les commandements d’huissier pour dettes s’accumulaient ; les dettes vis-à-vis de l’URSSAF s’élevaient à 43.323€; 8.952€ de salaires n’avaient pas été honorés ; un véhicule de location, abandonné (!) à Bourges, avait conduit à une perte de 5.652€ de loyers, plus 816€ d’assurances. Le club de Lempdes, dont Monego était le président, n’avait pas remboursé 9.264€ de loyers mensuels d’un véhicule mis à la disposition du Comité régional tandis que deux véhicules neufs, d’une valeur de 25.000€ avaient été commandés par Monego sans avis du comité directeur, et livrés. Une dette de 25.000€ trainait vis-à-vis des comités régionaux. Des flux financiers douteux avaient été repérés entre le comité régional, le club de Lempdes et le club de Thiers, présidé par Jacques Peureux (depuis condamné pour comptes falsifiés) ; s’ajoutaient des contrats de travail non conformes, une condamnation aux prudhommes à payer 8.000€, un prêt de 10.000€ au comité, de la part de Monego, sans en informer le comité directeur…

Du fait de ce grand n’importe quoi, les budgets 2011 et 2012 avaient été rejetés par les clubs auvergnats, tandis qu’un audit financier réalisé par la FFN concluait à la non-sincérité des comptes du comité régional. 

Sortir l’Auvergne de tels décombres ne fut pas une sinécure… En quatre ans de gestion Cadon au cordeau, le résultat de l’Auvergne passait de – 47.000€ à +108.000€. Un effort méritoire qui ne semble pas avoir valu un surcroit de popularité à Cadon, mais qui, pourtant, aurait mérité d’être apprécié à sa valeur.

Comme Luyce n’hésite pas sur la qualité de ses gens, c’est donc ce Monego qu’il reçut en milieu d’année passée en compagnie de Dominique DELCHET et Juliette PUMAIN pour « préparer » l’élection à la ligue Auvergne Rhône Alpes… Ce trio n’alla pas très loin, et ne fut pas élu, mais il n’en avait pas moins été mandé par Francis pour embrouiller l’élection…

Au bout de tout ça, ni Cadon ni Perret ne surent provoquer un grand mouvement en leur faveur. Perret a été seulement élu en 7e position au Comité avec 503 voix, Cadon 13e avec 453 voix (sur 840 votes exprimés).

CADON TRÉBUCHE SUR L’ABSENCE D’UN PLAN « B »

Quand il fallut élire le président. Denis Cadon, présenté en premier par le bureau… fut rejeté par 53% des voix, représentant 39% des clubs ; son équipe s’aperçut un peu tard que, majoritaire dans le bureau, Cadon ne l’était pas en assemblée ; Perret fut donc lancé ensuite dans l’arène. Certains éléments jouèrent en sa faveur ; après des heures de débats, la fatigue s’emparait des présents qui ne comprenaient pas les enjeux et ne voyaient là qu’un duel d’égos; quelques-uns (ainsi les Lyonnais) vidèrent les lieux avant le vote ; au bout du compte, Perret recueillit 55% des voix… représentant 42% des clubs, et enleva le morceau. D’une certaine façon, tous deux étaient quelque part minoritaires, mais Perret n’en avait pas moins gagné la partie.

Cadon et les siens ont-ils mal joué ? C’est ce que prétendent quelques observateurs que j’ai interrogé. Mal élu au Comité directeur, il aurait dû, estiment-ils, sentir le danger et lancer quelqu’un de son groupe. Nul n’était mieux placé, pensent d’aucuns, que Jean-Luc Manaudou (le père de Laure et Florent), dirigeant apprécié, prestigieux par son seul nom, n’ayant pas d’ennemis, qui avait été élu au Comité directeur au premier tour avec 652 voix, 149 de plus que Perret et 199 de plus que Cadon ! D’autres en pinçaient pour Sami Cheikh. Quoiqu’il en soit, « leur tort était de n’avoir pas de plan B, » conviennent les observateurs.

Alors, est-ce tout bénéfice pour Francis Luyce, et la région ayant élevé à sa tête un disciple du Nordiste, votera-t-elle comme un seul homme en sa faveur, le 2 avril prochain ? Rien n’est moins assuré, car, accompagnant Perret, c’est Jean-Luc Manaudou et Sami Cheikh qui voteront au nom de la nouvelle région. Deux hommes qui, m’assure-t-on, devraient préférer Sezionale à Luyce…

Ce qui est perdu pour l’opposition est perdu, et gagné par le clan Luyce. Il reste quelques régions… Ainsi, Jimmy Persigant, luyciférien président du Poitou-Charentes, s’oppose à l’Aquitaine Hélène Taschet des Combes. Match incertain. D’un autre côté, dans l’Est, l’affaire est mal emmanchée pour les Horter qui, pour la première fois depuis un tiers de siècle, ont trouvé à qui parler. Mais c’est en Île-de-France que va se jouer la partie la plus périlleuse pour les deux camps. Selon plus d’un observateur, vu qu’à force de perdre des batailles, on finit par perdre la guerre, « si l’Île-de-France tombe du côté de Luyce, alors celui-ci sera réélu pour la septième fois président de la Fédération début avril. » Or le Nordiste a dépêché dans la région parisienne un de ses collaborateurs les plus efficaces, fakir expert en torsions en tout genre et son âme damnée : le directeur général de la Fédération. Avec pour mission d’enfumer et déstabiliser l’actuel président-candidat, Jean-Jacques Beurrier.

(à suivre : Combines luycifériennes autour de l’Île-de-France).

 

 

NICE – NEUF COURSES POUR KATINKA HOSSZU

Éric LAHMY

Lundi 6 février 2017

La publication des temps de passage du 1500 mètres du meeting de Nice, ce week-end passé, montrent que Damien Joly a contrôlé la course jusqu’au 1400 mètres et a subi une contre-attaque de Joris Bouchaut, crédit de 26s05 dans le dernier 50 mètres, un final de Sun Yang aux Jeux olympiques de Londres ! Le Toulousain a échoué à quatre dixièmes, disons une coudée, de Joly…

Fait remarquable, au cours du même week-end, BOUCHAUT a terminé son 1500 plus vite que son 400, où il avait franchi sa dernière longueur de bassin en 27s88, et même que son 200 mètres (27s70). J’avais expliqué (ou plutôt tenté d’expliquer) par les filières énergétiques ce phénomène observé dans les courses du Chinois Yang aux Jeux de Londres. Le nageur qui a puisé pendant 1400 mètres de son 1500 mètres sur ses capacités aérobies, peut délivrer tout à coup dans son déboulé final en puisant dans un potentiel anaérobie (lactique ou alactique) auquel il a assez peu emprunté. Il serait comme ces chasseurs de combat aériens qui utilisent un type de réaction relativement économe pour maintenir leur vitesse de croisière et un autre surpuissant – style post-combustion – et très dépensier en carburant pour de courtes accélérations.

Sur 200 et sur 400 mètres, le train employé par Bouchaut exige qu’il pompe plus ou moins dans son potentiel anaérobie, et donc fait qu’il a disposé, paradoxalement, en l’occurrence, de moins de potentiel à la fin de ses courses plus courtes que sur la plus longue où il se situe le plus longtemps en-deça du « seuil ».

Contrairement à ce qu’on pouvait lire hier sur la foi des résultats perturbés du meeting de Nice, Charlotte Bonnet n’a pas gagné le 200 mètres nage libre, Katinka Hosszu l’a laissé mener sans jamais être décrochée et a réussi à la déborder au final. La hongroise a gagné toute la nage libre du 200 au 1500m, les 100 et 200 dos, les 200 et 400 quatre nages ainsi que le 100 papillon, selon le profil habituel de ses programmes démentiels bien connus : neuf courses, plus de la moitié du programme. Dédié à ceux qui, à la FINA, ont ajouté des épreuves généreusement sous prétexte d’universaliser la natation : cela n’a rien universalisé, mais permis à des Phelps et des Hosszu de tout rafler.

A noter aussi les victoires de Mehdy Metella sur 100 mètres libre et papillon.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Oussama SAHNOUNE, Algérie, 23s06.  100 libre: 1. Mehdy METELLA, CNM, 49s12; 2. Oussama SAHNOUNE, Algérie, 49s97; 3. Alexandre DERACHE, Amiens, 50s76; 4. Jordan POTHAIN, Alp’38, 50s86. 200 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp,38, 1’49s37. 400 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp’38, 3’50s38 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 3’52s24. 800 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp’38, 8’0s44 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 8’4s04. 1500 libre : 1. Damien JOLY, Montpellier – Antibes, 15’16s12 ; 2. Joris BOUCHAUT, 15’16s52. 50 dos : 1. Camille LACOURT, CNM, 25s37. 100 dos : 1. Benjamin STASIULIS, CNM, 55s52. 200 dos : 1. David VERRASZTO, HUN, 2’2s42. 50 brasse : 1. Jeremy DESPLANCHE, SUI, Nice, 28s76. 100 brasse : 1. David MURPHY, GBR, 1’2s37. 200 brasse: 1. Quentin COTON, Antibes, 2’16s67. 50 papillon: 1. Mehdy METELLA, CNM, 24s35. 100 papillon: 1. Mehdy METELLA, CNM, 52s86. 200 papillon : 1. Jordan COEHLO, Vanves, 1’59s23. 200 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, SUI, Nice, 1’59s70. 400 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, SUI, Nice, 4’20s66.

DAMES.- 50 libre : 1. Mélanie HENIQUE, CNM, 25s28 ; 2. Anna SANTAMANS, CNM, 25s44. 100 libre: 1. Charlotte BONNET, ONN, 54s42 ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 55s95. 200 libre : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 1’56s81; 2. Charlotte BONNET, ONN, 1’56s98; 3. Alizée MOREL, DTOEC, 2’1s05. 400 libre : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’14s44; 2. Alizée MOREL, DTOEC, 4’16s83. 800 libre: 1. Katinka HOSSZU, HUN, 8’36s72 ; 2. Alizée MOREL, DTOEC, 8’46s38. 1500 libre: 1. Katinka HOSSZU, HUN, 16’49s04. 50 dos : 1. Mélanie HENIQUE, CNM, 28s84. 100 dos : 1. Katinka HOSZZU, HUN, 1’0s68; 2. Mathilde CINI, Valence, 1’1s50. 200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’13s54. 50, 100 et 200 brasse : 1. Fanny LECLUYSE, BEL, 32s09, 1’9s87 en 2’29s31. 50 papillon: 1. Mélanie HENIQUE, CNM, 26s70. 100 papillon : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 59s58.  200 papillon: 1. Aurora PETRONIO, ITA, 2’11s23 ; 2. Lara GRANGEON, CN Calédoniens, 2’11s99. 200 et 400 quatre nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’18s23 et 4’38s28.

NICE – CHARLOTTE BONNET, 1’56s98 SUR 200 METRES

NICE – CHARLOTTE BONNET, 1’56s98 SUR 200 METRES

Lundi 6 février 2017

Impossible d’avoir une vue d’ensemble du meeting de Nice, sur les publications des résultats, qui ont dû subir un « bug » (plusieurs vainqueurs, des 2e, 3e, ou autres sautant, les résultats féminins étant particulièrement incomplets). Jordan Pothain a réussi un triplé, 200, 400, 800, tandis que Damien Joly l’emportait de peu, sur 1500, devant Joris Bouchaut. Mehdy Metella gagnait le 100 libre et 50 et 100 mètres papillon. Mélanie Hénique remportait le 50 mètres tandis que Charlotte Bonnet réalisait un doublé, entre 100 et 200 mètres nage libre. Ses 1’56s98 représentent semble-t-il la meilleure performance générale de ces journées niçoises.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Oussama SAHNOUNE, Algérie, 23s06.  100 libre: 1. Mehdy METELLA, CNM, 49s12; 2. Oussama SAHNOUNE, Algérie, 49s97; 3. Alexandre DERACHE, Amiens, 50s76; 4. Jordan POTHAIN, Alp’38, 50s86. 200 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp,38, 1’49s37. 400 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp’38, 3’50s38 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 3’52s24. 800 libre : 1. Jordan POTHAIN, Alp’38, 8’0s44 ; 2. Joris BOUCHAUT, DTOEC, 8’4s04. 1500 libre : 1. Damien JOLY, Montpellier – Antibes, 15’16s12 ; 2. Joris BOUCHAUT, 15’16s52. 50 dos : 1. Camille LACOURT, CNM, 25s37. 100 dos : 1. Benjamin STASIULIS, CNM, 55s52. 200 dos : 1. David VERRASZTO, HUN, 2’2s42. 50 brasse : 1. Jeremy DESPLANCHE, SUI, Nice, 28s76. 100 brasse : 1. David MURPHY, GBR, 1’2s37. 200 brasse: 1. Quentin COTON, Antibes, 2’16s67. 50 papillon: 1. Mehdy METELLA, CNM, 24s35. 100 papillon: 1. Mehdy METELLA, CNM, 52s86. 200 papillon : 1. Jordan COEHLO, Vanves, 1’59s23. 200 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, SUI, Nice, 1’59s70. 400 4 nages : 1. Jeremy DESPLANCHES, SUI, Nice, 4’20s66.

DAMES.- 50 libre : 1. Mélanie HENIQUE, CNM, 25s28 ; 2. Anna SANTAMANS, CNM, 25s44. 100 libre: 1. Charlotte BONNET, ONN, 54s42 ; 2. Katinka HOSSZU, HUN, 55s95. 200 libre : 1. Charlotte BONNET, ONN, 1’56s98. 400 libre : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’14s44. 50 dos : 1. Mélanie HENIQUE, CNM, 28s84. 100 dos : 1. Mathilde CINI, Valence, 1’1s50. 200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’13s54. 100 brasse : 1. Fanny LECLUYSE, BEL, 1’9s87. 100 papillon : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 59s58.

DANIEL PLANCHE A REPASSÉ, MALGRÉ QUELQUES TACHES DANS SON PALMARÈS

Èric LAHMY

31 Janvier 2017

NOUVELLE RÉGION, ANCIEN PRÉSIDENT

Sans surprise, M. Daniel Planche, 73 ans, a été élu président de la nouvelle ligue de Bourgogne-Franche-Comté de natation. Il sera le doyen des présidents de régions de la Fédération, et donc la nouvelle (et relativement petite) région aura fait du vieux avec de l’ancien. La presse locale, pas du tout flagorneuse, s’est enchantée de pouvoir recueillir le programme pour les quatre années à venir du dirigeant bourguignon, et lui a ouvert ses colonnes… et c’est vrai, on se régale :

Pour ce qui est de « l’accueil des clubs » (si vous savez ce que cela veut dire, dites-le moi), « il y a toujours des réticences au niveau des déplacements, mais on a mis en place un programme sportif avec des découpages par districts. C’est-à-dire quatre regroupements de départements pour essayer de créer une dynamique sportive entre les clubs et les départements, » a pu dire le (pas très) nouvel homme fort.

Le président de région constate aussi « qu’en termes de championnats de France toutes catégories, par catégorie d’âge et au nombre de sélections en équipe de France, on est très faibles. On n’a jamais été une grosse région, mais on a connu un niveau global plus important. Il faut recréer une dynamique. » On sent qu’on peut compter sur cet homme neuf !

Son plan prévoit, assure-t-il, « trois gros pôles ». Qu’est-ce à dire ? Rassurons-nous, il ne s’agit bien sûr ni du pôle Nord, ni du pôle Sud, mais plutôt d’un programme un peu à l’Ouest d’une région de l’Est.

« On souhaite s’appuyer sur les trois plus gros clubs, Dijon, Chalon et Besançon, qui sont structurés avec des moyens technique et naturels. Ce sont aussi des bassins économiques dans la région. Il peut y avoir d’autres pôles forts sur Montbéliard Belfort, sur le bassin minier… On doit s’appuyer sur la dizaine de clubs formateurs, travailler sur la base, l’école de natation, les avenirs, et tous les clubs de proximité. Il faut que tous les clubs aient un projet et trouvent un équilibre entre la partie compétitive et la partie animation, développement, sécuritaire. »

Pour ce qui concerne les infrastructures, « on va travailler au développement et au renforcement de nos équipements. Je me suis beaucoup investi avec les services de la fédération sur tous les projets de piscine, notamment les constructions neuves comme à Châtillon, Louhans et le projet de Nevers qui va aboutir. Ce sont des projets où la natation doit être présente. »

Je ne sais ce que vous en pensez – si vous avez réussi à tenir jusqu’ici -, mais voilà qui ne mange pas de pain et n’engage que ceux qui l’écoutent. Jusqu’ici, Dijon est le seul pôle espoir du coin, Chalon et Besançon ne sont que des souhaits, et un bon club comme celui de Dôle et de sa régions n’a pas été cité par le nouveau président, un oubli… Bref, il aura du pain sur la planche.

Certes, surgit aussi cette ombre d’une possibilité que M. Planche n’a ni programme, ni perspectives, hormis la fierté de régner et de s’exprimer dans le journal du coin?

Selon le journaliste localier Rémi Chevrot, l’élection de Planche est une « suite logique ». En quoi ? La suite, on la voit bien: le désormais premier président de la nouvelle ligue Bourgogne-Franche-Comté a été en effet président du comité de Bourgogne pendant vingt-deux ans (1995-2017), président du club de Chenôve pendant vingt-quatre ans (1990-2014) et vice-président de la FFN (1995-2003). C’est un tenace !

Maintenant, la logique, s’il en est une, est celle du j’y suis, j’y reste, à l’image de son copain et modèle Francis Luyce et d’un autre ancêtre, Laurent Horter. Mais si les autres dinosaures sont menacés d’extinction, Planche a réussi à calfeutrer son pré carré et interdit tout appel d’air. A défaut d’une vision, Planche a de la suite dans les idées… Le monde sportif s’est toujours interdit de limiter le nombre de ses mandats, comme l’auraient voulu certains ministres des sports, il faut bien que cela serve à quelque chose, ou à quelques-uns.

Si les media locaux saluent le retour du cacique, à la base, ce n’est pas forcément un enchantement. Pas mal de nageurs, de parents et même de dirigeants se sont sentis désolés de voir que l’élection à la région a été une affaire résolument politique, du grenouillage, bien loin des préoccupations sportives. L’âge du capitaine est une chose, sa personnalité en est une autre.

« Je suis arrivé en Bourgogne en 1987, raconte notre héros, en provenance de Moulins. »

Ancien joueur de foot, depuis longtemps passé golfeur du dimanche, Daniel Planche aime raconter qu’il a été poussé aux bords des bassins par ses enfants, d’abord à Moulins (Allier) – où Stéphane découvre le water-polo et Maud la natation synchronisée. Arrivé en Côte-d’Or pour des raisons professionnelles, il s’est du fait de ses rejetons retrouvé à Chenôve Natation dont il devient le président en 1990. Ainsi débute sa carrière de dirigeant…

Trésorier en 1992 du Comité ­régional qu’il préside en 1995, élu en 1997 à la fédération dont il devient vice-président deux années plus tard ; secrétaire du Cros depuis 2005, il préside, on l’a dit, Chenôve Natation, jusqu’à 2014, et le Comité régional de Bourgogne, est membre de l’Office municipal des sports de sa bonne ville. Médaillé de la Jeunesse et des Sports, il dira tout le plaisir d’obtenir cette reconnaissance d’un travail de bénévole et associera son épouse Christiane, membre du comité directeur de la FFN, toujours à ses côtés depuis quarante-cinq ans, ainsi que ses enfants Stéphane et Maud. Et après tout, pourquoi pas ?

Le club de Chenôve se développe assez bien avec lui, sauf sans natation ni plongeon, d’ailleurs, on ne sait s’il faut lui en faire grief. Il copie-colle une bonne idée azuréenne de Gilles Sezionale, pourtant l’opposant de son maître Francis Luyce, en créant un club « neutre », Bourgogne-Franche-Comté, pour correspondre au cahier des charges du plan « j’apprends à nager ».

Mais l’homme ne s’empêche pas de régler parfois des comptes. Il a ainsi réussi à évincer Christiane Guérin, membre du comité directeur de la fédération française de natation et sa propre secrétaire régionale, qu’il avait mission d’éliminer. Cette insolente est réputée avoir la sale habitude de demander de la rigueur et surtout de dire ses quatre vérités. Ce qui lui a valu ainsi de s’être fait détester de Francis Luyce (souvent un gage de qualité).

Planche aime d’autant moins la contestation qu’il a bâti sa carrière sur un talent particulier, celui de diriger, voire de légiférer dans les domaines qui lui sont le plus étrangers. C’est ainsi qu’il s’est retrouvé responsable de l’informatique de la chambre régionale de commerce et d’industrie sans grandes connaissances en informatique. C’est ainsi qu’il préside depuis trente ans tout ce qui nage chez lui sans avoir jamais su nager (sauf en assemblées où il est assez expert dans le style grenouille). Alors, quand quelqu’un s’aperçoit de ses carences, il est essentiel de le ou la faire taire. D’aucuns se demandent combien de temps durera son accord avec Jacky Viéval, président jusqu’ici de la Franche-Comté, militaire doté d’une forte personnalité, avec qui il lui faudra cohabiter…

GOÛTEZ-MOI LE VIN DU FISTON

Comme Luyce et Horter, Planche songe d’abord à sa pomme. Sa passion natation apparait parfois comme une prolongation égotiste. C’est ainsi qu’à Chenôve, il s’enorgueillit d’avoir joué la carte de deux sports annexes, le water-polo et la natation synchronisée, et laissé de côté la natation de course. Or il ne s’agit pas là d’une stratégie réfléchie, mais bel et bien du prolongement d’un aiguillage familial et donc personnel. En effet, ces deux activités dans lesquelles le club a été engagé sont celles dans lesquelles s’expriment alors ses deux enfants, Stéphane et Maud, laquelle Maud deviendra à Chenôve entraîneur de la section de synchro.

Ce souci de recomposer la topographie du lieu en fonction de ses petits calculs personnels a, pour un décideur, quelque chose de mesquin. Si la progéniture avait pratiqué l’aquagym, la section aquagym aurait-elle eu une importance fondamentale pour ce pater familias comblé?

Attention, père attentionné ne signifie pas qu’on pratique le moindre népotisme. Dans l’organisation de l’Assemblée générale de la fédération, à Dijon, en avril 2016, qui a été confiée au comité régional de Bourgogne, il impose comme sommelier son fils, Stéphane, contre la volonté du bureau. Tout le vin du repas de gala provient de chez le fiston. Comble du raffinement, celui-ci, terroiriste distingué, impose un vin bio du Jura. En Bourgogne ! Chacun se souvient maintenant du vin qui « sentait la vache » à l’AG de Dijon.

BOXEUR ÉMÉRITE, PLANCHE À « PAINS » EMPLAFONNE UN ARBITRE DE WATER-POLO

Planche ne parait pas trop supporter la contradiction et ne craint pas d’employer s’il le faut un style percutant. Son exploit officiel majeur dans le domaine est d’avoir boxé un arbitre de water-polo dont une décision ne lui plaisait pas. Passé en commission de discipline, notre puncheur président a été évincé de tous ses mandats fédéraux pour une année de février 2003 à janvier 2004. Pendant ce temps il a été remplacé par Jean-Bernard Marache. Puis il est retourné aux affaires comme si de rien n’était.

L’homme est d’ailleurs réputé pétardier, et pouvoir se mettre dans des colères grises pour des peccadilles. Comme il est cardiaque, voilà qui lui aurait joué des tours !

Le noble art du ring, cependant, n’est pas son seul hobby. La manœuvre peut constituer son dada, comme on l’a vu dans ces élections. 

PLANCHE A BILLETS ALIGNE 40.000 EUROS AU BÉNÉFICE DE DIJON

Dans le genre manigances, il a fait fort en mars 2016 ; il profite d’une flopée d’absences motivées des dirigeants régionaux, en raison surtout de la tenue des championnats de France des maîtres d’Angers ; il orchestre une réunion de son comité directeur de région pour accorder une aide de 40.000 euros au club de Dijon. Un vrai coup fourré ! Seulement sept des vingt-quatre membres de son assemblée sont présents, et l’un d’entre eux (André Duclaux, un cadre technique) n’est même pas à jour de licence fédérale. Irrégulier à tous les étages… Pour bien mener ce coup tordu, la question de ce prêt n’avait même pas été inscrite à l’ordre du jour, et, contrairement à la tradition, ce prêt ne prévoyait aucune contrepartie sportive de la part du club, comme par exemple celle qui exigerait le licenciement de tous ses nageurs ! La totale ! Trois jours après le vote, André Duclaux, se licenciait fissa fissa.

On imagine que les Dijonnais, émerveillés par cette grâce du ciel, sont devenus de fervents planchistes, qui ont voté comme un seul homme, le week-end dernier, en faveur de leur Planche de salut. C’est beau, la loyauté.

On comprend que ce patron affectueux ait été reconduit par tous les dirigeants incorruptibles et intransigeants de sa région. Bravo les mecs !

Assez malicieux pour ne pas dire arbitraire ? L’homme parait s’en ficher comme d’une guigne. Ceux qui ont essayé de l’alerter sur le caractère hardi de son fonctionnement n’ont pas souvent droit à ce qu’il les calcule. Non mais…

Alors comment en est-il toujours là ? La réponse pourrait s’appeler Francis Luyce, autre irréprochable, dont il se présente comme un féal. Luyce adore ça, mais tous les calculs électoraux laissent penser que ses jours de président de la fédération sont comptés. A soixante-treize ans, Planche aura-t-il la souplesse suffisante pour s’adapter à la nouvelle gouvernance? A suivre…

 

DAVID WAGNER : « NOUS NE SOMMES PAS FOUS… MULHOUSE NE SERA NI MENACÉ NI DÉTRUIT »

Èric LAHMY

31 Janvier 2017

TROIS HORTER ET NON PAS ZÉRO COMME ANNONCÉ AU CASSE-PIPE DE L’ÉLECTION DU GRAND EST… MAIS LEUR CLUB SERA PRÉSERVÉ ET DÉFENDU

Alors qu’il avait annoncé vendredi dernier, qu’il ne se présenterait pas, comme il l’avait décidé douze mois plut tôt, à l’élection de la région Grand Est, Laurent Horter a bien envoyé sa candidature à l’élection du 11 février. Le président alsacien n’est pas seul dans l’aventure, puisque son épouse, Marie-Octavie, son fils Lionel et la fille aînée de ce dernier (et de Marie-Pierre Wirth) ont également fait connaître leurs ambitions dans ce domaine. Lionel a été récusé, une telle candidature étant opposée à la charte des conseillers techniques régionaux, dont il fait partie.

Parmi les nombreux griefs que Laurent Horter a opposés aux dirigeants des autres régions qui composent la nouvelle grande région, il s’est plaint de ne pas avoir été convié à exposer son programme à la différence de David Wagner. Or il lui a été répondu qu’il ne s’agissait pas là d’une manœuvre. David Wagner avait été convié à titre de candidat à l’élection, et Horter n’avait jamais fait connaître sa candidature. C’est parce qu’il n’avait pas candidaté qu’on ne lui a pas demandé de s’exprimer.

L’arithmétique électorale du Grand Est semble indiquer clairement qu’aucun Horter ou de ceux qui pourraient, de près ou de loin, leur être associés, ne serait appuyé. Le passage au Grand Est est ressenti par plus d’un Alsacien comme une occasion qui ne se représentera pas de « se débarrasser » d’un groupe familial envahissant et très monopolistique dans sa gestion des affaires. C’est donc une stratégie désespérée qu’ont adoptée ses membres. Sauf révolution, aucun ne passera, tel est le mot d’ordre.

Le Lorrain David Wagner, grand favori de l’élection, a été clair à ce sujet, mais aussi quant à la façon dont sera gérée la région à l’avenir. « Nous ne sommes pas fous, m’a-t-il déclaré hier soir, nous n’allons pas détruire par je ne sais quel souci de revanche, le Mulhouse Olympique Natation, et le pôle France de Mulhouse.  ON LES SOUTIENDRA, IL N’Y A AUCUNE RAISON QU’ILS DISPARAISSENT DU PAYSAGE. Mais désormais, on les défendra dans un respect strict des règles. »

Le temps où Laurent Horter, président alsacien, accordait à Horter Laurent, président du Mulhouse Olympique Natation, tout ce que celui-ci lui demandait s’arrête ce 11 février.

UNE MISE AU POINT DU BAS-RHIN

A la suite de l’assemblée générale de la ligue d’Alsace et des attaques de Laurent Horter (voir notre article de ce jour), Stéphane Metzger, président comité départemental du Bas-Rhin, a envoyé une circulaire aux clubs du Bas-Rhin, ainsi rédigée

Bonjour à tous, 

Vous avez été nombreux a être choqué lors de l’AG de la ligue de natation par les propos de notre désormais ex-président du comité régional.

Ci-joint la réponse du CD67, le courrier sera mis en ligne sur le site du CD67 en toute transparence.

Nous avons également sollicité les DNA afin d’obtenir un droit de réponse sur les propos consternants tenus à l’encontre du Bas-Rhin dans les DNA du 29/01.

Nous restons à votre disposition pour tout complément d’information.

Au plaisir de vous rencontrer à Tomblaine pour l’élection de la grande région le 11 février.

UN TRAVAIL DE TRANSPARENCE 

Suit la réponse du CD67 aux accusations de Laurent Horter :

« Nous nous permettons de vous adresser ce courrier suite aux propos grandiloquents tenus par le président du comité régional lors de l’assemblée générale du 27 janvier.

Il semblerait que la légitimité de l’élection des membres du comité du Bas-Rhin soit remise en question au même titre que leurs compétences.

L’ensemble des organismes, le tribunal, le ministère, la fédération, conseil régional et départemental ont été destinataires du procès-verbal de l’AG du Bas-Rhin et du PV de la première réunion constitutive du comité directeur. Les documents cités sont en ligne sur le site satellite du Bas-Rhin depuis bien longtemps. Le CD67 est pleinement reconnu et fonctionnel. Contrairement à ce qui été proposé jusqu’à ce jour par le comité régional d’Alsace nous avons décidé de favoriser la transparence, les documents sont accessibles à tous.

Les membres du CA du CD67 ont décidé à l’unanimité de proposer un temps de parole à l’ensemble des candidats au poste de président de la grande région, afin de leur permettre de vous exposer leur programme. À ce jour, un seul candidat s’est déclaré. Lui proposer de présenter son programme est considéré comme « un acte immoral » par le président du comité régional. Dans le Bas-Rhin cela s’appelle la démocratie.

L’ensemble des clubs de Lorraine et de Champagne Ardenne ont été destinataires du programme du président du comité régional pour le poste de président de la grande région.

Il y est précisé que ce programme est celui de l’Alsace. Aucun dirigeant du Bas-Rhin n’y a été associé. La plupart des clubs bas-rhinois n’en ont d’ailleurs pas été destinataires. Un bel exemple de transparence et de démocratie.

Alors, candidat ou pas candidat, la position du président de notre comité régional est sibyllin. Ses intentions vis-à-vis des clubs du département du Bas-Rhin sont inintelligibles. Dans un climat où la parole politique n’a que peu de valeur, nous opposons à ceux qui présentent notre jeunesse comme le fardeau de l’inexpérience, celui de l’honnêteté et de la transparence.

Notre objectif reste celui de défendre les intérêts des clubs du Bas-Rhin. Vous pourrez exprimer librement votre ressenti au travers de votre vote lors de l’élection du 11 février à la grande région. Demain plus qu’hier, le Bas-Rhin aura besoin de représentants pour défendre vos intérêts. En espérant pouvoir compter sur votre soutien.

Stéphane PUCHOL (président délégué), Stéphane METZGER (président).

UN LAURENT HORTER MARTIAL ENTRE EN RÉSISTANCE : « ILS N’AURONT PAS L’ALSACE »

Éric LAHMY

Lundi 30 Janvier 2017

Pas mal de choses ce week-end dans la perspective du Comité directeur de la Fédération française de natation de fin mars début avril prochain.

Tout d’abord, Daniel Planche, 73 ans, a été élu président de la nouvelle région Bourgogne-Franche-Comté.

Les pays de la Loire se sont donné un nouveau président, ce 21 janvier, à Nantes (Loire-Atlantique), et c’est Joël Pineau, secrétaire général en exercice des pays de la Loire et licencié au CN Fontenay-le-Comte. Le président sortant, Dominique Trocherie, après deux mandatures, ne se représentait pas.

Nous reviendrons sur ces élections.

Mon sujet ici, c’est l’Assemblée générale de la Ligue d’Alsace

Vendredi soir, donc, la dernière Assemblée générale de la Ligue d’Alsace s’est déroulée à Mulhouse. Laurent Horter y a annoncé, nous apprennent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, qu’il renonçait à la présidence de la future ligue du Grand Est, non sans en profiter pour dénoncer des méthodes « indignes. »

Cette assemblée extraordinaire avait pour but de valider la fusion de la coalition alsacienne dans le regroupement de la ligue Grand Est.

Horter s’est toujours montré réfractaire à ce découpage qui dérange ses habitudes haut-rhinoises, mais sans pouvoir l’empêcher. Comme Jules César qui prétendait préférer être premier dans un village que deuxième à Rome, Horter préfère un petit chez soi qu’un grand chez les autres.

Mais la nouvelle région colle au redécoupage politique du pays. Indispensable si l’on espère recevoir la manne des fonds publics et autres subventions. En effet, le code du sport ne reconnait qu’une seule « entité » officielle par sport et par grande région.

Donc impossible d’y couper, et la fusion a été entérinée à l’unanimité, malgré les « grincements de dents… du président sortant de la Ligue d’Alsace. »  Pour Laurent Horter, qui ne doit pas aimer les surprises, et, à 84 ans, déteste plus que jamais tout ce qui dérange ses habitudes, « cette fusion apportera plus de problèmes qu’autre chose, mais il n’y a pas d’autre solution pour l’instant. »

« Alors qu’il avait déclaré sa candidature dès janvier 2016 pour le poste de président de la grande Ligue (l’élection aura lieu le 11 février prochain), le président du MON a annoncé dans son allocution initiale qu’il se retirait de la course », lit-on encore dans Les D.N.A.. Pourquoi ?

« J’ai changé d’avis, explique Horter dans le quotidien régional. Je ne briguerai aucune fonction dans cette institution. Je compte cependant être présent pour représenter ce que nous avons accompli. »

« MANŒUVRES FALLACIEUSES » ET « MÉTHODES INDIGNES »

Sa casquette de président du comité départemental du Haut-Rhin le lui permet. « On ne sait pas pourquoi ni comment les gens vont voter. Il n’y a pas de projet, » déplore par ailleurs l’aîné des Horter, lequel motive son revirement par les relations particulièrement tendues entre lui et son homologue lorrain (David Wagner, candidat à la présidence de la grande ligue), ainsi qu’avec la nouvelle équipe bas-rhinoise et son président Stéphane Metzger. Il est direct : « des manœuvres fallacieuses ont rendu impossible l’opportunité de présenter notre projet. Il y a un malaise entre l’équipe bas-rhinoise et moi-même et des initiatives sur le thème de l’organisation des votes que je condamne. Ce sont des méthodes indignes de dirigeants sportifs. »

Bien entendu, il faut toujours pouvoir lire en filigrane ce que signifie cette prise de position de Laurent Horter, l’un des pionniers de ce qu’on appelle pieusement aujourd’hui, post-vérités ou vérités alternatives. C’est très simple, « des manœuvres fallacieuses » doit se traduire par « je suis en minorité », quant aux « relations tendues », elles signifient que le cacique de Mulhouse ne peut plus faire la pluie et le beau temps, alors qu’il était toujours parvenu jusqu’ici à maintenir sa suprématie sur l’Alsace ; le voici qui s’est trouvé débordé dans une « entité » plus grande.  La démocratie est un dur apprentissage !

Je dois ajouter que les DNA nous donnent une superbe leçon de journalisme en laissant maltraîter les dirigeants de Lorraine et du Bas-Rhin sans leur ouvrir le moins du monde la parole!

Horter avait douloureusement compris voici peu qu’il avait perdu son ascendant sur le Bas-Rhin – chose qui se mijotait depuis bientôt deux années, le fonctionnement des Horter, qui tiennent depuis maintenant près d’un demi-siècle la région ayant fini par excéder le voisinage.

Et puis Strasbourg a trouvé dans la recomposition régionale des alliés décidés à en finir avec le magistère d’une « tribu » assez envahissante pour que tous les postes décisionnaires au club, à la région et à la Fédé, ou presque, à tous les niveaux, lui appartiennent.

Un « rapprochement » aurait récemment eu lieu entre David Wagner et Stéphane Metzger. « Leur argument est de dire que la ligue d’Alsace marginaliserait le Bas-Rhin par rapport au Haut-Rhin. Je peux donner plusieurs exemples pour répondre à cela. J’ai arbitré en faveur de Strasbourg pour l’organisation des championnats de France élite (en mai prochain à Schiltigheim) alors même que Mulhouse était aussi candidate. Les championnats d’Alsace ont eu lieu à Obernai et ce n’est pas la première fois. » Bien entendu, ces générosités tardives peuvent tout simplement signifier qu’il tentait d’endormir en année électorale ceux avec qui il devrait compter, et qu’ils ont décidé de ne pas laisser passer l’occasion de le mettre à quia.

DÉCIDÉ À SE FAIRE ENTENDRE

Chose plus difficile que vous croyez, répond un Laurent Horter querelleur, qui promet de ne pas rester les bras croisés. « Nous allons créer une commission du sport de haut-niveau ainsi qu’un conseil territorial de la natation alsacienne, dont les membres seront ceux du (feu) comité de la ligue d’Alsace. »

« Cet organisme n’aura pas de légitimité de décision, mais « se fera entendre, » explique le président du Mulhouse O.N. », lit-on encore dans les colonnes du journal de l’Est.

Connaissant les priorités d’Horter, on peut imaginer que son conseil territorial fera tout pour pérenniser les divers avantages que le MON, et pour l’essentiel la famille Horter, ont acquis en jouant sur un maximum de tableaux.

Mais est-on sûr que Laurent laissera la présidence de la nouvelle ligue (élection la semaine prochaine) ? On affirme qu’il comptait y placer son fils Lionel, qui, après ses grandes réussites à la Direction technique nationale et dans la préparation olympique d’Yannick Agnel aux Jeux de Rio, est en effet un habitué des grands succès.

Mais ce dernier aurait risqué dans l’aventure d’endommager son statut professionnel – entraîneur, conseiller technique, professeur de sport – et donc n’a pas tenté de s’inscrire dans cette combinaison. Le nouvelle région aura laissé passer l’occasion de mettre à sa tête une vraie pointure.

A priori donc, Laurent le magnifique va se rabattre sur sa drôle de commission alsacienne. Mais attention, le Darth Vador mulhousien aurait jusqu’à ce mardi soir, date limite des candidatures au poste présidentiel, pour changer d’avis ou trouver une nouvelle combinaison gagnante. Alors, et alors seulement, le Lorrain David Wagner saura s’il peut dormir tranquille, horizon dégagé.