L’ESPAGNE SE DOPE A L’ANTIDOPAGE

En instituant enfin une loi anti-dopage, l’Espagne vient opportunément de doper les candidatures olympique de Madrid (été 2020) et Barcelone (hiver 2022) qui souffraient d’un petit coup de fatigue.

Par Eric LAHMY

15 juin 2013

L’Espagne, apparue ces dernières années comme très en retard en ce qui concerne la lutte contre le dopage – au point que des entraîneurs, des dirigeants et autres officiels pouvaient lancer des déclarations favorables à sa pratique – est peut-être en train de changer de cap.

Une loi anti-dopage, dite « pour la protection des athlètes », vient d’être votée par le Parlement, à Madrid, alignée sur les recommandations de la WADA (agence mondiale de l’anti-dopage). Alejandro Blanco, le responsable de la candidature madrilène à l’organisation des Jeux olympiques de 2020, qui se trouvait à Lausanne, au siège du Comité International Olympique, a déclaré que cette loi balayait les doutes sur la crédibilité de la candidature madrilène. Quelques voix s’étaient élevées en effet contre l’idée d’une organisation des Jeux Olympiques en Espagne, en raison de la culture du dopage qui y sévit, et qui faisait parfois de ce pays un refuge pour les partisans de pratiques dangereuses.

Même la condamnation à un an du docteur Eufemiano Fuentes, tête pensante d’un mouvement « Opération Puerto » qui organisait le dopage sportif sur une large échelle, s’est faite dans des conditions très insatisfaisantes. En effet, la Cour qui a condamné Fuentes à un an ferme a ordonné que 211 sacs sanguins soient détruits sans analyse, au grand dam de la WADA, et au scandale de nombreux sportifs en pointe contre les pratiques de dopages, comme la coureuse à pied britannique Paula Radcliffe. Cette destruction, quoique explicable pour des raisons juridiques, signifiait que les identités de sportifs – cyclistes, athlètes, footballeurs, nageurs – resteraient ignorées.

Dans ce cas, même si l’existence de cette loi, la disparition de l’actuelle Agence anti-dopage au profit d’une nouvelle Agence, indépendante du sport et dotée de pouvoirs importants en termes d’investigations et de sanctions, renforcent la position des candidatures de Madrid aux Jeux d’été 2020 et de Barcelone aux Jeux d’hiver 2022, il est sans foute trop tôt pour crier, comme le personnel politique espagnol ne s’en prive pas que « la question du dopage n’est plus d’actualité en Espagne. » Au fond, tout cela sent l’opportunisme à plein nez. Il ne reste plus aux Espagnols qu’à nous démontrer que nous nous trompons.

SCOZZOLI SE PLACE

14 juin 2013

L’Italien Fabio Scozzoli a réussi 27’’31 en finale du 50m brasse, record de l’épreuve, au meeting des Sept Collines. L’élève du Centro Sportivo Esercito (armée italienne), qui a été six fois champion d’Europe, trois fois en grand, trois fois en petit bassin, sur 50m et 100m brasse et dans les relais quatre nages, et le premier Italien sous la minute sur 100m brasse, se place désormais en 3e position sur la distance du sprint, dans le monde cette saison derrière Christian Sprenger, Australie, 26’’90, et Joao Gomes, Brésil, 27’’20. Il est également 2e, sur 100m brasse, derrière Sprenger, en 59’’77 contre 59’’05 à l’Australien.

RANOMI DEFEND SON ROYAUME

14 juin 2013

Camille Muffat, manque de vitesse, défaut d’affûtage ou autre raison, n’a pas fait honneur à sa position flatteuse dans les bilans de l’année sur 100m. Les 54’’49 réalisés à Rome, en finale de la course du meeting des « Sept Collines », sont, à deux malheureux centièmes près, éloignés d’une seconde des 53’’51 qu’elle avait accrochés à Rennes. Tenant tête encore à Ranomi Kromowidjojo lors de la touche du mur du virage, 26’’53 contre 26’’50, toutes deux derrière l’autre Hollandaise, Femke Heemskerk, 26’’38, et la Suédoise Michelle Coleman, 26’’47, elle eut beau s’employer avec énergie dans le retour, échouant à un centième, une misère, d’Heemskerk, 54’’48, elle ne put que constater les dégâts quand la championne olympique lança sa puissante attaque et finit détachée en 53’’89. Dans le seconde longueur, Ranomi ravala la concurrence aux rangs de comparses ! Coleman finissait à une main du couple Heemskerk-Muffat, en 54’’58. Marco Belotti, d’Aniene, nettement détaché à mi-course, gagnait, lui, le 200m messieurs d’une longueur.

VERRASZTO UN, VERRASZTO DEUX

14 juin 2013

David Verraszto a continué le festival de l’excellence magyare, lors de la deuxième journée du cinquantième Trophée des Sept Collines, à Rome, en enlevant le 400m quatre nages avec un temps de 4’12’’32, septième de cette année au monde, à l’issue d’un parcours sans histoire. David, le fils de Zoltan Verraszto, qui fut lui-même en son temps un roi des quatre nages, et un prince du 200m dos, champion du monde, d’Europe, double médaillé olympique, David, donc, fit l’essentiel de la différence dans son parcours de brasse en 1’10’’01, à l’issue duquel il avait emmagasiné deux longueurs et demie d’avance sur Federico Turrini, le moins attardé de ses adversaires. Il n’y avait plus de course. Evelyn Verraszto, sa sœur, que Fabrice Pellerin entraîne à Nce et qu’on a pu voir récemment aux championnats de France de Rennes, aurait sans doute aimé rejoindre la plus haute marche qu’avait hanté cinq minutes plus tôt son aîné d’un an, mais Szuszanna Jakabos, sans même approcher sa meilleure performance de l’année, lui dama le pion : 4’38’’82 contre 4’40’’12.

LACOURT SE REVEILLE AU VIRAGE

14 juin 2013

Parcours sur 100m dos peinards, presque lénifiants, dans la seconde après-midi de finales du Trophée des Sept Collines, à Rome, où Camille Lacourt s’est contenté d’un temps honorable à défaut d’être stratosphérique. Le Marseillais s’est cependant essayé dans un exercice fort intéressant d’égalité d’allure, voire de train inversé, passant en seulement 27’’ au virage, en cinquième position, derrière Bastiaan Lijesen, Pays-Bas, 26’’30, les locaux des Fiamme Oro Roma Mirco Di Tora, 26’’35 et Stefano Pizzamiglio, 26’’80, entre lesquels croisait leur compatriote des Canottieri Aniene Matteo Milli, 26’’74. Après le virage, l n’y eut plus personne, que Lacourt, Lacourt, Lacourt. A l’arrivée, 54’’08, devant Lijesen et Di Tora, seuls autres sous les 55’’ avec 54’’64 et 54’’79. Ce genre d’exercice de quasi « negative split » nous rappelle, en moins prononcé, les petits jeux auxquels se prêtaient Yannick Agnel et Camille Muffat au meeting EDF de Paris, un mois avant l’aventure olympique de Londres. Lacourt et son entraîneur Romain Barnier ont –ils une idée derrière la tête ?

Côté filles, Cloé Crédeville, 1’1’’91, est restée collée à sa place des séries, derrière deux Italiennes, Ariana Barbieri, 1’1’’42, et Elena Gemo, 1’1’’54.

DES HONGROISES QUI PAPILLONNENT

14 juin 2013

Sur 200m papillon, premières courses de la seconde journée de finales du Trophée des Sept Collines, à Rome, les meilleurs résultats se situent côté féminin : Szuszanna Jakabos, Hongrie, frôle en 2’8’’19 les 2’7’’38 qui en font la 5e performeuse de la saison, tandis que sa compatriote Liliana Szilagyi, en 2’8’’48, établit la 8e performance mondiale de l’année. Elles devancent la Suédoise Martina Granstroem, 2’10’’19.Chez les hommes, un autre Hongrois, Bence Pulai, enlève un 200m papillon sans grand relief mais très disputé, avec six garçons dans 0’’34 ; Pulai, 1’58’’46, devance deux Italiens, Francesco Papone, 1’58’’60 et Matteo Pelizzari, 1’58’’63, le Brésilien Leonardo De Deus, 1’58’’66, le Français Jordan Coelho, 1’58’’80 et Alexandru Coci, un Roumain, 1’58’’80.

LACOURT EN POLE SUR 100M DOS

14 juin 2013

Les séries, ce matin de la  deuxième journée du Trophée des Sept Collines, à Rome, ont permis à Camille Lacourt de dominer la 5e et dernière série du 100m dos messieurs, passant au mur du virage légèrement derrière le local Stefano Pizzamiglo, 26’’72 contre 26’’57, puis effectuant un « retour » énergique, rejoignant l’arrivée en 54’’85 contre 55’’2 au romain, s’assurant un départ à la ligne 4 cet après-midi en finale. Cloé Crédeville, 1’2’’84, s’est qualifiée avec le 3e temps pour la finale du 100m dos dames dont les séries ont été dominées par Anna Barbieri, 1’1’’61. Jordan Coeho, en 2’1’’07, réussissait de justesse, l’accession à la finale, dans des séries de 200m papillon messieurs où seuls deux nageurs, le Roumain Alexandru Coci, 1’59’’85, et l’Italien Matteo Pelizzari, 1’59’’93, « franchissaient » deux minutes. Isabelle Mabboux, 4’53’’75 au 400m quatre nages dames, accédait elle aussi de justesse à la finale en dernière position d’un peloton emmené par un duo hongrois, Evelyn Verraszto, 4’46’’30, et Suzanna Jakabos, 4’36’’38. Léa Giraudon, qui représentait le Comité de l’Ile-de-France, 2’18’’66, manquait l’accession à la grande finale d’une très large seconde.

Comme
souvent dans les meetings européens de natation, c’était une journée de
Verraszto, puisque David, plus âgé d’un an qu’Evelyn, se qualifiait lui aussi
en pole sur 400m quatre nages messieurs, en 4’17’’25.

MANAUDOU DEVANT BOUSQUET

13 juin 2013

La réputation du sprint français a été bien défendue hier, à Rome, lors de la première journée du meeting des Sept Collines. Florent Manaudou a amélioré le record du meeting du 50m, en 21’’80, devant son « beau-frère » Frédéric Bousquet, 21’’94, tandis que Ranomi Kromowidjojo conduisait une rafle néerlandaise sur le sprint féminin, en 24’’1, devant Inge Dekker, 25’’12 et Femke Heemskerk, 25’’29. Enfin, Lotte Friis, la Danoise de Nice, signait un bon 16’5’’62 au 1500m.

Camille Lacourt n’a pas trouvé de rival dans la finale du 50m dos, qu’il a remporté dans un temps de 24’’68, nouveau record du meeting. Côté féminin, Cloé Credeville, 28’’97, a été nettement dominée sur la même distance par deux sprinteuses italiennes, Arianna Barbieri, 28’’44, et Elena Gremo, 28’’68. C’est aussi à la 3e place qu’a échoué Damien Joly, dont les 3’52’’06 n’ont guère pesé en face de Samuel Pizzetti, 3’49’’14 et le jeune Andrea Mitchell d’Arigo, 3’49’’94. Les Français semblaient abonnés aux médailles de bronze, Giacomo Perez D’Ortona, 1’0’’61 finissant derrière Fabio Scozzoli, 59’’95, et Andrea Toniato, 1’0’’52. Mehdi Metella et Jordan Coelho, pour leur part, se sont partagés la 4e place, ex-aequo, du 100m papillon, en 54’’23, gagné par Vitaly Melnikov, 53’’82 devant Evgueny Lazuka, 54’’08.

MUFFAT COPIE ET COLLE

 

13 juin 2013

Par Eric LAHMY

A cinq jours de distance, entre le meeting de Monte-Carlo et celui des Sept Collines de Rome, Camille Muffat a réalisé deux 400m qui font furieusement penser à un copié-collé. La Niçoise a nagé pratiquement de la même façon pour finir dans des temps très voisins. En fait, à Rome, aujourd’hui, Camille, plus que jamais la meilleure exposante de nage libre de l’année au monde, a nagé deux dixièmes plus vite qu’à Monte-Carlo, en 4’2’’64 contre 4’2’’84.

Ses temps de passage sont d’une similitude qui frise l’hallucination. A Monte-Carlo, ils étaient les suivants :27’’70, 58’’15, 1’28’’91, 2’0’’03,  2’31’’15, 3’2’’33, 3’33’’05, 4’2’’84. A Rome, Muffat est passée en 27’’84, 58’’17, 1’29’’05, 2’0’’21, 2’31’’13, 3’2’’43, 3’33’’24, 4’2’’64. La seule différence un tant soit peu notable est que Camille a terminé sa dernière longueur de bassin en quatre dixièmes de seconde plus vite à Rome qu’à Monte-Carlo. Pour finir, elle grappille sur son meilleur temps mondial de la saison, arraché à l’Australienne Bronte Barratt.

Il n’y a pas eu de bataille pour les places du podium. Camille a devancé en effet de deux longueurs Coralie Balmy, 4’5’’73, elle-même confortablement devant Federica Pellegrini, qui, après les 200m, se voyant nettement dominée, nagea en décontraction la longueur de bassin suivante, se laissant remonter pour jouer la tactique face à Lotte Friis, qu’elle parvint en effet à lui grller une seconde au sprint. La Danoise, royale sur 1500m, manque de vitesse, et dut s’incliner en 4’8 »13 contre 4’7’’73 à l’Italienne.

Cette course internationale fut aussi extrêmement française, puisqu’outre le doublé Muffat-Balmy, on pouvait noter que leurs deux suivantes s’entraînent l’une, Friis, à Nice avec Fabrice Pellerin (et Camille Muffat), l’autre, Pellegrini, depuis la mi-février à Narbonne, avec Philippe Lucas.

 

MISSY FRANKLIN « RAiSON D’AIMER L’AMERIQUE »

13 juin 2013

L’héroïne des courses de natation des Jeux olympiques de Londres, Missy Franklin pourrait-elle être « une des 50 raisons d’aimer l’Amérique » ? C’est du moins ce qu’on a pensé à la rédaction du Reader’s Digest (plus de 5 millions de lecteurs dans le monde), non pas seulement en raison de ses exploits nautiques, couronnés par quatre médailles d’or olympiques), mais pour la gentillesse naturelle avec laquelle elle fait toujours face aux exigences de la « gloire », comme aux demandes des télévisions, des photographes et de la gent journalistique.  Son message en direction des nageurs, les encourageant à ne pas abandonner leurs études, malgré les importantes charges de travail requises par la natation, semble avoir été également apprécié. D’alleurs, c’est la lgne de conduite qu’ adopté Franklin. Dans le monde de l’argent roi, Franklin a refusé, immédiatement après sa victoire olympique plus de 100.000 dollars de gains et près de dix fois plus en contrats commerciaux, afin de pouvoir conserver son statut d’amateur, indispensable pour pouvoir étudier et nager dans les championnats universitaires.

Pour une bonne partie, cette ligne de conduite digne d’éloge doit être imputé à ses parents. Au rebours d’autres géniteurs de champions, ils ne l’ont pas poussée à courir vers l’argent facile, et l’ont encouragée sur la voie des études.

Mais Missy Franklin, née en 1995, s’est toujours comportée d’une façon remarquable, avec dignité, sans affectation, et a refusé les voies de la facilité. Elle n’a pas cédé aux sirènes des grandes écuries de Floride et de Californie, et est restée attachée à l’entraîneur de ses débuts, à l’âge de cinq ans, Todd Schmitz, qui officiait dans un club de natation du Colorado et qui, surtout grâce aux résultats de celle dont il a fait la meilleure nageuse du monde, est entré dans l’équipe olympique US.