CE BON VIEUX LOCHTE

27 juin 2013

Championnats des USA à Indianapolis

Tous les entraîneurs le disent à leurs nageurs: il n’y a de vrai que le travail. Mais il y a parfois des exceptions. Prenez ce vieux Ryan Lochte. Voilà quelqu’un qui avoue avoir fainéanté grave depuis les Jeux de Londres, ne s’être vraiment entraîné que ces dernières sept semaines, et avoir passé son année à éviter la piscine. Ça ne l’a pas empêché de gagner le 200m du championnat des Etats-Unis, hier soir, devant, l est vrai un groupe frileux qui le laissa prendre les commandes, intimidé par l’assurance du briscard qui mena le bal du début à la fin, 24’’64 au 50m, 51’’65 au 100m, 1’18’’54 au 150m et 1’45’’07 pour finir en contrôlant Dwyer Conor qui tente en vain de le déborder. Alors, Lochte, une fable vantant les vertus de la paresse ? Peut-être. Il y a l’énorme talent, les années de travail, et aussi le fait que l’adversité n’était pas à la hauteur. Comment s’en sortira-t-il après, sur 400m quatre nages ? Mais ceci est une autre histoire…

 

200m.- 1. Ryan Lochte, 1’45’’97; 2. Conor Dwyer, 1’46’’25; 3. Matt McLean, 1’46’’78; 4. Charlie Houchin, 1’47’’36; 5. Ricky Berens, 1’47’’43; 6. Connor Jaeger, 1’47’’60; 7. Michael Klueh, 1’47’’66; 8. Michael Wynalda, 1’48’’76.

FRANKLIN, ET DE DEUX

 

27 juin

Champonnats des USA à Indianapolis

Si, sur 100 mètres, la veille, Missy Franklin avait attendu les vingt-cinq derniers mètres pour se dégager du groupe compact des finalistes, ceci par relatif manque de vitesse de base face à une concurrence composée de sprinteuses « pures », sur 200 mètres nage libre, les choses se sont passées différemment. Missy était pourtant attendue, une demi-heure plus tard, par une autre course, le 200 mètres dos, et des stratèges en piscines auraient pu l’imaginer en train de réserver ses forces. Il n’en a rien été. Elle est partie comme si elle était pressée d’en finir, avec cette fausse lenteur que lui confère la puissance hors-norme de son mouvement de nage. Dès le mur des 50 mètres, la voilà en 27’’04, avec plus d’un mètre d’avance sur Shann Vreeland, 37’’74, première de ses adversaires, reléguées au rang de poursuivantes. Au cent mètres, 55’’96 pour Franklin, Vreeland, toujours seconde, est derrière son battement (57’’17), elle-même suivie par la jeune Chelsea Chennault, 57’’32. Il n’y a plus de course pour le titre, car Missy porte son avance à trois mètres au troisième virage (1’25’’60 contre 1’27’’50 à Vreeland. Franklin gagne, détachée, 1’55’’56. Derrière, un petit drame se noue. Vreeland, encore seconde (1’27’’50), doit défendre son ticket pour la course individuelle des mondiaux, mais Katie Ledecky 1’28’’01, n’est pas loin. Ledecky, c’est de l’endurance pure, la reine du 800-1500m, déjà qualifiée pour le 800m. Vreeland, elle aussi, est déjà titularisée (avec Franklin bien sûr) après sa seconde place de la veille sur 100 mètres. Mais là, elle est à bout, tandis que la course commence pour Ledecky ! A l’arrivée, c’est Ledecky qui vient à bout de Vreeland, 1’57’’63 contre 1’58’’13.

 

DAMES.- 200 mètres : 1. Missy Franklin, 1’55’’56; 2. Katie Ledecky, 1’57’’63; 3. Shann Vreeland, 1’58’’13; 4. Jordan Mattern, 1’58’’27; 5. Maya Dirado, 1’58’’41; 6. Chelsea Chenault, 1’58’’74; 7. Karlee Bispo, 1’59’’30; 8. Quinn Carrozza, 2’0’’15.

RENWICK, 3’47’’02, FOGG, 3’47’’57

26 juin 2013

Championnats de Grande-Bretagne à Sheffield

Première finale des championnats de Grande-Bretagne, à Sheffield, sur 400m. Robert Renwick part vite (1’51’’01 au 200m), conserve son avance et l’emporte en 3’47’’02 devant Daniel Fogg, 3’47’’57, James Guy, 3’48’’21 et Matthew Johnson, 3’49’’67. Nicholas Grainger, meilleur temps des séries, a tenu deux cents mètres (1’52’’07) avant de faiblir. Des temps de choix en demi-finales, sur 50 mètres, Benjamin Proud, 22’’01, et Adam Brown, 22’’17 ; sur 50 mètres brasse, Daniel Slivinski, 27’’76, Ross Murdoch, 27’’80, Adam Peaty, 27’’81 ; sur 200 mètres papillon, Roberto Pavone, 1’57’’16, Joseph Roebuck, 1’57’’64. Côté féminin, au 50 mètres, Federica Halsall, 24’’84, Amy Smith, 25’’20 ; au 200 mètres papillon, Jemma Lowe, 2’8’’70.

FRANKLIN SE MULTIPLIE

26 juin

Championnats des USA à Indianapolis

Missy Franklin a assure ses qualifications de la journée, d’abord sur 200m nage libre, ensuite sur 200 mètres dos, les deux fois avec les meilleurs temps de toutes les concurrentes. Sur 200 dos, elle affichait nettement la classe au dessus, passant dès les 50 mètres avec une longueur d’avance sur le peloton de ses suivantes… Sur 200m libre, Allison Schmitt, la championne olympique de Londres, en 2012, devant Camille Muffat, a confirmé, après son éviction de la finale du 100m, qu’il ne s’était pas agi d’un accident, mais qu’elle était en petite forme. 9e des séries du 100m, elle a nagé le 10e temps sur la distance où elle régnait l’an passé, en 1’59’’78.

Kevin Cordes s’est dès les séries du 200m brasse installé dans la peau du nouveau patron, lançant la course très vite puis gardant plus ou moins son avance jusqu’au mur, atteint en 2’9’’16, seul sous les 2’10’’.

200 mètres : Conor Dwyer, 1’46’’85 ; Charlie Houchin, 1’47’’55; Matt McLean, 1’47’’68; Connor Jaeger, 1’48’’02; Ryan Lochte, 1’48’’04; Michael Wylnada, 1’48’’09; Michael Klueh, 1’48’’20; Ricky Behrens, 1’48’’44.

200m brasse : Kevin Cordes, 2’9’’16 ; Nic Fink, 2’10’’12 ; BJ Johnson, 2’11’’85 ; Josh Prenot, 2’12’’21 ; Clark Burckle, 2’12’’57; Cody Miller, 2’13’’14; Matthew Elliott, 2’13’’91; Mike Alexandrov, 2’13’’95.

200 mètres : Missy Franklin, 1’57’’60 ; Shann Vreeland, 1’58’’65; Katie Ledecky, 1’58’’53; Karlee Bispo, 1’59’’03; Jordan Mattern,1’59’’35; Quinn Carrozza, 1’59’’47; Maya Dirado, 1’59’’53; Chelsea Chenault, 1’59’’75. Onze sous les 2’.

200 mètres dos: Missy Franklin, 2’6’’33; Elizabeth Beisel, 2’8’’44 ; Elizabeth Pelton, 2’9’’10; Kendyl Stewart, 2’10’’22; Kathleen Baker, 2’10’’23; Kylie Stewart, 2’11’’46; Clara Smiddy, 2’11’’53; Bonnie Brandon, 2’11’’76.

200 mètres brasse : Breeja Larson, 2’24’’80 ; Laura Sogar, 2’26’’ ;  Katy Freeman, 2’27’’19 ; Micah Lawrence, 2’27’’29 ; Annie Zhu, 2’27’’93 ; Caitleen Leverenz, 2’29’’08 ; Molly Hannis, 2’29’’16; Andrea Cropp, 2’29’’18.

GB : SUIVEZ NICHOLAS GRAINGER

26 juin 2013

Championnats de Grande-Bretagne à Sheffield

Ayant amélioré son record d’environ 5’’, Nicholas Grainger, 18 ans (il est né le 3 octobre 1994) a dominé les séries du 400m, épreuve du programme de ce matin, aux championnats de Grande-Bretagne, qui se tiennent à Sheffield. A noter aussi le 50m de Francesca Halsall en 25’’01.

Meilleurs temps des séries :

MESSIEURS

50m: Benjamin Proud, 22’’20; Adam Brown, 22’’40.

400m : Nicholas Grainger, 3’50’’24 ; Daniel Fogg, 3’50’’52 ; Robert Renwick, 3’50’’66 ; James Guy, 3’50’’80.

100m dos: Chris Walker, 55’’01.

50m brasse : Christopher Steeples, 27’’92 ; Ross Murdoch, 27’’92 ; Adam Peatty, 28’’12 ; Daniel Schwinster, 28’’21

200m papillon: Michael Rock, 1’57’’10.

DAMES

50m : 1. Francesca Halsall, 25’’01 ; Amy Smith, 25’’51 ; Emma Wilkins, 25’’56.

200m dos : Lauren Quigby, 2’12’’69.

100m brasse : Georgina Evans, 1’8’’76 ; Stacey Tado, 1’9’’31.

200m papillon : Jemma Lowe, 2’10’’45.

 

L’ITALIE ENCORE POUR FINIR

26 juin

Jeux méditerranéens
L’Italie a enlevé la moitié des médailles d’or (20 sur 40) de la natation aux Jeux méditerranéens de Mersin, en Turquie. Leurs nageurs – dont un grand nombre avaient été pris sur les podiums des championnats nationaux – étaient très motivés par l’ambition de réaliser les minima pour les championnats du monde de Barcelone, dans un mois. Les Français, privés d’éléments équivalents, sachant qu’ils n’iraient pas aux mondiaux quoiqu’ils fassent, les Jeux méditerranéens étant pour les meilleurs d’entre eux un prix de consolation pour n’avoir pas été sélectionnés aux mondiaux, se sont contentés de trois titres, derrière la Serbie et à égalité avec la Slovénie.

ANTIDOPAGE MUSCLE AUX ANTIPODES

26 juin

Les Australiens, pour qui le sport est une religion, ont toujours été en pointe dans la guerre contre le dopage. Dans cette optique, l’Autorité Australienne anti-dopage dans le sport (Australian Sports Anti-Doping Authority, ou ASADA) sera-t-elle dotée de pouvoirs étendus dans sa mission d’enquête et d’investigation ? Oui, lisait-on hier sous la signature d’Emily Goddard dans la newsletter anglophone « Inside The Games ». Le Sénat Australien a voté une loi en ce sens, qui, après quelques amendements, repart vers la chambre basse. Une fois acceptée, la nouvelle législation donnera à l’ASADA  la possibilité d’obtenir les appels téléphoniques, les messages écrits, les documents et les prescriptions médicales des athlètes suspectés de se doper. Elle pourra donner des amendes allant jusqu’à 3.600€ à ceux qui ne répondront pas à ses requêtes. Elle pourra aussi interroger les suspects. La ministre des sports Kate Lundy, qui est à l’origine de la loi, et le président du Comité olympique John Coates, qui militait depuis une dizaine d’années en faveur de la législation se sont félicités de cette nouvelle. Seulement 0,89% des contrôles aboutissant à un résultat « positif », et Coates estimait qu’en l’absence de pouvoirs d’investigation allant très au-delà de la prise de sang ou de l’analyse d’urine, le Comité olympique ne pouvait lutter efficacement contre le dopage.

AUGUIN [Denis]

Natation. (Nice, 28 avril 1970-). L’entraîneur d’Alain Bernard, champion olympique du 100 mètres à Pékin, en 2008. Son père, Jacques, est professeur d’EPS, sa mère, Françoise, maitre-nageur, son beau-père, Guy Giacomoni, un entraîneur national de natation : autant dire que Denis Auguin ne peut échapper à la natation. Il nage donc, tout naturellement, enfant, et s’intéresse dès ses dix-huit ans à l’enseignement de la natation, mais obtient un bac économique. En natation, il suit la filière classique de l’enseignant, et, diplôme en poche, « ayant fait tous les métiers liés à l’enseignement de la natation », il coache à Nice (1995), Marseille (1999), Antibes (2006). Il découvre, en septembre 1999, Alain Bernard, un cadet efflanqué long de 1,92m, pour 68kg, qui épouse tous les défauts (manque de force, de coordination, contractures, douleurs diverses) d’un adolescent trop vite grandi. Il va le bâtir de A à Z, jusqu’au titre olympique… et au-delà ! il doit partir de Marseille, en 2006, et trouve un poste à Antibes, où son nageur le suit. Si Denis ne soupçonne pas un grand talent chez Alain Bernard, il est attiré par des détails, le goût de comprendre, la curiosité, et une capacité, une fois un savoir acquis, de ne pas le perdre : « il possédait une capacité d’acquérir exceptionnelle, » note-t-il.

Après le départ de Bernard, Denis Augin s’est un peu éloigné de l’entraînement proprement dit. Il est devenu Directeur technique du club d’Antibes.

En 2010, dans un entretien que nous avions sollicité, orienté sur le kilométrage, et donc qui souffre un peu de ce point de vue (Auguin n’est pas un apôtre du kilométrage pour le kilométrage), l’entraîneur d’Antibes nous avait donné quelques clés de son travail avec Alain Bernard. A l’arrivée, l’un des plus grands exploits jamais réalisés par un nageur français puisqu’Alain a battu le record du monde et gagné le titre olmpique du 100 mètres nage libre.

 

L’EAU, MILIEU ETRANGER

« Pourquoi nager 60km chaque semaine pour réussir un 100 mètres ? Pourquoi se préparer quatre heures par jour pour tenir un effort de 45 ou 50 secondes ? Dans le passé, on justifiait ces efforts importants par des nécessités physiologiques. Il fallait bâtir les qualités qui permettent de nager vite et longtemps, de tenir.

« N’en demeurent pas moins les données qui font de la natation un sport à part. L’eau, c’est un élément instable qui ne nous est pas naturel. On nage couché. Le mot « crawl » signifie « ramper ». Pour respirer, on doit orienter sa tête et chercher l’air. L’action des bras et des jambes dans la locomotion n’y est pas naturelle.

« Bien nager nécessite donc des efforts constants et renouvelés d’adaptation. Il faut sans cesse corriger. Les façons de nager ont toujours évolué. Fin des années 1960, on enseignait que la main propulsive devait tirer en faisant un S dans l’eau, que le bras se positionnait en boomerang. Aujourd’hui, on pousse droit, d’avant en arrière, le bras tendu.

ELOGE DE LA QUANTITE

« Alain a nagé 1900 kilomètres en 2007 et 1897km en 2008. Soit 100 et 103 de moins que prévu. Ce n’est pas un record parmi les sprinteurs, certains nagent moins d’autres plus. En saison, il accomplit 40km par semaine (avec des pics de 65-70 km à l’approche des Jeux), contre 48km à Oussama Mellouli, le roi mondial du 1500m libre, plus doué que Michaël Phelps. S’il préparait le 50m, Alain pourrait nager moins. Mais sur 100m, si tu n’as pas assez travaillé, à 25 mètres du mur, il y a quelque chose qui te rattrape.

« Même si les méthodes physiologiques sont abandonnées, la quantité de travail dans l’eau est justifiée par cela : développer les habiletés motrices : il faut répéter, et répéter, pour les acquérir. Le travail physiologique est la conséquence de ces exigences. Les combinaisons ont bafoué ces vérités, mais leur disparition renforce l’exigence du travail : sans les combis, plus vous vous propulsez vite dans l’eau, plus ça freine, et quand la fatigue apparaît, la technique se dégrade.

L’HABILETE PAR LA REPETITION

« On ne fait pas tant d’éducatifs que des exercices où l’on compte le nombre de coups de bras. Nager ainsi à la même vitesse avec moins de mouvements. Chercher ainsi à améliorer le rendement. Des habiletés motrices qui, répétées, améliorent les qualités musculaires et physiologiques.

« Hors de l’eau [où il baignera 19h30 par semaine cette saison], Alain et toute l’équipe effectuent 4h30 en moyenne par semaine de travail au sol (courses d’endurance et de vitesse, musculation ou autres) ; à quoi s’ajoutent 3h d’étirements, de récupération ou de réparation (kinésithérapie, ostéopathie).

QUI EST LE PATRON ?

« Plus jeune, j’étais plus directif. Il faisait ce que je lui disais. Aujourd’hui, il s’exprime beaucoup plus dans l’entraînement qu’avant. Il donne son avis sur la planification… Même si je garde la décision finale. Il intervient au cours de l’entraînement. »

ATWOOD [Susan Jean « Sue »]

Natation. (Long Beach, Californie,
États-Unis, 5 juin 1953). États-Unis. L’une des meilleures spécialistes du monde de dos et de quatre nages, elle fut recordwoman du monde du 200 mètres dos en 2’21’’5 et dix-huit fois championne des USA entre 1969 et 1973, sur 100 et 200 mètres dos comme sur 400 mètres quatre nages, et sur les distances équivalentes en yards (petit bassin). Elle ramena quatre médailles d’argent et une de bronze des Jeux Panaméricains de 1971, l’argent du 200 mètres dos et le bronze du 100 mètres dos des Jeux Olympiques de Munich en 1972, à chaque fois derrière sa compatriote Melissa Belote, et, sur 100 mètres dos, Andrea Gyarmati.
Elle devint entraîneur à l’Université d’état de l’Ohio puis travailla dans les relations publiques de l’équipementier Arena.