La France et le paradoxe Virginie Dedieu

24 juillet 2013

Barcelone, 24 juillet 2013

La natation synchronisée, est le dernier venu des sports reliés à la natation. Les courses, les plongeons, le water-polo, ont été pratiqués au plus haut niveau de compétition depuis beaucoup plus d’un siècle maintenant. Née d’une distraction de grandes bourgeoises américaines passionnées de ballet et de nage, la « synchro » a eu du mal à se faire prendre au sérieux. Elle est entrée au programme des premiers championnats du monde, en 1973, certes, mais parce que pendant 77 ans, la FINA a estimé que ses championnats du monde étaient les Jeux olympiques. Une suite d’opportunités l’a conduite au programme olympique (boycottage des Jeux de 1984 par les Russes, désir des télévisions américaines d’ajouter des compétitions favorables aux Américains, qui régnaient sur la discipline, appui déterminé à la discipline de Monique Berlioux, alors Directeur du CIO).

Entre-temps, grâce au statut olympique, les ballets nautiques sont passés d’un sport régional (Canada, Etats-Unis, Japon) à une activité intercontinentale et mondiale. La Russie, pays à la fois européen et asiatique, règne depuis quinze ans. D’autres équipes se sont imposées comme des rivales potentielles et maintiennent un haut niveau de compétitivité, Espagne, Chine, Ukraine. Des trois pays qui ont dominé la scène de 1973 à 1996, le Japon a le mieux résisté aux émergences de nouvelles nations et les Etats-Unis ont eu le plus de mal à surnager.

La France fait partie, ou pas, selon les années, d’un deuxième peloton de « synchros » dans lequel on trouve l’Italie, la Grèce, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis. Sa situation varie, alternant entre le correct, vers la 7e place, et le moins bon. Elle a vécu un paradoxe avec Virginie Dedieu.

La soliste la plus artistique, la plus inventive et la plus médaillée de l’histoire, avec les titres mondiaux 2003, 2005 et 2007, et deux secondes places, en 1998 (derrière Sedakova) et en 2001 (derrière Brousnikina) se place en tête du palmarès du siècle. Elle s’est maintenue au sommet de la hiérarchie plus longtemps que toutes les autres solistes. Son palmarès a souffert d’un événement qui n’était pas de son fait, la disparition du solo des Jeux olympiques après 1996, mais cela ne change en rien son vrai statut, à notre avis de nageuse synchronisée n°1 du siècle, avec l’Hawaïenne Tracie Ruiz.

Le talent, l’ambition et surtout les résultats de Virginie ont parfois masqué les faiblesses du potentiel de l’équipe de France. A Londres, le duo tricolore a été 11e, l’équipe était absente. Le meilleur résultat de toute l’olympiade précédente a été une 7e place en solo de Chloé Wilhelm. La France a trouvé en 2013 une nouvelle soliste, encore jeune avec l’Aixoise (comme Virginie Dedieu) formée à Gap Estelle Anaïs Hubaud. A voir…

Estelle était aujourd’hui la plus jeune des douze filles retenues pour la finale. Elle a fini 11e , mais c’est une anecdote. Sa présence à cet âge tendre en est une autre. Il ne faut pas en tirer de conclusions erronées. Elle est là, et d’autres juniors plus fortes qu’elle ne le sont pas. Pourquoi? Parce que leur synchro dispose de solistes plus âgées et mieux classées. Estelle Anaïs a fini 3e des championnats d’Europe juniors, avec 15 points de moins que la première, une Russe, Anisiya Neborako, qui est de douze mois sa cadette, et 4 de moins que l’Ukrainienne Anastasia Savchuk. Celle-ci a été incorporée dans le ballet d’équipe ukrainien, celle-là n’a pas été dans l’équipe nationale russe, quand Hubaud est la vedette de l’équipe de France. D’autres très jeunes solistes sont devant elles de par le monde, comme la Canadienne Chouinard. Hubaud souligne a contrario le peu de profondeur de l’élite de notre synchro.

La percée de Hubaud représente un défi et une interrogation. Elle ne mesure que 1,58m, et la synchro a presque toujours servi les longs segments. L’Aixoise (originaire de Gap) saura-t-elle imposer grâce à autre chose qu’il lui faudra inventer ses particularités physiques ? La performance est certes aussi question de tonicité, de muscles, et de souplesse ; sur ce plan Estelle est bien pourvue. Même si la plupart des solistes d’élite ont été grandes, des exceptions n’ont jamais manqué, et Ruiz, 1,62m, Dedieu, 1,63m, et, plus loin dans le temps, Sylvie Fortier, 1,58m, ou Jocelyne Carrier, 1,57m, sont passées par là pour le prouver. Mais il serait bien hardi de dire que la France a trouvé la nouvelle Virginie Dedieu.

Svetlana Romashina bisse, comme de bien entendu

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Svetlana Romashina a ajouté le solo libre au solo technique à ces championnats du monde de Barcelone, ce qui ne sera une surprise pour personne, donc, et à l’Ukrainienne près, Anna Voloshyna voici cinq jours en solo technique et Lolita Ananasova aujourd’hui en libre (mais à la même place), il n’y a aucun changement dans les  sept premières place des deux soli. Hubaud, pour la France cède sa 10e position des qualifications pour une onzième place en finale.

SOLO LIBRE, Finale.- 1. Svetlana ROMASHINA 1989 Russie, 97,340pts (48,700+48,640) ; 2. HUANG Xuechen, 1990, Chine, 95,720pts (47,780+47,949) ; 3. Ona CARBONELL BALLESTERO, 1990, Espagne, 94,290pts (46,990+47,300) ; 4. Lolita ANANASOVA, 1992, Ukraine, 92,740pts (46,500+46,240) ; 5. Yukiko INUI, 1990, Japon, 91,600pts (45,970+45,630) ; 6. Chloe ISAAC 1991, Canada, 89,940pts (45,260+44,680) ; 7. Despoina SOLOMOU, 1990, Grèce, 88,800pts (44,440+44,360) ; 8. Jenna RANDALL ,1988, Grande-Bretagne, 87,590pts (43,620+43,970) ; 9. Linda CERRUTI ,1993, Italie, 87,590pts (43,870+43,720) ; 10. RI Ji Hyang, 1992, P.R. Corée, 84,910pts (42,150+42,760) ; 11. EstelAnais HUBAUD, 1996, France, 84,080pts (41,950+42,130) ; 12. Sona BERNARDOVA, 19762, République Tchèque, 83,690pts (41,660+42,030).

Courtivron rare, en vente et pas cher!

Un ami collectionneur, Jean-Pierre Sarge, met en vente deux livres de natation rarissimes. Il s’agit de La natation et de son application à l’art de la guerre, par Courtivron, dans la deuxième édition de 1824 avec les planches couleurs.
L’autre ouvrage est de La Reynie, Traité du scaphandre, édition de 1774 avec la préface de 1805, et ce à la faveur d’une reliure. Par ailleurs les 4 premiers feuillets manquants de 1774 ont été remplacés par des photocopies. Les planches sont bien présentes.
Jean-Pierre Sarge en demande 150€ par ouvrage, « que l’on ne rencontre pas tous les jours« , ajoute-t-il. Signalons d’ailleurs qu’un exemplaire du Courtivron est proposé pour 1955€ et un autre pour 2000€ sur Price Minister. Le prix demandé par Sarge parait de ce fait très raisonnable.

Pandelela perd la tête

25 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Entre les séries et les demi-finales du plongeon de haut-vol à 10 mètres, Chen Ruolin a remis de l’ordre dans la hiérarchie. La Britannique Tonia Couch est passée de la huitième à la deuxième place, la Malaise Pandelela Pamg a perdu de sa superbe en même temps que 36pts sur son total, et notre Française, Laura Marino, a fait ce qu’il fallait pour appartenir à la finale qui aura lieu demain jeudi 25.

DAMES. Demi-finales des 10 mètres.- 1. CHEN Ruolin, Chine, 373, 65pts; 2. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 368,15pts ; 3. SI Ya Jie, Chine, 341,85pts; 4. Roseline FILION, Canada, 327,45pts; 5. Maria KURJO, Allemagne, 317,60pts; 6. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 316,05pts ; 7. Maria BETANCOURT, Venezuela, 314,65pts; 8. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 314, 15pts ; 9. Victoria Lamp, USA, 312,25pts ; 10. Laura MARINO, France, 303,25pts ; 11. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 302,40pts ; 12. Alejandra OROZCO, Mexique, 300,10pts.

Des Asiates de haut-vol

24 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

Le plongeon de haut-vol est asiatique. Ça, on le sait. Deux Chinoises, Si Yajie et Chen Ruolin, accompagnées par une Malaise, Pandelela Rinong Pamg, sont les meilleures qualifiées au tremplin de haut-vol féminin, et nous serions bien en peine de vous dire laquelle pourra l’emporter. Si Ya Jie, 15 ans, aspect infantile, 1,57m, 45kg. Toute gamine, mais qui écume déjà les grands prix FINA. De la graine de renouveau pour le meilleur plongeon du monde. On ne présente pas Chen Ruolin,plongeuse de l’année 2010 désignée par la FINA. Quant à Pandelela Rinong PAMG, 20 ans, elle est bronzée individuelle à la plate-forme à Londres (Jeux), et en plongeon synchronisé à Rome en 2009 (mondiaux) et ici même, à Barcelone. C’est une Bidayuh de Sarawak, branche du groupe ethnique des Dayaks, plus connus sous l’appellation de « chasseurs de têtes » jusqu’au milieu du 20e siècle ;  elle chasse actuellement des têtes chinoises ; mais que nul ne s’inquiète : conformément aux traditions de la FINA, il est exclu que la jeune fille, respecte celle de ses ancêtres de décapiter ses ennemies vaincues.

Pour le reste, on compte cinq Asiatiques sur les sept premières de ces préliminaires. Le plongeon avantage les gabarits petits et légers, et donc leur convient.

DAMES. Eliminatoires des 10 mètres.- 1. SI Yajie, Chine, 360,35pts; 2. Pandelela Rinong PAMG, Malaisie, 351,05pts ; 3. CHEN Ruolin, Chine, 350,60pts; 4. Iuliia PROKOPCHUK, Ukraine, 328,25pts; 5. Amelia COZAD, USA, 325,20pts ; 6. Mai NAKAGAWA, Japon, 321,65pts ; 7. Fuka TATSUMI, Japon, 320,50pts; 8. Tonia COUCH, Grande-Bretagne, 317,25pts ; 9. Maria BETANCOURT Venezuela, 309,30pts; 10. Sarah BARROW, Grande-Bretagne, 309pts; 11 Alejandra OROZCO, Mexico, 303,45pts; 12 KIM Jin Ok, Corée du Nord, 302,55pts ; 13. Roseline FILION, Canada, 301,85pts ; 14. Laura MARINO, FRANCE, 298,65pts; 15 Maria KURJO, Allemagne, 294,05pts; 16. Ganna KRASNOSHLYK, Ukraine, 290,25pts; 17 Brittany BROBEN, AUS, 285,65pts ; 18. Victoria LAMP, USA, 279,25pts; 19. Ekaterina PETUKHOVA, Russie, 278,75pts; 20 Villo KORMOS, Hongrie, 278,05pts; 21. Yulia TIMOSHININA, Russie, 271,20pts; 22. Carolina MURILLO URREA, Colombie, 269,95pts; 23 Kieu DUONG, Allemagne, 266,60pts; 24. CarolAnn WARE, Canada, 260,90pts.

Ophélie Aspord perd avec panache la bataille navale

23 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Ce fut une course de dupes, quoiqu’on ne puisse dire qui fut dupé en l’espèce. Nous produirions pour notre part trois noms, ceux de la Hongroise Anna Olasz, de la Française Ophélie Aspord et de la Chinoise Yanqiao Fang. Mais certes il est beaucoup plus aisé d’émettre une telle hypothèse à tête reposée, en consultant les feuilles d’arrivée devant sa citronade, que de saisir la stratégie qui se joue, avec la tête dans la flotte, à moitié aveuglée par l’eau glauque du Port Vell de Barcelone, au milieu de la folie douce qui s’instaure à l’approche de l’arrivée d’un bras de fer de dix kilomètres nagé à fond les manettes, au milieu d’un banc serré d’autres bêtes de mer qui vos frôlent vos cognent, parfois vous boxent ou vous piétinent dans un battement de jambes qui oublie un instant sa fonction d’avancer pour celle de châtier l’impudent, l’importun, d’à côté, quand le corps n’est plus qu’une douleur qui se projette en avant à coup d’héroïsme, quand les poumons brûlent, quand les bras ne tournent plus que par une force d’habitude. Mais voilà : au trois quarts de la course, les trois jeunes femmes en question se trouvent, en compagnie de la Japonaise Kida et de la Canadienne Balasz à plus ou moins dix secondes de Kalliopi Araouzou, la Grecque qui mène alors la chasse à l’or. Dans ce quatrième quart de la course, les trois futures podiumisées, Okimoto, Cunha et Maurer, sont encore respectivement 3e, 4e, et 8e. Mais elles vont augmenter la cadence jusqu’à l’infernal. Toutes trois vont nager leurs derniers 2500 mètres peu ou prou UNE MINUTE PLUS VITE que le précédent, où elle n’ont pas particulièrement chômé. Or, dans cette phase terminale du parcours, Olasz, Aspord et Fang vont nager plus rapidement encore, leur revenant dessus, mais de trop loin. Et voilà. C’est comme cela que ce 10km conquis par DEUX Brésiliennes a éveillé les imaginations en direction de Rio et des Jeux 2012. Et sonné le glas d’autres ambitions et d’autres talents,  Les Italiennes Grimaldi, chargée d’or, d’argent, de bronze, dans toutes les courses de l’olympiade échue, 12e, Rachele Bruni, 23 ans, sextuple championne d’Europe, ici 31e, ou la championne olympique hongroise Eva Risztov, 9e.

DAMES.- EAU LIBRE. 10 KILOMETRES.- 1. Poliana OKIMOTO CINTRA (Brésil), 1h58’19’’2 ; 2. Ana Marcela CUNHA (Brésil), 1h58’19’’5 ; 3.  Angela Alexandra MAURER, Allemagne, 1h58’20’’2 ; 4 Kalliopi ARAOUZOU (Grèce), 1h58’21’’3 ; 5. Anna OLASZ (Hongrie), 1h58’22’’4 ; 6. Ophélie ASPORD (FRANCE),  1h58’23’’2 ; 7. Yanqiao FANG (Chine), 1h58’23’’2; 8. Rebecca Wilke MANN (USA), 1h58’23’’4; 9.  Eva RISZTOV (Hongrie), 1h58’23’’4 ; 10. Christine Elizabeth JENNINGS (USA), 1h58’23’’6 ; 11. Elizaveta GORSHKOVA (Russie),  1h58’24’’3 ; 12. Martina GRIMALDI (Italie), 1h58’24’’9 ; 13. Yumi KIDA (Japon), 1h58’25’’8 ; 14. Keri-Anne PAYNE (GBR),  1h58’25’’8 ; 15. Svenja Theresa ZIHSLER (Allemagne),  1h58’25’’8 ; 16. Yurema REQUENA JUAREZ (Espagne),  1h58’26’’4 ; 17 Erika VILLAECIJA GARCIA (Espagne),  1h58’27’’8 ; 18. Olga BERESNYEVA (Ukraine, 1h58’27’’9 ; 19.  Zsofia BALAZS (Canada), 1h58’28’’5 ; 20. Melissa GORMAN (Australie), 1h58’30’’9 ; 21. Marianna LYMPERTA (Grèce), 1h58’33’’ ; 22. Lizeth RUEDA SANTOS (Mexique), 1h58’36’’6 ; 23. Cara BAKER (Nouvelle-Zélande),  1h58’38’’5 ; 24. Vicenia NAVARRO (Vénézuela), 1h58’38’’5 ; 25. Célia BARROT (France), 1h58’41’’8.

Les filles dansent, les notes ronronnent

23 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde.

Le tiercé est bien dans l’ordre, Russie, Chine, Espagne. Parions qu’aucune tête ne dépassera en finale, à l’arrivée. Si l’on en croit les notes, les Françaises sont mieux techniquement qu’artistiquement.

DUO (préliminaires).- 1. Russie (48,570+48,660) 97,230 (Svetlana KOLESNICHENKO et Svetlana ROMASHINA); 2. Chine (47,610+47,470) 95,080 (JIANG Tingting et JIANG Wenwen); 3. Espagne (47,060+47,210) 94.270 (Ona CARBONELL BALLESTEROS et Margalida CRESPI JAUME) ; 4. Ukraine (46,300+46,230) 92,530 (Lolita ANANASOVA, Anna VOLOSHYNA); 5. Japon (45,630+45,840) 91,470 (Yumi ADACHI Yukiko INUI) ; 6. Italie (44,870+44,760) 89,630 (Linda CERRUTI et Costanza FERRO) ; 7. Canada (44,140+44,480) 88,620 (Emilia KOPCIK Stephanie LECLAIR) ; 8. Grèce (43,890+44,120) 88,010 (Evangelia PLATANIOTI et Despoina SOLOMOU; 9 Grande-Bretagne (43,560+44,120) 87,680 (Olivia FEDERICI Jenna RANDALL) ; 10. France (43,570+43,710)  87,280 (Laura AUGE Margaux CHRETIEN) ; 11 R.P. Corée (42,740+3,100) 85,840 (KIM Jong Hui et RI Ji Hyang ; 12. Suisse (41,680+41,690) 83,370 (Pamela FISCHER et Anja NYFFELER).

He Zi contre Cagnotto, ou le plongeon comme tragédie antique

23 juillet 2013

Barcelone, 15e championnats du monde

L’épreuve du tremplin à 1 mètre dames, remportée hier par la Chinoise He ZI devant l’Italienne Tania Cagnotto, restera sans doute l’une des plus âprement disputées de ces mondiaux de Barcelone, et mériterait d’entrer dans la mémoire de plongeon. L’ensemble des concurrentes avaient choisi les mêmes plongeons, qui se présentaient, pour He, dans cette disposition : quatre sauts carpés, 403B (saut périlleux et demi retourné), 203B (périlleux demi arrière), 303B (périlleux et demi renversé) 105B (double périlleux et demi avant), et un saut libre : 5333D ou périlleux et demi renversé avec une vrille et demie (seule des finalistes, Gobor avait opté pour un double périlleux et demi renversé (305) en lieu du 303, ce qui lui offrait donc un coefficient légèrement supérieur, et aussi, contrepartie inévitable, une opportunité supplémentaire de se rater…). « C’est un choix dans lequel toutes se retrouvent parce que les filles optent pour les plongeons dont le compromis entre le coefficient de difficulté et le risque d’échec leur parait le plus favorable, » nous expliquait à ce sujet la jeune entraîneur nationale Audrey Labeau. En l’occurrence, ces demoiselles ressemblaient à des parieuses, qui, course après course, misaient sur les mêmes chevaux. Et le plongeon à une course d’obstacle dans laquelle chacune déciderait où tenter l’oxer, où le vertical, où la rivière.

Dans ce jeu de poker, tel qu’il se joua en l’occurrence, He Zi commença par mener, 61,20pts à 57,60 pour Cagnotto et la 2e Chinoise, Wang, ex-aequo. Au 2e plongeon, les Chinoises exploitèrent leur périlleux demi arrière, assez catastrophique pour Wang qui recula à la 7e place et perdit là son option pour le titre. Cagnotto, elle, misa sur le 105B, ou double périlleux avant et les 0,3pts de difficulté en plus qu’il apportait, adossé à une exécution léchée, lui donna l’avantage. He suivait avec un périlleux et demi renversé (303B) tandis que l’Italienne proposait  le périlleux demi-arrière: deux belles exécutions, légèrement à l’avantage de l’Italienne, mais le coefficient rapportait plus à la Chinoise. Cagnotto menait encore, 184,70pts à 182,30pts.

Quatrième plongeon, difficultés équivalentes pour les jeunes femmes, 2,6, double périlleux et demi avant pour He, périlleux et demi renversé avec une vrille et demi pour Tania. Deux choses se passèrent là : primo He Zi fit bien moins bien que Cagnotto quelques minutes avant sur le même exercice ; secundo, Cagnotto sortit un joli plongeon et conforta son avance, mais sans se mettre à l’abri d’une surprise. La vigilance, le sang-froid, étaient plus que jamais indispensables…

Et ce qui devait arriver arriva. Dans un de ces moments où l’événement balaie tout et fige deux vies en destins, He, portée par l’enjeu et un coefficient favorable, sortit le meilleur plongeon de la soirée, et en tout cas le mieux noté. A l’issue d’une empoignade incroyable de densité, la petite et gracile Chinoise, six ans après son titre mondial acquis en 2007 à Melbourne, arrachait d’un minuscule dixième de point le titre à la Transalpine. Il s’agissait, affirmaient les augures, de la marge la plus petite par laquelle un titre de plongeon n’avait jamais été attribué de mémoire d’homme – ou de femme. « Un dixième de point, notait Bernard Pierre, qui, après presqu’un demi-siècle passé dans les piscines, suivait les compétitions depuis son poste de télévision, c’est une différence d’un demi-point sur un juge » Ou l’équivalent d’une épaisseur de maillot dans un sprint ! Autant dire rien. De tels impondérables, où une certaine forme de cruauté n’est pas absente, font la grandeur du sport, qui confine alors à une tragédie. « La Cagnotto », qui avait manqué le bronze olympique de deux dixièmes de point, et ne fut jamais championne du monde malgré une carrière gigantesque dans la durée et remarquable de par sa qualité, avait perdu, avait raté, à vingt-huit ans, et quatorze saisons après son entrée dans la lice, les cérémonies de ce qui aurait pu être son propre couronnement. E.L.

DAMES.- Tremplin de 1 mètre. FINALE.- 1. HE Zi, Chine, 307,10pts ; 2. Tania CAGNOTTO, Italie, 307,00pts; 3. Han WANG, Chine, 297,75pts; 4. Dolores MONZON HERNANDEZ, Mexique, 272,40pts; 5. Pamela WARE, Canada, 265,10pts; 6. Tina PUNZEL, Allemagne, 264,50pts; 7. Daria GOVOR, Russie, 256,45pts; 8. Uschi FREITAG, Pays-Bas, 254,60pts.

MESSIEURS.- Tremplin Synchro (qualifications).- 1. QIN Kai et HE Chong, Chine, 454,32pts ; 2. Evgeny KUZNETSOV et Ilia ZAKHAROV, Russie, 445,32pts; 3. Patrick HAUSDING et Stephan FECK, Allemagne, 427,68pts; 4. Illya KVASHA et Oleksiy PRYGOROV, Ukraine, 421,81pts ; 5. Michael HIXON et Troy DUMAIS, USA, 406,98pts ; 6. Jahir OCAMPO et Rommel PACHECO, Mexique, 404,97pts ;  7. Chris MEARS et Nicholas ROBINSON-BAKER, Grande-Bretagne, 388,82pts ; 8 ex-aequo. Stefanos HERNANDEZ PAPAROUNAS et Michail Nektarios FAFALIS, Grèce, et OOI Tze Liang et AZMAN Ahmad Amsyar, Malaisie, 382,97pts.

La technique aussi est russe

22 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde

Natation synchronisée.

EQUIPE, TECHNIQUE (finale).- Russie, 96.600 (48.200 48.400) (Vlada CHIGIREVA, Daria KOROBOVA, Alexandra PATSKEVICH, Elena PROKOFYEVA, Alla SHISHKINA, Maria SHUROCHKINA, Anzhelika TIMANINA, Alexandra ZUEVA); 2. Espagne, 94,400pts (47,100+47,300); 3. Ukraine, 93,300pts (46,600+46,700); 4. Japon, 92,200pts (45,900+46,300); 5. Canada, 90,300pts (45+45,300); 6. Italie, 89,900pts (44,800+45,100); 7. FRANCE, 87,200pts (43,300+43,900)-(Marie ANNEQUIN, Laura AUGE, Maeva CHARBONNIER, Margaux CHRETIEN, May JOUVENEZ , Chloé KAUTZMANN, Lauriane PONTAT, Lisa RICHAUD) ; 8. Grèce, 86,400pts (46,400+46).

Solide comme Chen

22 juillet 2013

Barcelone, 15emes championnats du monde de natation

On peut avoir vingt ans et une bonne partie de son avenir derrière soi. Prenez la Chinoise Ruolin Chen qui a conquis ce soir avec sa compatriote Huxia Liu le titre du dix mètres synchronisé féminin, ici à Barcelone. On lui souhaite un futur constellé de podiums, mais voilà. A cet âge, elle a atteint le chiffre respectable de neuf médailles d’or, toutes mémorables: celles de cette même épreuve du 10 mètres synchronisé aux Jeux olympiques de 2008 et de 2012, ainsi qu’aux mondiaux 2011, à Shanghai, 2009 à Rome, et 2007 à Melborne, et celles des 10 mètres (solo) en 2008, 2011 et 2012. Chen a eu pour partenaires de duos Jia Tong (2007), Wang Xin (2008 et 2009), puis Wang Hao (2011 et 2012). Liu, la numéro quatre, a été à la hater de l’enjeu. Les deux filles prirent dès le premier exercice une avance confortable de six points et arrondirent saut après saut, sans la moindre bavure cette pelote initiale pour l’emporter de 24,87pts, qui représentait à quelques dixièmes près la différence séparant les secondes des sixièmes. Voilà qui s’appelle rendre copie propre.

DAMES.- 10 METRES SYNCHRO (Finale).- Ruolin Chen et Huixia Liu, 356,28pts ; 2. Megan Benfeito et Roseline Filion, Canada, 331,41pts ; 3. Pandelela Rinong Pamg et Mun Ye Leong, Malaisie, 331,14pts ; 4. Emily Boyd et Lara Tarvit, Australie, 309,78pts ; 5. Tonia Couch et Sarah Barrow, Grande-Bretagne, 309,72pts ; 6.Paola Espinoza et Alejandra Orozco, Mexique, 306,39pts ; 7. Cheyenne Cosineau et Samantha Bromberg, USA, 301,74pts ; 8. Yulia Timoshinina et Ekaterina Pethukova, Russie, 298,32pts