TINA MATE TANIA

22 juin 2013

 

Duel de générations à Rostock au tremplin de 3m des Européens 2013, entre la « gamine » allemande Tina Punzel et la vénérable Italienne Tania Cagnotto : et la jeunesse a eu raison de l’expérience.

Tina Punzel, une jeunesse de 17 ans, de Dresde, où elle est coachée par Frank Taubert, est venue à bout de Tania Cagnotto, la quasi- légendaire italienne, que la trentaine, atteinte le 15 mai dernier, n’a pas rendue moins ambitieuse, au tremplin de 3 mètres des championnats d’Europe de Rostock. Les deux plongeuses se trouvaient dans un virtuel dead-heat avant l’ultime plongeon, séparées certes de treize ans, mais en l’occurrence de seulement 35 centièmes de point. Punzel menait d’une courte poitrine, si l’on ose dire en évoquant deux si jolies personnes. Mais Cagnotto qui avait mal assuré son avant-dernier, un triple saut périlleux et demi avant carpé, se montrait à peine plus convaincante dans un double saut périlleux arrière. Punzel, sans rien faire de miraculeux à ce moment là, empochait l’or.

Plongeon.- Tremplin de 3m dames.- 1. Tina PUNZEL (Allemagne), 336,70pts ; 2. Tania CAGNOTTO (Italie),  331,86pts ; 3. Nadezhda BAZHINA (Russie), 326,10pts ; 4. Maria Elisabetta MARCONI (Italie), 314,50pts ;

5. Anna PYSMENKA (Ukraine), 301,95pts

LES PROBLEMES DE RICHES DU 4X100M

22 juin 2013

 

Par Eric LAHMY

Abondance de biens au départ du relais quatre fois 100m, dont on ne saurait oublier qu’il est champon olympque à Londres!

Le petit monde de la natation bruisse au sujet de ce qui ressemble bien à un os dans le potage. Cela concerne le relais quatre fois 100m français des mondiaux de Barcelone, du 19 juillet au 4 août. Le dilemme représente ce qu’on pourrait appeler un souci de riches. Florent Manaudou, 48’’41 à Rome, et Jérémy Stravius, 48’’53  à Canet-en-Roussillon sont devenus respectivement n°1 et 2 dans le bilan français du 100m pour 2013.

Un renfort bienvenu mais à priori… Trop tard, selon les critères de sélection établis par la Fédération française de natation, Les deux leaders de notre 100m ne répondent pas aux règles de sélection au relais quatre fois 100m. Pourquoi ? Parce que les règles de sélection établissent noir sur blanc qu’il n’est qu’une seule compétition de sélection : « les championnats de France élite, du 9 au 14 avril 2013, » à Rennes.

Or ni Manaudou, très occupés à se présenter sur les 50m libre, dos et papillon, ni Stravius, qui jouait les Phelps à la Française, n’avaient essayé leur chance dans le 100m, et la finale de Rennes a été gagnée par Meynard, 48’’53, devant Agnel, 48’’62, Gilot, 48’’74, et Leveaux, 49’’18. Pour se qualifier en relais, l’addition des temps des quatre premiers des championnats de France doit donner un temps inférieur à 3’15’’72. De ce côté, pas de problème, leur total est de 3’15’’03, et encore sans tenir compte des trois prises de relais, qu’on considère représenter 2’’1 (trois fois 0’’7).

Le cas Agnel (présentant un problème à lui tout seul, il demande à entrer en relais sans se présenter en épreuve individuelle) mis à part, la question est désormais de savoir qui de Manaudou et Stravius d’un côté, Gilot et Leveaux de l’autre, doit entrer dans le relais en finale. Les deux premiers sont les plus performants, les autres sont qualifiés. Doit-on privilégier l’efficience ou suivre à la lettre la règle de sélection ? Problème de morale et de crédibilité…

Les réponses possibles sont multiples, mais, sont-elles toutes bonnes ? Les 49’’18 de Leveaux n’atteignent pas le niveau des standards A de la FINA (48’’93). Mais doit-il  être mis sur la sellette pour cela ? Peut-on écarter Agnel en raison des doutes sur sa préparation physique ? Une possibilité aurait été de tester Meynard et Gilot dans l’épreuve individuelle, mais le 100m se déroule le 1er août, après le relais. On peut aussi user des séries du relais (le 28 juillet, la finale aussi) pour opérer la sélection en finale. Meynard ou Gilot lançant la course, les deux autres places de finalistes seraient attribuées aux ‘’mieux disant’’ entre Manaudou, Stravius et Leveaux (ou Manaudou, Stravius et Agnel, si l’on se refuse d’écarter le héros des Jeux de Londres).

Maintenant, il reste une possibilité, pour le DTN, celle de faire jouer ce point de règlement qui clôture les critères de sélection des relais : « Le DTN se réserve la possibilité de compléter la sélection au regard de performances correspondant au standard A de la FINA. »

Un astucieux petit paragraphe. Depuis Alexandre le Grand, on appelle ça : trancher le nœud Gordien !

TANIA INSATIABLE

22 juin 2013

Européens de plongeon à Rostock

Tania Cagnotto, gagnante la veille du tremplin à 1 mètre, a remis ça ce matin, au 3 mètres des championnats d’Europe de plongeon qui s’achèveront demain à Rostock (Allemagne). Elle s’est qualifiée en tête aux éliminatoires avec le melleur total., 322,35pts; l’Italienne devance Nadezhda Bazhina, Russie, 318,35pts, Alicia Blagg, Grande-Bretagne, 290,10pts, Hannah Starling, Grande-Bretagne, 288,35pts, Olena Fedorova, Ukraine, 282,30pts, Alena Khamulkina, Biélorussie, 271,70pts, Tina Punzel, Allemagne, 269,70pts, Sophie Somloi, Autriche, 268,65pts, Inge Jansen, Pays-Bas, 264,80pts.

QUATRE FILLES AUX JEUX MED’

22 juin 2013

A Mersin, en Turquie, la première journée des courses de natation a commencé de distribuer, hier, son contingent de médailles. La France a remporté le relais quatre fois 100 mètres féminin. L’équipe italienne avait touché première, mais une troisième prise de relais anticipée de Chiara Masini lui a valu élimination. L’Italie a dominé, avec cinq médailles d’or, trois d’argent et une de bronze, deux doublés dans le 50m dos et le 100m brasse messieurs. Les Italiens mettent en avant une excellente préparation (deux records personnels battus), d’autres y voient de petites transgressions dans un accord tacite avec les deux autres grandes natations méditerranéennes, l’Espagne et la France. Selon cet accord, on ne devait pas emmener aux Jeux Med’ des qualifiés pour les mondiaux de Barcelone, chose que la France et l’Espagne ont respecté, les Italiens peut-être un peu moins? A noter les deux secondes places de Oussama Mellouli, le champion olympique tunisien qui courait deux lièvres à la fois, sur 400m et 200 mètres quatre nages, et a trouvé un Serbe et un Italien sur son chemin.

 

Vendredi 21 juin
DAMES
400 mètres libre.-
1. Martina De Memme (Italie), 4’09″18;
2. Anja Klinar (Slovénie), 4’11″61;
3. Claudia Dasca Romeu (Spa), 4’12″41;
4. Chiara Masini Luccetti (Italie), 4’16″03

50 mètres dos.-
1. Arianna Barbieri (Italie), 28″74;
2. Sanja Jovanovic (Croatie), 28″48;
3. Theodora Drakou (Grèce), 28″66;

100 mètres brasse.-
1. Giulia De Ascentis (Italie), 1’8″57;
2. Jessica Vall Montero (Espagne), 1’8″80;
3. Dilara Buse Gunaydin (Turquie), 1’9″;
4. Michela Guzzetti (Italie), 1’9″09.
200 mètres quatre nages.-
1. Anja Klinar (Slovénie), 2’14″40;
2. Stefania Pirozzi (Italie), 2’16″12;
3. Carlotta Toni (Italie), 2’16″24.
5. Fantine LESAFFRE (France)
4 fois 100 mètres libre.-
1. France, (Anna SANTAMANS, Laurianne HAAG, Mathilde CINI et Béryl GASTALDELLO),3’42″37;
2. Grèce, 3’46″44;
3. Turquie, 3’47″35.
Italie (Laura Letrari, Silvia Di Pietro, Erika Ferraioli, Chiara Masini Luccetti) disqualifiée pour troisième relais irrégulier.

MESSIEURS.-

400 mètres libre.-
1. Velmir Stjepanovic (Serbie), 3’48″33;
2. Oussama Mellouli (Tunisie), 3’48″67;
3. Simon Guérin (France), 3’52″68.

50 mètres dos.-
1. Stefano Mauro Pizzamiglio (Italie), 25″35;
2. Niccolò Bonacchi (Italie), 25″42;
3. Juan Segura Gutierrez (Espagne), 25″66.
100 mètres brasse.-
1. Fabio Scozzoli (Italie), 1’0″86;
2. Andrea Toniato (Italie), 1’1″23;
3. Panagiotis Salimidis (Grèce), 1’1″71.

200 mètres quatre nages.-
1. Federico Turrini (Itale) 1’59″35
2. Oussama Mellouli (Tun) 2’0″09
3. Andreas Vazaios (Gre) 20″74
5. Ganesh PEDURAND (France)

FRANCIS LUYCE : « LE MEILLEUR DE MOI-MÊME »

Francis Luyce apprend un nouveau job :

chef de délégation. Objectif Rio !

22 juin 2013

Eric LAHMY

Le Président de la Fédération Française de Natation, Francis Luyce, a été désigné par le Comité Olympique Français comme chef de la délégation française qui se rendra aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, en 2016. Nous lui avons demandé quels étaient ses sentiments au sujet de cette nomination. Il a répondu à nos questions depuis Mersin, en Turquie, où il officie en tant que… chef de la délégation française aux Jeux méditerranéens.

« Mon premier sentiment, c’est une sorte de fierté, liée à une idée de trajectoire. Ma première participation aux Jeux olympiques, je l’ai faite comme athlète, en 1964, et me voici, des années après, nommé chef de délégation. Entre-temps, j’ai participé aux Jeux de 1968, puis à tous les Jeux d’été depuis 1988. Maintenant, je prends moins cette désignation pour moi que pour la natation française, en raison de ses résultats brillants de ces dernières années. Et puis la natation est ‘’le deuxième sport olympique’’ et il a pu paraître logique à Denis Masseglia, le président du CNOSF, qu’après Bernard Amsalem, président de l’athlétisme, chef de délégation à Londres en 2012, Jacques Rey, gymnastique, à Pékin en 2008, et Michel Vial, judo, à Athènes en 2004, la natation soit mise en avant. Ici, aux Jeux méditerranéens, je fais d’ailleurs mon apprentissage de chef de mission. Car je ne me vois pas, à Londres, jouer un rôle honorifique, défiler, être présent, mettre de l’huile dans les rouages. Je veux y donner le meilleur de moi-même.  Comme je suis membre du CNOSF depuis pas mal d’années, j’ai, par rapport aux autres présidents, une antériorité. Les dernières élections ont amené un tiers de nouveaux présidents à la tête des Fédérations ! Cela change les types de relations, et je dois m’adapter, apprendre la façon de faire et de penser de ces nouveaux dirigeants. Pour cela, je serai très présent aux réunions de la Commission du haut-niveau du CNOSF présidée par Jean-Luc Rougé. »

PAN PACIFICS 2014 A GOLD COAST

22 juin 2013

Gold Coast accueillera les championnats Pan Pacifiques en 2014, après que le conseil municipal de la ville at accepté d’inscrire 41 millions de dollars australiens (31 millions d’Euros) aux dépenses d’aménagement des installations nautiques de la ville, a-t-il été confirmé hier en Australie, selon notre confrère d’Inside The Games, Duncan Mackay. La moitié de ces dépenses seront prises en charge par l’Etat du Queensland. Gold Coast est un ensemble urbain au bord de l’océan situé au sud est de Brisbane, à l’extrême sud du Queensland. Au-delà des Pan Pacifiques, qui seront les premiers à être organisés en Australie depuis 1999, Gold Coast accueillera les Jeux du Commonwealth en 2018. Ces deux organisations confirment le statut, relativement nouveau de Brisbane et du Queensland, qui constituaient encore voici quelques années un « désert » pour la natation australienne, et qui, aujourd’hui, raflent la mise. Les ambitions de Brisbane avaient été démontrées dès 1984, quand la ville, représentée par la « Lord maire » Sallyanne Atkinson, avait défendu un projet d’organisation des Jeux olympiques pour 1992 qui tenait la route, mais n’était pas de talle à l’emporter face à Barcelone, soutenue alors par le président du Comité International Olympique, Mr Samaranch.

Les améliorations du Centre Aquatique de Gold Coast comprennent une nouvelle piscine de dix lignes d’eau, une piscine d’apprentissage, des gradins et une terrasse pour les spectateurs, des vestiaires, des gymnases, des toilettes, des salles de réunions, divers aménagements sportifs ainsi que la rénovation des installations existantes.

LE BONJOUR DE ZAKHAROV

Rostock, 21 juin 2013

Plongeon

Les Russes Ilya Zakharov (élu plongeur de l’année 2012 par la FINA) et Evgueny Kouznetsov ont remporté aujourd’hui la finale du tremplin de 3m synchronisé des championnats d’Europe, à Rostock. La paire russe du CSKA Moscou, vice-championne olympique derrière les Chinois Luo Yutong et Qin Kai, a fait honneur à sa réputation. Les deux hommes, jouant séparément leur chance, hier, avaient fait un et deux hier dans le tremplin de 3 mètres, et démontré un état de forme satisfaisant. Zakharov l’avait emporté, dans la logique qui a fait de lui, à Londres, le champion olympique surprise du tremplin, au grand dam des Chinois Qin Ka et He Chong, et lui avait valu quelques mois plus tard d’être désigné « plongeur de l’année 2012 » par la FINA. A un mois du mondial de Barcelone, « Zakh » a ainsi signifié aux plongeurs de l’Empire du Milieu qu’il était prêt au combat.

Tremplin de 3m masculin, finale.- 1. ILYA ZAKHAROV et EVGUENY KOUZNETSOV, Russie, 460,44pts ; 2. PATRICK HAUSDING, et STEPHAN FECK, Allemagne, 431,58pts; 3. Alexandre Gorshkovozov et Oleg Kolodiy, Ukraine, 422,52pts ; 4. Youheni Karaliou et Andrei Pavluk, Biélorussie, 366,42pts ; 5. Andreas Billi et Govanni Tocci, Italie, 366,06pts ; 6. Stefanos Paparounas et Michail Nektarios Fafalis, Grèce, 337,44pts ; 7. Espen Valheim et Daniel Jensen Norvège,  337,26pts ; 8. Nicolas et Hector Garcia Boissier, Espagne, 334,44pts.

LE ONZE EUROPEEN DE TANIA CAGNOTTO

21 juin 2013

 Plongeon

Onzième titre de championne d’Europe pour l’Italienne Tania Cagnotto, aujourd’hui à Rostock. Mais il y a longtemps que la fille de Giorgio, champion d’Europe 1970, et de Carmen, multi championne d’Italie, s’était fait un prénom.

Nul n’ignore en Italie que Tania Cagnotto est une jolie fille, surtout depuis que sa plastique, admirablement ficelée dans 53kg pour 1,60m, a été estampillée par Play-Boy Italie du mois d’avril dernier. Mais avant de fournir du rêve à 3,58€ (prix de la revue), Tania a été pendant dix ans la meilleure plongeuse d’Italie ! Question d’atavisme, car elle est la fille de deux célèbres plongeurs : son père, Giorgio, écumeur de podiums dans les années 1970, médaillé olympique en 1972, 1976 et 1980, n’a eu qu’un seul tort, celui d’évoluer dans la même génération que Klaus Dibiasi ; la mère de Tania, Carmen, née Casteiner, spécialiste de haut-vol, fut pendant cinq années la meilleure plongeuse italienne, puis juge internationale, et le premier entraîneur de Tania, lui assurant une admirable précocité ; de là à supposer qu’elle a été programmée, il n’y a qu’un pas. Disons que Tania n’a pas trop eu le choix. Aujourd’hui, à vingt-huit ans, elle a formidablement enrichi le patrimoine médailles de la famille ! A Rostock, elle vient de conquérir son onzième titre européen, à quoi s’ajoutent trois médailles mondiales. Au départ plutôt orientée vers le haut-vol, jusqu’en 2008, année où elle  enlève son deuxième titre européen, elle s’est orientée vers les  tremplins, le 1 mètre, où elle est championne d’Europe 2009, 2010 et 2011, vice-championne d’Europe 2012… et, donc, de nouveau championne d’Europe en 2013 ; le 3 mètres, où, après une colossale carrière en juniors (quatre titres européens, de 1999 à 2003, deux titres et un argent mondiaux), elle a moins brillé en seniors (un titre « seulement », en 2009). En tremplin synchro, avec la complicité de Francesca Dallapé, elle a conquis quatre ors  européens entre 2009 et 2012. Un accident à scooter alors qu’elle se rendait à l’entraînement, le 19 mai 2011, (rupture du scaphoïde de la main gauche) n’a guère stoppé sa carrière.  Deux fois quatrième (à un et trois mètres) aux Jeux de Londres 2012), elle n’a guère laissé d’illusions à la concurrence, à Rostock. Nadezdha Bazhina restait cependant dans la course, mais leur quatrième plongeon, un saut périlleux avec vrille et demie de toute beauté, décida en faveur de l’Italienne, qui récoltait 66,30ts tandis que Bazhina ratait son coup (50,70pts). Tania ne relâchait pas son étreinte et un solide périlleux renversé carpé achevait son petit chef d’œuvre de la journée.

Tremplin 1 mètre dames.- 1. TANIA CAGNOTTO, Italie, 301,20pts ; 2. NADEZHDA BAZHINA, Russie, 274,35pts ; 3. Maria Polyakova,Russie,  273,90pts ; 4. Olena Fedorova, Ukraine, 267pts ; 5. Anastasia Nedobiga, Ukraine, 261,80pts ; 6. Maria Elisabetta Marconi, Italie, 261,15pts ; 7. Tina Punzel, Allemagne, 258,95pts ; 8. Rebecca Gallantree, Grande-Bretagne, 248,40pts ; 9. Inge Jansen, Pays-Bas, 231,75pts ; 10. Sophie Somloi, Autriche, 228,20pts ; 11. Alicia Blagg, Grande-Bretagne, 227,30pts ; 12. Maxine Eouzan, France, 214,95pts… en éliminatoires, 14. Fanny Bouvet, France, 214,45pts.

ROSTOCK: CAGNOTTO MENE AU 1 METRE

 

21 juin 2013

Plongeon

Quatrième journée des championnats d’Europe de plongeon, à Rostock, tremplin de 1 mètre. L’Italienne Tania Cagnotto, 276,10pts, émerge en tête des qualifications pour la finale devant la Russe Nadejda Bazhina,  261,30pts, la Britannique Alicia Blagg, 259,60pts,  et la deuxième Italienne Maria Elisabetta Marconi, 253,30pts. Siven Maria Poliakova, 244,40pts, les deux Ukrainiennes Olena Fedorova, 244,20pts et Anastasia Nedobiga, 237,70pts. Pour la France, Maxine Eouzan, 221,95pts, est 12e.

PHELPS, MEILLEUR NAGEUR DE LHISTOIRE ?

15 août 2012

            Nul ne met en cause le statut de nageur du siècle de Michael Phelps. Et pourtant, à regarder de plus près, l’Américain est moins loin devant qu’il n’y parait. Et aux Jeux de Londres, ne valait pas mieux à notre avis que le Chinois Sn Yang! 

 

Par Eric LAHMY

 

Interrogé au sujet de savoir si Michael Phelps était bien le plus grand champion olympique de l’histoire, Sebastian Coe, grand miler devant l’Eternel et organisateurs des Jeux de Londres, n’a pu réprimer un sourire. Ce sujet, a-t-il répondu, mérite « la médaille d’or des conversations de café » ; mais pressé par les medias, il leur a concédé que, « clairement, au nombre de médailles, Phelps a obtenu le plus de succès. »

Mais toutes les médailles olympiques sont-elles égales ? Nul, à part l’intéressée, n’a sérieusement maintenu jusqu’ici que les 18 médailles obtenues par la gymnaste Larissa Latynina, dépassée par Phelps à Londres, en faisaient la plus grande olympionique de l’histoire.

Ceux qui ne croient pas à la comptabilité des médailles, ont beau jeu de souligner le point suivant, présenté par Christopher Clarey dans le New York Times : « Si vous êtes le meilleur au lancer du javelot, vous ne gagnez pas de médailles en lançant le javelot de la main droite, de la main gauche, par-dessous l’épaule, par-dessus l’épaule. Vous avez une chance olympique tous les quatre ans. Le programme de natation, si vous êtes doué et vorace, vous donne de telles opportunités. »

Dans la liste des vainqueurs olympiques qui ont enlevé le plus de médailles, relève encore notre confrère, neuf des tous premiers classés sont des nageurs et des gymnastes. Or qui croira que les trois quarts des plus grands vainqueurs d’Olympie sont issus du gymnase et de la piscine ?

Si l’on ôte les relais, qui sont des épreuves collectives, donc non comptables dans une mesure de la grandeur individuelle, le nombre de ses médailles chute d’un bon tiers, passe de 22 à 13, dont 11 d’or. Phelps est monté sur des podiums en 2004, 2008 et 2012, et ses médailles reflètent une domination qui court sur trois olympiades. Dans la durée, il est battu par les quadruples vainqueurs olympiques : le yachtman Paul Elvstroem (1948-52-56-60), le discobole Al Oerter (1956-60-64-68) et le sauteur en longueur Carl Lewis (1984-88-92-96). Les Britanniques avancent Steven Redgrave, cinq médailles d’or consécutives en aviron. Mais aucune de ses courses n’a été gagnée en skiff, l’épreuve qui désigne le meilleur rameur. Redgrave l’a emporté en deux sans barreur (1988, 92, 96) et en quatre barré (1984 et 2000), autant dire qu’il a gagné trois demi et deux quarts de médailles ! Les maîtres du skiff – l’épreuve individuelle – de son temps ont été le Finlandais Pertti Karpinen, triple vainqueur olympique, et l’Allemand Thomas Lange, double vainqueur), et nous n’hésiterons pas à les placer devant lui.

David Wallechinsky, le grand écrivain de l’olympisme, s’est amusé à désigner son cinq majeur : il comprend trois athlètes, Paavo Nurmi, Emil Zatopek et Carl Lewis, une kayakiste, Birgit Fischer, médaillée sur cinq olympiades, et Phelps. On imagine qu’il aurait ajouté Spitz il y a dix ans, mais Phelps est passé par là… Bien entendu, nous ne sommes pas d’accord avec Wallechinsky, ne serait-ce que pour rester fidèle à l’esprit de la conversation de café, mais passons…

L’opinion, en revanche, ne tergiverse pas, au sujet de Phelps nageur, et lui décerne à l’unanimité le titre de meilleur nageur de « tous les temps. » La comptabilité de ses honneurs est assez écrasante pour décourager toute critique. Rien qu’en 2012, Phelps ramène de la compétition olympique l’or du 100m papillon, du 200m quatre nages, du 4 fois 200m et du 4 fois 100m quatre nages, ainsi que l’argent du 200m papillon et du 4 fois 100m. Ces 4 or et 2 argent ne le cèdent que d’un bronze face au palmarès de l’équipe de France de Londres au grand complet, 4 or, 2 argent, 1 bronze. Mais plus que tout, resteront les images inoubliables du vainqueur du 100m papillon, pour un centième de seconde, devant Cavic, ou de cette razzia de médailles de Pékin : huit titres, huit records du monde.

Les amoureux de la belle nage, du style, retiendront, eux, la perfection, le modèle peaufiné avec la complicité de son coach, Bob Bowman. S’il a été plus ou moins rejoint par les meilleurs, sur le plan de la glisse, à Londres, Phelps continue de représenter l’image parfaitement aboutie du bien nager de notre temps.

Je suis moins impressionné que d’autres par la statistique des médailles. Bien sûr, que pèsent les 5 titres remportés par Johnny Weissmuller, le héros des années 1924 et 1928, le nageur de la première moitié du 20e siècle, en face des 18 médailles d’or de Phelps ? Mais Weissmuller aurait bien été empêché d’enlever huit titres au Jeux de Paris, quand tout le programme olympique de natation comprenait six épreuves. Une seule course sur les huit du programme de Phelps en 2008 existait en 1924 : le relais 4fois 200m.  En sens inverse, le registre du Weissmuller de 1924 et de 1928 lui aurait permis, à Pékin, de se présenter sur quatre courses individuelles de nage libre, du 50m au 400m, et dans les trois relais, mais aussi en dos. Et on se demande quel nageur de papillon ou de quatre nages il aurait pu être !

Il en va de même pour Spitz, dont le programme victorieux à Munich, en 1972, comprenait 100m et 200m en crawl et en papillon et les trois relais. Spitz, qui ne nageait jamais le dos en compétition, s’était amusé à battre Mike Stamm (médaillé d’argent du 100m dos à Munich) sur ce style, à l’entraînement. Il n’aurait eu aucune difficulté à remporter le 200m quatre nages s’il l’avait voulu. Ses sept victoires de Munich amélioraient assez largement le record de Don Schollander, 4 victoires à Tokyo, pour qu’il s’en contente. Nul ne sait ce que Spitz aurait tenté si Schollander avait gagné cinq titres au lieu de quatre : Schollander avait été retiré du relais quatre nages alors qu’il avait gagné le 100m nage libre à Tokyo !

Enfin, ni Spitz, ni Weissmuller ne pouvaient se permettre de nager longtemps, en raison des règles de l’amateurisme. Ils devaient gagner leur vie et pour cela arrêter de nager, l’un à 24, l’autre à 22 ans, alors que Phelps a gagné une fortune en nageant. Weissmuller devint on le sait un Tarzan de l’écran, et Spitz signa de plantureux contrats, cela mit un coup d’arrêt à leurs carrières.

Vous l’avez compris, la désignation du meilleur nageur de tous les temps ne peut être autre chose qu’un jeu. Les émotions, mais aussi les querelles de générations s’y mêlent. En football, les anciens désignent Pelé comme le plus grand. La génération suivante en pince pour Maradona. Les plus jeunes ne jurent que par Messi.

En natation, depuis toujours, les feux ont été focalisés sur les sprinteurs, les noms mêmes de Weissmuller, de Spitz, voire de Phelps surnagent parce qu’ils brillaient dans des épreuves courtes. Ces épreuves donnent lieu à relais, et donc à médailles supplémentaires. A la condition d’appartenir à la natation dominante, ce qui est le cas pour les trois, l’affaire devient bêtement statistique. Quatre sont mieux que trois, sept sont mieux que quatre, huit sont mieux que sept, etc. Une fois ce genre de comptabilité en marche, allez l’arrêter !

La voix du peuple propose aussi que ce soit l’universalité d’une discipline qui désigne les plus grands : « allez dans la rue, dit-il, vous risquez de tomber sur plein de gens qui ont couru un 100m plat dans leur vie, mais bien peu qui se sont essayé à nager un 200m papillon dans une piscine » dit à ce sujet Wallechinsky. Mais il convient de ne point trop abuser de cet argument de bon sens, pas si profond qu’il en a l’air. Ce n’est pas parce que des millions de gens pendouillent aux flancs des montagnes que l’exploit de Sir Edmund Hilary et du Sherpa Tensing, vainqueurs de l’Himalaya, prend une dimension surhumaine !

De tout ce qui précède, il ressort deux ou trois probabilité : un, ce n’est pas forcément la « course reine » qui est le vrai étalon de l’excellence en natation ; deux, si Phelps avait été australien et Ian Thorpe américain, c’est Thorpe qui aurait été retenu comme le meilleur nageur de l’histoire. Au point où nous en sommes, nous nous permettrons ici un autre crime de lèse-majesté : nous attribuerons la palme un héros des bassins, à Londres, ni à Phelps, ni au vainqueur du 100m, mais bien au Chinois Sun Yang, vainqueur du 400m et du 1500m et second de Yannick Angel sur 200m.