ALMSICK [Franziska van]

Natation. (Berlin, 5 avril 1978-). Allemagne. Nageuse allemande la plus douée et de loin la plus célèbre de sa génération, elle fut deux fois championne du monde, dix-huit fois championne d’Europe et n’enleva jamais l’or olympique. Enfant protégée, elle débuta à cinq ans, à la suite de son frère aîné. Précoce médaillée d’argent du 200m des Jeux de Barcelone en 1992 alors qu’elle n’était âgée que de quatorze ans, nageuse mondiale de l’année 1993, elle enlevait le titre mondial, en 1994, à Rome, à l’issue d’une course serrée où elle dut améliorer le record du monde, en 1’56’’64, devant la Chinoise (dopée) Lu Bin, 1’56’’89. Mais Franziska n’avait fait que le 9e temps en séries où elle avait cherché à s’économiser, elle n’avait pratiquement jamais utilisé son puissant battement ; seule la défection de son équipière Dagmar Hase, qui abandonna sa qualification au bénéfice de Franziska, permit à celle-ci d’être réintégrée en finale. On a prétendu que les commanditaires de Franziska avaient payé Dagmar. En 1996, la charge d’héroïne nationale pesant sur ses épaules, Franziska Van Almsick fut battue sur sa meilleure distance : elle fut 2e derrière Claudia Poll, à deux secondes de son record du monde. Après quelques hésitations, elle décida de continuer sa carrière de nageuse, avec des hauts et des bas. Cette longue traversée du désert prit fin en 2002, quant aux championnats d’Europe, chez elle, à Berlin, forme retrouvée, elle remporta le titre, battant le 3 août son propre record mondial vieux de huit ans, en 1’56’’64. Toujours à Berlin, elle participa au relais quatre fois 100m allemand qui battit le record du monde en 3’36’’, nageant son parcours de crawl en 53’’64. Van Almsick a fait l’objet en Allemagne d’un culte particulier qui lui a apporté la gloire et la fortune, à la différence d’autres ondines allemandes, plus médaillées qu’elle pour certaines, comme Hase ou Voelker, mais dont le seul tort était de n’avoir ni son physique (1,80m, 67kg) ou son sourire, ni sa personnalité.

AKATIEV [Alexei]

Natation, eau libre. (7 août 1974-). Russie. Entraîné par Sergei Kustov, il
disputa les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, mais tat spécialisé dans les
longues distances. Il enleva les titres des 5 et des 25 kilomètres aux
championnats du monde de Perth, en 1998, fut champion d’Europe 1995 (5 et 25km),
1996 (5 et 25km) et 1999 (25km, 2e sur 5km). Il ouvrit une école de
natation en eau libre en Russie et servit comme entraîneur national de la
spécialité. En 2000, il entraîna l’équipe russe tout en participant lui-même au
25 kilomètres des Mondiaux d’eau libre, enlevant le bronze, une minute derrière
son élève.

AHMANN-LEIGHTON [Christine « Crissy »]

Natation. (Yankton, South Dakota, 20 mai 1970-). États-Unis. Quoique native de l’Iowa, où elle grandit à des kilomètres de toute piscine, et au fait qu’elle ne nage pas quotidiennement jusqu’à sa première année d’études supérieures (sophomore), Crissy va obtenir la 2e place du 100 mètres papillon des Jeux de Barcelone en 1992 où elle remporte deux médailles d’or olympiques avec les relais quatre fois 100 mètres (où elle nage en préliminaires) et quatre fois 100 mètres quatre nages américains. La gagnante du 100 mètres papillon, la Chinoise Hon Qian, fait partie d’une équipe suspectée d’utiliser des méthodes répréhensibles, importées par leurs entraîneurs de RDA, Lothar Matthes et Klaus Rudolph, et qui sera stigmatisée par des contrôles positifs en séries, et on peut dire qu’Ahmann-Leighton a été volée de l’or. La favorite de l’épreuve, elle se qualifie proprement, mais sans nager trop vite. Elle lance ensuite la course et mène au virage (27’’50) d’une demi-longueur sur ses poursuivantes. Elle maintient son avantage jusqu’à ce que Qian revienne et la batte de 12/100e. Etudiante à l’université d’Arizona, à Tucson, elle enlève en 1991 et 1992 les titres universitaires (NCAA) des 100 yards papillon. Après les Jeux, elle fonde une famille, puis tente un retour aux Jeux de 1996, perd près de vingt kilos, mais manque la qualification olympique de 0’’40. Devenue en se remariant Crissy Perham, elle devient entraîneur (au Curl-Burke swim club et au Navy, puis à St Agnes, en Virginie).

ABRARD [David]

Natation. (Sainte Adresse, 27 novembre 1976-). France. Entraîné à Melun Dammarie par Philippe Lucas, au Havre par Christos Paparodopoulos) et à Canet par Jacky Pellerin, il a été vice-champion d’Europe junior du 200 mètres papillon, puis champion de France des 100 et 200 mètres papillon en 1993. Bon nageur de crawl également, c’est un garçon musculeux dont on prétend alors qu’il ne peut se permettre, pour cela, plusieurs pointes de forme par an. Il a été régulièrement barré au plus haut niveau par Franck Esposito, qui le devance aux championnats de France 1996, 97 et 98. Son seul podium international a été obtenu aux championnats d’Europe 1996, à Rostock, sur 200 mètres papillon, 3e ex-æquo avec le Suisse Adrian Andermatt, en 1’59’’23, derrière les Allemands Chris-Carol Bremer, 1’57’’04 et Andras Rupprath, 1’57’’30. Il a été 5e du 200 mètres papillon des mondiaux 1995 en petit bassin.

ABOUHEIF [Abdellatif]

Natation. (Alexandrie, 1929-). Égypte. Grand nageur de marathons nautiques, trois fois champion du monde, il était le huitième des quatorze enfants d’un membre du Parlement. Après des études supérieures en Grande-Bretagne (Eton, puis Académie militaire de Sandhurst), il fit carrière (colonel) en Égypte. Il se mit à nager après avoir vu un film où Johnny Weissmuller incarnait le personnage de Tarzan. Entre 1953 et 1972, il a terminé 68 courses internationales de longues distances (entre 30 et 80 kilomètres) et remporté le titre de champion du monde professionnel en 1964, 1965 et 1968. D’un courage et d’une ténacité légendaires, il n’avait jamais abandonné une course, jusqu’à ce que ses suiveurs, estimant qu’il mettait sa vie en danger, parviennent à le tromper, lui disant qu’il avait franchi la ligne d’arrivée, pour le sortir de l’eau du lac Ontario à 11°, en 1964, où il avançait depuis dix-neuf heures. Tous les autres concurrents avaient abandonné. Parmi les grandes classiques du fond, il a remporté la traversée de Paris en 1953 et en 1956, Saint-Nazaire-La Baule en 1954 et en 1955, la traversée de la Manche (son premier grand succès) en 1955, la descente du Nil (sur 77km) en 1956, le marathon de Saïda, au Liban, en 1957 et en 1961, Capri – Naples en 1963 et 1964, le lac Michigan (114km en 34h45’) en 1963, le lac Saint-Jean en 1965, la descente du Parana, en Argentine, en 1965. Il remporta encore en 1969, à 42 ans, à Chicoutimi, une course de 37km et se classa 3e des 42km de Guaymas, au Mexique, en 1971. Son épouse, Manar Abouheif, chanteuse d’opéra (soprano) entre 1956 et 1975, a été élue Femme de l’Année 1997 par l’American Biographical Institute, et son fils, Nasser, a été champion d’Égypte de cross auto en 1994 et en 1995.

ABERTONDO [Antonio « Tone »]

Natation. (Beccar, 1er août
1918-6 juillet 1978). Argentine. Inépuisable nageur de grand fond, cet enseignant
de natation au physique particulier (1,62m, jusqu’à 103kg au départ de ses
raids gigantesques en eaux froides), dans le civil employé de brasserie,
réussit la première double traversée (aller retour) de la Manche, en 43h10’, soit
160km en eau froide, le 21 septembre 1961, à quarante-trois ans sonnés. La
Manche, il l’avait déjà traversée à trois reprises, en 1950, 1951 et 1954, et
la double traversée était un rêve vieux de onze ans, qu’il prépare avec soin
(passant son temps à nager dans le rio, et s’interdisant de fumer et de boire).
Il nagea aussi sur 320 km en 80h dans le Rio Parana, reliant Rosario à Buenos
Aires en mars 1957, Capri-Naples et retour en 1964.

ABDO [Reema].

Natation. (Aden, Sud Yémen, 19 mai
1963-). Canada. Nageuse de dos, médaillée de bronze olympique du relais 4 nages
à Los Angeles en 1984 avec Ann Ottenbrite, Michelle McPherson et Pamela Rai.
Elle fut championne du Canada à sept reprises, a nagé pour le club de la Police
Provinciale d’Ontario et l’Université d’Etat d’Arizona. Devenue triathlète et
coureuse à pied de longues distances, elle a entraîné les jeunes et réside à
Caleon, Ontario.

MISSY FRANKLIN CONTROLE

26 juin 2013

 

On attendait Missy Franklin, et on a eu Missy Franklin, hier, dès la première journée des championnats des Etats-Unis qualificatifs pour les championnats du monde de Barcelone. Missy a marqué ses progrès en nage libre, et, autant par sa performance que par sa maîtrise de la course d’hier, à Indianapolis, doit désormais être considérée comme une redoutable concurrente pour le titre mondial du 100 mètres libre à Barcelone. Franklin toucha en cinquième position le mur du virage (26’’02), puis jaillit du groupe encore compact des nageuses à vingt-cinq mères du but pour l’emporter dans une débauche de puissance maîtrisée, assez largement, devant Shannon Vreeland, la toute jeune Simone Manuel, 16 ans, et Megan Romano, ces quatre jeunes filles, séparées par sept centièmes, améliorant dans la course leurs records personnels. « Mon entraîneur (Todd Schmitz) m’a dit de jeter un coup d’œil à la sortie du virage et juste de baisser la tête et de foncer dans l’eau, c’est ce que jai fait », a expliqué Missy. Des quatre courses qui constituent son registre, c’est sur 100 mètres nage libre qu’elle est la plus « faible », ce qui nous laisse songeur pour la suite des événements.

Natalie Coughlin, elle, fut la plus rapide au virage 25’’70, peut-être en raison de son intérêt renouvelé pour le sprint, mais finit 5e en 54’’04. Après avoir été évincée des Jeux de Londres, la star américaine des années 2000 à 2008 n’a pas son ticket pour Barcelone, qui pourrait lui être attribué au titre de remplaçante du relais. Mais elle a encore trois courses à son programme.

C’est quoi un bon 100m? C’est un compromis entre un premier 50m pas trop rapide et un deuxième 50m maîtrisé. Nathan Adrian n’est pas parti le plus vite dans sa finale d’Indianapolis, il a laissé ce soin au super sprinter Anthony Ervin, toujours là à 32 ans, 22’’38 à la touche au mur du virage, il n’est pas revenu le plus vite, c’est Jimmy Feigen qui a réussi cela, en 25’’12, mais à l’addition, le champion olympique de Londres, en 22’’73 plus 25’’37, hérite du meilleur temps. Derrière ces trois là, Ryan Lochte, 4e, empoche sa première qualification pour Barcelone par le biais du relais.

Katie Ledecky prit le 800 mètres à bras le corps, d’entrée, s’assurant une confortable longueur d’avance dès les 100 mètres ; puis la championne olympique de Barcelone conserva ce pécule jusqu’au bout, devant Chloë Sutton, la championne 2009 de l’épreuve et première Américaine qualifiée en eau libre et en piscine de l’histoire, qui n’était jamais loin et améliora son record personnel. La jeune Becca Mann, 15 ans, déjà qualifiée en eau libre, délaissa le 800m au bénéfice du 200m papillon, mais ne put y faire mieux que cinquième. Cammile Adams, cinquième du 200m papillon aux Jeux olympiques de Londres, prit ici la course en charge à partir des cent mètres et mena jusqu’au bout, l’emportant de façon convaincante avec une marge de près d’une longueur de corps. Côté messieurs, Tom Luchsinger enleva son premier titre national aux dépens du champion olympique de Londres Tyler Clary dans un temps relativement modeste.

DAMES.-

100m: 1. Missy Franklin, 53’’43; 2. Shannon Vreeland, 53’’83; 3. Simone Manuel, 53’’86; 4. Megan Romano, 53’’90 ; 5. Natalie Coughlin, 54’’04 ; 6. Elizabeth Pelton, 54’’65 ; 7. Margo Geer, 54’’81 ; 8. Jessica Herdy, 54’’88.

800m: 1. Katie Ledecky, 8’22’’41; 2. Chloe Sutton, 8’23’’24; 3. Gillian Ryan, 8’28’’99; 4. Haley Anderson, 8’29’’82; 5. Alicia Mathieu, 8’32’’80; 6. Daniell Valley, 8’33’’94; 7. Emil Brunemann, 8’35’’83; 8. Leah Smith, 8’36’’04.

200 mètres papillon: 1. Cammile Adams, 2’8’’10; 2. Maya Dirado, 2’9’’12; 3. Kat McLaughlin, 2’10’’41; 4. Becca Mann, 2’10’’46; 5. Catl Leverenz, 2’11’’16; 6. Jasmine Tosky, 2’11’’29; 7. Megan Kingsley, 2’11’’45.

Finale B: 1. Madison Wright, 2’11’’18.

200 mètres papillon: 1. Tom Luchsinger, 1’55’’57; 2. Tyler Clary, 1’56’’58; 3. Tom Shields, 1’57’’39; 4. Bobby Bollier, 1’57’’40; 5. Andre Seliskar, 1’57’’48; 6. Dan Madwed, 1’57’’68; 7. Kyle Whitaker, 1’58’’52; 8. Chase Kalisz, 1’58’’60.

LE SOUS-MARIN SUZUKI PRESIDENT AU JAPON

25 juin 2013

Par Eric LAHMY

     Ce 23 juin, Daichi Suzuki a été élu président de la Fédération japonaise de natation. Grand champion, vainqueur du 100 mètres dos des Jeux de Séoul, en 1988, chercheur, scientifique et ardent défenseur de la lutte anti-dopage, Suzuki utilisa une technique de nage sous-marine. Son histoire mérite d’être contée.

Né à Narashino, province de Chiba, le 10 mars 1967, Suzuki a été champion olympique du 100m dos en 1988. Il imposa alors un style fort controversé de nage sous-marine en dos que lui avait inspiré un autre grand champion, Jesse Vassallo – mais qui avait été originellement été employé, en dos et en papillon, par le Britannique Gary Abraham, sans doute son vrai inventeur, double finaliste olympique à Moscou ; cette technique, Suzuki l’emploie dès 1981, sept années durant, avant la finale du 100m dos des Jeux de Séoul. En 1984, il l’utilise ainsi aux Jeux de Los Angeles, est le plus rapide sur vingt-cinq mètres mais termine 25e des séries, et passe inaperçu. En 1986, Suzuki entre dans les dix premiers nageurs de 100 mètres dos en nageant les premiers vingt cinq mètres et vingt mètres après le virage sous l’eau. Du coup, il attire l’attention sur sa technique. L’année suivante, il mène pendant l’essentiel de la course, aux PanPacifics, avant d’être asphyxié, vaincu par la dette d’oxygène, et de finir 3e de la course. En 1988, reprenant la technique sous-marine inventée, donc, par Abraham, reprise par Vassallo et amplifiée par Suzuki, l’Américain David Berkoff améliore le record du monde à trois reprises, deux fois aux sélections américaines et une fois en séries des Jeux olympiques. Les Américains, qui ignorent l’historique de ces ondulations, mais ont manifestement tout inventé, les ont baptisées « style Berkoff ».

En finale de Séoul, Berkoff a beau être le super favori, c’est Suzuki qui l’emporte, en poussant l’ondulation sous-marine à trente-cinq mètres au lieu de vingt-cinq mètres. Après les Jeux, le dos sous-marin est interdit au-delà de dix mètres, puis ultérieurement de quinze mètres après chaque départ et chaque virage. Devenu médecin, Suzuki devient chercheur à l’Université de Boulder et entraîneur à Harvard avant de venir diriger l’entraînement à l’Université de Juntendo.

Toujours très impliqué dans le sport, attaché à la lutte contre le dopage, il a publié plusieurs ouvrages sur la natation, la science sportive et la santé. Entré au bureau de la Fédération en 2009, devenu Directeur exécutif en 2011, il devra s’attacher à combler un trou de 1,3 millions d’Euros dans le budget fédéral. Suzuki est aussi membre du Comité pour la candidature de Tokyo aux Jeux olympiques de 2020, Le voici donc maintenant pour deux ans Président de la Fédération Japonaise de Natation.

GRANDE-BRETAGNE : RECTIFIER LE TIR

25 juin 2013

 

Méfiez-vous des humiliés. C’est l’idée qui nous vient à l’esprit à la veille des championnats de Grande-Bretagne, qui se tiennent à partir de demain à Ponds Forge, dans la bonne ville de Sheffield. De quelle humiliation s’agit-il ? De celle qu’ont vécu les Britanniques aux Jeux olympiques de Londres, l’an dernier. Ils en attendaient des merveilles et leurs champions sont restés sur leurs plots de départs. Point de vue places en finales, ce ne fut pas mal, voire très bien, avec 10 finales masculines et 14 féminines, mais pour ce qui est des médailles, ils en ont compté trois (un argent par Michael Jamieson au 200m brasse messieurs et deux bronzes par Rebecca Adlington sur 400 et 800 mètres), beaucoup moins qu’espéré. La natation vécut d’autant plus mal la mésaventure que les autres sports firent merveille.

Les Britanniques, comme les Australiens, vont tenter de rectifier le tir. Les deux natations ont tenté de faire le ménage dans l’encadrement des équipes, et l’on va voir ce qu’il va en sortir. Leurs leaders sont Jamieson sur 200m brasse, Carlin Jazmin, sur 800m, Georgia Davis en dos, Francesca Halsall et Ellen Gandy en papillon, Hannah Miley, n°1 de l’année sur 400m quatre nages,Soban Mary O’Connor  et Aimée Willmot en quatre nages.