LA FRANCE ET LE MONDE (2): CHARLOTTE BONNET ET FANTINE LESAFFRE, LUEURS D’ESPOIR

Eric LAHMY

Lundi 25 Septembre 2018

En 2018, les nageurs français ont eu quelque mal à exister, et leurs traces sont rares dans les bilans mondiaux, où d’ailleurs personne ne domine en raison du nombre très élevé de programmes qui produisent et de nationalités qui se placent…

… L’événement 2018 pour les Françaises, c’est, dans un 400 quatre nages en plein chamboulement, que Fantine Lesaffre a joué et gagné. Mais elle n’est pas seule : Charlotte Bonnet, à force de progresser, tutoie désormais les sommets et la natation féminine française retrouve un petit goût de Laure Manaudou et de Camille Muffat. Ce n’est pas encore ça, mais ça se rapproche.

Alors que les filles obtiennent de bons résultats aux championnats d’Europe, on constate de gros trous dans la compétitivité de l’équipe de France, ainsi sur 200 dos, 200 papillon ; en dos comme en brasse, notre représentativité est assez fragile.

L’exemple des quatre nages nous apprend cependant à espérer car il y a deux ans, c’était le vide intégral et on a une championne d’Europe.

Le 4×100 mètres champion d’Europe devant les Néerlandaises, c’est un autre exploit, même si les Hollandaises ne sont plus ce qu’elles étaient. Les Françaises ont toutes bien nagé, ce qui a aidé (ce n’est pas toujours le cas) et leurs 3’34s65 n’en font pas des leaders mondiaux, derrière l’Australie, 3’30s05, les USA, 3’33s45, le Canada, 3’33s27. Mais nos filles devancent cette année la Chine et le Japon, ce qui est quand même quelque chose. C’est peut-être un grand relais en perspective ?

Notre 4×200 a fini 4e européen. Avec 7’53s86, il se place derrière l’Australie, 7’44s12, les USA, 7’44s37, le Canada, 7’47s28, la Chine, 7’48s61, le Japon, 7’48s96, la Grande-Bretagne, 7’51s65, la Russie, 7’52s87, l’Allemagne, 7’53s76, il n’a que de faibles espoirs de s’intégrer dans une finale mondiale…

Le 4×100 4 nages, 3’59s85, pèche par une petite faiblesse généralisée. Pas de gros trou, mais un seul fort avec Bonnet, ce n’est pas assez. Devancé par l’Australie, 3’52s74, les USA, 3’53s21, la Russie, 3’54s22, le Japon, 3’54s73, le Canada, 3’55s10, le Danemark, 3’56s69, la Grande-Bretagne, 3’56s91, l’Italie, 3’57s, les Pays-Bas, 3’58s94, il n’est pas compétitif au « top ».

Entre parenthèses, le temps leader mondial de l’année.

50 mètres (23s74): 24s66, Charlotte Bonnet, 15e; 24s85, Marie Wattel, 24e.

100 mètres (52s03): 52s74, Charlotte Bonnet, 7e; 53s53, Marie Wattel, 14e; 54s48, Margaux Fabre, 44e; 54s67, Béryl Gastaldello, 54e.

200 mètres (1’54s44); 1’54s96, Charlotte Bonnet, 5e; 1’58s14, Margaux Fabre, 40e; 1’58s18, Marie Wattel, 43e.

400 mètres (3’57s94): 4’12s84, Fantine Lesaffre, 97e.

800 mètres (8’7s27): -.

100 dos (58s00): 59s98, Mathilde Cini, 32e; -.

200 dos (2’5s98): -.

100 brasse (1’4s98) : 1’8s29, Fanny Deberghes, 65e.

200 brasse (2’20s72): 2’26s76, Fantine Lesaffre, 55e; 2’27s09, Fanny Deberghes, 62e.

100 papillon (56s06): 58s13, Marie Wattel, 53e ; 59s47, Béryl Gastaldello, 96e..  

200 papillon (2’5s45): -.

200 4 nages (2’8s16): 2’11s71, Fantine Lesaffre, 24e ; 2412s68, Cyrielle Duhamel,  38e.

400 4 nages (4’30s82) : 4’34s17, Fantine Lesaffre, 2e ; 4’40s02, Lara Grangeon, 32e.

LA FRANCE ET LE MONDE: (1) CLASSEMENT HOMMES, TOUS DERRIERE ET METELLA DEVANT

SI LES MONDIAUX AVAIENT EU LIEU EN 2018, SEUL MEHDY METELLA SERAIT PARVENU EN FINALE

Eric LAHMY

Lundi 25 Septembre 2018

Le développement du programme de natation fait de toute tentative d’analyse de la valeur d’une natation nationale un exercice long, répétitif et oiseux pour celui qui s’y risque.

J’ai cependant extrait d’un bilan mondial 2018 que me glisse Vincent Leroyer les deux meilleurs français de chaque course quand ils apparaissent dans les 200 premiers (et les 4 premiers pour les courses à relais 100 et 200 libre). Entre parenthèses, j’ai ajouté le temps du meilleur mondial de la saison…

Je ne sais si la natation française (ou du moins son équipe nationale, qui est à la fois son porte-drapeau et sa vitrine, parce que la natation française dans son ensemble se porte très bien), je ne sais, dis-je, si la natation française est, comme je le lis ou l’entends souvent, « en reconstruction », mais j’imagine que cela sonne juste par rapport à sa situation actuelle et les efforts que déploient Richard Martinez et son groupe ainsi que les entraîneurs de pointe.

Il n’est pas besoin d’être un connaisseur pour savoir que la retraite soudaine d’une génération de nageurs ne serait pas compensée par un renouvellement suffisant. Des lecteurs nous le disaient et s’inquiétaient depuis quelques années, qui prédisaient ce qui est arrivé. Tout le monde savait que la suite serait difficile et on y est.

Les choses se sont un petit peu plus mal présentées qu’on l’aurait espéré. Deux des nageurs français les plus en pointe des Jeux olympiques de Rio, Jordan Pothain sur 400 mètres et Damien Joly sur 1500 mètres ont connu des soucis à répétitions dont ils se seraient bien passés, ce qui a hypothéqué les résultats de notre demi-fond…

Le renfort des nageurs d’eau libre, pour important, n’a pas comblé leurs défaillances, ennuis de santé et autres.

Mehdy Metella est resté notre meilleur élément, avec sa 6e place mondiale sur 100 papillon. Il est bien le seul finaliste mondial potentiel français dans l’optique de 2019. Sur 100 libre, il n’est que 16e, mais à une demi-seconde du leader, une différence assez faible, me semble-t-il, pour qu’on puisse se dire qu’en un jour donné, tout lui est possible… dans un sens comme dans l’autre. La natation de compétition, dans le haut niveau, est une affaire de détails minuscules, de précision extrême, où chaque détail compte…

Sur 200 mètres, individuellement nos représentants sont… largués, mais on peut se demander si le relais quatre fois 200 mètres ne constitue pas un creuset d’excellence. Trois jeunes nageurs entraînés par Michel Chrétien à l’INSEP et Jordan Pothain en forment aujourd’hui l’ossature et… la musculature ! Seulement 6e Européen avec 7’13s12, ce quatuor s’est fait passer en finale à Glasgow par les Espagnols, mais ce n’est peut-être qu’anecdotique. Il est devancé mondialement par les USA, 7’4s36, l’Australie, 7’4s70, le Japon, 7’5s17, la Grande-Bretagne, 7’5s32, la Chine, 7’5s45, la Russie, 7’6s66, l’Italie, 7’7s58, l’Allemagne, 7’9s31, le Brésil, 7’11s65, l’Espagne, 7’13s07. D’autres pays, la Hongrie, la Pologne, peut-être l’Afrique du Sud, peuvent se placer, donc l’affaire ne sera pas facile, mais le potentiel de progrès de ce quatuor est important. A suivre ?

Pour le reste, l’équipe de France masculine a perdu ses places-fortes et si elle veut exister à l’international en reconquérir quelques-unes. Lesquelles ? Les nageurs, les entraîneurs et la compétition en décideront, mais on peut toujours faire des paris ?

 

50 mètres (21s11): 22s13, Yonel Govindin, 41e; 22s14, Maxime Grousset, 42e.

100 mètres (47s75): 48s24, Mehdy Metella, 16e; 48s81, Jérémy Stravius, 50e.

200 mètres (1’45s12): 1’47s48, Jonathan Atsu, 44e; 1’47s97, Jordan Pothain, 76e ; 1’48s26, Roman Fuchs, 91e; 1’48s36, Alexandre Derache, 96e.

400 mètres (3’42s92): 3’48s81, David Aubry, 36e; 3’49s19, Roman Fuchs, 44e.

1500 mètres (14’36s15): 14’53s52, Damien Joly, 11e; 15’1s85, David Aubry, 19e.

100 dos (51s94): 54s37, Paul-Gabriel Bedel, 54e ; 54s39, Stanislas Huille, 48e.

200 dos (1’53s36): 1’58s65, Geoffroy Mathieu, 48e; 1’58s76, Maxence Orange, 50e.

100 brasse (57s10): 59s46, Théo Bussière, 16e; -.

200 brasse (2’6s80): – ; -.

100 papillon (50s50) : 51s24, Mehdy Metella, 6e; 52s59, Jérémy Stravius, 68e.  

200 papillon (1’52s71): 1’57s85, Nans Roch, 81e; 1’58s24, Jordan Coelho, 100e.

200 4 nages (1’55s40): -; -.

400 4 nages (4’7s95): 4’20s70, Sammy Helmbacher, 100e.

A LA FÉDÉ, LES JIVAROS SONT DANS LA PLACE (1)

 

Éric LAHMY

Samedi 23 Septembre 2018

La Fédération Française de Natation quitte Hermès et Chanel, à Pantin, pour s’approcher de L’Oréal, à Clichy, rue Martre (comme le carnassier de basse-cour)…

Alors, on reste dans le luxe ? Rien n’est moins sûr. La surface est divisée par deux, et si l’on devra serrer les troupes dans des « open spaces », en songeant qu’après tout, les sardines aussi sont des êtres aquatiques, cela va permettre des économies, et en théorie de diriger les flux financiers dégagés vers le « terrain ».

Et puis, n’est-il pas vrai, les meilleurs parfums se trouvent dans les plus petits flacons ?

Le siège dont le président Francis LUYCE était si fier n’avait pas coûté cher au départ, mais s’avérait ruineux en charges, un peu comme si on le rachetait chaque trois ans. En le vendant dans les 2,6 millions €, on a épongé, m’a-t-on assuré, un fort déficit…

Toujours est-il que le mode de vie va changer. Cinquante salariés, dix cadres techniques, les quelques élus, au quotidien, devront se partager 800 mètres carrés sur quatre étages au lieu de 2000 sur deux niveaux.

D’ailleurs, avec les nombreux mouvements en direction de la sortie de techniciens, on ne réduit pas que les mètres carrés, mais aussi les effectifs. Nous y reviendrons… Sezionale mise sur le télétravail pour que les employés ne s’empilent pas les uns sur les autres et lui-même donne l’exemple: il n’est pas beaucoup au siège.

Et le déménagement se fera le 1er octobre. Par ailleurs,  si l’ancienne équipe avait largement dépensé, certains postes actuels pèsent dans l’actuelle organisation, en raison des va-et-vient constant d’un DTN de Bordeaux, d’un directeur général et d’un président de Nice, de la Secrétaire générale de Dijon, du Directeur de la natation de Font-Romeu, du trésorier de Toulouse, etc…

Se passer de la célèbre « dictature » parisienne, cela coûte cher.

Le Ministère a réussi au passage à placer ses troupes, en l’occurrence Agnès BERTHET et Rémi DUHAUTOIS, lesquels sont devenus d’emblée adjoints du DTN. Sur le papier des gens pas plus contestables que d’autres… DUHAUTOIS, ancien (2001) champion du monde junior d’aviron en quatre de couple et, je cite, « un grand nom de l’aviron haut-savoyard », a été bombardé Directeur du haut-niveau, on suppose qu’il connait bien le sport et pas trop bien la natation. Mais bon, s’il apprend vite !

On se rappelle un précédent « transfert » de l’aviron à la natation, celui de Dominique BASSET, choix de Christian DONZÉ, passé par le water-polo, aujourd’hui conseiller technique Île-de-France. On m’affirme que la greffe n’a jamais réellement pris.

Grand nom ou pas, le palmarès de rameur de DUHAUTOIS se fige très vite. Après 2001, il ralentit fortement sur les plans d’eau, et poursuit une carrière dans l’administration du sport, devient professeur d’EPS (2007-2010), mais abandonne très vite l’enseignement dans un bahut pour se retrouver dans son douar d’origine, l’aviron.

En 2013, DUHAUTOIS est encore responsable du pôle espoir de la région d’Île-de-France à la Fédération française d’aviron. Qu’il quitte en juin 2014, après avoir mené un fantomatique département recherche… N’apparait aucun travail qu’il a pu mener, ni même une allusion à un département recherche sur le site fédéral.

Mais c’est peut-être pour ça que c’est de la recherche. Parce qu’on ne la trouve pas.

Puis le voici « évaluateur de fédérations » au Ministère des sports, mais je ne sais pas s’il a évalué grand’ chose. Les évaluations et autres contrôles des Fédérations sont réalisés en fait par des inspecteurs généraux de la Jeunesse et des Sports, des pointures, blanchies sous le harnais, comme Henri BOERIO et Thierry MAUDET, anciens directeurs de l’INSEP, Fabien CANU, Joël DELPLANQUE, bref des personnalités éminentes.

Derrière évaluateur de fédérations, lisez qu’en fait DUHAUTOIS rame derrière un ordinateur et se passe le dernier film de Netflix en attendant une affectation. Je ne sais pas trop si ce monsieur travaille, mais pour rebondir, il n’est pas mal!

Et le voici qui débarque à la Fédé de natation avec une mission.

On le pose là en lui donnant les mêmes attributions, directeur technique national adjoint, que Nicolas SCHERER, selon une technique éprouvée. SCHERER, un ancien entraîneur de l’INSEP, voit ses attributions vidées de leur contenu, ISSOULIÉ oublie de le convoquer aux réunions où DUHAUTOIS ramène sa fraise, jusqu’à ce qu’il jette sa démission… Depuis un mois, SCHERER est redevenu conseiller technique régional des Hauts-de-France. La fonction qu’il occupait en Île-de-France entre 2009 et 2014. Cette méthode – que je trouve personnellement indécente, mais qui est malheureusement un classique dans certains milieux professionnels – avait très bien marché quelques années plus tôt pour dégoutter Philippe DUMOULIN.

Et BERTHET ? Elle  a nagé à Ondaine, à l’époque de Virginie DEDIEU. Comme équipière du ballet, elle sera, à trois reprises, 2e des championnats d’Europe – en 1995, 1997 et 1999. Entraîneur de natation synchronisée depuis 2000,  on la retrouve, en 2011, à filmer en vidéo les championnats, ce qui doit créer une empathie avec ISSOULIÉ qui faisait la même chose en water-polo.

Elle est à partir d’août 2013 chargée de mission CGO CTS. C’est quoi ce truc là ? Lisez « centre de gestion opérationnelle des conseillers techniques et sportifs ». Rien de plus anodin ? Pas sûr, parce que c’est le moment de lire entre les lignes.

LES NOTES DES CADRES TECHNIQUES, OU QUAND LES DERNIERS SERONT LES PREMIERS

Lire quoi ? Que BERTHET a fait partie de ces administrateurs qui, sous prétexte de gérer et d’accompagner les Conseillers Techniques Sportifs, se chargent « d’organiser le plan social des cadres techniques ».

De quoi s’agit-il ? Remontons assez loin dans le temps, à l’époque de l’étonnement de l’administration devant l’existence d’un corps de métier, les conseillers techniques, qui se trouvent sur le terrain et qui bossent d’autant mieux qu’on ne les voit jamais dans un bureau.

 La dite administration ne comprendra semble-t-il jamais cette fonction.

Je me souviens du découragement d’un directeur technique national, Roger GERBER, à l’haltérophilie : le Comité régional, prétendait-il, promouvait systématiquement ceux qui servaient le moins le sport.

Pourquoi cela ? Parce que celui que son directeur régional voyait tout le temps dans son bureau en semaine, repeignait la grille de son jardin les week-ends et pondait en semaine comme en fin d’année des rapports détaillés en triples exemplaires sur l’activité à laquelle il participait si peu, était bien noté par la hiérarchie administrative.

En revanche, celui qui, jamais dans son bureau parce que sur le terrain, se battait pour faire progresser le sport, et ramenait en plus de ses déplacements des notes d’essence et de sandwichs, était censé ne rien foutre (on ne le voyait pas) ; il coûtait des sous, ennuyait tout le monde et ne savait pas torcher son rapport.

Comme à l’époque, Jules COULON, Henri SÉRANDOUR, Robert BOBIN et quelques autres grands patrons du sport à l’ancienne faisaient le même constat que Roger GERBER concernant la façon aberrante dont leurs conseillers techniques étaient notés, je me disais qu’il y avait un vrai souci. Bien sûr, il venait de ce que l’autorité hiérarchique qui notait n’avait rien avoir avec l’autorité fédérale qui seule pouvait apprécier le travail réalisé.

La seule réponse intelligente à un tel travers, c’eût été de confier la notation du technicien au Directeur technique de la Fédération.

Mais allez demander à l’administration, méfiante et tatillonne par nature, et jalouse de son pouvoir, faire confiance et abandonner une prérogative aussi délicieuse que celle qui revient à noter ces aventuriers du sport que sont les hommes de terrain.

Après, c’est une question d’hommes. Quand le colonel CRESPIN était directeur des sports du ministère, il n’avait pas besoin de voir Honoré BONNET (ski), Robert BOBIN (athlétisme), Lucien ZINS (natation) et Pierre SAUVESTRE (aviron) pour savoir qu’ils travaillaient d’arrache-pied pour la plus grande gloire du sport… Aujourd’hui, ce type de grands patrons a disparu.

Je dois reconnaître que j’ai admiré un jour Noël COUEDEL, le directeur de L’Equipe magazine, quand, arrivant dans l’open space de la rédaction, et voyant la plupart des bureaux vides, il me dit : « Ah ! ça fait plaisir de constater que tous les gars sont en train de bosser sur le terrain. » Le plus beau, c’est que c’était très probablement vrai ! Mais il faut avoir une passion et une confiance dans l’humain (et avoir fait soi-même le métier) pour penser comme ça !

Donc, vus des bureaux ministériels, « des fonctionnaires payés par l’Etat et que l’on ne voit jamais, qui travaillent au sein des ligues ou fédérations, qui encadrent des équipes sportives, qui partent toute l’année en stage » c’est forcément douteux !

Depuis quelques années, s’est ajoutée la consigne venue d’en haut, des sommets de l’administration, de réduire les CTS et donc le pouvoir administratif devient stratégiquement essentiel : une arme pour peser sur les effectifs.

Au bout de toute cette démarche soupçonneuse de l’administration et du désir de tailler dans la masse, on en arrive au marigot du CGO CTS, où les – pour ce qui nous concerne – Rémi DUHAUTOIS et les Agnès BERTHET ont fait leurs classes de bébés crocodiles.

(à suivre)

LE P.P.F. NATATION, CETTE INQUIÉTANTE FEUILLE DE DÉROUTE

Éric LAHMY

Jeudi 20 Septembre 2018

Je ne sais quel inculte gratte-papier de cabinet ministériel a baptisé PPF le projet qui jalonne le « parcours sportif ». Le souci de marquer son empreinte de l’individu dictait-il le choix de cet anonyme de rebaptiser ce qui était le PES (parcours d’excellence sportive)?

Ce faisant, il a accouché d’un redoutable acronyme. Le PPF était un rassemblement de toutes les raclures fascistes, qui, dans la première moitié du siècle passé, conduisirent la France à la collaboration active avec l’Allemagne hitlérienne et son chef, l’ignoble Jacques Doriot, à se faire mitrailler en 1945 par un avion anglais sur une route allemande.

Ces derniers mois, chaque fois que j’entendais un membre de la Fédération, du ministère ou du Comité Olympique, voire un copain de la natation, me parler du PPF, je m’attendais à ce qu’il me sorte un salut fasciste !

Bon, je pousse un peu. Et j’ai compris : il ne s’agit pas ici du Parti Populaire Français, mais du Projet de Performance Fédérale. Expression vasouillarde, beaucoup moins directe et tonique qu’Excellence Sportive et qui doit donc complaire aux larves administratives qui peuplent les obscures officines où se pondent les directives du sport assis de demain.

Or dès que je lis, je m’inquiète. Ce PPF, dans sa version aquatique, il n’est pas fasciste. Il n’est pas nazi. Il est naze, et je vais essayer de vous expliquer pourquoi.

Qu’est-ce que je lis d’entrée ? Que la natation française vise des médailles « dans les cinq disciplines ». Ah ! Bravo. Moi je veux bien, mais en attendant les lendemains qui chantent, va falloir sacrément bosser.

Ce n’est pas bien grave, me direz-vous ? Ce volontarisme inscrit sur un bout de papier ou un fond d’ordinateur qui clame la soif de médailler dans les CINQ disciplines, oh, c’est pas très important. Ce n’est qu’une déclaration. Un peu cucul la praline, mais ça ne mange pas de pain !

Moi, ce que je crains, c’est qu’on y croie. Parce que je trouve au contraire que si on doit donner des objectifs clairs et de longue portée à un sport, ou en l’occurrence aux cinq disciplines, ces objectifs clairs et de longue portée doivent être inscrits dans un cadre à la fois réaliste et efficace. Et là, on n’y est pas du tout.

Bref, le PPF natation se situe entre le fantasme et la stérilité.

En natation de course comme en eau libre, les coaches disposent, me semble-t-il, sinon d’as, du moins de quelques rois, valets et dames sans oublier les jokers. En plongeon, toute petite activité, rapetassée par la disparition de la plupart des plongeoirs et par la quasi-impossibilité d’en faire une activité de masse, mais peuplée de dirigeants merveilleux et passionnés, on sort régulièrement les deux ou trois éléments qui peuvent se médailler. Les plongeurs n’ont cessé de nous étonner par leur capacité de renouvellement.

LE WATER-POLO FRANÇAIS ? UN JEU DE BALLE AU BOIS DORMANT

En water-polo, je sais bien, comme disait Marcuse, que c’est pour et par les sans espoir que l’espoir nous est donné, mais enfin comment une équipe de France, issue d’un championnat national cathartique, et suite à ses plus récents résultats, pourrait-elle rivaliser avec la Hongrie, l’Espagne, l’Italie, la Russie, la Croatie, la Serbie, le Monténégro ?

Bien entendu, il est toujours aléatoire de prédire ce que demain sera, il est conforme à la compétition de viser la montée et les renversements de tendance sont toujours possibles, mais il est moins réaliste de viser une prochaine médaille olympique en water-polo que pour le relais quatre fois 100 quatre nages messieurs, qui est aujourd’hui notre dernier de la classe natation.

Pourquoi ? Parce que le plus faible relais de natation français, le quatre nages, part de plus haut. Ce n’est encore qu’une moitié de relais, avec Metella et Stravius (en attendant les Grousset, Derache et Guth) mais on peut compter sur des progrès de dossistes ou de brasseurs déjà repérés… Le relais n’a pas été envoyé aux championnats d’Europe où il aurait pu aller en finale.

On s’est un peu trop émerveillé dans le milieu de la fameuse qualification olympique des poloïstes Français aux Jeux de Rio, mais y avait-il de quoi s’accrocher aux rideaux ? La France a terminé 11e sur 12 au Brésil devant le Japon (qui sera chez lui à Tokyo en 2020), 6e de son tableau. Elle n’a pas accédé à la finale (la fameuse compétition knock-out)…

Aux championnats du monde de Budapest, un an plus tard, le bref parcours des Français a été ponctué par une défaite et deux raclées retentissantes. Ah ! On était là, pour le plus grand bonheur des Italiens, des Hongrois, qui les avoisinaient dans le même tableau, les rencontrèrent, et eurent quelque mal à rester concentrés pendant leurs rencontres.

Dans le 3e quart-temps, l’Italie a soudain cessé de jouer à « je n’y suis pour personne », et a infligé un 7-1 net et précis qui assomma nos tricolores, avant de se rendormir. La Hongrie, elle, préféra ôter l’espoir d’entrée ; elle matraqua notre sept 6 à 1. A la fin du premier quart, le match était fini. La suite fut aussi intéressante qu’une corrida où le taureau aurait été mis à mort avant l’arrivée des picadors. Un quart temps de jeu, les trois autres quarts à s’amuser… Seule l’Australie a eu quelque mal à devancer nos joueurs.

Alors, la résurgence tant chantée du water-polo français ? Une de ces erreurs de parallaxe, communes dans les courses de natation, par lesquelles vous voyez gagner le dernier de la course, ou perdre le premier, en fonction de la ligne d’eau où il se trouve et le point d’où vous regardez. Si vous observez mieux en suivant les perpendiculaires, vous voyez que la situation est tout autre.

Il y a autre chose. Alors que les nageurs français ont été régulièrement tamisés par des critères de sélection implacables, le water-polo et la natation synchronisée ont été qualifiés à l’économie, par la FINA, soucieuse de présenter des tableaux assez fournis pour pouvoir remplir le programme ou faire disputer un certain nombre de matches.

Mais autant aux Jeux olympiques qu’aux mondiaux, la France a été la Cendrillon du water-polo. Une Cendrillon sympathique, courageuse, volontaire, j’en conviens, mais méchamment battue par sa marâtre !!

Du 16 au 28 juillet 2018, aux championnats d’Europe de water-polo qui se sont tenus à Barcelone, malgré un sacré marqueur, malheureusement trop seul, Ugo Crousillat, la France a dégringolé encore de quelques places. Elle est passée de 12e mondiale à 12e Européenne. Juste pour comprendre son niveau, nous dirons que dans sa poule, elle devança Malte. Dans le parcours knock-out, elle fut battue 12-9 par la Russie. La Russie fut ensuite battue 11-1 par l’Italie. L’Italie fut après ça battue 8-7 par l’Espagne. Laquelle Espagne fut dominée 12-10 par la Serbie.

Tout ça pour vous dire dans quel marais se situe notre sept tricolore, rebattu en play-offs par la Russie. 12e de la compétition, la France devançait la Turquie et Malte

ET LE BONNET D’ÂNE DE LA CLASSE NATATION VA A LA NATATION ARTISTIQUE

Passons à la natation synchronisée, ou la natation artistique, ou le ballet nautique, faudrait qu’elles se mettent d’accord sur leur dénomination, ces chéries. Bon, parlons-en. Depuis le départ de Virginie DEDIEU, voici deux olympiades, les responsables de la synchro crient au miracle chaque fois que l’équipe de France descend d’un cran dans la compétition.

Les raisons de cette continuelle médiocrité, je ne les connais pas, même si je les subodore. Mais elle est là. Alors que la réussite nécessite de conserver ses éléments afin qu’ils puissent s’installer dans les hiérarchies et monter en puissance, notre équipe perd systématiquement ses ondines…

Ce qui est intéressant, et qui démontre à mes yeux que le discours fédéral de l’artistique est du bluff permanent, c’est cette faculté, à chaque faux départ, de raconter que cette fois, c’est bon. Non, cette fois ce n’est pas bon, et ça ne le sera jamais. Quand Françoise SCHULER trouva une certaine Muriel HERMINE, elle ne la lâcha plus, et la fille fut championne d’Europe.

Un coup d’œil sur la part dédiée à cette activité sur le site ExtraNat convainc d’ailleurs du peu de cas que l’artistique fait de l’histoire de sa pratique. C’est avec le plongeon, la seule discipline qui ne tient pas à jour les résultats de ses championnats. Si je veux savoir les résultats des championnats de France d’eau libre, je puis remonter à 2002. En synchro, que dalle, l’activité se situe dans un éternel présent. Hier n’existe pas, et demain, on épile gratis…

Water-polo et natation synchronisée valent ce qu’ils valent, certains dirigeants du water-polo sont des personnes de valeur, et ne méritent pas que leur sport ne grimpe pas plus à l’échelle de l’excellence ; et j’en suis navré pour Arnaud Bouët et Jean-Paul Clemençon, qui sont des amis, Richard Papazian, que je connais depuis quarante ans, Marc Crousillat et ceux qui avec eux montrent une passion et un désir incroyables, mais je ne vois pas là le début du commencement de l’initiation du départ de l’amorce du starting-block qui amène aux médailles olympiques dans ces deux disciplines.

BALLERINES ET POLOISTES ONT TOUJOURS ETE CHOYES PAR LA FEDERATION

Mais, diront d’aucuns, ces deux sports n’ont pas réussi parce qu’ils sont délaissés. Francis Luyce s’en fichait un peu, c’est vrai. Mais à part ça ?

Les chiffres du rapport gouvernemental sur la Fédération démontrent très exactement le contraire : l’an dernier, on trouvait en nombre de CTS par discipline, 13 sur la natation course, 12 sur la natation synchronisée, 10 sur le water-polo, 5 sur le plongeon et 4 sur l’eau libre (les autres CTS sont réputés transversaux).

Or, les derniers effectifs de la FFN distinguent 268.073 nageurs de piscine, 21.218 nageurs d’eau libre, 17.769 ballerines, 15.564 poloïstes et 571 plongeurs.

Ce qui signifie qu’on dispose d’un CTS pour 114 plongeurs, d’un CTS pour 1480 ballerines, d’un CTS pour 1556 poloïstes, d’un CTS pour 5304 nageurs d’eau libre et d’un CTS pour 20.616 nageurs ! Le nageur dispose relativement de 13 fois moins de techniciens fédéraux que le poloïste, 14 fois moins que la ballerine…

Rapporté aux effectifs, la natation de course est la discipline la moins lotie, l’artistique et le  water-polo les mieux dotés. Et tout ça avec les résultats qu’on sait. Ce que je retiens de tout cela, c’est que la synchro et le water-polo pleurent misère et ne performent pas.

Donc, refermez votre valise à PPF et ne revenez plus me casser les pieds avec ce baratin de marchands ambulants…

Les activités qui se plaignent le plus d’être méprisées sont non seulement celles qui sont le plus aidées, mais aussi les plus mal tenues. Et ceux qui reprennent ce prêt à penser qu’on va gagner parce que les choses vont changer devraient la mettre en veilleuse.

LES GENIES DE LA NATATION FRANÇAISE SONT DANS LES LIGNES D’EAU ET LES CHAMPS D’EAU LIBRE

Les pourvoyeurs de médailles naturels, jusqu’ici, ce sont la natation et la natation. Je veux dire, le bassin et l’eau libre. Ce n’est pas qu’ils ont bénéficié de quoi que ce soit de spécial, ils ont eu ce qu’ils gagnaient et méritaient depuis toujours. Pour gagner à Tokyo, c’est sur la nage de course qu’il faut miser pour commencer. Toute autre stratégie, d’éparpillement et de saupoudrage, par exemple, est vouée à l’échec. Et après Tokyo, il sera toujours temps de voir pour Paris 2024…

L’eau libre est une spécialité neuve qui a été emmenée par un responsable national et des entraîneurs excessivement efficaces. Et ça a marché. La natation de course même en reconstruction ramène des titres européens sur 200 libre, 400 quatre nages et le relais quatre fois 100 dames. Et ça continue de marcher. Le water-polo et la synchro ont des moyens solides. Et ça ne marche pas.

Alors je vous donne mon sentiment. Si la Fédération française de natation cherche à détricoter la natation au profit de l’aventure burlesque de la synchro et de celle, peu convaincante, du water-polo, elle va s’encastrer tête la première dans le mur du virage.

J’ai encore beaucoup de choses à écrire, mais j’en laisse pour d’autres fois… J’ai opté pour une rentrée par étapes!

ericlahmy@yahoo.com

 

 

 

 

 

SUN YANG, ÉTUDIANT APPLIQUÉ 

Éric LAHMY

Jeudi 20 Septembre 2018

Sun Yang vient d’effectuer sa rentrée, mais d’étudiant cette fois, à l’Université du sport de Shanghai.

Il entend y préparer un diplôme en kinésiologie. Vu sa notoriété sans doute, le multi-champion olympique de Londres et de Rio, toujours sur la brèche, s’est adressé, ce 19 septembre, jour de rentrée, aux participants lors de la cérémonie d’accueil des étudiants de Première année, et a mis l’accent sur l’importance du travail et la responsabilité personnelle. Sun, qui étudiera les sports et les sciences humaines, a été classé premier au concours d’entrée des candidats.

On ne sait si le programme de kinésiologie est le même en Chine qu’en France, après tout, ce sont les Chinois les maîtres de ces techniques, mais dès lors il devrait, comme éducateur de santé, apprendre à pratiquer la lecture énergétique à travers le test des quatorze muscles afin d’identifier les déséquilibres du corps.

Sun Yang avait été vu très émotionnel après sa victoire sur 1500 mètres aux Jeux asiatiques de Djakarta. J’en avais vu les images sans pouvoir les décrypter. Juste après la course, il était allé voir un groupe dans les tribunes et avait manifestement pleuré. Des éclaircissements sur son comportement.

L’explication en a été donnée dans le South China Morning Post par Nazvi Kareem. C’était le mois dernier, mais je ne l’ai vue que ce matin. Bon, c’est le temps pour que les nouvelles de Chine arrivent sur ma table… le temps des diligences et de Madame de Sévigné.

LES DEUX VISAGES DE SUN YANG : CELUI QUI PLEURE ET CELUI QUI RICANE

« Sun Yang qui est considéré par ses détracteurs comme un garçon arrogant et condescendant, a montré un côté plus sensible, poignant, en pleurant sur l’épaule d’un reporter chinois après avoir vaincu sa quatrième médaille d’or individuelle des Jeux Asiatiques, écrit le confrère.

Et plusieurs membres des media se sont mis à pleurer avec lui. Souffrant de douleurs dorsales qui nécessitaient d’incessants traitements, parfois jusqu’à deux heures du matin, pendant la semaine des Jeux, Sun a expliqué que la douleur était intense pendant le 1500 mètres, et qu’il avait dû s’accrocher pour suivre le rythme » (lancé par son adversaire vietnamien).

Nazvi Kareem rappelle que Sun Yang a été vu en train de pleurer en public, quand il fut battu dans le 400 mètres des Jeux olympiques de Rio par son grand rival et presque ennemi personnel, l’Australien Mackenzie Horton, qui l’avait snobé et traité de « dope cheat ».

Lors de son premier succès à Djakarta, Sun Yang s’était pointé sur le podium en arborant des tenues de sa propre entreprise, 361°. Anta, le sponsor officiel de la délégation chinoise, se plaignit de ce comportement. Sun Yang, lors de sa visite suivante du podium, porta sagement les vêtements du sponsor chinois mais prit soin, de les faire disparaître en les recouvrant totalement du drapeau chinois.

Bon, je vous épargne les combats de tweets entre les partisans et les contempteurs de Sun Yang, mais vous pouvez imaginer tous les arguments des uns et des autres… même s’ils ont tous raison ! ericlahmy@yahoo.com

PELLE LA CONQUÉRANTE : LA DIVINA REPART JUSQU’À TOKYO

FEDERICA PELLEGRINI FATIGUÉE PAR SA SAISON 2018 FRUSTRANTE ET SA MODESTE PLACE DE FINALISTE SUR 100 MÈTRES LIBRE DES CHAMPIONNATS D’EUROPE AVAIT SONGÉ DÉBUT AOÛT ARRÊTER DE NAGER. MAIS APRÈS LES VACANCES, « LA DIVINA » REPART AVEC POUR BUT DE REJOINDRE LE PALMARÈS DE DARA TORRES ET SES CINQ JEUX OLYMPIQUES

Éric LAHMY

Jeudi 20 Septembre 2018

L’information selon laquelle l’Italienne Federica Pellegrini songe à abandonner la compétition, s’est mise à rebondir ferme, il y a quelques semaines désormais, et a été reprise un peu partout, ainsi par, Swimming World, reprenant Il Corriere dello Sport, ou Swim Swam (qui cite un hebdomadaire italien, Chi. La championne du monde en titre du 200 mètres nage libre ne met pas en cause sa passion pour le sport, mais des tracas extra-sportifs, de sa vie privée. A trente ans, elle a fini seulement 5e du 100 mètres nage libre des championnats d’Europe, ce qui est mince pour une habituée des podiums.

Ses soucis personnels, elle n’en a pas plus dit. Notons qu’elle a rompu avec son fiancé, le double champion du monde du 100 mètres Magnini.

La semaine passé, à la Fashion Week de Milan, Pellegrini a fait le métier de star, et même Stefano Arcobelli n’a fait que reprendre ses propos les plus légers. Elle a démenti avoir eu une relation avec l’ancien skieur Alberto Tomba, on se sent rassuré, annoncé que son prochain fiancé serait grand et brun, avis aux amateurs, souhaité dîner avec Cristiano Ronaldo, précision intéressante, expliqué qu’elle était très jalouse (donc méfiance), bref rien qui précise si elle visera une cinquième participation olympique, en 2020, à Tokyo, après avoir nagé, et fichtrement bien, à Athènes, Pékin, Londres et Rio de Janeiro…

Lia Capizzi, le 11 septembre, pour Sky Sport, analyse, elle, les pensées de la « divina ». A son avis, justement, l’idée de Pellegrini est de devenir, après Dara Torres (USA), la deuxième nageuse de l’histoire à être présente à cinq Jeux olympiques. Le lendemain même, Pellegrini aurait planifié sa saison avec son entraîneur, avec pour ambition le 200 mètres mais peut-être aussi un ou deux relais, compte tenu de la bonne santé récente de la natation féminine transalpine. L’Equipe, le 15, confirme que c’est reparti pour Federica. (ericlahmy@yahoo.com)

LES CAMPBELL QUITTENT BRISBANE POUR SYDNEY AVEC COACH ET BAGAGES

Éric LAHMY

Jeudi 20 Septembre 2018

L’un des grands coaches australiens et des Nouvelles-Galles-du-Sud, Simon Cusack, installé depuis des années au Commercial Swimming Club, change de crèmerie, et va être chargé d’emmener un nouveau “centre de haute performance” au cœur de Sydney.
Il quitte donc la banlieue de Brisbane, où il a forgé les talents des deux sœurs, Cate et Bronte Campbell, pour se poser 914 kilomètres plus bas. Le Commercial est l’amalgame, en 1974, d’un club féminin créé en 1903 et d’un club masculin né en 1913. Un de ses membres, un certain James William Thomson, y aurait battu en 1918 un record du monde d’une distance qu’on trouverait insolite, le mile sur le dos… Plus près de nous, il a vu les carrières de Tracey Wickham, Kieren Perkins, Leisel Jones, Susie O’Neil, Samantha Riley, Jessica Schipper, Christian Sprenger. et les Campbell…

On ne présente pas les “sisters” qui ont été championnes du monde du 100 mètres nage libre. Cusack, lui, a fait parie de l’équipe nationale australienne depuis une dizaine d’années. Deux fois coach australien de l’année, ses élèves ont remporté ou participé à la conquête de 7 médailles olympiques, 21 records du monde, et battu 5 records du monde… Né dans une tribu de nageurs et d’entraîneurs de natation, il entra dans la carrière en 1999, pour dépanner son père, à Indooroopilly. Il prit goût au job…
Le centre de Sydney, né d’un partenariat entre Swimming NSW, l’Institut des sports régional, la fédération australienne (Swimming Australia), le collège de filles de Pymble et l’école secondaire de Knox, à Wahronga, sur les plages  nord de Sydney, est dans l’attente de ce nouvel entraîneur et des Campbell.

Cusack est chargé de développer la natation de ces deux écoles. Le sport y est très vivace, et les jeunes filles de Pymble sont championnes scolaires d’Australie, et le groupe d’âge de Knox est un des plus solides de l’Etat. Pymble et Knox, par ailleurs, unissent leurs forces dans un club de natation baptisé tout simplement Pymble and Knox Swim Club!

Pour le président de la natation régionale, Chris Fydler, la stratégie mise en place en corrélation avec les autres participants, écoles et institut des sports, était d’attirer au cœur du système un grand entraîneur et si possible ses éléments de pointe. Doté par ces présence d’une forte personnalité et d’une grande attractivité, le centre, estime Fydler devrait devenir un pilote pour la natation de l’Etat. Les Nouvelles-Galles-du-Sud qui avaient dominé ou du moins largement participé des succès de la natation australienne, n’existait plus, face à une concurrence venue d’autres Etats. En juillet dernier, Loretta Race avait signalé dans SwimSwam que cet Etat, le plus peuplé  du pays, n’avait plus produit que 6% des internationaux sélectionnés aux PanPacifics

A l’Institut des sports, on se félicite également de pouvoir utiliser les bassins hauts de gamme de deux écoles réputées de Sydney.
Pour Alex Baumann, l’ancien double champion olympique canadien devenu australien par mariage et « chief strategist » de Swimming Australia par profession, “le nouveau centre va sans doute permettre à la natation des Nouvelles Galles du Sud, qui domine par la masse de ses pratiquants, à élever le niveau des jeunes talents des programmes d’élite. »
Les directeurs de collèges ont ajouté de la voix au concert. « L’excellence sportive et académique est dans notre ADN », s’est félicité la principale du collège de Pymble, Mme Vicki Waters, tandis que le directeur de Knox s’est montré également enthousiaste. Bon, c’est pas en France qu’on rencontre communément ce genre de déclaration.

Cusack et les Campbell sisters devraient entrer dans leurs fonctions début janvier, au sein du centre Northern Metropolitan.  (ericlahmy@yahoo.com)

AVEC MICHEL CHRÉTIEN, L’INSEP ESPÈRE REJOINDRE L’EXCELLENCE

Éric LAHMY

Mardi 18 septembre 2018

L’arrivée de Michel CHRÉTIEN à l’INSEP est une de ces opérations qui a mis des années à se concrétiser. Dans un premier temps, toutes les parties prenantes, comme tous ceux qui venaient visiter la piscine de l’Institut National des Sports, de l’Expertise et de la Performance, étaient d’accord sur l’idée qu’il fallait faire vivre ce bassin olympique.

La piscine, créée en 1967, fut détruite par un incendie. Le vieux bassin était parti en quenouille à travers les décennies parce que, lamentable et constante impéritie ministérielle, pendant plus de quarante ans, aucun budget d’entretien n’avait été prévu ; à sa vétusté devenue effrayante avec le temps – son état, en moins d’un demi-siècle, approchait celui du trois fois millénaires bassin de Mohenjo Daro, sur les bords de l’Indus -, s’était ajouté qu’il était devenu carrément dangereux de s’y baigner ; des fils électriques s’étaient mis à pendre du toit, au risque d’électrocuter les nageurs, et ce qui devait arriver arriva dans la nuit du 10 au 11 novembre 2008.

L’ancienne structure était un peu biscornue, quoique fort utile (et donc utilisée), avec quatre lignes d’eau de 50 mètres, un bassin plus ou moins carré de vingt mètres où se retrouvaient poloïstes, plongeurs et nageuses synchronisées et une fosse à plongeon découverte. Malgré la nullité triomphantes de notre ministère de tutelle, ici furent forgées quelques-unes des médailles conquises par notre natation. 

On a fait beaucoup mieux avec la nouvelle piscine, qu’il a fallu six ans pour achever de reconstruire. Le résultat ? Superbe ! J’espère quand même qu’on a prévu désormais un budget d’entretien. Mohenjo Daro, ça va pour une fois!

Mais l’animation était compliquée. On a commencé petit, pour ce qui est de la natation de course. La nage artistique, qui avait construit là les succès de Muriel HERMINE et de Virginie DEDIEU, resta fidèle à ces lieux. Mais après le départ de DEDIEU, et à la différence du plongeon qui s’en sort souvent très bien malgré ses minuscules effectifs, la natation synchronisée n’a jamais retrouvé ne serait-ce qu’un semblant de splendeur…

A l’évidence, il fallait attirer sur la place un groupe d’entraîneurs de qualité et les meilleurs nageurs possibles… Cependant, il faut bien admettre que depuis les époques où Catherine POIROT, Frédéric DELCOURT, Anne CHAGNAUD, Malia METELLA, Stéphane LECAT et quelques autres hantaient tour à tour l’institut du Bois de Vincennes, le niveau des pensionnaires n’était plus le même.

L’INSEP n’attirait plus que des régionaux, qu’entouraient des techniciens probablement compétents mais qui ne pouvaient capitaliser sur leurs noms, leurs réputations. Ce qui aurait dû être un lieu de rendez-vous pilote de la natation française se présente encore en 2018 comme un rassemblement de scolaires, de régionaux, voire d’universitaires. Si aux derniers championnats de France d’été, Font-Romeu produit de l’excellence, l’INSEP en revanche semble coincer peut-être en expertise, sûrement en performance…

QUATRE ANS POUR TROUVER L’OISEAU RARE

L’affaire aboutissant à l’arrivée de l’entraîneur amiénois dans l’est parisien vient de loin. « Michel CHRETIEN aurait pu se trouver à ce poste voici quelques années déjà, raconte Jacques FAVRE,  Directeur Technique National de 2014 à 2017 et qui avait alors travaillé à sa venue. « Il avait besoin de quelques garanties sur le montage financier et la suite de son aventure à Amiens, car il était attaché à ce qu’il y avait construit.

Mais j’avais déjà été échaudé, auparavant, par la position de Jean-Jacques BEURRIER [président de la ligue d’Île-de-France], qui s’était montré réticent en fin de compte et n’avait déjà pas voulu participer au financement de la venue de Fred VERGNOUX à l’Insep, avec qui nous avions engagé des discussions à Windsor, [au Canada, où s’étaient tenus en décembre 2016 les championnats du monde en petit bassin]. Nous avions aussi évoqué la piste de Font-Romeu, pour Fred. Mais la FFN n’était pas assez proactive ou, en 2 mots : pro et active (la lutte de pouvoir avait démarré) pour faire des montages financiers sécurisés sur le long terme et proposer le poste à des profils atypiques comme Fred VERGNOUX, mais aussi comme Philippe LUCAS que je rêvais de ramener à Paris… Ce ne devait pas être le bon moment ni pour la Fédé ni pour ces deux entraîneurs. » 

« Je pense que Michel, continue FAVRE, est la personne idoine à l’INSEP. Son statut de Conseiller technique et sportif  assure une base de salaire qu’il suffit de compléter, Je trouve qu’il a la « fibre institut des sports » et a un discours très pédagogue et « intègre » pour des athlètes en devenir ou jeunes. Il possède le fond et la forme. Il trouvera à l’INSEP l’écoute du directeur Ghani YALOUZ et des soutiens techniques et scientifiques de qualité ; s’il est suffisamment curieux, il y a dans cette maison des poches de connaissances étonnantes parfois peu exploitées. Il va attirer des jeunes nageurs, c’est certain; pour les plus âgés ce sera plus compliqué, l’INSEP est une infrastructure qui pêche en accessibilité (transport, réseau universitaire, réseau de communications, environnement culturel), ça convient moins bien à des nageurs plus âgés qui aspirent à plus d’autonomie et de « variétés ».

PAYER OU ÊTRE PAYÉ, VOICI LA QUESTION

L’un des handicaps que partagent les deux centres nationaux que sont l’INSEP et Font-Romeu est en effet le peu d’attrait qu’ils représentent pour les vedettes, pour les raisons évoquées par FAVRE, mais aussi semble-t-il parce qu’ils ne peuvent rivaliser avec les clubs les plus généreux, Marseille, Montpellier Métropole et autres, pour ce qui concerne la rétribution des champions. Je ne sais plus qui a dit que la différence entre un nageur montpelliérain ou marseillais et un nageur insepien ou de Font-Romeu est que les deux premiers sont payés, que les deux derniers paient, mais dans ce cas les parents et les nageurs, ont vite fait le calcul, sauf à donner la priorité absolue aux études.

Bien sûr, cela ne ferme pas tout à fait la porte. Montpellier, comme dans le passé Clichy, et  d’autres clubs, laissent leurs nageurs s’entraîner sous d’autres cieux, et dès lors un ou plusieurs de leurs éléments de pointe pourraient se retrouver à l’INSEP. De très bons nageurs laissés pour compte, à condition d’être très motivés, devraient songer à y nager.

Restent les factures diverses, liées à l’hébergement, la nourriture, l’entraînement et les à côtés comme le médical et la préparation générale, etc. L’hébergement pose un souci parce que l’INSEP, à ce niveau, n’est pas extensible, et abrite de nombreux autres sports…

Mais tout cela passe désormais au second plan. CHRÉTIEN, qui a amené avec lui son groupe d’espoirs amiénois, a effectué ses premiers pas sur la plage du bassin de l’INSEP, et il risque d’en faire beaucoup d’autres au cours des années à venir.

« Je ne désespère pas de persuader les décideurs de notre sport à répondre par un soutien financier important aux candidatures  des nageurs qui souhaiteraient nous rejoindre, mais aussi des coachs, car  le prix des loyers est démentiel, explique-t-il. Les propos de Jaques FAVRE sont fidèles à ce qu’il m’avait proposé . La mission qui m’est confiée aujourdhui, c’est de mener une équipe de jeunes talents jusqu’aux Jeux Olympiques, mais aussi de créer les conditions pérennes pour la suite. »

Eric LAHMY (ericlahmy@yahoo.com)

AU N.C. ALP’38, ON DÉCLARE LA PAIX ET ON SE SERT UN DOUBLE COACH

ENTRE ARKADY VYATCHANIN ET GUY LA ROCCA, ALP’38 A TRANCHÉ:  ÇA SERA LES DEUX. AUCUN RISQUE DE LES CONFONDRE, L’UN MESURE 2,03M, L’AUTRE 1,70M.

Éric LAHMY

Mardi 18 Septembre 2018

Le NC ALP’38 a décidé de mettre fin au feuilleton de l’été, et à la situation confuse née de ce qui paraissait devoir être le remplacement de Guy LA ROCCA par un nouvel entraîneur, américain d’origine russe, Arkady VYATCHANIN. 

« Après discussions et échanges avec tous les acteurs (Guy, les nageurs, les dirigeants), nous avons décidé de construire et de travailler autour d’un duo d’entraîneurs : Guy La Rocca  et Arkady Vyatchanin, explique à ce sujet Damien CHAMBON, le directeur sportif du N.C. Alp’38.

« C’est un pari que de mettre deux coachs Elite, mais comme vous l’aviez souligné dans votre article, le club (et son président) sont ambitieux et bâtir à partir de l’encadrement nous semble une bonne stratégie. »

Monsieur CHAMBON, s’il crédite l’article de mercredi 12 septembre, intitulé MERCATO À TOUS LES ÉTAGES (3) : QUI AU SOMMET D’ALP’38, DE GUY LA ROCCA OU D’ARKADY VYATCHANIN? et exposant la situation du club de « refléter plutôt bien la réalité tant dans les évènements qui se sont déroulés que dans l’envie d’emmener cette structure dans une autre dimension », il insiste sur un point : « malgré ce que l’on a lu ici ou là, le club n’a jamais voulu remplacer Guy La Rocca par Arkady Vyatchanin (c’était plutôt un autre entraîneur qui devait remplacer Guy – projet qui vient d’être abandonné).  Nous sommes engagés depuis plusieurs mois dans un processus de recrutement d’un deuxième entraîneur pour mettre en place une organisation ambitieuse et pouvoir accueillir plus de nageurs sur notre site. »

« A noter, rappelle le directeur sportif, que l’université Grenoble Alpes est probablement l’unique en France proposant des aménagements pour les sportifs dans toutes les filières (hors médecine). 40% des derniers médaillés Français des JO d’hiver sont étudiants à Grenoble. Notre pari est non seulement de rejoindre les meilleurs clubs français mais également de le faire avec des nageurs qui poursuivent leurs études. Tous les nageurs du groupe sont étudiants et sont présents en cours (la plupart étalent leurs études) »

Je croyais en connaître un rayon en ce qui concerne la natation, mais je ne me souviens pas de deux entraîneurs dirigeant un club dans une parité totale. Il y en avait toujours un qui décidait. Si j’ai vu fonctionner des « républiques d’entraîneurs », c’est dans les équipes nationales, où, dans un lointain passé, on se savait pas qui de Lucien Zins ou de Georges Garret (années 1960), de Guy Giacomoni  ou de Michel Pedroletti (années 1970-80) « dirigeait » l’équipe de France. Plus tard, même si on a un peu accentué sur la hiérarchie, celle-ci ne s’imposait pas, surtout parce que les « coaches » arrivaient avec « leurs » nageurs. En club, à l’année, cela peut devenir délicat…

Il  est certain qu’un entraînement bicéphale peut être une chose délicate, et qui demande beaucoup de bonne foi, de philosophie, et un abandon de toutes les arrière-pensées pour espérer fonctionner. S’ils entament une compétition pour la prééminence, cela peut devenir assez fatigant. Il faut aussi que les deux coaches parlent le même langage – et n’y voyez aucune allusion au fait que VYATCHANIN parle russe et américain et LA ROCCA français, il s’agit de langage technique et d’approche du sport.

Les partages de prérogatives peuvent se faire selon des « frontières » diverses et changeantes, les coaches peuvent scinder les nageurs selon des affinités, selon les techniques (VYATCHANIN a été recordman du monde en dos, ce qui doit lui donner une certaine technicité) ou les distances parcourues (sprint ou demi-fond), ou en fonction de domaines précis (VYATCHANIN semble avoir bossé la diététique, LA ROCCA a géré un finaliste olympique de A à Z.) Sans entente, tout devient difficile car alors cela posera la question de savoir qui aura le dernier mot…

Mais le partage des nageurs me parait être la solution la plus naturelle…

 (ericlahmy@yahoo.com)

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU N.C. ALP’38.- 

Grenoble, le 15 Septembre 2018. Le Mercredi 1er Août 2018, à la suite de l’entretien du 30 juillet entre Guy LA ROCCA et trois dirigeants, le NC Alp’38 a communiqué la réorganisation de son équipe d’entraineurs sur le niveau élite élaborée en concertation avec le directeur sportif. L’objectif était double :

– Préparer la saison 2018-2019 et accueillir dans les meilleures conditions les nouveaux nageurs arrivant au club.

– Proposer à Guy LA ROCCA de nouvelles missions.

Cette décision a provoqué chez une partie de nos nageurs du groupe élite et chez nos éducateurs des inquiétudes, le Conseil d’administration regrette fortement que cette situation ait affecté Guy LA ROCCA.

Après quelques semaines de réflexion, le Conseil d’administration et le directeur sportif ont décidé d’en tenir compte, et de proposer que le nouveau schéma d’organisation du groupe élite, articulé autour de deux entraineurs, se mette en place avec GUY LA ROCCA et Arkady VYATCHANIN en abandonnant le recrutement d’un second entraineur extérieur au club.

Les compétences et les résultats obtenus par Guy LA ROCCA ces dernières années n’ont jamais été remis en cause au cours de cette réorganisation, l’objectif du C.A. était de lui permettre de récupérer après ces deux années intensives.

Guy La Rocca travaillera donc en étroite collaboration avec Monsieur Arkady VYATCHANIN sous la responsabilité de Monsieur Damien CHAMBON, directeur sportif du NC ALP’38. Le Club renouvelle toute sa confiance en Guy LA ROCCA, et compte sur lui pour diffuser son expérience du haut niveau auprès des autres éducateurs de la structure, et permettre ainsi à celle-ci de poursuivre ses objectifs ambitieux. Mounier secrétaire du NC ALP’ 38 Pour le C.A.

SUIVEZ LEVEAUX (AMAURY), IL REVIENT (EN PAROLES) ET SE VOIT DÉJÀ LEVEAUX D’OR EN 2020

Éric LAHMY

Lundi 17 Septembre 2018

C’est dans Le Parisien et c’est du Leveaux tout craché. Il n’a pas replongé, mais il a annoncé qu’il replongeait. Ça fait toute la différence. Il veut gagner le 50 mètres des Jeux olympiques de Tokyo, en 2020. Il va aux USA, à USC, chez Dave Salo, et comme il a gagné pas mal d’argent dans les affaires, il sera à l’aise pour payer tout ça. Dans son texte, il n’y a que du positif. Il a toujours été musclé naturellement donc pas besoin de se remuscler après des années sans activités physiques. Tout son laius suivant ce modèle assez bonimenteur qui lui colle au discours…

Bref, Leveaux d’or, c’est pour 2020!

C’est vrai qu’il a nagé très vite au temps des combinaisons polyuréthane, et que le 50 mètres n’est pas tout à fait de la natation, donc que tout espoir y est permis quand on l’a nagé vite, qu’on est relativement jeune et qu’on mesure 2,02m.

Un garçon dépressif (et semble-t-il fort sympathique) de 35 ans qui avait passé la moitié de sa vie d’adulte à gratter sa guitare de rock, à soigner un syndrome de Tourette et à engouffrer des hallucinogènes dans des soirées bruyantes n’a-t-il pas été champion olympique de l’épreuve en 2016 devant un Florent Manaudou de neuf ans plus jeune et bodybuildé grave ?

35 ans, c’est l’âge que n’aura pas encore tout à fait Leveaux aux Jeux de Tokyo, et seulement deux ans de plus que ce mec qui était réputé marcher sur l’eau.

Wait and see, disent les anglais.

Mais lisez l’entretien avec Le Parisien et retrouvez Leveaux tel qu’en lui-même…

http://www.leparisien.fr/sports/natation-leveaux-replonge-pour-la-medaille-d-or-olympique-a-tokyo-17-09-2018-7892163.php