CHARTRES : MEHDY METELLA TOUT PRÈS DE SON « TOP » ET D’ÉPATANTS JAPONAIS PLUS DES AUSTRALIENS PARTOUT

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Finalement, à Chartres, ce fut un aussi bon meeting qu’on pouvait l’espérer, avec des équipes australienne et japonaise jouant le jeu avec cœur, et des victoires sans performances fracassantes certes, mais de filles et de garçons dont on devrait réentendre parler dans quelques semaines à Budapest. Kosuke HAGINO, le Michael PHELPS japonais, enlevait deux courses de son large répertoire, dimanche, le 200 libre et le 200 quatre nages.

Mehdy METELLA s’employait avec zèle à enlever un 100 mètres papillon tout proche de son top, 51s51, c’est peut-être la meilleure performances masculine de la compétition, encore qu’outre HAGINO, les 1’55s86 d’IRIE sur 200 dos n’ont rien de pâlichon..

Et côté filles, ça y allait aussi, avec les Australiennes qui se mettaient en quatre : à Emma McKEON qui enlevait le 100 libre en l’absence de Charlotte BONNET qui lui avait laissé pour mission de  battre son 54s50 des séries du matin. Mission accomplie pour la fille des Antipodes, en 54s24. Les deux autres succès des Océaniens étaient signés Ariarne TITMUS sur 400 et Holly BARRATT sur 100 dos. Julia EFIMOVA réalisait le grand écart de la brasse, 50 et 200 tandis qu’Iron Lady devançait la filiforme Japonaise Yui OHASHI qui s’était permis au début de saison de dominer le biulan du 400 quatre nages.

MESSIEURS.- 50 libre : 1. Bruno FRATUS, BRA, 21s97 (en séries, 21s73).

200 libre : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’48s24.

1500 libre : 1. WILIMOVSKI, USA, 15’12s54

50 dos : 1. Camille LACOURT, CNM, 24s82; 2. Guilhermo GUIDO, BRA, 25s29; 3. Apostolos CHRISTOU, GRE, 25s34..

200 dos : 1. Ryosuke IRIE, JPN, 1’55s86.

100 brasse : 1. Joao Luis GOMES JUNIOR, BRA, 1’0s39; 2. Grayson BELL, AUS, 1’0s84; 3. Andrei NIKOLAEV, RUS, 1’0s85; 4. Caba SILADJI, SRB, 1’1s08.

100 papillon : 1. Mehdy METELLA, CNM, 51s51.

200 4 nages : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 1’57s38. En séries, Jérémy DESPLANCHES, SUI, 1’59s29. 

DAMES

100 libre : 1. Emma McKEON, AUS, 54s24. En série, Charlotte BONNET, Nice, 54s50.

400 libre : 1. Ariarne TITMUS, AUS, 4’5s21; 2. Eleanor FAULKNER, GBR, 4’8s87; 3. Anja KLINAR, SLO, 4’9s03; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’9s23.

100 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 1’0s05; 2. Kaylee McKEOWN, AUS, 1’1s16.

50 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 29s99.

200 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 2’21s54; 2. Taylor McKEOWN, AUS, 2’24s02; 3. Reona AOKI, JPN, 2’24s75; 4. Jessica VALL, ESP, 2’25s02; 5. Runa IMAI, JPN, 2’25s29.

50 papillon : 1. Mélanie HENIQUE, Marseille, 25s99.

200 papillon : 1. Emma McKEON, AUS, 2’7s49 ; 2. Brianna THROSSELL, AUS, 2’7s90; 3. Han SEHYON, KOr, 2’8s15; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 2’9s49.     

400 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 4’33s81; 2. Yui OHASHI, JPN, 4’35s92; 3. Sakiko SHIMITSU, JPN, 4’38s29; 4. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 4’42s04.

TRIALS US À INDIANAPOLIS – ÇA NE DOUBLE PAS: DRESSEL, ADRIAN, HAAS, GROTHE, CLARK ET DES RELAIS DORÉS EN PERSPECTIVE

SÉLECTIONS US: (1) NAGE LIBRE MASCULINE

Éric LAHMY

Dimanche 2 Juillet 2017

Quand la natation américaine est en verve, ce sentiment qui nous est venu lorsqu’on passa de trois à deux nageurs par nation aux Jeux olympiques et aux championnats du monde, qu’il s’agit d’une restriction avant tout anti-américaine, ce sentiment donc nous revient. Dans tant de courses, le troisième élément des trials est tellement costaud qu’on se dit, souvent, qu’il aurait sa place en finale à Budapest, et parfois qu’il avait des chances de gagner le titre mondial en Hongrie.

D’ailleurs, ce sont des choses qui sont arrivées dans le passé. Mais chacun sait aujourd’hui que les règlements de la FINA ne sont pas dirigés vers l’obtention des meilleures compétitions, mais vers l’humiliation ou au moins au « bridage »des grandes natations pour assurer sa réélection !

 MESSIEURS.- 50 libre  (1er juillet): 1. Caeleb DRESSEL, 21s53 ; 2. Nathan ADRIAN, 21s87; 3. Cullen JONES, 21s89; 4. Zachary APPLE, 22s; 5. Michael ANDREW, 22s03.

***Le super sprint n’est plus l’apanage des USA, mais on sait combine ils peuvent être dangereux, parlez en à Florent Manaudou. Dressel gagne nettement devant Adrian, et se situe, dans le bilan mondial, à portée de Benjamin Proud, 21s32 et de Vladimir Morozov, 21s44, et un rien devant Cameron McEvoy, 21s55. Adrian devance le pur sprinter qu’est Cullen Jones, mais lui-même est quand même plus à l’aise sur 100…

 100 libre (27 juin) : 1. Nathan ADRIAN, 47s96; 2. Caeleb DRESSEL, 47s97; 3. Townley HAAS, 48s20; 4. Zachary APPLE, 48s23 (en séries, 48s14); 5. Michael CHADWICK, 48s48; 6. Blake PIERONI, 48s49; 7. Ryan HELD, 48s53; 8. Ryan MURPHY, 49s21 (en séries, 48s88). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 49s00; 2. Justin RESS, 49s15; 3. Cameron CRAIG, 49s18; 4. Michael JENSEN, 49s27 (en séries, 49s22); 5. Bowen BECKER, 49s46 (en séries, 49s32); 6. Cannon CLIFTON, 49s49. En série, Cullen JONES, 49s16; Matt GREVERS, 49s18; Connor DWYER, 49s40; Daniel KRUGER, 49s44; Jacob PEBLEY, 49s45.

***Classique échange de positions entre le 50 et le 100, par Nathan ADRIAN et Caeleb DRESSEL. Sur la plus longue distance, ils sont les seuls à passer sous la « barre » des 48 secondes, tandis que Townley HAAS donne l’impression de mesurer sa vitesse de base en attente du 200 mètres, qui aura lieu le lendemain, 28 juin. On retrouve dans les séries plusieurs cadors du dos, RESS, GREVERS, PEBLEY,, et en finale le plus fort d’entre eux, Ryan MURPHY.

La course d’Adrian nous rappelle comment notre Jérémy Stravius s’est fait enfumer aux Jeux olympiques, en séries, à suivre l’Américain, dont il avait décidé que celui-ci partait vite. Ici, aux trials, il est encore une fois parti tellement vite, Adrian, qu’il a poussé en 6e position sur le mur du virage, dans le temps de 23s27, derrière à peu près tout le monde : Michael Chadwick, 22s81, Dressel, 22s86, Zachary Apple, 23s05, Ryan Held, 23s13, Townley Haas, 23s18. En revanche, un retour de patron, en 24s69. Bon, sur le mur, un centième d’avance sur Dressel, c’était limite. A priori, aux mondiaux, entre ces deux, Duncan Scott, le Britannique, 47s90, et Cameron McEvoy, l’Australien, 47s91, il est difficile de prévoir le classement. Et Metella, 6e, sur le papier avec ses 48s23, sera-t-il dans le coup ? A voir…

 200 libre (28 juin) : 1. Townley HAAS, 1’45s03; 2. Blake PIERONI, 1’46s30; 3. Zane GROTHE, 1’46s39; 4. Conor DWYER, 1’47s25; 5. Clark SMITH, 1’47s29 (en séries, 1’47s10); 6. Caeleb DRESSEL, 1’47s51 (en séries, 1’47s45). Finale B: 1. Maxime ROONEY, 1’47s47. En séries, Mitch DARRIGO, 1’47s52; Zane GROTHE, 1’47s58.

***Townley HAAS, qui a fait fort depuis deux ans dans les NCAA, est-il en passe de devenir le premier nageur de 200 mètres du monde ? Seul le Chinois Sun Yang, avec 1’44s95, est devant lui. A Indianapolis, il a nagé tellement facile, un peu comme s’il était seul au monde : 24s26, 50s85, 1’17s84, c’est-à-dire le plus rapide au premier (24s26), au deuxième (26s59) et au troisième (26s99) bassin qu’un petit coup de moins bien (27s19), ne lui enlevait rien.

Le relais US, avec un tel meneur, sera fort. Mais attention aux Britanniques et aux Australiens entre autres…

 400 libre (30 juin) : 1. Zane GROTHE, 3’44s43; 2. Clark SMITH, 3’45s91; 3. Townley HAAS, 3’46s41; 4. Grant SHOULTS, 3’48s73; 5. Mitch D’ARRIGO, 3’50s61; 6. Kevin LITHERLAND, 3’51s84 (en séries, 3’50s24); 7. Trey FREEMAN, 3’51s99 (en séries, 3’50s91). Finale B: 1. Jay LITHERLAND, 3’50s36 ; 2. Patrick CALLAN, 3’51s14. En séries, Andrew ABRUZZO, 3’50s69; True SWEETSER, 3’51s14; Liam EGAN, 3’51s73.

***J’avoue que j’attendais un peu Townley HAAS, beau vainqueur deux jours plus tôt du 200, mais il a été barré par Zane GROTHE et par le géant Clark SMITH. GROTHE se hisse au niveau de Mackenzie HORTON et de PARK TaeHwan, juste derrière SUN Yang et Gabriele DETTI. GROTHE s’était qualifié riquiqui, avec le 7e temps, et son 400 a rejoint la cohorte des grandes courses menées depuis une ligne extérieure. HAAS, à la ligne 5, montrait son habituel panache au départ (53s95, 1’51s71), mais GROTHE s’avérait plus tactique, ce qui paie mieux dans un 400, le rejoignait à mi-course (1’51s63), puis ne cessait d’accélérer et réalisait un 400 parfaitement équilibré, au grand dam de Clark SMITH qui avait beau faire rouler l’énorme compas de ses bras d’araignée géante, devait laisser du terrain. Smith, cependant, parvenait ce faisant contrer tout retour de HAAS…

 800 libre (1er juillet) : 1. Clark SMITH, 7’50s43; 2. Zane GROTHE, 7’50s97; 3. True SWEETSER, 7’55s29.

***SMITH et GROTHE intervertissaient leurs places sur 400, sans jamais être séparés de plus d’une seconde et demie, Smith menant de bout en bout. Grothe se lâchait en sprint, reprenait les trois quarts de l’avance, en 55s56 contre 57s42, mais il était parti de trop loin…

1500 libre (27 juin) : 1. True SWEETSER, 14’59s73; 2. Robert FINKE, 15’1s31; 3. PJ RANSFORD, 15’1s82; 4. Andrew ABRUZZO, 15’7s97; 5. Michael BRINEGAR, 15’10s66; 6. Kevin LITHERLAND, 15‘10s93; 7. Chris YEAGER, 15’17s90.

***Sweetser, un nageur d’eau libre… Il semble que, soit ceux-ci investissent le 1500 mètres, soit les nageurs de 1500 investissent l’eau libre. C’est sûr, il y a une certaine consanguinité entre ces épreuves. Arithmétiquement parlant, c’est faux, mais techniquement et mentalement, le 1500 est plus près du marathons nautique que du sprint !

A part ça, Sweetser et Finke auront du mal à arriver en finale à Budapest.

CHARTRES: UN MEHDY METELLA TROP SEUL, ET UNE CHARLOTTE BONNET TROP ACCOMPAGNÉE

Éric LAHMY

1er Juillet 2017

Ce ne fut pas une course de finale mondiale, n’exagérons pas, sans Katie LEDECKY, d’ailleurs, il ne peut y avoir aujourd’hui de finale mondiale sur 800 mètres, (ni sur 1500m 400m, ou 200). Mais une épreuve serrée, entre trois bonnes nageuses de long. Mireia BELMONTE, qui a eu le dernier mot, n’est, ne l’oublions pas, la seule au monde à avoir battu les huit minutes sur la distance (en petit bassin). Avec elle et dans son sillage, la jeune et la vieille lunes australiennes, Ariarne TITMUS, 17 ans, première ondine de Tasmanie, et Jessica ASHWOOD, 24 ans, représentant du continent austral depuis un ou deux lustres, mais, disons le, assez pâle écho de ce que furent les reines du demi-fond des Antipodes, Lorraine CRAPP, Ilsa KONRAD, Karen MORAS, Shane GOULD, Jennifer TURRALL, Michelle FORD et Tracey WICKHAM pour ne citer qu’elles ! Toujours brillantes, parfois dominatrices (CRAPP) et parfois même supérieures de façon intimidante (Shane GOULD).

Jusqu’aux trois cents environ, les deux Australiennes menèrent l’allure et on pouvait imaginer, à condition de ne pas connaître BELMONTE, que l’une d’elles allait enlever ce 800 mètres du meeting de Chartres. Mais dès les deux cents mètres, Mireia se régla sur un rythme de 1’4s, remonte, prit l’avantage. Elle ne menait que de fort peu encore à quatre longueurs du but, mais, l’air de ne pas y toucher, elle finit par accumuler au dernier virage un pécule de l’ordre d’une longueur de corps. TITMUS, en 30s17, et ASHWOOD, en 30s33, pouvaient finir plus vite qu’elle, BELMONTE l’emportait d’une longueur.

Le 200 mètres fut aussi âprement disputé, avec cette différence, pour le public, qu’une Française y était impliquée. Charlotte BONNET attaqua d’entrée, laissant à la redoutable Emma McKEON la tâche de revenir. La mince Australienne, vraie teigneuse devant l’Eternel, s’y employa avec cette âpreté qui la distingue, disputant la gagne sans jamais céder, et finit par toucher onze centièmes devant la Niçoise. Sur le bilan de la saison, McKeon dominait BONNET de douze centièmes ; autant dire qu’à Chartres, les deux filles avaient respecté leur écart de valeur [même si Charlotte lui avait repris un centième (hum! hum!)].

Sur 100 mètres, Mehdy METELLA ne rencontrait pas, lui, une adversité à sa mesure. Cela aurait pu, ou dû : mais James MAGNUSSEN, le double champion du monde australien, qui avait marqué les séries d’un joli 48s85, se défaisait en finale. Le Marseillais nageait pour ainsi dire seul, et en 48s46, approchait son record de la saison, 48s23.
Julia EFIMOVA sur 100 brasse et Katinka HOSSZU auteur d’un doublé 200 dos, 200 quatre nages, se retrouvaient, elles, pour ainsi dire, à leur meilleur.  HOSSZU, qui plus est, avait signé un joli temps dans les séries du 200 libre, avant de déclarer forfait en vue de se concentrer sur ses épreuves phares. ça ne lui ressemble pas, elle ne serait pas un peu malade, cette petite!

Les 200 brasse et 400 quatre nages ressemblèrent à des démonstrations du champion du monde allemand de Kazan KOCH et du champion olympique japonais de Rio HAGINO.  

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Mehdy METELLA, CNM, 48s46; 2. Kacper MAJCHRZACK, POL, 49s39; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 49s54 (en séries, 48s85); 4. Clément MIGNON, CNM, 49s57. En séries,   Daniel SMITH, AUS, et Oussame SAHNOUN, ALG, 49s42

400 libre : 1. Filip ZABOROWSKI, POL, 3’51s29; 2. ; 2. Miguel DURAN, ESP, 3’51s81 (en séries, 3’51s10); 3. Jack McLOUGHLIN, AUS, 3’51s89; 4. Damien JOLY, Antibes, 3’52s32.

100 dos : 1. Ryosuke IRIE, JPN, 53s56 ; 2. Guilhermo GUIDO, BRA, 54s46; 3. Apostolos CHRISTOU, GRE, 54s65.

50 brasse : 1. Joao Luiz GOMES JUNIOR, BRA, 27s40; 2. Andrei NIKOLAEV, RUS, 27s44; 3. Caba SILADJI, SRB, 27s71.

200 brasse : 1. Marco KOCH, GER, 2’10s36; 2. Lennart BREMER, AUS, 2’14s16.

50 papillon : 1. Andrii GOVOROV, UKR, 23s30 (en séries, 23s19). Konrad CZERNIAK, POL, en séries, 23s62.

200 papillon : 1. Louis CROENEN, BEL, 1’59s34.       

400 4 nages : 1. Kosuke HAGINO, JPN, 4’13s73; 2. Jeremy DESPLANCHES, SUI, 4’18s28.

DAMES.- 50 libre : 1. Anna SANTAMANS, CNM, 24s96 (en séries, 24s94).

200 libre : 1. Emma McKEON, AUS, 1’57s31; 2. Charlotte BONNET, Nice, 1’57s42; 3. Madison WILSON, AUS, 1’57s93; 4. Eleanor FAULKNER, GBR, 1’58s63; 5. Manuella LYRIO, BRA, 1’58s94. En séries, Katinka HOSSZU, HUN, 1’58s34.

800 libre : 1. Mireia BELMONTE GARCIA, ESP, 8’27s33; 2. Ariarne TITMUS, AUS, 8’28s51; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 8’28s54

50 dos : 1. Holly BARRATT, AUS, 27s81; 2. Kaylee McKEOWN, AUS, 28s37; 3. Mathilde CINI, CNM, 28s28.

200 dos : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’8s83; 2. Hilary CALDWELL, CAN, 2’10s31

100 brasse : 1. Julia EFIMOVA, RUS, 1’5s29 ; 2. Jessica HANSEN, AUS, 1’7s09; 3. Jessica VAL, ESP, 1’7s48; 4. Taylor McKEOWN, AUS, 1’7s49.

100 papillon : 1. An SEHYEON, KOR, 58s14; 2. Emma McKEON, AUS, 58s70 (en séries, 58s51) ; …4. Marie WATTEL, FRA, Loughborough, 59s05.

200 4 nages : 1. Katinka HOSSZU, HUN, 2’9s83; 2. Yui OHASHI, JPN, 2’11s21; 3. Sydney PICKREM, CAN, 2’11s32; 4. Julia EFIMOVA, RUS, 2’11s65; 5. Sakiko SHIMIZU, JPN, 2’12s06; 6. Runa IMAI, JPN, 2’12s36.

LAURENT GUIVARC’H DE FONT-ROMEU A KANAZAWA VIA PARIS EN PASSANT PAR LA CASE PHILIPPE LUCAS

Éric LAHMY

Samedi 1er Juillet 2017

Suite à nos deux articles précédents, ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!, et JACQUES FAVRE SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNEES AU POSTE, on apprend que l’entraîneur qui devrait seconder à Font-Romeu Richard MARTINEZ – maintenant qu’Anne RIFF a libéré la place – n’est pas encore nommé. Cela paraissait être Yoann EXBRAYAT. Mais le choix définitif est remis, et un nouvel appel à candidatures est proposé par la Fédération, auquel EXBRAYAT, Robin PLAT et… tous autres entraîneurs intéressés pourront se présenter.

DTN intérimaire, Laurent GUIVARC’H, défend cependant les jeunes entraîneurs qu’il a récupérés pour l’INSEP et Font-Romeu : « nous ne les avons pas choisi au hasard, ce sont des entraîneurs performants, de vrais formateurs de nageurs, et, pour ce qui concerne EXBRAYAT, par exemple, les Anglais ont failli nous le piquer, je trouve qu’on s’en a assez perdu comme ça, » m’a-t-il expliqué au téléphone depuis Chartres où il se trouve.

Pour ce qui est des échanges avec Philippe LUCAS au sujet de la disparition de sa prime olympique, GUIVARC’H complète l’explication donnée par Gilles SEZIONALE, et il parait bien qu’il y ait eu un malentendu avec LUCAS : « non seulement il n’y a pas volonté d’ôter quoique ce soit à un entraîneur de mérite, mais nous sommes en train de peaufiner un autre type de contrats, qui pourraient s’appeler contrats de performance(s), en remplacement des contrats olympiques qui, un, ne conviennent pas à l’autorité de tutelle et deux, au sujet desquels nous avons eu droit aux remarques de la cour des comptes régionale ! Mieux même : nous avons appris que Philippe entraînait gratuitement la nageuse néerlandaise Sharon Van Rouwendaal. Nous avons donc pris contact avec la Fédération hollandaise et lui avons proposé de signer un contrat pour la championne olympique des 10 kilomètres de Rio, et il a tout de suite accepté. Autant dire que nous sommes allés récupérer des sous pour LUCAS ! »

GUIVARC’H  se défend aussi de s’être montré « désinvolte » ou « arrogant » devant le jury du ministère des sports :

« J’avais demandé de décaler mon entretien de candidature au poste de DTN en raison des difficultés liées à mon emploi du temps ce jour là, et cela m’a été refusé. Il faut savoir que, retour des championnats de France de Schiltigheim, j’avais à peine eu le temps de passer chez moi, de courir au ministère, de passer devant le jury, puis dans la soirée, de courir à l’aéroport et attraper mon avion, direction le Japon. C’était un déplacement que je ne pouvais laisser tomber, une invitation du maire de Kanazawa. Avec le président, nous avons signé un agrément qui va nous donner l’accès à la plus récente piscine olympique du Japon. C’est là que nous préparerons les Jeux olympiques de Tokyo, autant dire que c’est verrouillé avec trois ans d’avance. Nous envisageons d’ailleurs également d’y préparer les championnats du monde de Gwangju, en 2019. »

AU MEETING DE CHARTRES, DU BEAU MONDE SUR LES PLOTS

Éric LAHMY

Samedi 1er juillet 2017

Survivre aux dégâts provoqués par la « gestion » (les guillemets s’imposent) LUYCE est une des tâches qui incombent au bureau directeur actuel. On sait qu’ayant vendu à Chartres un désastre de Coupe du monde FINA (admirez la répétition) au sortir des Jeux olympiques de Rio, qui s’est achevé sur une participation étique, mais un déficit resplendissant, l’ex président de la Fédé s’était senti contraint d’offrir une contrepartie à une municipalité dont le fort enthousiasme pour la natation avait été sévèrement douché. On a déplacé alors le meeting fédéral de Vichy (too bad) à Chartres à titre de compensation. Sezionale nous disait hier qu’il avait tenu à obtenir des clubs une présence luxueuse de ce qui nage le plus vite dans l’Hexagone pour tenir ses engagements et effacer les déconvenues d’hier. Se sont greffés quelques-uns des plus forts éléments de grandes et moins grandes nations, pour quel résultat ? Cette seconde cathédrale de Chartres qu’est le centre nautique, l’un des plus beaux d’Europe, s’apprête à accueillir ce week-end (aujourd’hui et dimanche) un meeting qui promet ne serait-ce que par les noms réunis sur le programme.

A sept semaines des mondiaux, les niveaux de forme risquent d’être variés, selon la distance nagée, l’approche (affûtage ou montée en puissance), le travail effectué en altitude ou non, et tous les paramètres individuels possibles, (si vous préférez, on ne promet pas des nageurs au plus tranchant de leur forme) mais ça pourrait bien être du lourd. Il y aura Kosuke HAGINO (le Michael Phelps japonais, champion olympique du 400 mètres quatre nages), la championne olympique du 200 mètres papillon espagnole Mireia BELMONTE GARCIA, la triple championne olympique et double recordwoman du monde des quatre nages Katinka HOSSZU, le champion du monde du 200 mètres brasse Marco KOCH, Cesar CIELO FILHO, le toujours recordman du monde du 100 mètres, lequel n’est certes que l’ombre de ce qu’il fut, la Russe Julia EFIMOVA, dont on a perdu le goût de faire fête après ses flirts poussés avec certains composés moléculaires, le double champion du monde du 100 mètres James MAGNUSSEN, le Tunisien Ahmed MATHLOUTI, le Suisse Jeremy DESPLANCHES, le double champion du monde des quatre nages Daya SETO une solide nageuse de demi-fond Australienne, Jessica ASHWOOD, une tripotée de bons sprinteurs brésiliens avec Gustavo BORGES, Marcello CHIERIGHINI, Bruno FRATUS, Joao GOMES (59s4 au 100 brasse), et les Français  Charlotte BONNET, Damien JOLY, Camille LACOURT…

ET POUR UNE DIRECTRICE TECHNIQUE NATIONALE DE LA NATATION, VOTEZ SÉVERINE ROSSET!

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Avec huit candidats, voilà que la nomination d’un Directeur technique National de la Natation Française s’est compliquée, pour la satisfaction des gens du Ministère.

Tous les concurrents au titre ne se sont pas dévoilés. Outre Laurent GUIVARC’H, par ailleurs intérimaire au poste, Richard MARTINEZ, l’entraîneur de Font-Romeu, Philippe DUMOULIN, aujourd’hui en poste à la fédération de volley-ball, et Jacques FAVRE, téméraire ancien titulaire qui se représente, à l’encontre du dicton (de la boxe poids lourds, il est vrai) : « they never come back ! », on ne connait avec certitude que le nom d’un candidat (et c’est une candidate) et on nourrit quelques suspicions sur la personnalité d’un deuxième. D’autres ont été suscités par le Ministère, et deux nous restent inconnus. Des conseillers techniques ont été vivement encouragés depuis le 95 avenue de France, à Paris, à candidater…

La candidate dont l’identité est certaine, c’est Séverine ROSSET. Elle s’est décidée à la onzième heure, la veille de la date butoir, déterminée par le Ministère des sports, du 30 juin. Pour ceux qui ne la connaissent pas, ROSSET est une technicienne expérimentée et appréciée qui a beaucoup et semble-t-il très bien travaillé avec les équipes de jeunes.

Étudiante au lycée Pontus de Tyard, à Chalon-sur-Saône (1988-1991), puis à l’Université de Dijon (1991-1993), elle entre, maîtrise d’EMS et maîtrise éducation en poche, à l’UFR Staps de Dijon (1993-98), puis, comme agent de développement à l’Alliance Dijon natation (1999-2002). Conseillère technique du Nord-Pas-de-Calais (2002-2011), elle postule et obtient la charge de Directrice technique de la natation marocaine. Mauvaise pioche, car elle n’a pas une année de présence, (août 2011 – juillet 2012), quand le président de la Fédération est arrêté et emprisonné pour malversations. La fédération est en banqueroute.

Séverine, qui n’a rien à voir dans ce pastis, et qui, d’ailleurs, est administrativement rattachée au ministère des sports à Rabat n’a plus qu’à rentrer en France.

Francis LUYCE tient à la récupérer dans sa région, où elle a servi neuf ans, mais ses vœux à elle lui font souhaiter sa Bourgogne d’origine. Christian DONZÉ, le DTN, va court-circuiter à l’occasion l’ogre-président. Traitant directement avec le ministère, il parvient à faire atterrir notre héroïne selon ses désirs. Avec le sens de l’humour délicieux qui le caractérise,  Luyce gronde en direction de Donzé : « je ne vous le pardonnerai jamais » et (charmant garçon) tiendra sa lourde promesse.

« J’ai longtemps hésité, expliquait hier Séverine au téléphone, depuis les championnats des jeunes de sa région, au sujet de sa démarche. J’y pensais dès le début mai, j’en ai parlé avec des entraîneurs, j’ai vu des gens. Finalement, j’ai envoyé ma candidature hier (le 29). Entre-temps, j’ai révisé un peu les éléments de ce qui pourrait être un programme à présenter devant le ministère. Un DTN doit travailler à défendre les axes que nous assigne le ministère : la formation, la citoyenneté, apprendre à nager…

« Pour moi, l’essentiel, c’est le terrain. Avoir été conseiller technique et entraîneur de club, responsable des équipes de France des jeunes pendant longtemps m’a formée, je crois, à ma tâche. Avec Christian DONZÉ, Olivier NICOLAS, on travaillait à la relève. Des gens comme AGNEL, MUFFAT, BONNET, sont passés par ces équipes.

 « Le DTN est une courroie de transmission, ajoute-t-elle ; au-delà de la technicité, il doit aider les gens à travailler, les placer dans une bonne ambiance. »

Séverine ROSSET, cela pourrait être une bonne idée, et pas seulement parce que, dans un sport à majorité féminine, il serait bienvenu de nommer enfin, après un demi-siècle et des bricoles, une DTN… Outre la technicité, elle pourrait amener de la sérénité dans le fonctionnement de sa partie.

L’autre candidat possible, lequel pourrait bien faire son « coming-out » ce week-end, est le Marseillais Romain BARNIER. Le contraire d’un usurpateur, lui aussi, bien sûr, mais qui devrait avoir du mal à convaincre le Bureau directeur de la FFN. A suivre…

Entre-temps, on le disait ce matin, Laurent GUIVARC’H a profité, lui, de son intérim, pour… faire reculer ses chances ! Outre de n’avoir pas joué finement, semble-t-il, devant le jury du Ministère, il s’est valu de bons copains aux championnats de France, en allant annoncer aux entraîneurs olympiques Fabrice PELLERIN, Romain BARNIER et Philippe LUCAS que leur prime olympique n’était pas reconduite. Il ne s’agissait, nous expliquait le président, Gilles SEZIONALE, que de répondre à une remarque de la cour des comptes ; une nouvelle reconduction de ces contrats aurait valu « cédéisation », chose qui n’avait pas été évitée dans le cas de Denis AUGUIN. Sezionale veut, dit-il, trouver une autre solution financière pour ces grands serviteurs du sport. Mais en attendant, il fallait passer par la non reconduction des contrats en question.  

On se demande comment les choses ont pu se dérouler pour qu’on frôle la crise de nerfs. L’affaire se serait surtout mal passée avec LUCAS, qui a pris l’intérimaire de haut,  lui assénant un « qui tu es, toi ? » avant les échanges de noms d’oiseaux.

Ça va peut-être passer aux Guignols de l’info ?

Alors qu’il n’est pas encore assuré du poste, GUIVARC’H a déjà déployé sa stratégie, et écarté un technicien respecté, Didier SEYFRIED, lequel après avoir servi pendant  des lustres à la recherche de l’INSEP depuis 1988, et appuyé bénévolement une multitude d’actions fédérales, avant de rejoindre la FFN il y a trois ans, avait été assez malmené par Jacques FAVRE avant de trouver une niche comme adjoint de Stéphane LECAT à l’eau libre. SEYFRIED croyait, au départ de FAVRE, avoir échappé à son tourmenteur, mais il était tombé de Charybde en Scylla.

GUIVARC’H veut du sang neuf et fait place nette sans attendre les départs à la retraite (dont celui, acquis hier, de Pierre AMARDEILH). En recherche de point de chute, SEYFRIED m’apprenait hier qu’il effectuerait la rentrée à la FFSU (sport universitaire).

GUIVARC’H parait avoir certaines idées, ce qui est tout à son honneur, et a donc promu un nouvel entraîneur assez peu connu venu de Nouvelle-Calédonie à l’INSEP ; Robin PLAT, adjoint au service recherches, qui désirait s’investir dans l’entraînement, après s’être posé en candidat au poste à l’INSEP, jeta son dévolu sur Font-Romeu. Ann RIFF, qui y assistait Richard MARTINEZ, dans une situation de quasi-découragement (plus que deux entraîneurs, après le départ non remplacé d’Eric Rebourg), envisageait de vider les lieux et avait candidaté au CREPS de Montpellier. C’est chose faite. RIFF restera basée dans les Pyrénées, mais n’entraînera plus.

A FONT-ROMEU AU REVOIR, ANNE RIFF, BONJOUR, RIFIFI!

Tout cela, direz-vous, évoque les chaises musicales plus que la natation. Mais ce n’est pas tout. PLAT, dans la perspective du retrait de RIFF, avait été contacté aux championnats de France de Strasbourg par MARTINEZ, qui lui avait suggéré de monter à Font-Romeu. PLAT avait répondu avec enthousiasme. « L’affaire était ficelée avec l’assentiment de la DTN »…Mais il s’agissait de la DTN de Jacques Favre, et GUIVARC’H, intérimaire ou pas, eut tôt fait de faire capoter le projet et d’imposer une autre solution, un jeune entraîneur de Vichy-Bellerive, Yoann EXBRAYAT. Je n’ai rien contre EXBRAYAT, certes, mais en ce qui concerne Guivarc’h, je me dis que coller d’autorité à MARTINEZ, pour le seconder, un jeune entraîneur qu’il ne voulait pas, c’est peut-être une forme d’ignorance des ressorts psychologiques humains!

Un faux plat, en quelque sorte !

LE NEUVIÈME CANDIDAT – LES POSTULANTS À LA DTN SE MULTIPLIENT DE TROIS À HUIT… JACQUES FAVRE, QUI S’EST TOUT JUSTE RETENU D’AJOUTER SES PROPRES PRÉTENTIONS, SE SOUVIENT DE SES DEUX ANNÉES AU POSTE…

Éric LAHMY

Jeudi 30 Juin 2017

Le nombre des candidats à la Direction technique de la Fédération française de natation a bondi, qui est monté de trois à sept la semaine passée, huit aujourd’hui. Pourquoi ? Au Ministère, on prétend que Gilles SEZIONALE aurait été déçu de ne trouver que trois noms de candidats au poste et demandé de retarder les délais de candidatures jusqu’au 30 juin (et donc aujourd’hui). Par ailleurs, on suggère que c’est le ministère qui a manœuvré en l’occurrence, n’ayant pas été convaincu par les trois candidats.

On désirait nommer un DTN pour huit ans (sept si ça continue de piétiner) et l’âge de deux prétendants, 62 ans pour Philippe DUMOULIN, 59 ans pour Richard MARTINEZ, aurait troublé l’autorité de tutelle. Faudra-t-il envoyer Francis LUYCE à la direction des sports pour qu’il y explique qu’on peut être (plus ou moins) fringant à 70 ans ?

Ici, on ne sait plus trop bien où se trouve le souhait de SEZIONALE de vouloir Laurent GUIVARC’H, s’il lui suscite des rivaux pour s’assurer que le poste le plus risqué de la natation français attire encore les vocations. A méditer…

La farce serait qu’après avoir auditionné les nouveaux impétrants, le ministère proposerait une short-liste dans laquelle ne se trouverait pas le nom de GUIVARC’H, dont la prestation, décontractée jusqu’à la désinvolture, à la veille d’un départ pour le Japon, aurait indisposé le jury ministériel. Allons bon…

Parmi tous les postulants, un qui hésite quand même un peu, mais se juge digne de tenter le coup, je vous le donne en mille, c’est Jacques FAVRE. L’ancien tenant du titre, viré promptement par SEZIONALE après les élections du 2 Avril.

FAVRE s’est fendu d’une lettre à la directrice des sports, qui a dû bien se marrer (mais elle ne nous l’a pas dit).

QUAND L’ANCIEN DTN FAIT LA LEÇON

Il s’agit très certainement d’une entreprise qui, si elle était sérieusement envisagée, aurait le moins de chances d’aboutir, ne serait-ce que parce que FAVRE avait mené campagne pour LUYCE contre SEZIONALE, jusqu’au 2 avril, une action que l’actuel président élu ne lui pardonnera pas. Mais dans ce document, FAVRE se donne la liberté d’agacer ceux qui l’ont écarté, presque de faire la leçon.

« Évincé depuis le 2 avril dernier du poste de DTN de la Fédération Française de Natation après deux ans d’exercice,… suite aux élections fédérales, ma mise à pied est intervenue sans entretien de la part du Président et/ou de son premier vice-président, alors qu’à aucun moment ma possible éviction n’avait été évoquée, se plaint FAVRE. Cet usage brutal, d’un autre temps, met en exergue la précarité du statut des DTN et montre la limite de la continuité de l’action publique. En tant que représentant de l’Etat, le DTN devrait être protégé au regard de la responsabilité qui lui incombe dans l’orientation des financements publics et dans le management des cadres techniques dédiés aux fédérations. »

Jacques FAVRE estime ainsi avoir été victime d’un « procès en sorcellerie ». De quoi s’agit-il ? De sa non appartenance au corps des cadres techniques et de sa connivence forte avec le Cercle des Nageurs de Marseille.

…Autant le dire tout de suite. Publier le point de vue de FAVRE n’est pas y adhérer. Mais donner son opinion… en la prenant comme le produit d’un regard devenu extérieur, après avoir été privilégié, dans le monde de la natation, ou du moins de la fédération, me parait légitime.

« LES NOUVEAUX DIRIGEANTS DE LA FÉDÉRATION NE SONT PAS SI NEUFS »

FAVRE suggère – ce n’est pas faux –que les nouveaux dirigeants de la Fédération ne sont pas si neufs qu’on le prétend : « j’ai laissé s’exprimer les « nouveaux » dirigeants de la FFN sur leurs « nouveaux » projets, dit-il, et ses réserves concernant leur nouveauté se distinguent dans l’emploi des guillemets. Pourtant ces derniers avaient entériné par leur vote unanime tous les programmes techniques et sportifs structurants présentés par la DTN en assemblées générales de 2015, 2016 et 2017. »

Bien entendu, ce n’est pas forcément en contrepoint de ses programmes « structurants » que SEZIONALE and co l’ont écarté. FAVRE a orchestré le blog du président candidat, avant les élections du 2 avril, donc agi contre ses adversaires, lors d’une campagne très dure, marquée de quelques coups bas du pouvoir en place. Il avait donc quitté en l’occurrence la réserve à laquelle sa position aurait dû le contraindre. Bref, il s’était déporté un peu, beaucoup, hors des clous.

QUAND MARSEILLE CERCLE AUTOUR DE PANTIN

Dès lors, FAVRE a beau  s’élever contre « une forme d’omnipotence présidentielle dans la gouvernance des fédérations et … les tendances corporatistes du monde du sport », l’ « omnipotence » du président vient de sa situation d’élu (pas du peuple, je dois l’admettre dans le cas de la FFN), alors que le DTN est un contractuel nommé et donc révocable (1). Il n’est pas sûr, comme le dit encore l’ancien DTN, que «  le déploiement des actions de la Fédération Française de Natation soit altéré par l’incapacité des membres du Bureau fédéral et du Comité Directeur à mener et à assumer une politique commune, », mais il est certain qu’à l’avenir l’argument du « président Luyce qui pèse sur les dossiers » ne pourra plus être évoqué. Il s’agira, pour SEZIONALE et ses amis, passés en première ligne, de conduire LEUR barque habilement…

Mais bon, l’idée avec laquelle s’amuse FAVRE, c’est : « puisque le poste de DTN auprès de la Fédération Française de Natation est de nouveau ouvert », de présenter à nouveau sa candidature. La bonne farce jouée à la rue Scandicci serait même galéjade, plus, galéjade marseillaise, car à côté d’une candidature de Romain BARNIER, elle aurait fait deux prétendants phocéens au siège directorial de la rue Scandicci, à Pantin. Qu’est-ce qu’on s’amuse !

FAVRE ne se cache pas d’avoir beaucoup aimé ses années de patron des techniciens, où, « en rupture avec les mœurs séculaires de la FFN », il « essaie de poser les jalons d’un management différent dont les effets, comme dans toute conduite du changement, devraient porter leurs fruits à moyen terme. Mon engagement a été total et constant. Il correspond aux valeurs inclusives que je porte. Je n’ai pas pu aller au bout de mon action. »

La lettre de FAVRE survole bien trop les faits, selon moi, dans sa rédaction, planant à hauteur de concepts, pour qu’on puisse la rattacher indubitablement à certains épisodes connus de son action, même s’il parait vouloir se dédouaner d’avoir conduit l’équipe de France de Rio à son échec (assez prévisible et très relatif, quoi qu’on ait pu dire ici ou là) dans un mouvement de « c’est pas moi, c’est les autres » discutable. Il accuse « un défaut de solidarité de certains dirigeants en place et… un manque de relais dans les régions soit par défiance, soit par négligence, soit par défaut de synchronisation de la politique commune sur les territoires. »

LES REPÊCHAGES, RENVERSEMENT OU RENIEMENT ?

Oublions le désastreux épisode des repêchages, sur lequel il refuse toute contrition, ajoutant même : « Je ne me dédouane pas des sélections de Rio ! J’assume avoir « renversé la table » pour essayer de présenter la meilleure équipe de nageurs et d’entraîneurs de l’olympiade pour représenter la France. Je n’ai aucun regret sur la sélection », ce qui oblitère l’effet négatif sur les nageurs de ce « renversement », en fait un reniement !

Oublions donc… Et admettons, ou feignons d’admettre.

« Malgré le discours d’apaisement des « nouveaux dirigeants », continue FAVRE, les résultats des élections laissent une fédération divisée sur les territoires et une Direction Technique Nationale encore une fois fragilisée. Le projet de déconstruction aujourd’hui en œuvre à la FFN, sur le mode participatif porteur du renouveau dans la gouvernance sera, encore une fois, contre-productif. La Direction Technique de la Fédération Française de Natation a déjà sécurisé une grande partie des actions pour l’olympiade à venir et s’est organisée, sous mon initiative, en maillant les nouvelles régions avec une équipe de Directeurs Techniques Régionaux. »

Disons cependant que son successeur  (quoique simple intérimaire) s’est attelé illico à la tâche de détricoter certains détails de son action. Il faudra y revenir.

FAVRE évoque son programme des jeunes (Gavroche), son projet de performance fédéral (PPF) dont il estime qu’ils « offrent une stabilité à l’institution. » Et d’ajouter : « La philosophie inclusive que j’ai préconisée pendant deux ans, en rupture avec les archaïsmes d’exclusion liée à la pratique du haut niveau est le cœur du débat. Le sport ne doit pas être vécu comme un sacerdoce expiatoire et personnel, comme une forme d’ascétisme du moine athlète, mais comme une expérience singulière et duale vers la réalisation créative du duo entraîneur/entrainé. »

INSCRIT EN CREUX DANS LE PROGRAMME DE SEZIONALE

« Au-delà de la pratique compétitive, une fédération ne se dirige pas comme une PME, le résultat ne se mesure pas uniquement au nombre de médailles olympiques ou de nouveaux licenciés, il devrait se mesurer aussi à l’aune [de] son impact sur la société. La prise en compte de l’impact social et citoyen du sport, en particulier à travers le plan « j’apprends à nager » ne se résume pas à la multiplication d’opérations sur des plages et à des incitations financières pour les clubs mais plutôt par des actions visant à accompagner des publics en difficulté plus éloignés de nos associations, il en va de la cohésion sociale de notre pays et non pas de la croissance du nombre de licences nouvelles. »

Les enjeux que propose ici FAVRE s’inscrivent parfois un peu trop clairement en creux dans ce que le programme sportif de SEZIONALE a eu l’air de négliger ou n’a pas voulu aborder, comme la formation de dirigeants, et d’entraîneurs, ou la refonte de la loi de 1901 (vaste débat), mais il parait persuadé que « les DTN au cœur des fédérations, pourraient être la clé de voûte au service de cette grande ambition commune, leur position est centrale, leur statut ne devrait pas être fragile. À quelques semaines de l’attribution des JO de 2024 à la France, notre pays est aujourd’hui une nation de sportifs, mais pas encore une nation sportive ; elle le deviendra certainement avec l’effet accélérateur des JO mais surtout en inscrivant le sport dans notre schéma sociétal à travers le sport santé, le sport en entreprise et en installant des politiques volontaristes fortes luttant contre toutes les formes de discrimination. Le chemin est encore long, pour la FFN, je pense être apte à le tracer en mettant en partage des idées novatrices issues de différents modèles de pensée, c’est aujourd’hui la seule méthode pour dépasser les limites de notre système qui appartient à l’ancien monde. Mais l’absurdité de la situation actuelle et la violence de l’interruption de ma mission pour des motifs, semble-t-il, « politiques » par les nouveaux élus de la FFN me pousseraient à reprendre à mon compte la réplique célèbre de Bartleby (2) : « je préférerais ne pas…»

Bien sûr, d’aucuns pourront songer qu’à travers une telle production littéraire, FAVRE rend au « système » la monnaie de sa pièce. Il semble prendre en riant le Ciel à témoin : « Je ne fais pas de règlement de comptes je note l’absurdité du système. Perdre un an encore c’est perdre 4 ans… »

 

(1). Il n’y a pas d’omnipotence, il y a la position de l’élu, intouchable pendant la durée de son mandat, plus forte que celle du contractuel. On sait ou on se sait pas (mais j’aime trop le raconter pour ne pas le raconter à nouveau), que le premier DTN de la natation française, nommé par le Ministère contre la volonté de la Fédération, Pierre BARBIT, ne put jamais ne serait-ce qu’entrer au siège de l’avenue Gambetta où les « fédéraux », comme dans tout bon western qui se respecte, ne lui attribuèrent jamais de bureau. En 1962, le Ministère jeta l’éponge et Lucien ZINS fut nommé.

(2). Personnage tragi-comique, super-héros de la passivité, d’une nouvelle d’Herman MELVILLE.

 

KATINKA, LA COUPE DU MONDE, LA DÉMOCRATIE SPORTIVE ET L’AVENIR CHANCELANT DE LA « FINATATION »

“Tu peux résumer tout ce qui ne va pas au monde”, disait ma mère, « par le fait que certaines personnes estiment qu’ils peuvent poser une serviette le matin et disposer d’une chaise d’hôtel toute la journée » (Andy RASKIN).

Éric LAHMY

Dimanche 26 Juin 2017

La lettre ouverte de Katinka HOSSZU qui remet en cause la politique de la Fédération internationale ne semble pas avoir fait trop de vagues pour l’instant… Pourtant, elle dénonce les errances de la gouvernance mondiale du sport.

Pourquoi ce faible écho ? Il se peut que les nageurs, d’ailleurs en pleine préparation des mondiaux, ne se passionnent guère pour les dysfonctionnements de la FINA et le peu de cas que l’organisation mondiale fait de leurs soucis. Il se peut que seule Katinka HOSSZU se trouve concernée par ce changement de règlement qui interdit à un nageur de présenter plus de quatre courses – alors qu’elle s’était ces dernières années engagée partout !

HOSSZU, ce faisant, était en quelque sorte devenue synonyme de coupe du monde… au point qu’il est difficile de savoir si la coupe du monde avait fait la marque d’HOSSZU ou HOSSZU la réputation de la coupe du monde.

La Hongroise a été choquée d’apprendre un changement de règles soudain, décidé sans respect de ce qu’est le principe d’une compétition, manifestement bâclé moins de deux mois avant son démarrage. Si elle a préparé le planning de cette WorldCup 2017-2018 avec son sérieux habituel, admirer la nonchalance avec laquelle la FINA a opéré au dernier moment des changements qui auraient dû être prévus plus d’un an à l’avance, je comprends son énorme révolte. Comment prendre au sérieux les ploucs dangereux de l’organisation mondiale?

Peut-être ceux qui ont lu sa missive ont-ils eu les mêmes sentiments que moi ? A la fois cette idée qu’enfin quelqu’un qui n’est pas Paolo BARELLI ou Craig LORD est en train d’émettre quelques vérités bien senties, et la sensation que Katinka a plutôt mal engagé la discussion.

La nageuse hongroise a bien utilisé le système et ne s’est jamais élevée, tant que ses règles l’avantageaient, contre les manières de la FINA. Elue à trois reprises nageuse mondiale de l’année contre certaines évidences en faveur de Katie LEDECKY, grâce à ses numéros dans le cirque WorldCup, elle n’a rien trouvé à redire à cela.

D’où vient cette gêne que je ressens en face de sa lettre ? D’une sorte de confusion, de contradiction entre, d’un côté, la générosité dans l’effort de Katinka HOSSZU, son courage, un engagement qui laisse rêveur. De l’autre le fait qu’elle ait systématiquement ratissé sans le moindre état d’âme cette épreuve bancale, incapable de décoller et mal en point qu’on appelle la Coupe du monde. HOSSZU est une vraie professionnelle du sport, il est vrai, mais sa pratique répond à sa rapacité…

Que les participants ne cessent de s’interroger sur le calendrier WorldCup  tordu imposé par l’organisation mondiale en fonction de ses lubies et de son désir d’inonder la saison de compétitions qui en arrivent à se cannibaliser, est chose avérée. Que la plupart des nageurs ne veulent ou ne peuvent s’engager dans cette formule, que la Coupe du monde ne présente aucune étape en Amérique du Nord comme du Sud, en Afrique ou en Australie, et soit centrée sur un continent, l’Asie, avec trois étapes entre Singapour et deux Emirats qui disposent de plus d’argent que de nageurs, tout cela n’a jamais dérangé Madame HOSSZU, bien occupée à faire son beurre.

Sa façon de partir du sort de ce vaisseau en détresse qu’est la Coupe du monde pour attaquer les pratiques de la FINA affaiblit à mes oreilles son propos. HOSSZU, parce que la coupe du monde lui a rapporté un million de dollars, estime qu’il s’agit de la grande épreuve internationale. Elle entend rabaisser les championnats du monde, qu’elle prétend être inférieurs à la Coupe. Or rien n’est moins vrai. Pour elle, et elle ne vous le dira pas, une Coupe du monde bancale et n’attirant pas même vingt pour cent des meilleurs nageurs lui convient parfaitement : c’est dans ce cas-là qu’elle a réussi ses jackpots, car moins elle y trouve d’opposition, plus elle ratisse large. J’appellerai cela une Coupe rêglée aux dimensions d’Hosszu…

Alors ? Katinka HOSSZU ne veut pas réformer la WorldCup. Elle veut seulement les plus gros bonus possibles, de façon à engraisser ses comptes en banque…

…Certes, l’argent, c’est le propos des professionnels.

 SOUS COUVERT DES PRINCIPES, HOSSZU NE DÉFEND-ELLE PAS  LÀ QUE SES INTÉRÊTS PERSONNELS ?

HOSSZU soulève à côté de cela, cet article de règlement étrange qui prévoit de qualifier d’emblée en finale le vainqueur de l’édition précédente, et celui qui amène à ne disputer qu’une partie du programme à chaque étape.

Ces fantaisies paraissent particulièrement insatisfaisantes. Elles le sont d’autant plus qu’elles sortent de nulle part, « out of the blue ». La première est carrément idiote et rétrograde. (1) La seconde répond au caractère pléthorique du programme FINA.

Mais une fois de plus le sentiment domine que Katinka défend ses intérêts personnels. Empêcher un nageur de se présenter dans plus de quatre courses en Coupe du monde dérange une dame qui a décidé de tout avaler, par ici la bonne soupe, et qui peut le faire grâce à une organisation très rigoureuse. HOSSZU, en Coupe du monde, se déplace et nage dans les meilleures conditions.

Or elle est bien la seule que cette limitation dérange aujourd’hui, car les autres ont déjà du mal, en deux jours, à enquiller quatre séries et quatre finales! Elle non. Son comportement est tellement atypique et hors normes qu’un entraîneur aussi dur et exigeant que Frédéric VERGNOUX m’a affirmé qu’il ne comprenait pas comment elle faisait.

Autant dire que dans cette critique, elle risque d’être seule. Michael PHELPS aurait pu faire écho à ses gémissements, mais il ne nage plus et n’a jamais disputé la WorldCup.

HOSSZU a été tellement avantagée par la formule qu’elle ne s’est pas rendu compte que la compétition avait, en partie de sa faute, du plomb dans l’aile.

La FINA, depuis quarante ans, a créé dans un mouvement qui s’est accéléré ces derniers temps, sans retenue encore et toujours plus d’épreuves, des 50 mètres de spécialités, des pelletées de relais comme ceux mixtes, des 800 mètres chez les hommes, des 1500 chez les femmes, des 100 mètres quatre nages, au point que les organisateurs d’étapes renâclaient en face de cette imbécile folie créatrice née du désir de « dépasser l’athlétisme » en médailles olympiques: on est parvenu à un point où ces courses s’enquillent, se bousculent et s’embouteillent, les unes derrière les autres, dans un programme délirant. Ce que la FINA a fait des meetings, en les estampillant FINA, c’est de les rendre obèses, pléthoriques, apoplectiques, ingouvernables. La natation devient de moins en moins lisible.

Utilisant semble-t-il des méthodes d’entraînement proches de l’Ultra Short Race Pace Training (USRPT), HOSSZU est parvenue à tout nager (sauf les courses masculines bien sûr) et à faire sauter la banque. Avec le temps, cette façon de truster, d’abord saluée par des étonnements admiratifs, a fini par agacer…

UN CHALUTAGE SYSTÉMATIQUE DU PROGRAMME

La réponse de la FINA à cette gloutonnerie gargant(hossz)uesque a été de limiter à quatre courses ce qu’un nageur a le droit de disputer. Cette décision a été vue, à juste titre, comme une décision anti-HOSSZU. Elle a été prise en catimini, comme d’habitude, sans consultation sérieuse… Mais elle correspond à un constat : le jeu d’HOSSZU, on l’a dit, après deux ou trois ans à susciter surprise et admiration, a fini par lasser. Mais surtout, les dirigeants de la FINA se sont aperçus qu’ils ne connaissaient pas aussi bien leur sport qu’ils le devraient…

Dans cette confusion d’épreuves qui fait leur orgueil, il arrive qu’un nageur supérieur pourrait tout gagner s’il le voulait. HOSSZU l’a montré. Dans le passé, Tracy CAULKINS, que je tiens pour la plus grande « quatre nageuse » de l’histoire, l’a démontré – vers 1980 dans un championnat des Etats-Unis de valeur d’ailleurs supérieure à celle d’un meeting FINA, battant les records US sur 100 et 500 yards, 100 yards dos, et gagnant des courses en brasse, en papillon plus bien entendu les épreuves de quatre nages. CAULKINS, à cette époque, aurait pu gagner toutes les courses du championnat des Etats-Unis si le programme avait été assez dilué, et en faire de même aux mondiaux si les nageuses de l’Est n’avaient pas été dopées jusqu’à l’os !

On a vu de même, en 2011, à des Jeux panarabes, Oussama MELLOULI gagner 15 médailles d’or et une d’argent. Le même MELLOULI a opéré des ravages en … coupe du monde 2008, enlevant 27 courses, terminant 6 fois 2e et deux fois 3e. Et je ne parle pas des razzias « sommitales » de Mark SPITZ et de Michaël PHELPS aux championnats des USA et aux Jeux olympiques, dans des conditions autrement difficiles que celles que rencontre HOSSZU… Katinka, elle, aux Jeux olympiques, a gagné 100 dos, 200 et 400 quatre nages et fini 2e du 200 dos, ce qui me parait plus fort que ces numéros de WorldCup… Or, ce ne sont « que » quatre courses.

En France, Lara GRANGEON, quoiqu’assez éloignée de ce niveau, s’est à plus d’une reprise amusée à monopoliser aux championnats de plusieurs îles du Pacifique. En 2011, elle a enlevé ainsi 17 médailles d’or, 3 d’argent et une de bronze aux championnats de Nouvelle-Calédonie, du 50 libre au 5 kilomètres en mer!

Ces nageurs démontrent combien le programme de la FINA, soi-disant étoffé pour « universaliser » la natation, est une pure inconséquence !

Mais Katinka ne vous le dira pas, puisque cette inconséquence la nourrit. Mariée avec son entraîneur, très aidée par ses sponsors sinon sa fédération, Katinka HOSSZU peut se déplacer dans le monde entier en restant en famille. Elle s’est parfaitement adaptée à la Coupe du monde et s’y trouve chez elle : et de remplir le tiroir-caisse.

MAIS OU SE TROUVE LE LAMAR HUNT DE LA NATATION ?

On a vu que l’an passé, Katinka HOSSZU, ayant réglé quelques comptes avec sa fédération, avait réussi à se payer successivement la peau de l’entraîneur national, puis du président…

Ce qui a si bien marché à l’intérieur du pays pourra-t-il être reproduit à l’international ? Ce n’est pas sûr. En soi, je ne crois pas que les dirigeants de la FINA aient tellement d’amis parmi les nageurs et les entraîneurs, en-dehors des dopés dont elle sauve la mise. Mais les nageurs sont en général jeunes, peu politisés, hyperconcentrés sur leurs perfs, et comme professionnels, n’ont pas forcément, tous, les mêmes intérêts. D’ailleurs, la FINA, sorte de club autocrate, se situe hors de portée de toute révolte démocratique.

La fameuse révolte de l’ATP à Wimbledon, il y a plus de quarante ans, dont HOSSZU assène l’exemple aux nageurs, ne risque pas de se reproduire en natation; elle n’avait rien de spontané, était orchestrée en sous-main, au-delà de l’ATP que dirigeait Cliff DRYSDALE, par un milliardaire, Lamar HUNT, occupé à monter un circuit tennistique pro et dissident, et qui mettait beaucoup de moyens dans l’opération. Les joueurs qui ne s’étaient pas présentés à Wimbledon se produisaient dans le juteux circuit de Lamar HUNT, et la Fédération internationale de tennis, dirigée par le Français Philippe CHATRIER, avait senti le vent du boulet: le projet de HUNT pouvait vider le tennis mondial de sa substance. Je ne vois pas le Lamar HUNT de la natation, encore moins la possibilité d’en voir débarquer un.

Si la Coupe du monde était viable, un circuit parallèle aurait déjà été tenté, ou envisagé. Il ne l’est pas. La natation, aux petits soins pour ses dirigeants, ne peut pas faire vivre ses nageurs. Et tant que la FINA aura le contrôle de l’éligibilité olympique, elle ne risquera rien, parce que l’image du sport se situe aux Jeux olympiques. Hors les Jeux, point de salut pour les nageurs…

Katinka HOSSZU risque d’être bien seule dans sa défense de la liberté de nager autant de courses qu’on le désire. Entre une majorité qui s’en fiche et ceux, nombreux, que sa boulimie énerve, elle va pouvoir compter ses alliés. Je ne sais quel dirigeant français expliquait qu’organiser la Coupe du monde en France ne servait à rien, puisque tout l’argent s’en allait chez Katinka HOSSZU ! Mettre 250.000 dollars sur un meeting et voir une nageuse partir avec la caisse à la fin du week-end n’est pas un rêve de dirigeant ou de nageur…

Il faudra quand même que quelqu’un le lui explique!

La limitation du nombre d’épreuves nagées pour un nageur est d’ailleurs la règle dans un certain nombre de compétitions interéquipes (Interclubs, NCAA), afin d’empêcher qu’une équipe, forte d’un très petit nombre de nageurs, ne gagne les championnats… Donc c’est une règle qui existe. En revanche, admettre en finale directe un vainqueur de la compétition précédente a quelque chose d’absurde et d’antisportif.

Alors ? Il est un peu dommage qu’’HOSSZU ait engagé le fer d’une façon qui me parait assez maladroite, et peut-être regrettable qu’elle n’ait pas cherché à contacter ses camarades nageurs ou à informer les membres de la commission des nageurs de la FINA (présidée par Jihong ZHOU, 17 membres, dont Alexandre POPOV, Vladimir SALNIKOV, Penny HEYNS, Camelia POTEC, Martina MORAVCOVA, Thiago PEREIRA et une Française, Virginie DEDIEU…)

Doit-on condamner pour autant sa révolte ? Certes pas. HOSSZU pourrait être une voix qui compte dans une critique fondée de la FINA; son énergie, sa volonté, son courage dans l’adversité, sont choses précieuses. Il lui faudra quand même apprendre à tenir compte du collectif.

 

(1) Aux débuts de Wimbledon, le vainqueur de l’année précédente était exempté de tournoi. Il rencontrait le vainqueur de celui-ci. Cette règle fut assez vite abandonnée.

 

SEPT COLLINES A ROME : UN 100 MÈTRES COSMIQUE (OU PRESQUE) REMPORTÉ PAR DOMINIK KOSMA

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

100 mètres nage libre de haute vole, remportée, cela n’arrive pas souvent, par un Hongrois (le pays est plus réputé pour ses spécialistes et ses fondeurs, et son dernier finaliste olympique sur 100 mètres a été, si mes souvenirs sont bons, Gyulia DOBAI en 1964). Dominik KOSMA, tel est son nom, c’est, sans vouloir le dévaloriser un peu n’importe qui; or il devance de justesse une pléiade de nageurs que seule l’électronique pouvait départager. Le Bas-Empire avait pris l’habitude, vers le 1er siècle de notre ère, de voir désigner par sa garde prétorienne, Empereur le premier venu, après avoir soigneusement expédié qon prédécesseur. C’est un peu l’élévation qu’a connu KOSMA, couronné ainsi roi de l’épreuve-reine. Tae-Hwan PARK, est à moins d’un mètre du vainqueur et entre les deux il n’y a que du beau monde. Dans la finale B, les meilleurs italiens devancent un certain Cesar CIELO, le recordman du monde brésilien, 12e au total de la course.

Le 200 brasse, enlevé par Marco KOCH, est presque égal en intensité. Et Daya SETO enlève le 200 quatre nages, prenant ainsi sa revanche sur David VERRASZTO qui l’a battu difficilement, la veille, dans un temps de 4’7s !

Une fois n’est pas coutume, les filles sont en retrait.La championne olympique Pernille BLUME enlève le 50 devant KROMOWIDJOJO…

MESSIEURS.- 100 libre : 1. Dominik KOSMA, HUN, 48s68; 2. Bruno FRATUS, BRA, 48s75; 3. James MAGNUSSEN, AUS, 48s77; 4. Cameron McEVOY, AUS, 48s92; 5. Duncan SCOTT, GBR, 48s93; 6. Marcelo CHIERIGHINI, BRA, 49s00; 7. Lorenzo ZAZZERI, ITA, 49s10; 8. Tae-Hwan PARK, COR, 49s14. Finale B: 1. Luca DOTTO, ITA, 49s16; 2. Ivano VENDRAME, ITA, 49s30; 3. Gabriel SANTOS, BRA, 49s34; 4. Cesar CIELO, BRA, 49s36; 5. Sergi SHEVTSOV, UKR, 49s42; 6. Chad LE CLOS, RSA, 49s43; 7. HOANG Quy Phuoc, VIE, 49s46; 8. Ben SCHWIETERT, NED, 49s56.

200 dos : 1. Peter BERNEK, HUN, 1’57s45; 2. Christian DIENER, GER, 1’57s50.

200 brasse : 1. Marco KOCH, GER, 2’9s63; 2. Luca PIZZINI, ITA, 2’10s73; 3. Moises Daniel LOSCHI, ITA, 2’11s85; 4. Giedrus TITENIS, LTU, 2’12s05; 5. Ross MURDOCH, GBR, 2’13s23; 6. Mate KUTASI, HUN, 2’13s49; 7. Flavio BIZZARRI, ITA, 2’13s63 (en séries, 2’13s52). Finale B/ 1. WANG Boyou, CHN, 2’12s61. En série, Christopher ROTHBAUER, AUT, 2’13s27.

50 papillon : 1. Andriy GOVOROV, UKR, 23s01; 2. Nicholas SANTOS, BRA, 23s08; 3. Ben PROUD, GBR, 23s62. Finale B: 1. Piero CODIA, ITA, 23s63.

200 4 nages : 1. Daya SETO, JPN, 1’57s54; 2. David VERRASZTO, HUN, 1’59s25; 3. Simon THIAGO, BRA, 1’59s99 

DAMES.- 50 libre : 1. Pernille BLUME, DEN, 24s13; 2. Ranomi KROMOWIDJOJO , NED, 24s39; 3. Tamara VAN VLIET, NED, 25s04 (en série, 24s97).

200 dos : 1. Kata BURIAN, HUN, 2’9s89 ; 2. Sian WHITTACKER, AUS, 2’10s65; 3. Margherita PANZIERA, ITA, 2’10s87.

200 brasse : 1. Molly RENSHAW, GBR, 2’25s38; 2. Rikke Moeller PEDERSEN, DAN, 2’25s40.

200 papillon : 1. Liliana SZILAGYI, HUN, 2’7s50 ; 2. Charlotte ATKINSON, GBR, 2’8s31.     

200 4 nages : 1. Siobhan-Marie O’CONNOR, GBR, 2’10s01; 2. Maria UGOLKOVA, SUI, 2’11s41 ; 3. Kotuku NGAWATI, AUS, 2’12s18 ; 4. Zsuzsanna JAKABOS, HUN, 2’12s36. nFinale B : 1. Hannah MILEY, GBR, 2’13s03

VENDREDI MAIGRE À ROME, SAUF POUR PEATY SUR 50 BRASSE ET PALTRINIERI SUR 1500 LIBRE

Éric LAHMY

Samedi 25 Juin 2017

C’est une deuxième journée de meeting des Sept Collines assez riche en performances denses (pas un seul meeting, cette saison, qui l’approche) mais une journée moins géniale que la première, jeudi. Adam PEATY à 19/100e de son record du 50 brasse, c’est une bonne chose, mais après, c’est du solide sans plus. Bref, un vendredi plutôt maigre !

Avouons cependant que la régularité de Greg PALTRINIERI sur sa distance fétiche le 1500 mètres, régularité qui ne se dément pas, est rassurante. Le voici à onze secondes de son record de l’année, mais très loin devant MICKA, DERBYSHIRE et surtout HORTON qui avait semblé pouvoir le menacer avant les Jeux olympiques de Rio (il n’en fut rien).

Tamas KENDERESY améliore ses 1’54s89 de l’année, en 1’54s33, conforte sa 3e place de la saison du 200 mètres papillon messieurs derrière les Nippons Sakai, 1’53s71, et Seto, 1’54s28.

Après les perfs de Sjöström, les 53s07 de Ranomi Kromowidjojo au 100 mètres nage libre paraissent lents, mais ils permettent à la championne olympique de Londres (en 53s00 juste), d’améliorer sa place dans le monde en 2017 (13e en 53s72 depuis Eindhoven à 4e derrière la grande Sarah, 52s08, Cate et Bronte, 52s78 et 52s85 et devant Emma MCKEON, 53s12). KROMOWIDJOJO, avec sa grande fréquence de bras, reste une sprinteuse redoutée, mais sans plus dominer, et 53s07 sont proches de ses records des dernières années, 53s08 en 2016, 53s17 en 2015, 53s69 en 2014, 53s29 en 2013, 53s en 2012

MESSIEURS.-

200 libre : 1. Tae-Hwan PARK, COR, 1’46s89.

1500 libre : 1. Gregorio PALTRINIERI, ITA, 14’49s06 ; 2. Jan MICKA, CZE, 15’1s42; 3. Tom DERBYSHIRE, GBR, 15’2s12; 4. Mackenzie HORTON, AUS, 15’5s64; 5. Anton Oerskov DEN IPSEN, DEN, 15’7s88; 6. Domenico ACERENZA, ITA, 15’11s39.

100 dos : 1. Christian DIENER, GER, 54s54; 2. Gabor BALOG, HUN, 54s59; 3. Matteo MILLI, ITA, 54s60; 4. Christoph WALKER-HEBBORN, GBR, 54s66; 5. Shane RYAN, IRL, 54s79.

50 brasse : 1. Adam PEATY, GBR, 26s61; 2. Joao GOMES JUNIOR, BRA, 26s95; 3. Nicolo’ MARTINENGHI, ITA, 27s03; 4. Andrea TONIATO, ITA, 27s41; 5. Fabio SCOZZOLI et Lorenzo ANTONELLI, ITA, 27s50; 7. Giedrus TITENIS, LTU, 27s60 ; 8. Mattia PESCE, ITA, 27s73. Finale B: 1. Johannes SKAGIUS, SUI, 27s75.

200 papillon : 1. Tamas KENDERESI, HUN, 1’54s33; 2. Chad LE CLOS, RSA, 1’54s87; 3. Daya SETO, JPN, 1’56s05; 4. Bence BICZO, HUN, 1’56s22; 5. Viktor B. BROMER, DEN, 1’56s69.        

400 4 nages : 1. David VERRASZTO, HUN, 4’7s47; 2. Daya SETO, JPN, 4’7s99; 3. Branndonn ALMEIDA, BRA, 4’15s30.

DAMES.-

100 libre : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, NED, 53s07; 2. Pernilla BLUME, DEN, 53s59; 3. Michelle COLEMAN, SWE, 53s64; 4. Femke HEEMSKERK, NED, 54s00; 5. Charlotte BONNET, Nice, 54s36; 6. Federica PELLEGRINI, ITA, 54s48; 7. Maria UGOLKOVA, SUI, 54s88. Finale 8: 1. Nkotuku NGAWATI, AUS, 54s57.

800 libre : 1. Boglarka KAPAS, HUN, 8’23s71; 2. Simona QUADARELLA, ITA, 8’29s53; 3. Jessica ASHWOOD, AUS, 8’31s40.

100 dos : 1. Simona BAMRTOVA, CZE, 1’0s21; 2. Madison WILSON, AUS, 1’0s34; 3. Kira TOUSSAINT, NED, 1’0s57; 4. Georgia DAVIES, GBR, 1’0s67; 5. Kathleen DAWSON, GBR, 1’1s12; 6. Margherita PANZIERA, ITA, 1’1s17. Finale B: 1. Holly BARRATT, AUS, 59s89.

50 brasse : 1. Sarah VASEY, GBR, 30s73; 2. Imogen CLARK, GBR, 30s78

100 papillon : 1. Ilaria BIANCHI, ITA, 57s89 ; 2. Elena DI LIDDO, ITA, 58s05; 3. Liliana SZILAGYI, HUN, 58s48; 4. Charlotte ATKINSON, GBR, 58s49; 5. Marie WATTEL, Loughborough et FRA, 58s81.

400 4 nages : 1. Hannah MILEY, 4’36s28; 2. Mary-Sophie HARVEY, CAN, 4’36s48 ; 3. Rosie RUDIN, GBR, 4’40s99; 4. Abbie WOOD, GBR, 4’41s27; 5. Carlotta TONI, ITA, 4’42s72 ; 6. Ilaria CUSINATO, ITA, 4’43s35.