BRÉSIL, TROPHÉE MARIA LENK : TROIS « PINHEIROS » SUR LE PODIUM DU 100, MAIS QUE FAIT LA PAULISTE ?

Éric LAHMY

Dimanche 7 mai 2017

LA NATATION BRÉSILIENNE SE CONCENTRE TOUJOURS SUR SON SPRINT, SON PAPILLON ET QUELQUES NAGEURS EMBLÉMATIQUES SURTOUT DE SAO PAULO, MAIS RESTE ASSEZ FRAGILE CÔTÉ FÉMININ OU ETIENE PIRES MEDEIROS JOUE LA PAULISTE DU SPRINT…

Le Trofeu Maria Lenk, ex Trophée de la fédération brésilienne, s’est déroulé ce week-end à Rio. Maria Lenk, qu’il honore, fut la première recordwoman du monde brésilienne (200 et 400 mètres brasse) et se présente au Brésil comme la première nageuse du monde à nager le papillon aux Jeux olympiques (1936). Ce n’est pas sûr, mais à l’ouest, n’est-il pas vrai, n’en déplaise à Liberty Valance, entre la vérité et la légende, on publie la légende… Légende qu’entretinrent ses exploits de nageuse masters jusqu’à sa mort, à 92 ans, d’une crise cardiaque, pendant un entraînement…

Mais aujourd’hui, LA nageuse emblématique du trophée comme du Brésil, est sans aucun doute Etiene Pires Medeiros, dont le plus haut fait d’armes tient dans un record du monde en petit bassin sur 50 mètres dos, seul autre record mondial féminin d’une Brésilienne, quatre-vingts années après ceux de Lenk. On y reviendra plus loin…

Le trophée Maria Lenk est décerné à l’équipe la plus valeureuse. Parmi les grandes entités qui se le disputent, chaque année, se distinguent Pinheiros, les Corinthians, Minas Ténis ou encore l’Internacional de Santos. Les clubs qui dominent la natation brésilienne sont généralement des associations privées, rattachées à une pratique multi-sportive, dont le sport phare est le plus souvent le foot roi, certes, ou encore le tennis, selon un modèle d’organisation encore très vivace en Italie mais qui, battu en brêche par le club communal, a plus ou moins disparu en France, même si illustré par le Racing Club de France, voire le Cercle des Nageurs de Marseille, lesquels pourraient apparaitre comme des particularismes…

Les Corinthians de Sao Paulo, ou plutôt la section aquatique du grand club omnisport, Sport Club Corinthians Paulista, président Roberto de Andrade, est située à Tatuapé, la Beverley Hills du Brésil, célèbre dans le passé pour ses vignobles. Installé tel un diamant dans l’écrin du Parque Sao Jorge, le club est, certes, surtout connu pour son équipe de football (six titres de championne, et trois Coupes du Brésil). « Seul club milliardaire du Brésil » selon la revue Forbes, les Corinthians ne manquent pas de moyens, et abritent sous la protection du dieu ballon rond d’autres entités sportives, dont la natation. Il a eu son médaillé d’argent aux Jeux olympiques de Londres en 2012.

El Esporte Club Pinheiros a été fondé en 1899 alors sous le nom de Sport Club Germania, par des immigrés allemands. Cinq fois champion brésilien de water-polo, on y pratiqua aussi le foot, le volley, le hand… C’est le club de Chierighini, Santos, Cielo, autant dire des rois du sprint brésilien… C’est le poids lourd et d’une certaine façon la locomotive de la natation brésilienne, et c’est le système mis en place par Pinheiros qui, par l’exil de ses techniciens dans d’autres clubs, a essaimé et popularisé son organisation technique.

En revanche, on nage long à Minas Ténis, qui truste les trois premières places et glisse six nageurs dans les onze premiers du 800 mètres du trophée, et aussi chez les Corinthians. Minas se situe dans les Minas Gerais (capitale Belo Horizonte), un Etat plus grand à lui seul que la France.

Bruno Fratus a choisi de nager lui, depuis cette année, au Clube Internacional de Regatas de Santos. Après avoir frôlé son record sur 100 mètres en séries, avec 48s50, il a fini 5e et bien déçu de la finale où seul Gabriel Da Silva parvenait à améliorer son record personnel, et, en  48s11, devançait Marcelo Chierighini, vainqueur 2015 des Panaméricains et finaliste mondial et olympique, lequel avait pour sa part, dominé les séries avec 48s46. Au bout du compte, avec Santos, Chierighini et Cielo, c’était un triplé pour le club Pinheiros, donc, sur la distance, et une promesse d’un relais performant à Budapest.

Le nouveau patron du sprint brésilien, Gabriel Da Silva Santos, homonyme d’un footballeur du club Flamenco, fait figure de jeune, à 21 ans (depuis ce jeudi 4 mai, belle façon de fêter son anniversaire) qui avait nagé, à Rio, moins vite lancé dans le relais quatre fois 100 mètres (48s63 en séries, 48s72 en finale) qu’il ne le fait maintenant au start. Mais il est vrai qu’il avait réussi 48s8 au start en avril 2016. Devancé sur 50 par des spécialistes comme Cielo ou Fratus, Gabriel est devenu magistral sur cent grâce à son travail de résistance de vitesse, et il ne cesse de progresser. 2007, 11 ans, 1’11s05 ;  2008, 12 ans, 1’5s68 ; 2009, 13 ans, 59s82 ; 2010, 14 ans, 56s02 ; 2011, 15 ans, 53s76 ; 2012, 16 ans, 51s88 ; 2013, 17 ans, 50s84 ; 2014, 18 ans,  50s09 ; 2015, 19 ans, 49s74 ; 2016, 20 ans, 48s84 ; 2017, 21 ans, 48s11. Il est d’un bon gabarit sans plus, 1,84m, 83kg, assez éloigné quand même du format de Chierighini et ses cent quatre-vingt-quinze centimètres…

Originaire de Guarulhos, il nage depuis toujours au Pinheiros (club connu pour accueillir l’équipe chinoise de natation), où il est entraîné actuellement par Alberto Pinto da Silva, coach de l’équipe nationale, meilleur entraîneur du Brésil à répétition depuis 2008. La plus grande réussite autoproclamée du club est de former ses jeunes et de les accompagner jusqu’au bout, fait dont Da Silva Santos est aujourd’hui la plus brillante illustration.

Si les vieux de la vieille, Fratus et Cielo, lequel tente un nouveau come-back après son échec olympique, tiennent bon la barre, Da Silva Santos montre qu’un renouvellement s’opère. Guilhermo Da Costa, 18 ans depuis octobre dernier, d’Unisante (Associaçao Santa Cecilia de Esportes) en est un autre exemple. Le brun Da Costa a rajeuni le record brésilien du 1500 mètres, que détenait Brandonn de Almeida avec 15’11s70 ; Da Costa en était à 15’14s04 en octobre dernier, lors du meeting Julio de Lamare, le voici à 15’6s35 au Maria Lenk, à l’issue de son duel avec Brandonn De Almeida, qu’il bat de six secondes. Anecdote : Brandonn (qui a gagné le 400 quatre nages) doit son prénom au fils de Bruce Lee, Brandon Lee, dont son père est un fan éperdu. Né un an après lui, son jeune frère n’a pas échappé à la marotte de son père, et se prénomme Bruce.

Nicholas Dos Santos, à 37 ans, n’est pas à proprement un jeunot. Mais le médaillé d’argent du 50 papillon des mondiaux de Kazan, derrière Florent Manaudou, n’en a pas moins battu le record sud-américain avec 22s61, fort près du record mondial établi à 22s43 par Rafael Munoz aux temps des tenues polyuréthane. Les deux autres courses de papillon ont été enlevées avec de bons temps, 51s82 (et 51s57 en séries) au 100 par Henrique De Souza sur 100 et 1’54s91 au 200 par Leonardo De Deus.

La natation féminine traîne un peu et ne propose pas d’équivalents des champions de sexe masculin. Etienne Medeiros reste une étoile isolée, qui gagne ici les 50 libre et dos.

Mais d’autres éléments se distinguent, ainsi Joanna Maranhao qui a gagné quatre courses, 400 (avec le record, 4’9s41 contre 4’9s48 à Manuela Lyrio), 200 papillon, 200 et 400 quatre nages. Mais rien de neuf, Joana a trente ans et fut finaliste olympique aux Jeux d’Athènes. Elle est connue ici en raison d’un cas d’agression sexuelle dont elle fut, toute jeune nageuse, la victime, et a conduit à un changement de la législation sur les abus de ce genre. La mésaventure, parait-il, a retard son éclosion de nageuse…

MESSIEURS.- 50 libre  : 1. Bruno FRATUS, Internacional, 21s70 ; 2 . Cesar CIELO, Pinheiros, 21s79 ; 3. Italo MANZINE, Minas Ténis, 22s12 (en série, 22s08).

100 libre : 1. Gabriel DA SILVA SANTOS, Pinheiros, 48s11 ; 2. Marcello CHIERIGHINI, Pinheiros, 48s76 (en série, 48s46) ; 3. Cesar CIELO, Pinheiros, 48s92 ; 4. Matheus P. DE SANTANA, Unisanta, 49s01 ; 5. Bruno FRATUS, Internacional, 49s17 (en série, 48s50) ; 6. Leonardo PALMA ALCOVER, Minas Ténis, 49s59 (en série, 49s57) ; 7. Henrique DE SOUZA MARTINS, Minas Ténis, 49s74 (en série, 49s59). Finale B : 1. Pedro Henrique SILVA, Pinheiros, 49s47.

200 libre : Luiz Altamir LOPES MELO, Pinheiros, 1’48s16.

400 libre : 1. Guilherme P. DA COSTA, Unisante, 3’49s49 ; 2 ex aequo : Giuliano CARER ROCCO et Luiz Altamir LOPES MELO, 3’50s49.

800 libre : 1. Lucas KANIESKI, Minas, Ténis, 7’58s85.

1500 libre : 1. Guilherme P. DA COSTA, Unisanta, 15’6s35; 2. Brandonn Pierry CRUZ DE ALMEIDA, Corinthians, 15’12s06; 3. Diogo VILLARINHO, Minas Ténis, 15’18s15.

50 dos : 1. Guilherme AUGUSTO GUIDO, Pinheiros, 24s72; 2. Gabriel ARUJO FANTONI, Minas Ténis, 25s26.

100 dos : 1. Guilherme Augusto GUIDO, 53s 84 ; 2. Guilherme DIAS MASSE, Pinheiros, 54s78.

200 dos  : 1. Leonardo DE DEUS, Unisanta, 1’57s95.

50 brasse  27s89 : 1. Joao Luis GOMES JUNIOR, Pinheiros, 26s83; 2. Felipe FERREIRA LIMA, Minas Ténis, 27s00; 3. Felipe Alves FRANCA SILVA, Unisanta, et PEDRO H. BRASIL CARDONA, Pinheiros, 27s32; 5. Felipe IDEZAKU MONNI, Pinheiros, 27s61 (en series, 27s53).

100 brasse : 1. JOAO LUIZ GOMES JUNIOR, 59s41 ; 2. Felipe FERREIRA LIMA 1:00.05 –en séries, 59s32) ; 3. Pedro H. BRASIL CARDONA, 1’0s12;, 3. Felipe ALVES FRANCA SILVA, 1’1s04.

200 brasse : 1. Thiago TEIXEIRA SIMON, Unisanta, 2’12s27.

50 papillon : 1. Nicholas DOS SANTO, Unisanta, 22s61 (record du Brésil et d’Amérique du Sud) ; 2. Henrique DE SOUZA MARTINS, Minas Ténis, 23s06 (en série, 22s98) ; 3. Cesar Augusto CIELO FILHO, Pinheiros, 23s22 ; 4. Gabriel SILVA SANTOS, Pinheiros, 23s60 ; 5. Guilherme ROSOLEN, Pinheiros, 23s64 (en série, 23s43)

100 papillon : 1. Henrique DE SOUZA MARTINS, 51s82 (en série, 51s57) ; 2. Vinicius MOREIRA LANZA, 52s02.

200 papillon : 1. Leonardo DE DEUS, Unisanta, 1’54s91 ; 2. Kaio MARCIO de ALMEIDA, Minas Ténis, 1’56s85 ; 3. Luis Altamir LOPES MELO, Pinheiros, 1’57s15.          

200 4 nages : 1. Thiago TEXEIRA SIMON, Unisanta, 1’59s49

400 4 nages : 1. Brandonn PIERRY CRUZ DE ALMEIDA, Corinthians, 4’13s06

4 fois 50 m : 1. Pinheiros, 1’27s15 ; 2. Minas, 1’27s61.

4 fois 100 mètres : 1. Pinheiros, 3’15s35

DAMES.- 50 libre : 1. Etiene PIRES MEDEIROS, Sesi-SP, 24s73.

100 libre : 1. Manuela LYRIO, Pinheiros, 54s80

200 libre : 1. Manuela LYRIO, Pinheiros, 1’57s34; 2. Maria PAULA HEITMANN, Minas Ténis, 1’59s91.

400 libre : 1. Joanna MARANHAO, Unisanta, 4’9s41 (record).

800 libre : 1. Viviane EICHELBERGER, GNU, 8’34s92.

1500 libre : 1. Viviane EICHELBERGER, GNU, 16’27s57.

50 dos  28s56: 1. Etiene PIRES MEDEIROS, Sesi-SP, 27s62; 2. Andrea ELIANA BERRINO, Unisanta, 28s52.

100 dos : 1. Andrea ELIANA BERRINO, Unisanta, 1’1s56.

200 dos  2’10s96 : 1. Andrea Eliana BERRINO, Unisanta, 2’13s11.

50 brasse : 1. Jhennifer ALVES CONCEICAO, Pinheiros, 30s63 2. Macarena AILEN CEBALLOS, Minas Ténis, 30s99.

100 brasse: 1. Macarena AILEN CEBALLOS, Minas Ténis, 1’8s00 ; 2. Julia SEBASTIAN, Unisanta, 1’8s05.

200 brasse : 1. Macarena AILEN CEBALLOS, Minas Ténis, 2’26s90.

50 papillon : 1. Daynara FERREIRA PAULA, Sesi-SP, 26s51.

100 papillon : 1. Daiane MARÇAL DIAS, 58s98

200 papillon : 1. Joanna MARANHAO, Unisanta, 2’9s22    

200 4 nages : 1. Joanna MARANHAO,  Unisanta, 2’13s32

400 4 nages : 1. Joanna MARANHAO, Unisanta, 4’38s63.

4 fois 50 mètres : 1. Unisanta, 1’41s27.

4 fois 100m : 1. Sesi-SP, 3’43s48 ; 2. Unisanta, 3’44s19.

ARENA À ATLANTA : PARK, 3’44s38, ET LEDECKY, 4’0s98, SE PLACENT SUR 400 MÈTRES

Éric LAHMY

Samedi 6 Mai 2017

Plus le temps passe, plus l’année 2017 parait trouver le rythme post-olympique qui sied à une saison de transition. Bien sûr, rien ne sera joué avant le grand rendez-vous de Budapest, mais presque partout, les grosses pointures sont en retard sur 2016, quand elles ne sont pas aux abonnés absents (Cate Campbell, exemple majeur).

Un nombre de leaders se sont abstenus à Atlanta, où se joue en ce moment le rendez-vous des 4-7 mai des séries Arena. Mais les présents n’ont pas souvent leur mordant de l’avant Rio.

Prenez Katie Ledecky, qui est là et bien là, elle, toujours aussi supérieure. Incomparable. Elle ne s’en situe pas moins à quatre grosses secondes de son record du monde sur 400 mètres, où elle a laissé ses suivantes, Joanna Evans et Hali Flickinger, s’entrebattre à une douzaine de mètres derrière elle.

Ledecky s’est aussi introduite en finale du 100 mètres, course remportée sans surprise, par Simone Manuel. La Canadienne Penny Oleksiak, qui avait fini première ex-aequo de la course olympique de Rio, et qui était inscrite au meeting, a déclaré forfait. Est-ce pour cette raison que Manuel a nagé moins vite sa finale que ses séries (53s82 contre 53s75) ?

Le Coréen Park, toujours remarquable de régularité, a nagé les séries du 100 mètres en 48s62, mais n’a pas jugé bon de se présenter en finale. Il avait un 400 mètres sur le feu et ne voulait pas le manquer. Tout le monde n’est pas Ledecky (sans parler de Katinka Hosszu, une décathlonienne aquatique). Il a réussi un excellent 3’44s38 qui le situe tout près de son meilleur niveau.

Bonnes performances aussi de Chase Kalisz sur 200 brasse et de Tom Shields sur 100 papillon. Côté filles, Katie Meili a devancé une Lily King moins pétulante que de coutume sur 200 brasse tandis que Kelsi Worrell a survolé le 100 papillon en 57s60.

MESSIEURS.-  100 libre : 1. Blake PIERONI, UN05IN, 49s18 (23s78 + 25s40); 2. Joao DE LUCCA, CARDKY, 49s25 (23s97 + 25s28) (en séries, 49s24); 3. Michael CHADWICK, UN02MV, 49s54 (23s63 + 25s91). En séries, PARK Tae Hwan, Corée, 48s62 (23s47 + 25s15).

400 libre : 1. Tae Hwan PARK, KOR, 3’44s38 (50m, 25s47, 100m, 53s53; 150m, 1’22s09; 200m, 1’51s07; 250m, 2’19s91; 300m, 2’49s19; 350m, 3’18s11); 2. Felix AUBOECK, CW-MI, 3’50s39; 3. Patrick CALLAN, TAC-OK, 3’51s66.

200 brasse : 1. Chase KALISZ, NBACMD,  2’10s74 (29s81, 1’3s27, 1’36s86) 2. Cody MILLER, BAD-MR, 2’11s58 3. 6 Nicola FINK, ABSCGA, 2’11s65; 4. Carlos CLAVERIE, UN01KY, 2’12s11; 5. Mauro CASTILLO LUNA, TAMUGU, 2’12s94; 6. Andrew WILSON, TXLAST, 2’13s32.

100 papillon : 1. Tom SHIELDS, CAL-PC, 52s09 (24s56 + 27s53); 2. Jack CONGER UT-ST 52s56 (24s67 + 27s89); 3. Santiago GRASSI, AU-SE, 52s62 (en séries,52s45 (24s52 + 27s93).

DAMES.- 100 libre : 1. Simone MANUEL, UN-1PC,  53s82 (26s07 + 27s75) en séries, 53s75 (25s97 + 27s78) ; 2. Sandrine MAINVILLE, HPCO, 54s44 (26s17 + 28s27); 3. Mallory COMERFORD, UN01KY, 54s59 (26s72 + 27s87); 3. Amanda WEIR, SA-GA, 54s59 (26s48 + 28s11); 5. Katie LEDECKY, UN-1PC, 54s69 (26s93 + 27s76); 6. Siobhan HAUGHEY, CW-MI, 54s80 (en séries, 54s77).

400 libre : 1. Katie LEDECKY, UN-1PC, 4’0s98 (50m, 28s60, 100m, 58s77, 150m, 1’29s51, 200m, 2’0s02, 250m, 2’30s57, 300m, 3’1s14, 350m, 3’31s42); 2. Joanna EVANS, UN01ST, 4’8s44; 3. Hali FLICKINGER, ABSCGA, 4’8s62. En séries, Cierra RUNGE, UNOI WI, 4’11s37. Finale B: 1. NGUYEN Vien, UN04FL, 4’11s52.

200 brasse: 1. Katie MEILI, NYACMR,  2’23s18 (32s50,  1’9s23, 1’46s38, soit 32s50, 36s73, 37s15 36s80; 2. Lilly KING, UN03IN, 2’25s90 (32s70, 1’10s44, 1’48s54, soit 32s70, 37s74, 38s10, 37s36); 3. Kierra SMITH, LLSC, 2’25s93 (33s91, 1’11s23, 1’48s81, soit 33s91, 37s32, 37s58 37s12); 4. Melanie MARGALIS, SPA-FL, 2’26s56 (33s16, 1’10s70, 1’48s19, soit 33s16, 37s54, 37s49, 38s37).

100 papillon: 1. Kelsi WORRELL, CARDKY, 57s50 (26s98 + 30s52; 2. Hellen MOFFITT, NCACNC, 58s59 (27s61 + 30s98; 3. Rebecca SMITH, HPCO, 58s72 (27s07 + 31s65).

TSUYOSHI YAMANAKA (1939-2017), JAPON, RIVAL MALHEUREUX DE MURRAY ROSE ET ROI SANS COURONNE DU 200 METRES DES JEUX DE ROME (1960)

Eric LAHMY

Jeudi 28 Avril 2017

Tsuyoshi YAMANAKA (Wajima, Ishikawa, 18 janvier 1939-Tokyo, 10 février 2017) qui s’est éteint le mois dernier dans un hôpital de Tokyo, a peut-être été le plus grand nageur de libre japonais, avec Hironoshin Furuashi.

Il fut pendant six ans, de 1956 à 1961, le principal rival des Australiens et des Américains en demi-fond. Ses trois médailles d’argent individuelles olympiques – deux sur 400 mètres, une sur 1500 mètres – furent acquises toutes trois derrière l’Australien Murray Rose. Rose était né douze jours avant Yamanaka, le 6 janvier 1939, et lui disait en plaisantant qu’il devait toujours le laisser gagner en signe de respect pour un aîné. Sur 400 mètres, à Melbourne en 1956 et à Rome en 1960, Rose enleva l’or, facilement, avec les deux fois exactement 3’’1 d’avance sur Yamanaka. Sur 1500 mètres, à Melbourne, Yamanaka, était mené de quelques mètres quand il lança à cent mètres de l’arrivée un sprint final éblouissant qui parut menacer Rose. L’Australien réagit et l’emporta en 17’58’’9 contre 18’0’’3.

A Rome, quatre ans plus tard, Rose fut 2e du 1500 mètres derrière Konrads, loin devant Yamanaka, qui, après avoir nagé jusqu’au 1400 mètres de front avec George Breen, ne put résister au finish de celui-ci et termina 4e, perdant quatre secondes dans les cent derniers mètres.

Yamanaka, posté en 3e position du relais quatre fois 200 mètres des Jeux de Rome, réussit un parcours lancé en 2’0’’6, le plus rapide de la journée, qui lui permit de décramponner Murray Rose (2’2’’7) et de mettre le Japon à l’abri du retour de John Konrads, le plus fort australien, 2’1s3 lancé.

Yamanaka, qui avait établi plusieurs records du monde sur 200 mètres et un sur 400 mètres (4’16’’6 en 1959), se jura de « battre Murray Rose, une fois avant de mourir ». Son heure arriva en 1961, aux championnats des États-Unis auxquels ils participaient ; Murray Rose étudiait depuis 1958 à USC et Yamanaka, une fois diplômé (1960) de l’Université Waseda, l’avait rejoint pour nager sous la direction de Peter Daland. Rose avait fait l’impasse sur le 1500 mètres et nagea le 100 mètres, distance inhabituelle pour lui, où il rata d’un dixième la qualification en finale.

Yamanaka, présent sur 1500 mètres, nagea, lui, sa course en souplesse, termina sixième, se réservant manifestement pour ses duels sur ses meilleures distances, 200 mètres et 400 mètres. Sur 200 mètres, Rose et Yamanaka se qualifièrent en séries en battant le record américain. En finale, tous deux se marquèrent, puis à la sortie du dernier virage, se lancèrent dans un sprint furieux. Yamanaka l’emporta en 2’0’’4 (nouveau record du monde) contre 2’0’’9. Sur 400 mètres, Rose, contre son habitude, lança la course sur des bases élevées, passa en 28’’7 au 50 mètres, mais Yamanaka résista. Encore devancé d’un demi-mètre aux 350 mètres, il reprit l’ascendant dans le sprint final, l’emportant d’un bras, en 4’17’’5 (record US) contre 4’17’’8.

Après cela, Yamanaka ne nagea guère très sérieusement entre 1962 et le début 1964, quand il décida de tenter une dernière fois sa chance aux Jeux, qui se tenaient à Tokyo, au Japon. Il fut encore finaliste du 400 mètres (6e en 4’19’’1).

Il remporta en 1967 le 800 mètres « pré olympique » de Mexico à vingt huit ans. Yamanaka battit en tout 6 records mondiaux individuels. Sa malchance – outre le fait que sa carrière coïncida assez exactement avec celle de Murray Rose – fut que le 200 mètres, sa meilleure distance, ne fut pas disputée aux Jeux olympiques à son époque.

Il améliora les records du monde de la distance à cinq reprises : 2’3’’ (1958), 2’1’’5 (1959), 2’1’’2, 2’1’’1, 2’0’’4 (1961). En 1959, il amena le record du monde du 400 mètres à 4’16’’6. Il participa aux relais japonais recordmen du monde en 1959, en 8’21’’6 et 8’18’’7, et en 1963 (8’9’’8).

Yamanaka, assez petit de taille, mais très costaud (1,71m, 75kg) développa son talent au Japon. Il avait appris à nager en mer (du Japon), où sa mère, plongeuse professionnelle, vivait de la pêche des huitres et des coquillages. La petite histoire veut que, quand le jeune Tsuyoshi ne se concentrait plus sur sa technique ou musardait, son entraîneur lui lançait des cailloux sur le dos. Le nageur n’avait plus qu’à rectifier le tir… et à ramasser les cailloux à la fin de l’entraînement.

Méthode japonaise ou particularité du nageur, Yamanaka effectuait en 1956 un retour aérien des bras tendus, décrit comme « en ailes de moulin à vent » par un observateur, ce qui en fait un précurseur de Kristin Otto, de Janet Evans et de Michaël Klim ainsi que d’un grand nombre de stars du sprint du vingt-et-unième siècle. Son style évolua par la suite vers un arrondi du retour aérien des bras…

Diplômé des universités de Waseda et de Californie du Sud, il dirigea une école réputée de natation, l’Itoman d’Osaka.

En 1995, tenté par la politique, il se présenta (sans succès) à la chambre des conseillers (députés). 

KIRSTY COVENTRY D’ATHLETE A DIRIGEANTE

Lundi 24 Avril 2017

L’arrivée de trois nageurs de compétition de l’équipe de Gilles Sezionale et dans les rangs de la Fédération française de natation (Alain Bernard, champion olympique du 100 mètres), Ophélie Aspord, 6e du 10 kilomètres aux Jeux olympiques (et juriste à la Française des Jeux) et Hélène Ricardo, sept fois championne de France de 100 et 200 mètres dos (et dirigeante d’entreprise) apporte du sang neuf à l’institution qui en manquait pas mal.

Au Zimbabwe, c’est la double championne olympique Kirsty Coventry, qui se présente, ce 30 avril, à Harare, à l’élection, elle, du Comité Olympique national, au titre de vice-présidente, nous apprend le site britannique Inside the Games.

Coventry, 33 ans, qui remporta le 200 mètres dos aux Jeux olympiques 2004 d’Athènes et 2008 de Pékin a déjà été (depuis 2012) un membre de la commission des athlètes du Comité Olympique International, mais n’a jamais tenté l’élection du CO de son pays. Elle agit cependant, jusqu’ici, comme consultante de l’organisation. Très active, Coventry, elle est intervenue au sein de la Solidarité Olympique, de l’agence mondiale anti-dopage, et investie dans la prévention des noyades dans son pays.

L’argument numéro un de Coventry est certes qu’elle a remporté sept des huit médailles jamais glanées par les athlètes zimbabwéens : deux d’or, quatre d’argent et une de bronze, ce qui lui confère un prestige international sans comparaison dans le pays. On ne peut certes dire quel effet peut avoir sur l’élection le fait qu’elle soit blanche dans un pays noir qui, sous le nom de Rhodésie, sous le férule des blancs, avait appliqué un arrogant apartheid.

Pour la présidence du comité olympique du Zimbabwe, Admire Masenda (basket) tentera d’obtenir son quatrième mandat au titre, face à Thaban Gonye (athlétisme) et Charles Mukaronda (football).

DUNCAN SCOTT, 47s90 AU CENT, SPRINTEUR PRÉCOCE D’ÉCOSSE

Éric LAHMY

Jeudi 20 Avril 2017

Adam Peaty en est le présent, il vient de l’administrer de magistrale façon sur 100 mètres brasse ; mais Duncan Scott est-il le champion britannique de l’avenir? De l’autre côté de la Manche, on jure que nager s’inscrit dans l’ADN de sa famille. Sa sœur aînée Alexandra est capitaine de l’équipe féminine de l’université de Dundee et secrétaire à la Sport Union Exec.

Son parcours est celui d’un précoce et d’un talent. 1,90m, et il lui reste quelque chose de gamin sur sa frimousse, Duncan aura 20 ans le 6 mai prochain. Son parcours commence à s’illuminer quand, en 2013, année de ses seize ans, il enlève huit médailles d’or aux championnats écossais. Son dernier coup d’éclat revient à s’introduire dans la finale olympique des Jeux de Rio, en août passé. Pour ce faire, il nage 48s01 en séries, record national. Ensuite, il élimine une poignée de nageur dont Clément Mignon et réussit le 7e temps général des demis. Il est le premier nageur britannique finaliste olympique sur 100 mètres depuis Robert McGregor en 1968. En finale, 5e, il égala ses 48s01 des séries. Toujours aux Jeux, de par la grâce de sa Majesté Adam Peaty, – lequel inflige une terrible punition dans son parcours de brasse  l’élite mondiale qui lui est opposée, collant 2s25 et 2s44 à, respectivement Jake Packard (Australie) –, le relais britannique va vivre sur cet incroyable avance. Duncan devient ainsi médaillé d’argent olympique en nageant 47s62 lancé, une seconde moins vite que les deux autres crawleurs du podium, Nathan Adrian, USA, 46s74, et Kyle Chalmers, Australie, 46s72.

Le revoici qui remet sur le métier son ouvrage. Dès les séries, dans la piscine cathédrale de Ponds Forge, à Sheffield, il a nagé plus vite qu’en finale l’an passé, 48s58 contre 48s66, s’étant qualifié dans le groupe d’âge des 18-21 ans. Il a fait plus que dominer la finale, il l’a incarnée. Il passe confortablement installé devant son second, Jack Thorpe, 23s14 contre 23s53. Puis ne cesse d’augmenter son avance, qu’il porte à une longueur : ses 47s90 battent le record et le font entrer dans un club restreint, celui des « moins de 48 secondes. »

 Il est intéressant de noter la prééminence de trois jeunes nageurs dans la grande finale des championnats, outre Scott, Jarvis Parkinson, 19 ans, 50s02, et Lewis Burras, de Southport, dans sa 17e année, 50s08.

Burras est basé à Dubai, dans les Emirats arabes où l’Hamilton Aquatics, entité créée par un coach d’élite créatif, Chris Tidey, offre une palette des plus larges d’enseignement aquatique, depuis les tout petits jusqu’aux champions dans seize institutions. Hamilton Aquatics, relié aux écoles de langue anglaise des Emirats, enseignement basé sur une approche riche de l’éducation des nageurs, s’est développée, et compte 600 nageurs à Dubai ; créée en 2013, son antenne de Doha, réunit aujourd’hui 150 compétiteurs et 1200 membres dans son programme « Apprendre à Nager ». Son nageur étoile reste le Serbe Velimir Stjepanovic, champion d’Europe du 200 mètres, mais le programme qui réunit des nageurs de vingt nationalités différentes, a formé des champions d’Afrique du Sud, d’Algérie, d’Argentine, d’Irlande, du Koweit, du Liban, de Lituanie, de Malte, du Mexique, de Nouvelle-Zélande, du Pakistan, du Portugal, de Syrie, de Tanzanie, de Tchéquie, de Tunisie, et bien entendu d’Ecosse et d’Angleterre ! Sous le slogan « believe, sacrifice, achieve » (croire, se sacrifier, réaliser), on peut dire que c’est une affaire qui tourne.

Gagnante du 200 papillon dames, Charlotte Atkinson, doit être une des rares individualités issues de l’île de Man, charmante lieu dit en mer d’Irlande, célèbre dans le passé pour ses contrebandiers et aujourd’hui aussi, dans une modernisation du concept, celle du paradis fiscal. Et dans les courses « dures », 400 quatre nages et 1500 libre, les vainqueurs respectifs, Max Litchfield et Daniel Jervis, sont un peu seuls.

MESSIEURS.-

100 libre : 1. Duncan SCOTT, Stirling, 47s90 ; 2. Jack THORPE, Edinburgh, 49s65; 3. Kieran McGUCKIN, Edinburgh, 49s68; 4. Calum JARVIS, Bath, 49s80.

1500 libre : 1. Daniel JERVIS, 14’51s48 ; 2. Timothy SHUTTLEWORTH, Loughborough, 15’7s92 ; 3. Stephen MILNE, Perth, 15’14s26 ; 4. Tobias ROBINSON, Loughborough, 15’18s05 ; 5. Samuel BUDD, Sheffield, 15’18s30.

400 4 nages : 1. Max LITCHFIELD, Sheffield, 4’10s63; 2. Mark SZARANEK, Edinburgh, 4’15s51.

DAMES.- 50 libre : 1. Anna Hopkin, EALING, 25s07; 2. Siobhan-Marie O’Connor, Bath, 25s28.

200 papillon : 1. Charlotte ATKINSON, Loughborough, 2’7s06 ; 2. Alys THOMAS, Swansea, 2’7s87.     

GRANDE-BRETAGNE : ADAM PEATY, UN BRASSEUR QUI N’EST PAS DE LA PETITE BIÈRE

Éric LAHMY

Jeudi 20 Avril 2017

Adam Peaty était attendu, et Adam Peaty a répondu à l’attente. Sur 50 mètres brasse, distance non olympique. Mais le garçon apparait tellement phénoménal qu’il rendrait cette course attractive. Pour les Anglais, avec en séries, 26s62, en finale 26s48, c’est une médaille d’or mondiale pratiquement assurée. Aux championnats nationaux, à Sheffield, il a totalement rassuré sur ses compétences !

Quand je le vois en action, je constate un fait qu’Alex Scott, de Swimming World, a décrit simplement, et que je ne peux mieux exprimer : « Peaty nage sur un rythme de nage que ses compétiteurs, simplement ne peuvent pas suivre, et il le fait sans perdre son efficacité. »

Il donnerait soixante coups de bras par minute au début d’un 100 mètres, 55 à la fin. Van den Burgh aussi, qui est sur le même registre. Mais le Sud-Africain sacrifie plus d’efficacité technique à ce tempo élevé.

Coaché par Melanie Marshall, Peaty nage 35 heures par semaines et ne croit pas être au sommet de sa carrière. Mais il est difficile d’imaginer qui pourra l’empêcher de gagne 50 et 100 brasse aux mondiaux de Budapest. Sur 50, l’Italien Nicolo’ Martinenghi, recordman du monde juniors, est celui qui l’approche le plus près cette saison, avec 26s97 ; la technique de l’Italien a quelque chose de plus « furieuse » quand Peaty reste très posé, maîtrisé, dans sa gestuelle. Le flegme britannique sans doute? Sur 100, le Chinois Zibei Yan en est à 58s92, soir à plus d’une seconde derrière Adam, lequel mène les débats avec 57s79 cette année.

James Guy, qui, l’an passé, avait gagné le 100 mètres papillon (en 52s15), a tenté sa chance sur la distance double, et a largement gagné en 1’55s91.

La natation britannique, comme plusieurs autres natations nationales, souffre de carences, c’est semble-t-il, inévitable avec un programme démesuré que propose la FINA, et qui ne permet pas de présenter suffisamment de talents pour couvrir toutes les épreuves. Le dos masculin et le papillon féminin, par exemple, ne présentent pas d’éléments extraordinaires.

En revanche, Jocelyn Uliette a largement amélioré ses temps – autour de six secondes – dans l’année, pour devenir championne 2017, en s’emparant du record national du 200 mètres brasse.

MESSIEURS.- 100 dos : 1. Chris WALKER-HEBBORN, Bath, 54s24; 2. Luke GREENBANK, Loughborough, 54s75.

50 brasse : 1. Adam PEATY, Loughborough, 26s48; 2. Euan INGLIS, Edinburgh, 27s65; 3. Mark CAMPBELL, Aberdeen, 27s66; 4. L CLIFFORD-STEPHENSON, 27s86; 5. Charlie ATTWOOD, 27s90 (en série, 27s89).

200 papillon : 1. James GUY, 1’55s91; 2. Cameron BRODIE, Stirling, 1’57s46; 3. Duncan SCOTT, Stirling, 1’57s50.           

DAMES.- 800 libre : 1. Jazmin CARLIN, Bath, 8’30s56; 2. Holly HIBBOTT, Stockport, 8’31s78.  

100 dos : 1. Georgia DAVIES, Loughborough, 59s34; 2. Kathleen DAWSON, Stirling, 1’0s22; 3. Jessica FULLALOVE, Bath, 1’0s52; 4. Elizabeth SIMMONDS, Edinburgh, 1’0s58; 5. Chloe GOLDING, Manchester, 1’1s33. Target Tokyo: Kathryn GREENSLADE, 19 ans, Edinburgh, 1’1s35. Juniors: Cassie WILD, 17 ans, 1’1s25.

200 brasse : 1. Jocelyn ULIETT, Loughborough, 2’22s08; 2. Molly RENSHAW, Loughborough, 2’23s04; 3. Chloe TUTTON, 2’24s28; 4. Katie MATTS, Stockport, 2’25s51; 5. Abbie WOOD, 2’26s02.

50 papillon : 1. Charlotte ATKINSON, Loughborough, 26s81.

ADAM PEATY TOUJOURS SEUL ET UNIQUE SUR 100 MÈTRES BRASSE : 57s79

Éric LAHMY

Mercredi 19 Avril 2017

Je m’y étais laissé prendre une année passée. La première journée des championnats est tellement éblouissante que je me disais : ça y est, les Britanniques ont la première natation du monde.

Pourquoi ça ? Parce que le premier jour des championnats de Grande-Bretagne est dédié au 400 libre et au 100 brasse messieurs, au 200 libre et au 400 quatre nages dames, et que s’y trouvaient James Guy, Adam Peaty, Jazmin Carlin et Hannah Miley, à une ou deux autres individualités près les meilleurs éléments de la natation des îles.

En 2017, à l’issue de la première journée des compétitions qui se tiennent à la piscine du centre international sportif de Ponds Forge, à Sheffield, l’impression de qualité reste la même. L’an dernier, Adam Peaty avait nagé son 100 mètres brasse en 58s41, le voici rendu à 57s79. Il est vrai qu’entre-temps, il a nagé, en finale des Jeux olympiques, 57s13, il s’empêche, le Britannique reste le roi du 100 mètres brasse, où sa domination et l’impression de puissance qu’il dégage est unique (dans l’eau et hors de l’eau d’ailleurs).

James Guy n’en est pas là sur 400 mètres nage libre. Celui qui fut deuxième du championnat du monde du 400 mètres à Kazan, en 2015 (et vainqueur du 200 mètres) a exprimé son amertume après les Jeux olympiques de Rio où ses 4e place du 200 mètres et sixième place du 400 mètres lui déplurent souverainement. Il est reparti vers une nouvelle croisade sur ses deux distances de prédilection, et il est clair, vu les temps réalisés par les Sun Yang, Gabriele Detti, Mackenzie Horton et consorts, qu’il n’aura pas la tâche facile. Son 3’44s74 sur 400 mètres, en retrait de neuf dixièmes de seconde sur celui réussi l’année passée (3’43s84), lui donne une avance plus serrée qu’en 2016 sur Stephen Milne, tandis que sept nageurs « cassent » les 3’50s, assez remarquable exploit collectif…

Milne, champion britannique du 1500 mètres, à trois mètres du mur, n’était pas qualifié, mais trouva la ressource de toucher 4/100e avant le « quatre nageur »Max Litchfield qui, après une course courageuse, lui concéda un mètre fatidique dans la dernière longueur.

Côté féminin, Hannah Miley devança sur 400 mètres quatre nages Aimée Willmott, pratiquement dans les mêmes temps quen 2016. On prend les mêmes et on recommence.

 MESSIEURS.- 400 libre : 1. James GUY, Bath, 3’44s74; 2. Stephen MILNE, Perth, 3’46s16; 3. Max LITCHFIELD, Sheffield, 3’46s20; 4. Jay LELLIOTT, Bath, 3’47s48; 5. Nicholas GRAINGER, Sheffield, 3’47s86; 6. Timothy SHUTTLEWORTH, Loughborough, 3’48s53; 7. Daniel JERVIS, Swansea, 3’49s21; 8. Samuel BUDD, Sheffield, 3’50s69.

50 dos : 1. Chris WALKER-HEBBORN, Bath, 25s19

100 brasse : 1. Adam PEATY, Loughborough, 57s79; 2. Ross MURDOCH, Stirling, 1’; 3. James WILBY, Loughborouh, 1’0s05; 4. Craig BENSON, Stirling , 1’0s20 (en série, 1’0s16); 5. Charlie ATTWOOD, Bath, 1’0s50 (en série, 1’0s39). En série, Andrew WILLIS, Bath, 1’0s95.

DAMES.- 200 libre : 1. Eleanor FAULKNER, Sheffield, 1’57s88; 2. Kathleen GREENSLADE, Edinburgh, 1’59s39; 3. Jazmin CARLIN, Bath, 1’59s59: 4. Lucy HOPE, Edinburgh, 1’59s71.

50 brasse : 1. Imogen CLARK, Loughborough, 30s21; 2. Sarah VASEY, Loughborough, 30s30; 3. Corrie SCOTT, Edinburgh, 31s.

LA RUSSIE NE PAIERA PLUS POUR SES DOPÉS !

Mardi 18 Avril 2017

En faisant savoir qu’elle cessera désormais de payer les amendes des nageurs ayant été positifs à des contrôles anti-dopage, la Fédération russe de natation n’a-t-elle pas admis implicitement qu’elle couvrait les dopés ?

Certes, Vladimir Salnikov, l’ancien champion olympique de demi-fond devenu le président de la Fédération justifie la décision d’une toute autre manière : « dans la situation actuelle, nous perdons de l’argent parce que certains athlètes ne prennent pas le soin de respecter la législation antidopage, le passage des tests. » Ces négligences finissant par coûter cher  la fédération, celle-ci a décidé de responsabiliser les nageurs.

Quand ils devront payer, nul doute que les intéressés trouveront l’amende amère!

Il est bon de rappeler qu’entre 2009 et 2016, vingt-trois nageurs russes ont été contrôlés positifs, dont leur nageuse vedette Julia Efimova, convaincue de dopage à un anabolisant et à un produit nouveau, le meldonium, ou encore Morozov et Lobintsev, médaillés olympiques de relais en 2012 à Londres, pour ne citer qu’eux. Sept des 37 membres de l’équipe russe de natation étaient sous le coup d’une interdiction, avant qu’une manœuvre du CIO, relayée par la fédération internationale de natation ne permette à la cour arbitrale du sport de leur sauver opportunément la mise. Or faire appel d’un jugement coûte une petite fortune.

Actuellement, plusieurs nageurs russes, dont certains médaillés, sont écartés des compétitions. ainsi Vitalina Simonova et Yana Martynova, respectivement double et triplé médaillée des championnats  d’Europe

CHAMPIONNATS DU JAPON 2017 : HAGINO, SETO, IKEE, OHASHI, ET UN 200 METRES BRASSE DE FOUS FURIEUX

Eric LAHMY

Mardi 18 Avril 2017

Quatre titres de champion du Japon pour Kosouke Hagino qui a parfois donné l’impression d’être à la peine, ainsi sur 200 et 400 mètres libre où a dû pousser les feux pour l’emporter de justesse sans qu’on puisse savoir s’il est en difficulté ou s’il aime lanterner et se mettre en danger. Toujours est-il qu’il a été devancé sur 400 quatre nages, par Daya SETO, d’un centième. Il n’en reste pas moins le nageur vedette du Japon, et a gagné le 200 dos devant IRIE et le 200 quatre nages devant SETO.

Plus que jamais, la grande spécialité du Japon est son 200 mètres brasse masculin. Entre les finales A et B et les séries, on compte vingt-deux nageurs qui réalisent 850 points ou plus à la table de cotation !

Il y a même quelque chose d’insolite dans cette spécialisation : seulement deux nageurs en font autant sur 100 mètres brasse. Ippei WATANABE, le nouveau recordman du monde, est 2e de la finale, derrière Yasuhiro KOSEKI, le vainqueur en 2’7s18, comme d’ailleurs sur 100 mètres où seul KOSEKI bat la minute. En fait KOSEKI gagne également le 50 mètres et fait donc la passe de trois.

Sur 200 papillon, où Masato SAKAI a devancé Daya SETO, le record du monde junior a été amélioré deux fois par Nao HOROMURA.

Côté dames, la jeune Rikako IKEE ne cesse de progresser, qui a gagné cinq courses : 50, 100 et 200 libre, 50 et 100 papillon, et battu le record mondial junior du 50 papillon. Un autre record mondial junior a été amélioré, sur 200 papillon, par Suzuka HASEGAWA, tandis que Yui OHASHI double 200 et 400 quatre nages, et pulvérise de trois secondes le record du Japon de la course la plus longue.

MESSIEURS.-

50 libre : 1. Shinri SHIOURA et Katsumi NAKAMURA, 21s97; 3. Syunichi NAKAO, 22s03

100 libre : 1. Katsumi NAKAMURA, 48s26; 2. Shinri SHIOURA, 48s80 ; 3. Katsuhiro MATSUMOTO, 49s02; 4. Junya KOGA, 49s51.

200 libre: 1. Kosuke HAGINO, 1’47s29; 2. Naito EHARA, 1’47s57; 3. Katsuhiro MATSUMOTO, 1’47s59; 4. Tsubasa AMAI, 1’48s21.

400 libre : 1. Kosuke HAGINO, 3’47s30; 2. Naito EHARA, 3’47s74; 3. Tsubasa AMAI, 3’48s99; 4. Yosuke MIYAMOTO, 3’50s26; 5. Syuhei SUYAMA, 3’52s10.

800 libre: 1. Naito EHARA, 7’54s16; 2. Syogo TAKEDA, 7’56s86; 3. Ryuta OSAKI, 7’57s12.

1500 libre : 1. Kouhei YAMAMOTO, 15’3s90; 2. Syogo TAKEDA, 15’6s13; 3. Shingo NAKAYA, 15’12s15; 4. Taketomo TANI, 15’18s89; 5. Atsuya YOSHIDA, 15’19s28.

50 dos: 1. Junya KOGA, 24s67; 2. Junya HASEGAWA, 24s78

100 dos: 1. Ryosuke IRIE, 53s46; 2. Masaki KANEKO, 53s80; 3. Takeshi KAWAMOTO, 54s10; 4. Junya HASEGAWA, 54s30. En séries, Syunya NISHIMURA, 54s52

200 dos : 1. Kosouke HAGINO, 1’56s39; 2. Ryosuke IRIE, 1’57s06; 3. Masaki KANEKO, 1’57s16.

50 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, 27s23 (record du Japon, ancien, 27s30); 2. Masaki NIIYAMA, 27s59 ; 3. Kouichirou OKAZAKI, 27s66 ; 4. Yoshiki YAMANAKA, 27s86.

100 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, 59s26; 2. Ippei WATANABE, 1’0s11.

200 brasse : 1. Yasuhiro KOSEKI, 2’7s18; 2. Ippei WATANABE, 2’7s60; 3. Kasuki KOHINATA, 2’9s98; 4. Yukihiro TAKAHASHI, 2’10s55; 5. Maoru MOURI, 2’10s74 (en série, 2’10s50); 7. Rintarou OHKUBO, 2’11s08 (en séries, 2’10s30); 7. Hayato WATANABE, 2’11s45; 8. Ryuya MURA, 2’11s91 (en série, 2’10s77). Finale B: 1. Hiromasa FUJIMORI, 2’11s48; 2. Kazuki WATANABE, 2’12s00 (en série, 2’11s68); 3. Takaaki OHKAWA, 2’12s01 (en série, 2’11s77); 4. Kasuki HAYASHI, 2’12s30; 5. Kohei GOTOU, 2’13s91 (en série, 2’12s87). En séries: 11. Ikeshita TAKAKOSHI, 2’12s29; …13. Naoto OHSAWA, 2’12s81; 14. Yuu HANAGURUMA, 2’12s87 17. Kosouke ISHII, 2’13s02; 18. Hiroyuki KATOU, 2’13s17; 19. Ikuma OHSAKI, 2’13s36; 20. Kaede HIRAKAWA, 2’13s96; 21. Daichi INAGAKI et Ippei MIYAMOTO, 2’14s07.

50 papillon : 1. Junya HASEGAWA, 23s50; 2. Syunichi NAKAO, 23s64: 3. Takeshi KAWAMOTO, 23s67.

100 papillon : 1. Yuuki KOBORI, 51s98; 2. Nao HOROMURA, 52s15; 3. Masato SAKAI, 52s44; 4. Daya SETO, 62s51; 5. Masayuki UMEMOTO, 52s58. En série, Takaya YASUE, 52s32:Yuuma WADA, 52s45.

200 papillon : 1. Masato SAKAI, 1’53s71; 2. Daya SETO, 1’54s28; 3. Nao HOROMURA, 1’55s37 (record du monde junior); 4. Yuyya YAJIMA, 1’55s86 (en série, 1’55s61); 5. Mayasuki UMEMOTO, 1’56s05 (en série, 1’55s45); 6. Yuusuke MIYOSHI, 1’56s86 (en série, 1’56s81) ; 7. Syun WATARAI, 1’57s41; 8. Masafumi OHSAKA, 1’57s46 (en série, 1’56s56). Finale B: 1. Takumi TERADA, 1’57s40; 2. Kouhei FUKASAWA, 1’57s57.   En série, Nao HOROMURA, 1’55s44 (record du monde junior) ; Yuuya SAKAMOTO, 1’57s68.

200 4 nages : 1. Kosouke HAGINO, 1’56s01; 2. Daya SETO, 1’57s58; 3. Takeharu FUJIMORI, 1’58s45; 4. Keita SUNAMA, 1’59s04; 5. Ippei WATANABE, 2’0s23. (en série, 2’0s07).

400 4 nages : 1. Daya SETO, 4’10s44; 2. Kosouke HAGINO, 4’10s45; 3. Takeharu FUJIMORI, 4’11s26. En série, Keita SUNAMA, 4’17s34.

 DAMES.- 50 libre : 1. Rikako IKEE, 24s57.

100 libre : 1. Rikako IKEE, 53s83; 2. 2. Tomomi AOKI, 54s83; 3. Chihiro IGARASHI, 54s98.

200 libre : 1. Rikako IKEE, 1’57s07; 2. Chihiro IGARASHI, 1’57s67; 3. Tomomi AOKI, 1’58s33; 4. Aya TAKANO, 1’58s82.

400 libre : 1. Chihiro IGARASHI, 4’8s28.

800 libre : 1. Yukimi MORIYAMA, 8’32s10.

1500 libre : 1. Yukimi MORIYAMA, 16’20s00.

50 dos : 1. Emi MORONUKI, 27s98; 2. Miyuki TAKEMURA, 28s15, 3. Natsumi SAKAI, 28s37; 4. Noriko INADA, 28s46.

100 dos : 1. Anna KONISHI, 1’0s72; 2. Miyuki TAKEMURA, 1’0s73; 3. Natsumi SAKAI, 1’0s74 (en série, 1’0s74); 4. Emi MORONUKI, 1’0s97; 5. Masumi TAKABA, 1’1s11; 6. Miki TAKAHASHI, 1’1s17; 7. Sayaka AKASE, 1’1s19; 8. Rena NISHIWAKI, 1’1s31 (en série, 1’1s25). Finale B: 1. Rio SHIRAI, 1’1s18.

200 dos : 1. Natsumi SAKAI, 2’10s14 ; 2. Sayaka AKASE, 2’10s22; 3. Yuui OHHASHI, 2’10s39; 4. Mayuko GOTOU, 2’10s86. Finale B: Miki TAKAHASHI, 2’10s78. En série: Rumi TERAMOTO, 2’10s61.

50 brasse : 1. Satomi SUZUKI, 30s66 (record du Japon).

100 brasse : 1. Reona AOKI, 1’6s77; 2. Satomi SUZUKI, 1’6s91 (en série, 1’6s65); 3. Kanako WATANABE, 1’7s09; 4. Miho TERAMURA, 1’7s65.

200 brasse : 1. Reona AOKI, 2’23s24; 2. Satomi SUZUKI, 2’25s27; 3. Sakiko SHIMIZU, 2’26s.

50 papillon : 1. Rikako IKEE, 25s51 (record du monde junior).

100 papillon : 1. Rikako IKEE, 57s39.

200 papillon : 1. Suzuka HASEGAWA, 2’6s29 (record du monde junior) ; 2. Hiroko MAKINO, 2’7s15.

200 4 nages :1. Yuui OHASHI, 2’9s96 ; 2. Runa IMAI, 2’11s51; 3. Miho TERAMURA, 2’11s58; 4. Sakiko SHIMIZU, 2’12s42; 5. Rika OOMOTO, 2’13s02.

400 4 nages : 1. Yuui OHASHI, 4’31s42 (record du Japon, ancien 4’34s46) ; 2. Sakiko SHIMIZU, 4’37s52 ; 3. Miho TAKAHASHI, 4’39s26 ; 4. Wakaba TSUYUUSHI, 4’39s67.

EQUIPE JAPONAISE AUX MONDIAUX DE BUDAPEST

MESSIEURS – Katsumi Nakamura, Shinri Shioura, Ryosuke Irie, Kosuke Hagino, Yasuhiro Koseki, Ippei Watanabe, Masato Sakai, Daiya Seto, Yuki Kobori

DAMES – Rikako Ikee, Chihiro Igarashi, Reona Aoki, Satomi Suzuki, Suzuka Hasegawa, Hiroko Makino, Yui Ohashi, Runa Imai, Sakiko Shimizu

ENTRAINEUR CHEF: Norimasa Hirai.

YUI OHASHI, UNE COVER-GIRL JAPONAISE FRÔLANT L’ANOREXIE AU SOMMET DU 400 QUATRE NAGES MONDIAL

Éric LAHMY

Mardi 18 Avril 2017

Yui Ohashi, la gagnante des deux courses de quatre nages des championnats du Japon, est la grande inconnue de l’équipe nippone sélectionnée pour Budapest. Elle n’avait pu se qualifier pour les Jeux de Rio, malgré une place de podium, où elle apparaissait d’une demi-tête plus grande que ses compatriotes. Les Japonaises ne sont pas riches en gabarit, et elle mesure 1,74m. Elle est aussi extrêmement fine, et on se demande comment ses bras de mannequin frôlant l’anorexie peuvent la porter aussi rapidement sur l’eau. Lors de sa première année à l’université Tohyo, souffrant d’anémie, elle se fractura une rotule en heurtant une table de cuisine à la cafeteria.

Vu de France, il est assez difficile de savoir qui se cache derrière Yui Ohashi. D’une Américaine ou une Australienne qui aurait réussi ses performances, on saurait tout de ses sponsors, de sa famille, de ses débuts dans le sport, de ses premiers entraînements, de son parcours de club en club, de ses préférences alimentaires et autres détails factuels à défaut d’être croustillants. Mais allez gratter quelques infos sur la dernière coqueluche de la natation japonaise ! Comme son nom l’indique, le Soleil Levant se donne à ceux qui se lèvent (très) tôt !!

Elle est née le 18 octobre 1995, m’apprend telle source australienne. Quant à ses photos, elles trahissent une jeune fille au visage racé, au regard distancié, proprement ravissante.

SON COACH, NORIMASA HIRAI, EST LE GÉNIE DE LA NATATION JAPONAISE

Dans Kyodo News, une agence nippone qui arrose l’Asie de ses infos, le journaliste Shintaro Kano nous en donne plus. Il nous apprend pour commencer que Yui est l’élève du coach le plus réputé du Japon, Norimasa Hirai, entraîneur chef de l’équipe japonaise, indiscutable génie des eaux qui doit sa réputation à ses élèves vedettes : Kosuke Kitajima et Kosuke Hagino.  Autant dire que, depuis vingt ans, le meilleur nageur du Japon est chez lui !

Ohashi pourrait bien être sa prochaine championne olympique. La fille, Kano (pour nous, un vrai Kano de sauvetage) nous la présente comme ayant 21 ans,  merci bien. Son temps n’est pas seulement le record du Japon. C’est le record du Japon battu de trois secondes – 4’31s42 contre 4’34s66. Des choses qui ne se font plus beaucoup, ces derniers temps.

L’ancien record appartenait à Sakiko Shimizu depuis les séries des Jeux, où elle termina bonne dernière de la finale olympique avec 4’38s06. Shimizu l’avait précédée aux championnats du Japon 2016, et sur le podium, le visage mélancolique d’Ohashi, au côté de ceux, rayonnant de Shimizu et satisfait de Miho Takahashi, dénonçait laquelle des trois jeunes femmes ne partirait pas à Rio de Janeiro.

Un an plus tard, c’est Ohashi qui triomphe, et de belle façon : les deux « voyageuses » de 2016 ont fini six et huit secondes derrière elle.

SA NON-SÉLECTION OLYMPIQUE A RIO CONSTITUE LE TOURNANT DE SA CARRIÈRE

Ce que vaut ce nouveau record ? S’il reste à distance respectueuse de l’impressionnant monolithe de Katinka Hosszu, 4’26s36 en finale olympique de Rio, il soutient la comparaison avec les temps réalisés par les médaillées d’argent et de bronze de Rio – Maya Di Rado, 4’31s15 et Mireia Belmonte, 4’32s39.

Mais en 2017, Hosszu semble souffrir d’un petit coup de moins bien après ses exploits à répétition des saisons passée, et n’apparait qu’en 5e position sur les bilans mondiaux à neuf secondes de son record. Ohashi mène le monde, de la tête et des épaules, et sa seconde, Mireia Belmonte, pointe à 4’35s01.

A 20 ans, abordant sa quatrième année d’études à l’Université de Tohyo (créée voici deux siècles et haut lieu des études de philosophie), évincée de l’équipe olympique, Yui décida qu’elle n’en resterait pas là. « Je ne pouvais pas laisser tomber. Les championnats 2016, où je suis sortie médaillée, mais pas qualifiée, ont été un virage. J’ai passé l’année à m’assurer de ma qualification (pour Budapest). En février, je suis partie à Sierra Nevada, en Espagne, et je me suis entraînée pendant cinq semaines en altitude. Mes temps, là-bas, étaient bons, et je me préparais avec la détermination d’aller aux championnats du monde. Je me suis donnée à fond, et je crois que c’est ce qui m’a conduite au record. »

Elle poussa énormément sur son style faible, le papillon. Puis, retour d’Espagne, elle s’imposa à l’open Konami de Tokyo, un rendez-vous classique du début de saison, mais son exploit, 4’35s35, à 0s7 du record japonais, passa quelque peu inaperçu, au regard des performances dans d’autres courses des stars japonaises, Rikako Ikee, Daya Seto, Yasuhiro Koseki et Masato Sakai, sans parler du tout nouveau recordman du monde du 200 mètres brasse Ippei Watanabe.

A LA FOIS FORTE ET FRAGILE

Mais, aussi peu remarqué fut-il, ce résultat arma sa confiance… « Avant le Konami, raconte Norimasa Hirai, je lui annonçais qu’elle pouvait nager 4’35s, et elle ne me crut pas. Après la course, je revins vers elle et lui dit, désormais, de me croire quand je lui disais quelque chose. Aux championnats, je lui prédisais un possible 4’31s et c’est ce qu’elle a fait. » Pourtant, elle-même tablait sur un plus modeste 4’33s.

Kosouke Hagino, pour sa part, présente cette jeune fille comme une partenaire d’entraînement opportune : « j’ai depuis toujours dû m’entraîner seul pour les quatre nages, donc elle est bienvenue. »

Préparée prudemment, parce qu’à la fois forte et fragile, Yui accède brutalement à un statut supérieur. Hirai s’efforce de la protéger d’attentes excessives. Le Japon ne cesse de songer que les prochains Jeux olympiques se tiendront à Tokyo, avec tout ce que cela représente en termes d’enjeux émotionnels collectifs. « Le chemin ne sera pas aisé, insiste le coach désireux de dégonfler la bulle d’enthousiasme médiatique… Je pense qu’aux mondiaux de Budapest, elle saura se qualifier pour nager en finale et leur en donner pour leur argent. Après…Il lui faudra encore s’améliorer nettement en papillon et en dos, sans s’interdire de grappiller une seconde ou deux en brasse, voire en crawl. Alors seulement elle sera forte et on pourra attendre d’elle qu’elle rapporte une médaille, » dit-il.

La seule idée que cette cover-girl à la silhouette famélique pourrait surplomber sur un podium les tarzanesques Hosszu et Belmonte a quelque chose de réjouissant !