HANGZHOU: DRESSEL RATE SON COUP, LE CLOS REUSSIT LE SIEN. METELLA RATE LA MEDAILLE. METELLA BAT LE RECORD

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 100 m PAPILLON : 1. Chad le CLOS, Afrique du Sud, 48s50 (22s39 + 26s11); 2. Caeleb DRESSEL, USA,  48s71 (23s07 + 25s64); 3. LI Zhuhao, Chine, 49s25 (22s91 + 26s34); 4. Mehdy METELLA, FRANCE, 49s45 (23s02 + 26s43); 5. Marius KUSCH, Allemagne, 49s50 (22s58 + 26s92 – en demi-finale, 49s35); 6. Takeshi KAWAMOTO, Japon, 50s07 (23s16 + 26s91 – en demi-finale, 49s94); 7. Jack CONGER, USA, 50s32 (23s19 + 27s13- en séries, 50s20); 8. Piero CODIA, Italie, 50s71 (23s29 + 27s42 – en demi-finale, 50s23; en séries, 50s07).

Qu’est-ce qui a pris Caeleb DRESSEL de se laisser blouser au départ de sa finale de 100 mètres papillon, allez le savoir, mais on ne s’attendait pas à le voir se planter comme un débutant et trainer en 5e position, comme pris en sandwich, dans sa ligne, entre les deux meilleurs partants de l’épreuve, LE CLOS et KUSCH, un mètre derrière et se lancer dans une poursuite infernale. On ne lui connaissait pas de qualités de poursuiteurs, mais sans vouloir le moins du monde manquer de déférence vis-à-vis de LE CLOS, qui est en outre un garçon exemplaire, je crois que DRESSEL a autant perdu cette course que LE CLOS ne l’a gagnée.

MEHDY MENE SA BARQUE EN SOLIDE ROUTIER

Mehdy METELLA, lui, a mené sa barque avec beaucoup de doigté et de finesse. Il a su s’élever au niveau du débat, d’abord mercredi matin, huitième des séries en 50s42, ensuite l’après-midi, avec 49s77, 5e des demi-finales, et 3e de la sienne, derrière LE CLOS et LI. En finale, il a trouvé encore assez de ressources pour s’accorder un petit plus de vitesse, mais son regret pourrait être de n’avoir pas accroché LI et une médaille, qu’il manque de 0s20. LI, 19 ans, benjamin de la finale et sans doute l’un des hommes du futur sur la distance…

Mehdy efface le record de France. L’ancien lui appartenait avec 49s58 depuis ce 15 novembre. Il avait alors amélioré la vieille marque de Jérémy STRAVIUS, 50s04 le 12 décembre 2013. L’Amiénois avait avec cette performance enlevé l’argent européen derrière Yevgueni Korotyshkin…

HANGZHOU: KATHLEEN BAKER TIRE LES MARRONS DU FEU, MAIS C’EST LISA BRATTON QUI LES MANGE

TRIOMPHE AMERICAIN SUR 200 METRES DOS: LISA BRATTON SORT DE L’ANONYMAT ET GAGNE AU FINISH

Eric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

200 m DOS : 1. Lisa BRATTON, USA, 2’00s71 (29s06, 59s69, 1’30s09 –  29s06, 30s63, 30s40, 30s62); 2. Kathleen BAKER, USA, 2’0s79 (28s00, 58s25, 1’29s, 2’0s79 – 28s00, 30s25, 30s76, 31s78); 3. Emily SEEBOHM Australie, 2’1s37 (28s05, 58s35, 1’29s67, 2’1s37 – 28s05, 30s30, 31s32, 31s70); 4. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’1s99 (28s48, 59s54, 1’30s95, 2’1s99 – 28s48, 31s06, 31s41, 31s04); 5. Margherita PANZIERA, Italie, 2’2s50 (28s97, 59s71, 1’30s95, 2’2s50 – 28s97, 30s74, 31s24, 31s55); 6. Daria K USTINOVA, Russie, 2’2s96 (29s06, 1’0s39, 1’31s60, 2’2s96 – 29s06, 31s33, 31s21, 31s36); 7. Sayaka AKASE, Japon, 2’3s92 (28s91, 59s89, 1’31s66, 2’3s92 – 28s91, 30s98, 31s77, 32s26); 8. Emi MORONUKI, Japon, 2’5s80 (29s16, 1’1s36, 1’33s86, 2’5s80 – 29s16, 32s20, 32s50, 31s94).

Il y a toujours dans l’art de mener une course une part de tempérament. On défendra l’égalité d’allure, l’équilibre de nage, mais ce n’est pas forcément plus sûr qu’une martingale au casino. Un coup ça passe, un coup ça casse. Un champion reste un joueur. Alors bien sûr, on va dire que Kathleen BAKER est partie trop vite, il n’y a qu’à voir ses passages, etc. Mais peut-on la critiquer d’avoir montré trop d’ambition et du panache ? Certes pas.

Je ne sais où j’ai vu passer une statistique sur la natation où BAKER apparaissait comme la fille qu’on aimait le plus voir nager, devant d’autres parmi lesquelles PELLEGRINI. Sans doute aux Etats-Unis? 

…Peut-être était-elle mortifiée, BAKER, de sa place hors du podium dans le 100 dos et entendait-elle remettre les choses au point, les pendules à l’heure et les chronomètres au centième de seconde, sur le 200. Disons le, elle a failli réussir. Avec Emily SEEBOHM, qui devait être dans le même état d’esprit, elle s’est emparée de la course.

BAKER est une belle nageuse. Belle dans l’eau et dans son effort. Son équipière, Lisa BRATTON, s’était qualifiée avec le meilleur temps, mais on n’a vu que BAKER. Et aussi qu’HOSSZU, à une ligne du bord, piochait et nageait étriquée…

La seule qu’on voyait assez peu, c’est BRATTON, justement, qui a magnifiquement équilibré sa course, sans à-coups, et, en gagnant, réussi ce paradoxe de nageuse, triompher dans la piscine sans avoir fait de vagues.

Mais n’anticipons pas. BAKER, encore en tête, se trouvait plus très loin du but quand elle se mit à souffrir de façon évidente; son style se dérégla un peu, sa tête, jusqu’alors parfaitement fixée, se mit à monter et descendre comme le bouchon d’une ligne dont un poisson grignote sans mordre franchement l’appât. Elle allait encore très vite, et elle avait déblayé SEEBOHM, mais ça ne serait pas assez pour BRATTON, dont la remontée, à ce moment, parut vive comme une estocade…

La touche, à l’arrivée, tomba comme la foudre, une décision des Dieux de l’Olympe. Ils étaient pour BRATTON, contre BAKER,ce soir, mais de toute façon, cela donnait un doublé américain.

Elle m’a donné du boulot, BRATTON, dans le genre: « mais qui c’est, celle-là? » A 22 ans, cette fille aus joues rondes et au sourire communicatif, a nagé avec les Aggies, au Texas, ce qui a dû la faire pas mal tremper non loin de Béryl GASTALDELLO ! J’ai même trouvé une photo d’elle sur un podium de relais semble-t-il avec notre championne de France sur le site des A&M… Ça nage pas mal chez les BRATTON, papa a été Aggie avant elle, et sa sœur aînée, Amanda, qui souffre d’épilepsie, est médaillée d’or aux Jeux olympiques spéciaux… La discrète Lisa sera, elle, la première championne du monde de la famille !

 50 m BRASSE ’ 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s05 ; 2. Ruta MEILUTYTE, Lituanie, 29s38 ; 3. Martina CARRARO, Italie, 29s59 ; 4. Jenna LAUKKANEN,  Finlande, 29s68 ; 5. Katie MEILI, USA, 29s89 ; 6. Jessica HANSEN, Australie, 30s20 (en barrage, 29s96). En barrage, Miho TERAMURA, Japon, 30s14. En demi-finales, Fanny LECLUYSE, Belgique, 30s15 ; Ida HULKKO, Finlande, 30s18 (30s23 en séries). En séries, Ariana CASTIGLIONE, Italie, 30s21.

ATKINSON est la sprinteuse de référence désormais, et sur cette épreuve assez secondaire, elle repousse les assauts de MEILUTYTE qui ne domine plus mais reste redoutable, après avoir régulièrement devancé la Russe Julia EFIMOVA qui a tiré un trait sur les Mondiaux…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KROMOWIDJOJO, L’ART DU KNOCK-OUT

DOUBLÉ NÉERLANDAIS SUR 100 LIBRE DAMES OU LA CHAMPIONNE OLYMPIQUE DE LONDRES EN 2012 RAPPELLE QU’ELLE A TOUJOURS LE PUNCH

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

DAMES.- 100 METRES : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s14 (24s66 + 26s48); 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s60 (24s98 + 26s62); 3. Mallory COMERFORD, USA, 51s63 (24s66 + 26s97); 4. Michelle COLEMAN, Suède, 52s24 (24s72 + 27s52)(en demi-finale, 52s18); 5. ZHU Menghui, Chine, 52s40 (25s06 + 27s34); 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 52s46 (25s45 + 27s01); 7. Lia NEAL, USA, 52s50 (25s30 + 27s20); 8. Erin GALLAGHER, Afrique du Sud, 53s14 (24s99 + 28s15)(en demi-finale, 52s70).

En séries, Larissa OLIVEIRA, Brésil, 52s87 ; Maria KAMENEVA, Russie, 53s. Federica PELLEGRINI, 53s09 en séries, 52s86 en demi-finales.

Vous avez vu un 100 mètres gagné dès la première seconde? Non ? Alors vous n’avez pas vu cette finale mondiale du 100 mètres dames d’HANGZHOU… Zou, en effet, ça a été vite fait.

Dès le départ, Ranomi KROMOWIDJOJO a fait son ménage ; on aurait dit la femme-canon, tant elle les a ratiboisées d’entrée. A sa droite, COLEMAN a pris un copieux demi-mètre dans la figure, et à sa gauche, HEEMSKERK, un mètre dans les ratiches. Presque étonné de ne pas voir de la fumée dans son sillage !

Et toutes les autres ont trinqué. Toutes les sept qu’elle avait contre elle, elle les a mises K.-O. d’entrée. Paf ! Sept d’un coup, comme dans le conte où le Vaillant Petit Tailleur, aplatit  sept insectes sous sa tapette à mouches.

Et quand c’est Ranomi, une championne olympique de la distance qui ne cesse de se bonifier, qui vous fait ça, allez la rattraper si vous ne disposez pas d’un scooter aquatique.

Elle a une nage étonnante, Ranomi, elle est tout à fait à part ; elle a l’air trop haut sur l’eau, on dirait qu’elle nage sur une planche de surf, si elle n’avait pas à plonger et à virer, elle finirait sa course le dos sec ; encore un peu plus haut ça serait la Hollandaise volante  – et avec ça un feu follet, d’une vélocité de bras confondante, celle d’une formidable puncheuse des bassins, j’aimerais pas l’affronter sur un ring, elle m’en emplâtrerait dix avant que je n’en tente un. Un truc à se réveiller à l’hôpital…

Je ne sais pas ce que Sarah SJÖSTRÖM aurait fait dans cette finale, ou encore Cate CAMPBELL, car je ne crois pas, malgré ce qui précède, être sûr que KROMOWIDJOJO les aurait tapées, ces deux phénomènes. Je ne suis pas plus sûr du contraire, non plus, d’ailleurs…

Femke HEEMSKERK, qui est une styliste classique, face à cet ouragan de force 5, a fait mieux que se défendre, et, du moins limité les dégâts. Elle n’a pas plié, pas baissé les bras…Voilà qu’à trente ans, elle se découvre batailleuse, Femke, et ça fait plaisir à voir. Elle ne reprendra pas Ranomi sur ce coup, mais coincera l’Américaine Mallory COMERFORD, d’un rien, pour la deuxième place. Argent content…

Le commentateur –américain je crois – qui digressait sur la course, relevait que les Néerlandaises avaient fait une et deux dans la finale et les Américaines seulement trois et sept alors que le relais US d’Hangzhou l’avait emporté.

Vrai, mais pas étonnant. Changez les deux autres relayeuses hollandaises, remplacez-les par Olivia SMOLIGA et par Kelsi DAHLIA  et vous goûterez la différence.

Je n’aurai pas besoin d’ajouter que les Pays-Bas ont vingt fois moins d’habitants que les USA… D’autant qu’il y a dix ans, c’est le 4 fois 100 mètres néerlandais qui avait fait champion olympique à Pékin, devant les Américaines. Et devinez comment s’appelaient leurs relayeuses numéro 2 et 3 ? Femke HEEMSKERK et Ranomi KROMOWIDJOJO !

C’est-y pas chouette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRIGODA, 2’0s16, RECORD DU MONDE : DE PLUS EN PLUS PRES DES 2 MINUTES AU 200 BRASSE !

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 200 m BRASSE : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 2’00s16 (record du monde, ancien, 2’0s44, par Marco KOCH, Allemagne – passages en 27s01, 57s62, 1’28s75, 2’0s44 – 27s01, 30s61, 31s13, 31s41); 2. Haiyang QIN, Chine,  2’1s15 (27s45, 58s29, 1’29s52, 2’1s75 – 27s45, 30s84, 31s23, 31s63; 3. Marco KOCH, Allemagne, GER, 2’1s42 (27s68, 58s49, 1’29s54, 2’1s42 – 27s68, 30s81, 31s05, 31s88; 4. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’2s18 (27s31, 58s22, 1’30s09, 2.2s18 (27s31, 30s91 31s87 32s09) 5. Josh PRENOT, USA, 2’3s12 (27s88, 59s02, 1’30s70, 2’3s12 – 27s88, 31s14, 31s68, 32s42); 6. Mikhail DORINOV, Russie, 2’3s20 (27s74, 58s84, 1’30s79, 2’3s20 – 27s54, 31s10, 31s95, 32s41); 7. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’3s72 (28s41, 59s52, 1’31s26, 2’3s72 – 28s41, 31s11, 31s74, 32s46); 8. Erik PERSSON, Suède,  2’4s15 (28s40, 59s60, 1’31s60, 2’4s15 – 28s40, 31s20, 32s00, 32s55 – en séries, 2’3s51.

En séries, 9. Andrew WILSON, USA, 2’4s02 ; 10. Anton Sveinn MCKEE, Islande, 2’4s37 ; 11. Yukihiro TAKAHASHI, Japon, 2’4s68 ; 12. Tomas KLOBUCNIK, Slovaquie, et Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’4s85 ; 14. Caio PUMPUTIS, Brésil, 2’5s.

Sévèrement défait sur 100 brasse, Kiril PRIGODA s’est offert une revanche éclatante sur 200 mètres : titre et record mondial. Le brasseur de Saint-Pétersbourg  devance le benjamin de la finale, le Chinois QUIN, 19 ans : sans doute l’avenir ; et Marco KOCH, qui détenait le record monde : peut-être le passé..

Tout le reste de la finale, c’est des plus ou moins « vieux pros » de 22 à 28 ans dont le moins âgé est PRIGODA lui-même (23 ans le 29 décembre prochain). Mais ici encore, cela va très vite. Les talents de nageurs poussent sur les terrains présumés, dans le passé, fort peu cultivables…

HANGZHOU : BLAKE PIERONI ÉCHAPPE DE PEU À DANAS RAPSYS DANS UN CARREFOUR DANGEREUX

SUR 200 METRES, ENTRE LA VITESSE DE PIERONI ET L’ENDURANCE DE RAPSYS, LA DIFFÉRENCE S’EST FAITE D’ENTRÉE, MÊME SI A L’ARRIVÉE, IL N’Y AVAIT PLUS GRAND’ CHOSE

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS. 200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s49 (23s11, 48s47, 1’14s75, 1’41s49 – 23s11,25s36, 26s28, 26s74) 2. Danas RAPSYS, Lituanie, 1’41s78 (23s73, 49s53, 1’15s82, 1’41s78 – 23s73, 25s80, 26s29, 25s96); 3. Alexander GRAHAM, Australie, 1’42s28 (23s89, 49s69, 1’15s96, 1’42s28 – 23s89, 25s80, 26s27, 26s32); 4. JI Xinjie Chine, 1’42s31 (24s02, 50s04, 1’16s49, 1’42s31 – 24s02, 26s02, 26s45, 25s82; 5. Breno CORREIA, Brésil, 1’42s36 (23s40, 49s15, 1’15s53, 1’42s36 – 23s40, 25s75, 26s38 26s83; 6. Martin MALYUTIN, Russie, 1’42s46 (23s56, 49s38, 1’16s05, 1’42s46 (23s56, 25s82, 26s67, 26s41); 7. Mikhail VEKOVISHCHEV, Russie,  1’42s67 (23s65, 49s95, 1’16s72, 1’42s67 – 23s65, 26s30, 26s77, 25s95); 8. Altamir Luiz MELO, Brésil,  1’42s72 (23s12, 49s10, 1’15s67, 1’42s72 – 23s12, 25s98, 26s57, 27s05).

En séries, Alexander GRAHAM, 1’41s83; Luiz MELO, 1’42s13; 9. Filippo MELI, Italie, 1’43s16; 10. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’43s19 ; 11. Velimir SJEPANOVIC, Serbie, 1’43s40 ; 12. Dylan CARTER, Trinidad-Tobago, 1’43s74 ; 13. Miguel NASCIMENTO, Portugal, 1’43s76 ; 14. Jack GERRARD, Australie, 1’44s60 ; 15. Jan SWITKOWSKI, Pologne, 1’44s62 ; 16. Markus LIE, Norvège, 1’44s88 ; 17. Matteo CIAMPI, 1’44s89.

Le 200 mètres nage libre messieurs des championnats du monde en petit bassin d’Hangzhou, avant d’être une course, c’est une hypothèse d’école. Une telle conjoncture, je ne dirai pas que je l’ai vue cent fois. Mais je l’ai imaginée mille fois.

A ma gauche, Blake PIERONI, champion des Etats-Unis, héros des grandes courses universitaires, moitié sprinteur, moitié stayer, appelons le si vous le voulez bien sprinteur prolongé ; nageur de 100-200 comme il en est quelques-uns. Mais pas n’importe lequel. De grande race, s’il vous plait !  En nage libre, Michael PHELPS était un peu comme ça, avec le génie en plus ; disons qu’il faut dix ans pour sortir un PHELPS, mais qu’il doit apparaitre un PIERONI tous les ans (pas mal quand même) ; VAN DEN HOOGENBAND aussi, entrait dans la catégorie.

PIERONI n’a aucune chance contre un DRESSEL, un PROUD sur 50 mètres. Mais sur 100, il présente quelques arguments. Comme sur 200 il peut battre n’importe qui au monde alors que sur 400, RAPSYS ou SUN Yang n’en feraient qu’une bouchée. Il n’est pas sûr, en effet, qu’il serait bon sur 201 mètres, si vous voyez ce que je veux dire !

PIERONI s’est fait les dents sur les NCAA où sa rivalité avec Townley HAAS a fait causer. Lui-même, Blake est devenu le premier à nager un 200 yards en moins de 1’30s (1’29s63) deux jours avant qu’HAAS n’efface ce temps.

A ma droite, Danas RAPSYS est dans une toute autre dimension. C’est un Lituanien, il est né à Panevezys, est entraîné par Ina Simeliunate au club de Panevezys Zemina. Ça ne vous dit rien ? A moi non plus, mais c’est beau à entendre !

Jusqu’ici, natation parlant, la Lituanie, c’était le pays de Ruta MEILUTYTE, qui avait d’ailleurs été formée en Angleterre. Et c’est wikipedia qui me souffle d’autres noms comme Robertas ZHOULPA (champion olympique, qui nageait pour l’URSS), BILIS, MAZUOLIS, TITENIS, qui ne jouaient pas au tennis. Pas mal en effet…

 Physiquement, rien ne le distingue, RAPSYS, son 1,86m ne permet pas de dire qu’il est grand, dans le monde des nageurs d’aujourd’hui, et ses 73kg n’impressionneront personne. Et surtout pas PIERONI, bâti comme un cuirassé, 86kg pour 1,88m. RAPSYS, ça serait plutôt un destroyer léger. Mais redoutable dans la durée… Pour compléter son apparence, disons qu’il a de faux airs d’un Brad PITT coiffé huron et échappé de Fight Club.

Le 200 mètres, donc, apparait comme la distance carrefour de ces deux garçons. Dans le passé, le 200 mètres était d’ailleurs LA distance carrefour de la natation, celle où sprinteurs et stayers venaient s’affronter [et éventuellement se casser les dents, parce que, point de vue distance,on ne sait comment l’appréhender, et on y part facilement trop vite de crainte de partir trop lentement].

Maintenant, la voie de la natation est encombrée, et le 100 est devenu le carrefour des sprinteurs et des nageurs de 200 mètres, le 400 est un carrefour entre ceux du 200 et ceux du 1500, et si vous ajoutez le 800 mètres que les boulimiques de la FINA ont fini par faire passer dans le programme olympique, la situation est plus complexe.

La notion de carrefour s’est généralisée, et ce ne sont pas les tenants des filières énergétiques qui vont me contredire ! Hier, à Hangzhou, très clairement il s’est agi d’une carrefour dangereux!

RAPSYS a dû laisser filer l’Américain, formidable partant et vireur de classe, qui ne s’est pas privé de lui coller un mètre aux premiers 50, un autre mètre une fois atteint le virage des 100, puis de ne rien concéder avant d’aborder le dernier quart de course avec une longueur de corps. Après ça, PIERONI s’est payé un proverbial coup de moins bien et pendant qu’il mettait à faseyer comme la toile déréglée d’un voilier qui ne trouve pas le vent, RAPSYS, qui, soutenu par son fantastique battement, rattrape nettement, de rappliquer comme s’il avait le diable à ses trousses.

Non seulement il rattrape, RAPSYS, mais il rattrape PIERONI, qui l’emportera d’une coudée, privant le Lituanien d’un beau doublé 200-400 mètres.

C’est quoi la fable? Le lièvre et la tortue?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU: OLIVIA SMOLIGA SIX ANS APRES A NOUVEAU CHAMPIONNE DU MONDE EN PETIT BASSIN

SI VOUS NE SAVEZ PAS QU’OLIVIA SMOLIGA A LE BRAS LONG PARLEZ-EN A KATINKA HOSSZU, ELLE POURRA VOUS EN DIRE QUELQUE CHOSE

Eric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

DAMES. 100 m DOS : 1. Olivia SMOLIGA, USA, 56s19 (en séries, 55s47, en demi-finales, 56s13) ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s26; 3. Georgie DAVIS, Grande-Bretagne (en demi-finales, 56s49), et Minna ATHERTON, Australie, 56s74 ; 5. Kathleen BAKER, USA, 56s89 (en demi-finales, 56s27) ; 6. Emily SEEBOHM, Australie, 56s98 (en demi-finales, 56s84) ; 7. Simona KUBOVA, Rép. Tchèque, 57s03 ; 8. Emi MORONUKI, Japon, 57s18.

A croire que les nageurs se trompent entre séries, demi-finales et finales. La tension est telle qu’on ne peut pas leur en vouloir.  Prenez Olivia SMOLIGA. D’entrée, en séries, elle nage un 100 mètres dos assez fantastique, en 55s47. C’est la 4e performance mondiale de tous les temps. Le record du monde en petit bassin (de Katinka HOSSZU) est de 55s03, et on peut imaginer que la grande Olivia (elle mesure 1,88m) va lui faire un sort. Or en demi-finale, elle nage moins vite, en 56s13, et encore moins vite en finale.

Ce n’est pas manque d’expérience de sa part. Olivia est une nageuse universitaire expérimentée, et elle a été championne du monde petit bassin du 100 dos… en 2012 (dans le temps de 56s54), à 18 ans et pour sa première sortie d’internationale, après avoir nagé assez lentement dans sa demi-finale pour n’hériter que de la ligne une en finale.

Devenue récemment une jeune (24 ans) professionnelle, elle est aussi à l’aise en crawl et ses dimensions constituent un avantage en petit bassin.

Il est vrai qu’entre ses séries, sa demi-finale et sa finale sur 100 dos, SMOLIGA a beaucoup et bien nagé, dans le relais quatre fois 50 quatre nages (en début de soirée, sur 50 dos, en 25s97, pas loin du record du monde, 25s67, d’Etiene Meideros) comme dans le relais quatre fois 100 libre (52s71au start) ou comme dans ce relais mixte quatre fois 50 (23s83 lancée) ainsi. Cette débauche d’efforts ont pu la fatiguer, lui enlever de son tranchant. Vous me direz qu’HOSSZU le fait bien, mais tout le monde n’est pas HOSSZU, une sprinteuse encore moins…

Kathleen BAKER, la recordwoman du monde (grand bassin) de l’épreuve, elle, a moins bien nagé, heurtant notamment sa ligne d’eau, d’après Karl Otegon de Swim Swam (il est sûr qu’elle colle à la ligne pendant une grande partie de son parcours) incident qui aurait pu lui faire rater sa fin de course.

Katinka HOSSZU, selon son habitude, s’est montrée au contraire très dangereuse à l’épproche du mur d’arrivée, et si SMOLIGA n’avait pas pu compter sur sa longueur de bras, je ne sais ce que seraient devenus ses sept centièmes d’avance ! Katinka avait remonté Kelsi DAHLIA la veille dans son ultime sursaut, ça ne peut pas marcher tous les jours!

A noter que deux des trois autres meilleures nageuses de 100 dos au monde, Kathleen BAKER et Emily SEEBOHM, ont fini 5 et 6. (La troisième est Kylie MASSE – mais il faut compter aussi, désormais avec la toute nouvelle recordwoman des 100 yards Beata NELSON).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU: CAMERON VAN DER BURGH, UN DERNIER TITRE AVANT LA RETRAITE À TRENTE ANS

Éric LAHMY

LE TITRE DU 100 BRASSE DEVAIT SE JOUER ENTRE FABIO SCOZZOLI, ILYA SHYMANOVICH, YASUHIRO KOSEKI ET KIRIL PRIGODA ; MAIS CAMERON VAN DER BURGH PENSAIT DIFFÉREMMENT

Mercredi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 100 mètres brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Afrique du Sud, 56s01 ; 2. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 56s10 ; 3. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 56s13 ; 4. Fabio SCOZZOLI, Italie, 56s48 (en demi-finales, 56s30) ; 5. Kiril PRIGODA, Russie, 56s56 (en demi-finales, 56s31) ; 6. WANG Lizhuo, Chine, 56s91 (en demi-finales, 56s89) ; 7. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s10 (en demi-finales, 57s09) ; 8. Andrew WILSON, USA, 57s19 (en demi-finales, 56s92)… En séries, 27. Thibaut CAPITAINE, France, 58s72.

 Six ans après avoir enlevé le titre olympique à Londres, revoici Cameron Van Der BURGH qui ressort de sa boîte comme un diable et qui vient rafler le titre mondial en petit bassin alors que, bon, c’est pas pour dire, mais on ne l’attendait plus.

C’est qu’il a joué en vieux rusé, ce qu’il doit être un peu Cameron. Seulement 9e en séries, 6 à l’issue des demi-finales, ce qu’il faut pour éviter la touffeur des lignes centrales sans risque l’élimination. Et il a joué de main de maître, filant en tête d’emblée dans la finale du 100 brasse et tenant jusqu’au bout.

Après quoi, il annonçait tranquillement qu’il arrêtait sa carrière. Ce n’est pas la première fois, donc ne nous y fions pas.

Mais bon, quand on a tout gagné. Et lui qui a été le seul nageur de brasse à défier et à menacer Adam PEATY au sommet de sa forme ; ainsi aux Jeux du Commonwealth 2014 où il le devança sur 50 et lui tint la dragée haute sur 100, aux mondiaux 2015 où il battit le record du monde du 50 brasse et enleva l’argent sur 50 et 100, ou encore aux Jeux olympiques de Rio (2e du 100 brasse), n’avait peut-être plus grand’ chose à prouver dans un bassin.

D’autant qu’aujourd’hui, il est marié depuis peu avec sa fiancée grecque Nefeli Valakelis, il a donc eu droit à un big fat greek wedding…à Anavyssos, et s’est offert un dernier titre avant de tourner la page et de la jouer financier international et, j’imagine, soutien de famille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MURPHY FAIT LA LOI, ET MET D’ACCORD JEUNES AMBITIEUX ET VIEUX QUI S’ACCROCHENT

LE CHAMPION OLYMPIQUE AMÉRICAIN DU 100 METRES DOS DEVANCE DANS L’ORDRE LE CHINOIS XU, LE RUSSE KOLESNIKOV, L’AUSTRALIEN LARKIN ET LE BRÉSILIEN GUIDO

Éric LAHMY

Mercredi 13 Décembre 2018

100 m dos: 1. Ryan MURPHY, USA, 49s23 ; 2. XU Jiayu, Chine, 49s26 (49s21 en demi-finale) ; 3. Clément KOLESNIKOV, Russie, 49s40 ; 4. Mitchell LARKIN, Australie, 49s46 ; 5. Guilherme GUIDO, Brésil, 49s75 (49s45 en demi-finale) ; 6. Matt GREVERS, USA, 50s02 (49s97 en demi-finale) ; 7. Christian DIENER, Allemagne 50s24 (50s04 en demi-finale) ; 8. Robert GLINTA, Roumanie, 50s36 (49s98 en demi-finale).

En demis, 9. Simone SABBIONI, Italie, 50s21 ; 10. Andrei SHABASOV, Russie, 50s32 ; 11. Radoslav KAWECKI, Pologne, 50s43; 12. Ryosuke IRIE, Japon, 50s45.

 

Ce sont les deux meilleurs dossistes du monde et tout porte à croire qu’ils vont continuer à se disputer ferme la suprématie. Cette fois, c’est Ryan MURPHY qui a gagné, et XU Jiayu qui a fini 2e. Il serait injuste de limiter la course à ces deux phénomènes, car Clément KOLESNIKOV, troisième à une main, et Mitchell LARKIN, quatrième à un doigt de KOLESNIKOV sont presque leurs égaux…

Ce fut une course des plus incertaines. Mais MURPHY, ayant capitalisé 0s03 à mi-course, retrouva ce modeste avantage à l’arrivée. La course fut lancée par le Brésilien Guilherme GUIDO, qui avait été le mieux disant des séries, avec 49s57, et qui, à bientôt 32 ans, montre une fougue de junior. Mais il fut repris et finit à une demi-seconde.

Le 100 mètres dos, depuis 2015, c’est ces quatre nageurs. LARKIN qui fut champion du monde en 2015, MURPHY qui devança XU aux Jeux olympiques en 2016, XU qui précéda Matt GREVERS et MURPHY aux mondiaux 2017, MURPHY qui triompha aux Pan Pacs 2018 en 51s94 tandis que XU en faisait de même aux Jeux asiatiques, en 52s34, et Kolesnikov aux championnats d’Europe en 52s53, record du monde junior.

Avec la densité presqu’étouffante des nageurs due sans doute à la multiplication des programmes de qualité et l’universalisation de modes de préparation sophistiqués, il se passe que dans les courses de natation, au niveau mondial, même les meilleurs ne peuvent se permettre de se qualifier à l’économie. Les demi-finales sont donc disputées avec la même âpreté que s’il s’agissait de finales. Ce qui fait que tous les finalistes ne peuvent pas reproduire de meilleurs temps qu’en demi-finales.

Ce fut le cas pour cinq nageurs dans la finale du 100 dos ; si XU avait réussi à égaler son temps des demis, il aurait fini devant MURPHY. Pour deux centièmes.

C’est vous dire quelle est la misère qui sépare de nos jours l’or et l’argent, métaux précieux, au cours du change olympique.

HANGZHOU: AVEC KELSI, KATINKA TROUVE A QUI PARLER, MAIS A LE DERNIER MOT

UN GRAND CLASSIQUE RENOUVELÉ DE LA NATATION: DAHLIA MÈNE JUSQU’AUX 199 MÈTRES… HOSSZU TOUCHE PREMIÈRE

Éric LAHMY

Mercredi 12 Décembre 2018

200 m papillon : 1. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’1s60 ; 2. Kelsi DAHLIA, USA, 2’1s73 ; 3. Suzuka HASEGAWA, Japon, 2’4s04; 4. Lara GRANGEON, FRANCE, 2’4s91; 5. Ilaria BIANCHI, Italie, 2’5s57 ; 6. Ana MONTEIRO, Portugal, 2’5s74 ; 7. ZHANG Yufei, Chine, 2’5s86 ; 8. Nao KOBAYASHI, Japon, 2’6s24 (en séries, 2’5s28).

HOSSZU : (2) 27.86 (1) 59.33 (2) 1:30.92 2:01.60

DAHLIA : 3) 27.87 (2) 59.43 (1) 1:30.83 2:01.73

Bon, je ne sais pas trop pourquoi, mais dans cette course, mon cœur penchait pour DAHLIA. Peut-être parce qu’HOSSZU a tout gagné ? Ce n’est pas une vraie raison. Non, sans doute parce que DAHLIA (que je ne connais pas mais dont je garde les photos de mariage) a cette faculté de sourire après la course, comme avant la course d’ailleurs, que ce soit gagné ou perdu.

Cette faculté d’étreindre spontanément la gagnante avec une expression étonnante dans laquelle passait tout en même temps la fierté d’avoir tout essayé, l’ombre de tristesse de n’être pas arrivée tout à fait au but et tout en même temps une sympathie sans détour ni arrière pensée vis-à-vis de la gagnante s’appelle je crois le fair-play, plus quelque chose de très touchant. Missy FRANKLIN, avant elle, montrait une telle spontanéité ; outre-Atlantique, ils disent de ces personnes : « it’s a good egg. »

J’ai rencontré pas mal de « good eggs » dans la natation, et aujourd’hui trop souvent éloigné des bassins, j’en subodore d’autres. Dotés de cette candeur et de cette générosité qui viennent du cœur…

Le 200 mètres papillon fut décidément une affaire entre DAHLIA et HOSSZU. Ce qui peut paraître original, parce que je ne crois pas que le papillon soit la première technique d’HOSSZU. Le dos, peut-être.

En revanche, la Magyare est sans doute la meilleure nageuse de 200 mètres du monde, tous styles confondus. Si un jour, l’International Swimming League fait nager une sorte de quadrathlon nautique dans lequel les meilleures nageuses du monde seraient classées à l’issue de quatre 200 mètres – dos, brasse, papillon, crawl – je pense que la Hongroise gagnerait haut la main… C’est pour ça qu’elle écrase ses 200 et 400 quatre nages

Et DAHLIA ? C’est sûr, c’est une « papillonneuse » de première force; et sa conjugaison du crawl et du papillon en fait quasi une égale de ces nageuses de grande race comme KROMOWIDJOJO ou SJÖSTRÖM, et il se pourrait (cela reste à démontrer) qu’elle ait devancé Emma MCKEON dans ce double exercice ;  mais sur 100 mètres; le 200 parait un peu long pour elle, et quand, il y a deux ans, elle s’appelait encore Kelsi WORRELL, elle ne s’y essayait pas trop. Le jour où elle gagna un championnat sur 200 yards en papillon, on s’aperçut qu’elle s’y débrouillait mieux. Entre-temps, Kelsi, devenue DAHLIA,  est passée professionnelle et j’ai l’impression qu’elle construit tranquillement une compétence qui l’a amenée à maîtriser la différence entre un 200 yards et un 200 mètres (au moins en petit bassin).

La Hongroise, qui, comme par le passé, s’était engagée dans quasi tout le programme, menait d’entrée.

Kelsi ne s’en laissant pas compter par HOSSZU la serra au plus près puis tenta sa chance après la mi-course, et on crut que c’était gagné pour elle. Mais HOSSZU n’est pas « de fer » pour rien, qui s’accrocha. Kelsi finit un poil moins bien. La victoire va bien à Katinka et on ne lui en voudra pas, cette énorme bosseuse doublée d’une sorte de diva a mérité chacune de ses médailles dans une carrière hérissée de hauts et de bas.

Ah, j’oubliais. Kelsi battait le record US !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU : KATINKA HOSSZU REPREND SES BILLES, FANTINE LESAFFRE SE GRAVE DANS LE BRONZE

Eric LAHMY

Mardi 11 Décembre 2018

LA HOSSZU D’HANGZHOU, C’EST : « MOI AU-DESSUS, LES AUTRES EN-DESSOUS »

A Hangzhou, pour la première journée des mondiaux, Katinka HOSSZU n’a pas raté le titre mondial du 400 mètres quatre nages. Sans atteindre aux records établis par Mireia BELMONTE (record du monde, 4’18s94, records des championnats, 4’19s86), aux rythmes desquels elle a nagé pendant les parcours de papillon et de dos, la Hongroise a fait montre d’une assez formidable domination, menant de bout en bout et augmentant son avance jusqu’aux 300 mètres, la portant à plus de quatre secondes à l’issue de la brasse sur Fantine LESAFFRE qui se situait alors en 2eme position. Pas de doute, donc, Katinka est de retour!

On savait qu’HOSSZU présente, les autres finalistes pouvaient ambitionner au mieux la deuxième place. La Française paraissait lutter avec Ilaria CUSINATO, la jeune Italienne qu’on craignait en raison de son âge et des gros progrès démontrés cette année, et qui menait la poursuite de la Hongroise. Mais c’est l’Américaine Melanie MARGALIS, très attardée au passage du dos à la brasse, mais qui effectua une seconde moitié de course tonitruant, qui reprit alors 4s3 à LESAFFRE et vint d’on ne sait où, lui rafler – de quelle manière – la seconde place.

MARGALIS reprenait même en crawl une petite seconde à HOSSZU. Passages : HOSSZU, 59s59, 2’5s70, 3’20s50 pour 4’21s40 ; MARGALIS, 1’2s, 2’11s57, 3’25s91, 4’25s84; LESAFFRE, 1’1s97, 2’9s24, 3’24s83, 4’27s31. Ilaria CUSINATO, 1’1s10, 2’8s99, 3’25s53, 4’27s88. Lara GRANGEON finissait à une satisfaisante 5e place mondiale en 4’29s58. Après les séries, on avait rêvé à mieux pour les Françaises, mais c’est quand même pas mal !

RAPSYS SANS RIVAL, LE 400 LIBRE MESSIEURS TROUVE UN PATRON

La soirée des finales avait commencé par un bel exploit du Lituanien Danas RAPSYS, qui n’a pas fait le détail sur 400 mètres libre messieurs et, livré à sa solitude, a tracé un fort costaud 3’34s01. Il passait en 51s juste au 100, 1’45s58 au 200, 2’40s23 pour finir en 3’34s01. Selon l’expression consacrée, le record du monde de Yannick AGNEL, 3’32s25 n’a pas tremblé, mais on attend avec impatience de voir ce que RAPSYS, qui a nagé chaque section de 50 mètres sauf la 6e plus vite que tout le monde, peut faire dans les conditions olympiques !

Un proverbe lituanien professe qu’ « on ne peut pas souffler contre le vent ni nager contre l’eau. » Hier, personne ne put nager contre RAPSYS! Ses suivants,  le Norvégien Henrik CHRISTIANSEN, 3’36s54, et Gabriele DETTI, 3’37s54, suivaient à deux bonnes longueurs, suivis des deux Russes Martin MALYUTIN, 3’37s75 et Alexandr KRASNYKH, 3’37s97.

A TITMUS LE 200 ! MALLORY COMERFORD N’A PU ROMPRE LE FIL D’ARIARNE…

Le 200 mètres dames a vu une belle revanche des séries, où Mallory COMERFORD avait précédé de peu Ariarne TITMUS dans des temps record. En finale, c’est l’Australienne qui a eu le dernier mot, grâce à un finish tonitruant. COMERFORD eut beau mener à vive allure, à aucun moment elle ne put briser le fil d’Ariarne, accrochée à elle. Finalement, l’Américaine fut victime de ses propres efforts et eut du mal à terminer alors que la jeune Tasmanienne, en redoutable demi-fondeuse non dénuée de vitesse qu’elle est, parvenait à conserver son allure jusqu’au bout… 

C’est la Hollandaise Femke HEEMSKERK qui lança la course avant d’être reprise par les duettistes anglo-saxonnes. Federica PELLEGRINI héritait de la 4e place, honorable pour une fille qui depuis un an au moins claironnait qu’elle abandonnait le 200 mètres! Elle l’a tellement abandonné qu’au risque de commettre un crime de lèse divinité romaine, je serais étonné de la voir arracher une meilleure place sur 100 mètres, où elle promettait de se spécialiser.

Passages : TITMUS, 26s46, 54s81, 1’23s19, 1’51s38 (record d’Océanie) ; COMERFORD, 26s43, 54s64, 1’22s93, 1’51s81; HEEMSKERK, 26s15, 54s54, 1’23s18, 1’52s36. PELLEGRINI, 1’53s18, précédait d’un doigt WANG Jianjahe, 1’53s23. On se demande un peu ce qu’aurait pu faire Charlotte BONNET dans le contexte.  

DAIYA SETO REPREND TITRE ET RECORD SUR 200 PAPILLON A CHAD LE CLOS

Dans la bagarre finale, sur 200 mètres papillon, cet étonnant Japonais, Daiya SETO, plus connu généralement pour ses immenses compétences dans le 400 mètres quatre nages, est venu battre le record du monde, avec 1’48s24 contre 1’48s56. Un record qui appartenait à Chad LE CLOS, le Sud Africain ! Et dans cette course, c’était avec LE CLOS qu’ils se menaient la vie dure, dans un « à toi, à moi » furieux. LE CLOS battait aussi l’ancien record du monde, avec 1’48s32. SETO, après que LE CLOS eut mené (en 23s34), prit la tête et ne la lâcha plus. Ses passages, 24s, 51s29, 1’19s29 pour 1’48s24 ; LE CLOS, 23s84, 51s55, 1’19s54, 1’48s32. En bronze, le Chinois LI Zuhao, 1’50s39, devançait le Russe Alexandr KHARLANOV, 1’50s67…

Le succès de SETO n’est quand même pas une surprise. N’était-il pas champion du monde, toujours en petit bassin, à Doha, en 2014 ? Il y a cinq ans, au mondial de Barcelone, en grand bassin cette fois, dans la même journée me semble-t-il, SETO et LE CLOS gagnaient, celui-ci le 200 papillon, celui-là le 400 quatre nages. Cette fois, en revanche, il n’y aurait pas deux vainqueurs.

LES DEUX QUATRE FOIS 100 AUX AMERICAINS, AVEC GLOIRE MAIS NON SANS PERILS !

Clément KOLESNIKOV, qualifié, n’a pas jugé bon de nager la finale du 200 mètres quatre nages, qu’a remporté le Chinois SHUN Wang, largement, en 1’51s01, devant l’Américain Josh PRENOT, 1’52s69, le Japonais Hiromasa FUJIMORI, 1’52s73, et l’Australien Mitchell LARKIN, 1’52s78.

L’équipe des USA a remporté le relais quatre fois 100 mètres dames, mais plus difficilement qu’aurait pu le faire croire leur « promenade » des séries. Les Néerlandaises disposèrent de deux formidables relayeuses avec Femke HEEMSKERK, qui, en 50s93, prit une longueur à une sprinteuse aussi réputée que Lia NEAL, et Ranomi KROMOWIDJOJO, 50s77, qui remonta une Kelsi DAHLIA pourtant en verve, mais c’est l’équipe la plus complète qui l’emporta finalement.

Le relais est une addition précise, qui ne laisse place à aucun état d’âme, et si ce sont les meilleurs qui vous font gagner, encore faut-il que les moins bons ne vous aient pas trop plombés. Les Américaines eurent une relayeuse « faible », relativement s’entend, Lia NEAL, les Néerlandaises deux, Kim BUSCHE et Maalke DE WAARD. A l’arrivée, un rien séparait les deux équipes : 3’27s78 pour les USA, 3’28s02 pour les Pays-Bas !

USA: Olivia SMOLIGA, 52s71; Lia NEAL, (52s58), 1’45s29; Mallory COMERFORD (51s09), 2’36s38; Kelsi DAHLIA (51s40), 3’27s78.

Pays-Bas: Kim BUSCH, 53s19; Femke HEEMSKERK (50s93), 1’44s12; Maalke DE WAARD (53s13), 2’37s25; Ranomi KROMOWIDJOJO (50s77), 3’28s02.

Pour la Chine, ZHU Menghui lance la course en 52s58.

VLADIMIR MOROZOV CONTRE CAELEB DRESSEL, PREMIER ROUND INCERTAIN

Si les relayeuses US eurent fort à faire avec les Néerlandaises, que dire des garçons, vis-à-vis de leurs homologues russes, lesquels les attendaient de pied ferme, et avaient retiré KOLESNIKOV de sa finale de 200 quatre nages pour mieux assurer la plus grande fraîcheur à leur quatuor. Ces deux équipes n’étaient certes pas seules dans l’eau, mais dès le 2e relais, il apparut que l’affaire se jouerait entre elles. A l’arrivée, 0s08 centièmes entre les deux équipes qui, en 3’3s03 et 3’3s11, effaçaient le « vieux » record du monde, 3’3s30, établi par les Etats-Unis à Manchester le 19 décembre 2009, et le record des Championnats, que la France (soupir) avait amené à 3’3s78 le 3 décembre 2014 à Doha…

Le bronze était dispute entre le Brésil, 3’5s15, et l’Italie, 3’5s20.

Dans l’optique du 100 mètres individuel, on notait que DRESSEL, 45s66 au start, et MOROZOV, 45s06 lancé, étaient très proches… Leur duel avait commencé…

USA :  Caeleb DRESSEL, 45s66 ; Blake PIERONI (45s75), 1’31s41; Michael CHADWICK (45s86), 2’17s27; Ryan HELD, (45s76) 3’3s03.

Russie: Vladislav GRINEV, 46s38 ; Sergei FESIKOV (46s21), 1’32s59; Vladimir MOROZOV (45s06), 2’17s65; Clément KOLESNIKOV (45s46), 3’3s11.

Autres temps de relief: au départ, NAKAMURA, Japon, 46s33, MCEVOY, Australie, 46s28. Lancés, Breno CORREIA, Brésil, 45s61 ; Lorenzo ZAZZERI, Italie, 46s ; Alessandro MIRESSI, Italie, 46s03.