TITMUS DEVANT WANG, DOUBLE VICTOIRE EN DEMI-FOND

ENTRE LES CHAMPIONNES DU MONDE ARIARNE TITMUS, AUSTRALIE, 200 METRES, ET WANG JIANJIAHE, CHINE, 800 METRES, LE 400 METRES DEVAIT COURONNER LA REINE DU DEMI-FOND. ARIARNE L’A EMPORTÉ

Éric LAHMY

Vendredi 14 Décembre 2018

DAMES.- 400 mètres : 1. Ariarne TITMUS, Australie, 3’53s92 (record du monde, ancien record, WANG Jianjiahe, 3’53s97)

Passages : 50m: 26s93; 100m: 56s08 (29s15); 150m: 1’25s46 (29s38); 200m: 1’55s37 (29s91); 250m: 2’25s21 (29s84); 300m: 2’54s94 (29s73);  350m, 3’24s64 (29s70); 400m:  3’53s92 (29s28).

  1. WANG Jianjiahe (Chine), 3’54s56.

Passages:  27s21, 100m: 56s43 (29s22); 150m: 1’26s05 (29s62); 200m: 1’55s93 (29s88); 250m: 2’25s76 (29s83); 300m: 2’55s67 (29s91); 350m: 3’25s55 (29s88); 400 m: 3’54s56 (29s01).

3. LI Bingjie (Chine), 3’57s99; 4. Leah SMITH (USA), 3’58s58; 5. Anna EGOROVA (Russie), 4’1s52; 6. Valeriia SALAMATINA, Russie, 4’2s87; 7. Sarah KOHLER, Allemagne, 4’3s28; 8. Erica MUSSO (Italie), 4’3s61.

 Je me demande comment on constitue un programme de championnats du monde de natation, mais faire nager le 400 mètres le lendemain de la finale du 800 mètres dames alors qu’on a une étendue de six journées pour permettre aux concurrents d’épreuves très proches de se remettre d’efforts qui affectent profondément leurs capacités ne me parait pas particulièrement astucieux.

Gagner le 800 mètres jeudi et remettre ça vendredi sur 400 mètres en face d’une aussi redoutable nageuse que l’australienne Ariarne TITMUS représentait un sacré challenge pour WANG Jianjiahe, la Chinoise de 16 ans, qui évoluait devant son peuple et se devait donc, j’imagine, d’être là.

Pendant que TITMUS, son aînée de deux ans, se qualifiait en séries avec un temps de 3’58s58, seule nageuse à casser les quatre minutes de bon matin, WANG (et sa consoeur LI, 16 ans comme elle) dominaient la quatrième série dans des temps plus modestes ; l’Italienne QUADARELLA payait sans doute le contrecoup de sa médaille d’argent de jeudi et se voyait évincée de la finale, avec son temps de 4’4s94, pour 0s43, par la Russe, Valeriia SALAMATINA. On peut constater qu’avec le temps de passage qui avait été le sien à mi-course de son 800 mètres de la veille, 4’3s59 (virage au pied qui plus est), elle serait allée en finale ! Elle était trop fatiguée, ou s’était trop économisée…

TITMUS a raconté qu’elle s’attendait à un départ rapide de WANG, et aussi lui en donna-t-elle pour son argent. WANG fut tout du long à la poursuite de l’Australienne, que les media de son pays ont surnommé Terminator, mais en l’occurrence aurait pu tout aussi bien être baptisée Initiator ou Beginator, par exemple ! L’avance qu’elle prit dès les premières longueurs fut déterminante, et elle la retrouva au bout de son effort. WANG ne put jamais revenir sur elle. Le record du monde, pour cinq centièmes, passait entre les mains de l’Australienne tandis qu’à deux longueurs, LI Bingjie empochait le bronze au sprint, face à Leah SMITH.

Une chose est sure. TITMUS, plus que jamais, se confirme comme la nageuse de demi-fond la plus proche de LEDECKY. Ce qui ne veut pas dire qu’elle n’en est pas éloignée !

MONDIAUX A HANGZHOU: UNE WANG COUVERTE D’OR DEVANT SON PUBLIC

WANG JIANGJIAHE CHAMPIONNE DU MONDE DU 800 MÈTRES, C’EST LA POÉSIE DE L’EFFICACITÉ

Éric LAHMY

Vendredi 14 Décembre 2018

DAMES.- 800 mètres : 1. WANG Jiangjiahe, Chine, 8’4s35; 2. Simona QUADARELLA, Italie, 8’8s03; 3. Leah SMITH, USA, 8’8s75; 4. LI Bingjie, Chine, 8’9s81; 5. Sarah KOHLER, Allemagne, 8’10s54; 6. Anna EGOROVA, Russie, 8’12s65; 7. Haley ANDERSON, USA, 8’18s70; 8. Mayuko GOTO, Japon, 8’22s10.

Passages de WANG Jiangjiahe – 50m, 26s94;100m, 56s58 (29s64); 150m, 1’26s75 (30s17); 200m, 1’57s22 (30s47); 250m, 2’27s96 (30s74); 300m, 2’58s55 (30s59); 350m, 3’29s25 (30s70); 400m, 3’59s98 (30s73); 450m, 4’30s65 (30s67); 500m, 5’1s45 (30s80); 550m, 5’32s47 (31s02); 600m, 6’3s25 (30s78); 650m, 6’34s18 (30s93); 700m, 7’5s11 (30s93); 750m, 7’36s10 (30s99); 800m, 8’4s35 (28s25).

En séries: Mayuko GOTO, 8’19s93; 9. Yukimi MORIYAMA, Japon, 8’22s23; 10. Jimena PEREZ, Espagne, 8’24s65 ; 11. Katia FAIN, Slovaquie, 8’25s89.

Ce 800 mètres des championnats du monde en petit bassin de Hangzhou s’est déroulé en l’absence d’Ariarne TITMUS, qui préférait se reposer en vue du 400, ne cherchait donc pas querelle aux pures demi-fondeuses.

Et donc WANG Jiangjiahe, chinoise de seize ans, a assuré le spectacle. Un spectacle qui démontre ce qu’est le « bien nager » en demi-fond; chez WANG, l’efficacité est comme qui dirait emballée et présentée dans un emballage d’une merveilleuse esthétique.

Je ne sais pas si nager beau est encore une chose côtée à l’argus du sport, mais voilà, quand j’en rencontre l’expression, cela me fait quelque chose.

WANG est une assez grande fille qui, une fois posée dans l’eau, nage long, ce qui suppose à la fois une inclination, une intention, un battement de jambes discret autant qu’efficace… et les conseils aviusés d’un entraîneur.

Sans vouloir chercher des comparaisons faciles, elle nage comme SUN Yang, ce qui n’est peut-être pas une coïncidence, comme si elle cherchait à tirer le maximum de chaque attaque de bras, et, plutôt que de s’évertuer à augmenter le nombre de tours minute, d’aller prendre calmement la glisse, étirée vers l’avant, dans un mouvement qui évoque un instant de méditation.

L’un des mystères de la natation est cette impression de sérénité, de placidité que donne un nageur (-euse) en pleine action, surtout quand sa nage prend cet aspect poétique d’une liane se promenant sur l’eau, alors qu’il s’agit d’une athlète phénoménale en train de produire un effort colossal en vue d’une performance maximale, et ce au point d’obérer son jugement.

Je m’entendis pour la première fois expliquer cela par Roland MATTHES, nageur de dos est-allemand des années 1970 qui paraissait si détendu dans l’eau. Il s’en plaignait presque. Il donnait l’air de paresser alors qu’il se pressait (démonstration s’il en est qu’à une voyelle près- ici un « a » en moins, le sens de la phrase est chamboulé), et terminait ses courses lessivé.

Avec Murray ROSE, Don SCHOLLANDER, Mark SPITZ, Brian GOODELL et cet incroyable Michael GROSS, on avait parfois envie de les secouer tant tout leur paraissait facile dans l’eau, quand ils étaient en train de s’exténuer dans un effort de toutes leurs fibree. BIONDI, POPOV, THORPE, VDH donnaient aussi l’illusion de ne pas entamer leurs réserves.

Tout ça pour vous dire que dans les séries du 800 mètres sur lesquelles elle planait à une vitesse grand V, une WANG en surchauffe ne comprit pas le sens de la cloche qu’un juge fit sonner au mur des 750 mètres et qui annonçait que la course finissait dans un aller-retour ; elle s’offrit donc un huit cents cinquante mètres nagé à fond la caisse et l’Italienne QUADARELLA, trompée, du coup, lui emboîta le pas (1)

Pour revenir à sa nage, il est assez frappant de trouver ce temps de glisse, presque de temps mort, chez une fille qui nage aussi vite, sans aucune rupture de vitesse, parce qu’en fait pendant que le bras qui se pose sur l’eau glisse, celui d’en-dessous tire le corps vers l’avant et les jambes accompagnent clairement ces intentions propulsives.

Quoiqu’il en soit, il y a longtemps que je n’ai pas vu une aussi belle chose dans l’eau que les glissées de cette jeune Chinoise. Depuis SUN Yang, je pense, encore que Mykhaylo ROMANCHUK…

QUADARELLA et SMITH, l’Italienne et l’Américaine qui l’entoureront sur le podium, appartiennent à l’autre école en honneur sur 1500 mètres, celle de l’action rotative (la rotating action de « Doc » Counsilman), qu’illustre la ô combien formidable LEDECKY, où si l’on pose sa nage, c’est sans pause, utilisant les bras comme les pales d’une roue à aubes. Une autre école, ou une autre façon d’utiliser ses moyens, en l’absence d’une portance suffisante assurée par les jambes. Ça nage donc plus court, mais QUADARELLA et SMITH furent assez efficaces pour se maintenir à quatre et cinq secondes de la Chinoise…

(1) Souvenir souvenir: un incident équivalent en finale du premier championnat du monde de 1500 mètres, à Belgrade en 1973. Stephen Holland, Australie, touche et pulvérise le record du monde qu’il amène à 15’31s (il était à 15’52s6 au début de l’année. Son entraîneur Lawrie Lawrence, expansif dans le style Shane Tusup avant l’heure, lui hurle quelque chose comme « holly cow, uou made it, go, go. » Holland croit comprendre que le coach lui dit qu’il a n’a pas fini la course, repart en bolide, suivi par l’Américain Rick De Mont qui doit être aussi perplexe que lui. Le 3e de la course, Brad Cooper, qui est sûr d’avoir bien compté, ne les suivra pas (sauf sur le podium)…

HANGZHOU: DRESSEL RATE SON COUP, LE CLOS REUSSIT LE SIEN. METELLA RATE LA MEDAILLE. METELLA BAT LE RECORD

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 100 m PAPILLON : 1. Chad le CLOS, Afrique du Sud, 48s50 (22s39 + 26s11); 2. Caeleb DRESSEL, USA,  48s71 (23s07 + 25s64); 3. LI Zhuhao, Chine, 49s25 (22s91 + 26s34); 4. Mehdy METELLA, FRANCE, 49s45 (23s02 + 26s43); 5. Marius KUSCH, Allemagne, 49s50 (22s58 + 26s92 – en demi-finale, 49s35); 6. Takeshi KAWAMOTO, Japon, 50s07 (23s16 + 26s91 – en demi-finale, 49s94); 7. Jack CONGER, USA, 50s32 (23s19 + 27s13- en séries, 50s20); 8. Piero CODIA, Italie, 50s71 (23s29 + 27s42 – en demi-finale, 50s23; en séries, 50s07).

Qu’est-ce qui a pris Caeleb DRESSEL de se laisser blouser au départ de sa finale de 100 mètres papillon, allez le savoir, mais on ne s’attendait pas à le voir se planter comme un débutant et trainer en 5e position, comme pris en sandwich, dans sa ligne, entre les deux meilleurs partants de l’épreuve, LE CLOS et KUSCH, un mètre derrière et se lancer dans une poursuite infernale. On ne lui connaissait pas de qualités de poursuiteurs, mais sans vouloir le moins du monde manquer de déférence vis-à-vis de LE CLOS, qui est en outre un garçon exemplaire, je crois que DRESSEL a autant perdu cette course que LE CLOS ne l’a gagnée.

MEHDY MENE SA BARQUE EN SOLIDE ROUTIER

Mehdy METELLA, lui, a mené sa barque avec beaucoup de doigté et de finesse. Il a su s’élever au niveau du débat, d’abord mercredi matin, huitième des séries en 50s42, ensuite l’après-midi, avec 49s77, 5e des demi-finales, et 3e de la sienne, derrière LE CLOS et LI. En finale, il a trouvé encore assez de ressources pour s’accorder un petit plus de vitesse, mais son regret pourrait être de n’avoir pas accroché LI et une médaille, qu’il manque de 0s20. LI, 19 ans, benjamin de la finale et sans doute l’un des hommes du futur sur la distance…

Mehdy efface le record de France. L’ancien lui appartenait avec 49s58 depuis ce 15 novembre. Il avait alors amélioré la vieille marque de Jérémy STRAVIUS, 50s04 le 12 décembre 2013. L’Amiénois avait avec cette performance enlevé l’argent européen derrière Yevgueni Korotyshkin…

HANGZHOU: KATHLEEN BAKER TIRE LES MARRONS DU FEU, MAIS C’EST LISA BRATTON QUI LES MANGE

TRIOMPHE AMERICAIN SUR 200 METRES DOS: LISA BRATTON SORT DE L’ANONYMAT ET GAGNE AU FINISH

Eric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

200 m DOS : 1. Lisa BRATTON, USA, 2’00s71 (29s06, 59s69, 1’30s09 –  29s06, 30s63, 30s40, 30s62); 2. Kathleen BAKER, USA, 2’0s79 (28s00, 58s25, 1’29s, 2’0s79 – 28s00, 30s25, 30s76, 31s78); 3. Emily SEEBOHM Australie, 2’1s37 (28s05, 58s35, 1’29s67, 2’1s37 – 28s05, 30s30, 31s32, 31s70); 4. Katinka HOSSZU, Hongrie, 2’1s99 (28s48, 59s54, 1’30s95, 2’1s99 – 28s48, 31s06, 31s41, 31s04); 5. Margherita PANZIERA, Italie, 2’2s50 (28s97, 59s71, 1’30s95, 2’2s50 – 28s97, 30s74, 31s24, 31s55); 6. Daria K USTINOVA, Russie, 2’2s96 (29s06, 1’0s39, 1’31s60, 2’2s96 – 29s06, 31s33, 31s21, 31s36); 7. Sayaka AKASE, Japon, 2’3s92 (28s91, 59s89, 1’31s66, 2’3s92 – 28s91, 30s98, 31s77, 32s26); 8. Emi MORONUKI, Japon, 2’5s80 (29s16, 1’1s36, 1’33s86, 2’5s80 – 29s16, 32s20, 32s50, 31s94).

Il y a toujours dans l’art de mener une course une part de tempérament. On défendra l’égalité d’allure, l’équilibre de nage, mais ce n’est pas forcément plus sûr qu’une martingale au casino. Un coup ça passe, un coup ça casse. Un champion reste un joueur. Alors bien sûr, on va dire que Kathleen BAKER est partie trop vite, il n’y a qu’à voir ses passages, etc. Mais peut-on la critiquer d’avoir montré trop d’ambition et du panache ? Certes pas.

Je ne sais où j’ai vu passer une statistique sur la natation où BAKER apparaissait comme la fille qu’on aimait le plus voir nager, devant d’autres parmi lesquelles PELLEGRINI. Sans doute aux Etats-Unis? 

…Peut-être était-elle mortifiée, BAKER, de sa place hors du podium dans le 100 dos et entendait-elle remettre les choses au point, les pendules à l’heure et les chronomètres au centième de seconde, sur le 200. Disons le, elle a failli réussir. Avec Emily SEEBOHM, qui devait être dans le même état d’esprit, elle s’est emparée de la course.

BAKER est une belle nageuse. Belle dans l’eau et dans son effort. Son équipière, Lisa BRATTON, s’était qualifiée avec le meilleur temps, mais on n’a vu que BAKER. Et aussi qu’HOSSZU, à une ligne du bord, piochait et nageait étriquée…

La seule qu’on voyait assez peu, c’est BRATTON, justement, qui a magnifiquement équilibré sa course, sans à-coups, et, en gagnant, réussi ce paradoxe de nageuse, triompher dans la piscine sans avoir fait de vagues.

Mais n’anticipons pas. BAKER, encore en tête, se trouvait plus très loin du but quand elle se mit à souffrir de façon évidente; son style se dérégla un peu, sa tête, jusqu’alors parfaitement fixée, se mit à monter et descendre comme le bouchon d’une ligne dont un poisson grignote sans mordre franchement l’appât. Elle allait encore très vite, et elle avait déblayé SEEBOHM, mais ça ne serait pas assez pour BRATTON, dont la remontée, à ce moment, parut vive comme une estocade…

La touche, à l’arrivée, tomba comme la foudre, une décision des Dieux de l’Olympe. Ils étaient pour BRATTON, contre BAKER,ce soir, mais de toute façon, cela donnait un doublé américain.

Elle m’a donné du boulot, BRATTON, dans le genre: « mais qui c’est, celle-là? » A 22 ans, cette fille aus joues rondes et au sourire communicatif, a nagé avec les Aggies, au Texas, ce qui a dû la faire pas mal tremper non loin de Béryl GASTALDELLO ! J’ai même trouvé une photo d’elle sur un podium de relais semble-t-il avec notre championne de France sur le site des A&M… Ça nage pas mal chez les BRATTON, papa a été Aggie avant elle, et sa sœur aînée, Amanda, qui souffre d’épilepsie, est médaillée d’or aux Jeux olympiques spéciaux… La discrète Lisa sera, elle, la première championne du monde de la famille !

 50 m BRASSE ’ 1. Alia ATKINSON, Jamaïque, 29s05 ; 2. Ruta MEILUTYTE, Lituanie, 29s38 ; 3. Martina CARRARO, Italie, 29s59 ; 4. Jenna LAUKKANEN,  Finlande, 29s68 ; 5. Katie MEILI, USA, 29s89 ; 6. Jessica HANSEN, Australie, 30s20 (en barrage, 29s96). En barrage, Miho TERAMURA, Japon, 30s14. En demi-finales, Fanny LECLUYSE, Belgique, 30s15 ; Ida HULKKO, Finlande, 30s18 (30s23 en séries). En séries, Ariana CASTIGLIONE, Italie, 30s21.

ATKINSON est la sprinteuse de référence désormais, et sur cette épreuve assez secondaire, elle repousse les assauts de MEILUTYTE qui ne domine plus mais reste redoutable, après avoir régulièrement devancé la Russe Julia EFIMOVA qui a tiré un trait sur les Mondiaux…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

KROMOWIDJOJO, L’ART DU KNOCK-OUT

DOUBLÉ NÉERLANDAIS SUR 100 LIBRE DAMES OU LA CHAMPIONNE OLYMPIQUE DE LONDRES EN 2012 RAPPELLE QU’ELLE A TOUJOURS LE PUNCH

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

DAMES.- 100 METRES : 1. Ranomi KROMOWIDJOJO, Pays-Bas, 51s14 (24s66 + 26s48); 2. Femke HEEMSKERK, Pays-Bas, 51s60 (24s98 + 26s62); 3. Mallory COMERFORD, USA, 51s63 (24s66 + 26s97); 4. Michelle COLEMAN, Suède, 52s24 (24s72 + 27s52)(en demi-finale, 52s18); 5. ZHU Menghui, Chine, 52s40 (25s06 + 27s34); 6. Barbora SEEMANOVA, Rép. Tchèque, 52s46 (25s45 + 27s01); 7. Lia NEAL, USA, 52s50 (25s30 + 27s20); 8. Erin GALLAGHER, Afrique du Sud, 53s14 (24s99 + 28s15)(en demi-finale, 52s70).

En séries, Larissa OLIVEIRA, Brésil, 52s87 ; Maria KAMENEVA, Russie, 53s. Federica PELLEGRINI, 53s09 en séries, 52s86 en demi-finales.

Vous avez vu un 100 mètres gagné dès la première seconde? Non ? Alors vous n’avez pas vu cette finale mondiale du 100 mètres dames d’HANGZHOU… Zou, en effet, ça a été vite fait.

Dès le départ, Ranomi KROMOWIDJOJO a fait son ménage ; on aurait dit la femme-canon, tant elle les a ratiboisées d’entrée. A sa droite, COLEMAN a pris un copieux demi-mètre dans la figure, et à sa gauche, HEEMSKERK, un mètre dans les ratiches. Presque étonné de ne pas voir de la fumée dans son sillage !

Et toutes les autres ont trinqué. Toutes les sept qu’elle avait contre elle, elle les a mises K.-O. d’entrée. Paf ! Sept d’un coup, comme dans le conte où le Vaillant Petit Tailleur, aplatit  sept insectes sous sa tapette à mouches.

Et quand c’est Ranomi, une championne olympique de la distance qui ne cesse de se bonifier, qui vous fait ça, allez la rattraper si vous ne disposez pas d’un scooter aquatique.

Elle a une nage étonnante, Ranomi, elle est tout à fait à part ; elle a l’air trop haut sur l’eau, on dirait qu’elle nage sur une planche de surf, si elle n’avait pas à plonger et à virer, elle finirait sa course le dos sec ; encore un peu plus haut ça serait la Hollandaise volante  – et avec ça un feu follet, d’une vélocité de bras confondante, celle d’une formidable puncheuse des bassins, j’aimerais pas l’affronter sur un ring, elle m’en emplâtrerait dix avant que je n’en tente un. Un truc à se réveiller à l’hôpital…

Je ne sais pas ce que Sarah SJÖSTRÖM aurait fait dans cette finale, ou encore Cate CAMPBELL, car je ne crois pas, malgré ce qui précède, être sûr que KROMOWIDJOJO les aurait tapées, ces deux phénomènes. Je ne suis pas plus sûr du contraire, non plus, d’ailleurs…

Femke HEEMSKERK, qui est une styliste classique, face à cet ouragan de force 5, a fait mieux que se défendre, et, du moins limité les dégâts. Elle n’a pas plié, pas baissé les bras…Voilà qu’à trente ans, elle se découvre batailleuse, Femke, et ça fait plaisir à voir. Elle ne reprendra pas Ranomi sur ce coup, mais coincera l’Américaine Mallory COMERFORD, d’un rien, pour la deuxième place. Argent content…

Le commentateur –américain je crois – qui digressait sur la course, relevait que les Néerlandaises avaient fait une et deux dans la finale et les Américaines seulement trois et sept alors que le relais US d’Hangzhou l’avait emporté.

Vrai, mais pas étonnant. Changez les deux autres relayeuses hollandaises, remplacez-les par Olivia SMOLIGA et par Kelsi DAHLIA  et vous goûterez la différence.

Je n’aurai pas besoin d’ajouter que les Pays-Bas ont vingt fois moins d’habitants que les USA… D’autant qu’il y a dix ans, c’est le 4 fois 100 mètres néerlandais qui avait fait champion olympique à Pékin, devant les Américaines. Et devinez comment s’appelaient leurs relayeuses numéro 2 et 3 ? Femke HEEMSKERK et Ranomi KROMOWIDJOJO !

C’est-y pas chouette.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

PRIGODA, 2’0s16, RECORD DU MONDE : DE PLUS EN PLUS PRES DES 2 MINUTES AU 200 BRASSE !

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 200 m BRASSE : 1. Kirill PRIGODA, Russie, 2’00s16 (record du monde, ancien, 2’0s44, par Marco KOCH, Allemagne – passages en 27s01, 57s62, 1’28s75, 2’0s44 – 27s01, 30s61, 31s13, 31s41); 2. Haiyang QIN, Chine,  2’1s15 (27s45, 58s29, 1’29s52, 2’1s75 – 27s45, 30s84, 31s23, 31s63; 3. Marco KOCH, Allemagne, GER, 2’1s42 (27s68, 58s49, 1’29s54, 2’1s42 – 27s68, 30s81, 31s05, 31s88; 4. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 2’2s18 (27s31, 58s22, 1’30s09, 2.2s18 (27s31, 30s91 31s87 32s09) 5. Josh PRENOT, USA, 2’3s12 (27s88, 59s02, 1’30s70, 2’3s12 – 27s88, 31s14, 31s68, 32s42); 6. Mikhail DORINOV, Russie, 2’3s20 (27s74, 58s84, 1’30s79, 2’3s20 – 27s54, 31s10, 31s95, 32s41); 7. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 2’3s72 (28s41, 59s52, 1’31s26, 2’3s72 – 28s41, 31s11, 31s74, 32s46); 8. Erik PERSSON, Suède,  2’4s15 (28s40, 59s60, 1’31s60, 2’4s15 – 28s40, 31s20, 32s00, 32s55 – en séries, 2’3s51.

En séries, 9. Andrew WILSON, USA, 2’4s02 ; 10. Anton Sveinn MCKEE, Islande, 2’4s37 ; 11. Yukihiro TAKAHASHI, Japon, 2’4s68 ; 12. Tomas KLOBUCNIK, Slovaquie, et Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 2’4s85 ; 14. Caio PUMPUTIS, Brésil, 2’5s.

Sévèrement défait sur 100 brasse, Kiril PRIGODA s’est offert une revanche éclatante sur 200 mètres : titre et record mondial. Le brasseur de Saint-Pétersbourg  devance le benjamin de la finale, le Chinois QUIN, 19 ans : sans doute l’avenir ; et Marco KOCH, qui détenait le record monde : peut-être le passé..

Tout le reste de la finale, c’est des plus ou moins « vieux pros » de 22 à 28 ans dont le moins âgé est PRIGODA lui-même (23 ans le 29 décembre prochain). Mais ici encore, cela va très vite. Les talents de nageurs poussent sur les terrains présumés, dans le passé, fort peu cultivables…

HANGZHOU : BLAKE PIERONI ÉCHAPPE DE PEU À DANAS RAPSYS DANS UN CARREFOUR DANGEREUX

SUR 200 METRES, ENTRE LA VITESSE DE PIERONI ET L’ENDURANCE DE RAPSYS, LA DIFFÉRENCE S’EST FAITE D’ENTRÉE, MÊME SI A L’ARRIVÉE, IL N’Y AVAIT PLUS GRAND’ CHOSE

Éric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

MESSIEURS. 200 mètres : 1. Blake PIERONI, USA, 1’41s49 (23s11, 48s47, 1’14s75, 1’41s49 – 23s11,25s36, 26s28, 26s74) 2. Danas RAPSYS, Lituanie, 1’41s78 (23s73, 49s53, 1’15s82, 1’41s78 – 23s73, 25s80, 26s29, 25s96); 3. Alexander GRAHAM, Australie, 1’42s28 (23s89, 49s69, 1’15s96, 1’42s28 – 23s89, 25s80, 26s27, 26s32); 4. JI Xinjie Chine, 1’42s31 (24s02, 50s04, 1’16s49, 1’42s31 – 24s02, 26s02, 26s45, 25s82; 5. Breno CORREIA, Brésil, 1’42s36 (23s40, 49s15, 1’15s53, 1’42s36 – 23s40, 25s75, 26s38 26s83; 6. Martin MALYUTIN, Russie, 1’42s46 (23s56, 49s38, 1’16s05, 1’42s46 (23s56, 25s82, 26s67, 26s41); 7. Mikhail VEKOVISHCHEV, Russie,  1’42s67 (23s65, 49s95, 1’16s72, 1’42s67 – 23s65, 26s30, 26s77, 25s95); 8. Altamir Luiz MELO, Brésil,  1’42s72 (23s12, 49s10, 1’15s67, 1’42s72 – 23s12, 25s98, 26s57, 27s05).

En séries, Alexander GRAHAM, 1’41s83; Luiz MELO, 1’42s13; 9. Filippo MELI, Italie, 1’43s16; 10. Chad LE CLOS, Afrique du Sud, 1’43s19 ; 11. Velimir SJEPANOVIC, Serbie, 1’43s40 ; 12. Dylan CARTER, Trinidad-Tobago, 1’43s74 ; 13. Miguel NASCIMENTO, Portugal, 1’43s76 ; 14. Jack GERRARD, Australie, 1’44s60 ; 15. Jan SWITKOWSKI, Pologne, 1’44s62 ; 16. Markus LIE, Norvège, 1’44s88 ; 17. Matteo CIAMPI, 1’44s89.

Le 200 mètres nage libre messieurs des championnats du monde en petit bassin d’Hangzhou, avant d’être une course, c’est une hypothèse d’école. Une telle conjoncture, je ne dirai pas que je l’ai vue cent fois. Mais je l’ai imaginée mille fois.

A ma gauche, Blake PIERONI, champion des Etats-Unis, héros des grandes courses universitaires, moitié sprinteur, moitié stayer, appelons le si vous le voulez bien sprinteur prolongé ; nageur de 100-200 comme il en est quelques-uns. Mais pas n’importe lequel. De grande race, s’il vous plait !  En nage libre, Michael PHELPS était un peu comme ça, avec le génie en plus ; disons qu’il faut dix ans pour sortir un PHELPS, mais qu’il doit apparaitre un PIERONI tous les ans (pas mal quand même) ; VAN DEN HOOGENBAND aussi, entrait dans la catégorie.

PIERONI n’a aucune chance contre un DRESSEL, un PROUD sur 50 mètres. Mais sur 100, il présente quelques arguments. Comme sur 200 il peut battre n’importe qui au monde alors que sur 400, RAPSYS ou SUN Yang n’en feraient qu’une bouchée. Il n’est pas sûr, en effet, qu’il serait bon sur 201 mètres, si vous voyez ce que je veux dire !

PIERONI s’est fait les dents sur les NCAA où sa rivalité avec Townley HAAS a fait causer. Lui-même, Blake est devenu le premier à nager un 200 yards en moins de 1’30s (1’29s63) deux jours avant qu’HAAS n’efface ce temps.

A ma droite, Danas RAPSYS est dans une toute autre dimension. C’est un Lituanien, il est né à Panevezys, est entraîné par Ina Simeliunate au club de Panevezys Zemina. Ça ne vous dit rien ? A moi non plus, mais c’est beau à entendre !

Jusqu’ici, natation parlant, la Lituanie, c’était le pays de Ruta MEILUTYTE, qui avait d’ailleurs été formée en Angleterre. Et c’est wikipedia qui me souffle d’autres noms comme Robertas ZHOULPA (champion olympique, qui nageait pour l’URSS), BILIS, MAZUOLIS, TITENIS, qui ne jouaient pas au tennis. Pas mal en effet…

 Physiquement, rien ne le distingue, RAPSYS, son 1,86m ne permet pas de dire qu’il est grand, dans le monde des nageurs d’aujourd’hui, et ses 73kg n’impressionneront personne. Et surtout pas PIERONI, bâti comme un cuirassé, 86kg pour 1,88m. RAPSYS, ça serait plutôt un destroyer léger. Mais redoutable dans la durée… Pour compléter son apparence, disons qu’il a de faux airs d’un Brad PITT coiffé huron et échappé de Fight Club.

Le 200 mètres, donc, apparait comme la distance carrefour de ces deux garçons. Dans le passé, le 200 mètres était d’ailleurs LA distance carrefour de la natation, celle où sprinteurs et stayers venaient s’affronter [et éventuellement se casser les dents, parce que, point de vue distance,on ne sait comment l’appréhender, et on y part facilement trop vite de crainte de partir trop lentement].

Maintenant, la voie de la natation est encombrée, et le 100 est devenu le carrefour des sprinteurs et des nageurs de 200 mètres, le 400 est un carrefour entre ceux du 200 et ceux du 1500, et si vous ajoutez le 800 mètres que les boulimiques de la FINA ont fini par faire passer dans le programme olympique, la situation est plus complexe.

La notion de carrefour s’est généralisée, et ce ne sont pas les tenants des filières énergétiques qui vont me contredire ! Hier, à Hangzhou, très clairement il s’est agi d’une carrefour dangereux!

RAPSYS a dû laisser filer l’Américain, formidable partant et vireur de classe, qui ne s’est pas privé de lui coller un mètre aux premiers 50, un autre mètre une fois atteint le virage des 100, puis de ne rien concéder avant d’aborder le dernier quart de course avec une longueur de corps. Après ça, PIERONI s’est payé un proverbial coup de moins bien et pendant qu’il mettait à faseyer comme la toile déréglée d’un voilier qui ne trouve pas le vent, RAPSYS, qui, soutenu par son fantastique battement, rattrape nettement, de rappliquer comme s’il avait le diable à ses trousses.

Non seulement il rattrape, RAPSYS, mais il rattrape PIERONI, qui l’emportera d’une coudée, privant le Lituanien d’un beau doublé 200-400 mètres.

C’est quoi la fable? Le lièvre et la tortue?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU: OLIVIA SMOLIGA SIX ANS APRES A NOUVEAU CHAMPIONNE DU MONDE EN PETIT BASSIN

SI VOUS NE SAVEZ PAS QU’OLIVIA SMOLIGA A LE BRAS LONG PARLEZ-EN A KATINKA HOSSZU, ELLE POURRA VOUS EN DIRE QUELQUE CHOSE

Eric LAHMY

Jeudi 13 Décembre 2018

DAMES. 100 m DOS : 1. Olivia SMOLIGA, USA, 56s19 (en séries, 55s47, en demi-finales, 56s13) ; 2. Katinka HOSSZU, Hongrie, 56s26; 3. Georgie DAVIS, Grande-Bretagne (en demi-finales, 56s49), et Minna ATHERTON, Australie, 56s74 ; 5. Kathleen BAKER, USA, 56s89 (en demi-finales, 56s27) ; 6. Emily SEEBOHM, Australie, 56s98 (en demi-finales, 56s84) ; 7. Simona KUBOVA, Rép. Tchèque, 57s03 ; 8. Emi MORONUKI, Japon, 57s18.

A croire que les nageurs se trompent entre séries, demi-finales et finales. La tension est telle qu’on ne peut pas leur en vouloir.  Prenez Olivia SMOLIGA. D’entrée, en séries, elle nage un 100 mètres dos assez fantastique, en 55s47. C’est la 4e performance mondiale de tous les temps. Le record du monde en petit bassin (de Katinka HOSSZU) est de 55s03, et on peut imaginer que la grande Olivia (elle mesure 1,88m) va lui faire un sort. Or en demi-finale, elle nage moins vite, en 56s13, et encore moins vite en finale.

Ce n’est pas manque d’expérience de sa part. Olivia est une nageuse universitaire expérimentée, et elle a été championne du monde petit bassin du 100 dos… en 2012 (dans le temps de 56s54), à 18 ans et pour sa première sortie d’internationale, après avoir nagé assez lentement dans sa demi-finale pour n’hériter que de la ligne une en finale.

Devenue récemment une jeune (24 ans) professionnelle, elle est aussi à l’aise en crawl et ses dimensions constituent un avantage en petit bassin.

Il est vrai qu’entre ses séries, sa demi-finale et sa finale sur 100 dos, SMOLIGA a beaucoup et bien nagé, dans le relais quatre fois 50 quatre nages (en début de soirée, sur 50 dos, en 25s97, pas loin du record du monde, 25s67, d’Etiene Meideros) comme dans le relais quatre fois 100 libre (52s71au start) ou comme dans ce relais mixte quatre fois 50 (23s83 lancée) ainsi. Cette débauche d’efforts ont pu la fatiguer, lui enlever de son tranchant. Vous me direz qu’HOSSZU le fait bien, mais tout le monde n’est pas HOSSZU, une sprinteuse encore moins…

Kathleen BAKER, la recordwoman du monde (grand bassin) de l’épreuve, elle, a moins bien nagé, heurtant notamment sa ligne d’eau, d’après Karl Otegon de Swim Swam (il est sûr qu’elle colle à la ligne pendant une grande partie de son parcours) incident qui aurait pu lui faire rater sa fin de course.

Katinka HOSSZU, selon son habitude, s’est montrée au contraire très dangereuse à l’épproche du mur d’arrivée, et si SMOLIGA n’avait pas pu compter sur sa longueur de bras, je ne sais ce que seraient devenus ses sept centièmes d’avance ! Katinka avait remonté Kelsi DAHLIA la veille dans son ultime sursaut, ça ne peut pas marcher tous les jours!

A noter que deux des trois autres meilleures nageuses de 100 dos au monde, Kathleen BAKER et Emily SEEBOHM, ont fini 5 et 6. (La troisième est Kylie MASSE – mais il faut compter aussi, désormais avec la toute nouvelle recordwoman des 100 yards Beata NELSON).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HANGZHOU: CAMERON VAN DER BURGH, UN DERNIER TITRE AVANT LA RETRAITE À TRENTE ANS

Éric LAHMY

LE TITRE DU 100 BRASSE DEVAIT SE JOUER ENTRE FABIO SCOZZOLI, ILYA SHYMANOVICH, YASUHIRO KOSEKI ET KIRIL PRIGODA ; MAIS CAMERON VAN DER BURGH PENSAIT DIFFÉREMMENT

Mercredi 13 Décembre 2018

MESSIEURS.- 100 mètres brasse : 1. Cameron VAN DER BURGH, Afrique du Sud, 56s01 ; 2. Ilya SHYMANOVICH, Biélorussie, 56s10 ; 3. Yasuhiro KOSEKI, Japon, 56s13 ; 4. Fabio SCOZZOLI, Italie, 56s48 (en demi-finales, 56s30) ; 5. Kiril PRIGODA, Russie, 56s56 (en demi-finales, 56s31) ; 6. WANG Lizhuo, Chine, 56s91 (en demi-finales, 56s89) ; 7. Arno KAMMINGA, Pays-Bas, 57s10 (en demi-finales, 57s09) ; 8. Andrew WILSON, USA, 57s19 (en demi-finales, 56s92)… En séries, 27. Thibaut CAPITAINE, France, 58s72.

 Six ans après avoir enlevé le titre olympique à Londres, revoici Cameron Van Der BURGH qui ressort de sa boîte comme un diable et qui vient rafler le titre mondial en petit bassin alors que, bon, c’est pas pour dire, mais on ne l’attendait plus.

C’est qu’il a joué en vieux rusé, ce qu’il doit être un peu Cameron. Seulement 9e en séries, 6 à l’issue des demi-finales, ce qu’il faut pour éviter la touffeur des lignes centrales sans risque l’élimination. Et il a joué de main de maître, filant en tête d’emblée dans la finale du 100 brasse et tenant jusqu’au bout.

Après quoi, il annonçait tranquillement qu’il arrêtait sa carrière. Ce n’est pas la première fois, donc ne nous y fions pas.

Mais bon, quand on a tout gagné. Et lui qui a été le seul nageur de brasse à défier et à menacer Adam PEATY au sommet de sa forme ; ainsi aux Jeux du Commonwealth 2014 où il le devança sur 50 et lui tint la dragée haute sur 100, aux mondiaux 2015 où il battit le record du monde du 50 brasse et enleva l’argent sur 50 et 100, ou encore aux Jeux olympiques de Rio (2e du 100 brasse), n’avait peut-être plus grand’ chose à prouver dans un bassin.

D’autant qu’aujourd’hui, il est marié depuis peu avec sa fiancée grecque Nefeli Valakelis, il a donc eu droit à un big fat greek wedding…à Anavyssos, et s’est offert un dernier titre avant de tourner la page et de la jouer financier international et, j’imagine, soutien de famille.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MURPHY FAIT LA LOI, ET MET D’ACCORD JEUNES AMBITIEUX ET VIEUX QUI S’ACCROCHENT

LE CHAMPION OLYMPIQUE AMÉRICAIN DU 100 METRES DOS DEVANCE DANS L’ORDRE LE CHINOIS XU, LE RUSSE KOLESNIKOV, L’AUSTRALIEN LARKIN ET LE BRÉSILIEN GUIDO

Éric LAHMY

Mercredi 13 Décembre 2018

100 m dos: 1. Ryan MURPHY, USA, 49s23 ; 2. XU Jiayu, Chine, 49s26 (49s21 en demi-finale) ; 3. Clément KOLESNIKOV, Russie, 49s40 ; 4. Mitchell LARKIN, Australie, 49s46 ; 5. Guilherme GUIDO, Brésil, 49s75 (49s45 en demi-finale) ; 6. Matt GREVERS, USA, 50s02 (49s97 en demi-finale) ; 7. Christian DIENER, Allemagne 50s24 (50s04 en demi-finale) ; 8. Robert GLINTA, Roumanie, 50s36 (49s98 en demi-finale).

En demis, 9. Simone SABBIONI, Italie, 50s21 ; 10. Andrei SHABASOV, Russie, 50s32 ; 11. Radoslav KAWECKI, Pologne, 50s43; 12. Ryosuke IRIE, Japon, 50s45.

 

Ce sont les deux meilleurs dossistes du monde et tout porte à croire qu’ils vont continuer à se disputer ferme la suprématie. Cette fois, c’est Ryan MURPHY qui a gagné, et XU Jiayu qui a fini 2e. Il serait injuste de limiter la course à ces deux phénomènes, car Clément KOLESNIKOV, troisième à une main, et Mitchell LARKIN, quatrième à un doigt de KOLESNIKOV sont presque leurs égaux…

Ce fut une course des plus incertaines. Mais MURPHY, ayant capitalisé 0s03 à mi-course, retrouva ce modeste avantage à l’arrivée. La course fut lancée par le Brésilien Guilherme GUIDO, qui avait été le mieux disant des séries, avec 49s57, et qui, à bientôt 32 ans, montre une fougue de junior. Mais il fut repris et finit à une demi-seconde.

Le 100 mètres dos, depuis 2015, c’est ces quatre nageurs. LARKIN qui fut champion du monde en 2015, MURPHY qui devança XU aux Jeux olympiques en 2016, XU qui précéda Matt GREVERS et MURPHY aux mondiaux 2017, MURPHY qui triompha aux Pan Pacs 2018 en 51s94 tandis que XU en faisait de même aux Jeux asiatiques, en 52s34, et Kolesnikov aux championnats d’Europe en 52s53, record du monde junior.

Avec la densité presqu’étouffante des nageurs due sans doute à la multiplication des programmes de qualité et l’universalisation de modes de préparation sophistiqués, il se passe que dans les courses de natation, au niveau mondial, même les meilleurs ne peuvent se permettre de se qualifier à l’économie. Les demi-finales sont donc disputées avec la même âpreté que s’il s’agissait de finales. Ce qui fait que tous les finalistes ne peuvent pas reproduire de meilleurs temps qu’en demi-finales.

Ce fut le cas pour cinq nageurs dans la finale du 100 dos ; si XU avait réussi à égaler son temps des demis, il aurait fini devant MURPHY. Pour deux centièmes.

C’est vous dire quelle est la misère qui sépare de nos jours l’or et l’argent, métaux précieux, au cours du change olympique.