Carolle AMORIC avait pris le bon bus

AMORIC [Carolle] Natation. (Saint-Maur-des-Fossés, 7 août 1960-).

France. Nageuse de sprint. Elle débute (sans piscine) à treize ans au C.O.Joinville, qui a des heures de nage au CN Paris. « Le bus en bas de chez moi partait à la piscine, raconte-t-elle ; si cela avait été un stade ou autre chose, j’aurais fait qui sait, de l’athlétisme ou de l’escrime. » Elle commence fort « je me suis fait virer de mon groupe parce que je m’amusais dans l’eau », raconte-t-elle. Mais un jour de compétition, elle gagne la course sans faire de virages culbute… qu’on lui enseigne vite fait. En 1977, le C.O. Joinville « capote », et Carole choisit le CN Paris. Entraînée à ses débuts par Jean-Marc Boissier, elle rejoint ensuite Guy Giacomoni, puis Jean-Philippe Andraca, qui l’épousera. Elle devient une habituée des podiums, championne de France du 50 mètres libre en 1981 et 1982, cinq médailles d’argent en championnats de France. Finaliste olympique avec le 4 fois 100 mètres aux Jeux de Los Angeles en 1984. Enseignante en éducation physique, professeur de sport, elle fait une carrière de technicienne fédérale.

AMIAND, DE TOULOUSE A INDIANA

AMIAND [Dominique Sophie] Natation. (Toulouse, 20 août 1957-). France. Spécialiste de l’épreuve des quatre nages, élève de Jacques Noé au club des Dauphins du TOEC,, elle améliora quinze records de France (sept, de 2’33’’ à 2’27’’22 sur 200 mètres quatre nages, de 5’30’’ – Danielle Dorléans –  à 5’24’’06, puis de 5’23’’50’’ – Carole Carpentier – à 5’11’’37 sur 400 mètres quatre nages) et conquit douze titres nationaux – six d’hiver et six d’été – , cinq sur 200 mètres quatre nages et sept sur 400 mètres quatre nages entre 1972 et 1976. Cheville ouvrière de l’équipe de France, étudiante à l’université d’Indiana, aux Etats-Unis, elle fut en 1976 championne de cet Etat des 100 et 200 yards dos. Les progrès qu’elle fera faire à la spécialité en France ne lui permettront pourtant pas de se qualifier aux Jeux olympiques en 1972 et 1976.

AMANO [Tomikatsu]

Natation. (). Japon. Le 10 août 1938, à Tokyo, il devint le premier nageur au monde à moins de dix-neuf minutes au 1500m (18’58’’8). Il améliora également le record mondial du 1000 mètres en 12’33’’8. Il fut désigné comme le Sportif Asiatique de l’année 1938.

ALSHAMMAR [Malin Therese]

Natation. (Solna, 26 août 1977- ). Suède. Fille d’une nageuse qui avait été 7e du 100 mètres brasse olympique de Barcelone, en 1972, Britt-Marie Louise Smedh, policière en civil qui lui enseigne la natation, soupçonne ses qualités et la passe à un autre entraîneur, Alshammar, au physique athlétique, blonde aux yeux bleus, grande et fine (1,80m, 60kg) est entraînée au SK Neptun par Dirk Lange. C’est une personnalité. Un magazine suédois l’a bombardée en 1998 femme la plus sexy du pays. Cela ne l’empêche pas de chiquer, au point de noircir ses dents qu’elle a dû se faire blanchir et de boire du café avec une passion addictive. Sure d’elle, confiante à l’excès (elle s’est fait tatouer « Diva » au creux es reins, sous la marque du maillot), capable de sécher l’école et la piscine pour une semaine de ski avec son petit ami, ou de se faire jeter de l’équipe suédoise, à peine entrée, en 1995, pour indiscipline, elle revient dans l’équipe, s’entraîne dur, ne supporte pas, et, épuisée physiquement et mentalement, finit 16e du 100m dos des Jeux d’Atlanta, en 1996. Avec sa meilleure amie, elle disparait en Australie, nage dans un club sans entraîneur, en crawl, et revient pour les championnats de Suède. Toute sa carrière, elle s’exprime sur des distances courtes, d’abord en dos, avant de s’imposer en nage libre et de briller aussi en papillon. Sa carrière est l’une des plus longues et des plus brillantes de l’entre deux siècles. Elle battra en 2006 le record de titres nationaux suédois, 72, que détenait Anders Holmertz. Elle conquiert son premier titre suédois à 13 ans, en 1991, sur 50 mètres dos ; en bassin olympique, elle gagne son premier titre national sur 100 mètres dos en 1992. Elle continue de nager au niveau national pendant toute l’olympiade suivante. En deux années (1997-98) où elle étudie à l’Université du Nebraska-Lincoln, aux États-Unis, et nage au club local, le Nebraska Cornhuskers, dont le coach est Cal Bentz, elle développe ses capacités en nage libre, enlève le bronze du 50 mètres des championnats d’Europe 1997, l’argent en 1999). Comme elle se connait bien, elle a préféré le Nebraska à USC en rison des distractions que la Californie lui aurait offertes et auxquelles elle sait qu’elle n’aurait pas résisté. Ses collègues de l’Université racontent ses frasques, ainsi un jour où elle se fait photographier pour la couverture d’un album suédois : elle se peint le corps en argent et va se promener seins nus au centre ville de Lincoln. Des places quelconques, une disqualification en course, la convainquent d’abandonner l’école, en raison de la difficulté de concilier études et entraînement, elle s’exile à Hambourg, en Allemagne, au cours de l’été 1999 où un grand coach, Dirk Lange, maître de l’entraînement des sprinters, maniant les entraînements durs et les phases de repos, de régnération, l’a invitée à partager les séances de Sandra Volker ; elle est fascinée par son approche, le fait que Lange lui mitonne des programmes individualisés. Il peaufine son talent en vue des Jeux olympiques de Sydney. Elle nage une heure le matin, effectue ensuite deux heures de « musculation ». Championne d’Europe 2000 sur 50 mètres (24’’44), 100 mètres (54’’41) et les deux relais de sprint, elle est devancée par la seule Inge De Bruijn aux Jeux olympiques de Sydney où elle finit 2e du 50 mètres (24’’51) et du 100 mètres (54’’33), devant, chaque fois, Dara Torres. En 2001, elle est encore 2e sur 50 mètres libre (24’’88) et 50 mètres papillon (26’’18). Championne d’Europe 2002 du 50 mètres), elle se concentre sur les Jeux 2004, où elle nage le 50 mètres, et manque une médaille (4e). 3e mondiale du 50 mètres papillon en 2005 à Montréal, 1ère en 2006 à Shanghai. En 2008, sa combinaison craque avant la course. Elle est « sauvée » par Dara Torres qui bloque la course, le temps de lui trouver une combinaison de rechange. Le 17 mars 2009, elle nage aux championnats d’Australie un 50 mètres papillon en 25’’44, record du monde, mais est disqualifiée par la FINA pour avoir porté deux maillots, en contravention d’une règle vieille de 17 jours et qu’elle ignorait. Aux championnats du monde de Rome, le 31 juillet suivant, elle gagne la distance en 25’’07, record pulvérisé et, cette fois, indiscutable. En couple avec son entraîneur suédois Johann Wallberg, elle abandonne toute prétention en vue des mondiaux 2013, attendant un enfant né le 1er juin 2013.

ALMSICK [Franziska van]

Natation. (Berlin, 5 avril 1978-). Allemagne. Nageuse allemande la plus douée et de loin la plus célèbre de sa génération, elle fut deux fois championne du monde, dix-huit fois championne d’Europe et n’enleva jamais l’or olympique. Enfant protégée, elle débuta à cinq ans, à la suite de son frère aîné. Précoce médaillée d’argent du 200m des Jeux de Barcelone en 1992 alors qu’elle n’était âgée que de quatorze ans, nageuse mondiale de l’année 1993, elle enlevait le titre mondial, en 1994, à Rome, à l’issue d’une course serrée où elle dut améliorer le record du monde, en 1’56’’64, devant la Chinoise (dopée) Lu Bin, 1’56’’89. Mais Franziska n’avait fait que le 9e temps en séries où elle avait cherché à s’économiser, elle n’avait pratiquement jamais utilisé son puissant battement ; seule la défection de son équipière Dagmar Hase, qui abandonna sa qualification au bénéfice de Franziska, permit à celle-ci d’être réintégrée en finale. On a prétendu que les commanditaires de Franziska avaient payé Dagmar. En 1996, la charge d’héroïne nationale pesant sur ses épaules, Franziska Van Almsick fut battue sur sa meilleure distance : elle fut 2e derrière Claudia Poll, à deux secondes de son record du monde. Après quelques hésitations, elle décida de continuer sa carrière de nageuse, avec des hauts et des bas. Cette longue traversée du désert prit fin en 2002, quant aux championnats d’Europe, chez elle, à Berlin, forme retrouvée, elle remporta le titre, battant le 3 août son propre record mondial vieux de huit ans, en 1’56’’64. Toujours à Berlin, elle participa au relais quatre fois 100m allemand qui battit le record du monde en 3’36’’, nageant son parcours de crawl en 53’’64. Van Almsick a fait l’objet en Allemagne d’un culte particulier qui lui a apporté la gloire et la fortune, à la différence d’autres ondines allemandes, plus médaillées qu’elle pour certaines, comme Hase ou Voelker, mais dont le seul tort était de n’avoir ni son physique (1,80m, 67kg) ou son sourire, ni sa personnalité.

AKATIEV [Alexei]

Natation, eau libre. (7 août 1974-). Russie. Entraîné par Sergei Kustov, il
disputa les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, mais tat spécialisé dans les
longues distances. Il enleva les titres des 5 et des 25 kilomètres aux
championnats du monde de Perth, en 1998, fut champion d’Europe 1995 (5 et 25km),
1996 (5 et 25km) et 1999 (25km, 2e sur 5km). Il ouvrit une école de
natation en eau libre en Russie et servit comme entraîneur national de la
spécialité. En 2000, il entraîna l’équipe russe tout en participant lui-même au
25 kilomètres des Mondiaux d’eau libre, enlevant le bronze, une minute derrière
son élève.

AHMANN-LEIGHTON [Christine « Crissy »]

Natation. (Yankton, South Dakota, 20 mai 1970-). États-Unis. Quoique native de l’Iowa, où elle grandit à des kilomètres de toute piscine, et au fait qu’elle ne nage pas quotidiennement jusqu’à sa première année d’études supérieures (sophomore), Crissy va obtenir la 2e place du 100 mètres papillon des Jeux de Barcelone en 1992 où elle remporte deux médailles d’or olympiques avec les relais quatre fois 100 mètres (où elle nage en préliminaires) et quatre fois 100 mètres quatre nages américains. La gagnante du 100 mètres papillon, la Chinoise Hon Qian, fait partie d’une équipe suspectée d’utiliser des méthodes répréhensibles, importées par leurs entraîneurs de RDA, Lothar Matthes et Klaus Rudolph, et qui sera stigmatisée par des contrôles positifs en séries, et on peut dire qu’Ahmann-Leighton a été volée de l’or. La favorite de l’épreuve, elle se qualifie proprement, mais sans nager trop vite. Elle lance ensuite la course et mène au virage (27’’50) d’une demi-longueur sur ses poursuivantes. Elle maintient son avantage jusqu’à ce que Qian revienne et la batte de 12/100e. Etudiante à l’université d’Arizona, à Tucson, elle enlève en 1991 et 1992 les titres universitaires (NCAA) des 100 yards papillon. Après les Jeux, elle fonde une famille, puis tente un retour aux Jeux de 1996, perd près de vingt kilos, mais manque la qualification olympique de 0’’40. Devenue en se remariant Crissy Perham, elle devient entraîneur (au Curl-Burke swim club et au Navy, puis à St Agnes, en Virginie).

ABRARD [David]

Natation. (Sainte Adresse, 27 novembre 1976-). France. Entraîné à Melun Dammarie par Philippe Lucas, au Havre par Christos Paparodopoulos) et à Canet par Jacky Pellerin, il a été vice-champion d’Europe junior du 200 mètres papillon, puis champion de France des 100 et 200 mètres papillon en 1993. Bon nageur de crawl également, c’est un garçon musculeux dont on prétend alors qu’il ne peut se permettre, pour cela, plusieurs pointes de forme par an. Il a été régulièrement barré au plus haut niveau par Franck Esposito, qui le devance aux championnats de France 1996, 97 et 98. Son seul podium international a été obtenu aux championnats d’Europe 1996, à Rostock, sur 200 mètres papillon, 3e ex-æquo avec le Suisse Adrian Andermatt, en 1’59’’23, derrière les Allemands Chris-Carol Bremer, 1’57’’04 et Andras Rupprath, 1’57’’30. Il a été 5e du 200 mètres papillon des mondiaux 1995 en petit bassin.

ABOUHEIF [Abdellatif]

Natation. (Alexandrie, 1929-). Égypte. Grand nageur de marathons nautiques, trois fois champion du monde, il était le huitième des quatorze enfants d’un membre du Parlement. Après des études supérieures en Grande-Bretagne (Eton, puis Académie militaire de Sandhurst), il fit carrière (colonel) en Égypte. Il se mit à nager après avoir vu un film où Johnny Weissmuller incarnait le personnage de Tarzan. Entre 1953 et 1972, il a terminé 68 courses internationales de longues distances (entre 30 et 80 kilomètres) et remporté le titre de champion du monde professionnel en 1964, 1965 et 1968. D’un courage et d’une ténacité légendaires, il n’avait jamais abandonné une course, jusqu’à ce que ses suiveurs, estimant qu’il mettait sa vie en danger, parviennent à le tromper, lui disant qu’il avait franchi la ligne d’arrivée, pour le sortir de l’eau du lac Ontario à 11°, en 1964, où il avançait depuis dix-neuf heures. Tous les autres concurrents avaient abandonné. Parmi les grandes classiques du fond, il a remporté la traversée de Paris en 1953 et en 1956, Saint-Nazaire-La Baule en 1954 et en 1955, la traversée de la Manche (son premier grand succès) en 1955, la descente du Nil (sur 77km) en 1956, le marathon de Saïda, au Liban, en 1957 et en 1961, Capri – Naples en 1963 et 1964, le lac Michigan (114km en 34h45’) en 1963, le lac Saint-Jean en 1965, la descente du Parana, en Argentine, en 1965. Il remporta encore en 1969, à 42 ans, à Chicoutimi, une course de 37km et se classa 3e des 42km de Guaymas, au Mexique, en 1971. Son épouse, Manar Abouheif, chanteuse d’opéra (soprano) entre 1956 et 1975, a été élue Femme de l’Année 1997 par l’American Biographical Institute, et son fils, Nasser, a été champion d’Égypte de cross auto en 1994 et en 1995.

ABERTONDO [Antonio « Tone »]

Natation. (Beccar, 1er août
1918-6 juillet 1978). Argentine. Inépuisable nageur de grand fond, cet enseignant
de natation au physique particulier (1,62m, jusqu’à 103kg au départ de ses
raids gigantesques en eaux froides), dans le civil employé de brasserie,
réussit la première double traversée (aller retour) de la Manche, en 43h10’, soit
160km en eau froide, le 21 septembre 1961, à quarante-trois ans sonnés. La
Manche, il l’avait déjà traversée à trois reprises, en 1950, 1951 et 1954, et
la double traversée était un rêve vieux de onze ans, qu’il prépare avec soin
(passant son temps à nager dans le rio, et s’interdisant de fumer et de boire).
Il nagea aussi sur 320 km en 80h dans le Rio Parana, reliant Rosario à Buenos
Aires en mars 1957, Capri-Naples et retour en 1964.